Aïtal, pour le meilleur

Cirque | Pas de village cirque cette année à Lacroix-Laval car l'espace est occupé par le Cirque Aïtal qui depuis quelques semaines répète in situ sa nouvelle création. Leur duo magnifique s'est agrandi. Explications.

Nadja Pobel | Mardi 26 juin 2018

Photo : © Loll Willems


En 2013, quand ils débarquent aux Nuits sous un chapiteau planté sur l'esplanade en contrebas de l'Odéon, ils sont la divine surprise du festival. Deux circassiens tombés du ciel s'inspirent de leur vie pour déployer leur technicité et leur douceur apprises dans l'école phare française du centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne. Elle, Kati Pikkarainen, s'entraîne depuis son enfance en Finlande et a migré ici pour se professionnaliser ; lui, Victor Cathala, a fait foot-étude dans le sud-ouest, intégré le GAEC familial et appris la voltige équestre non loin.

De leur rencontre, naîtra un premier spectacle : La Piste là, puis Pour le meilleur et pour le pire et une famille. Ils collaborent aussi avec les géants suisses Martin Zimmermann, ils étaient à l'école ensemble, et Dimitri de Perrot sur Öper Öpis. Saison de cirque est la nouvelle étape de ce parcours, qu'ils ouvrent à ceux qu'ils ont rencontrés depuis quinze années de pratique. Neuf circassiens et quatre musiciens seront au plateau, ainsi que des animaux.

Rendre sa place au cheval

Il fallait tout cela pour « dire l'amour que l'on a pour cet art », nous confiait Victor en avril dernier. Ils ont invité des artistes qui, parfois, tournent depuis vingt ans avec un numéro plus classique que ce qu'ils font ensemble : « on a voulu mélanger tous ces cirques sous notre chapiteau, c'est pour cela qu'il y a aussi des chevaux, nous avons le désir de rendre sa place à l'animal. »

C'est presque aussi le témoignage de ce qu'est une saison climatique à laquelle ils sont soumis pour le montage et démontage de mars à novembre. Le cirque est un art du dehors auquel chacun contribue pleinement – l'artistique n'étant pas séparé de la fabrication. Comment raconter cela en évitant la ribambelle de séquences ? « Ça va être cinématographique, assez imagé, moins narratif que Pour le meilleur et pour le pire » disent-ils de concert, heureux de ne plus être seuls au plateau, de retrouver aussi le compositeur Helmut Nünning, déjà aux commandes précédemment, et de partager ce qui les anime en totale porosité entre leur vie privée et publique.

Saison de cirque
Au Domaine de Lacroix-Laval dans le cadre des Nuits de Fourvière du mercredi 27 juin au vendredi 6 juillet


Cirque Aïtal

De Victor Cathala & Kati Pikkarainen
Domaine de Lacroix-Laval Route de Saint-Bel Marcy-L'Étoile
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Aïtal, Marius, Les Nuits : une idée de la permanence

Nuits de Fourvière | Voir naître un spectacle qui lui-même s'attelle à exposer les difficultés de sa propre création. Récit de ce doux moment qui dit aussi en creux l'importance de la fidélité d'institutions à l'égard des artistes – par ailleurs virtuoses comme ceux du cirque Aïtal. Sur la piste, comme en dehors, voici l'histoire d'une permanence.

Nadja Pobel | Vendredi 29 juin 2018

Aïtal, Marius, Les Nuits : une idée de la permanence

Flash back. 2013. Les Nuits de Fourvière sur leur esplanade en contrebas de l'Odéon accueillent un couple, Victor Cathala et Kati Pikkarainen. Ils seront l'éblouissement de cette édition. Deux circassiens se tiennent par la main. Il la fait virevolter à la force de son poignet, elle le fait s'agacer et se calmer. À nous spectateurs, ils collent les larmes aux yeux à force de tant mêler technicité et dramaturgie. Et si l'émotion n'est pas, loin s'en faut, l'indicateur de la pertinence d'un travail, elle en garantit la prégnance dans le temps. Pour le meilleur pour le pire tournera longtemps encore mais déjà les Nuits de Fourvière font la promesse qu'ils accueilleront leur travail futur. Il faudra cinq ans pour cela. Dans l'intervalle, sont nés leurs deux enfants, Pour le meilleur s'est interrompu plutôt que de remplacer Kati par une acrobate pourtant castée et qui aurait, malgré elle, fait s'écrou

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Nuits de Fourvière | Pour la première fois, la magie (nouvelle) fait son entrée aux Nuits de Fourvière qui accueillent Yann Frisch. Au menu de ce festival, la création mondiale de l'excellent cirque Aïtal et des maîtres de la mise en scène au service d'étudiants de grandes écoles.

Nadja Pobel | Mardi 19 juin 2018

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Le cirque avait eu l'honneur d'ouvrir les Nuits de Fourvière 2016 qui pour la première fois de leur histoire abandonnait le théâtre au profit des canadiens des 7 Doigts de la main en lever de rideau. Un signe fort en direction de cet art qui depuis une trentaine d'années ne cesse de se réinventer. Et comme l'équipe des Nuits a, dans son ADN, la fidélité aux troupes accueillies, elle patientait pour faire revenir le Cirque Aïtal. En 2013, avec le duo Pour le meilleur et pour le pire, les deux circassiens de la compagnie avait ébloui le festival de leur technicité alliée à leur talent de récitateurs. Avec des lancés ariens, des portés, ils racontaient l'histoire d'un couple traversé par toutes les émotions. Littéralement bouleversant. Entre temps, Kati Pikkarainen et Victor Cathala ont eu deux enfants et créent aux Nuits, sous un chapiteau dans le parc de Lacroix-Laval, une fable pour neuf interprètes, quatre musiciens et cinq chevaux. Saison de cirque est pour eux une façon de mélanger tous les c

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SCENES | "Pour le meilleur et pour le pire" est la pépite inattendue des Nuits de Fourvière 2013, le Cirque Aïtal, duo acrobatique formé par Victor Cathala et Kati Pikkarainen, y réussissant la prouesse d’être à la fois infiniment technique et poétique. Rencontre avec ce couple à la scène comme à la ville, qui manie comme personne l’art de l’équilibrisme. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 4 juillet 2013

Le grand saut

Vous avez des parcours très différents. Quels chemins vont ont menés au cirque ? Kati Pikkarainen : Enfant, j’ai voulu faire du cirque comme un hobby. J’ai commencé à huit ans dans une école de loisirs en Finlande, mon pays, dans une petite ville à côté de Helsinki. Et j’ai aussi été formée en Russie, car il y avait des échanges avec une école de cirque de là-bas. C’était vraiment accessible, ça ne coûtait pas cher, dans une banlieue un peu retirée... Un monsieur avait monté cette école pour sortir les enfants des rues. J’y ai rencontré mes copines, c’est devenu une passion, on faisait des spectacles chaque week-end. Vers treize ans, ces spectacles sont devenus plus professionnels et à seize, j’étais convaincue que je voulais en faire mon métier. Mais je ne savais pas vraiment comment m’y prendre. J’avais par ailleurs du mal à me concentrer à l’école, j’étais un peu paumée. Puis un de mes enseignants de cirque, un Français, m’a dit qu’il y avait de bonnes écoles où décrocher un diplôme en France et à Montréal. J’ai choisi la France car il y avait une école d’état qui ne coûtait rien, le CNAC [Centre

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Nadja Pobel | Mercredi 3 juillet 2013

Parfait équilibre

Quand la prouesse physique et technique est au service d’une histoire simple et racontée sans filtre, cela donne Pour le meilleur et pour le pire, deuxième création du Cirque Aïtal, duo de haut vol composé de Victor Cathala et Kati Pikkarainen. Sous chapiteau, sur une piste en terre - la piste aux étoiles est cachée en-dessous et sera dévoilée plus tard - les deux acolytes jouent les amoureux entre disputes, réconciliations et amour infini. Sans paroles mais au rythme des chansons qui passent sur la bande FM dans leur vieille Simca 1000 rouge, ils inventent leur langage, sur la base d'une maîtrise impressionnante d’un porté spécifique, le main à la main : Kati se hisse sur son compagnon pour tendre haut l’antenne de l'auto-radio et mettre fin à ses grésillements puis, habillée en mécano, grimpe au bout d’un mât chinois bricolé à partir du pot d'échappement de la voiture, effectue des plongeons, rattrapée à la seule force des bras par Victor... Nulle action ne vire à la démonstration de puissance, chacune constitue un élément de ce récit (quasi) muet. Lorsque Victor casse des planches en bois avec son fron

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