Le baiser mouillé de Billie

Stéphane Duchêne | Mardi 7 juin 2016

Photo : © DR


N'était l'invitation de son premier album, au Baiser qui laisse des marques de rouge à lèvres, et peut-être quelques traces rougies de morsure – il est rapidement apparu évident que la couleur de la musique de Billie — si tant est que la musique puisse avoir une couleur et l'on aurait tendance à penser que oui — se décline sur une palette de bleu. Bleu nuit, comme sur la plupart des chansons krautrock du Baiser, quelque chose oscillant entre le bleu marine et cette indéfinissable ton confinant à la transparence qui est parfois celui de l'eau, bleu d'encre (d'ancre ?).

Mais bleu nuit encore si l'on en croit le titre et le contenu de cet EP que la chanteuse lyonnaise a baptisé Nuits Aquatiques et pour lequel elle a moins enfilé le bleu de chauffe que le ciré jaune et surtout la queue de sirène scintillant sous les étoiles d'une production electro r'n'b à roulis signée Erotic Market, emportant comme une vague.

Une (pas si) douce onde de choc chic à aborder et embrasser en live pour la première fois le 15 juin lors du French Kiss de Billie, format désormais traditionnel de release partie locale en vogue au... Transbordeur, forcément.


Le French Kiss de Billie

Chanson electro
Transbordeur 3 boulevard Stalingrad Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Une autre femme : "Billie" de James Erskine

Documentaire | Un docu double sur Billie Holiday mais aussi sa biographe Linda Lipnack Kuehl, par James Erskine.

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Une autre femme :

Journaliste à ses heures, Linda Lipnack Kuehl réunit 200 heures de témoignages sur Billie Holiday avant de mourir brusquement. Un demi-siècle plus tard, James Erskine exhume les cassettes et entreprend de raconter une double histoire : celle de la jazz-woman et celle de sa biographe. Sauf que… Courir deux lièvres aussi importants lui fait manquer ses deux buts. La partie sur Billie n’apprend rien, se contentant d’enchaîner des archives sans unité de traitement (images brutes ou colorisées à la truelle) et de reprendre des assertions sans les étayer : dire que Lady Day a révolutionné la musique, d’accord, mais une petite analyse expliquant en quoi eût été utile. Quant à “l’enquête“ sur Linda Lipnack Kuehl, elle est sacrifiée et frustrante. Car on ne sait pas pourquoi elle a été “suicidée“. En fait — et c’est toute l’ambiguïté de ce documentaire — le vrai sujet était la biographie de cette biographe, et son transfert à travers Billie que l’on devine. Erskine a joué la facilité en traitant Billie et non son ombre fantomatique. Dommage. Billie

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Hubert Mounier dans la place

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Stéphane Duchêne | Mardi 15 octobre 2019

Hubert Mounier dans la place

C'est à la suite du concert hommage donné par Benjamin Biolay en juillet 2018 à Fourvière que la scène lyonnaise à commencé à mûrir l'idée d'un projet autour de cette grande figure de la pop hexagonale mais aussi locale. Très vite, dans le sillage du chanteur Stan Mathis et des Chic Types, l'idée d'un concert fait son chemin puis d'un disque produit par Stardust ACP. La fine fleur de la scène chanson-pop de Lyon picore alors des titres dans le répertoire de Mounier et de l'Affaire Louis Trio pour en enregistrer des relectures au studio Magneto de They Call Me Rico : on y retrouve, en plus de tous les précités, Kent, un vieil ami, Carmen Maria Vega, Buridane, Joe Bel, Denis Rivet, Billie et quelques autres sur un vinyle à sortir le 5 novembre. Le même jour aura lieu dans la grande salle du Transbordeur une release party en présence de tous les intéressés (hormis Joe Bel en tournée au Canada et Kent) où tout ce petit monde dansera sur la chic planète d'Hubert. La chose est gratuite, mais l'on compte dé

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Pethrol : « Le fond influe la forme et pas l'inverse »

Electro Pop | Depuis plus de trois ans, Pethrol creuse quelques puits entre l'électronique et l'acoustique, le rythmique et le mélodique. Avec Figures, leur premier album, le groupe dévoile un véritable gisement d'or noir. À quelques heures de sa sortie, Héloïse, la chanteuse, est revenue sur l'évolution de son Pethrol.

Gabriel Cnudde | Mardi 18 octobre 2016

Pethrol : « Le fond influe la forme et pas l'inverse »

Votre musique allie le côté brut de décoffrage, très industriel de l'électro et la douceur de ta voix, comme une plume posée sur une poutre d'acier. C'est ce contraste là que vous cherchez à créer ? Héloïse Derly : C'est difficile à expliquer. Ce contraste existe, évidemment. On en parle depuis le début du projet puisque Cédric et moi avons une culture différente, même si on se retrouve parfaitement dans Pethrol. Mais au delà de ce contraste, il y a surtout une recherche de texture musicale forte. Pour l'album, on a changé nos machines pour partir sur des sons complètement analogiques. On a cherché une texture, qu'on mêle à beaucoup de rythmes percussifs, métalliques, synthétiques. À mon sens, c'est surtout ça notre ambivalence, en plus de ma voix. Notre plus gros jeu, c'est avec les parties rythmiques sur lesquelles on travaille les polyphonies. Il y a des lectures différentes de notre musique. On veut que ça parle au plus grand nombre, que ce soit simple à écouter pour que tout le monde soit emporté avec nous. Mais on veut aussi que quelqu'un qui nous écoute plusieurs fois découvre les différentes strates. C'est là qu'apparaissent des c

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Lyon's Club

MUSIQUES | Qu'elle soit un concept fumeux ou pas, la scène musicale lyonnaise est là et bien là. La preuve avec ce petit passage en revue – non exhaustif – d'un automne rock'n'gone. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

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Lors d'une discussion en ligne portant sur les coiffeurs, leurs pronostics de football et l'Olympique de Marseille, un grand connaisseur du rock et de bien d'autres choses nous lâcha, magie d'un fil de discussion : «le concept de groupes lyonnais, well... ». Certes, toute personne rejetant l'idée que l'on puisse être Lyonnais juste «parce qu'on a fait sécher ses chaussettes une fois à Lyon», comme nous l'a récemment exposé notre critique cinéma maison, souscrira sans mal à cette réflexion. Mais on ne va pas faire comme si "ces gens-là" n'existaient pas puisqu'ils ne cessent de nous prouver le contraire. Telle Billie, qui nous prépare quelques remixes des titres de son album Le Baiser. L'excellent album de Denis Rivet – ex-King Kong Vahiné pour les intimes – est à venir, lui, le 30 octobre, et Denis jouera un peu partout pendant cet automne à commencer par ce même jour, le

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MUSIQUES | Avec "Le Baiser", son premier album, mélange très réussi de chanson française et d'atmosphères électro-pop, la Lyonnaise Billie embrasse les paradoxes esthétiques à pleine bouche dans un camaïeu de pénombre. Et sur le mode du conte fantastique fait danser sur des mots bleus son romantisme new-wave. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 13 mai 2014

Lady Night

Contrairement à Bashung, l’une de ses idoles, la nuit, Billie ne ment pas. Elle ne dort pas non plus, ni ne rêve, elle «vole» comme elle le chante sur La Fille Peter Pan. La nuit, Billie, chanteuse nyctalope et noctambule, funambule dans l’ombre bleutée et les brumes tombantes entre ses avatars rêvés : femme-vampire prête à brûler son désir aux rayons du soleil (Sangtimentale), Ondine suffocant de solitude (Ta bouche) ou sirène chantant la malédiction d'un pouvoir de séduction changé en misère affective (L’Âme bleue). Femme fatale, Billie a adopté un pseudo épicène. Belle de nuit, elle a choisi ce dernier en référence à Billie Holiday, éternelle "Lady Day" – à laquelle elle consacre d'ailleurs l'éponyme Billie, récit de destin effondré. Là s’incarne sans doute le paradoxe de cet autre «étrange fruit» qui se dit «entre deux âges» (Chronologie) – en vrai, une trentaine qui ne se voit même pas – et qui voulait faire de la chanson française ET de la new-wave ; chanter d’une bouche rouge vif mais «le blues aux lèvres» ; s’inventer des histoires pour mieux raconter l

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MUSIQUES | Festival French Kiss deuxième mouture à l’Auditorium. Le directeur général Laurent Langlois y tient comme à la prunelle de ses yeux et promet un "festival qui embrasse tout le répertoire de la musique française". Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 5 janvier 2012

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Voici un Festival qui décline la musique française de tous les temps, de tous les univers, de tous les styles. Le public risque de ne pas trop savoir où il met les pieds et pour s’y retrouver, quelques pistes sont nécessaires : tout d’abord se concentrer sur un programme dense et décousu puis choisir un peu à l’aveuglette. Par prudence, nous attendrons de voir ce que la deuxième proposition va donner. Cette saison, le concept est simple et peut être vu sous la forme d’un grand patchwork où il faut aller piocher pour que de petits bijoux apparaissent de-ci, de-là. La présence du Requiem de Maurice Duruflé sur le programme suffit à elle seule pour donner envie d'y être. Cette œœuvre contemporaine aux accents grégoriens et aux mélismes envoûtants est une pure merveille d’écriture, un vrai bouleversement pour les oreilles d'une beauté musicale rare. Bernard Tétu à la direction, ses solistes au chant, Vincent Warnier à l’orgue et c’est toute une salle qui pourrait croire en Dieu durant quelques heures. Autour du Requiem de Duruflé, dans cette même soirée, ce sont des œuvres de Fauré, Caplet et Thierry Escaich qui viendront amplifier le discours quasi mystique et d’u

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