En mille morceaux

Pauline Lambert | Dimanche 15 juin 2014

A l'occasion du festival Lyon BD, la Fondation Bullukian accueille l'exposition La Tendresse des pierres, réalisée à partir du livre éponyme de la dessinatrice Marion Fayolle, oeuvre autobiographique évoquant la maladie qui a emporté son père publiée en octobre dernier. Soixante planches originales sont exposées, décryptant la dégradation de sa santé  sa dépendance est imagée par la perte progressive de son nez, de sa bouche ou encore de ses poumons, que l'on voit traîner derrière lui – son retour à la maison, son hospitalisation à domicile.

Allégorique et surréaliste, ce travail témoigne surtout d'une nouvelle rencontre entre cet homme présenté comme froid et silencieux et sa fille, qui aurait souhaité s'agripper à lui comme on peut se retenir à un rocher. Les dessins, à mi-chemin de l'imagerie médiévale et de l'illustration jeune public, mettent en scène des silhouettes, souvent de profil, en perpétuelle évolution. Diplômée de l'Ecole des Arts décoratifs de Strasbourg et collaboratrice de nombreuses publications de presse (Libération, le New York Times...), Marion Fayolle décline leurs mouvements à l'aide de calques, traçant à l'encre ensuite trames et contours sur des formes colorées imprimées sur papier.

Cette technique singulière confère aux images, aux couleurs pâles et délicates, une grande force narrative, tout en laissant leur place à l'imaginaire et à l'interprétation. Si Marion Fayolle ne l'avait déjà fait, on aurait été tenté de qualifier ce fruit de deux ans de travail de véritable «spectacle littéraire». On ne se lasse en tout cas pas de le contempler.

 

Pauline Lambert

 

Marion Fayolle
A la Fondation Bullukian, jusqu'au samedi 19 juillet


Marion Fayolle

"La Tendresse des pierres", illustrations
Fondation Bullukian 26 place Bellecour Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Lyon BD se fait l'Amérique

CONNAITRE | Lyon BD se double d'une convention 100% comics. Une initiative qui, si elle relève pour l'instant plus du gage de bonne volonté que de l'événement per se, l'impose un peu plus comme un rendez-vous majeur. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 juin 2014

Lyon BD se fait l'Amérique

«Pourquoi ne pas aimer la bande dessinée? Mais s’en targuer c’est autre chose. C’est dire, en sous main, il n’y a pas d’art mineur» osait Alain Finkielkraut à l'antenne de France Culture début mai. Un mois plus tôt, dans nos pages, Philippe Druillet lui adressait sans le savoir une réponse toute faite : «On est dans les musées, on les emmerde». Une fois de plus, c'est évidemment au légendaire fondateur de Métal Hurlant que le festival Lyon BD donne raison, lui qui s'apprête à reconduire ses impromptus au Musée des Beaux-arts. Mais à Lyon BD, le neuvième art est aussi sur scène, celle de la Comédie-Odéon, qui verra se succéder le temps de créations plus ou moins improvisées l'Allemand Reinhard Kleist, lauréat du Grand Prix de Lyon en 2013, le blogueur culinaire Guillaume Long ou encore Wandrille, le fondateur des très indépendantes (et très atypiques) éditions Warum et Vraoum. 100 balles et un Marsupilami Plus généralement, le casting est une fois de plus très dense. Et on

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