Simple question de l'été #1 : à quoi sert un chef d'orchestre ?

ACTUS | À chaque concert, on le voit s’agiter avec entrain devant ses musiciens. Mais que fait-il réellement ? Le chef d’orchestre Marc Minkowski, à la tête des Musiciens du Louvre Grenoble, nous l’a expliqué.

Nicolas Joly | Jeudi 20 juillet 2017

Photo : Petra Coddington


« Le chef d'orchestre décide du nombre de cordes par exemple, de l'instrumentarium – aux Musiciens du Louvre, nous jouons sur instruments d'époque – et du diapason. Il émet également des souhaits sur la disposition de l'orchestre en fonction de l'œuvre, de l'interprétation qu'il souhaite en faire, de l'acoustique de la salle... Le chef donne ainsi sa vision : lors des répétitions, il impose sa conception de la partition que tous les musiciens vont suivre. Le sens de l'interprétation d'une partition ne se bâtit pas de façon collégiale. Le chef d'orchestre décide. »

Et la baguette ? « Lorsque le répertoire est romantique ou moderne, et implique un gros orchestre, elle est de mise. Car la gestique est importante. La baguette permet que sa ligne soit plus précise, les gestes plus carrés et surtout lisibles même depuis le fond de la scène. La main droite impulse le rythme, assure le volet énergie de la sensation. La main gauche donne le relief de l'interprétation : les nuances, le caractère. »

Plus d'infos sur Marc Minkowski : www.mdlg.net

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Marc Minkowski : « Le principal est que les Musiciens du Louvre sont toujours en vie ! »

ACTUS | Alors que Marc Minkowski va diriger ses Musiciens du Louvre à la MC2 vendredi 15 décembre dans un programme baptisé "Oratorio de Noël" construit autour de cantates de Bach, on en a profité pour lui poser quelques questions sur son orchestre, ses rapports avec la Ville de Grenoble (qui a sucré sa subvention fin 2014) ou encore ses autres activités – comme celle de directeur de l’Opéra de Bordeaux.

Aurélien Martinez | Mardi 12 décembre 2017

Marc Minkowski : « Le principal est que les Musiciens du Louvre sont toujours en vie ! »

Un peu d’histoire pour commencer. Les Musiciens du Louvre est un orchestre français mythique, fondé en 1982 à Paris, et qui a déménagé à Grenoble en 1996, en fusionnant avec l’ensemble instrumental de la ville. Un orchestre qui est la « grande fierté » de Marc Minkowski. « C’est l’un des, si ce n’est le meilleur orchestre sur instruments anciens du XXIe siècle – et je ne dis pas ça parce que je l’ai fondé ! – de part sa variété de répertoire et de style, avec aussi bien dans l’opéra, dans le symphonique, dans le baroque, dans le romantisme ; s’adaptant à toute sorte de chef et pouvant être dirigé aussi bien par le premier violon, le claveciniste, par le chef fondateur, par d’autres chefs. C’est une machine extrêmement souple. » « En 35 ans, l’ensemble s’est métamorphosé plusieurs fois depuis sa naissance, mais il est toujours là. Par contre on est un ensemble désormais rhônalpin – j’anticipe votre prochaine question ! –, volant de ses propres ailes. » Car il fut un temps où la chargée de communication de l’orchestre insistait beaucoup auprès des partenaires et des journalistes afin qu’ils n’oublient surtout p

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Musique classique : neuf concerts pour une saison cadencée

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Avec du classique de chez classique mais aussi de la philosophie en musique, du lyrisme théâtralisé ou encore du violoncelle.

Régis Le Ruyet | Mercredi 13 septembre 2017

Musique classique : neuf concerts pour une saison cadencée

Orchestre philharmonique de Radio France Muse géniale de l’opéra contemporain, la soprano canadienne Barbara Hannigan stupéfiait, en 2011, les spectateurs du festival Présences de Radio France par ses talents de cheffe. Combinant audace et précision, la chanteuse y soutenait les plus folles vocalises du Grand Macabre de György Ligeti pendant que, d'une poigne ferme, elle menait en extase les musiciens finnois de l'Avanti ! Chamber. Un exercice de direction et de haut vol lyrique qu’elle réitéra à Grenoble avec l’Orchestre philharmonique de Radio France dans les atours de Lulu d'Alban Berg et de la Fille folle de George Gershwin. À la MC2 le 6 octobre Michel Onfray et Henri Demarquette – musique et philosophie Accompagné par le violoncelliste Henri Demarquette, le philosophe hédoniste Michel Onfray nous expliquera comment, avec les penseurs, dire et entendre le monde. Une passionnante rencontre en pe

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Simple question de l’été #7 : comment préserve-t-on un tableau ?

ACTUS | Pourra-t-on encore admirer le sourire de la Joconde dans 500 ans ? Pas sûr, car même l’œuvre la plus visitée au monde n’est pas à l’épreuve du temps. Valérie Huss, conservatrice au Musée de Grenoble, nous en dit plus.

Nicolas Joly | Vendredi 21 juillet 2017

Simple question de l’été #7 : comment préserve-t-on un tableau ?

« Les musées aujourd’hui travaillent beaucoup sur cette notion de conservation préventive. Il s’agit de faire attention aux conditions dans laquelle l’œuvre est conservée, dans les réserves ou les salles d’exposition. Plusieurs paramètres peuvent avoir une incidence sur l’état d’un tableau : l’humidité, la température, la lumière, l’empoussièrement, les problèmes d’infestation d’insectes et les éventuelles manipulations. » Et concrètement ? « Chaque œuvre va, selon sa nature, nécessiter une attention particulière. Un dessin sur papier sera par exemple bien plus sensible à la lumière qu’un tableau verni. Des protections physiques sont également mises en place lors du conditionnement. Au Musée de Grenoble, nous conservons les œuvres en les accrochant sur des grilles, qui sont des sortes de compactus. Mais lorsqu’il s’agit de pièces plus compactes, nous les plaçons dans des caisses faites de matériaux neutres. Cela permet de limiter l’influence de l’environnement sur l’œuvre. » Plus d'infos sur le Musée de Grenoble : www.museedegrenoble.fr

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Simple question de l’été #6 : pourquoi certaines salles de spectacle sont-elles subventionnées ?

ACTUS | S’il existe des salles de spectacle privées qui vivent (plus ou moins) bien, les salles publiques, elles, comptent sur la contribution des différents acteurs publics (ville, département, région, État…) lorsqu’elles bouclent leur budget annuel. Antoine Conjard, directeur de la scène nationale l’Hexagone de Meylan, nous explique pourquoi.

Nicolas Joly | Jeudi 20 juillet 2017

Simple question de l’été #6 : pourquoi certaines salles de spectacle sont-elles subventionnées ?

« Si nous n’avions pas d’argent public, les places de spectacle de l’Hexagone qui sont à 12 ou 13€ en moyenne seraient à 40 ou 50€. C’est pour cela que les prix des places dans les salles privées sont plus élevés que ceux des salles publiques. Car après tout, accueillir des spectacles génère des coûts. Il faut entretenir l’espace dont on dispose, accueillir les artistes et les équipes, mais aussi rémunérer correctement les personnes qui travaillent au sein de notre structure. » Mais encore ? « Il faut aussi savoir que le secteur public spectacle vivant travaille à la création contemporaine, pour permettre l’échange entre les chercheurs que sont les artistes et les spectateurs. Nous voulons permettre à ces derniers de découvrir des formes de spectacle qu’ils n’auraient pas l’occasion de voir si nous n’existions pas. » Plus d'infos sur l'Hexagone de Meylan : www.theatre-hexagone.eu

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Simple question de l’été #5 : pourquoi les auteurs acceptent-ils les rencontres dans les librairies ?

ACTUS | Pourquoi un écrivain qui vend des milliers de livres prend-il la peine de venir rencontrer ses lecteurs dans une librairie qui ne peut en accueillir que quelques dizaines ? Nicolas Trigeassou, directeur de la librairie grenobloise Le Square (et ici en photo avec l'auteur Gaël Faye), nous répond.

Nicolas Joly | Jeudi 20 juillet 2017

Simple question de l’été #5 : pourquoi les auteurs acceptent-ils les rencontres dans les librairies ?

« Les rencontres avec les lecteurs sont des moments lors desquels il se passe quelque chose entre l’écrivain et son public. Lorsque l’auteur parle de son livre, il le relit et le comprend différemment grâce aux questions que le public lui pose. De plus, l’écriture étant une activité très solitaire, les auteurs ont besoin de cet échange direct avec les lecteurs. L’écrivain touche certes moins de gens que lorsqu’il passe à la télévision, par exemple, mais la nature de la parole qui en sort est très différente. Ce sont des moments d’échange d’une heure environ, durant lesquels les auteurs peuvent aborder certains sujets dont ils ne peuvent pas parler ailleurs. Delphine de Vigan ne dit par exemple certaines choses que lors de ces rencontres. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle refuse qu’elles soient enregistrées. » Et financièrement ? « Les motivations des écrivains pour participer aux rencontres sont donc variées, mais l’argent n’en fait pas partie. Pour préparer la rentrée littéraire, nous envoyons des invitations aux maisons d’éditions des auteurs qui nous intéressent. Ceux qui souhaitent venir nous répondent ensuite, mais il s’agit toujours d’une démarche d

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Simple question de l’été #4 : peut-on tout dire dans une chanson ?

ACTUS | En cas d’injure ou de propos racistes, un politique peut être sanctionné. Mais qu’en est-il d'un artiste lorsqu’il s’exprime en chanson ? Nous sommes allés poser la question à Sophie Adriaens, avocate à Grenoble.

Nicolas Joly | Jeudi 20 juillet 2017

Simple question de l’été #4 : peut-on tout dire dans une chanson ?

« En France, la liberté d’expression est une liberté fondamentale. Elle est garantie à tous les citoyens, mais elle ne doit pas porter atteinte aux autres libertés fondamentales. Elle comporte donc des limites inscrites dans le code pénal notamment, comme l’injure, la diffamation, l’incitation à la haine ou l’appel au meurtre. Ainsi, si un chanteur tient par exemple des propos racistes dans l’un de ses titres, la justice peut être saisie. » Mais encore ? « Le juge prend toutefois en compte le contexte dans lequel les propos sont tenus. S'il estime que les propos en question sont parodiques ou ne reflètent pas la pensée de leur auteur car dits à travers un personnage par exemple, ce dernier ne sera pas condamné. C’est ce qui s’est passé avec le rappeur Orelsan et sa chanson Sale pute. Les décisions de justice concernant la liberté d’expression des artistes sont donc le fruit d’une analyse au cas par cas du juge, et reposent sur son interprétation des textes de loi au regard des faits, dans un contexte évolutif des mentalités. » Plus d'infos sur Sophie Adriaens :

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Question simple de l’été #2 : que fait vraiment un DJ derrière ses platines ?

ACTUS | Il est facile d’imaginer qu’il suffit d’appuyer sur un bouton et de lever les bras pour être DJ. Or c'est un peu plus que ça, comme nous l'explique DJ Rescue, artiste de la scène grenobloise.

Nicolas Joly | Jeudi 20 juillet 2017

Question simple de l’été #2 : que fait vraiment un DJ derrière ses platines ?

« Le travail d’un DJ c’est de mixer, c’est-à-dire mélanger des sources sonores – la plupart du temps des morceaux de musique – pour créer une continuité cohérente. Selon le style du DJ, cette continuité peut raconter une histoire, être une continuité émotionnelle ou bien faire danser le public. Le DJ va donc faire s’enchaîner des morceaux différents, sans qu’il y ait de coupure ou de variation de rythme ou de tonalité entre eux. » Et concrètement ? « Il y a différentes techniques de mix. Celle que j'utilise le plus est le mix au tempo. Tout d’abord, il faut une table de mixage, avec autant de pistes que de sources sonores que l’on va employer. Ensuite, il faut un outil pour diffuser les différents morceaux. Personnellement, j’utilise un contrôleur avec 2 platines à plateau de CD et une mixette intégrée. La table de mixage est équipée d’un système de pré-écoute, ce qui me permet d’entendre le morceau au casque sans qu’il soit diffusé au public. C’est grâce à ça que je peux caler les morceaux sur le même rythme, afin qu’ils s’enchaînent de façon harmonieuse. Pour cela, j’écoute un morceau avec l’oreille gauche et l’autre avec l’oreille droite, ce qui demande

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Question simple de l’été #3 : comment transmet-on une chorégraphie à des danseurs ?

ACTUS | Comment un chorégraphe peut-il transmettre ses œuvres aux générations futures, et comment conserve-t-on des chorégraphies qui ont plusieurs siècles ? Réponse à cette simple question avec le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta.

Nicolas Joly | Jeudi 20 juillet 2017

Question simple de l’été #3 : comment transmet-on une chorégraphie à des danseurs ?

« Au XVIIIe siècle, ce sont surtout les danseurs qui se transmettaient les œuvres entre eux, de façon orale ou visuelle. Ce n’est qu’au début du XIXe siècle que des gens comme Rudolf Laban ont commencé à se pencher sur l’écriture de la danse. Il a ainsi développé une méthode de notation qui fait se déplacer un corps dessiné sur une partition verticale. D’autres méthodes similaires voient le jour, mais elles restent des pratiques d’érudits. » Et aujourd’hui ? « Les choses commencèrent vraiment à bouger avec l’arrivée de la danse moderne et de l’image. Les gens n’ont plus besoin d’étudier de la même façon. Ils peuvent simplement regarder une image et reproduire le geste. Personnellement, quand je dois monter mes pièces, je décompose les mouvements grâce à la vidéo pour que les étudiants puissent voir et reproduire les gestes en détail. La transmission d’une danse est en réalité une affaire très personnelle, et chaque chorégraphe fait un peu à sa façon. Il n’y a pas de méthode unique. Certains vont par exemple refuser de montrer les mouvements, en faisant tout passer par l’oral. C’est une façon de faire plus fréquente dans la danse contemporaine, qui laisse p

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Noël avant l’heure avec les Musiciens du Louvre Grenoble

Musique classique | Jeudi 17 novembre, Marc Minkowski proposera un florilège d'airs de "Casse-noisette" dans un programme intitulé "Voyage en féerie". On vous en dit plus.

Régis Le Ruyet | Mardi 15 novembre 2016

Noël avant l’heure avec les Musiciens du Louvre Grenoble

Tandis que les agents des collectivités s'affairent autour des éclairages de Noël, Marc Minkowski, fameux chef des Musiciens du Louvre Grenoble devenu en septembre directeur de l'Opéra de Bordeaux, revient à la salle de ses débuts grenoblois dans un florilège d'airs de Casse-noisette. Tout d'abord annoncé au Prisme de Seyssins, puis relogé pour raisons techniques à la salle Olivier Messiaen, ce Voyage en féerie plongera donc dans les musiques du ballet-féerie de Piotr Ilitch Tchaïkovski créé à Saint-Pétersbourg en 1892 avec le chorégraphe français Marius Petipa. Un peu d’histoire du coup : c'est à la demande du directeur des théâtres impériaux de l’époque que la paire chanceuse du Lac des Cygnes (1877) et de La belle au bois dormant (1890) renoue pour cette heureuse troisième collaboration. Cette fois, ils s'inspirent d'un conte de Noël d'Alexandre Dumas père, lui-même adapté de l'œuvre d’Hoffman décrivant un monde de bonbons et de jouets, hélas mis à mal par des rats, dans lequel la jeune Marie se retrouve entraînée par son fantassin de bois. Un classique des fêtes,

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Le « dialogue équestre et musical » de Minkowski

MUSIQUES | Événement : les fameux Musiciens du Louvre Grenoble de Marc Minkowski vont s’installer trois jours durant sous un chapiteau devant la MC2 pour donner cinq représentations de Tact et Tempo. Soit un spectacle mêlant art équestre et musique plus ou moins classique. Intrigués par ce mariage et, plus largement, par cette proposition atypique, on a passé un coup de fil au chef d’orchestre pour en savoir un peu plus. Magnéto. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 24 novembre 2015

Le « dialogue équestre et musical » de Minkowski

Les chevaux et vous, c’est une histoire passionnelle. Il paraît que vous aviez même imaginé travailler dans cet univers… Marc Minkowski : Quand j’étais jeune, j’ai été entre plusieurs passions, entre plusieurs vocations : les chevaux mais aussi la musique ou encore la littérature. Puis, finalement, mon parcours a fait que la musique a tout avalé. Mais ça aurait pu tourner différemment… Ce n’est donc pas un hasard que l’on retrouve des chevaux sur scène dans Tact et Tempo ou dans un autre spectacle que vous avez récemment créé avec Bartabas… Oui, même si c’est un concours de circonstances qui a fait que les chevaux sont revenus dans ma vie. Ce n’était pas prémédité, ça aurait pu arriver plus tôt ou plus tard, mais c’est maintenant. Tact et Tempo, c’est donc la rencontre entre les Musiciens du Louvre Grenoble et la compagnie Of K’Horse du cavalier voltigeur rétais Manu Bigarnet… C’est un spectacle que l’on a monté en deux parties [Tactus a vu le jour en 2014 – NDLR] ; il est devenu un peu le symbole de

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Les Musiciens du Louvre Grenoble repartent pour un tour

MUSIQUES | Depuis leur création en 1982, les Musiciens du Louvre Grenoble redonnent vie aux répertoires classique et romantique sur instruments d'époque, en France et à l'étranger. La troupe, dirigée par Marc Minkowski, présentait ce vendredi 3 octobre sa saison 2014-2015. On fait le point. Alexis Orsini

Aurélien Martinez | Vendredi 3 octobre 2014

Les Musiciens du Louvre Grenoble repartent pour un tour

À en croire l'enthousiasme du chef d’orchestre Marc Minkowski, l'interprétation des Boréades de Jean-Philippe Rameau ce vendredi 3 octobre à la MC2 constitue l'un des plus grands défis jamais relevés par ses musiciens, en même temps qu'un renvoi aux débuts de la troupe qui avait enregistré une œuvre du compositeur en 1987 et a depuis fréquemment été associée à son répertoire. Fait atypique, cette tragédie lyrique ambitieuse n'a jamais été représentée du vivant de Jean-Philippe Rameau, celui-ci l'ayant imaginée à l'âge de quatre-vingt deux ans, en 1764, peu avant son décès. Elle a depuis intimidé beaucoup d'orchestres et de chefs, comme l'explique Marc Minkowski : « En répétition, on est à la fois émerveillé et effrayé par Les Boréades, c'est un marathon sublime, une œuvre avec des changements d'atmosphère incroyables pour l'époque. » Cet « Everest » composé de cinq actes s'impose donc comme le poin

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Viens voir les musiciens

MUSIQUES | Journée chargée le samedi 14 juin pour les Musiciens du Louvre Grenoble, mais journée passionnante pour les amateurs de musique classique – sachant que tout (...)

Aurélien Martinez | Mardi 10 juin 2014

Viens voir les musiciens

Journée chargée le samedi 14 juin pour les Musiciens du Louvre Grenoble, mais journée passionnante pour les amateurs de musique classique – sachant que tout sera gratuit. Le périple à travers Grenoble de la formation de Marc Minkowski débutera à 10h30 au sein des Halles Sainte-Claire, qui fêtent leurs 140 ans. D’où l’idée de marquer le coup avec un concert baptisé Musique à la carte au déroulement original : les passants choisiront « des airs baroques, populaires ou pour enfants » et deux violonistes les interprèteront. Plus tard dans la journée, à 14h30, l’ensemble fêtera cette fois-ci les 50 ans de l’union de quartier Notre-Dame avec La Petite Musique de nuit et un Concerto pour flûte de Mozart, dans la cour intérieure du Musée de l’Ancien Évêché. Et enfin, le soir (21h) à la Caserne de Bonne, ils donneront leur programme Mozart la nuit (dont on aura eu des extraits à 14h30 – suivez enfin !), dans le cadre des concerts classiques de la ville. « Chez Mozart, la nuit est partout. Les nuits de Mozart sont magiques et poétiques, inquiétantes ou initiatiques. Elles sont drôles aussi. Mozart paraît s’être amusé en comp

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"L’Histoire du soldat / L’Amour sorcier" : mention assez bien

Spectacle | Réunir les trois directeurs des centres de création affiliés à la MC2 pour un spectacle forcément événement : voilà le projet du diptyque composé de "L’Histoire du soldat" d'Igor Stravinsky et de "L’Amour sorcier" de Manuel de Falla. Avec donc aux commandes Marc Minkowski des Musiciens du Louvre Grenoble, Jacques Osinski du Centre dramatique national des Alpes, et Jean-Claude Gallotta du Centre chorégraphique national de Grenoble. Pour une création agréable mais finalement assez convenue.

Aurélien Martinez | Jeudi 17 octobre 2013

C’est l’histoire de trois artistes (plus ou moins) installés dans les murs de la MC2, évoluant chacun dans son domaine (la musique classique pour Minkowski, la danse contemporaine pour Gallotta et le théâtre pour Osinski), livrant régulièrement de nouvelles propositions artistiques. Trois figures emblématiques d’une certaine culture grenobloise qui ont fini par bosser ensemble – une idée vieille comme le monde comme nous l’expliquait le trio en interview. Le fil directeur de leur réunion ? Un projet qui puisse laisser chacun de trois participants s’exprimer. Le choix effectué ? Un diptyque composé du ballet-opéra de chambre L’Histoire du soldat (1917) d’Igor Stravinsky et du ballet-pantomime L’Amour sorcier (1915) de Manuel de Falla, dévoilé mercredi 16 octobre à la MC2. La soirée se découpe donc en deux parties. On a d’abord droit à une Histoire du soldat tirée à quatre épingles, où l’histoire (justement) de ce soldat pactisant avec le diable se

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Les trois mousquetaires

SCENES | Casting de luxe pour le diptyque "L’Histoire du soldat" / "L’Amour sorcier". Aux commandes de ce double spectacle, qui sera dévoilé cette semaine, rien de moins que les trois artistes résidents de la MC2 : Marc Minkowski des Musiciens du Louvre Grenoble, Jacques Osinski du Centre dramatique national des Alpes, et Jean-Claude Gallotta du Centre chorégraphique national de Grenoble. Du coup, on a rencontré les trois. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 11 octobre 2013

Les trois mousquetaires

La collaboration Marc Minkowski : Réunir les directeurs des trois centres de création de la maison, c’est en discussion depuis que je suis arrivé ici, il y a 17 ans. Le projet était déjà évoqué du temps de Laurent Pelly, le prédécesseur de Jacques, mais n’a jamais abouti...Jacques Osinski : Quand je suis arrivé en 2008, l’idée est revenue, mais elle a mis du temps à se matérialiser compte tenu des agendas de chacun. Et surtout du fait que l’on devait apprendre à se connaître...Jean-Claude Gallotta : Une fois le projet lancé, j’étais sur l’idée de l’amitié, de faire quelque chose ensemble. On est partis sur ces deux pièces, mais à la limite – et c’est un peu con ce que je vais dire ! –, ils auraient proposé n’importe quoi, j’aurais quand même accepté ! L’Histoire du soldat MM : Avec Jean-Claude, on a souvent parlé de Stravinsky, et notamment du Sacre du printemps, qu’on avait imaginé faire ensemble – mais ça ne s’est pas fait. Puis Jacques est arrivé dans la boucle : j’ai alors essayé d’imaginer une œuvre qui mélange nos trois disciplines. L’Histoire du soldat

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L'union des trois

MUSIQUES | Belle ouverture symbolique : pour la première fois les trois compagnies associées à la MC2 – les Musiciens du Louvre Grenoble, le Centre Dramatique National (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 5 septembre 2013

L'union des trois

Belle ouverture symbolique : pour la première fois les trois compagnies associées à la MC2 – les Musiciens du Louvre Grenoble, le Centre Dramatique National des Alpes et le Centre Chorégraphique national de Grenoble – se retrouveront réunis sur un même plateau. Selon leurs affinités, chacun des directeurs a pris part au projet monté autour de L'Histoire du soldat d'Igor Stravinsky et de L'Amour sorcier de Manuel de Falla. Marc Minkowski ayant proposé dans le rôle de l'ardente gitane la non moins incandescente Olivia Ruiz, c'est à Jean-Claude Gallota qu'il échoit de régler les pas de danse tandis que Jacques Osinski officie à la mise en scène des intrigues. En toile de fond, la figure du mal et de l'amour. Ainsi le ballet-opéra de chambre de L'Histoire du soldat cristallise, par le gage avec le diable d'un violon contre le livre de la fortune, la concupiscence et la perte du soldat. Quant au ballet pantomime L'amour sorcier, c'est le spectre de l'ancien amant que vient contrarier l'union de la belle Candelas à son hidalgo. RLR L'Histoire du soldat / El Amor brujo, du mercredi 16 au samedi 19 octobre, à la MC2

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Sympa et symphonique

MUSIQUES | Pour la rentrée classique, le Petit Bulletin vous propose un premier tour d'horizon sélectif des grandes formations programmées dans vos salles d'octobre à décembre. Régis le Ruyet

Aurélien Martinez | Jeudi 5 septembre 2013

Sympa et symphonique

C'est sur les berges du Rhin, le jeudi 10 octobre, qu'Emmanuel Krivine et La Chambre Philharmonique entameront la saison classique de la MC2. Un florilège lyrique pioché parmi les seize heures de la tétralogie de Richard Wagner et accordé aux voix parfaites d'Alexandra Lubchansky, de Cécile Perrin, de la mezzo Nora Gubisch et du baryton Oliver Zwarg. Plus tard, le mercredi 6 novembre, toujours à la MC2, honneur à la musique fine et finnoise par l'Orchestre national de Lyon sous la direction d'Hannu Lintu, le futur chef de l'Orchestre de la Radio de Finlande. Il invitera le public à une immersion en terres scandinaves et baltiques à travers les musiques de Jean Sibelius, Kaija Saariaho et un Concerto pour piano de Sergueï Prokofiev parfaitement calibré au sens musical de Nikolaï Lugansky. De retour à la MC2 mais cette fois à la tête du Philharmonique du Luxembourg, Emmanuel Krivine déclinera le jeudi 14 décembre un menu varié fait d'une viennoiserie de Strauss fils et de deux œuvres concertantes, tout d'abord une architecture de Béla Bartók qui fait appel à toute la virtuosité des pupitres et le Concerto pour piano en

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L'art total

MUSIQUES | En classique, il est de tradition d'ouvrir la nouvelle année sur des flonflons le plus souvent d'Offenbach ou de Strauss. Il en est sera ainsi (...)

Régis Le Ruyet | Jeudi 20 décembre 2012

L'art total

En classique, il est de tradition d'ouvrir la nouvelle année sur des flonflons le plus souvent d'Offenbach ou de Strauss. Il en est sera ainsi l'Auditorium de Lyon le 1er Janvier. À Grenoble, le concert en différé du jour de l'an des Musiciens du Louvre Grenoble s'annonce plus grave. Commandé tout spécialement par le théâtre de Vienne en Autriche aux Musiciens du Louvre Grenoble et à Marc Minkowski pour célébrer le bicentenaire de la naissance du compositeur allemand Richard Wagner (1813 – 1883), le programme du gala reprend à l'identique celui qui résonna dans ces mêmes murs le 11 juin 1836. Révolutionnaire dans l'âme et génie des arts, après les désespérances viennoises des répétitions de Tristan et Isolde, le poète de musique est à la recherche de mécènes pour achever l'écriture de ses opéras. Il donne alors ce soir là en guise d'avant-goût au public des extraits des Maîtres chanteurs de Nüremberg, La Walkyrie et L'Or du Rhin, en 1964 – l'avènement au trône du Jeune Louis II de Bavière épris des musiques du maestro le tirera pour un temps de la misère. Peu avant que Marc Minkowski ne s'hasarde à croiser sur le pont de la MC2 le spectre du

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Louvre Story

MUSIQUES | Musique classique / En 1982, Marc Minkowski, jeune bassoniste talentueux, a tout juste vingt ans mais cela fait déjà un moment que le démon de la (...)

Régis Le Ruyet | Vendredi 26 octobre 2012

Louvre Story

Musique classique / En 1982, Marc Minkowski, jeune bassoniste talentueux, a tout juste vingt ans mais cela fait déjà un moment que le démon de la direction le titille. Après un essai à la baguette, pour un congrès de médecine, certains de ses camarades chanteurs enthousiasmés par sa direction d’Acis et Galatée d’Haendel réclament d’être dirigés. Par jeu, le chef en devenir réunit un petit nombre d’amis et donne avec eux en juin 1982, dans l’église parisienne de Saint-Étienne-du-Mont, l’opéra de Purcell Didon et Enée, marquant l’acte de naissance des Musiciens du Louvre. Une assemblée dont le nom de prestige sera dû à la proximité de l’appartement familial avec l’ancien Palais Royal. En 1987, l’histoire de cette formation de copains adeptes du jeu sur instruments anciens s’accélère lorsque René Blanchard, de Radio France, et Michel Garcin, directeur artistique des disques Erato, sollicitent l’ensemble pour enregistrer Les Comédies ballets de Lully et Molière. Une alliance discographique qui prendra fin en 1994 lors du transfert sur la prestigieuse division Archiv Produktion de Deutsche Grammop

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L’ascension des sommets

MUSIQUES | Marc Minkowski a attendu avant de passer son Bach. Mais, après "La Messe en Si" et "La Passion selon Saint Jean", c’est au tour de Saint Matthieu de recevoir sa convocation. Régis Le Ruyet

François Cau | Samedi 10 mars 2012

L’ascension des sommets

Marquant les célébrations de la semaine Sainte, La Passion est ordinairement interprétée le vendredi précédent le dimanche de Pâques. Une évocation lyrique des souffrances de Jésus qui appelle le fidèle à exalter sa foi. Des quatre Passions qu’écrivit Jean-Sébastian Bach pour les offices de l’église de Leipzig (dont il fût maître de chapelle de 1723 jusqu’à sa mort), seuls La Passion selon Saint Matthieu et selon Saint Jean ont traversé le temps pour parvenir jusqu’à nos oreilles. Et deux ans après une évidente Saint Jean à la MC2, le chef et les Musiciens du Louvre Grenoble prennent place dans l’auditorium, pour interpréter la sublime Saint Matthieu. Dans la continuité de La Messe en Si et de La Passion selon St Jean, Marc Minkowski défend l’intuition d’une lecture solistique. Et confie à seulement huit voix le soin d’assurer les arias et les parties de chœurs. L’ensemble orchestrale, bien que réduit, sera lui multiplié par deux, avec de part en part orgue et solistes. Car vraisemblablement inspiré par la présence de deux orgues dans l’église, Bach a imaginé en 1729 une Passi

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Plus belle la vie

MUSIQUES | CLASSIQUE / C’est ce qu’il faut bien appeler un incontournable du répertoire classique, célébré jusque dans des monuments de la culture pop (le film Orange (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 22 décembre 2011

Plus belle la vie

CLASSIQUE / C’est ce qu’il faut bien appeler un incontournable du répertoire classique, célébré jusque dans des monuments de la culture pop (le film Orange mécanique de Kubrick par exemple). Un tube qui est carrément devenu l’hymne officiel de l’Union européenne (dans sa version réduite évidemment – environ deux minutes). L’Ode à la joie est ainsi la dernière symphonie que Beethoven, alors complètement sourd, composa, dix ans après la huitième. « La dernière des symphonies » tout court s’emporta même Wagner. Le titre provient d’un poème de l’écrivain allemand Friedrich von Schiller, poème par ailleurs utilisé dans le quatrième et dernier mouvement de la symphonie, et considéré comme une ode à la fraternité (« Tous les êtres boivent la joie / Aux seins de la nature / Tous les bons, tous les méchants / Suivent ses traces de rose »). D’où son utilisation par l’Union européenne, soucieuse de tourner la page d’un passé douloureux. Les Musiciens du Louvre • Grenoble, dirigés par l’inénarrable Marc Minkowski, se ressaisissent de cette symphonie hors du commun, après l’avoir déjà donnée en janvier 2011 à la MC2. Une interprétation qui sera à nouveau forcément grandiose, au vu de l’excel

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