Indie, dites-lui oui

Stéphane Duchêne | Mardi 11 juin 2019

Photo : © DR


C'est la soirée 100% indie du festival, destinée aux lecteurs de Magic dont les trois artistes présentés ici sont des chouchous de longue date. Aldous Harding trône d'ailleurs en couverture du dernier numéro du magazine. C'est elle qui ouvrira la soirée, prenant grand soin de confirmer qu'elle n'est pas pour rien considérée comme la chef de file d'une scène folk féminine particulièrement riche en pépites. Et, double casquette, comme une énième représentante de choix de la scène indé néo-zélandaise. Parquet Courts changera l'ambiance du tout au tout avec son post-punk garage aussi rageux que classieux, avant que cette bonne tronche de cake de Mac DeMarco ne vienne finir le boulot avec sa pop désinvolte, délicieusement muée en (vraie-fausse) musique de cow-boy léthargique sur son dernier Here Comes the Cowboy.

Mac DeMarco + Parquet Courts + Aldous Harding
Au Théâtre Antique de Fourvière le mercredi 10 juillet


Mac Demarco + Parquet Courts + Aldous Harding


Théâtres romains de Fourvière 6 rue de l'Antiquaille Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Tame Impala, le psychédélisme évaporé

Nuits de Fourvière | Où est donc passé ce fleuron du psychédélisme que fut Tame Impala à ses débuts ? On dirait que ces sautillantes antilopes se sont perdues dans la marée mainstream et une volonté forcenée de synthèse du tout synthétique.

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Difficile d'évoquer le groupe australien Tame Impala sans citer la définition qu'en fait son grand gourou Kevin Parker, adoubé par la sphère musicale comme un messie des antipodes : « a steady flowing psychedelic groove rock band that emphasizes dream-like melody. » Voilà typiquement le genre de déclarations fourre-tout dont se servent les messies pour brouiller les pistes et nous embarquer dans leur sillage, laissant la porte ouverte à toutes les dérives. Là se pose la question qui taraude depuis longtemps : d'où vient que les groupes à guitares les plus inspirés finissent souvent par tomber dans leur propre piège synthétique ? Soyons honnête, Julian Casablancas (Strokes) découvrant Daft Punk, c'est le chimpanzé devant le monolithe noir de 2001, l'Odyssée de l'espace. Il sent qu'il y a un truc à faire avec ça, mais d'une il ne sait pas quoi, de deux, il a l'intuition que plus rien ne sera jamais pareil. Robinetterie Certes, on reconnaissait la semaine dernière que ce genre de basculement peut être sacrément réussi ; mais le contre-exemple vaut exception à la règle. Or s'il y a un groupe symptoma

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Stéphane Duchêne | Mardi 26 mai 2015

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On ne dira jamais assez à quel point son isolement géographique et la supériorité en nombre de sa population ovine n'ont jamais empêché à la Nouvelle-Zélande de faire parvenir jusqu'à nous les talents les plus insensés. On vous passe le chapitre sur le mythique label Flying Nun pour nous concentrer ici sur l'une des plus belles pépites envoyées directement depuis le coin droit inférieur de l'hémisphère sud, en la personne d'Aldous Harding. Déjà ce nom, qui évoque comme un téléscopage entre le psychédélisme visionnaire d'Aldous Huxley et la subtilité malheureusement trop souvent ignorée de son quasi homonyme Tim Hardin – on peut penser également à la détermination sauvage et destructrice de la patineuse Tonya Harding, mais nous serions ici, sans mauvais jeu de mots, en terrain glissant, et notre Aldous semble être plus ange que démon. Depuis Lyttelton, où sévit une communauté d'ouvriers et d'artistes, Aldous Harding et ses mélodies de soi(e) figurent une sorte de miroir du folk de l'Alela Diane première époque ou de ses amies Mariee Sioux et Alina Hardin (tiens, tiens), du temps où elles baguenaudaient guitare en main du côté de Nevada City avant de

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Mac Demarco, complètement salade

MUSIQUES | Album de la maturité en tongs et vieille casquette, "Salad Days" est de ces chefs-d'œuvre tirés du sac qui vous déglinguent en faisant mine de regarder ailleurs. Aux manettes, Mac DeMarco, faux dilettante foufou et vrai songwriter mélancolique de (re)passage à Lyon. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 25 novembre 2014

Mac Demarco, complètement salade

En France, pays où la salade est pourtant une religion – on peut la commander en guise de plat au restaurant et l'oubli en cuisine de la frisée censée accompagner l'entrée, le plat, puis le fromage, peut vous flinguer un repas – l'expression «salad days» n'a pas d'équivalent. Peut-être parce que dans notre beau pays de pervers saladophile on ne rigole pas avec la scarole. L'expression, que l'on doit à Shakespeare dans Antoine et Cléopâtre, fait référence aux années d'insouciante jeunesse – «My salad days, when I was green in judgment, cold in blood» dit Cléo. Ces années où tout nous passe au-dessus, où l'on ne craint ni l'avenir, ni la mort, ni le recomptage des points retraites. Depuis, elle est devenue un classique de la pop culture, de Sagan aux frères Coen, des Monty Python aux Young Marble Giants en passant même par la reine Elizabeth II dans son discours de jubilé. Pourtant, elle n'a probablement jamais été mieux à sa place que dans la bouche de Mac DeMarco. Et pas seulement parce qu'il a le genre de dentition dans lequel on coince aisément une feuille de laitue pour la journée. Trompe l'œil Il y a dans

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La route des indés

MUSIQUES | Dans la collection automne-automne musicale, la tendance est clairement à l'indie rock, cette notion floue et changeante qui pourtant se nourrit d'une évidence : quelles que soient sa nature, sa forme, son humeur, son envie, quand on voit un artiste indé, on le reconnaît au premier coup d’œil. Et à ce qu'on en veut toujours plus. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

La route des indés

«Just gimme indie rock !!!!» C'est sur ce cri primal que s'ouvre, en 1991, Gimme Indie Rock, EP culte et (re)fondateur de Sebadoh. Le trio, alors composé d'Eric Gaffney, Lou Barlow et Jason Loewenstein – qui vient de rejoindre le groupe du Massachussetts – y évoque ses influences dans une furieuse séance de name-dropping (Velvet Underground, Husker Dü, Sonic Youth et même Dinosaur Jr., dont Barlow vient pourtant de se faire éjecter comme un malpropre) qui s'accompagne du mode d'emploi indie : jouer plus lentement, fumer de l'herbe (pas forcément dans cet ordre) et hurler à la face du monde. Ce cri, c'est un peu le cri que le public lyonnais averti (qui comme chacun sait en vaut deux) est depuis quelques temps en mesure de pousser à chaque début de (demi-) saison. Car il sait, à mesure qu'on lui sert sur un plateau des Dinosaur Jr. donc, des Chokebore, des Swans et on en

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Stéphane Duchêne | Jeudi 17 octobre 2013

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« On ne choisit pas (…) / Les trottoirs de Manille / De Paris ou d'Alger / Pour apprendre à marcher / Etre né quelque part / Pour celui qui est né / C'est toujours un hasard / Nom'inqwando yes qxag iqwahasa» chantait très justement Maxime Le Forestier, lui-même natif de Paris. Mais quand on a le malheur de n’être pas né au bon endroit, par exemple dans le cas des rockeurs texans de Parquet Courts, il reste toujours la solution de se faire la malle pour la destination dont on rêve – un luxe, on en convient, qui, dramatiquement, n’est pas donné à tout le monde. Toujours est-il que c’est ce qu’a fait le quatuor de Denton (ville-mère de Midlake et Lift to Experience, preuve, s’il en fallait une, que dans le "Lone Star State", et pas qu'à Austin, on trouve bien plus que du pétrole). Hanté, comme tant d’autres avant, par la scène new-yorkaise, de ses premières éruptions historiques à ses bourgeonnements "strokesiens", Parquet Courts a fait comme beaucoup de jeunes groupes provinciaux américains, il s’est installé dans la Grosse Pomme, cet aimant à hype, pour nourrir sa musique de ce qu’il reste du myth

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Au premier abord, avec sa casquette trouvée dans la rue (hypothèse haute) et sa chemise des pages bricolage de La Redoute, on le croirait sorti d'un film avec Will Ferrell parodiant le rock indé. «Qu'est-ce que c'est que ce type ?» est donc la première question que nous inspire 2, l'album de Mac Demarco (déjà entre nous, le type peut pas s'appeler Marc comme tout le monde ?). Surtout à le voir faire le signe de la victoire version Chirac 76, étranglé par sa guitare. Et puis Mac, qui est Montréalais, commence à jouer – mais le fait qu'il soit Montréalais n'a rien à voir avec ça. Et bim ! Pan dans ta gueule, Chirac 76, La Redoute, tout ça. Le gars est un songwriter du genre à avoir des billets pour la première classe mais à s'installer dans les toilettes pour composer des ballades d'amour (ou pas) aux guitares coupantes, qui tintent, stridulent et surtout emballent sec. Mac a le côté bricolo et les guitares en désaccord de Beck et la nonchalance ultrasensible (si, ça existe) de Jonathan Richman. Pas mal d'autres choses aussi de Pavement,

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