La beauté transcendée à la lumière du Réverbère

Le Reverbère | Notre beauté fixe : la nouvelle exposition collective du Réverbère annonce la couleur ; il y sera moins question de concepts que de beauté, de subjectivité, de plaisirs et d'émotions...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 31 janvier 2017

Photo : Intimité © Pierre de Fenoÿl, 1968


« Par ce titre, Notre beauté fixe, nous soulignons que nous parlons de la nôtre, celle qui nous ravit ! Les catégories classificatrices sans cesse en débat nous semblent s'écrouler sur elles-mêmes au vu de l'indépendance, de l'évidence magique, de ce que nous reconnaissons comme des œuvres. » écrivent Catherine Dérioz et Jacques Damez qui fêtent, cette année, trente-cinq ans de travail et de défense de la photographie à Lyon.

Neuf des artistes de la galerie présentent des images inédites. Des petits personnages détourés et collés en nouveaux "collectifs" ou "familles" d'Emmanuelle Fructus, aux jeux kaléidoscopiques du canadien Serge Clément, en passant par les séduisants paysages de Pierre Canaguier.

Mais c'est surtout Arielle Bonzon et ses intérieurs énigmatiques et baignés d'obscurité, et François Deladerrière et ses Bouts du monde, qui ont le plus longuement retenu notre attention.

Notre beauté fixe
Au Réverbère jusqu'au 29 avril


Notre beauté fixe, inédits

Exposition collective, photograhie et vidéo
Galerie Le Réverbère 38 rue Burdeau Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Au Réverbère, le pas au-delà

Photographie | Avec sobriété, voire humilité, l'exposition Par-delà le paysage réunit six photographes sur la thématique, toujours revisitée et toujours émouvante, du paysage.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 19 novembre 2019

Au Réverbère, le pas au-delà

Par-delà le paysage titre la nouvelle exposition collective de la galerie photo Le Réverbère. On pressent dès lors qu’il faudrait franchir le pas, aller au-delà d’une ligne d’horizon toujours éloignée et attirante, pousser le paysage à ses confins, si ce n’est lui faire rendre gorge… Et pourtant concrètement, sur les cimaises de la galerie, il n’y a que ça, des paysages. Corses avec François Deladerrière qui, même sur l’île de beauté, décale comme habituellement son regard, trébuche sur de drôles de roches découpées par une route, ou s’alanguit sur un sapin qui a rendu l’âme. Poétiques et presque abstraits avec Pierre Canaguier qui nous élève parmi les lignes blanches d’avions dans le ciel ou les taches poignantes de nuées, quand ce n’est pas dans la transparence d’une cage de foot quasi abandonnée et à travers laquelle on perçoit son unique gardien, un bosquet esseulé. En face de Canaguier,

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Catherine Dérioz nommée Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres

Décoration | Cela fait rien moins que trente-huit ans que Catherine Dérioz (et son complice et compagnon le photographe Jacques Damez) défendent dans leur galerie Le (...)

Jean-Emmanuel Denave | Samedi 9 novembre 2019

Catherine Dérioz nommée Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres

Cela fait rien moins que trente-huit ans que Catherine Dérioz (et son complice et compagnon le photographe Jacques Damez) défendent dans leur galerie Le Réverbère à Lyon une photographie exigeante et de grande qualité (William Klein, Denis Roche, Bernard Plossu et beaucoup d’autres artistes). Catherine Dérioz a été nommée, le 16 septembre dernier, par le Ministère de la Culture, Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres. Une reconnaissance qui fait chaud au cœur à l’intéressée et aux amateurs de création photographique !

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Quand la rue Burdeau s’anime

Reportage | La rue Burdeau qui s’agite ? Cela n’arrive que cinq fois par an, malheureusement, lors du vernissage commun (ou presque) des galeries. Nous y étions le 19 janvier dernier. Récit.

Julie Hainaut | Mardi 25 avril 2017

Quand la rue Burdeau s’anime

17h30. Office de Tourisme. Nous avions eu quelques échos de touristes et de galeristes, nous indiquant que l’Office de Tourisme ne connaissait pas la rue Burdeau et ses fameuses galeries. Nous avons voulu vérifier. Sur place, nous demandons où se situent les galeries lyonnaises. « Là, autour de la place Bellecour » nous assure l’hôtesse d’accueil. Surpris, nous évoquons la rue Burdeau. « Ah oui, je crois qu’il y en a aussi » nous répond-on. Il est 17h35, la petite dizaine de galeries lyonnaises s’apprête à vernir et l’accueil de l’Office de Tourisme n’est pas vraiment au courant. 18h. Depuis l’Opéra, nous empruntons la rue du Griffon puis la Montée Saint-Sébastien, direction la rue Burdeau. Nous sommes jeudi soir, les ruelles sont animées et éclairées, les Lyonnais prennent l’apéro dans les bars environnants, probablement enjoués à l'idée de voir le week-end approcher. 18h05. Arrivée rue Burdeau. Tout est calme et sombre. L’éclairage est quasi-inexistant. La petite dizaine de galerie est ouverte, prête à vernir. Celles qui verniront plus tard (faute de disponibilité de leur artiste ou parce

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Hommage à Denis Roche : photographies d'identités

Le Reverbère | L'exposition en hommage à Denis Roche au Réverbère est l'occasion de revenir sur une œuvre photographique importante, ouvrant l'image à une multiplicité de dimensions. L'une d'elles n'étant rien moins que la trace de la fabrique, jamais définitive, d'un sujet humain.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 2 novembre 2016

Hommage à Denis Roche : photographies d'identités

Poète et écrivain d'avant-garde, éditeur au Seuil, photographe et théoricien de la photographie, Denis Roche (1937-2015) était un artiste complexe et ses œuvres prenaient des directions multiples, au gré de ses doutes et de ses avancées artistiques... Ses photographies, notamment, relèvent tour à tour de la spontanéité et de la simplicité, ou au contraire du dispositif mûrement réfléchi. De l'autoportrait pris dans des circonstances contingentes, aux images aux formes très travaillées... On a beaucoup insisté, et Denis Roche lui-même, sur le rapport essentiel du photographe au temps, à la mort... Gilles Mora (dans sa monographie consacrée à Denis Roche, Les Preuves du temps) dit ne pouvoir trouver comme lien entre les images de Denis Roche que « leur temporalité exorbitante ». Une angoisse existentielle qui, bien sûr, trouve dans le médium photographique la surface la plus à même de l'apaiser, mais aussi de la décupler et de la creuser indéfiniment.

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Troubles photographiques

Tout ce qu'il faut voir | Lyon fourmille cet automne d'événements liés à l'image fixe : le retour du festival Lyon septembre de la photographie, une nouvelle édition de la foire Photo Docks Art Fair, de nombreuses expositions dans des galeries... Mise au point sur ce médium qui révèle moins notre rapport au réel qu'il ne le trouble profondément.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 septembre 2016

Troubles photographiques

Au 19e siècle, l'apparition de la photographie a fichu une trouille bleue aux peintres pensant qu'elle allait les dépouiller de leur job de représentation du monde, que l'appareil allait broyer la palette et l'automatisme de la machine la main humaine... Aujourd'hui, la photographie, au sens un peu classique du tirage sur papier, apparaît presque désuète, incongrue au regard des images qui défilent, immatérielles ou presque, sur nos écrans de portables, d'ordinateurs, de télévisions... Quel est ce curieux rectangle de papier qui ose parfois encore nous apparaître en noir et blanc, qui hante les cimaises des galeries ou les vieux albums de nos aïeux ? Par un drôle de paradoxe, ce médium que l'on craignait jadis pour sa "modernité" est devenu une forme de résistance à la dite modernité des images en flux continus : sur cette mince surface matérielle, viennent se déposer un peu de temps et de lumière, se découper une portion d'espace et de réel. À l'heure de "l'accélération" (Hartmut Rosa), du "visuel" (Serge Daney), de la "vites

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Photo-sensible

ARTS | Le Réverbère réunit deux photographes aux styles très contrastés, mais qui partagent le même goût pour la beauté et l'approche simple et humble de la réalité. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 4 mai 2012

Photo-sensible

Le choix de l'accrochage était risqué : confronter dans les mêmes espaces les images noir et blanc du baroudeur belge Thomas Chable et celles en couleur et rigoureuses de Pierre Canaguier. Le premier prend ses photographies à l'intuition, use du flou et de la surexposition, partage une très grande proximité avec ses sujets et trouve son expression dans la pulsion, la sensation, l'effluve des peaux et des lieux... Le second est beaucoup plus posé, compose des paysages ou des vues dénuées de toute présence humaine directe, rythme ses photographies avec des lignes précises, des formes géométriques... Et ce parfois jusque vers l'abstraction comme dans ce quasi monochrome qui donne son titre à son exposition (Juste un avion dans le ciel) où l'on perçoit à peine le minuscule point blanc d'un avion traversant une surface bleue. Ou comme ces herbes fluorescentes cadrées serrées, ce triangle de neige pris entre deux pans de forêt, ce petit losange d'écume surfant entre deux plis d'une mer vaguement agitée. Par le passé, l'artiste s'était montré ô combien plus méticuleux encore, réalisant des photographies en noir et blanc aux lignes, signes, angles, plans complexes et u

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Le Réverbère sort ses réserves

ARTS | La galerie photo Le Réverbère réunit six de ses artistes pour une exposition consacrée à des œuvres récentes, décalées ou rarement montrées. Simple et efficace. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 26 janvier 2012

Le Réverbère sort ses réserves

Au rez-de-chaussée du Réverbère règne un certain esprit de liberté et de simplicité. La Lyonnaise Arièle Bonzon nous accueille avec des vues de désert, dont un très bel arbre esseulé dépliant ses rameaux au-dessus d'une dune... Un peu plus loin, Lionel Fourneaux associe librement des dessins enfantins (griboullis, oiseaux, empreinte de main...) à des photographies. Un procédé déjà souvent utilisé mais qui, là encore, révèle tout son potentiel de décalage et de poésie. «Ces dialogues obéissent à une seule loi, celle de l’attraction personnelle, elles ne s’imposent donc à personne, mais peuvent toucher ceux qui n’ont pas oublié cette dimension du jeu et du plaisir propre aux premières années de la vie. La proximité de mes enfants, leurs sentiments mêlés au spectacle de la bizarrerie du monde m’aident à recouvrer cet état d’innocence, de fraîcheur – disons cela – et de rêverie volontiers naïve, mais verticale qui m’autorisent à fabriquer ces images métisses» écrit le photographe. À ses côtés, Jean-Claude Palisse poursuit son tr

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À l’insu de notre plein gré

ARTS | Expo / Un type chauve aux lunettes noires assis à une terrasse de café à Rome, une grappe d’adolescents s’ennuyant dans les rues d’Helsinki et «composant» (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 mars 2009

À l’insu de notre plein gré

Expo / Un type chauve aux lunettes noires assis à une terrasse de café à Rome, une grappe d’adolescents s’ennuyant dans les rues d’Helsinki et «composant» entre eux de drôles de lignes de tension, quelques salariés fumant une cigarette dans la pénombre de Stockholm… En France ou à l’étranger, Géraldine Lay saisit la solitude, les malaises légers, l’attente résignée, ces petits moments de la vie quotidienne où les corps et les regards flottent, hésitent, s’inquiètent d’on ne sait quoi, semblent traversés d’affects inconnus à eux-mêmes… Contrairement aux apparences, la photographe ne met rien en scène, mais observe patiemment, partage avec ses sujets une sorte de confiance silencieuse. On remarque aussi son goût pour les lumières rasantes, les fins de journées, les horizons bouchés et vaguement angoissants. Elle expose avec son compagnon François Deladerrière, né lui-aussi en 1972. Chez Deladerrière, la présence humaine disparaît totalement au profit de paysages verdoyants ou de bâtiments esseulés et désaffectés. Ce sont des forges dans les Pyrénées, un bâtiment industriel en Sibérie, voire un escalier désert de boîte de nuit. Travaillant à la chambre, le photographe présente des ima

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