Le grand (pas si) méchant Benjamin Renner

ECRANS | L'auteur et réalisateur français, à qui l'on doit le très beau film d'animation "Ernest et Célestine" (2012), est le parrain de la nouvelle édition de Voir Ensemble, festival jeune public du cinéma le Méliès. Il ouvrira la manifestation ce mercredi 22 février.

François Cau | Mardi 21 février 2017

« J'avais déjà essayé de l'inviter l'année dernière, sans succès » se souvient Marco Gentil, qui s'occupe du festival Voir Ensemble. Mais les années se suivent et ne ressemblent pas : en 2017, le réalisateur français Benjamin Renner, auteur en 2012 du très beau film d'animation Ernest et Célestine, sera présent. Et en parrain de l'édition, comme le veut la tradition de Voir Ensemble, il a signé l'affiche du festival.

Apparu sur les écrans en 2007 avec son court-métrage La Queue de la souris, l'ancien élève de la Poudrière à Valence (« seule école française d'animation dédiée à la réalisation » selon son site) s'est rapidement imposé comme un auteur à suivre. Recourant volontiers à de grandes thématiques (comme la différence, l'acceptation, le géant face au petit), il a également fait preuve d'un flair remarquable montrant qu'il savait bien s'entourer : lorsqu'il réalise son premier long (Ernest et Célestine donc), c'est en codirection, en compagnie de Vincent Patar et Stephane Aubier – ceux a qui l'on doit le délire cartoonesque à souhait Panique au village, qui est justement programmé pendant le festival.

Depuis ce premier succès, qui lui a valu entre autres récompenses le César du meilleur film d'animation en 2013, Renner n'arrête plus : en ce moment, il travaille à une adaptation de sa bande dessinée Le Grand Méchant Renard, parue en 2015 chez Delcourt. On a hâte de découvrir ça.

Ouverture du festival avec Benjamin Renner
Au Méliès mercredi 22 février à 14h15


Ernest et Célestine

De Benjamin Renner, Vincent Patar, Stéphane Aubier (2012, Fr, 1h20) animation

De Benjamin Renner, Vincent Patar, Stéphane Aubier (2012, Fr, 1h20) animation

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Dans le monde conventionnel des ours, il est mal vu de se lier d’amitié avec une souris. Et pourtant, Ernest, gros ours marginal, clown et musicien, va accueillir chez lui la petite Célestine, une orpheline qui a fui le monde souterrain des rongeurs.


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Au-delà de la japanimation, d’autres merveilles seront également visibles lors des trois festivals. Voir Ensemble offre ainsi, jusqu’au 1er mars, un choix élargi de films d’animation, dont quelques courts de la réalisatrice française Florence Miailhe, marraine de la manifestation. Le programme comprend d’autres propositions françaises, le premier film d’animation réalisé par une femme indienne (Bombay Rose) et des œuvres venues d’Allemagne, de Roumanie ou de Norvège, notamment. On prêtera par ailleurs un œil attentif aux films proposés en images réelles, parmi lesquels un Pinocchio signé Matteo Garrone, le très attractif Ballon d’or originaire de Guinée, et It must be heaven du Palestinien Elia Suleiman. Comme à Grenoble, La Mure joue la carte de la diversité, avec 24 films au total : du 2 au 8 mars, Plein les yeux proposera ainsi quelques inédits, plusieurs sorties encore récentes (Le voyage du docteur Dolittle, Sonic le film, Le Prince oublié…) et d’autres un peu plus anciennes (Terra Willy, Donne-moi des ailes, Shaun le Mouton…). Du côté de Saint-Égrève, du 21 au 26 février, la programmation s’annonce

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C’est peu dire que le cinéma le Méliès fait ce qu’il faut pour mériter son label "jeune public". Par exemple, tout au long de l’année, il accueille dans ses salles les enfants (et leurs parents) pour des séances suivies d’un débat. Et, surtout, lorsqu’arrivent les vacances de février, il organise Voir Ensemble, festival avec une trentaine de films pour jeunes spectateurs et spectatrices. Lors de cette sixième édition, où onze films tenteront de décrocher le Prix du public, neuf avant-premières seront projetées. Parmi elles, le célèbre classique américain Croc-Blanc (photo) de Jack London pour la première fois dans une adaptation animée, en présence de son réalisateur Alexandre Espigares (le film sortira fin mars). Certaines séances seront suivies d’ateliers, d’autres accompagnées par des cinéastes – comme Jean-Michel Bertrand, auteur du documentaire en compétition La Vallée des loups sorti il y a un an. Un hommage sera également rendu à la société de distribution jeune public Les Films du préau, qui

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"Le Grand méchant renard et autres contes" : grandioses animaux animés

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C’est un peu la kermesse de fin d’année à la ferme, où Renard présente trois spectacles interprétés par les animaux : comment le lapin a remplacé à la patte levée la cigogne dans la livraison d’un bébé ; comment le canard s’est substitué au Père Noël ; et entre les deux s’intercale l’histoire de Renard, devenu papa poule de poussins destinés à son estomac… D’abord, un constat anecdotique : Benjamin Renner n’a toujours pas signé de long-métrage original puisqu’après Ernest & Célestine (adapté de Gabrielle Vincent), ce programme, co-réalisé avec Patrick Imbert, est en réalité constitué d’un assemblage de trois courts à l'origine prévus pour la télévision et tiré de sa propre BD. Cela ne signifie pas que l’univers de Renner souffre d’un manque d’originalité, au contraire ! Il insuffle d'ailleurs dans ses réalisations un savant dosage d’humour et de poésie mêlés, qui fait écho à sa touche graphique. Les œufs sont frais Chez lui, le trait délimite des zones mais ne les clôt jamais tout à fait ; quant aux coul

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Le festival Voir ensemble du Méliès propose cette année encore quinze jours de films jeune public judicieusement sélectionnés parmi l’actualité du genre, mais aussi dans son histoire, récente ou lointaine. Le parrain de cette édition n’est autre que le grand Jean-François Laguionie, un des maîtres de l’animation française, qui présentera son superbe Le Tableau ainsi que des images inédites de son prochain film, Louise en hiver, lors de l’ouverture du festival le 7 février. Ouverture qui se poursuivra avec l’avant-première du très attendu Shaun le mouton, nouvelle production des studios Aardman, reprenant le personnage de la fameuse série télé et sidekick comique d’un des plus fameux épisodes de Wallace et Gromit, Rasé de près. Des avant-premières, il y en aura d’autres au cours du festival, réunies dans une compétition où figure notamment l’excellent Spartacus et Cassandra, dont on vous parle page 4, mais aussi un inédit de Karel Zeman, le Méliès tchèque, Le Baron de Crac, tourné en 1961. Zeman sera aussi à l’honneur à travers un beau pr

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Vacances scolaires obligent, les festivals de cinéma jeune public prennent leurs quartiers dans les salles françaises. Certes, depuis l’instauration du tarif unique à 4€ pour les moins de 14 ans, c’est un peu la fête tout le temps pour les jeunes spectateurs, avec ce risque d’infantiliser toute la production et – ça a commencé – de voir les écrans truster par des films animés ineptes et régressifs. D’où l’utilité de Voir ensemble, le festival proposé par Le Méliès : son ambition n’est pas de compiler la production récente et à venir pour faire tourner le tiroir-caisse, mais bien de mettre en perspective les films présentés avec des stages, des rencontres et des soirées spéciales. Autre particularité : Voir ensemble ne cherche pas uniquement la nouveauté à tout crin, puisque cette édition n’hésite pas à proposer les copies neuves de trois classiques restaurés. D’abord Le Voyage de Chihiro, chef-d’œuvre qui consacra son auteur Hayao Miyazaki comme un des grands cinéastes de son temps grâce au Lion d’or obtenu à la Mostra de Venise – Lion qu’il a loupé, et c’est regrettable, avec son dernier et superbe

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Ernest et Célestine

Il y a le bas, le monde des souris ; et il y a le haut, celui des ours. Le travail des uns s’appuie sur celui des autres : pendant que les ours se pourrissent les dents à se gaver de sucreries, dont le commerce assure la prospérité des nantis, les souris récupèrent leurs ratiches qu’elles liment de manière à s’en faire de superbes dentiers avec lesquels elles pourront ronger et creuser des galeries. Ainsi va l’ordre de la société dans Ernest et Célestine, et les institutions veillent à ce que celui-ci ne soit jamais déréglé : policiers, juges et éducateurs ne sont pas que pour garantir la pérennisation du système. Sauf qu’un jour, l’imprévisible se produit : une petite souris nommée Célestine décide de prendre son indépendance, refuse le métier de dentiste à laquelle on la promet et n’écoute plus les injonctions de sa mère supérieure. Elle s’aventure à la surface et y fait la rencontre d’Ernest, qui lui aussi ne veut pas vivre selon la norme : il est un peu artiste, un peu mendiant, très paresseux. De leur rencontre va naître une utopie douce où la bohème ébranle le conformisme social. On l’aura compris, Ernest et Célestine n’est pas seulement une fable

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