Une nuit pas si noire

ACTUS | La crise a-t-elle tué les noctambules, trop fauchés pour sortir de leurs intérieurs si moelleux ? Pour le savoir, on est partis à la rencontre des gérants de bars et discothèques locaux pour recueillir leurs avis sur la question. Réponses surprenantes.

Aurélien Martinez | Vendredi 13 novembre 2009

On ne vous apprendra rien : c'est la crise, depuis au moins une bonne année. De la ménagère de moins de cinquante ans à la personne âgée, en passant par l'étudiant et la majorité des travailleurs, tous nous expliquent (souvent au JT de TF1) qu'ils sont contraints de se serrer la ceinture sous peine de finir sur la paille.

En s'intéressant donc au monde de la nuit en cette période morose, on s'attendait à trouver des gérants de bars et discothèques dépressifs, seuls derrière leur comptoir à attendre l'hypothétique client. Or, cette bougre alarmiste de Laurence Ferrari nous a induits en erreur : non, les Français ne sont pas tous au bord du gouffre ; oui, ils continuent à sortir, comme nous le signalent tous les patrons rencontrés au cours de cette enquête empirique. Même si évidemment, certains sont un peu moins optimistes que d'autres.

« Un autre demi steuplé ! »

« On a toujours été très apprécié, on n'a donc pas de soucis de ce côté-là » constate Arkange Ottaviano du Vieux Manoir, un bar-boîte de quatre salles rue Saint-Laurent. Même son de cloche au Subway où Frédéric Lachman, le gérant, « ne constate pas de réel changement dans les habitudes de fréquentation », tout comme à la Table Ronde (« notre activité reste stable »), au London Pub (« on n'a pas énormément ressenti cette crise »), au Tord Boyaux (« on a su rebondir, en proposant notamment différents types de soirées ») et au O'Callaghan. Même si, dans ce dernier cas, Nicolas Creissels, le patron de ce « bar à thème » évoque une « activité stable : mais peut-être que la crise a empêché une progression, qui était quasi-ininterrompue depuis dix ans ».

Selon leurs dires, les clients n'ont donc pas déserté. Nicolas Creissels nous livre une des raisons, partagée par beaucoup de professionnels de la nuit. « Dans les bars, les gens gèrent moins un budget comme au restaurant. Car c'est justement dans les restaurants que la crise est la plus dure. » Néanmoins, certains constatent que les coutumes des clients ont changé, notamment dans les bars proposant différents alcools à différents prix. « Le ticket moyen a tendance a baisser. Les gens consomment moins, ou des boissons moins onéreuses, ce qui nous tire vers le bas » note Jacques Viallet du Barberousse et du 365. D'où un succès non démenti pour les offres promotionnelles de début de soirée.

« Une France du samedi soir »

Dans les discothèques, l'optimisme prévaut toujours, même si l'on admet que les affaires sont un peu plus difficiles qu'avant. « Nous sommes la dernière étape dans le parcours de la nuit, et c'est là que ça joue. Dix euros l'entrée avec une boisson, c'est encore cher pour certains » note Camille Bahri du Vertigo et du Palazzo, deux boîtes grenobloises réputées (au public différent – la première plutôt chez les vingtenaires, la seconde plutôt chez les trentenaires). Pourtant, en passant le soir devant ces établissements, on constate souvent qu'ils ne sont pas vides, loin de là. « Le chiffre d'affaire n'est pas en rapport avec la fréquentation. Certes, il y a du monde, on est ouvert cinq jours par semaine, mais on est véritablement rentable sur deux soirs. »

Car maintenant, les clients une fois rentrés dans les lieux font un peu plus attention sur la dépense, même les plus aisés. Un gérant de boîte de nuit de l'agglo, qui n'a pas souhaité être cité, évoque quant à lui une autre raison aux difficultés que rencontrent les discothèques : l'interdiction de la cigarette, arrivée tout juste avant la crise. Et plus généralement « les lois répressives sur l'alcool ».

Son jugement est sans appel : « la France devient une France du samedi soir ». Comprendre que les clients sont de plus en plus hésitants à sortir, par peur du gendarme. Il évoque aussi le développement de concepts hybrides qui feraient du tort aux traditionnels établissements de nuit. « On est plus touchés par une tendance que par la crise, avec le développement d'une offre de bars-restos qui empiète sur notre activité. »

Finalement, à l'instar de Camille Bahri, tous s'accordent sur un point : « la crise ne touche pas forcément les loisirs car les gens auront toujours besoin de sortir ». « Ils ont envie de se lâcher à cause de tous ces problèmes » analyse Arkange Ottaviano du Vieux Manoir. On est donc rassurés, les nuits grenobloises continueront à battre, malgré la crise. Même si certaines habitudes changent, ce qui fait dire à Sylvain Mounier du Tord Boyaux : « il faut savoir se remettre en question ». Tout un programme.

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« House, disco, italo, électro et techno » au menu du tout nouveau Papa Club

ACTUS | Ce samedi 14 septembre, le Papa Club, nouvel établissement de nuit dédié aux musiques électroniques, ouvrira ses portes au 52 rue Saint-Laurent, dans la partie droite du complexe le Vieux Manoir. Rencontre avec Antoine Nemoz, chargé de communication et co-directeur artistique du lieu, pour en savoir plus.

Damien Grimbert | Mardi 10 septembre 2019

« House, disco, italo, électro et techno » au menu du tout nouveau Papa Club

Sans doute plus que tout autre, le milieu de la nuit est sujet aux évolutions du temps. Et s’il n’est pas dénué d’autres qualités, à commencer par son emplacement idéal sur les quais, à deux pas du centre-ville, l’évolution, le changement et la nouveauté, ce n’est clairement pas la caractéristique majeure du Vieux Manoir. Et cela ne fonctionne pas trop mal pour les trois salles en accès libre (l’Arkange Pub, l’Ave Maria et l’Entresol, dédiées respectivement aux sonorités « rock/pop/dub/reggae, latino/reggaeton/généraliste et années 80 »), qui restent des valeurs sûres pour les fêtards désireux de prolonger leur soirée après la fermeture des bars mais qui s’avère nettement plus compliqué pour la partie payante du complexe, en perte de vitesse depuis un bon bout de temps. Et si ces dernières années ont été marquées par diverses tentatives pour redynamiser son image (on pense notamment aux soirées Mystic House, ou à la venue de pointures comme

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Grenoble : 11 bons plans pour le réveillon du 31 décembre 2018

Sélection | Voici, si jamais un réveillon dans un appartement ne vous disait rien, une petite sélection de lieux (des bars, des clubs, des salles de spectacle…) ouverts à Grenoble le soir du 31 décembre. Alors bonne année en avance !

La rédaction | Mardi 18 décembre 2018

Grenoble : 11 bons plans pour le réveillon du 31 décembre 2018

Pour danser À la Salle noire Comme chaque année, les Barbarins fourchus organisent leur « before du réveillon » (tout sera fini avant minuit) en mode « bal de fête rock'n'roll ». Une entrée en la matière parfaite (les Barbarins savent mettre l’ambiance) dans un sympathique lieu – une boîte noire entièrement décorée par leurs soins en mode bric-à-brac. 15€ Au Keep it weird Le bar grenoblois « où la musique underground est à l’honneur » dans une déco « à l’américaine » du plus chic effet (ambiance "prohibition") propose une New Year's Day party all night long très électr

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Bonne "Confusion" au Vieux Manoir avec David Carretta

MUSIQUES | S’il est avant tout connu pour sa programmation musicale "généraliste" apte à séduire le chaland en virée nocturne, le Vieux Manoir semble depuis (...)

Damien Grimbert | Mardi 10 octobre 2017

Bonne

S’il est avant tout connu pour sa programmation musicale "généraliste" apte à séduire le chaland en virée nocturne, le Vieux Manoir semble depuis quelque temps s’ouvrir à des sonorités plus spécifiques. Après le lancement des soirées thématiques Mystic House en 2016, c’est désormais au tour des soirées Confusion de faire leur apparition, avec une première édition ce vendredi 13 octobre marquée par un line-up des plus alléchants. En tête d’affiche, on retrouvera ainsi au format live le Marseillais David Carretta, figure de proue de longue date du versant le plus sombre des musiques électroniques aux côtés d’artistes comme The Hacker, Terence Fixmer ou encore DJ Hell, qui fut d’ailleurs l’un des premiers à l’accueillir sur son fameux label International Deejay Gigolo en 1996. Passionné depuis toujours par les sonorités électro, techno, new beat, EBM et italo-disco, David Carretta sera accompagné pour l’occasion par ses comparses Aymeric Ponsart et Endrik Schroeder aux platines, tandis que Lucky Jules et Wayatt se chargeront du 'before' officiel de la soirée au bar le Keep It Weird d'Aymeric Ponsart.

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Où sortir à Grenoble jusqu’au petit matin ?

GUIDE URBAIN | Étudiant nouvellement arrivé à Grenoble ou vieux de la vieille en manque d’inspiration, vous voilà en quête d’un spot où finir la soirée ? Quand, entre 1h et 2h du matin, les rideaux des bars commencent à fermer, d’autres lieux (salles de concert, boîtes, clubs…) sont là pour vous ouvrir grand les bras. Sélection.

Sandy Plas | Mardi 3 octobre 2017

Où sortir à Grenoble jusqu’au petit matin ?

L’Ampérage Musiques psychédéliques, transe, rock ou électro : l’Ampérage est la salle de concert associative où se croisent toutes les cultures. Et un point de ralliement pour tous ceux qui aiment bouger jusqu’au petit matin. Car entre deux concerts, l’endroit propose nombre de soirées marquées par un bel éclectisme. À l’image des Melting, qui permettent de sauter à pieds joints dans la culture psychédélique. 163, cours Berriat – Grenoble. Tram A, arrêt Berriat-Le Magasin. De 23h à 6h. Tarifs variables selon les soirées. Tél. 04 76 96 55 88 Le Drak-Art Amateurs de cultures alternatives, le Drak-Art est fait pour vous ! Se croisent ici une bonne partie de ce qui se fait de mieux en matière de musique techno et électro, avec des virages vers le dub et le drum and bass. Un bon mélange à apprécier sur le dancefloor qui se transforme au gré des soirées, plus ou moins intimes. Le bonus ? La fermeture à 7h du mat’, histoire de rentabiliser la soirée jusqu’au bout. 163, cours Berri

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Le Vertigo : voilà, c’est fini

ACTUS | Le monde de la nuit grenoblois va changer. Le Vertigo, club mythique du centre-ville, fermera ses portes samedi 14 octobre après 20 ans de service. On a rencontré son boss Camille Bahri pour connaître ses motivations et savoir ce que deviendra le lieu.

Aurélien Martinez | Jeudi 28 septembre 2017

Le Vertigo : voilà, c’est fini

L’info a été lâchée mercredi 27 septembre sur le Facebook du club : le Vertigo, qui a fêté ses 20 ans en juin, va définitivement fermer, son boss et fondateur Camille Bahri ayant décidé de vendre – ça lui trottait dans la tête depuis longtemps. On le retrouve le lendemain, dans un bar du centre-ville. « J’ai duré 20 ans, j’aurais pu continuer encore un petit peu – je reste jeune dans l’esprit même si je suis vieux ! – mais l’opportunité de vendre les murs et le fonds s’est présentée alors je l’ai saisie. » Le Vertigo, c’est un club mythique à Grenoble, qui a vu passer pas mal de grands noms de l’éléctro – Laurent Garnier, Miss Kittin, Jeff Mills, Brodinski… L’annonce de la fermeture a donc eu un écho considérable chez ceux qui l’ont fréquenté, au vu du nombre de réactions reçues par Camille Bahri et son équipe – le post Facebook a été très commenté. « Ça me fait chaud au cœur, je suis très ému. C’est une récompense. »

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20 ans du Vertigo : trois souvenirs de sa jeunesse

MUSIQUES | Zoom sur la programmation des trois soirs de fête qu'organise le club du centre-ville à l'occasion de ses 20 ans.

Damien Grimbert | Mardi 6 juin 2017

20 ans du Vertigo : trois souvenirs de sa jeunesse

Histoire de fêter avec l’emphase qu’il se doit l’anniversaire de ses vingt ans d’existence, le Vertigo a concocté une programmation sur trois soirs qui devrait laisser les noctambules sur les rotules mais avec de beaux sourires sur les lèvres. Le jeudi, c’est la nouvelle génération d’activistes de la scène électronique grenobloise qui sera mise en avant avec pas moins de huit DJs différents au line-up. Tous issus de différents collectifs bien connus des afficionados du clubbing grenoblois (Mouvement Perpétuel, The Dare Night, Groove Jam, La Maiz, Icône, Eddy Rumas et on en passe), mais tous réunis par le même amour du groove et de la house, Amen, Mazigh, Cosmic Clap, Limon, StinkyB, Nikizi, Nemoz et Mendez viendront ainsi faire souffler un vent de fraîcheur bienvenu sur ce premier soir, le tout en entrée libre s’il vous plaît ! Les deux soirs suivants mettront quant à eux à l’honneur plusieurs figures historiques de la scène grenobloise et habitués de longue date du club du centre-ville avec lequel ils entretiennent une histoire

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20 ans du Vertigo : vertige de la nuit

Story | Et là, beaucoup de Grenoblois (ceux qui n’ont plus vingt ans depuis un moment) vont prendre un coup de vieux en apprenant que le Vertigo, mythique petit club du centre-ville, a 20 ans ce mois-ci. 20 ans, oui. Avant de fêter ça en grandes pompes pendant trois soirs (notamment avec la légendaire Miss Kittin), on est allés interroger son fondateur Camille Bahri, histoire de recueillir ses confidences sur autant d’années de fête, d’électro et de clubbeurs.

Aurélien Martinez | Mardi 6 juin 2017

20 ans du Vertigo : vertige de la nuit

« J'ai fait mes études aux États-Unis, à Los Angeles. À l'époque, en 1986, il y avait au centre-ville une grande boîte qui s'appelait le Vertigo – ils étaient 40 à la sécurité pour vous donner un ordre de grandeur. C’était le club à la mode dans lequel venait tout le gratin de LA. L'accès y était assez difficile, je me suis fait refouler quelques fois avant que l'on m'accepte. Une fois rentré, j'ai adoré ! J'ai gardé ce nom en tête, ça sonnait bien pour un club. Je m'étais toujours dit que si un jour j'avais la chance d'ouvrir un établissement, je l’appellerais Vertigo. » C’est dans son Vertigo vide de monde (pour cause, il est 14h), sur une banquette défraîchie à deux pas des platines du DJ, que l’on rencontre l'imposant Camille Bahri, gérant de la boîte de nuit grenobloise depuis son ouverture il y a 20 ans. « Avant, j’étais déjà dans le monde de la nuit grenobloise – au Phoenix, au Drac Ouest, au Progrès qui est devenu le XIII… Un jour, j’ai appris qu’une boîte qui s’appelait la Fièvre était vendue aux enchères. On l'a achetée avec mon associé Alexandre Peyrot et c’est devenu le Vertigo. » Voilà pour l’historique.

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Grenoble : nos bons plans pour le réveillon du 31 décembre

GUIDE URBAIN | Il y a mille façons de célébrer la nouvelle année. Si vous êtes adepte des boums dans le salon d’un ami ou de repas en petit comité dans la salle à manger d’un autre, on vous laisse vous débrouiller. Par contre, si l’envie vous prenait de vous mêler à des inconnus dans un bar, une boîte ou une salle de spectacle, on a ce qu’il vous faut. Bonne soirée.

Aurélien Martinez | Mardi 20 décembre 2016

Grenoble : nos bons plans pour le réveillon du 31 décembre

Un before avec les Barbarins fourchus « Un show bouillant pour un before 2017 débridé qui vous mettra en bonne marche vers votre soirée de la Saint-Sylvestre » nous assurent les fameux Barbarins fourchus. Rendez-vous donc de 20h à 22h30 dans la très modulable Salle noire du collectif musical (mais pas que) grenoblois pour « un set rock’n’roll endiablé, des années 1950 à nos jours ». Libre à vous ensuite de célébrer minuit avec de la musique plus actuelle. 15€ Attention, jauge limitée. Réservations : 06 16 82 87 78 ________ Du clubbing au Vertigo Un 31 décembre dans l’une des boîtes les plus mythiques de Grenoble (nichée en plus en plein centre-ville, ce qui est pratique pour rentrer chez soi) ? Pourquoi pas. « Au programme, et comme le veut la tradition : cotillons, musique festive, petit-déjeuner à l'aube avec café et viennoiseries. » Tout ça de 23h30 jusqu’à 9h du matin. Alors on danse ? Entrée : 10€ avec une consommation offerte. Vestiaire obligatoire (2€). Réservati

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Grenoble : cinq bars pour les étudiants (mais pas que)

Numéro étudiant | Étudiants, c’est une véritable chasse à la pinte (ou au mojito selon les affinités buccales) que nous vous proposons là ! Suivez le guide.

Charline Corubolo | Lundi 10 octobre 2016

Grenoble : cinq bars pour les étudiants (mais pas que)

Le Subway 22 rue Lakanal, Grenoble Véritable institution grenobloise, le Subway est l’un des premiers points de chute des étudiants fraîchement débarqués ou confortablement installés. Tout juste rénové, le bar s’est ainsi offert un lifting bienvenu avec désormais une belle ouverture sur la grande terrasse, et une nouvelle déco. Avec des prix défiant toute concurrence, le Subway saura étancher les soifs. Mais au-delà de cet aspect pécuniaire, si l’étudiant est roi en ces lieux, c’est parce que « l’essayer, c’est l’adopter » nous assure le patron Jérôme, avec un sourire. « Il y a tout le temps des étudiants. Ça cartonne surtout le jeudi soir. La terrasse est agréable. On passe tous types de musique et on propose des prix raisonnables. Puis on est ouverts tous les jours, de 10h à 1h en semaine, et le week-end à partir de 14h. À n’importe quel moment, on est là pour rafraîchir ! » ________ Les Copains d’abord 35 rue Lesdiguières, Grenoble Chez Les Copains d’abord, c’est un petit peu la même recette. On n’est donc pas étonnés lorsque le patron Benoît nous conf

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"Vertigo" : et à la fin, il n’en reste plus qu’un…

ECRANS | Le chef-d'œuvre d’Hitchcock, devenu "Sueurs froides" en français, est sans doute l'un des plus grands films de l'histoire du cinéma. Oui oui.

Vincent Raymond | Mardi 8 mars 2016

Le temps aura fini par rendre justice à l’œuvre la plus spectaculairement audacieuse d’Hitchcock. Dédaigné à sa sortie – voire méprisé par un public décontenancé que le cinéaste britannique spécialiste du suspense ait eu l’outrecuidance de s’extraire de la case où il l’avait trop tôt relégué – Vertigo (Sueurs froides en français) n’a cessé au fil des ans de gagner des admirateurs à sa somptueuse cause. Au point qu’il détrône aujourd’hui l’étalon Citizen Kane de Welles au palmarès des films les plus importants de l’histoire du cinéma, selon le classement décennal de la revue de référence Sight & Sound. Rien d’étonnant à cela : Vertigo combine la beauté tragique d’une histoire d’amour mélodramatique et macabre à un canevas policier ; il est émaillé d’innovations techniques ahurissantes (dont le travelling compensé – ou "dolly zoom" – engendrant des distorsions optiques dont ne saurait plus se passer à présent), d’une séquence onirique avant-gardiste d’anthologie et de contributions si fameuses que sa distribution à des allures de "all star game". Saul Bass signe le générique, Bernard Herrmann compose une s

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Le O'Callaghan, the "irish style"

GUIDE URBAIN | Le gaélique, les champs de tourbe et surtout la Guinness : ça sent bon les embruns d'Irlande en plein cœur de Grenoble avec le O'Callaghan. Prenant sa source directement sur l'île des trèfles à quatre feuilles, l'établissement n'est pas une réplique d'un pub irlandais, c'en est un. Reportage en terres rousses. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Lundi 13 avril 2015

Le O'Callaghan, the

Qu'elles sont belles les années irlandaises ! Cela fait maintenant 16 ans que le O'Callaghan offre, place de Berulle dans le centre de Grenoble, une faille spatio-ambrée dans la droite lignée des traditionnels pubs irlandais. Si la devanture ne paye pas de mine, derrière les portes de l'enseigne, c'est une véritable plongée dans l'ambiance "irish" qui nous submerge. Affiches Guinness, drapeaux, pierres apparentes au mur et mobiliers en bois, chaque élément du décor est directement importé d'Irlande. Le O'Callaghan Pub n'imite pas, il fait dans l'authentique. Et si le lieu est si bien réussi, c'est parce que Nicolas Creissels, le propriétaire, a fait appel à une entreprise irlandaise pour coller au mieux à l'esprit des pubs. Il insiste d'ailleurs sur les trois composantes majeures : la bière, les fléchettes et "sport on TV". Un programme qui joue la carte de la convivialité attirant constamment du monde, et pas seulement des étudiants. « On n'est pas un bar, on est un pub » D'ailleurs, le taulier se demande pourquoi son pub renvoie souvent l'image d'un bar à étudiants. « Ça ressemble à quoi un étudiant ? La clientèle est très internationale, de

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Le Vertigo, culture club

GUIDE URBAIN | Depuis dix-sept ans, le Vertigo Club anime les nuits grenobloises sur des sons électro. Novateur à son époque, il s'est aujourd'hui imposé auprès d'un public varié. Adeline Gailly

Aurélien Martinez | Vendredi 5 décembre 2014

Le Vertigo, culture club

Inspiré de la tendance électro, le Vertigo naît en 1997 alors que le style peine à être reconnu. « J'étais un extraterrestre à l'époque quand j'écoutais de l'électro » se rappelle Camille, le fondateur. Il relève néanmoins le défi de créer une boîte de nuit dédiée à ce type de musique. Pari réussi puisque la discothèque du centre-ville attire toujours les adeptes d’un genre désormais étendu au grand public. Ce type d'établissement n'était pourtant pas nouveau dans les années 90 à Grenoble. Aujourd'hui disparu, le Drac'Ouest, à Fontaine, organisait déjà des rave-parties. La mauvaise réputation, Camille ne s'en souciait guère : « L'électro c'était l'interdit, c'était synonyme de décadence mais j'ai misé là-dessus, je trouvais que c'était différent. » De Laurent Garnier au David Guetta des débuts en passant par Cassius ou encore Martin Solveig, nombre de DJ reconnus aux styles bien différents ont usé les platines du Vertigo. « Ce sont ces têtes d'affiche qui permettent de ramener du monde » dixit Camille, qui refuse pour autant

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La culture, c’est aussi la nuit !

ACTUS | Depuis quelques années, grâce à l’activisme passionné d’une pléiade de petites associations, Grenoble bénéficie enfin d’une offre musicale nocturne à la hauteur de ses ambitions culturelles. Qui se voit plébiscitée en retour par un public sans cesse plus nombreux, plus diversifié, et plus ouvert musicalement. Retour sur un petit miracle encore fragile, mais néanmoins bien réel. Damien Grimbert

Damien Grimbert | Lundi 6 janvier 2014

La culture, c’est aussi la nuit !

Longtemps restée l’apanage d’une petite poignée de villes, la club culture semble enfin avoir trouvé un point d’ancrage à Grenoble. La club culture ? Une vision des soirées dansantes qui ne se limite pas au défoulement, à l’ivresse, à la drague et à l’ostentatoire, mais propose également une véritable dimension artistique, des moments d’échanges humains et de découverte ainsi qu’une vraie mixité sociale, avec comme centre névralgique une passion commune et partagée pour les musiques émergentes. En d’autres termes, un projet de vie nocturne ambitieux, généreux et innovant qui repose sur une alchimie subtile et bien moins évidente qu’il n’y paraît entre différents éléments : une grande diversité dans l’offre musicale, des lieux nocturnes nombreux, variés et accessibles, un public réactif, diversifié et ouvert musicalement, des associations nombreuses, complémentaires et exigeantes musicalement, et enfin l’existence de "soirées paliers" permettant à un public non spécialisé de s’initier aux différentes tendances musicales, aux DJs émergents de faire leurs premier pas, et aux organisateurs de proposer une programmation musicale plus ouverte et non soumise aux exigences du

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Alors on s'amuse

ACTUS | Les soirées peuvent se vivre accoudé au bar, avec un demi (ou toute autre boisson) devant soi. Elles peuvent aussi se dérouler autour d’un table, des cartes (ou tout autre ustensile ludique) en main. On en a sélectionné trois qui sortent des sentiers battus. Reportage. Charles Perragin et Guillaume Renouard

Aurélien Martinez | Jeudi 31 octobre 2013

Alors on s'amuse

Le lundi au Subway  Le lundi, au Subway, bar incontournable des nuits grenobloises, c’est soirée belote coinchée… et ce n’est pas (que) pour les vieux. Dehors, au rez-de-chaussée et à l’étage, la quasi-totalité des tables est squattée par des joueurs chevronnés, étudiants pour la plupart. Hormis la chanson de Bashung diffusée par les baffles, le lieu est bien plus silencieux que d’ordinaire. Les joueurs abattent les cartes, concentrés, lâchant à peine quelques mots au passage. Le bar peut accueillir jusqu’à 64 équipes de deux. Ce soir, il y en a 63. Record. D’ordinaire, on tourne autour de 50. Les joueurs sont d’abord répartis en poules de quatre équipes. Les deux meilleures se qualifient pour les huitièmes de finale. Chaque participant atteignant cette phase remporte au moins un lot. Ceux qui parviennent à se hisser jusqu’en quart en obtiennent deux. Pour les gagnants, la cagnotte monte à cinq. Les cadeaux varient du produit lave-vitres au litre de bière assorti de saucisson. De toute façon, tout le monde vient ici pour la beauté du jeu. Et son adrénaline. Le Subway

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Happy Birthday, Mr Vertigo

MUSIQUES | Pour fêter en beauté son quinzième anniversaire ce week-end, le Vertigo Club a vu les choses en grand avec pas moins de deux soirées de célébration consécutives, (...)

Damien Grimbert | Vendredi 15 juin 2012

Happy Birthday, Mr Vertigo

Pour fêter en beauté son quinzième anniversaire ce week-end, le Vertigo Club a vu les choses en grand avec pas moins de deux soirées de célébration consécutives, précédées à chaque fois d’un before à la Gallery histoire de se mettre en jambes. Début des hostilités ce vendredi avec la venue de Nicolas Masseyeff (photo) pour la quatrième édition des soirées Party Intime. Fort d’un parcours de plus de quinze ans sur la scène électronique européenne, ainsi que d’un joli premier album sorti à l’automne sur le label berlinois Herzblut Recording (The Motherland), le DJ/producteur d’Antibes ne devrait pas avoir de mal à faire monter la sauce à coup de sélections tech-house et minimal bien affûtées. Le lendemain, place au Belge Kolombo et au Britannique Hot Since 82, deux protégés du label danois Noir Music bien connus des amateurs de deep house et de techno racée. Côté DJ locaux, il faudra enfin compter avec Yannick Baudino, Stefa Nof et Tanguy le vendredi, et Thomas Villard, JB Nightraffic et Redaster le samedi. Un véritable petit festival ! Damien Grimbert  

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Accords et à cri

MUSIQUES | Adeptes de canevas musicaux complexes transcendés à grands coups de déflagrations noise et de sonorités électroniques, les groupes Aucan et Picore devraient séduire aussi bien érudits rock qu’amateurs d’émotions pures. Damien Grimbert

Aurélien Martinez | Lundi 13 février 2012

Accords et à cri

En dépit du compte-rendu absolument dithyrambique d’un de leurs concerts par un membre haut placé de la rédaction qu’on ne citera pas ici et d’une signature sur le label Africantape qui nous a jusqu’à présent habitués à des sorties de très bon goût, force est de reconnaître qu’on attendait d’écouter Black Rainbow, le deuxième album du trio italien Aucan, avec une certaine appréhension. Pour une raison toute bête d’ailleurs : l’appellation dubstep-noise annoncée n’allait-elle pas déboucher sur une espèce de fusion un peu dégueulasse, comme ces groupes de néo-métal pourrissimes des années 90 avec pseudo-DJ-qui-fait-des-scratches pour faire joli ? La réponse est heureusement tout autre. Après quelques morceaux introductifs un peu trop trip-hop pour être honnêtes, l’alchimie entre les deux styles s’établit rapidement pour aboutir à la création de climats sonores hallucinés et assez superbes, où wobbles ravageurs et murs de guitares s’entrechoquent avec une belle violence, non dénuée d’inventivité pour autant. Seul petit défaut, les vocaux n’apportent objectivement pas grand-chose. On ne peut pas tout avoir, hein. Ah, et comme on vous l’a dit plus haut, en live, c’est visibl

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Les lois du dancing

MUSIQUES | Mesures antitabac, renforcement des contrôles de la sécurité routière, crise économique… Face aux nouvelles contraintes, les boîtes de nuit s’adaptent pour rester des lieux de fête. Tour d’horizon - non exhaustif - des discothèques grenobloises. REINE PARIS

François Cau | Vendredi 18 novembre 2011

Les lois du dancing

1h30 du matin. Le Vertigo se remplit brusquement. Cela fait vingt ans que Fred travaille dans le monde de la nuit. En experte, elle se faufile entre les tables et sert les boissons à bout de bras. Elle s’interrompt de temps en temps pour faire la bise aux habitués. Depuis 17h, elle refuse les réservations. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les effets de la crise, des mesures anti-tabac et autres lois, ne semblent pas se faire ressentir ici.  « Les gens ne viennent pas pour la déco, mais pour le service à table. On peut être dans un cube, ce qui fait tout, c’est l’accueil et la musique. Ici, on a vu naître de grands DJ », dit-elle, citant Laurent Garnier et David Guetta. « On passe de la house, quelques vieux thèmes toujours d’actualité, mais on essaie surtout de donner une éducation sur les nouveautés parce que tout le monde ne va pas à Ibiza tous les étés », s’enthousiasme-t-elle. Dans ce club qui a déjà connu plusieurs vies sous les noms du Flamand rose et de La Fièvre, les gens se pressent dès la fermeture des bars. « On est relativement bien accueilli, estime de son côté Charline, 20 ans, perchée sur son tabouret, l’air blasé. On est tranqu

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