Bourgoin-Jallieu : quelles journées !

MUSIQUES | Les 11 et 12 septembre, Bourgoin-Jallieu se la jouera rock et pop "made in France" avec la première édition du festival Les Belles Journées. La programmation (Aline, Autour de Lucie, Isaac Delusion, Baden Baden...) vaut le détour.

Stéphane Duchêne | Mardi 8 septembre 2015

Photo : Paul Rousteau


Il eut été difficile au festival berjallien Les Belles Journées de constituer un plateau rock indé plus attrayant que celui qui nous est présenté, qui plus est pour son coup d'essai. C'est qu'outre Autour de Lucie, dont le statut d'icône d'une certaine pop indé en fait sans doute un peu le grand frère (ou sœur) de l'événement ; les cautions soulisantes que sont le Grenoblois Lull et le Lyonnais Sly Appolinaire, à qui on ne la fait plus ; 49 Swimming Pools dont les membres n'ont plus l'âge de la conduite accompagnée mais dont la pop reste fraîche comme une rose qui éclorait à l'infini ; et bien sûr H-Burns (consulter nos archives le concernant) ; c'est bien la jeune garde de la nouvelle (oui, encore) pop française que l'on mène ici aux Abattoirs (du moins pas très loin, au Parc des Lilattes).

Une jeune garde qui aime le travail chiadé, détient le secret de la chanson qui tue aussi sûrement que le cri du Docteur Justice, et porte beau sous les noms d'Aline, d'Isaac Delusion, Baden Baden et de deux étrangetés féminines : l'électro-chatte La Féline et la nouvelle coqueluche de la chanson française (Murat, Dominique A, Christophe...) Robi.

On l'avoue, de ce côté-ci de l'A71, on n'a pas tout de suite adoré les Clermontois d'Aline (ex-Ex-Young Michelin), qui n'est pour le coup pas une fille. Et pour qu'elle revienne dans nos cœurs, Aline a dû s'employer à un album magnifique produit par le druide Stephen Street (le producteur qui sublima quelques travaux des Smiths avant d'officier notamment avec Blur) : quelque chose comme du Smiths à dada sur Daho.

Tout aussi investis dans la recherche mélodique et l'interprétation, à chacune de leur sortie, qu'ils chantent en anglais ou en français, Isaac Delusion (de She pretends à How much you want her) et Baden Baden (You'll see et Good Heart les ont révélés mais pas plombés à écouter leur album Mille éclair) nous rejouent le « plus blanc que blanc » de Coluche en mode : « plus impeccable qu'impeccable c'est quoi ? Parfait ? ».

À la vue de tout ce beau monde et en sortie de deux jours de festival, on ne pourra sans doute faire autrement que l'humoriste Arnaud Tsamère lorsqu'il conclut son désormais (presque) fameux sketch sur le vaudeville, en nous exclamant, au pluriel : « Ooooh ! Mais queeeelles journées ! »


ALINE + ROBI + AUTOUR DE LUCIE + SLY APPOLINAIRE + 49 SWIMMING POOLS


Parc des Lilattes Parc des Lilattes Bourgoin-Jallieu
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


ISAAC DELUSION + H-BURNS + BADEN BADEN + LA FELINE + LULL


Parc des Lilattes Parc des Lilattes Bourgoin-Jallieu
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Songs of Leonard Cohen

Hommage | La reprise d'une ou de chansons de Leonard Cohen a toujours été un genre en soi, et même tout un art. On peut ainsi se souvenir du remake intégral (pochette (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 juin 2021

Songs of Leonard Cohen

La reprise d'une ou de chansons de Leonard Cohen a toujours été un genre en soi, et même tout un art. On peut ainsi se souvenir du remake intégral (pochette comprise) et clandestin perpétré par le dénommé Red de son Songs from a Room, de l'Hallelujah ré-immortalisé par John Cale ou Jeff Buckley, comme d'une infinité d'albums tributes parfois très réussis (on songe à celui réalisé, il y a 30 ans, pour le compte des Inrocks : I'm your fan). Pour H-Burns, l'hommage à celui qu'il considère comme un des responsables de son entrée en religion musicale semble tout aussi naturel. Double hommage puisqu'il est constitué d'un disque à venir – qui aura occupé une partie de son confinement –, enregistré sur bandes dans les conditions de l'époque, et d'une série de concerts qui passera par la Belle électrique et que le chanteur a déjà pas mal inauguré par des lives dans les studio de la presse web (Le Figaro, Les Inrocks TV) et même à la Cité de la Musique de Romans avec l'orchestre symphonique de Romans. L'orchestre ne sera pas de la partie grenobloise, ce jour, mais les chansons de Cohen, toutes périodes confondues, elles seront bien là, à propos desquelles le Can

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Robin, créateur d'un jeu de société, a besoin d'aide

Loisirs | Animateur socioculturel, Robin Piarulli crée des jeux depuis qu’il est môme. Il a lancé sur Kickstarter la campagne de financement participatif de son premier jeu de société : Silbury. Une référence à la série Kaamelott ? Oui : son univers imprègne le jeu, avec druides, légendes, potions magiques et coups tordus.

Jérémy Tronc | Jeudi 8 avril 2021

Robin, créateur d'un jeu de société, a besoin d'aide

Que ce soit pour occuper sa petite sœur ou « pour faire marrer les copains », Robin Piarulli a commencé à créer des jeux dès l’âge de 5 ans. Animateur socio-culturel, sa vocation l’aide beaucoup dans le cadre de ses missions auprès des enfants dans les quartiers populaires. « J’ai continué à créer des jeux jusqu’à ce qu’on me dise qu’ils étaient vachement bien. Pour lancer Silbury, je suis simplement parti d’un jeu que j’ai imaginé il y a un peu plus de deux ans, fruit de mon imaginaire et de mes influences. » Entre l’idée et le lancement du financement sur Kickstarter, un peu plus de deux ans se sont écoulés. « Il y a eu beaucoup de versions pendant cette période. En fonction de l’avis des testeurs, j’ai dû procéder à de nombreux rééquilibrages et à des modifications du gameplay. Cela a abouti à une version bêta que l’on a de nouveau beaucoup modifiée quand on a finalement décidé d’éditer le jeu. En pensant aux futurs joueurs, j’ai encore retravaillé l’ergonomie du jeu pour le rendre plus accessible. » Souhaitant maîtriser l

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Un musée vu de l'intérieur

ARTS | Si le public devra encore attendre quelques mois pour y être convié, le Musée Champollion rythme la vie de nombreuses personnes depuis déjà un bon moment ! Nous avons rencontré deux des parties prenantes d'un chantier plein de surprises, impatientes, elles aussi, de voir l'établissement ouvrir enfin.

Martin de Kerimel | Vendredi 26 février 2021

Un musée vu de l'intérieur

Caroline Dugand, conservatrice du Musée Champollion : « Nous allons passer à une phase concrète » L’équipe du Musée Champollion va désormais s’installer en ses murs. Comment cela va-t-il se passer ? Cela va représenter un grand changement pour nous ! Jusqu’à présent, nous préparions le projet scientifique et culturel, autour des demandes de prêt d’œuvres et de la restauration de certaines d’entre elles, ainsi que l’installation de la muséographie. Nous allons désormais passer à une phase concrète, en nous installant dans nos bureaux. Il faut faire revenir sur site le fonds Champollion, actuellement dans des réserves externalisées, sortir les œuvres des conditionnements où elles attendent depuis plusieurs années pour les préparer à l’accrochage dans le musée. Il faut également accueillir les dépôts des autres musées, en coordonnant l’arrivée des œuvres et en organisant un planning des taches pour leur installation. Un travail à mener dans une maison qui ne sera pas strictement identique à celle que les frères Champollion ont connue… En effet. Le bâtiment est ici classé au titre des monuments historiques. Il a f

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Des étudiants à l’écoute

Solidarité | Ils n’ont pas voulu rester les bras croisés face au mal-être de certains de leurs camarades : des étudiants de l’Université Grenoble-Alpes ont lancé Alpaline, une ligne téléphonique d’écoute. Avec l’ambition qu’elle demeure active au-delà même du terme de la crise sanitaire. Explications.

Martin de Kerimel | Vendredi 19 février 2021

Des étudiants à l’écoute

Flashback : à la fin du mois d’octobre dernier, plusieurs associations présentes sur le campus grenoblois se réunissent et discutent du mal-être étudiant. Leur constat : les conséquences de la pandémie de coronavirus viennent accroître ce phénomène, déjà vivace du fait de la précarité sociale, de l’isolement physique, de la situation familiale ou de la rupture numérique subie par certains de leurs camarades. « Après avoir réfléchi à divers supports possibles, nous avons l’idée d’une ligne d’écoute », indique Alexis Fayolle, président d’Interasso Grenoble Alpes et trésorier d’Alpaline, l’association qui gère ce nouvel outil d’entraide. Comment fonctionne-t-il ? Très simplement : les vendredis, samedis, dimanches et lundis, de 20h à 23h, tout étudiant(e) peut appeler le 04 65 84 44 24 pour être accueilli par un(e) autre, avec bienveillance : « Nous ne souhaitons stigmatiser, ni juger personne. Notre but est que celui ou celle qui appelle puisse parler sans tabou, avec quelqu’un qui peut comprendre ses galères et répondre à ses questions. Cet accompagnement est gratuit. Il

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La Belle continue en extérieur

MUSIQUES | Concerts / Après une première édition en juillet dernier qui avait rencontré un joli succès, la Guinguette de la Belle Électrique fait son retour du 10 au 20 septembre sur l’esplanade Andry Farcy sous une forme un peu plus ambitieuse. Revue de détail.

Damien Grimbert | Mardi 8 septembre 2020

La Belle continue en extérieur

Ç'avait été l’une des surprises bienvenues de juillet dernier : loin de céder au marasme ambiant post-confinement, l’équipe de la Belle Électrique avait retroussé ses manches et organisé, avec les moyens du bord, trois soirs par semaine et pendant trois semaines, une programmation gratuite en plein air réunissant concerts, DJ-sets, bar et food truck sur l’esplanade juste à côté du lieu. Une proposition qui avait su fédérer un large public dans une ambiance très conviviale, sans contrevenir pour autant aux réglementations sanitaires en vigueur. À défaut de pouvoir maintenir l’édition 2020 de leur festival Jour et Nuit, les organisateurs ont donc décidé de remettre le couvert deux semaines durant en septembre, tout en s’offrant le luxe de "booster" un peu l’ampleur de leur programmation par la même occasion. Si la première semaine ne démérite pas, avec notamment un plateau rock/garage le vendredi, une soirée pop/électro le samedi et une jolie proposition afro-caraïbes le dimanche, c’est surtout la deuxième semaine qui retient notre attention en termes d’affinités musicales. On attend en effet beaucoup du retour des talentueux Hollandais du Mauskovic Dance Band, dont le curieux sy

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Agnieszka Holland : « Sans médias indépendants courageux et objectifs, impossible d’assurer l’existence d’une démocratie »

Interview | Un œil sur le passé, l’autre sur le présent, Agnieszka Holland a tourné "L’Ombre de Staline" avec, comme toujours, une conscience aiguë des problématiques historiques, humanistes et politiques. Rencontre éclairante avec la cinéaste, l’avant-veille du confinement…

Vincent Raymond | Mercredi 24 juin 2020

Agnieszka Holland : « Sans médias indépendants courageux et objectifs, impossible d’assurer l’existence d’une démocratie »

Comment se fait-il que ce personnage, Gareth Jones, soit resté aussi longtemps dans l’ombre de l’Histoire et comment est-il arrivé sur votre table ? Agnieszka Holland : Ce n’était pas mon idée. Le film a été conçu par une jeune journaliste américaine, Andrea Chalupa, qui m’a contactée : elle avait un scénario assez bien achevé et fait tous les travaux de documentation, de repérage. On l’a retravaillé ensuite pendant un certain temps. C’était son premier scénario mais elle écrivait pour plusieurs médias. Elle est d’origine ukrainienne par ses deux parents et son grand-père a été l’un des témoins principaux de l’Holodomor. Il a vécu cette famine, il en est presque mort, et il a aussi vu beaucoup d’événements qu’il a décrits. On en a montré certains, comme le char avec les cadavres dans lequel on jette un enfant. Après la guerre, ce grand-père qui s’était retrouvé dans un camp de prisonniers allemand, avait décidé de ne pas retourner en Union soviétique. Et alors qu’il attendait son visa pour l’Amérique, il eu entre les mains le livre d’Orwell,

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"L'Ombre de Staline" : le premier qui dit la vérité

Cinéma | Comment la famine du Holodomor provoquée par le régime soviétique fut révélée par un journaliste au monde qui ne le crut pas… Agnieszka Holland réhabilite la mémoire de Gareth Jones, aventurier de la vérité, dans un biopic épique et à la Lean, point à la ligne.

Vincent Raymond | Mardi 9 juin 2020

Londres, 1933. Ex-conseiller de l’ancien Premier ministre Lloyd George, le journaliste Gareth Jones décide d’aller à Moscou pour interviewer Staline sur les prodiges accomplis par l’économie soviétique. Sur place, il contourne la propagande et découvre la réalité… « Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté », chantait jadis Guy Béart sur un air presque guilleret. Tragique est la destinée des lanceurs d’alerte ! Soit ils sont moqués ou ostracisés ; soit on leur réserve un sort plus funeste en tentant de les museler voire de les éliminer. Les choses n’ont guère changé depuis les temps archaïques. Ni depuis Gareth Jones (1905-1935). L’œil de Moscou Agnieszka Holland poursuit avec ce dernier film son voyage à travers l’histoire politique si mouvementée du XXe siècle. Peut-être a-t-elle d’ailleurs trouvé un alter ego en la personne de ce journaliste qui fut le premier à interviewer Hitler après son élection et à avoir l’instinct de percer le paravent soviétique. Quand les correspondants étrangers basés à Moscou se fa

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Muriel Robin : on ne demande qu’à en rire encore

Humour | Avec "Et pof ! ", la comédienne reprend ses sketchs cultes coécrits avec Pierre Palmade il y a 30 ans, et c’est une excellente idée, tant elle a marqué le monde de l’humour avec ces véritables petites pièces hilarantes et magistralement interprétées. Elle sera mardi 18 février sur la scène du Summum.

Aurélien Martinez | Mardi 11 février 2020

Muriel Robin : on ne demande qu’à en rire encore

Pierre Palmade, Zabou Breitman, Dany Boon, Jérôme Commandeur, Vincent Dedienne : fin septembre, lors des premières représentations de son spectacle best-of Et pof ! dans le très feutré Théâtre de la Porte Saint-Martin (Paris), Muriel Robin s’est offert des premières parties de luxe. Chacune de ces stars de l’humour français rejouait l’une des partitions cultes de la patronne, avant qu’elle-même n’interprète les autres. Classe. Mais, contre toute attente, c’est ni plus ni moins qu’Isabelle Huppert qui fut sa chauffeuse de salle le soir de la toute première. Un mariage étrange sur le papier : mais pourquoi donc l’une des plus grandes figures du cinéma d’auteur français pour jouer une partition comique – le fameux sketch La Solitude ? Et qui dit pourtant tout de ce qu’est devenue Muriel Robin au fil des ans : une référence qui dépasse largement le monde des fans de franche rigolade, et qui lui vaut même un retour de hype bienvenu (dans les médias notamment) qu’elle ne se prive pas de savourer. En 30 ans de carrière, Muriel Robin s’est transformée en l’une des respectables taulières de l’humour français à saynètes, si ce

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"Jeune Juliette" : gros câlins

Cinema | D'Anne Émond (Qué., 1h37) avec Alexane Jamieson, Léanne Désilets, Robin Aubert…

Vincent Raymond | Mardi 10 décembre 2019

Précoce et obèse, Juliette souffre d’une vie qu’elle juge médiocre, banale et quasi solitaire, malgré un père aimant et un grand frère vaguement protecteur. L’approche des vacances d’été exacerbant les sentiments, des déclarations d’amour vont éclore en tous sens. Parfois inattendues. Si vous êtes familier du journal Spirou, vous connaissez sans doute les BD Tamara (dont l’héroïne est en surpoids) et surtout Les Nombrils du duo québécois Dubuc & Delaf narrant le quotidien de lycéennes ; Jeune Juliette s’inscrit précisément à l’intersection de ces deux séries en jetant sur l’âge des possibles un regard certes bienveillant mais dénué de complaisance ou d’hypocrisie. Anne Émond filme davantage que son excellente comédienne Alexane Jamieson : elle capte l’absence d’une mère carriériste et le manque qui en découle, la naissance du désir ou l’angoisse de ne pas être désiré, mais aussi les instants de solitude et les blessures narcissiques propres à l’adolescence. Sans donner l’impression de faire catalogue ni un film à thèse, la cinéaste aborde nombre de situations d’exclusion liées

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Humour : nos huit temps forts de la saison

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Avec des têtes d'affiche, des stars sur le retour ou encore des humoristes à découvrir.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Humour : nos huit temps forts de la saison

Didier Super Si nous n’avons pas vu cette nouvelle livraison de Didier Super intitulée tout de même Didier Super est beaucoup plus marrant que tous ces comiques de merde, on en attend beaucoup comme au PB, nous adorons ce personnage fort en gueule, aussi bien comédien, chanteur que plein d’autres choses, qui propose des spectacles dans lesquels il prend plaisir à mettre le public mal à l’aise pour mieux le faire rire. « Ça y est ! Après avoir été pendant 15 ans l’égérie à l’arôme gauchisant d’un public allant de l’altermondialiste post-ado au retraité bobo sous perfusion intellectuelle de France Inter, Didier s’est enfin mis en marche » nous annonce le programme. OK ! À la Salle noire mercredi 9 et jeudi 10 octobre Julien Santini On qualifie de "pince-sans-rire" la façon qu’a Julien Santini de pratiquer l'humour et c'est idiot car, pour le coup, on rit beaucoup à l'écoute des bassesses et envies de grandeur de ce Corse installé à Lyon à l'apparence mi-professorale mi-patraque (

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Jour & Nuit 2019 : notre sélection d'artistes à ne pas manquer

Festival | Huitième édition pour le festival Jour & Nuit de l’association MixLab, qui se déploiera comme l’an passé pendant trois jours dans et autour de la Belle électrique (dont cette dernière est gestionnaire). L’occasion de faire le point, avec la subjectivité qui nous caractérise, sur les artistes à ne surtout pas manquer entre jeudi 5 et samedi 7 septembre. Par Stéphane Duchêne et Damien Grimbert

La rédaction | Mardi 3 septembre 2019

Jour & Nuit 2019 : notre sélection d'artistes à ne pas manquer

H-Burns Bim ! À peine sorti au printemps dernier le Midlife d'H-Burns que déjà l'on dégainait le qualificatif trompe-la-mort : Midlife serait « le meilleur album » du sieur Renaud Brustlein, après Kids we own the summer (2017) et Night moves (2015). Soit l'affirmation est un tantinet marseillaise (la sardine, le Vieux-Port, tout ça), soit notre Drômois préféré continue sans relâche(ment) l'ascension qui lui fait office de carrière, comme on jogge mollement le dimanche matin à l'heure des croissants. Il faut bien admettre que la vérité est sans doute proche de la deuxième hypothèse. Midlife, s'il évoque subliminalement une crise de la quarantaine, n'en est pas moins l'un de ces bijoux égarés entre pop et folk, mélancolie (Actress, Sister…) et bonheur braque (Crazy ones en tête) sur un terrain où les merveilles mélodiques poussent comme du chiendent. Du grand H. Vendredi 6 septembre sur la grande scène The Psychotic Monks Pou

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"Comme si de rien n'était" : stupeur et tremblements

ECRANS | De Eva Trobisch (All, 1h30) avec Aenne Schwarz, Andreas Döhler, Hans Löw…

Vincent Raymond | Mardi 2 avril 2019

Encore un peu secouée par la liquidation de sa petite société d’édition, Janne se rend à une soirée d’anciens. Si elle renoue avec un ex-prof, elle y rencontre aussi le patron de celui-ci qui abuse d’elle. Sous le choc, Janne est incapable de réaliser ce qu’elle a subi… On ne pouvait choisir meilleur titre pour ce portrait de femmes (car au-delà de Janne, sa mère et l’épouse de son agresseur sont aussi représentées) à la fois mélancolique et terriblement actuel. Perturbant dans le bon sens du terme, ce film allemand sortant dans le sillage du mouvement #MeToo met en lumière l’état de sidération psychique touchant de nombreuses victimes de viol pouvant les rendre mutiques, honteuses voire les contraindre à refouler leur traumatisme, histoire de "sauver les apparences". Piégée par son silence, par le contexte social et les pressions professionnelles comme sa volonté de donner le change pour complaire aux stéréotypes sociétaux, Janne perd doucement pied ainsi que ses proches. Renvoyant chacune et chacun à son seuil d’acceptation et de tolérance face aux agressions du quotidien, qu’elles soient intimes ou pas, ce film est porté par la très belle composition de l

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Musée électronique : « Un festival élégant mais pas pédant »

ACTUS | Le Périscope, producteur grenoblois à qui l'on doit notamment le festival Holocène, proposera mi-juin au Musée dauphinois la première édition de son événement baptisé Musée Électronique. On vous en dit un peu plus.

Aurélien Martinez | Mardi 26 mars 2019

Musée électronique : « Un festival élégant mais pas pédant »

Un lieu splendide à flanc de Bastille avec une vue imprenable sur Grenoble ; une programmation électro classieuse (Agoria, Breakbot, Busy P, Myd…) : pour le lancement de son événement Musée Électronique, le producteur grenoblois Le Périscope, qui organise notamment le festival Holocène (la prochaine édition sera cet automne), a voulu « faire quelque chose d’élégant mais pas pédant » comme nous l’a expliqué le programmateur Robin Direr. « Pour Holocène, on avait commencé à être en contact avec Olivier Cogne, le directeur du Musée dauphinois, dans l’idée de, pourquoi pas, proposer des concerts dans la chapelle du lieu. Mais on n’a pas réussi à organiser ça… On est tout de même restés en lien, comme Olivier Cogne a envie de redynamiser ce musée qui est magnifique, et d'attirer une certaine tranche d’âge qui ne vient

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"Escape Game" : le game qui tue le game

ECRANS | de Adam Robitel (EU-Af du S, 1h39) avec Taylor Russell McKenzie, Logan Miller, Deborah Ann Woll…

Vincent Raymond | Lundi 25 février 2019

Ils sont six à avoir reçu en cadeau une invitation à tester le plus formidable escape game de la ville. Six alléchés par la prime offerte au vainqueur. Six à déchanter lorsqu’ils découvrent que les pièces infernales s’enchaînent et qu’elles essayent toutes de les tuer. Pour de vrai… Il fallait bien que cela arrive : l’essor et l’engouement pour les escape games devait inspirer une adaptation cinématographique. Un juste retour des choses, puisque ces espaces ludiques hautement scénarisés tirent leurs ambiances pour partie d’univers littéraires et majoritairement d’atmosphères filmiques, à grand renfort de sound design. Mélange assez pervers d’éléments connus aperçus dans Dix petits nègres, Cube, Destination finale, Action ou vérité et Saw (la dimension fantastique en moins), Escape Game fait défiler une série de décors-énigmes témoignant de l’ingéniosité vicieuse des auteurs. On s’attend à être crispé sur son fauteuil et, de fait, on l’est – en particulier durant une séquence littéralement "renversante", où le public sujet au vertige risque de prendre cher. Composé comme une suite de sketches, ce bon diverti

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Les Belles journées : et là, Bourgoin-Jallieu nous sort Juliette Armanet et Eddy de Pretto

Festival | Zoom sur la programmation de la nouvelle édition du festival musical berjallien prévue vendredi 7 et samedi 8 septembre.

Aurélien Martinez | Mercredi 22 août 2018

Les Belles journées : et là, Bourgoin-Jallieu nous sort Juliette Armanet et Eddy de Pretto

Alors que les derniers festivals de l’été sont en place (comme, à Grenoble, le Festival de la cour du vieux temple), et que va très vite débarquer Uriage en voix (événement qui, en Isère, marque symboliquement la fin des vacances avec deux journées de concerts gratuits – et quelques beaux noms cette année, comme les Moutain Men et Stephan Eicher), on regarde déjà vers les temps forts de la rentrée. Et il y en aura des prometteurs dans le coin, comme Jour & Nuit à la Belle électrique (« 2 nuits et 3 jours [de musique] en quasi continu ») ou encore le très "arts de la rue" Merci Bonsoir prévu

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Isaac Delusion, Moodoïd et MNNQNS vont payer leur Ricard (ou presque)

Concert | Fêtant ses 30 ans, la tournée Ricard SA Live Music repasse par Grenoble avec, selon la formule consacrée, deux valeurs sûres du rock indé français (Isaac Delusion et Moodoïd) et sa révélation de l'année 2018 (MNNQNS). Rendez-vous mercredi 25 avril à la Belle électrique, en mode gratuit.

Stéphane Duchêne | Mardi 17 avril 2018

Isaac Delusion, Moodoïd et MNNQNS vont payer leur Ricard (ou presque)

Si la Société Ricard Live Music fête ses 30 ans, la formule de la tournée proposée aujourd'hui ne date, elle, que de 2010. Peu importe, on ne refuse jamais un anniversaire. Cette formule, les amateurs d'indie-music (et d'événements sponsorisés) la connaissent aussi bien que celle du restaurant où l'on mange chaque midi. C'est même inscrit sur la carte : « le meilleur de la scène indépendante française ». C'est pour cela qu'on vient et, dans certains cas, c'est pour cela qu'on reste et même qu'on revient : dix concerts gratuits ouverts par le lauréat du grand casting annuel et national. Le tout porté par la célèbre marque d'anisette. Cette année, c'est le groupe MNNQNS (photo), à ranger dans la catégorie des formations traumatisées par le "consonne-voyelle" de l'émission Des chiffres et des lettres (avec BRNS, MGMT, SBTRKT, MSTRKRFT, STRFKR et bien d'autres). Un quatuor rouennais mais un projet né au Pays de Galles à l'initiative de son chanteur autour de l'idée d'un revival new-yorkais qui n'en serait pas un (il faut suivre) mais qui irait de l'âge d'or du CBGB (un club de Manhattan) à Interpol en passant par les Strokes, forcément.

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"My Wonder Women" : Gloria aux lassos

ECRANS | de Angela Robinson (ÉU, 1h49) avec Luke Evans, Rebecca Hall, Bella Heathcote…

Vincent Raymond | Mardi 17 avril 2018

Université de Harvard, années trente. Chercheur en psychologie avec son épouse, le Pr Marston recrute pour l’assister une étudiante, qui devient l’amante du couple. Ce ménage à trois leur vaut d’être virés. Marston rebondit en instillant ses théories dans une BD féministe, Wonder Woman… La première authentique héroïne de comics méritait bien qu’on rétablisse les conditions particulières de sa genèse faisant d’elle un personnage ontologiquement transgressif, épousant les penchants SM et le goût pour le bondage de son créateur que la censure et le politiquement correct tentèrent d’atténuer à plusieurs reprises. Dominatrice, indépendante, désinhibée, dotée d’un audacieux caractère, Wonder Woman est un fantasme accompli en même temps qu’un modèle d’émancipation. Hélas, le révisionnisme esthétique dont la fiction s’est fait une spécialité ordinaire (notamment en glamourisant à outrance les protagonistes) résonne ici comme une contradiction absolue. Plutôt que de préférer l’évocation réaliste (on ne parle pas de ressemblance ni de mimétisme), la réalisatrice Angela Robinson a opté pour un trio de mannequins aux mensurations parfaites, qu’e

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Festival Les Belles Journées : oh les beaux jours berjalliens

Musique | Zoom enthousiaste sur la nouvelle édition du festival de Bourgoin-Jallieu organisée vendredi 8 et samedi 9 septembre. Un événement qui « souhaite défendre la fine fleur du rock indépendant français et de la chanson, dans une ambiance conviviale et festive ».

Stéphane Duchêne | Mardi 5 septembre 2017

Festival Les Belles Journées : oh les beaux jours berjalliens

C'est un peu comme une pré-rentrée. En attendant que les Abattoirs de Bourgoin-Jallieu ne rouvrent leurs portes pour une saison qui promet quelques beaux moments, le festival de rock français Les Belles Journées, sis lui aussi à Bourgoin, s'occupe des derniers beaux jours (même s'il est devenu plus qu'évident qu'il y a de moins en moins de saison) en marquant la reprise. Et de quelle manière ! Car les deux soirs du "petit" festival du Parc des Lilattes s'annoncent appétissants. Le premier aura une forte odeur de blues avec Butch McKoy, blues (donc) sépulcral à cheval sur la dépouille de Johnny Cash et les esprits de Nick Cave et de David Eugene Edwards (16 Horsepower, Wovenhand), et les Mountain Men de Mathieu Guillou. Quant aux caméléons de Nouvelle Vague (on rappelle le principe : des reprises bossa nova de tubes new wave mais aussi, depuis peu, quelques compositions), ils ne devraient toutefois pas avoir de mal à se faire une tête de tête d'affiche. Le lendemain, le prodige folk lyonnais Raoul Vignal et le bluesman velveto-alsacien Rodolphe Burger feraient

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Robin Campillo : « J'ai un point de vue de militant de base »

ECRANS | Auréolé du Grand prix du jury au dernier Festival de Cannes, le scénariste et réalisateur de "120 battements par minute", en salle le 23 août, revient sur la genèse de ce film qui fouille dans sa mémoire de militant.

Vincent Raymond | Vendredi 21 juillet 2017

Robin Campillo : « J'ai un point de vue de militant de base »

Comment, avec un tel sujet (« Début des années 1990 ; alors que le sida tue depuis près de dix ans, les militants d'Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l'indifférence générale »), évite-t-on de tomber dans le piège du didactisme ? Robin Campillo : Ça fait longtemps que se pose pour moi le problème des scénarios qui prennent trop le spectateur par la main comme un enfant et qui expliquent absolument tout ce que vivent les personnages. La meilleure façon que j’aie trouvée, c’est de reprendre ce truc à Act Up-Paris : il y avait un type qui, à l’accueil, expliquait très bien comment fonctionnait la prise de parole. Mais ensuite, quand on était dans le le groupe, on ne comprenait absolument plus rien à la manière dont fonctionnaient les gens : il y avait trop d’informations ! On s’apercevait que le sujet sida était éclaté en plein d’autre sujets, et on était perdus. J’ai donc voulu jeter le spectateur dans cette arène, comme dans une piscine pour qu’il apprenne à nager tout seul. Je voulais qu’il n’ait pas le temps de réagir à ce qui se produisait, aux discours ni aux actions, lui donner l’impression q

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"120 battements par minute" : charge virale

ECRANS | de Robin Campillo (Fr., 2h20) avec Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Adèle Haenel…

Vincent Raymond | Mardi 4 juillet 2017

Histoires de révoltes et de combats. Celles des militants d’Act Up Paris à l’orée des années 1990 pour sensibiliser à coups d’actions spectaculaires l’opinion publique sur les dangers du sida et l’immobilisme de l’État. Et puis la romance entre Nathan et Sean, brisée par la maladie… Grand Prix à Cannes, ce mixte d’une chronique politique et d’une histoire sentimentale est aussi une autobiographie divergée de son réalisateur Robin Campillo. Ancien membre d’Act Up, il a toute légitimité pour évoquer le sujet de l’intérieur, en assumant sa subjectivité, et tenant compte du temps écoulé. Le portrait collectif qu’il signe n’est ainsi ni un mausolée aux victimes, ni un panégyrique aux survivants, ni un documentaire de propagande : il s’inscrit dans un contexte historique, à l’instar d’un conflit armé. Campillo emprunte d’ailleurs sa construction aux films de guerre, chaque génération ayant les siennes – les AG étant les réunions d’état-major avant les actions et manifs ; le champ de bataille les lieux d’intervention. Sauf qu’il y a ici deux guerres à mener : l’une, visible, contre les institutions et les labos pharmaceutiques ; l’autre, intime, contre le vir

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"120 battements par minute" en avant-première lundi soir au Club

ECRANS | Pour sa dernière séance mensuelle de la saison au Club, le festival Vues d’en face s’offre une belle prise : l’avant-première du film 120 battements (...)

Aurélien Martinez | Mardi 13 juin 2017

Pour sa dernière séance mensuelle de la saison au Club, le festival Vues d’en face s’offre une belle prise : l’avant-première du film 120 battements par minute de Robin Campillo, ovationné au dernier Festival de Cannes et reparti avec le Grand prix du jury. Rendez-vous lundi 19 juin à 20h15 pour découvrir, avant sa sortie le 23 août, cette histoire centrée sur l’association Act Up-Paris qui, dans les années 1990, luttait avec force contre l’épidémie du sida et l’indifférence qu’elle suscitait.

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Lettre de Cannes #2

Festival de Cannes 2017 | Ou comment une projection vire à la farce, des militants bouleversent la Croisette et un cinéaste parle à un autre cinéaste.

Christophe Chabert | Lundi 22 mai 2017

Lettre de Cannes #2

Cher PB, Il faut que je te raconte ce qui s’est passé l’autre matin à la projection d’Okja, le film Netflix de Bong Joon-ho. Depuis l’annonce par Thierry Frémaux de l’entrée en compétition de deux films coproduits mais surtout distribués par l’opérateur de vidéo à la demande par abonnement à 10 boules par mois, plus en version HD, les exploitants français ne cessent de faire les scrogneugneus, et de réclamer peu ou prou qu’on chasse ces malotrus yankees qui viennent sur le territoire français bousiller notre sacro-sainte exception culturelle. On ne leur fera pas l’injure, à certains du moins, de leur rappeler qu’ils ont tous très bien sortis les précédents films de Bong Joon-ho ou de Noah Baumbach, l’autre social-traître à avoir signé chez Netflix. C’est vrai, merde, Mistress America, quoi, au moins 800 salles l’ont programmé ! Et Mother, j’en parle même pas… Et pendant des mois en plus ! Toujours est-il qu’ils avaient prévu leur coup : à peine le logo Netflix apparu sur l’écran, la bronca s’est levée dans le Grand Théâtre Lumière, et s’ils avaient pu passer les portiques de sécurité avec des piques et des

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Le documentaire loin des clichés avec L’Excentrique Cinéma

Mini festival | Du mardi 2 au jeudi 4 mai, au Club, à Mon Ciné et au 102 aura lieu un festival de cinéma particulier. Où l'on pourra découvrir des films sortant des carcans classiques du documentaire traditionnel.

Damien Grimbert | Mardi 25 avril 2017

Le documentaire loin des clichés avec L’Excentrique Cinéma

Défenseur d’un cinéma « où les auteurs affirment des points de vue pour penser et comprendre le monde environnant », le méconnu collectif grenoblois Cinex (Atelier du cinéma excentrique) propose au grand public un accès à son univers par le biais de son événement L’Excentrique Cinéma. Au programme, trois documentaires de création projetés dans trois lieux distincts (et accompagnés de rencontres avec leurs réalisateurs respectifs). Des films liés non pas par une thématique commune mais par des préoccupations socio-politiques convergentes ainsi que des modes de narration libres et non-formatés sortant des carcans classiques du documentaire traditionnel. Pas comme des loups (le mardi au Club, photo) de Vincent Pouplard accompagne ainsi deux jeunes frères d’une vingtaine d’années en rupture avec les normes sociétales, mais dont le mode de vie marginal s’accompagne d’une autodiscipline peu commune. 300 hommes d’Emmanuel Gras et Aline Dalbis (le mercredi à Mon Ciné) se

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L'été en pente douce avec H-Burns

MUSIQUES | On a des principes au PB : dès qu'H-Burns passe près de chez nous (ici à la Belle électrique jeudi 6 avril), on écrit sur lui. Et ce même si son dernier album nous a un peu moins convaincus...

Stéphane Duchêne | Mardi 4 avril 2017

L'été en pente douce avec H-Burns

On avait laissé le Français H-Burns au bord d'une route nocturne qui, fantasmant la ruée vers l'Ouest, semblait de son propre aveu – il le chantait – ne mener nulle part. C'était avec Night Moves (2015), album d'autant plus réussi, déroutant et déchirant qu'il faisait suite au sonique Off The Map (2013), fabriqué avec le mage-bricoleur Steve Albini. On le retrouve, ce Renaud Brustlein tant défendu dans ces pages, à peu près au même endroit et dans la même humeur. Il y a dans Kid We Own The Summer​ (titre magnifique) quelque chose de la même mélancolie à l'œuvre sur Night Moves, quelque chose de l'idée d'une fuite et d'une route sans fin qui voudrait échapper à quelque démon. Ici celui de l'amour (I wasn't trying to be your man, qui donne envie de prendre la route de nuit pour retrouver l'être aimé, We could be strangers). On retrouve aussi cet espèce de flamme springsteenienne (The kin

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"Les P'tits explorateurs" : oh, la belle surprise

ECRANS | de Mercedes Marro, Sylwia Szkiladz, Aline Quertain, Loïc Bruyère & Stéphane Piera (Fr., 0h49) animation

Vincent Raymond | Mardi 4 avril 2017

Grâce au robot bricoleur extraterrestre qu’il a découvert et baptisé Clé à molette, un enfant sourd s’intègre dans un groupe de gamins de son âge et partage avec eux de sidérantes aventures… Donnant son titre à ce programme de courts-métrages conçus chez Folimage, ce joli film d’animation n’est pas sans évoquer le merveilleux Géant de Fer de Brad Bird. Il s’interroge de manière simple et poétique sur la question de la communication et de l’intégration de la différence, qu’elle vienne d’ailleurs ou d’ici-bas : parfois, il suffit d’un rien pour briser la glace et forger de fantastiques amitiés. Complétant ce "long" film bref, trois autres réalisations rythmées célèbrent à leur façon la question de l’amitié. On retiendra surtout le sautillant La Cage, avec son trait rappelant le graphisme anguleux des cartoons Warner Bros ou Hanna-Barbera Productions pour la MGM de la fin des années 1950.

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Pauline Drand, la découverte des Belles journées

MUSIQUES | Pour la deuxième édition du festival de Bourgoin-Jallieu Les Belles Journées, on a rendez-vous avec pas mal de têtes connues. Et également quelques moins connues mais non moins passionnantes, comme la folkeuse Pauline Drand.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 septembre 2016

Pauline Drand, la découverte des Belles journées

Peut-être est-ce parce que la période sent bon la rentrée, les cahiers neufs et le retour des ennuis domestiques, mais il semble qu'une fois de plus les effectifs de la classe 2016 de ces Belles Journées sises à Bourgoin-Jallieu ont comme un goût de tête de classe, de best-of de la dernière année scolaire, de revue de bêtes à concours, de troupe d'élite pour classe prépa rock. Entre nos chouchous de longue date (Mensch, Harold Martinez) dont on ne sait plus très bien s'ils accompagnent notre évolution ou nous la leur, nos coups de foudre plus récents (Grand Blanc, Rover) qui ont même surpassé nos attentes (le premier album de Grand Blanc, le second de Rover) et les valeurs sûres indéboulonnables de la chanson française comme Arman Méliès, le culte Dominic Sonic ou La Grande Sophie encore (après Uriage en Voix), on compte quelques étoiles montantes comme Broken Back. Ou comme Pauline Drand. Car s'il faut se pencher sur un espoir à chérir, ce sera pour nous cette folkeuse d'une petite vingtaine, Parisienne, marchant d

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Du glamour et du Hell-O-Tiki au Maïly’s

MUSIQUES | Ce jeudi, le bar à concerts grenoblois se met en mode "Mondo Exotic !" avec une soirée entre surf rock garage, DJ et shows burlesques.

Damien Grimbert | Mardi 14 juin 2016

Du glamour et du Hell-O-Tiki au Maïly’s

Porteuse d’un univers visuel et sonore riche et chamarré, la pop culture américaine des années 1960 sera à l’honneur ce jeudi à l’occasion de la soirée Mondo Exotic !. Organisé à l’initiative de l’association BBB (pour Burlesque, Bigoudis et Bricolage), de retour après quelques années d’absence, cet événement pas comme les autres sera placé sous le double signe d’une thématique « hawaïenne » (surf music, exotica, sculptures tiki, torches et cocktails colorés) et d’une programmation pluridisciplinaire réunissant performances burlesque, concert live et DJ-set. Après une première partie glamour à souhait qui verra défiler les numéros de Velma Von Bon Bon (en photo), Aleksei Von Wosylius, X’tatix Doll et Wanda De Lullabies sous le regard bienveillant de la maîtresse de cérémonie Bettina Corleone, ce sera au tour de la formation belge Hell-O-Tiki de prendre d’assaut la scène. Auteur d’un surf rock garage irréprochable influencé conjointement par la musique de Dick Dale, le cinéma d’horreur kitsch des années 1960 et les comédies grivoises de Russ Meyer, le quatuor masqué formé en 2009 à Arlon cédera ensuite la place aux sélections acidulées du DJ lyonnais Frank’n’Fu

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"Boulevard" : point d'orgue pour Robin Williams

ECRANS | de Dito Montiel (E.-U., 1h24) avec Robin Williams, Kathy Baker, Roberto Aguire…

Vincent Raymond | Mardi 17 mai 2016

Robin Williams partage avec James Dean ce redoutable privilège d’accumuler les rôles posthumes : quasiment deux ans après sa disparition, le voici qui se rappelle à notre bon souvenir – se peut-il qu’on l’oublie ? – avec un film inédit. Mais à la différence, par exemple, du pathétique La Nuit au musée : le Secret des Pharaons (2015) de Shawn Levy, où le comédien, le regard déjà ailleurs, assurait une silhouette fantomatique, Boulevard constitue une conclusion de carrière magistrale. Un point final aux allures de point d’orgue. Williams y campe un employé de banque modèle, marié, discret, succombant une nuit à l’attirance pour les hommes qu’il avait réfrénée pendant des années. Cette libération personnelle, en forme d’aveu secret, s’incarne dans un tapin qui va devenir le nouvel axe de son existence, perturbant dans tous ses compartiments l’ordonnancement de sa vie si bien rangée. Du fait de la proximité de leur arrivée sur les écrans, on ne peut s’empêcher de noter de troublantes similitudes entre Boulevard et le récent

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"Baden Baden" : chronique d'un été

ECRANS | de Rachel Lang (Fr./Bel., 1h34) avec Salomé Richard, Claude Gensac, Swann Arlaud

Vincent Raymond | Mardi 3 mai 2016

Concentré d’époque, Baden Baden appartient à cette catégorie de films ayant l’art de fixer une ambiance. Il tire sa substance originale non pas d’un dialogue brillant ou d’une construction scénaristique habile, mais de l’atmosphère qu’il parvient à restituer. À partir d’un argument ténu (le retour sur un coup de tête d’une jeune femme lisse de prime abord chez sa grand-mère à Strasbourg), la chronique d’un été particulier va se dérouler, au gré de séquences en apparence décousues, mais suffisamment allusives pour que l’on puisse recomposer dans les grandes lignes le passé compliqué de la protagoniste (ses amours éteintes, ses distorsions familiales…) comme son présent (une existence vaguement à la dérive). Cette plongée dans la vie de l’inconnue qui nous est donnée pour héroïne se fait avec un minimum d’éléments ; une série de mises en situations jouant sur l’humour à froid et la longueur des plans. Il y a autant d’art chez l’auteure à échafauder ce puzzle, que de plaisir pour le spectateur à l’assembler. Quant au bout-à-bout de ces fragments, s’il ne délivre pas de réponse (puisqu’il n’y a pas de mystère à proprement parler), il nous donne l’impression de co

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Les Malheurs de Sophie

ECRANS | Cinéaste aux inspirations éclectiques (mais à la réussite fluctuante), Christophe Honoré jette son dévolu sur deux classiques de la Comtesse de Ségur pour une surprenante adaptation à destination des enfants autant que des adultes… Vincent Raymond

Vincent Raymond | Lundi 18 avril 2016

Les Malheurs de Sophie

La filmographie de Christophe Honoré ressemble à la boîte de chocolats de Forrest Gump (« on ne sait jamais sur quoi on va tomber »), à la différence notable que chacune de ses douceurs est dûment ornée d’une étiquette… omettant de signaler sa teneur en poivre ou piment. Résultat : appâtés par ses distributions appétissantes, becs sucrés et novices ressortent invariablement de ses films la gueule en feu ; quant aux autres, à force d’être échaudés, ils ont appris la méfiance et à espérer davantage de saveur dans la “seconde couche”, lorsque l’enrobage les déçoit. Sophistication, heurs et malheurs Bien que prolifique auteur de romans jeunesse, Honoré n’avait encore jamais franchi le pas au cinéma, où il flirte avec un public de préférence âgé de plus de 16 ans. S’emparant d’un pilier des bibliothèques respectables que sont Les Malheurs de Sophie, il procède à l’inverse de Jean-Claude Brialy, lequel avait réalisé en 1981 une transposition sagement premier degré, aux remugles de vieille confiture. Plutôt qu’égrener les sottises de la gamine dans une enfilade de saynètes (ce que l’ouvrage, dans sa forme théâtrale, incite à faire, et l’amorce du

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Robinson Crusoe

ECRANS | de Vincent Kesteloot & Ben Stassen (Bel., 1h30) animation

Vincent Raymond | Mardi 19 avril 2016

Robinson Crusoe

Le plus célèbre naufragé du monde refait surface, sous forme animée et en 3D. Mais était-ce bien nécessaire ? Pour “justifier” cette adaptation du roman de Daniel Defoe à destination d’un jeune public, on a gratifié le marin perdu d’animaux parlants, de chats maléfiques, de couleurs saturées et de péripéties moisies. Ajoutons un registre d’expressions faciales limitées et des textures peu travaillées pour faire bonne mesure. Heureusement qu’une séquence durant une poursuite sur un aqueduc offre quelques sensations fortes : pendant quelques secondes, on est proprement désorienté, n’ayant plus conscience du haut ni du bas ! S’échouant sur nos écrans à Pâques (les vacances, pas l’île), ce film encore plus malade que Les Pirates ! Bons à rien, Mauvais en tout (2012) constitue la meilleure incitation à lire la prose du regretté Michel Tournier, qui avait livré en 1967 sa variante sur le mythe de Robinson Crusoé. VR

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Les Belles journées de Bourgoin-Jallieu, « l'événement phare du Nord-Isère »

ACTUS | Mais pourquoi la Ville de Bourgoin-Jallieu a-t-elle lancé, avec Les Belles journées, un nouveau festival ? Réponses.

Aurélien Martinez | Mardi 8 septembre 2015

Les Belles journées de Bourgoin-Jallieu, « l'événement phare du Nord-Isère »

Les temps actuels sont plutôt à la suppression de certains crédits initialement dédiés à la culture qu’à la création de nouveaux temps forts – et donc de nouvelles lignes budgétaires. L’arrivée des Belles journées à Bourgoin-Jallieu avec, dès sa première édition, une programmation étincelante (mais pas forcément très grand public), questionne. Surtout que ce festival était une promesse de campagne du nouveau maire de droite de cette ville du Nord-Isère : à n’y rien comprendre. Pour en savoir plus, on a donc passé un coup de fil à Marie-Laure Desforges, adjointe à la culture auprès de Vincent Chriqui, qui est d’accord avec notre adjectif : c’est « audacieux » de lancer un énième événement aujourd’hui. Elle explique qu’il s’agit d’un rendez-vous pour les Berjalliens qui arrive en fin de saison des festivals (sans forcément vouloir rivaliser avec les mastodontes voisins) ; mais on comprend rapidement que les visées sont plus larges, notamment lorsque l’on lit l’édito du maire dans le dossier

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Autour de Lucie : le Rayon vert

MUSIQUES | De retour onze ans après sa dernière sortie avec un album reconnaissable entre mille, Autour de Lucie, formation culte de la pop française 90's, fera sans doute figure de dinosaure au sein de la programmation plutôt juvénile du nouveau festival de Bourgoin-Jallieu baptisé Les Belles journées. Mais qu'on ne se méprenne pas : le groupe de Valérie Leulliot ne fait toujours pas son âge – qui est aussi celui de son public –, comme figé depuis la première note dans une sorte de jeunesse désuète sculptée pour l'éternité dans une lumière particulière. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 8 septembre 2015

Autour de Lucie : le Rayon vert

« Cours, cours petite sœur et dans l'horizon ne cherche pas hier / Goûte, goûte les saisons / Comme si c'était les premières. » Voilà deux phrases, deux vers de Détache, qui résument parfaitement dans une forme de contradiction, comme toujours avec eux, le retour, 11 ans après, d'Autour de Lucie. La contradiction, spatio-temporelle, étant le cœur même de l'œuvre de ce groupe apparu en 1993. Pour les fans d'une certaine idée de la pop telle qu'on l'envisageait au milieu des années 1990, en plein âge d'or qui voyaient les labels Lithium et le Village Vert faire la pluie et le beau temps esthétique – et le plus souvent le beau temps avec beaucoup de pluie –, ce retour sous forme d'album après une reformation en 2012 est plus qu'une bonne nouvelle. C'est un peu comme avoir le droit de croquer dans une nouvelle fournée de madeleine de pop. Avec l'espoir d'y retrouver un goût qui serait resté en bouche tout en aspirant y découvrir quelque nouvelle saveur rendue du moins inévitable par la prise du temps sur le groupe comme sur ses auditeurs. Avec l'idée que tout le monde a vieilli, mais qu'on pourrait tout aussi bien l'oublier le t

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Uriage : ici les voix

MUSIQUES | Zoom sur la nouvelle édition du festival Uriage en Voix, qui s'offre notamment l'excellent H-Burns.

Stéphane Duchêne | Mardi 1 septembre 2015

Uriage : ici les voix

Bien campée sur la queue de la comète que constituent les festivals d'été dans la région, Saint-Martin-d'Uriage donne chaque année, et pour la 14e fois, de la voix avec un éclectisme non feint et à vrai dire parfois déroutant. On retrouve ainsi tous azimuts Grand Corps Malade et les Fatals Picards, aussi moqués qu'acclamés, du cabaret électro-swing avec Lamuzgueule (un nom en guise de programme) et la rockeuse Julie Bally, une fille du cru se bâtissant une solide réputation en écumant les scènes locales avec sa guitare et dont le style n'est pas sans nous rappeler – on n'est pas à une lettre près – les belles inflexions du groupe Belly de Tanya Donelly il y a une vingtaine d'année. Mais, alors que l'année dernière, c'est Jean-Louis Murat qui tint qualitativement le haut de l'affiche, c'est cette fois H-Burns (un autre local) qui risque de faire le plus de bruit. Un H-Burns dont on ne cesse ici de vous vanter les exploits, parce qu'il a du talent à revendre mais aussi, et surtout, parce qu'au fil d'une discographie impeccable, il a fait passer le rock par tous les états possibles du post-rock période Don't look back (son ancien groupe) à l'Americana pop de son dernier

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Cabaret frappé – jour 4 : écouter ou taper des mains

MUSIQUES | Pour la quatrième journée de festival, une soirée pop (au sens large) délimitée par deux groupes (Baden Baden et Shake Shake Go) aux conceptions musicales très différentes. Avec, au milieu, le folk de Neeskens.

Aurélien Martinez | Vendredi 24 juillet 2015

Cabaret frappé – jour 4 : écouter ou taper des mains

« C'est mignon » (un spectateur). Oui, c'est ça. De la musique naïve en quelque sorte, qui parle beaucoup d'amour, de nostalgie, de ressentis… Jeudi soir, le kiosque du Jardin de Ville a une nouvelle fois changé de couleur avec la pop élégante des cinq Français de Baden Baden. Une pop simple, humble même, sans effets de manche, pourtant solidement construite, notamment au niveau mélodique. C'était, comme le laissaient supposer leurs deux albums (qu'on vous invite à écouter si ce n'est pas déjà fait), très beau, même si l'heure de concert était un poil monocorde – beaucoup de morceaux se ressemblent. Côté public, avec une foule encore une fois importante devant le kiosque (revenu sous le soleil), ça a fonctionné avec, forcément, une ambiance plus calme qu'hier soir. Et tu tapes, tapes, tapes… À 22h30 sous le chapiteau, juste après Nees

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Cabaret frappé : notre sélection

MUSIQUES | Les choses ont pas mal bougé à Grenoble ces derniers mois depuis l'élection d'un maire vert. Mais pas Cabaret frappé, festival d'été de la ville, si éco-citoyen que sa programmation semble être le fruit d'un tri de talents hautement sélectif. Exemples. La rédaction

Stéphane Duchêne | Mercredi 24 juin 2015

Cabaret frappé : notre sélection

Sallie Ford Avec Slap Back (littéralement "gifler en retour" ou "rendre une gifle"), la rockeuse vintage à lunettes Sallie Ford a laissé de côté le revival rock fifties et ses oripeaux de Buddy Holly 2.0 à chromosomes XX pour un garage rock à fort effet décapant sur lequel elle a entièrement pris les rênes après la séparation d'avec The Sound Outside – remplacé par un groupe 100% féminin. Et c'est un peu des Breeders – et même des Pixies parfois – en mode psychédélique que l'on entend au détour de ces pop songs cinglantes. SD Mardi 21 juillet, sous le chapiteau Vieux Farka Touré Digne fils de son père, la légende Ali Farka Touré, Vieux Farka Touré est davantage célébré aux États-Unis où l'on sait mieux que tout vient de là et donc du blues que dans nos contrées. Son album The Secret y avait fait un carton quand, sur Mon Pays, il célèbre tout à la fois son Mali natal – se désolant de ce qui s'y passe – en une approche transversale du blues que

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La carte blanche et le territoire d'H-Burns

MUSIQUES | Après avoir atteint une sorte de Graal rock en allant enregistrer un "Off the Map" aride et plein de rugosités rock dans l'antre chicagoane du mythique Steve Albini, H-Burns a, avec "Night Moves", ouvert en grand ses écoutilles mélodiques en direction d'une Californie dont le territoire semble s'étendre à l'infini. Pour fêter ça, la Belle électrique lui donne carrément carte blanche. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 21 avril 2015

La carte blanche et le territoire d'H-Burns

H-Burns aurait-il la bougeotte ? À l'écoute de son œuvre discographique, on aurait plutôt tendance à le penser lancé dans la quête d'une place dans le monde que sans doute, et c'est tant mieux, il ne trouvera jamais – ce qui revient un peu, certes, à avoir la bougeotte. On avait ainsi laissé le Drômois du côté de Chicago, aux mains du rigoriste à salopette Steve Albini pour le très sec (forcément) Off the Map, arrachant aux passages les frusques folk auxquelles il nous avait plutôt et plus tôt habitués. Mais une fois tombé de la carte, H-Burns en a ouvert une autre, délaissant les rigueurs venteuses de Chicago pour la brise californienne et, au fond, la brisure. Et c'est assez logiquement que Renaud Brustlein s'est tourné, pour orienter son contre-pied, vers un producteur à même d'enrober de la plus belle des manières des compositions qu'on n'avait guère imaginé habitées d'une verve si mélodique : Rob Schnapf, co-producteur du Mellow Gold de Beck et des meilleurs Elliott Smith, mais choisi au départ pour ses travaux avec AA Bondy. Bande-son D'emblée, Night Moves nous déroute, dans tous les sens

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Ez3kiel, prophètes en leur pays

MUSIQUES | Ez3kiel fête ses vingt ans de carrière avec un album, "Lux", qui allume des feux plus qu'il n'éteint des bougies. À l'occasion de la présentation de son pendant scénique cette semaine à l'Hexagone, retour sur le parcours, superbement anachronique, du plus électrique des groupes de dub – ou du plus vaporeux des groupes de rock. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 21 avril 2015

Ez3kiel, prophètes en leur pays

« La marche des vertueux est semée d'obstacles » dit le dixième verset du vingt-cinquième chapitre du livre d’Ézéchiel – celui que récite d'un ton vengeur Samuel L. Jackson dans Pulp Fiction, référence primordiale du groupe. Celle d'Ez3kiel débute logiquement de manière mouvementée, à Tours en 1993. D'abord "power trio", Ezekiel (alors avec un "e") s'agrandit rapidement d'un deuxième guitariste et d'une chanteuse... qui mettra les voiles en 1999, emportant avec elle l'un des fondateurs de ce qui n'est alors qu'un succédané adolescent de Rage Against the Machine et Fishbone. Ce retour circonstanciel à la case trio, Yann Nguema (basse), Matthieu Fays (batterie) et Johann Guillon (guitare) le convertissent en nouveau départ, taciturne celui-ci, ainsi que l'explique ce dernier. « Cet épisode a coïncidé avec l'achat de notre premier sampler et de notre première groovebox. La transition vers des morceaux instrumentaux s'est donc faite de manière instinctive. D'autant que derrière les musiques qu'on commençait à écouter à l'époque, il n'y avait pas de "gens". » Ces musiques, la jungle, le trip-hop, le po

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Il était une fois l’Amérique

MUSIQUES | Pour le premier concert payant de la Belle électrique, on a droit à une figure musicale souvent vue à Grenoble : la chanteuse franco-américaine Rosemary (...)

Aurélien Martinez | Mardi 13 janvier 2015

Il était une fois l’Amérique

Pour le premier concert payant de la Belle électrique, on a droit à une figure musicale souvent vue à Grenoble : la chanteuse franco-américaine Rosemary Standley. Une artiste à la voix impressionnante capable de passer d’un répertoire à l’autre avec une aisance sidérante. On l’a par exemple croisée cet automne à la MC2 dans le spectacle Birds on a wire (projet violoncelle-voix qui convoque Monteverdi, John Lennon, Leonard Cohen, Purcell…) ou encore cet été au Cabaret frappé en duo avec la chanteuse réunionnaise Christine Salem : deux très grands moments. Mais Rosemary Standley est avant tout la meneuse de Moriarty, groupe au folk tendrement barré et bricolé qui a donc la lourde charge d’inaugurer cette Belle électrique en mode concert. Un choix peu risqué tant la bande, en live, est une véritable machine de séduction.

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La nuit et le jour nous appartiennent

MUSIQUES | L’exigeant et excitant festival Jour & Nuit en est à sa quatrième édition. Et à sa dernière totalement hors les murs, l’asso aux commandes (MixLab) étant celle qui va s’occuper de la Belle électrique une fois que la salle sera ouverte – en décembre. Mais parlons du présent, et de la programmation découpée en plusieurs morceaux, avec un volet concert et un autre clubbing, notamment au Boulodrome de Grenoble. Classe. Stéphane Duchêne et Damien Grimbert

Aurélien Martinez | Mardi 23 septembre 2014

La nuit et le jour nous appartiennent

Côté concerts En ouverture du festival, on opère d'emblée un saut quantique vers la Bobine entre l'Angleterre et l'Amérique du Sud, avec l'Anglais de Colombie Will Holland alias euh... Quantic donc, DJ producteur et multi-instrumentiste mélangeant électro et musiques d'Afrique, des Caraïbes et de chez lui aussi pour une sorte de trip en totale flottaison – à l'image de son album Magnetica farci de collaborations venues de partout. Le lendemain au Ciel, on ne pouvait rêver mieux qu'Isaac Delusion pour continuer dans cet esprit, avec ce qu'on pourrait appeler un groupe de décollage – ou qui, au moins, nous empêchera de réaterrir. Le duo parisien nous fait renouer avec un style qui avait pu paraître désuet, ici de nouveau au goût du jour : la dream pop, cette manière de faire flotter les mélodies sur des nappes de claviers, d'y poser à peine le voile d'une voix – qui plus est si singulière – et de réussir à faire tenir tout cela à mille coudées au-dessus du sol. Sorti en juin, le premier album

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Eastern boys

ECRANS | Évitant les clichés et s’aventurant vers le thriller, Robin Campillo raconte dans un film fort et troublant les rapports d’amour et de domination entre un quadra bourgeois et un immigré ukrainien sous la coupe d’une bande violente. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 1 avril 2014

Eastern boys

La première demi-heure d’Eastern boys fait un peu peur. Après avoir dragué dans une gare Marek, un jeune et bel Ukrainien, en lui proposant contre rémunération de le rejoindre dans son grand appartement de la région parisienne, Daniel, gay quadra étouffé dans sa morgue bourgeoise, voit en fait débarquer toute sa bande qui va piller consciencieusement meubles, écran plat, Playstation et œuvres d’art. La scène, étirée jusqu’au malaise, pourrait passer pour un spot de pub en faveur du FN sur le mode du "méfiez-vous de ces hordes d’immigrés prêts à voler vos biens et violer votre propriété privée". Mais Robin Campillo, qui avait déjà réussi avec son premier long Les Revenants (matrice de la fameuse série) et ses scénarios pour Laurent Cantet à explorer des zones troubles de la société française contemporaine, a un dessein beaucoup plus dérangeant. Le marché de dupe initial – du sexe contre de l’argent – va se concrétiser quand Marek revient, seul cette fois, chez lui : une relation de dépendance mutuelle se noue entre eux, Daniel fixant règles et tarifs, Marek conservant un pied dans sa "famille" à qui il cache ses activités de prostitué. Cette relation ref

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Qui est sur la Cuvée grenobloise ?

MUSIQUES | Zoom sur les 17 que l’on peut écouter depuis le mercredi 26 février grâce à l'asso Dynamusic / Retour de scène. Certains seront même sur la scène de l'Ampérage le samedi 1er mars.

Aurélien Martinez | Mercredi 26 février 2014

Qui est sur la Cuvée grenobloise ?

Peau – Instant T Un morceau pop et synthétique nappé d’électronique d’une subtilité remarquable, à l’image de l'univers musical de Peau. À découvrir en une du Petit Bulletin du 12 mars – Peau, par le morceau !   Léonid – Le Rebord de la vie Duo piano et chant, la partie vocale étant assurée par l’ancien guitariste de Sinsemilia.   Animali – The Alchemists De la pop grenobloise aux accents irréels et envoûtants. Un EP est annoncé pour cette année. Ils seront à l'Ampérage pour le concert de lancement de la Cuvée.

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Cuvée grenobloise, cru 2014

ACTUS | L’incontournable compilation dédiée à la scène musicale locale vient de sortir. À quoi sert-elle ? On en discute avec l’asso organisatrice et des artistes. Léa Ducré et Guillaume Renouard

Aurélien Martinez | Mercredi 26 février 2014

Cuvée grenobloise, cru 2014

La cuvée grenobloise (volume 13) ? « L’idée c’est de dire : regardez ce qui se passe à Grenoble ! » explique Benoît Perrier, directeur de Dynamusic / Retour de scène. Un instantané représentatif d’une région mais aussi d’une époque. « Les années 2000 étaient très reggae, puis on a assisté à la montée du pop-rock, alors qu’aujourd’hui on observe que tous les courants ou presque se parent d’une teinte électro. » Chaque année, l’asso grenobloise reçoit entre 70 et 120 candidatures et ne peut retenir que 16 ou 18 groupes. Pour faire partie des happy few, il faut séduire l’oreille d’un jury aussi éclectique que le sera la sélection finale. Directeurs de festival, programmateurs et techniciens font le tri aux côtés de journalistes locaux et d’un ou deux non-professionnels. Pour éviter les partis pris, les écoutes sont faites  « à l’aveugle », c’est-à-dire sans que le nom du groupe ne soit indiqué. L’équipe passe ensuite des j

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Burning Man

MUSIQUES | Si l’on n’a pas parlé mille fois d’H-Burns en ces pages, alors on en n’a pas parlé une fois. Moins parce que Renaud Brustlein est quasiment devenu un ami (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 24 janvier 2014

Burning Man

Si l’on n’a pas parlé mille fois d’H-Burns en ces pages, alors on en n’a pas parlé une fois. Moins parce que Renaud Brustlein est quasiment devenu un ami de la famille Petit Bulletin – à force – que parce que le Valentinois est devenu source de grande fierté locale. Fierté qui ne peut que croître d’album en album, qui avait déjà atteint ce qu’on pensait être des sommets à l’occasion de son album avec Chris Bailey, et qui est encore monté d’un cran avec Off the Maps. Un album avec lequel H-Burns a moins cherché à nous perdre et à se perdre, à sortir de la carte, qu’à retrouver des racines musicales. Le groupe s’est ainsi fait larguer au-dessus de Chicago, sur le studio-labo du contremaître Steve Albini, ce moine-soldat de la production qui, on ne va pas vous resservir la fable, a façonné tout un pan du son rock des années 90 (PJ Harvey, Pixies, Nirvana…). Expérience réussie, on l’a déjà dit, mais qui vaut sans doute moins pour cette production impeccable que par la qualité du songwriting rocailleux et belliqueux, à l’os tout en touchant à une forme de sophistication, pour lequel H-Burns semble n’avoir que très peu de concurrents de ce côté-ci de l’Atlantique. Ce n’est sans

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Le Congrès

ECRANS | Ari Folman va là où on ne l’attendait pas après "Valse avec Bachir" : une fable de science-fiction qui interroge le futur du cinéma et mélange prises de vue réelles et animation vintage. Ambitieux, inégal mais souvent impressionnant, "Le Congrès" est aussi un formidable hommage à son actrice, Robin Wright. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 3 juillet 2013

Le Congrès

La mort du cinéma, annoncée depuis maintenant trois décennies, produit ce curieux paradoxe : chaque fois qu’un metteur en scène s’empare du sujet, il en tire une œuvre qui, à l’inverse, semble célébrer ses capacités de résistance. On se souvient du Holy motors de Carax, mais c’est aussi le cas du Congrès d’Ari Folman. Pas d’ambiguïté sur le discours du film : ce monde où les studios proposent aux acteurs de signer le «dernier contrat de leur carrière», avant de les scanner intégralement puis d’utiliser leur image dans des productions sur lesquelles ils n’ont plus aucun droit de regard, ressemble à une extrapolation cauchemardesque du passage au numérique actuel. C’est ce que décrit le premier acte du film, très impressionnant : Robin Wright, dans son propre rôle, est pressée par son agent (Harvey Keitel) et par le chef particulièrement odieux et inculte du studio Miramount (Danny Huston) de mettre un terme au lent calvaire qu’est devenu son parcours de comédienne en acceptant ce deal à la fois monstrueux et salvateur. Le choix de Robin W

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Fête de la musique 2013 : soir de fête

MUSIQUES | Une flopée d’artistes locaux, une poignée d’autres venus de plus loin, des styles musicaux en veux-tu en voilà : l’incontournable Fête de la musique aura lieu ce vendredi 21 juin. On a pioché parmi les réjouissances proposées pour vous livrer notre sélection. Laissez-vous tenter. La rédaction

Aurélien Martinez | Mardi 18 juin 2013

Fête de la musique 2013 : soir de fête

Pour la Fête de la musique 2017, c'est ici que ça se passe ! Sur les plateaux de la ville Let’s rock La Caserne de Bonne, pendant la Fête de la musique, sera rock. Avec une poignée de groupes à découvrir, dont les Grenoblois de Magnetoscop et leur post-rock hypnotique – cinématographique même. Une fleur dans le goudron, leur premier album paru il y a un an, est ainsi une véritable claque auditive, comme on vous l’expliquait ici en décembre. Les cinq musiciens seront l’avant-dernier groupe de la soirée. Avant eux, la fête sera gentiment plus pop rock, et le final carrément métal avec Madmen Sometimes Speak The Truth. Le mal (ou mâle) rode. Scène rock, Esplanade de la Caserne de Bonne. Avec Selfish doll à 20h30, IRM à 21h25, Byron à

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Made in french

MUSIQUES | Dans le sillage de La Femme, de passage à Grenoble cette semaine, une poignée de groupes hexagonaux se réapproprient la langue française en miroir d'une certaine idée de la France, fantasmée comme un paradis perdu qu'il faudrait rapatrier.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 mai 2013

Made in french

« Le rock français, disait John Lennon, c'est comme le vin anglais. » Y ajouter du français, ce serait donc comme le couper à l'eau, on le sait depuis toujours, voire à l'huile de moteur. À son inimitable manière, Jean-Louis Murat résumait ainsi le problème dans un des Inrocks du mois dernier : « Dès que tu as basse-batterie, ta chanson est dépassée. Tu voulais faire une berline et tu te retrouves avec un semi-remorque. » C'est pourtant avec une certaine légèreté de ton et la langue nullement chargée d'un trop lourd héritage – littéraire côté français, rock côté anglo-saxon – qu'une nouvelle génération de popeux a réinvesti la très casse-gueule combinaison mélodies anglophones/idiome francophone. La chose n'est pas nouvelle, a connu des tendances, des écoles (les labels Village Vert et Lithium), mais à vrai dire on n'avait pas vu pareil (épi-?) phénomène depuis l'agonie prématurée de baby rockers (Naast, Brats, Second Sex, Plastiscines...) trop vites portés aux nues d'une France qui rock et qui roll et précipités tout aussi rapi

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Buffet froid

SCENES | Ruy Blas de Victor Hugo : un texte, comme tous les grands, d’une actualité jamais démentie, quelles que soient les époques. Le pouvoir est au cœur de cette (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 14 novembre 2012

Buffet froid

Ruy Blas de Victor Hugo : un texte, comme tous les grands, d’une actualité jamais démentie, quelles que soient les époques. Le pouvoir est au cœur de cette tragédie dans laquelle Don Salluste, le roi d’Espagne, tombe pour affaire de mœurs (toute ressemblance avec un fait existant ne serait que pure coïncidence) et monte un stratagème pour se venger de sa femme qui l’a condamné à l’exil. Il la propulse dans les bras de son valet Ruy Blas déguisé en son cousin, le vaurien Don César de Bazan ; un mensonge qui conduira au carnage. À nouveau, Christian Schiaretti, patron du TNP de Villeurbanne, traite du Siècle d’or espagnol (tout se passe dans l’imposant Escurial madrilène) auquel il avait consacré une enthousiasmante trilogie il y a deux ans (trilogie inédite à Grenoble). À nouveau, il signe une fresque avec une vingtaine de comédiens en scène qu’il chorégraphie habilement. Mais malgré un décor sobre et splendide à la fois (surtout dans la première partie, des costumes impeccables, des comédiens obéissants – Robin Renucci en Don Salluste et l’incroyable Juliette Rizou, bouleversante dans

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Pop up

MUSIQUES | On pourrait tenir sur Baden Baden (photo) le même discours que sur Kid North. Mais ce serait faire preuve de mauvaise foi. Il y a dans la musique de ces (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 14 septembre 2012

Pop up

On pourrait tenir sur Baden Baden (photo) le même discours que sur Kid North. Mais ce serait faire preuve de mauvaise foi. Il y a dans la musique de ces Parisiens, qui assument d'ailleurs à l'occasion l'exercice casse-gueule du chant en français, une finesse d'écriture qui ne cherche pas l'amour au premier regard. Plutôt à s'installer dans la durée et à varier les plaisirs : pop, ballades folk, tentations post-rock, Baden Baden, c'est un peu la pop de l'Atlantique à l'Oural. Et puis on ne va pas faire la fine bouche devant une scène française qui fait preuve d'autant de dynamisme. À l'image de The Bewitched Hands, co-leaders avec The Shoes et Yuksek d'une scène rémoise pour le moins surprenante. Là encore, pas question de pop prémâchée – ce qui ne l'empêche pas à l'occasion de s'avaler tout rond – mais une véritable recherche de la sophistication dont il n'a jamais été prouvé de toute façon qu'elle était l'ennemi de la séduction, du moment que l'on sait en user avec intelligence. SD

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Cartes en mains

MUSIQUES | Le groupe H-Burns revient avec un quatrième album encore plus grand et plus majestueux que les précédents : "Off the map" (sortie janvier 2013). Un hors-carte qu’il chante hors-temps : le concert de la rentrée en somme, dont on a discuté avec le songwriter et chanteur du groupe, Renaud Brustlein. Propos recueillis par Laetitia Giry

Laetitia Giry | Lundi 10 septembre 2012

Cartes en mains

Il me semble qu’il y a quelque chose de plus aérien et de plus tragique dans ce dernier album… Le ressentez-vous comme ça ?Renaud Brustlein: Difficile à dire… Il y a quelque chose de plus urbain sans doute. Par le choix tout d’abord d’aller enregistrer dans une mégapole d’Amérique du nord [Chicago – NdlR]. Aérien ? Oui, de façon métaphorique, car le processus d’écriture a été moins autobiographique que pour le précédent. Pour ce disque, mon approche a été plutôt "cartographique" si je puis dire. J’ai cherché à écrire sur les cheminements, les choix de route – bons ou mauvais –, et de situer les personnages comme des points clignotants sur des cartes satellite, aux destins croisés par accident, aux trajectoires ratées. Tragique ? Oui, pourquoi pas. L’album parle de perte totale de repères, du fait de ne trouver aucune place, sur aucune carte… J’imagine que c’est un peu tragique comme idée… On note une ouverture vers une instrumentalisation de plus grande ampleur (avec les cuivres par exemple). Vers quoi vouliez-vous faire tendre votre musique en faisant ce choix ?Les cuivres, c’est quelque chose que j

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