Lionel Martin, un souffle continu

Jazz | Sax pas commun, label manager au plaisir, animateur de rues par tous temps, Lionel Martin s'engouffre à l'Ambuscade ce jeudi en compagnie de collègues de Ukandanz. Cuivré.

Sébastien Broquet | Mercredi 27 novembre 2019

Photo : © Bertrand Gaudillère


Vous le croisez dans la rue, devant l'Opéra de Lyon où il aimait à se poser avant travaux, donnant rendez-vous en ce spot qu'il appelle « son bureau », ou encore sur la passerelle du Palais de Justice, sax en bouche et pédales d'effets voisinant avec le sac de vinyles. Ou encore, dans une salle de concert style Périscope, croisant le fer avec Sangoma Everett, batteur mythique installé encore récemment du côté de Bellecour, qui œuvra derrière Dizzie Gillespie, Branford Marsalis ou Archie Shepp. Possiblement, vous l'avez vu gesticuler aux Nuits de Fourvière, en ouverture d'Iggy Pop, pour un concert resté mémorable car un poil bruitiste — son instrument l'avait lâché en cours de route. Vous l'avez sinon peut-être vu en squatt, à La défunte Miroiterie à Paris, où son pote Férid Kaddour, éditeur de Gilbert Shelton, lui avait fait rencontrer Steve McKay, autre grand dingo du saxo devenu mythique en tant que membre des séminaux Stooges au début des 70's.

Ukandanz

Lui, c'est Lionel Martin, musicien protéïforme prêt à toutes les expériences et avide d'explorations, revisitant le répertoire du créateur de la sono mondiale, Louis Moreau Gottschalk, ou encore Count Basie en compagnie du sus-mentionné Everett. Tout ceci s'écoute sur disque, à condition d'avoir conservé sa platine vinyle, puisqu'il ne sort que ça sur son label Ouch! Records, devenu chouchou pour diggers chevronnés, disques que vous pouvez acheter dans la rue, donc, comme autrefois ceux de Jean-Marc Le Bihan, mais aussi plus classiquement chez les disquaires du coin. Ou encore plus simple, à L'Ambuscade ce jeudi où Lionel Martin s'aventure le temps d'une soirée en compagnie de Yann Lemeunier et Fred Meyer, échappés de Ukandanz (ah oui, on vous a pas dit, l'intéressé est aussi à la tête de ce combo éthio-punk qui fait frémir les ouïes pas trop tatillones sur le dogme) et de Bunktilt.

Lionel Martin
À L'Ambuscade le jeudi 28 novembre


Lionel Martin


L'Ambuscade 35 rue imbert colomes Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Lionel Martin : rhino féroce

Jazz | C'est aux commandes d'un EP tellurique en faux Solo(s) entièrement enregistré en extérieur avec Bertrand Larrieu qu'est réapparu cet automne, sans jamais avoir pourtant disparu, le saxo tellurique de Lionel Martin à la conquête des vibrations du monde et de ses dimensions parallèles.

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 décembre 2020

Lionel Martin : rhino féroce

Quiconque a un jour évoqué la personne de Lionel Martin aura souligné à quel point l'animal est singulier. Dans ses recherches musicales comme dans ses manières de les restituer et d'occuper le terrain, à commencer par la rue. Car c'est précisément, dans la rue, son jardin de grand enfant préféré que Lionel Martin est allé enregistrer son dernier projet. Un EP sobrement baptisé Solo(s). Après, entre deux embardées éthio-machinchose avec Ukandanz, un duo avec le pianiste bulgare Mario Stantchev à la remorque de la musique de Louis Moreau Gottschalk et un détour du côté de chez Count Basie et son Afrique, en compagnie de Sangoma Everett (un bon jazzeux est d'abord un jazzeux qui sait s'entourer), Martin est donc descendu en bas de chez lui — on exagère à peine — pour se livrer à une expérimentation

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Direction O.S.L.Ø. pour le label Ouch! Records

Saint Fons Jazz | Ouch! Records, c'est un label, axé vinyles et dépourvu d'œillères, œuvrant sur les crêtes du jazz, là où le punk s'effiloche. Mené par le saxophoniste très stoogien Lionel Martin, rééditant des raretés de Louis Sclavis ou de Ukandanz (qui vient de s'arrêter), mettant en lumière l'illustre Louis Moreau Gottschalk, Ouch! s'offre un concert spécial sous patronyme O.S.L.Ø., réunissant pour le Saint-Fons Jazz la crème des musiciens du label, dont Louis Sclavis. Conversation.

Sébastien Broquet | Mardi 24 janvier 2017

Direction O.S.L.Ø. pour le label Ouch! Records

Lionel Martin : Je le trouvais trop long, le premier Ukandanz, en CD. Tu décroches. Trop d'intensité ! En vinyle, Yetchalal, tu l'as sur quatre faces, tu respires, tu retournes, et c'est reparti. Tu arrives à la fin, tu as le temps d'avoir encore faim. C'est aussi le sens du vinyle : la contrainte de temps. Expliquons : Ouch! Records, c'est donc un label, dédié au vinyle principalement, pour des éditions limitées à 500 exemplaires. Lionel Martin : L'histoire commence vraiment avec Ukandanz. Ce premier album méritait d'être remis en lumière, d'être découpé différemment. C'est mon préféré ! J'ai décidé de monter un label pour le ressortir, sous forme d'un bel objet, un peu de collection. Qui dit collection, dit jouer sur la rareté. Je suis collectionneur de vinyles, aussi : j'ai passé pas mal de samedis matin à me lever de bonne heure pour aller faire les brocantes. Je ne le fais plus depuis quatre ans, trop de monde, trop de professionnels : c'est stressant. Et les prix ont explosé. Ce qui me désespère, surtout quand des gens font de la spéculation sur des di

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A Vaulx, du jazz à foison

MUSIQUES | Si cette édition d'Á Vaulx Jazz, qui va allègrement sur ses trente ans, se clôturera en apothéose supersonique avec un hommage appuyé à Sun Ra par Thomas (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 10 mars 2015

A Vaulx, du jazz à foison

Si cette édition d'Á Vaulx Jazz, qui va allègrement sur ses trente ans, se clôturera en apothéose supersonique avec un hommage appuyé à Sun Ra par Thomas Pourquery puis le Sun Ra Arkestra, les festivités ne s'arrêteront pas là. Enfin si, mais du moins ne commenceront-elles pas là. Dans la même série d'hommages à des artistes ou à des albums mythiques, devenue un peu par hasard l'une des marques de fabrique du festival vaudais, l'un des moments forts de cette mouture 2015 sera Over The Hills, création de l'iMuzzic Grand(s) Ensemble revisitant l'invisitable, à savoir l'opéra-jazz de Carla Bley et Paul Haines (au livret) Escalator Over the Hill, monument musical du tournant 60-70. Stéphane Kerecki et son quartet s'attaqueront eux à la musique de la Nouvelle Vague – également représentée par la projection de ce film free qu'est Pierrot le Fou qui témoigne de l'empreinte cinématographique du festival. Pour le reste, la thématique déployée par Á Vaulx Jazz tourne autour des «soufflants, des voix et des cordes» – ce qui est toujours, il faut bien le dire, un peu le cas. Où l'on

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Au-dessous des volcans

MUSIQUES | Points culminants d'une édition d'A Vaulx Jazz centrée sur le piano et la voix, ce sont quatre volcans monumentaux de l'histoire musicale qui rendront A Vaulx Jazz visibles de très loin. Éruption imminente, dans un Centre Charlie Chaplin qui promet de bouillir. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 18 mars 2014

Au-dessous des volcans

«Un volcan s’éteint, un être s’éveille» dit le célèbre adage publicitaire. Il est pourtant des volcans qui ne s’éteignent jamais, ou plutôt continuent à faire jaillir boules de feu, laves et fumerolles bien longtemps après leur ultime éruption. C’est en tout cas ce que s’est dit cette année A Vaulx Jazz, au moment de s’atteler à une programmation qui, tout en faisant la part (très) belle aux pianistes (Craig Taborn, Robert Glasper, Sophia Domancich, Giovanni Mirabassi…) et aux voix (Sandra Nkaké, LaVelle et même Yasiin Bey/Mos Def !...) tout en continuant d’explorer des genres cousins ou non – folk, blues, funk, flamenco, électro – à coups de grands noms (Bill Frisell, Zombie Zombie, C. J. Chenier…) a décidé de se lancer dans la volcanologie musicale. Métaphoriquement s’entend. Encore que… Car les volcans en question sont bien entendu sonores – et d’ailleurs la plupart d’entre eux n’ont probablement jamais vu et encore moins bu une goutte de Volvic, de Quézac ou d'eau ferrugineuse de leur vie. Et ce sont à la fois leurs fantômes, leur souvenir et leurs ravages qu’on célébrera ici. Ils sont au nombre de quatre : Miles Davis, Nina Simone, Iggy Pop et John Zorn.

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