Des hommes sans trucage

Benjamin Mialot | Vendredi 12 juillet 2013

Photo : Katie Hovland


N'eut été leurs bedaines de boit-sans-soif, leurs chevelures d'habitués du Festival international de théâtre de rue d'Aurillac et leur propension à se dégourdir le majeur à la vue du moindre appareil photo, les dénommés Fat Mike, Eric Sandin, Eric Melvin et El Hefe auraient fait d'excellents vendeurs porte-à-porte. Car depuis trente ans qu'ils donnent au punk rock ses lettres de roture sous le nom de NOFX, ces Californiens ont fait avaler tout et son contraire à leur public, de la potacherie libidineuse d'à peine trente secondes (See Her Pee, enregistré pour la compilation Short Music for Short People, qui voyait une centaine de groupes s'essayer à l'exercice de la concision) à la satire politique de dix-huit minutes (The Decline) en passant par la reprise burlesque (Champs Élysée) et le tacle amical (Whoa on the Whoas, qui moque le suremploi par The Offspring d'une certaine interjection).

Un petit tour de force qui tient autant au caractère tout à la fois urgent et allègre de sa musique qu'à son activisme, cristallisé par la fondation dès 1990 de Fat Wreck Chords, devenu rapidement une référence dans son genre (Lagwagon, Against Me!, The Vandals, Rise Against ou encore Rancid y ont laissé une trace) et l'un des plus importants labels indépendants des États-Unis. Mais aussi et surtout à son dévouement scénique, que l'on pourra apprécier sur la grande scène du festival Woodstower à la fin du mois d'août. 

Benjamin Mialot

NOFX
Au festival Woodstower, samedi 24 août


2manydjs + Eels + Nofx + Deluxe + Aufgang + La comédie musicale à Didier Super + Pascal Parisot + The Toxic avenger + Niveau zéro + Tambour battant + Schlaasss + Suissa + Pethrol


Parc de Miribel-Jonage Les Sablettes Vaulx-en-Velin
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Your lucky day in Eels

MUSIQUES | Dans une centaine d'années, s'il reste quelque chose de cette planète, on se souviendra avec bien plus de déférence qu'ajourd'hui d'un Beautiful Freak nommé (...)

Benjamin Mialot | Mardi 18 juin 2013

Your lucky day in Eels

Dans une centaine d'années, s'il reste quelque chose de cette planète, on se souviendra avec bien plus de déférence qu'ajourd'hui d'un Beautiful Freak nommé Mark Oliver Everett, alias Mr. E. Un type qui a ramé sur du bitume avant de pouvoir faire son trou dans le "business" (avec le sublime Beautiful Freak d'Eels justement, premier album édité par Dreamworks) et, malgré des albums tous plus magnifiques les uns que les autres, de ne cesser de s'y enfoncer.   On l'a dit dépressif et même suicidaire, poissard (sa famille passe son temps à mourir du cancer ou à se foutre en l'air), son groupe a changé maintes fois de configuration (ça, c'est peut-être un peu de sa faute), mais il est toujours là, avec un album, Wonderful, Glorious, saccadé et rageur, bileux et mélancolique. Il a du mérite : à part un noyau dur de fans et quelques journaux musicaux où il alimente davantage les notules que

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