Là-haut

Dorotée Aznar | Lundi 9 mai 2011

CRITIQUE / En tout juste une heure, la scène devient un champ de bataille fantasmagorique où l'on retrouve une curieuse fratrie emportée sur un véhicule protéiforme en mouvement perpétuel, sorte de radeau aérien.«Un décor au centre, pas comme une décoration mais telle une architecture qui, comme le dit Jean Nouvel, répond à une question qui n'est pas posée», explique Mathurin Bolze. Sur cet engin du diable qui s'envolera, cinq interprètes (dont Bolze lui-même) vont se croiser. Qui sont-ils ? Des rescapés ? De parfaits inconnus les uns envers les autres ? Où sont-ils ? Où vont-ils ? Des questions, beaucoup de questions, mais pas de réponses. Mathurin Bolze a ainsi conçu un spectacle ouvert, qui se reçoit comme un voyage époustouflant vers un ailleurs indéfini, où des êtres se côtoient avec toute l'urgence que la vie impose. Une grande fresque héroïque, rappelant un temps où certains hommes pouvaient se prendre pour des dieux, et où on les croyait sans sourciller, parce que l'on a toujours besoin de mythes pour avancer… Point de départ de la création : les lectures. Beaucoup, comme l'explique Mathurin Bolze. De ces matériaux riches servant de «combustibles» ressortent des idées, des fantasmes, des lignes directrices, mais pas de narration. Pas d'histoire sur scène. Plutôt une dramaturgie étudiée avec soin, élaborée avec le scénographe Goury : un fidèle de Bolze, adepte de la suggestion, ce qui renforce le propos de l'artiste avec lequel il s'associe. Visuellement fort, évocateur tout juste ce qu'il faut, ce "Du goudron et des plumes" laisse donc le public entre émerveillement et tension permanente : on en retient des images (comme lorsque la seule fille du groupe s'élance dans le vide : sublime), des sensations diffuses et emmêlées et un paquet d'émotions. Aurélien Martinez

Du goudron et des plumes
Au Théâtre Les Célestins
Les 10, 11, 13, 14 et 15 mai

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Repères Mathurin Bolze

SCENES | Formation : Lyonnais, âgé de 36 ans, Mathurin Bolze a été formé notamment au Centre National des Arts du Cirque. Il a travaillé, comme interprète, avec le (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 4 mai 2011

Repères Mathurin Bolze

Formation : Lyonnais, âgé de 36 ans, Mathurin Bolze a été formé notamment au Centre National des Arts du Cirque. Il a travaillé, comme interprète, avec le chorégraphe Joseph Nadj pour la tournée du Cri du caméléon et avec le chorégraphe François Verret dans les pièces Kaspar Konzert, Chantier Musil et Sans retour. 2001 : Fondation de la Compagnie «Les Mains les Pieds et la Tête Aussi», soit tout un programme où corps, technique, imagination et réflexion ne font qu'un.2002 : Fenêtres, solo émouvant et drôle où Mathurin Bolze campe un personnage esseulé dont le sol de son habitation est un trampoline. 2005 : Tangentes. Trois protagonistes tentent de s’arracher et d’échapper aux rouages de la machine sociale contemporaine (soit sur scène deux tapis roulants et une roue), aussi absurde et répétitive que les cycles de Sisyphe 2008 : Ali, duo créé avec Hedi Thabet 2010 : Du Goudron et des plumes

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«Se libérer de la machine»

SCENES | Entretien / Mathurin Bolze Propos recueillis par Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 4 mai 2011

«Se libérer de la machine»

Petit Bulletin : De quand date, dans votre parcours, ce désir de mêler cirque, danse, musique ?Mathurin Bolze : Il n'y a pas eu de basculement précis. J'ai découvert le monde du spectacle très jeune, à 8 ans, en faisant de la figuration dans les pièces de théâtre de Bruno Boëglin et Jean-Pierre Delore. Parallèlement, j'ai fait de la gymnastique jusqu'à 16 ans. Puis, j'ai été attiré par le cirque où je pouvais allier le plaisir du mouvement au plaisir du spectacle. Ce mélange des disciplines était une réalité, déjà, lors de ma formation. La technique circassienne n'a jamais été pour moi un enjeu premier, mais toujours un outil au service d'une dramaturgie. Ceci dit, les sensations «techniques» restent importantes car elles emmènent à des endroits de précision et de conscience particulières du corps. Qu'est-ce qui déclenche chez vous le désir d'une création ?Il me faut un état de disponibilité et de sensibilité, un état de concordance où j'arrive à mettre en lien des choses qui me touchent : une actualité, une rencontre, un film, un livre... Ces éléments s'agglomèrent, des questions apparaissent qui peuven

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La création perpétuelle

SCENES | Mathurin Bolze reprend la Tangente ces mardi et mercredi au Centre Culturel de Saint-Priest. L'occasion pour nous de faire le point sur l'énergie créatrice de cet acrobate actuellement en résidence aux Subsistances. Propos recueillis par Marion Quillard

Marion Quillard | Mardi 25 novembre 2008

La création perpétuelle

Petit Bulletin : Vous rejouez "Tangentes" cette semaine, une création qui date de 2005. Comment expliquez-vous le succès de ce spectacle ?Mathurin Bolze: Je ne l'explique pas ! C'est un travail qu'on a joué une centaine de fois, et là c'est bientôt la fin... Ce n'est pas le public qui choisit un spectacle, mais les directeurs de salle. Ce sont eux qui nous programment. Ça veut dire que le spectacle a plu à un certain nombre d'entre eux, et qu'ils ont décidé de le diffuser... Nous, par ce biais-là, nous avons pu rencontrer leur public. Des publics variés, parce qu'on était dans différentes régions, dans différents pays...S'il y a une chose à mettre au compte du spectacle, c'est qu'il y a très peu de texte, donc c'est un langage qui est compréhensible par tous. C'est un langage visuel, véhiculé par des émotions, des impressions... Il n'y a pas besoin d'être un habitué du spectacle, un habitué du monde culturel, pour apprécier un spectacle de cirque. C'est pour cela que le cirque est une forme populaire qui permet une forme d'exigence... Le spectacle a-t-il évolué depuis 2005 ?Oui ! Il a beaucoup évolué depuis sa création... Un spectacle de cirque pre

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