Cuvée grenobloise, cru 2014

ACTUS | L’incontournable compilation dédiée à la scène musicale locale vient de sortir. À quoi sert-elle ? On en discute avec l’asso organisatrice et des artistes. Léa Ducré et Guillaume Renouard

Aurélien Martinez | Mercredi 26 février 2014

La cuvée grenobloise (volume 13) ? « L'idée c'est de dire : regardez ce qui se passe à Grenoble ! » explique Benoît Perrier, directeur de Dynamusic / Retour de scène. Un instantané représentatif d'une région mais aussi d'une époque. « Les années 2000 étaient très reggae, puis on a assisté à la montée du pop-rock, alors qu'aujourd'hui on observe que tous les courants ou presque se parent d'une teinte électro. »

Chaque année, l'asso grenobloise reçoit entre 70 et 120 candidatures et ne peut retenir que 16 ou 18 groupes. Pour faire partie des happy few, il faut séduire l'oreille d'un jury aussi éclectique que le sera la sélection finale. Directeurs de festival, programmateurs et techniciens font le tri aux côtés de journalistes locaux et d'un ou deux non-professionnels.

Pour éviter les partis pris, les écoutes sont faites  « à l'aveugle », c'est-à-dire sans que le nom du groupe ne soit indiqué. L'équipe passe ensuite des jours entiers à écouter, juger, affiner son choix. Les critères ? « Qualité sonore, originalité artistique, actu du groupe, évolution au fil des années. » Aussi : « chanter mal en anglais est rédhibitoire ». À bon entendeur...

« Coups de cœur »

Le jury est surtout sensible à ses « coups de cœur » et fait preuve d'une certaine tolérance quant au niveau de professionnalisation des groupes : certains n'ont encore sorti aucun album. Arash Sarkechik, le chanteur du jeune groupe Pan (Cuvée 2013), apprécie la flexibilité du jury : « J'ai commencé à composer de manière sérieuse en septembre 2012. Je connaissais le concept de la Cuvée, j'ai tenté ma chance. J'étais un peu à l'arrache, je n'avais même pas encore de nom de groupe… Mais ça a marché. Dans leur charte, il y a l'idée de diffuser des groupes émergents pour leur permettre de se faire connaître, même s'ils n'ont pas encore sorti d'album. Tout le monde a sa chance. »

La Cuvée n'invite pas que des groupes méconnus, et s'offre aussi des cadors grenoblois : Peau, Leonid et Lull cette année. Résultat : la Cuvée grenobloise aligne des groupes « éclectiques ». Agréable télescopage des genres (pop-rock, chanson française, musique de rue, électro, accordéon...) qui a le mérite de donner à voir une scène musicale foisonnante.

Car l'objectif premier de l'asso n'est pas de faire connaître la compil mais bien les artistes grenoblois qui la composent. Dynamusic insiste : « la cuvée, c'est pas une fin en soi, c'est plus un support promotionnel ». Le CD est édité en 1000 exemplaires et une belle moitié de cette production est envoyée aux professionnels au niveau local, régional et national. Pour Bleu (photo), trio folk grenoblois, la cuvée est « surtout un moyen de nous faire connaître, de diffuser notre musique, d'autant plus qu'on est de la région. Au moment où on les a sollicités, on commençait à mettre en place notre projet Bleu/Baudouin : une fresque musicale construite en live. Notre participation à la Cuvée est aussi une occasion d'attirer l'attention sur ce projet. »

« Une promo qui percute »

Malgré ses douze années d'existence et « une promo qui percute », la Cuvée souffre encore d'un déficit  d'image au niveau national. « Difficile d'évaluer la réception à Paris » admet le directeur. Au niveau local et régional, la compil peut aiguiller les programmateurs. « Sur la région, l'impact a été non négligeable. C'est un très bon moyen de se faire des connexions dans le coin » estime Arash Sarkechik. Un avis que partage Florian Pessin, le créateur de Lull, tout en folk indie et en ballades reposantes : « Ça n'assure pas forcément de signer avec une maison de disques, mais ça aide à décrocher certains concerts, à se faire connaître des programmateurs. » Il apprécie aussi le suivi : « On n'est pas lâchés dans la nature après la sortie du CD. »

Ainsi, si l'asso ne peut pas faire la promotion tout au long de l'année, « faute de temps », elle n'abandonne pas pour autant ses jeunes promus, en leur proposant une aide logistique, juridique, voire artistique. Certains artistes sont même invités à se produire lors du concert de sortie de la Cuvée (samedi 1er mars à l'Ampérage). Sympa !


La cuvée grenobloise

Kespar & Linkrust + As a New Revolt + Animali + B.Brain
L'AmpéRage 163 cours Berriat Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Venice VR Expanded : entrez dans le film grâce à la réalité virtuelle

Expérience | Jusqu'au 19 septembre, la MC2 invite les spectateurs, dès 14 ans, à découvrir la réalité virtuelle.

Valentine Autruffe | Jeudi 9 septembre 2021

Venice VR Expanded : entrez dans le film grâce à la réalité virtuelle

Un rugissement rauque retentit au loin. Bom ! Bom ! Bom ! Soudain à gauche, surgit entre les hautes herbes un tyrannosaure pressé. Il passe juste sous notre nez, sans un regard (ouf). On regarde sa longue queue se balancer au rythme de son trot lourd, quand surgit la raison de sa fuite : un dinosaure encore plus gros et plus impressionnant. Petit bond de surprise dans la poitrine, mains crispées sur les rebords de la chaise. Comment s’appelle ce dinosaure, déjà ? Genesis, une vidéo de 13 minutes qui retrace la naissance de notre planète, jusqu’à nos jours. C'est l’une des nombreuses propositions de Venice VR Expanded, rendez-vous de la rentrée à la MC2, mis en place en lien avec la Biennale de Venise qui a créé l’événement. Plus que de simples films, c’est une véritable palette d'expériences mise à disposition du public, grâce à la réalité virtuelle. Le spectateur est invité à passer le masque/casque pour vivre toute une sélection de films et jouer à des jeux, manettes en main. De la visite de l’ISS à In The Mist, film réservé aux plus de 18 ans, chacun trouvera s

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Cuvée grenobloise : l'appel est ouvert !

Scène locale | Comme à chaque rentrée, on vous signale l’appel à participation de la Cuvée grenobloise, ce dispositif de soutien à la scène locale qu’on ne présente plus. (...)

Hugo Verit | Mardi 7 septembre 2021

Cuvée grenobloise : l'appel est ouvert !

Comme à chaque rentrée, on vous signale l’appel à participation de la Cuvée grenobloise, ce dispositif de soutien à la scène locale qu’on ne présente plus. Si ? Vraiment, vous ne connaissez pas ? Bon d’accord… Toujours portée par l’association Retour de Scène, la Cuvée a pour objectif de valoriser des artistes locaux « à travers la diffusion, la formation, la programmation et la mise en réseau ». En résumé, les lauréats ont l’occasion de rencontrer du beau monde et, surtout, de jouer sur de jolies scènes du territoire (Magic Bus, Cabaret Frappé…). Attention, ne postulez pas si : votre expérience scénique se limite à un tour de chant devant papa, maman et tonton ; votre truc, c’est les reprises ; vous êtes déjà pas loin de la gloire ; vous n’êtes pas isérois. Rien de tout cela ? Alors la Cuvée vous tend les bras… tout du moins jusqu’au 19 septembre, date limite d’envoi des candidatures.

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Fabien Mauro : « La science-fiction japonaise est regardée avec distance »

Pop culture | Auteur d’un ouvrage somme consacré au cinéma de science-fiction japonais ("Kaiju, Envahisseurs & Apocalypse", aux Éditions Aardvark), Fabien Mauro sera l’un des invités de la première édition du Japan Alpes Festival, les 18 et 19 septembre à EVE. Rencontre.

Damien Grimbert | Mardi 7 septembre 2021

Fabien Mauro : « La science-fiction japonaise est regardée avec distance »

Quelles ont été tes premières portes d’entrée vers la pop culture japonaise ? Comme beaucoup de gens de ma génération, essentiellement via les jeux vidéo sur console et les séries d’animation japonaises qui passaient à la télévision. Mais également les séries de super sentai, ces équipes de super héros colorés. C’était ma première introduction à ce qu’on appelle le tokusatsu, c’est à dire des productions japonaises (films, séries…) à base d’effets spéciaux. Le tokusatsu rassemble toutes les techniques que l’on associe traditionnellement à l’imaginaire fictionnel japonais : le travail sur les effets optiques, les maquettes miniatures, les comédiens qui enfilent des costumes pour incarner des monstres ou des mecha.... Enfin, l’attente de la sortie du Godzilla de Roland Emmerich m’a amené à m’intéresser au Godzilla originel de 1954, qui venait de sortir en vidéo, ce qui m’a permis de découvrir tout l’univers du kaiju eiga, les films de monstres japonais. Je suis tombé littéralement amoureux de ce

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Tigadrine : coup de blues (sahraoui) à la fac

Concert | Alors que les scènes sont toujours fermées (on le saura), le campus de l'Université de Grenoble a accueilli en résidence le blues iséro-sahraoui de Tigadrine, dont une captation live est proposée ce jeudi sur les réseaux.

Stéphane Duchêne | Mercredi 10 février 2021

Tigadrine : coup de blues (sahraoui) à la fac

Dans la famille blues touareg, aussi vaste que le Sahara dans l'ombres des parrains Tinariwen, je demande les cousins grenoblois. Et voici donc Tigadrine, sélectionné dans la dernière Cuvée grenobloise. Le groupe de Saint-Martin-d'Hères était ces jours derniers en résidence sur le campus de l'Université de Grenoble. Il y a enregistré un concert joué devant un parterre de professionnels de la profession, qui sera diffusé ce jeudi 11 février. Le genre d'initiatives qui sera renouvelé chaque mois par l'association SEVE et Mix'Arts pour donner un peu de baume au cœur de la déshérance étudiante actuelle. Tigadrine donc : de la tradition touareg, mise en bouture avec le funk et le blues, comme d'usage chez les artilleurs nomades, Tigadrine, fondé en 2018, a hérité cet invraisemblable sens du groove qui convoque volontiers quelques déhanchés reggae. Mais la tradition en question, qui recouvre le Sahara, du Sud de l'Algérie au Mali, en passant par le Tchad et le Niger, explore ici davantage sur les confins occidentaux du genre, à savoir le Sud-Maroc, les styles assouf et ishumar et les dialectes hassani et berbères. Elle se métisse même, puisque, c'est un fait, le désert gagne

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Du classique... et du nouveau !

Cuvée grenobloise | Ouf ! La crise sanitaire n’est pas venue à bout de la Cuvée grenobloise, qui adopte une forme nouvelle pour sa vingtième édition. On en a discuté avec Retour de Scène, l’association qui soutient le projet depuis 2014.

Martin de Kerimel | Lundi 8 février 2021

Du classique... et du nouveau !

Avouons-le tout net : on aurait bien aimé avoir entre les mains le nouveau CD de la Cuvée grenobloise. Il faudra faire sans : en cette année très particulière, les artistes amateurs réunis par Retour de Scène ne seront pas regroupés sur une compilation. En revanche, l’association a déjà commencé à les mettre en avant autrement, c’est-à-dire avec des playlists sur les plateformes de streaming musical (Deezer, Spotify et Soundcloud) ou des vidéos Micro Cuvée, sur Youtube et les réseaux sociaux. Quatorze groupes sont ainsi propulsés dans la lumière pour cette édition 2021. Désormais, au total, ce ne sont pas moins de 250 formations qui ont bénéficié de ce dispositif, lancé d’abord par l’association Dynamusic et repris, donc, par Retour de Scène. « Ce qui marque une étape importante cette année, ce n’est pas tellement cet anniversaire, mais plutôt le remplacement de notre support de promotion physique par d’autres outils, note Pascal Souvignet, chargé de l’accompagnement artistique au sein de l’association. La Cuvée sera moins figée dans le temps. C’est important, dans la mesure où les artistes émergents évoluent beaucoup. » Rock, élec

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Fameux florilège

MUSIQUES | Punk rap. Artiste polyvalent, Bleu Russe signe un best of remarquable, éclectique et enrichi de morceaux inédits. On l'a écoute et trouvé très bon, jusque dans ses collaborations avec d'autres musiciens.

Hugo Verit | Mardi 8 décembre 2020

Fameux florilège

/ Punk rap Chaque sortie de Bleu Russe est un mélange de surprise et d’évidence. Comme s’il était toujours là où l’on s’attendait à ne pas l’attendre… Et c’est peut-être bien cet équilibre – instable donc subtil – entre cohérence absolue et liberté totale qui donne à son œuvre autant de puissance. Ça n’a jamais été aussi limpide qu’à l’écoute de Poubelle Marron, un best-of soigneusement désordonné augmenté de quelques morceaux inédits, un autoportrait foutraque, malicieux, profond, dur et tendre : très ressemblant. Voilà cinq ans que David Litavicki (son nom sur ses papiers d’identité) a lancé ce projet solo de rap/rock/punk/pop/etc. Quatre albums et un EP dont ce nouveau disque retrace brièvement l’histoire, de son point de départ avec Javel, un premier tube sans batterie, au plus récent La beauté du geste, doux manifeste irrévocable. Une plongée dans tout ce qui fait le style de Bleu Russe : son écriture en cut-up ciselé, sa colère toujours justifiée contre les administrations, une certaine sublimation de la banalité des existences, des instrus précises et efficaces. Et surtout, un sérieux penchant pour le collectif. On compte beaucoup

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Panthère Première, le fond et la forme

CONNAITRE | Rencontre / Épatante revue indépendante d’une centaine de pages lancée en septembre 2017, Panthère Première investira la librairie Les Modernes du jeudi 1er au samedi 3 octobre, le temps de deux expositions, d’une discussion et d’un atelier de gravure à prix libre.

Damien Grimbert | Mardi 22 septembre 2020

Panthère Première, le fond et la forme

Épatante revue indépendante d’une centaine de pages lancée en septembre 2017, Panthère Première investira la librairie Les Modernes du jeudi 1er au samedi 3 octobre, le temps de deux expositions, d’une discussion et d’un atelier de gravure à prix libre. Forcément, un nom aussi éclatant, ça interpelle, mais ce n’est pas pour autant, loin s’en faut, sa seule singularité, comme nous l’explique Gaëlle Partouche, fondatrice de la librairie de la rue Lakanal : « Panthère Première, c’est une revue de critique sociale, qui interroge la porosité entre ce qui relève de la sphère privée et ce qui relève de la sphère publique, et la manière dont nos vies privées sont traversées par le politique. » Proposant dans chaque numéro des thématiques à l’intersection de « ce qui est renvoyé à l’intime (famille, enfance, habitat, corps, maladie, sexualités…) et des phénomènes qui cherchent à faire système (État, industrie, travail, colonialisme, rapports de genre…) », la revue aborde une impressionnante diversité de sujets écrits et illustrés par des contributeurs et contributrices, mais sélectionnés par un collectif éditorial constitué exclusivement de femmes. Un choix d

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Avis aux amateurs !

MUSIQUES | Accompagnement / C’est dans une atmosphère de doutes mêlés d’espoir que Retour de Scène-Dynamusic lance son traditionnel appel à candidature pour la Cuvée grenobloise 2021.

Hugo Verit | Mardi 8 septembre 2020

Avis aux amateurs !

Ce dispositif de valorisation et d’accompagnement de la scène locale est lui aussi impacté par la crise sanitaire : « Notre objectif premier est de diffuser les artistes en organisant des événements donc tout reste incertain sur ce point. Mais l’idée est aussi de communiquer régulièrement et de proposer des formations, d’organiser des rencontres avec des professionnels », rappelle Pascal Souvignet, chargé de l’accompagnement artistique. En plus de l’épidémie, la 20e édition de la Cuvée grenobloise est surtout marquée par un changement majeur : la disparition de la compilation habituelle qui sortait en format physique et numérique. Une grande première : « Sortir une compilation implique une forte exigence sur la qualité de réalisation des morceaux. On avait donc tendance à sélectionner des groupes déjà bien avancés dans leur développement. Cette année, on s’ouvre plus vers une sphère d’amateurs très motivés qui ont besoin de soutien. On s’intéresse à la globalité du projet. » À la place de la compilation, Retour de Scène promet « une campagne de diffusion plus régulière et plus interactive, en publiant plusieurs playlists numériques au c

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Bleu Russe, la rage décontractée

Musique | Présentation d'albums (1/3) : Le Petit Bulletin vous propose une nouvelle mini-sélection de disques. Nous avons tout particulièrement aimé les dernières livraisons de Bleu Russe.

Damien Grimbert | Mardi 23 juin 2020

Bleu Russe, la rage décontractée

En dépit de ses cinq années d’existence et d’une discographie mine de rien déjà conséquente, il nous aura fallu un certain temps pour apprivoiser la musique de Bleu Russe, projet solo de David Litavicki (Churros Batiment, Poupard…). Le temps peut-être pour l’artiste de s’affranchir de certaines influences originelles un peu trop présentes à ses débuts (celles du Toulousain Arnaud Michniak et de son groupe Programme pour n’en citer qu’une)… Et pour nous de s’habituer à son flow en mode spoken-word, assez particulier. Sortis respectivement en février et en mai, Serrures et Palmiers, son dernier album, et Missives d’Amour vol. 2, sa dernière mixtape, viennent cependant confirmer ce qu’on avait déjà pressenti lors de ses derniers passages live : l’alchimie entre chant et instrumentaux fonctionne désormais à plein régime, ces derniers, piochant dans une gamme de registres bien trop vaste pour être ici énumérée, dépassant amplement leur simple statut « fonctionnel » pour se révéler de précieux alliés à la création d’une ambiance propre à sublimer les textes incisifs de l’artiste. Désormais frontalement assumé, le caractère parfois bancal du projet est devenu un vérit

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Trois soirées à ne pas rater

Sorties | On a repéré pour vous trois immanquables pour la semaine, à partir du 4 décembre. Au programme : rap et techno en divers lieux grenoblois.

Damien Grimbert | Mardi 3 décembre 2019

Trois soirées à ne pas rater

04.12.19 > EVE Lean Chihiro Déjà trois années qu’on entend parler de Lean Chihiro, jeune rappeuse parisienne d’à peine 20 ans définie par un univers à la fois très singulier… et très dans l’air du temps : références à la pop-culture japonaise tous azimuts, stylisme irréprochable, flow ultra mélodique explorant les frontières entre chant et rap, affection particulière pour les infrabasses saturées au point de faire trembler les murs… Précisons qu’elle rappe essentiellement en Anglais, ce qui lui fait au moins un point commun avec les groupes ASM et Mû, avec lesquels elle partagera l’affiche de ce concert organisé par Retour de Scène. 06.12.19 > Ampérage DE_dust II Ça fait longtemps qu’on défend dans ces pages le DJ et producteur français Panteros 666, son approche très ouverte et décloisonnée des styles musicaux, sa passion sincère pour la grosse techno des années 90, la cyberculture et les nouvelles technologies… On est donc ravi de le voir venir présenter son nouveau projet en collaboration avec Romain Casa, DE_dust II, un live techno / acid / warehouse inspiré par le jeu vidéo Counter Strike

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Tympan dans l'oeil : ouvrez vos yeux et vos oreilles !

Festival | Dans huit lieux de l’agglo, la dixième édition du festival de ciné-concerts proposera onze spectacles différents, portés par des inspirations multiples. Parce qu’il y en aura donc pour tous les goûts musicaux et cinéphiles, le doute n’est plus permis : ça valait bien de se pencher sur une petite rétrospective.

Martin de Kerimel | Mercredi 27 novembre 2019

Tympan dans l'oeil : ouvrez vos yeux et vos oreilles !

On avait préparé notre plus belle formule toute faite, mais elle restera finalement dans notre stylo. Pour évoquer la dixième édition de Tympan dans l’œil, on ne dira pas que le petit festival est devenu grand. Une raison à cela : c’est dès sa première année d’existence (2010) qu’il a proposé un programme copieux aux amateurs de musique et de cinéma. Quand il se retourne sur le chemin parcouru, Damien Litzler, le directeur artistique de l’événement, se réjouit de cette réussite confirmée et note qu’il n’y a pas énormément d’autres possibilités d’assister à une série de ciné-concerts en France. « Au départ, je suis musicien, raconte-t-il. Avec mon frère, on a commencé à faire des ciné-concerts en 2008. On s’est rendu compte que cela plaisait énormément au public et nous ouvrait de nouvelles perspectives en termes de diffusion de notre musique. » C’est avec l’association grenobloise Stara Zagora, qui produit et diffuse ses projets, en menant aussi des actions pédagogiques, que Damien lance un projet de festival. « On pensait à deux ou trois spectacles sur un week-end, mais, finalement, on a démarré sur les chapeaux de roues, avec 8-9 événem

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Un trésor nommé "Campana"

Cirque | Il est des spectacles qui émerveillent et bouleversent. Ils sont rares. "Campana", dernière création en date du Cirque Trottola programmée à la MC2, est de ceux-là. Du sous-sol aux cimes de leur chapiteau, Titoune et Bonaventure Gacon témoignent de la complexité à faire humanité. Et d'un indicible espoir.

Nadja Pobel | Mercredi 27 novembre 2019

Un trésor nommé

Il y a dans cette pièce-là les mots de Jean-Loup Dabadie et Serge Reggiani. Il pourrait y avoir tous ceux de Beckett. Cette création est aux antipodes de l'entertainment à la québécoise, sans être dénuée de spectacle – nous sommes bel et bien au cirque avec ses codes (une piste, un chapiteau, une arène de spectateurs) et ses artistes (un clown, une trapéziste, deux musiciens). Il n'y a de drague sous couvert d'une débauche d'effets inutiles. « Alors, on y va ? » Au commencement, dans Campana, un homme un peu bourru et une brindille sortent des dessous de scène au son d'une cloche (campana en italien) puis sont avalés et recrachés dans un bruit d'orage assourdissant. Au centre, ce n'est pas une simple scène : c'est un cœur qui bat, qui bout, celui de la Terre, de ses entrailles aussi accueillantes que malveillantes. D'emblée, de ce travail, surgit quelque chose de sanguin et remuant. Titoune et Bonaventure Gacon réinventent un rapport physique au cirque. Ils font de cette toile une cathédrale païenne, de celles qui s'ouvrent aux douleurs du monde pour souffler sur les plaies et tenter de les cicatriser. Le clown prend pa

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Yugen Blakrok, rap et afro-futurisme

Concert | La formule de la MC sud-africaine existe depuis les débuts du hip-hop, mais quand elle est bien maîtrisée, elle reste imparable : des instrumentaux deep, sombres et envoûtants, une voix rauque et profonde et un flow assuré, technique et habité, du genre à réveiller les morts. À découvrir vendredi 27 septembre à la Bobine.

Damien Grimbert | Mardi 24 septembre 2019

Yugen Blakrok, rap et afro-futurisme

On ne va pas se mentir : oui, la prestation impressionnante de Yugen Blakrok aux côtés de Vince Staples sur le titre Opps, issu de la BO du film Black Panther, a amplement contribué à braquer les projecteurs sur elle. Pour autant, il serait injuste de réduire la carrière de la MC sud-africaine, déjà longue d’une petite dizaine d’années, à ce seul coup d’éclat. Si cette dernière a su attirer l’attention du Californien Kendrick Lamar, en charge de la bande-son précitée, c’est avant tout parce qu’elle n’a cessé de développer un style bien à elle à la fois sombre, méditatif et inspiré. De son premier album (Return of the Astro-Goth, en 2013) à son dernier (Anima Mysterium, sorti en début d’année), la rappeuse du Cap décline ainsi sans fin un univers aussi cohérent qu’envoûtant aux résonances 90’s assumées, mais jamais écrasantes, dans lequel s’entrecroisent atmosphères de science-fiction vaporeuses, beats lourds, flow tranchant et assuré et propos engagés. Un peu comme si la scène hip-hop indépendante new-yorkaise de la fin des années 1990 s’était téléportée ving

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Cirque : les quatre spectacles que nous attendons avec impatience

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Direction la MC2, l'Hexagone et le Grand Angle.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Cirque : les quatre spectacles que nous attendons avec impatience

Campana Le Cirque Trottola est une compagnie fascinante, qui revient à la MC2 (enfin, devant, car sous chapiteau) après sa réussite Matamore, jouée plus de 300 fois ici et là. Un peu sombres, parfois inquiétants mais constamment jubilatoires, Bonaventure Gacon et Titoune rejoignent de nouveau la piste et tentent d'établir un lien entre eux, à tâtons. Car le cirque, ce ne sont pas que des performances (même s'il y en a ici, entre trapèze et portés acrobatiques) mais une atmosphère, un regard sur le monde… Grandiose et émouvant à la fois. À la MC2 du vendredi 29 novembre au mercredi 11 décembre Möbius Pur déploiement poétique et virtuose des possibilités de l’acrobatie aérienne, incroyable émanation d’une énergie collective : il y a quatre ans, la pièce Il n’est pas encore minuit de la compagnie circassienne XY nous avait bluffés. Nous serons très heureux de retrouver les dix-neuf acrobates avec une nouvelle création ; et ce d’autant plus qu’elle a été accompagnée pa

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"I Remember Earth" : objectif Terre au Magasin des horizons

Exposition | Toujours en prise avec l’actualité, le Magasin des horizons ouvre une magnifique exposition sur les rapports que l’Homme entretien à la Terre. Au programme : de l’écologie, du féminisme, des figures historiques de l’art de la performance et pas mal de jeunes artistes qui méritent le détour.

Benjamin Bardinet | Mardi 10 septembre 2019

Ce qui caractérise d’emblée l'exposition I Remember Earth est son immédiate générosité et sa dimension extrêmement séduisante. La scénographie, aussi sobre qu’ingénieuse, invite à une déambulation parmi les œuvres et permet au visiteur de se plonger avec plaisir dans les démarches, souvent conceptuelles, des artistes présentés. Ceci est d’autant plus favorisé par l'accrochage qui rassemble, en début de parcours, plusieurs œuvres de figures pionnières de la performance : Gina Pane, Judy Chicago ou Agnès Denes. L’Italienne Gina Pane, que l’histoire de l’art a souvent cantonné à une pratique gentiment sentimentalo-geignarde (et soi-disant tellement plus appropriée pour une artiste femme !), présente ici des œuvres aussi minimales que poétiques dont la géniale performance de 1969 dans laquelle elle tente d’enfoncer un rayon de soleil dans la terre. Judy Chicago est également mise à l’honneur avec une série de photographies et de vidéos de la série Atmosphères (1969-1974, photo). Violemment colorées, les images de ces actions à base de fumigènes et de corps nus ont susci

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Céline Fuchs, nouvelle directrice de l'Heure bleue : « Le projet de Saint-Martin d’Hères m’intéressait bien »

ACTUS | On a rencontré la nouvelle directrice de la salle martinéroise avant la présentation de saison prévue mercredi 11 septembre.

Nathalie Gresset | Mardi 10 septembre 2019

Céline Fuchs, nouvelle directrice de l'Heure bleue : « Le projet de Saint-Martin d’Hères m’intéressait bien »

Après avoir été pilotée pendant 12 ans par Vincent Villenave, désormais directeur du Grand Angle à Voiron, la scène régionale de l’Heure Bleue de Saint-Martin-d’Hères s’est dotée d’une nouvelle directrice artistique en la personne de Céline Fuchs. La Spinalienne d’origine, qui a pris ses fonctions le 8 juillet en tant que directrice du spectacle vivant de la mairie, connaît déjà bien la région :« j'ai fait mes études à l’Institut de géographie alpine de Grenoble dont j’ai été diplômée en 2000. J’ai ensuite commencé ma carrière comme muséographe pour le Musée dauphinois et d’autres lieux. En parallèle, j’étais aussi pas mal impliquée dans le milieu associatif au sein de structures comme Cap Berriat, Peuple et culture… » En 2005, c’est à Rumilly en Haute-Savoie qu’elle se rend pour parfaire son expérience en travaillant 14 ans pour la mairie, d’abord comme responsable du service culturel, puis, à partir de 2010, en tant que directrice artistique et administrative

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La rentrée ciné 2019, au(x) fil(ms) des semaines…

ECRANS | Sortie triomphalement au printemps, "Parasite" de Bong Joon-ho, la Palme d’or du dernier Festival de Cannes, laisse un boulevard aux films de l’automne, qui se bousculent au portillon. À vous de les départager ; ex aequo autorisés.

Vincent Raymond | Mardi 3 septembre 2019

La rentrée ciné 2019, au(x) fil(ms) des semaines…

18 septembre Avec Portrait de la jeune fille en feu, Céline Sciamma (Bande de filles, Tomboy, Naissance des pieuvres...) filme, sur fond de dissimulation artistique, le rapprochement intime et intellectuel de deux femmes à l’époque des Lumières. Une œuvre marquée par la présence invisible des hommes, le poids indélébile des amours perdues et le duo Noémie Merlant / Adèle Haenel. Prix du scénario à Cannes. À la même date, venu de Venise et des étoiles, Ad Astra, dans lequel James Gray embarque Brad Pitt pour un voyage galactique – après le Tarantino, Brad place ses billes pour l’Oscar. 25 septembre Dans un futur proche, un petit village aid

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Les trois soirées de la fin avril

MUSIQUES | Direction le Drak-Art, le Black Lilith et la Bobine.

Damien Grimbert | Mardi 23 avril 2019

Les trois soirées de la fin avril

26.04.19 > Drak-Art Bassodrome Outlook Festival Launch Party C’est un rituel désormais bien établi : en amont de sa nouvelle édition, l’Outlook Festival, rendez-vous incontournable de tous les amateurs de bass music organisé chaque mois de septembre en Croatie, fait étape à Grenoble le temps d’une soirée de lancement en collaboration avec l’équipe du Bassodrome. L’occasion d’une grosse fiesta des familles sur fond de UK garage, bassline, jungle et drum’n’bass, où s’entrecroisent au line-up figures de proue (Monty, DJ Blazin’) comme artistes locaux (Seoul 76, Clapsky, Jagerbang). 26.04.19 > Black Lilith Motel Midnight Figures tout juste émergentes de la scène parisienne, OG D. et Basei, jeunes DJs et producteurs originaires respectivement de Montreuil et du sud de la France, font partie de cette nouvelle génération d’artistes qui a décidé de ne pas choisir entre trap d’Atlanta, baile funk du Brésil et afro-house d’Angola. Un cocktail d’influences détonnant et farouchement dansant que les deux artistes viendront présenter à l’occasion de leur soirée Motel Midnight, après

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"Je vois rouge" : brassée façon bulgare

ECRANS | De Bojina Panayotova (Fr-Bul, 1h23) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 23 avril 2019

Son père sculpteur et sa mère professeure ayant émigré de Bulgarie dans les années 1970, Bojina Panayotova a grandi en France. La récente ouverture des archives de son pays d’origine la pousse à partir enquêter sur sa famille, contre l’avis de celle-ci. Elle y découvrira d’inattendues collusions avec le régime communiste… Documentaire en "voix-je" comme son titre l’indique, ce film-enquête inscrit un récit familial dans la grande Histoire avec un mixte d’ingénuité et d’exhibitionnisme : Bojina Panayotova semble indifférente aux remarques embarrassées de ses proches lorsqu’elle leur annonce vouloir fouiller ce passé, pas plus qu’elle ne prend la peine de les prévenir qu’elle les filme ou enregistre leurs conversation à leur insu. En découlent des crispations et des crises entre la fille et ses parents, faisant apparaître un psycho-drame extime comme second motif dans le documentaire, aux enjeux dramatiques si puissants (le tournage devient la cause d’une brouille) qu’il prend presque le pas sur le mystère originel. Par ce film, la cinéaste semble vouloir faire la démonstration que toute vérité est bonne à découvrir, quitte à ce que l’inventeur

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"Liz et l'oiseau bleu" : flûte à bec

ECRANS | De Naoko Yamada (Jap, 1h29) animation

Vincent Raymond | Mardi 16 avril 2019

Mizore, hautboïste timide, a toujours été fascinée par Nozomi, sa si solaire camarade flûtiste. Alors que se profile le concours musical de fin d’année, les deux lycéennes sont troublées par les résonances à leur propre relation causées par le morceau choisi, Liz & l’oiseau bleu… À l’instar de l’anamorphose grotesque chibi ou du méchant arborant un inamovible sourire sardonique, la lycéenne en uniforme et jupe courte constitue une figure classique du manga comme de l’anime : elle incarne un idéal intemporel à la fois évocateur d’une forme de nostalgie et de désir, et permet une excellente identification du public lorsque la trame fait vibrer une corde sensible. Ce qui est le cas ici – et le sera encore prochainement dans le joli mélo Je veux manger ton pancréas de Shinichiro Ushijima (sur les écrans le 21 août). Dans cette histoire gouvernée par les non-dits d’une introvertie, les sentiments s’expriment au-delà des paroles grâce à des regards échangés ou aux modulations de la musique : langage autant qu’art, elle souffre de l’altération du lien entre Mizore et Nozomi. Un malentendu en est la cause, prouvant l’in

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La Tête bleue, un lieu culturellement « undergroud et basé sur l’autogestion »

ACTUS | À Grenoble, au milieu de la rangée de pizzerias des quais, se trouve La Tête bleue, salle « underground », associative et multidisciplinaire. À sa tête, Laurence Jugie et son petit groupe d’amis passionnés de culture. Ils nous ont ouvert les portes à la veille d’un nouveau concert.

Alice Colmart | Mardi 29 janvier 2019

La Tête bleue, un lieu culturellement « undergroud et basé sur l’autogestion »

« La Tête bleue, c’est une référence à l’un des accessoires du lieu qui sert de présentoir à mes chapeaux » raconte Laurence Jugie, notamment chapelière et, surtout, l’une des créatrices de cette petite salle de 70m² lovée sur le quai Perrière. Ici, « tout est artisanal », de la décoration de la scène (recouverte de tapis aux allures orientales) au concept. « On peut à la fois assister à des expos, des projections de films, des performances, des concerts… » C'est en 2012 que naît le projet, un peu par hasard. « La mairie avait mis aux enchères ce local et on ne voulait pas que ce soit une autre pizzeria comme il y en a déjà énormément sur les quais ! Au début, ça a été gênant pour nos voisins. En plus d’une peur de concurrence, il y avait une incompréhension sur nos activités. » Des activités très variées donc… « Un véritable espace de travail » Côté concert par exemple, la salle accueille toute l’année des groupes pop-rock, des artistes de chanson française, des DJs… Samedi 2 février,

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La Cuvée grenobloise : 18 ans et du changement

ACTUS | Alors que sort ce mercredi 30 janvier le 18e volume de sa compilation annuelle et toujours aussi éclectique de jeunes talents locaux, "La Cuvée grenobloise" opère cette année quelques ajustements dans son dispositif d'accompagnement scénique.

Stéphane Duchêne | Lundi 28 janvier 2019

La Cuvée grenobloise : 18 ans et du changement

Avec le volume 18 de sa traditionnelle compilation, la Cuvée grenobloise célèbre en quelque sorte sa majorité, et prouve à quel point la source de l'émergence musicale iséroise ne semble pas prête de se tarir. Cette année, le dispositif a frôlé la centaine de candidatures, son jury de professionnels en ayant sélectionné 12. Certains projets n'en sont qu'au tout début de leur parcours quand d'autres sont plus chevronnés : une volonté à part entière nous a confié Pascal Souvignet, coordinateur du projet pour l'association Retour de scène-Dynamusic, que de suivre des artistes à différents stades d'une jeune carrière. Esthétiquement aussi la cuvée ratisse large puisque la chanson (Leïla Huissoud, à qui on a remis un PB d'or l'an passé) y côtoie le métal (les bien nommés Titans Fall Harder qui tombent sacrément drus), le punk jovial (Resto Basket) l'électro pop cheloue (Bleu Tonn

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Films sur écoute avec Le Tympan dans l’œil

Festival | Vivre le septième art en musique ? C’est ce que propose jusqu’au 8 décembre le festival Le Tympan dans l’œil, dans diverses salles de l’agglomération. À l'occasion de cette neuvième édition, son directeur artistique Damien Litzler, membre de l’association Stara Zagora qui l’organise, nous a déroulé les objectifs.

Alice Colmart | Lundi 26 novembre 2018

Films sur écoute avec Le Tympan dans l’œil

Un film projeté sur grand écran qui s’accorde avec une pièce musicale jouée en direct, voilà ce qui fait le propre du ciné-concert, courant à part entière que Le Tympan dans l’œil (oui, le nom résume à merveille le concept !) promeut à Grenoble depuis maintenant huit ans. Et à la direction artistique du festival on retrouve, sans surprise, un homme à l’oreille affutée. « L’évènement a pris forme pour la première année en 2010. Je suis moi-même musicien et j’ai eu cette idée après une tournée en France. J’avais un bon réseau de musiciens et je voulais développer à Grenoble ce genre qui n’a que deux festivals en France, à Dijon et à Toulon » explique Damien Litzler. Car pour lui, la combinaison ciné et concert était gagnante. « Le cinéma et la musique, ce sont des pratiques hyper appréciées des Français. De nombreuses personnes ne seraient pas venues voir tel film si il n’y avait pas eu telle musique et vice-versa. » C’est donc ce q

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Embarquez pour la nouvelle saison de la Cinémathèque de Grenoble !

ECRANS | Rendez-vous jeudi 20 septembre pour un lacement de saison aquatique et gratuit.

Vincent Raymond | Mardi 18 septembre 2018

Embarquez pour la nouvelle saison de la Cinémathèque de Grenoble !

Après avoir clos sa précédente saison par le traditionnel Festival du film court en plein air, voici que la Cinémathèque effectue le lancement de la nouvelle les pieds dans l’eau – ou presque. C’est en effet un film trentenaire sentant les embruns, les algues et les coraux qui a été retenu pour accompagner, jeudi 20 septembre à 20h, la présentation 2018/2019 : Le Grand Bleu de Luc Besson. Vilipendé à Cannes où il a été présenté, mais triomphalement reçu par le public, il a réuni à l’époque plus de 9 millions de spectateurs dans les salles. Cette séance aquatique (et gratuite) annoncera l’un des premiers rendez-vous de la saison : le cycle Cinéma/Odyssée, avec entre autres Trois jours en Grèce et Méditerranée de Jean-Daniel Pollet (jeudi 27) et Film Socialisme de Jean-Luc Godard présentés par Pierre-Damien Huygue (vendredi 28) ou encore Ce cher mois d’août de Miguel Gomes (jeudi 11 octobre). Quant à la suite, laissez-vous porter par les

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Cabaret (frappé) d'ici et d'ailleurs

Festival | Toujours en renouvellement, avec ses (plus ou moins) jeunes pousses locales et, cette année, de belles têtes d'affiche sans frontières, le Cabaret frappé vise juste. Et frappe haut, comme on s'en rendra compte du lundi 16 au samedi 21 juillet au Jardin de ville de Grenoble.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 juin 2018

Cabaret (frappé) d'ici et d'ailleurs

Derrière les têtes d'affiche qu'elle propose chaque année, il y a du côté de l'équipe du Cabaret frappé un prisme qui se veut d'abord grenoblois (ou local) et qui, en toute logique, s'attache à mettre en avant les talents d'aujourd'hui et de demain, à des degrés d'émergence plus ou moins avancés. Fait de découvertes et d'artistes affirmés en attente de confirmation (c'est la raison d'être de la Cuvée grenobloise, avec qui le Cabaret bosse), ce millésime annuel de talents qu'il est bon d'encourager est toujours enthousiasmant. Ainsi d'Arash Sarkechik, dont on avait évoqué ici la sortie du premier album solo Toutirabien ; de la chanson mauvaise herbe du trio Pelouse de l'activiste Xavier Machault ; de l'électro world fouineuse de Deyosan ; de la surf-music zinzin d'I'd Like to Surf ; ou encore du ta

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"Trois visages" : Jafar Panahi, cinéaste plus fort que tout

ECRANS | Passé expert dans l’art de la prétérition et de la mise en abyme, le cinéaste iranien Jafar Panahi brave l’interdiction qui lui est faite de réaliser des films en signant une œuvre tout entière marquée par la question de l’empêchement. Éblouissant prix du scénario au dernier Festival de Cannes.

Vincent Raymond | Mardi 5 juin 2018

Dans une vidéo filmée au portable, Marziyeh, jeune villageoise, se montre en train de se pendre parce que la comédienne Behnaz Jafari n’a pas répondu à ses appels à l’aide. Troublée, Behnaz Jafari se rend sur place accompagnée par le réalisateur Jafar Panahi. Mais Marziyeh a disparu… Avoir été mis à l’index par le régime iranien en 2010 semble avoir stimulé Jafar Panahi : malgré les brimades, condamnations et interdictions diverses d’exercer son métier comme de quitter son pays, le cinéaste n’a cessé de tourner des œuvres portées par un subtil esprit de résistance, où se ressent imperceptiblement la férule des autorités (le confinement proche de la réclusion pénitentiaire dans Taxi Téhéran ou Pardé), où s’expriment à mi-mots ses ukases et ses sentences – c’est encore ici le cas, lorsqu’un villageois candide demande benoîtement pourquoi Panahi ne peut pas aller à l’étranger. Auto-fiction Panahi joue ici son propre rôle, tout en servant dans cette fiction de chauffeur et de témoin-confident à sa protagoniste.

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"Japanese Pulp" : du rififi chez les Nippons avec Enrico Pambianchi

Exposition | Dans cette série d’œuvres actuellement présentée à la galerie Marielle Bouchard, l'artiste italien s'amuse avec les représentations traditionnelles des figures mythiques de la culture nippone. Savoureux.

Benjamin Bardinet | Mardi 29 mai 2018

Sumos, geishas, samouraïs et autres joueuses de shamisen : avec une malice clairement affichée, Enrico Pambianchi détourne joyeusement les figures du folklore japonais par le biais de tout un cocktail de techniques (impressions, contrecollages, décollages...) qui accentuent l'aspect vieillot du rendu. Il contrecarre ensuite cette apparence désuète en dynamitant l'exotique sérénité qui s'en dégage à grands coups d'interventions manuelles jouissives à l'ère d'une iconographie aseptisée par la retouche numérique. Collages intempestifs, annotations manuscrites nerveuses et retouches picturales parasitent alors une image donnant l'impression d'avoir été énergiquement malmenée par des collégiens prépubères. Chez Pambianchi, des revolvers surgissent, les protagonistes se font flinguer, l'hémoglobine jaillit, des sumos pètent dans l'effort et des zeppelins en feu menacent d'exploser. Amateur de Quentin Tarantino, l'artiste italien produit des images-frankenstein hétérogènes formant néanmoins un ensemble cohérent. Irrévérencieux et potache, amateur de culture populaire (le « pulp » du titre renvoie aux publications illustrées très populaires aux États-Unis dans la première moit

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"Toutirabien" grâce à Arash Sarkechik

Concert | Le multi-instrumentiste et chanteur adepte d'un monde musical sans frontières (mais basé à Grenoble) sort son premier album. Et sera en concert vendredi 27 avril à l'Ilyade (Seyssinet-Pariset).

Stéphane Duchêne | Mardi 24 avril 2018

Depuis le temps (quelque chose comme trois décennies) qu'Arash Sarkechik traîne ses guêtres alternatives dans le paysage musical grenoblois mais pas que, il était temps que l'homme livre son album solo. Jusqu'ici, on avait notamment pu le voir et l'entendre au sein de Shâady, d'Emzel Café et de Pan. Autant d'aventures qui lui ont permis de briller et de s'atteler à diversifier sa matière musicale, allant du reggae à la world music en passant par la chanson rock. C'est d'ailleurs en travaillant avec le trio Pan, son projet le plus récent, qu'Arash Sarkechik s'est mis à esquisser les contours du projet qui porterait cette fois son nom. Peut-être parce qu'il jouit d'un univers plus intime et matérialise un mélange entre ses influences orientales (il est d'origine iranienne) et sa culture occidentale. Mais cela ne l'empêche pas de convoquer, à l'image du joueur de oud Smadj, de nombreux musiciens à même de faire vivre un monde musical et une musique mondiale. De fait, c'est comme si toutes les expériences, toute la vie musicale d'Arash Sarkechik, par ailleurs parolier de premier ordre, se retrouvait ici en un point à l'image de la pochette de ce

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« Un Taratata de la scène locale » pour la Cuvée grenobloise 2018

ACTUS | Ce mercredi 31 janvier sort la dix-septième édition de la "Cuvée grenobloise", compilation musicale de l’association Retour de scène – Dynamusic qui a pour noble ambition de mettre en avant les artistes du coin. Avant de découvrir certains de ces talents sur scène dans des concerts estampillés "Cuvée" (dont un gros, façon Taratata donc, au Prunier sauvage le jeudi 1er février), on parle de ce projet avec celui qui le coordonne.

Aurélien Martinez | Lundi 29 janvier 2018

« Un Taratata de la scène locale » pour la Cuvée grenobloise 2018

« Avec la Cuvée grenobloise, on cherche à valoriser les projets musicaux isérois par l’élaboration d’une compilation, qui d’ailleurs cette année, petite nouveauté, est un livre-disque » nous explique Pascal Souvignet, coordinateur du projet au sein de l’association grenobloise Retour de scène – Dynamusic. Et quel chouette livre-disque (9€), tout de jaune vêtu, qui présente très bien, en textes et en images, les musiciens et musiciennes retenus par un jury d’une quinzaine de professionnels locaux – des tourneurs, des programmateurs, des membres d’association… « Comme chaque année, on a sélectionné des artistes aux parcours très différents, des professionnels aux débutants. Par exemple, le premier titre de la nouvelle Cuvée est celui de Spaarks, projet tout neuf de deux jeunes. » Quatorze noms donc (sur quatre-vingt-cinq propositions reçues), dont certains ne sont pas des inconnus à Grenoble. « On s’est récemment imposés une règle : chaque artiste ne pourra pas être

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"3 Billboards, les panneaux de la vengeance" : bons baisers du Missouri

ECRANS | Marqué par un enthousiasmant trio d’interprètes (Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell) et une narration exemplaire (une femme souhaite que l'enquête sur le meurtre de sa fille avance enfin), ce "revenge movie" décalé réalisé par Martin McDonagh nous fait tomber avec délices dans le panneau. Le Midwest, le vrai…

Vincent Raymond | Dimanche 14 janvier 2018

Excédée par l’inertie de la police dans l’enquête sur le meurtre de sa fille, l’opiniâtre Mildred le fait savoir sur trois pancartes géantes jusqu’alors à l’abandon au bord d’une route peu fréquentée. Les conséquences indirectes de cette initiative dépasseront tout ce qu’elle aurait pu imaginer… La présence en tête de gondole de Frances McDormand biaise sans doute l’appréciation. N’empêche : Joel et Ethan Coen auraient pu signer 3 Billboards… Son scénariste et réalisateur Martin McDonagh, qui s’était déjà illustré en 2008 avec Bons baisers de Bruges (polar sérieusement déviant en dépit de son titre français bien naze), fond en effet avec une maestria comparable chronique sociale et sarcasme décapant dans une matrice de film noir. Certes, la géographie les sépare (McDonagh opte pour le Missouri quand les Coen balancent entre la froidure du Minnesota et le torride du Texas), mais le creuset humain est le même : une population globalement rurale riche en stéréotypes conservateurs ; un vase clos éloigné de l’administration fédérale conspuée à l’envi. Attention : virages sur 1h56 On pourrait croire qu

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Les 20 concerts de l'hiver et du printemps à Grenoble

Panorama de rentrée culturelle | Avec de la pop d'ici et d'ailleurs, de la chanson en VF ou encore des grosses têtes d'affiche.

La rédaction | Mardi 9 janvier 2018

Les 20 concerts de l'hiver et du printemps à Grenoble

Mendelson 2017, année électorale, Mendelson publie Sciences Politiques, une œuvre au noir sociétale (comme souvent avec la formation de Pascal Bouaziz) dont chaque morceau plaque sur une reprise de classiques de Bruce Springsteen, Marvin Gaye, The Jam, Leonard Cohen, Lou Reed, The Stooges & co un texte en français à la terrible résonance sociétale (Les Peuples, Le Soulèvement, La Guerre) et à la poésie toute mendelsonienne. Un projet à part auquel le live devrait donner une saveur particulière, et qui sera précédé sur scène, en première partie, par l’excellent trio grenoblois Pelouse dont on a souvent vanté les mérites dans ces colonnes. À la Source vendredi 19 janvier Oiseaux-Tempête & Mondkopf La Grèce (Oiseaux-Tempête), la Turquie en révolte (Ütopiya?), le Liban (AL-'AN)... Partout où ils se posen

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Danse dans l’ombre avec Boy Harsher

Concert | Dimanche 3 décembre au Ciel (qui rouvrira exceptionnellement pour l'occasion), on a rendez-vous avec un étrange jeune duo américain. On fait les présentations.

Damien Grimbert | Mardi 28 novembre 2017

Danse dans l’ombre avec Boy Harsher

Auteur d’une pop synthétique à la fois dansante, mélodique et torturée venant puiser ses influences dans le versant le plus sombre de la musique des années 1980 (cold wave, indus, drone, noise et EBM), Boy Harsher évolue dans un créneau musical déjà passablement défriché ces dix dernières années. Pour autant, ce qui fait toute la force de ce jeune duo américain formé en 2013 à Savannah, dans le sud des États-Unis, et désormais relocalisé dans le Massachusetts, c’est justement sa capacité à s’approprier cet univers comme si personne ne l’avait jamais fait avant lui, conférant de fait à sa musique une intensité et une puissance d’évocation assez stupéfiantes au regard de la frugalité des moyens à sa disposition. Hypnotiques et entraînantes, les compositions synthétiques minimalistes de Gus Muller, couplées au chant vaporeux de Jae Matthews, happent ainsi l’auditeur de leurs trois sorties discographiques dans un univers sonore hanté et mélancolique d’une amplitude assez impressionnante, déclinant avec subtilité une myriade de microclimats et d’atmosphères au fil des différents morceaux. Un mot pour finir sur le

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Le Tympan dans l’œil : la pupille dans l’oreille

Festival | Le festival grenoblois dédié au ciné-concert revient pour une huitième édition que l'on va présenter dans ces lignes. Action !

Aurélien Martinez | Lundi 20 novembre 2017

Le Tympan dans l’œil : la pupille dans l’oreille

Huitième édition déjà pour le Tympan dans l’œil, festival grenoblois qu’on a vu naître, grandir et s’épanouir au fil des ans. Avec toujours un principe simple en guise de ligne directrice : promouvoir le ciné-concert, forme artistique atypique qui recèle en elle de nombreux potentiels, dont un côté populaire et accessible évident (et ce même quand le film choisi n’est pas connu de tous ou quand le groupe qui joue devant l’écran s’essaie aux joies d’une musique plus conceptuelle que tubesque). La preuve : le Tympan dans l’œil propose chaque année des créations jeune public qui, nous assure-t-on, rencontre un grand succès – alors qu’il faut être bon pour séduire cette partie des spectateurs. Pour cette édition, on aura par exemple droit à la proposition Animalia (mercredi 22 novembre à la Bobine) couplant courts-métrages d’animation chinois à l’aquarelle et post-rock « aux atmosphères joyeuses et poétiques » d’un duo issu de la compagnie grenobloise des Barbarins fourchus ; ou encore à celle baptisée La Petite taupe (samedi 25 à l’Espace 600) dans laquelle la fameuse héroïne pour enfant croiser

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"Le Labyrinthe de Pan" : quand Guillermo del Toro travestit l’horreur en fantastique

Projection | Mardi 24 octobre, le festival Ojo Loco, dédié chaque printemps au cinéma espagnol et latino-américain de Grenoble. investit une salle du campus universitaire. Son but ? Proposer en séance unique, dans le cadre d'Halloween, la projection du fameux film de 2006 réalisé par Guillermo del Toro. Un excellent choix...

Charline Corubolo | Mardi 17 octobre 2017

Alors que la répression franquiste décime les maquis espagnols en 1944, une jeune fille tente d’échapper à cette sombre vérité en arpentant un labyrinthe fantastique. Elle y rencontre un faune, Pan, créature mystérieuse et métaphorique qui la guide dans un imaginaire dangereux où elle serait une princesse. Cette petite fille, c’est Ofelia, qui se trouve contrainte de suivre sa mère enceinte de son deuxième enfant et tout juste remariée au capitaine de l’armée franquiste Vidal, personnage cruel qui assoit son pouvoir dans la satisfaction de sévices sanglants. En mêlant faits historiques et conte chimérique, le réalisateur mexicain Guillermo del Toro dépeint une fable à la dualité magique et monstrueuse, où l’horreur est humaine tandis que l’étrange irréel en est le simple miroir. Multipliant les parallèles, entre critique du fascisme et référence à Alice au pays des merveilles, le cinéaste nous plonge dans un rêve horrifique où l’esthétique féerique percute la cruauté de l’existence, où Le Labyrinthe de Pan n’est autre qu’une parabole du réel qui cherche malgré tout un peu d’espoir dans le noir.

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Festival Magic Bus : de tout pour faire un monde

Festival | Pour sa seizième édition, le fameux festival grenoblois étend sa programmation sur trois jours, sans dévier pour autant de la ligne éditoriale – conviviale et consensuelle – sur laquelle il a bâti son succès et sa réputation.

Damien Grimbert | Mardi 16 mai 2017

Festival Magic Bus : de tout pour faire un monde

Selon le point de vue où l’on se place et l’approche que l’on défend, il serait potentiellement facile de hausser les sourcils à la vision de la programmation de cette nouvelle édition du festival Magic Bus. Après tout, l’immense majorité des groupes qui la composent se sont déjà produits à de nombreuses reprises à Grenoble, et ses têtes d’affiche partagent pour la plupart le même lustrage sonore bien propre, du genre à ne surtout pas effaroucher l’auditeur lambda peu friand de voir ses repères perturbés par la moindre aspérité sonore. On pourrait jouer les puristes donc, défenseurs farouches et acharnés de formes musicales plus instables, plus radicales, plus novatrices. Mais ce serait se tromper de combat. D’abord parce que les différentes formations présentées peuvent pour la plupart servir d’étapes intermédiaires, de "portes d’entrée" qui mèneront par la suite les oreilles curieuses vers des univers artistiques plus complexes et ambigus. Ensuite parce que ce serait snober les qualités musicales intrinsèques tout à fait honorables des formations en question, et

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"Les Fleurs bleues" : bouquet final signé Andrzej Wajda

ECRANS | de Andrzej Wajda (Pol., 1h38) avec Bogusław Linda, Aleksandra Justa, Bronislawa Zamachowska…

Vincent Raymond | Lundi 20 février 2017

Le Polonais Andrzej Wajda (1926 – 2016) achève sa carrière par un film retraçant le combat de Władysław Strzemiński, artiste peintre opprimé par la férule communiste à Łódź au mitan des années cinquante, soit pile au moment où le réalisateur y étudiait le cinéma. Quel troublant symbole ! Nullement crépusculaire ni testamentaire, ce portrait-hommage d’un homme défendant sa liberté jusqu’à l’ultime extrémité (ce qui n’est pas un vain mot pour Strzemiński, amputé d’une jambe et d’un bras) use d’un classicisme formel pour célébrer l’audace, voire la subversion de ce théoricien et précurseur de l’art contemporain. Mais classicisme ne signifie pas académisme : Wajda intègre le minimalisme chromatique, le dépouillement décoratif et architectural emblématique de son œuvre dans l’esthétique de son film. Ce faisant, il réinscrit l’artiste polonais dans son époque, à la barbe de ses détracteurs, et montre qu’après la triste parenthèse soviétisante valant à Władysław d’être martyrisé à la façon d’un Joseph K., la postérité lui a donné raison. Mention particulière à Bogusław Linda, l’interprète de Str

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La Cuvée Grenobloise revient ravir vos papilles

MUSIQUES | Pour la seizième année consécutive, l'association Retour de scène - Dynamusic revient présenter sa Cuvée Grenobloise. Au programme : 14 projets du coin, tous différents, sélectionnés par un jury aguerri. Autant de raisons de foncer à la Belle Électrique pour la soirée de lancement, le 2 février.

Gabriel Cnudde | Mardi 31 janvier 2017

La Cuvée Grenobloise revient ravir vos papilles

Si les Lyonnais peuvent se targuer de fêter chaque année l'arrivée du Beaujolais nouveau, les Grenoblois peuvent, eux, fanfaronner avec leur cuvée d'un tout autre genre. Pour la seizième année consécutive, l'association Retour de scène - Dynamusic édite sa Cuvée Grenobloise, un millésime pour les amateurs de la scène locale et pour les stars de demain. Bien plus qu'une simple compilation d'artistes émergents de la scène grenobloise, la Cuvée est un système de repérage et d'accompagnement sur le long terme. Une initiative associative confortablement installée dans le paysage musical de la région et à saluer pour son originalité et son dévouement. Cette année encore, l'appel à candidature a été un franc succès, attirant près d'une centaine d'artistes triés sur le volet par un jury de professionnels et de passionnés. Au final, ce sont 14 projets qui ont été retenus et qui figurent sur la compilation, qui sera en vente dès le 1er février dans plusieurs boutiques de la ville. La sortie sera suivie d'un grand concert à la Belle Électrique, le 2 février, avec trois groupes de la Cuvée (As A New Revolt, Altavilla et Eight Sins). Une fête où se réuniront artistes, partenaires e

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"Le Bruit de l'eau" : le grand Bleu

MUSIQUES | Après s'être révélés avec "À présent", les Grenoblois de Bleu reviennent avec "Le Bruit de l'eau". De l'accueil d'un nouveau membre à la recherche d'un nouveau son, François Thollet, chanteur entre autres fonctions, nous aide à analyser ce nouvel album qui sortira le 8 décembre, date du concert prévu à l'Ampérage.

Gabriel Cnudde | Mardi 6 décembre 2016

Depuis la sortie en 2010 de leur premier album À présent, le groupe grenoblois Bleu a pris une nouvelle teinte. « À présent était un album qu'on avait voulu très doux » confie François Thollet, chanteur et multi-instrumentiste du groupe. « Le nouveau retranscrit notre expérience scénique ensemble. Le son est sans doute plus costaud. » Difficile de le contredire. Le Bruit de l'eau, bien que toujours très aérien, referme de véritables tempêtes. Les douze pièces qu'il comprend illustrent à merveille ce titre parfaitement évocateur. L'eau coule, ruisselle, tombe en averse, cliquette, produisant une palette sonore large qu'on retrouve sur des morceaux comme Bienvenu ou Soleils couchants. « On a décidé du titre après l'enregistrement. C'est en écoutant ces morceaux qu'on a trouvé un lien assez évident avec le bruit de l'eau. Quelque chose coule sur ce disque... » « Un beau second so

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Guerre des sexes et lutte des classes par Lina Wertmüller

ECRANS | Le film de l'Italienne, intitulé "Vers un destin insolite sur les flots bleus de l’été" (1974), sera diffusé jeudi 24 novembre à la Cinémathèque de Grenoble, dans le cadre des Rencontres du cinéma italien. On vous explique pourquoi c'est culte.

Damien Grimbert | Mardi 22 novembre 2016

Guerre des sexes et lutte des classes par Lina Wertmüller

[Mise à jour : Dolce cinema nous annonce que le film ne sera pas diffusé comme prévu, et sera remplacé par "Film d'amore e d'anarchia" sur le même thème et avec les mêmes acteurs] Objet d’un abyssal remake avec Madonna au début des années 2000 (autant évacuer d’emblée ce douloureux souvenir), Vers un destin insolite sur les flots bleus de l’été fait partie de ces films comme, selon la formule consacrée, on serait bien incapable d’en faire aujourd’hui. Réalisé en 1974 par l’Italienne Lina Wertmüller, il affiche en effet dès son introduction une frontalité sociale terrassante : d’un côté les riches oisifs, réunis sur un voilier le temps d’une croisière entre amis bien nés, et de l’autre les pauvres matelots prolétaires à leur service, chacun détestant l’autre au dernier degré et ne se privant pas de le faire savoir, langage fleuri à l’appui. Pour autant, lorsque la jeune bourgeoise la plus arrogante du lot se retrouve soudain isolée sur une île déserte avec pour seule compagnie un marin insoumis aussi mar

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Écouter le cinéma avec Le Tympan dans l'œil

Festival | Pour la septième année consécutive, le festival Le Tympan dans l'œil prend le contrôle de Grenoble pour promouvoir le ciné-concert. Au programme : artistes du coin, films réactualisés et ateliers.

Gabriel Cnudde | Mardi 22 novembre 2016

Écouter le cinéma avec Le Tympan dans l'œil

Cet automne à Grenoble, mieux vaut avoir un tympan qu'un compas dans l'œil. Pour la septième année consécutive, l’association Stara Zagora organise son festival de ciné-concert sur plusieurs semaines de novembre et décembre. Pour Damien Litzler, le directeur du festival, l'objectif est clair : « Nous voulons présenter toute la diversité du ciné-concert, aussi bien au niveau musical que cinématographique. » Il faut dire que le ciné-concert a le vent en poupe depuis quelques années. Dans la région, les offres se multiplient, notamment à l'Auditorium de Lyon où des orchestres accompagnent la diffusion de grands films, comme Le Seigneur des Anneaux. Toutefois, « ce n'est pas tout à fait le même exercice lors de notre événement » précise Damien Litzler. Musiciens locaux et films revisités Au Tympan dans l'œil, les bandes sons ne sont pas celles des films. « Elles sont recréées pour revisiter un film en live. On fait souvent coexister des films anciens avec des musiques actuelles. On veut revisiter le cinéma en le réactualisant. » Pour se faire, l'équipe s'ap

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Mardi, le Tympan dans l’œil ouvrira les Rencontres ciné montagne de Grenoble

CONNAITRE | « Les musiciens revisitent le cinéma en live ! » Telle est la ligne éditoriale du festival de ciné-concert le Tympan dans l’œil. Si sa septième (...)

Aurélien Martinez | Mardi 8 novembre 2016

Mardi, le Tympan dans l’œil ouvrira les Rencontres ciné montagne de Grenoble

« Les musiciens revisitent le cinéma en live ! » Telle est la ligne éditoriale du festival de ciné-concert le Tympan dans l’œil. Si sa septième édition commencera vraiment le 23 novembre, une première séance aura lieu ce mardi 15 novembre au Palais des sports, dans le cadre de l’ouverture des fameuses Rencontres ciné montagne de Grenoble. Le film ? À l'assaut de la tour Eiffel, sur quatre alpinistes qui se mesurent à la dame de fer. Le groupe ? Le duo K-ARP, composé de deux locaux : Jonathan Dioudonnat (The Next Tape, …) et Franck Litzler (SZ, The Next Tape, …). Plus d’infos sur www.grenoble-montagne.com

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Des vacances au théâtre avec le programme Vive les vacances

ACTUS | Quand plusieurs salles de spectacle de l'agglo décident d'ouvrir leurs portes aux plus jeunes pendant les vacances scolaires, on ne peut qu'applaudir.

Aurélien Martinez | Mardi 18 octobre 2016

Des vacances au théâtre avec le programme Vive les vacances

Et c’est parti pour la saison 4 de Vive les vacances, programme lancé en 2013 qui porte plutôt bien son nom. Soit plusieurs salles de l’agglomération grenobloise qui ont décidé de programmer des spectacles destinés au jeune public pendant les petites vacances scolaires, périodes où ces salles étaient habituellement fermées – oui, on l’a écrit (et regretté) de nombreuses fois dans ces pages, mais on ne comprend pas ce calendrier culturel construit autour d’une forte activité certains mois (mars et novembre par exemple) et de plus d’activité du tout à d’autres moments. Mais revenons-en à cette chouette initiative. Sur la saison 2016/2017, dix spectacles seront ainsi donnés dans huit salles de l’agglo. Pendant ces premières vacances de l’année, celles de Toussaint, on pourra se rendre à la MC2 pour découvrir Dormir 100 ans de l’auteure et metteuse en scène Pauline Bureau – une pièce qui, nous dit-on, « explore ce passage particulier de l’entrée dans l’adolescence ». À la Rampe, on aura plutôt droit à de la chanson (avec la souvent vue dans l’agglo Tartine Reverdy), a

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Photo obsession franco-italienne

ARTS | Les Rencontres franco-italiennes de la photographie amorcées le mois dernier se poursuivent brillamment jusqu'à la fin octobre avec une programmation off. L'assocation Surexpose qui les porte, en étroite collaboration avec l'Italie, met en lumière le talent photographique d'artistes italiens dans six lieux du centre-ville de Grenoble. Place aux présentations.

Charline Corubolo | Mardi 18 octobre 2016

Photo obsession franco-italienne

Ugo Panella, regards d'Afghânes Plus qu'un photoreportage, Ugo Panella donne à voir dans ses images, à la portée documentaire, la force et la douceur des femmes, par qui le changement semble aujourd'hui possible en Afghanistan. Les photographies qui s'affichent sur les murs de la galerie la Vina prennent naissance dans cette rencontre humaine. S'intéressant pour cette série au micro-crédit qui permet à certaines femmes de s'en sortir, l'artiste saisit le quotidien à travers un regard, un sourire furtif, sur le visage de plusieurs générations féminines. Un portrait symbolique lumineux, tel un faisceau d'espoir. ________ Raffaele Montepaone, la pureté magnifiée De ses images en noir et blanc emplies de pureté émane une fascination envoûtante. Exposé à la galerie Ex Nihilo,

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Un été fait de concerts et de patrimoine

MUSIQUES | Jusqu'au 30 juillet, on pourra assister à des concerts gratuits dans divers lieux patrimoniaux isérois. On vous explique tout.

Aurélien Martinez | Mardi 5 juillet 2016

Un été fait de concerts et de patrimoine

Dans le cadre du temps fort estival Les Allées chantent organisé par le département de l’Isère, on pourra assister en juillet à plusieurs concerts gratuits dans des lieux souvent magnifiques – car, comme il est écrit sur son site, l’événement « investit des lieux remarquables et patrimoniaux, du nord au sud de l’Isère jusque dans les plus petites communes ». Quelques dates auront ainsi lieu à ou près de Grenoble : Le jeudi 7 juillet au parc de la Grille de Moirans (un très beau jardin à la française conçu au XVIIIe siècle) et le vendredi 8 au Musée Hébert de La Tronche (avec lui aussi un très beau jardin), on a rendez-vous à 20h avec le groupe très jazz New Orleans Louise & The Po’ Boys. Le dimanche 17 juillet, c’est dans le cadre plus urbain du Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, à Grenoble, qu’on pourra croiser à 16h le Palomar Trio avec sa mandoline électrique, son tuba et ses percussions. Le jeudi 21 juillet, le (splendide) Musée archéologique de Grenoble accueillera à 19h le bal folk d

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Quand Miyazaki et Takahata dessinaient des pandas

ECRANS | Ce mois-ci, le Méliès ressort "Panda, Petit Panda", suite de deux courts-métrages réalisés en 1972 par les deux maîtres japonais de l'animation, à l'époque quasi-débutants.

Vincent Raymond | Mardi 5 juillet 2016

Quand Miyazaki et Takahata dessinaient des pandas

Bien avant que le ninja Po ne promène sa ventripotente carcasse sur les écrans (dans Kung Fu Panda), deux autres ursidés avaient eu les honneurs du cinéma d’animation au Japon dans Panda, Petit Panda (1972). Mettant en scène les deux animaux farceurs et une petite fille dégourdie, Mimiko, ce programme de deux courts-métrages égaux en durée est né de la conjonction de deux talents ; deux complices fidèles devenus les parrains (ou les oncles tutélaires, pour faire moins yakuza) de l’animation nippone : Isao Takahata et Hayao Miyazaki, alors quasi-débutants. Si la technique semble parfois un peu pataude (au niveau des intervalles, légèrement saccadés), la fantaisie et l’originalité des univers annoncent à bien des égards les futures grandes œuvres des réalisateurs de Pompoko (1994) et de Mon voisin Totoro (1988). En particulier le ton malicieux, l’attention respectueuse portée à la nature et à ceux (animaux, plantes, esprits) qui y vivent ou survivent, le fantasme de la submersion, dont Miyazaki fera un thème récurrent (peut-être que la situation d’insulaire favorise-t-elle ce type de pensée ?) ; jusqu’aux mimiques exagérées du grand pa

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Les Allées chantent : le chant isérois

MUSIQUES | Cet été jusqu'au 31 juillet, plusieurs concerts gratuits auront lieu dans des sites patrimoniaux du département. Suivez le guide.

Charline Corubolo | Mardi 21 juin 2016

Les Allées chantent : le chant isérois

En Isère, on aime donner de la voix ! Et qui plus est, nous avons un sublime (n’ayons pas peur des mots) patrimoine. Voici une combinaison parfaite, pas du tout à la noix, qui a donné naissance en 2012 au festival Les Allées Chantent. Chaque année pilotée par l’Agence iséroise de diffusion artistique, la manifestation propose 80 concerts gratuits partout en Isère, avec comme particularité donc de se produire dans des lieux atypiques : châteaux, églises, parcs, musées… Un véritable tour du patrimoine en-chantant. Cet été, la mélodie des Allées passera par Moirans, Grenoble, Vizille et Mens (pour ne citer que ces villes), sur les notes jazzy de Louise & The Po’ Boys et du Palomar Trio, ou encore aux sons folk de Tralala Lovers. Mais ça sera surtout l’occasion de retrouver les Barbarins fourchus, bien de Grenoble, avec un bal populaire où l’inventif rejoint le décalé pour une soirée musicalement détonante. Et fin juillet, ça sera au tour du q

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Du glamour et du Hell-O-Tiki au Maïly’s

MUSIQUES | Ce jeudi, le bar à concerts grenoblois se met en mode "Mondo Exotic !" avec une soirée entre surf rock garage, DJ et shows burlesques.

Damien Grimbert | Mardi 14 juin 2016

Du glamour et du Hell-O-Tiki au Maïly’s

Porteuse d’un univers visuel et sonore riche et chamarré, la pop culture américaine des années 1960 sera à l’honneur ce jeudi à l’occasion de la soirée Mondo Exotic !. Organisé à l’initiative de l’association BBB (pour Burlesque, Bigoudis et Bricolage), de retour après quelques années d’absence, cet événement pas comme les autres sera placé sous le double signe d’une thématique « hawaïenne » (surf music, exotica, sculptures tiki, torches et cocktails colorés) et d’une programmation pluridisciplinaire réunissant performances burlesque, concert live et DJ-set. Après une première partie glamour à souhait qui verra défiler les numéros de Velma Von Bon Bon (en photo), Aleksei Von Wosylius, X’tatix Doll et Wanda De Lullabies sous le regard bienveillant de la maîtresse de cérémonie Bettina Corleone, ce sera au tour de la formation belge Hell-O-Tiki de prendre d’assaut la scène. Auteur d’un surf rock garage irréprochable influencé conjointement par la musique de Dick Dale, le cinéma d’horreur kitsch des années 1960 et les comédies grivoises de Russ Meyer, le quatuor masqué formé en 2009 à Arlon cédera ensuite la place aux sélections acidulées du DJ lyonnais Frank’n’Fu

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Des hommes et des balles avec le collectif Petit travers

SCENES | Le collectif lyonnais s'arrête à Voiron et à Échirolles avec deux spectacles différents (une grande forme et un trio) néanmoins portés par la même ambition : celle d'un jonglage poétique fort en images.

Aurélien Martinez | Mardi 3 mai 2016

Des hommes et des balles avec le collectif Petit travers

Avec Le Petit travers (à lire : notre interview), on est clairement du côté du jonglage poétique. Une poésie qui se retrouve jusque dans les titres à rallonge des spectacles que le collectif donnera cette semaine dans l’agglo grenobloise. Les Beaux Orages qui nous étaient promis d’abord, ballet pour sept interprètes à la technicité remarquable. Un art du jonglage parfaitement maîtrisé qui s’enrichit de l’apport d’autres arts, comme la danse ou encore la musique – elle a été créée par le compositeur Pierre Jodlowski, très branché musique contemporaine. Pan-Pot ou modérément chantant ensuite, petite forme pour trois jongleurs et une pianiste elle plutôt branchée classique (Liszt, Beethoven, Mozart, Bach, Wagner…) pour une incroyable chorégraphie de balles comme autant de notes de musique échappées de partitions invisibles. Poétique donc. On avait découvert Pan-Pot en

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Julien Clément (Petit travers) : « Avoir un spectateur à l’affût »

Spectacles | Le collectif Petit travers, défenseur depuis treize ans d’un jonglage poétique fort en images, débarque à Grenoble avec deux spectacles – une grande forme pour sept interprètes et un trio avec piano. Deux véritables réussites qui nous ont donné envie de passer un coup de fil à Julien Clément, co-directeur artistique du collectif.

Aurélien Martinez | Mardi 3 mai 2016

Julien Clément (Petit travers) : « Avoir un spectateur à l’affût »

Avec le collectif, vous faites du jonglage, mais pas un jonglage simplement limité à la performance… Julien Clément : Oui. On utilise le jonglage comme un matériau, comme un outil de scène, comme une possibilité de langage. Et tout ça dans une visée poétique et musicale. On essaie de proposer un cadre assez simple pour jouer sur la surprise, pour avoir un spectateur à l’affût, pour l’étonner, le surprendre… Avec, en stars de chaque spectacle, les balles de jonglage. Même si, dans les deux créations que vous présentez à Grenoble, leur rôle est très différent… Pour chaque spectacle, on essaie de redéfinir cet objet, de savoir si c’est quelque chose d’abstrait ou si c’est un être animé d’une vie propre. Dans le tout début de Pan-Pot ou modérément chantant, il y a la mise en place de l’histoire de ces balles qui sont comme autonomes, qui ont leur trajectoire de vie : même si on comprend qu’elles sont jonglées, on ne voit pas les jongleurs, on ne voit pas leurs mains, ils sont vraiment dépersonnalisés. Pour Les Beaux Orages qui nous étaient promis, on a plus pris ces balles co

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Quand Fred Pallem redonne vie à François de Roubaix

MUSIQUES | Rendez-vous pour une relecture passionnante de l'œuvre du compositeur culte François de Roubaix par Fred Pallem et Le Sacre du Tympan. Damien Grimbert

Damien Grimbert | Mardi 26 avril 2016

Quand Fred Pallem redonne vie à François de Roubaix

Disparu tragiquement à l’âge de 36 ans dans un accident de plongée sous-marine aux Canaries, François de Roubaix est sans conteste l’une des icônes les plus fascinantes de la musique populaire française. Auteur de quelques-unes des bandes-son les plus marquantes de la fin des années 1960 et du début des années 1970, ce compositeur surdoué aux allures d’aventurier, passionné de cinéma et de voyages lointains, fut l’un des premiers à populariser l’usage de synthétiseurs, de sonorités électroniques et d’instruments exotiques dans ses créations. Entièrement autodidacte, mais doué d’un sens de la mélodie remarquable et d’un goût pour l’expérimentation peu commun, il réconcilia avant tout le monde musique pop et avant-gardisme sonore, modulations cosmiques et arrangements psychédéliques. En activité depuis pas loin d’une vingtaine d’années, le Sacre du Tympan de Fred Pallem, orchestre virtuose à la croisée des musiques savantes et populaires, était de toute évidence l’interprète idéal pour explorer l’œuvre imposante de ce pionnier prodige. Loin de l’hommage obséquieux et sans grande saveur, sa relecture contemporaine des travaux de De Roubaix injecte au contraire à ses derni

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