A.Stella, un vertige simple

Peinture | Autour de la thématique du "blanc", six artistes féminines exposent à l'Estancot. Parmi elles, A.Stella qui présente quelques œuvres issues d'un travail au long cours proprement vertigineux.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 décembre 2019

Photo : © DR


Dans un lieu atypique, l'espace de travail et d'exposition Estancot, la commissaire Marie-Agnès Charpin a réuni six artistes (Frédérique Fleury, Thaïva Ouaki, Dominique Torrente...) dont les objets, les photographies, les images résonnent avec le blanc. Cette exposition est aussi l'occasion de découvrir à Lyon un petit fragment de l'œuvre immense de l'artiste stéphanoise A.Stella (née à Chypre en 1958). Depuis une vingtaine d'années, A.Stella a "élu" cinq graphèmes qui ressemblent à cinq lettres (E, Y, U, T, C). À partir de ces formes géométriques extrêmement simples, elle construit, contre toute attente, un véritable univers. Comme si ces cinq motifs étaient un alphabet rendant possible tout un langage, ou un ADN rendant possible tout un monde...

Tout ou rien

A.Stella a d'abord peint ces graphèmes en mat et leur négatif complémentaire en brillant, opposant ainsi des pleines et des creux. Puis elle a imaginé toutes sortes de combinaisons entre plusieurs toiles. Elle a, plus tard, incisé minutieusement du papier blanc pour donner à ses graphèmes du volume. Ou encore réalisé quantité de livres d'artiste où ses combinaisons géométriques se poursuivent sous d'autres formes... Son monde artistique est tout à la fois simple, clos sur lui-même et vertigineux. Il s'agit moins de l'écriture d'un texte abstrait que d'une démultiplication de perceptions possibles à partir de formes minimalistes, quasiment à l'infini. Et l'artiste y explore notamment de manière fascinante les relations entre deux perceptions distinctes, ou entre l'ombre et la lumière, le mat et le brillant, le plein et le vide, un premier et un second plan, la planéité et le pli... L'émotion ici passe par une grande légèreté et la beauté d'un presque rien qui devient tout un univers !

Où va le blanc quand fond la neige ?
À l'Estancot jusqu'au dimanche 22 décembre
Visites sur rendez-vous au 06 18 49 76 37


Marie-Agnès Charpin + Charlotte Herben + Frédérique Fleury + Thaïva Ouaki + A.Stella + Dominique Torrente

"Où va le blanc quand fond la neige"
L'Estancot 6B rue des Capucins Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Les cinq expos à voir en décembre

Bons Plans | Les incontournables du mois, de l'événement autour du drapé au Musée des Beaux-Arts à une expo plus confidentielle à l'Estancot : sélection.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 décembre 2019

Les cinq expos à voir en décembre

Delphine Balley et Rodin Mi-réaliste mi-surréaliste, la photographe Delphine Balley a mis en scène sa propre famille, des scènes de crimes glanées dans les faits divers de journaux, et bien d'autres situations encore... Pour sa carte blanche au 1111, l'artiste présente deux photographies inédites en dialogue avec une petite sculpture de Rodin. Deux photographies qui font partie d'un nouveau volet de son Album de famille. Au 1111 jusqu'au 15 décembre Arte Povera Mouvement aussi hétérogène que mythique, l'Arte Povera ("art pauvre") a marqué les années 1960 et 1970 en Italie et au-delà. Le Musée de Saint-Étienne présente une rétrospective de l'Arte Povera réunissant une centaine d’œuvres en insistant sur la dimension performative du mouvement. Oeuvres signées Mario Merz, Luciano Fabro, Giovanni Anselmo... Au Musée d'Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienn

Continuer à lire