Belles, belles, belles journées à Bourgoin-Jallieu

Festival | Pour sa quatrième édition, le festival berjallien Les Belles journées a misé sur de jeunes étoiles montantes sous l'égide de son nouveau programmateur, le madré Victor Bosch. De quoi prolonger l'été un peu plus longtemps en attendant la rentrée musicale.

Stéphane Duchêne | Mardi 4 septembre 2018

Photo : Lucie Sassiat


On vous le dit tout de go, canicule réchauffement-climatico-induit oblige, les "belles journées" comme on dit dans les bulletins météo, on en a ras la marque du maillot. Si c'était possible, on ne serait pas contre de la pluie, de la drache (mais sans inondation) et des températures qui refroidissent le fond de l'os à moelle. Bref, on veut des journées moches à pleurer, et surtout un peu de répit. Ce n'est visiblement pas encore pour tout de suite. D'abord parce que l'été ne semble guère vouloir laisser la place, pas même à son cousin indien, nettement plus agréable à vivre.

Ensuite parce qu'à Bourgoin-Jallieu, début septembre correspond justement à l'avènement local des Belles journées, sorte de micro-climat musical qui, chaque année, fait le lien entre la moiteur profuse et écrasante des festivals d'été et le début du marathon de la rentrée culturelle. Or des belles journées, il en faut pour ces Belles journées berjalliennes puisque la chose, on le rappelle, a lieu en plein air, au parc des Lilattes.

Maxi best-of

Et de l'air, le festival en donne chaque année à sa programmation avec un véritable souci de renouvellement esthétique maniant habilement têtes d'affiche et découvertes – surtout cette année où les Belles journées ont vu débarquer à la programmation l'omnipotent Victor Bosch (directeur, dans la banlieue lyonnaise, du Radiant-Bellevue de Caluire et du Toboggan de Décines) qui a fait jouer son expérience et son carnet d'adresses épais comme le Code civil.

La première soirée de cette édition 2018 se révèle ainsi portée sur le populaire entre Slimane et Marina Kaye, deux produits des télé-crochets (The Voice et La France a un incroyable talent, respectivement) qui ont su faire bifurquer vers l'ascension le chemin de l'oubli généralement promis aux lauréats de ces programmes. Les deux seront accompagnés d'une des sensations chanson de ces derniers mois, la délicieuse Pomme (photo) dont le talent protéiforme n'a sûrement pas fini d'étonner.

Le lendemain, aux côtés du Marseillais Fred Nevché, en terme de sensation, c'est carrément un maxi best-of de ces derniers mois qui est proposé en les personnes des deux plus beaux gros générateurs de dithyrambes du paysage musical hexagonal : à savoir, vous l'aurez deviné, le rappeur-qui-n'en-est-pas-un-mais-un-peu-quand-même, le Kid Eddy de Pretto ; et la Véronique Sanson 2.0 Juliette Armanet.

Une formule gagnante puisque les places sont parties comme des petits pains. Et en plus on annonce beau temps.

Les Belles journées
Au parc des Lilattes de Bourgoin-Jallieu vendredi 7 et samedi 8 septembre


Slimane + Marina Kaye + Pomme


Parc des Lilattes Parc des Lilattes Bourgoin-Jallieu
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Juliette Armanet + Eddy de Pretto + Fred Nevché


Parc des Lilattes Parc des Lilattes Bourgoin-Jallieu
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"Contes et légendes" : portraits robots par Joël Pommerat

Théâtre | Après l’immense réussite "Ça ira (1) Fin de Louis" passée par Grenoble en 2016, la MC2 accueille de nouveau le metteur en scène Joël Pommerat avec son "Contes et légendes" créé l’an passé. Un titre faussement doux pour un spectacle qui s’intéresse autant à l’adolescence comme période de construction violente qu’à notre monde contemporain déshumanisé. Une immense réussite qui prouve une fois de plus, s’il en était encore besoin, que Joël Pommerat est un artiste qui fera date dans l’histoire du théâtre français.

Aurélien Martinez | Mardi 20 octobre 2020

Nous avons de la chance, nous pauvres êtres du début du XXIe siècle qui glorifions notre passé théâtral avec, parfois, une nostalgie mortifère, de pouvoir suivre de près la carrière d’un homme de théâtre comme Joël Pommerat. Un metteur en scène qui, depuis trente ans, développe un langage artistique singulier, à la fois contemporain (il écrit ses textes, lui l’« écrivain de spectacle »), engagé (il questionne sans cesse notre monde, avec finesse) et, ce qui n’est pas la moindre des qualités, populaire. Il n’y a qu’à empiriquement faire le test en amenant à l’une de ses représentations une personne qui penserait que le théâtre n’est pas pour elle : c’est presque gagnant à coup sûr ! Un savoir-faire de plus en plus affirmé avec le temps (et le succès) qui transparaît une nouvelle fois dans son dernier spectacle en date, Contes et légendes. Un Pommerat pur jus, notamment visuellement (quel travail sur les clairs-obscurs !), mais tout de même surprenant dans son propos… Humain après tout Il était une fois notre société ultratechnologique, presque déshumanisée. C’est en son sein que Joël Pommerat va d

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Voici 23 spectacles pour une saison théâtrale grenobloise variée

Panorama de rentrée culturelle 2020/2021 | Les théâtres de Grenoble et de l'agglomération ont de nouveau dégainé des programmations bourrées de propositions qu'on avait envie de défendre. Suivez-nous ! Par Aurélien Martinez et Nadja Pobel

La rédaction | Mercredi 14 octobre 2020

Voici 23 spectacles pour une saison théâtrale grenobloise variée

Western ! À Grenoble et aux alentours (ce que l’on appelle de par chez nous le Dauphiné), Serge Papagalli est une légende qui foule les scènes de la région depuis maintenant 50 ans. Pour célébrer cet anniversaire comme il se doit, et avant de le croiser fin novembre sur grand écran dans le film Kaamelott (le fameux Guethenoc le paysan, c’est lui) d’Alexandre Astier, notre homme se lance dans le western-spaghetti et théâtral, lui qui revendique fièrement ses origines italiennes. Avec une douzaine de comédiennes et comédiens à ses côtés (dont pas mal de fidèles de chez fidèles toutes générations confondues), son Western ! était forcément très attendu par un paquet de monde. Dont nous. AM À la MC2 du mardi 13 au jeudi 22 octobre Au Théâtre Jean-Vilar (Bourgoin-Jallieu) vendredi 6 et samedi 7 novembre Au

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"Abou Leila" : du sang à la dune

ECRANS | De Amin Sidi-Boumedine (Alg.-Fr., int.-12 ans, 2h15) avec Slimane Benouari, Lyes Salem, Meriem Medjkane…

Vincent Raymond | Mardi 7 juillet 2020

Algérie, années 1990. Depuis qu’il a été témoin d’un attentat, un policier dont la raison défaille est persuadé que le responsable de tout est le terroriste Abou Leila. Son ami et collègue Lofti l’accompagne dans sa traque loin de la capitale, vers le sud du pays. Vers le sang et la folie… Il ne faut pas craindre l’épreuve de la durée ni l’errance dans toutes ses dimensions face à Abou Leila, objet cinématographique transfigurant un épisode de l’histoire politique récente de l’Algérie à travers les yeux d’un policier rendu fou par la guerre civile. Road movie aussi mental que géographique, ce premier long métrage se distingue en naviguant également dans le temps, hors des balises normatives d’une trop stricte linéarité, épousant autant que possible les cauchemars hallucinatoires du flic obsédé par sa cible. Bad trip au sens propre, le voyage se double d’une évocation des Algéries (pluriel signifiant, puisqu’entre la métropolitaine Alger au nord et les sahariennes dunes désertiques au sud, on a bien affaire à un pays double, ou partagé). De cett

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"Terminal Sud" : Kakfa à la Méditerranée

Cinema | De Rabah Ameur-Zaïmeche (Fr.-Alg., avec avert. 1h36) avec Ramzy Bedia, Amel Brahim-Djelloul, Slimane Dazi…

Vincent Raymond | Mardi 19 novembre 2019

Un pays méditerranéen indéfini de nos jours, en proie à un conflit civil et religieux. Non aligné, un médecin tente d’exercer son métier malgré les tracasseries ordinaires et les incitations de ses proches à migrer en sûreté. Un jour, sa situation s’envenime malgré lui… Rabah Ameur-Zaïmeche signe sans doute son film le plus abouti, porté un Ramzy Bedia inspiré (comme il l’est souvent lorsqu’on lui confie un rôle dramatique). Celui dont le récit s’avère le plus linéaire, mais surtout celui dont l’histoire est la plus universelle. Le contexte méditerranéen, l’évocation d’une guerre de décolonisation, la nation déchirée et la question de la trahison… Autant de thèmes qui font écho à l’œuvre de Camus dont le cinéaste offre ici une forme de continuation contemporaine. Jusqu’à l’absurdité d’une séquence de torture qui, elle, renvoie moins à la pensée camusienne qu’à la folie tchèque des procès de Prague (voir L’Aveu), quand des trésors de raffinement stalinien étaient mis en œuvre pour que des innocents s’accusent de forfaits dont ils ne connaissaient même pas l’existence.

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Théâtre : quinze pièces pour une saison parfaite

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Des créations très attendues, des succès enfin à Grenoble, des découvertes... Suivez-nous dans les salles grenobloises et de l'agglo.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Théâtre : quinze pièces pour une saison parfaite

La Buvette, le tracteur et le curé Et voici la nouvelle pièce de l’inénarrable humoriste dauphinois Serge Papagalli, qui sera créée début octobre et tournera ensuite dans pas mal de villes autour de Grenoble. Avec toujours cette fameuse famille Maudru, dont Aimé, le chef de famille (Papagalli lui-même, parfait), et Désiré, le neveu un peu attardé (Stéphane Czopek, grandiose). Où cette fois, visiblement, il sera question d’une énième reconversion de cet agriculteur à la retraite, mais aussi d’un curé un peu strict nouvellement venu. Vivement les retrouvailles ! À partir d’octobre dans de nombreuses villes de l’Isère Tournée complète sur www.papagalli.fr Incertain Monsieur Tokbar

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Eddy de Pretto : après le buzz

Concert | L’un des phénomènes musicaux français de l’année se nomme Eddy de Pretto, chanteur-rappeur de 25 ans qui remplit les salles grâce à un album ambitieux en plein dans son temps. Il sera vendredi 7 décembre à la Belle électrique, à guichets fermés forcément.

Aurélien Martinez | Mardi 4 décembre 2018

Eddy de Pretto : après le buzz

Il y a des phénomènes musicaux qui suscitent un engouement si fulgurant que cela crée, par miroir, un rejet viscéral de la part de celles et ceux qui, que ce soit par goût esthétique ou par principe (!), ne veulent pas participer à ce sacre presque irrationnel. L’histoire de la pop française en est pleine, l’un des exemples récents les plus parlants étant la folie ayant entouré la sortie en 2014 du premier album de Christine and the Queens, pros et antis se battant pour savoir si la jeune musicienne était la sauveuse de la chanson française ou sa fossoyeuse. Rien que ça. Ce qui arrive à Eddy de Pretto depuis plus d’un an est du même acabit : soit un jeune type débarqué de nulle part qui, avec seulement quelques morceaux lâchés sur internet, a enflammé un public très varié allant, pour schématiser, des fans de gros tubes mainstream aux mélomanes exigeants. D’où l’attente forte ayant précédé la sortie de son premier album Cure en mars dernier. Une sortie relayée par une couver

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Les Belles journées : et là, Bourgoin-Jallieu nous sort Juliette Armanet et Eddy de Pretto

Festival | Zoom sur la programmation de la nouvelle édition du festival musical berjallien prévue vendredi 7 et samedi 8 septembre.

Aurélien Martinez | Mercredi 22 août 2018

Les Belles journées : et là, Bourgoin-Jallieu nous sort Juliette Armanet et Eddy de Pretto

Alors que les derniers festivals de l’été sont en place (comme, à Grenoble, le Festival de la cour du vieux temple), et que va très vite débarquer Uriage en voix (événement qui, en Isère, marque symboliquement la fin des vacances avec deux journées de concerts gratuits – et quelques beaux noms cette année, comme les Moutain Men et Stephan Eicher), on regarde déjà vers les temps forts de la rentrée. Et il y en aura des prometteurs dans le coin, comme Jour & Nuit à la Belle électrique (« 2 nuits et 3 jours [de musique] en quasi continu ») ou encore le très "arts de la rue" Merci Bonsoir prévu

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Vu dans le Vercors (Music Festival)

Festival | Entre grande scène payante (le Foyer) et une à entrée libre (le Club), têtes de gondole et têtes chercheuses, le Vercors Music Festival poursuit son intéressante ascension dans le grand cirque des festivals d'été. Sélection de saison à découvrir du vendredi 6 au mardi 10 juillet à Autrans, Isère.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 juin 2018

Vu dans le Vercors (Music Festival)

Bigflo & Oli Au Foyer, vendredi 6 juillet à 20h Des rappeurs formés au conservatoire, en France, ça fait mauvais genre, on se méfie. On cherche l'"authentique" d'un Eddy de Pretto greffé à son I-pod, on guette le Booba en eux, Orelsan les évite. Oui, les frérots du flow toulousain Bigflo & Oli souffrent de n'avoir pas l'image de mauvais garçons élevés à Scarface ou aux mixes crasseux. C'est sans doute ce qui les a conduits au sommet des charts français, partisans d'un rap à l'ancienne où la richesse de la rime le dispute à celle des instrus (leur totem : IAM). À force de clichés, le rap hexagonal a fini par faire de la place à ceux qui n'en étaient pas, quitte à leur coller, peut-être injustement, l'étiquette commerciale. En ouverture de leur deuxième album l'an dernier, le duo toulousain règle ses comptes et clame : « Le rap français choqué, il pensait pas nous trouver là / On m'écoute en Suisse, en Belgique, à la Réunion, à Nouméa (…) quand les chiffres sont

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Eddy de Pretto sera en concert à Grenoble en décembre

Annonce | On attendait de savoir quelle salle ou quel festival du coin allait arriver à choper le phénomène musical de cette année, sachant que beaucoup de (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 5 avril 2018

Eddy de Pretto sera en concert à Grenoble en décembre

On attendait de savoir quelle salle ou quel festival du coin allait arriver à choper le phénomène musical de cette année, sachant que beaucoup de programmateurs et programmatrices se battaient en coulisses. C'est la Belle électrique de 1000 places qui vient de réussir : Eddy de Pretto sera donc entre ses murs le vendredi 7 décembre. Et les places, qui risquent de partir vite, mais alors très vite, sont déjà en vente. De notre côté, comme on l'écrivait dans un édito, on est ravis que celui qui a sorti son premier album Cure début mars soit de passage à Grenoble, même si c'est dans longtemps. Eh oui, nous ne sommes pas Libé !

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Elli et Jacno, Étienne Daho... : la généalogie pop (et folle) de Calypso Valois

Concert | Son ascendance même (elle est la fille d'Elli et Jacno et la filleule d'Étienne Daho) a suffi à nourrir la hype autour de Calypso Valois, apprentie actrice (pour Olivier Assayas notamment) déjà remarquée au sein du duo Cinema que sa rencontre avec le compositeur et producteur Yan Wagner et les encouragements ont poussée pour de bon derrière un micro. Jusqu'à accoucher d'un premier album, "Cannibale", à la séduisante duplicité, entre mélodies pop, atmosphères savantes et rythmiques robotiques. Avant de la découvrir sur la scène de la Maison de la musique de Meylan, on tente ici de faire son arbre généalogique autant réel que fantasmé. Aurélien Martinez (avec Stéphane Duchêne)

Aurélien Martinez | Mardi 6 mars 2018

Elli et Jacno, Étienne Daho... : la généalogie pop (et folle) de Calypso Valois

Les parents : Elli & Jacno A Bailar Calypso (1987), c’est un tube dans la pure veine de ce que le meilleur des années 1980 a pu produire. Un morceau signé Elli Medeiros, à qui l’on devait déjà l’efficace Toi mon toi sorti un an plus tôt, qui s’adresse donc à une énigmatique Calypso « mi amor » – la chanteuse est née en Uruguay, d’où l’espagnol. Calypso est ainsi le prénom de la fille qu’Elli Medeiros a eu avec le musicien et chanteur français Jacno (Denis Quilliard). Un couple que la France découvre d’abord dans le groupe Stinky Toys, précurseur du punk en France, avant de voguer en duo sous le nom d’Elli et Jacno. Et de marquer le début des années 1980 avec leur son fait de synthétiseurs minimalistes qui convenaient parfaitement à leurs chansons pop et légères comme Main dans la main (dont les paroles sont un véritable hymne à la tolérance, contre tous ces tenants d’une norme rétrograde) ou le magnifique

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Festival Holocène : quatre soirs quatre ambiances

MUSIQUES | Du mardi 27 février au samedi 3 mars aura lieu dans plusieurs salles de Grenoble et de l’agglomération la deuxième édition du festival Holocène, créé par la société de production grenobloise Le Périscope. Avec un programme varié au possible (au risque de s’y perdre ?) qui enchaîne les têtes d’affiche et les découvertes. On détaille tout ça avant de poser quelques questions au maître d’œuvre de l’aventure.

La rédaction | Mardi 20 février 2018

Festival Holocène : quatre soirs quatre ambiances

Un mardi hip-hop Gros contrastes en perspective pour la date rap du festival. En tête d’affiche, on retrouve ainsi Davodka, MC du XVIIIe arrondissement parisien autoproduit et figure de proue d’une certaine forme de rap français "à l’ancienne", peu médiatisée mais bénéficiant d’une base de fidèles inaliénables. "Kickeur" de premier plan en activité depuis bientôt 15 ans, Davodka, grandi à l’école des "freestyles" et "open-mics", rappe vite et bien, dénonçant les injustices et les tracas du quotidien sur des instrus "boom-bap" traditionnelles construites autour de samples mélancoliques. Pour l’originalité et l’innovation, on repassera, même si en dépit d’une certaine tendance à enfoncer les portes ouvertes dans ses textes, le talent est bel et bien là. À l’opposé du spectre, on retrouve les trois rappeurs suisses Di-Meh, Makala et Slimka, incarnations flamboyantes d’un rap "new-school" électronique et tapageur taillé pour les clubs, entièrement basé sur le charisme, l’énergie et la spontanéité. À vous de choisir votre camp ! DG

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"Les Derniers Parisiens" : ode nostalgique au Pigalle de jadis

ECRANS | de Hamé Bourokba & Ekoué Labitey (Fr., 1h45) avec Reda Kateb, Slimane Dazi, Mélanie Laurent…

Vincent Raymond | Lundi 20 février 2017

En probation, Nas est employé par son frère Arezki, tenancier d’un bar à Pigalle. Si Nas déborde d’ambitions pour animer les nuits, son aîné les tempère sèchement, causant leur rupture. Alors, le cadet se tourne vers un investisseur prêt à l’écouter… Représentants du groupe de hip-hop La Rumeur, Hamé & Ekoué signent une ode nostalgique quasi élégiaque au Pigalle de jadis, à ses troquets populaires s’effaçant peu à peu du paysage : Les Derniers Parisiens est scandé de saynètes montrant la faune de la rue dans son quotidien – clochard pittoresque, joueurs de bonneteau embobinant les passants etc. Une manière d’inscrire l’aventure/mésaventure de Nas, caïd en carton, dans une perspective bien actuelle, car ses rêves appartiennent au passé ; à un idéal façonné entre les années 1950 et 1980. Pas étonnant, avec ses codes périmés, qu’il se fasse si facilement enfumer par une nouvelle génération sans feu… ni lieu. Reda Kateb et Slimane Dazi composent une fratrie a priori surprenante, ma

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Éric Piolle et Corinne Bernard répondent à Joël Pommerat

ACTUS | Le jeudi 2 juin, le quotidien Libération publiait une tribune du metteur en scène Joël Pommerat baptisée « Grenoble, la déception de l’écologie culturelle ». Un (...)

Aurélien Martinez | Lundi 13 juin 2016

Éric Piolle et Corinne Bernard répondent à Joël Pommerat

Le jeudi 2 juin, le quotidien Libération publiait une tribune du metteur en scène Joël Pommerat baptisée « Grenoble, la déception de l’écologie culturelle ». Un texte qui avait fait grand bruit à Grenoble. On attendait donc la réponse du maire de Grenoble Éric Piolle et de son adjointe aux cultures Corinne Bernard, directement visés par le metteur en scène. C’est chose faite depuis ce dimanche 12 juin (même si Éric Piolle s’était rapidement exprimé le 3 juin sur France Culture), avec une tribune là aussi publiée par Libération et intitulée « À Grenoble, une culture ni populiste ni libérale ». Les deux élus reviennent notamment sur les dossiers polémiques – la MC2, les Musiciens du Louvre, le Tricycle, le Ciel – évoqués par Pommerat. On vous laisse

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Politique culturelle : Pommerat attaque la Ville de Grenoble

ACTUS | Le metteur en scène qui vient de présenter son fabuleux "Ça ira (1) Fin de Louis" à la MC2 (c'était notre une du numéro du 18 mai) publie une tribune dans le quotidien "Libération". Son titre ? « Grenoble, la déception de l’écologie culturelle ». L'action du maire Éric Piolle et de son adjointe aux cultures Corinne Bernard est directement visée.

Aurélien Martinez | Jeudi 2 juin 2016

Politique culturelle : Pommerat attaque la Ville de Grenoble

Son spectacle Ça ira (1) Fin de Louis, tout juste présenté à Grenoble (et tout juste "molièrisé"), est d'une intelligence folle. L'homme l'est également, comme on peut s'en rendre compte depuis vingt-cinq ans avec ses textes ciselés et ses créations percutantes auscultant le monde d'aujourd'hui comme celui d'hier (la Révolution française dans Ça ira). Alors quand il prend la parole sur la situation grenobloise, et plus particulièrement sur la politique culturelle menée par l'équipe Piolle aux commandes de la Ville depuis deux ans, c'est forcément avec un long texte argumenté (sur les Musiciens du Louvre, sur

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Joël Pommerat fait sa Révolution avec "Ça ira (1) Fin de Louis"

SCENES | À force d’ausculter le travail, les rapports de hiérarchie et les questions de libre arbitre, il fallait bien qu’un jour l’auteur et metteur en scène Joël Pommerat ose affronter les prémices de la liberté et de l’égalité des droits. En 4h30, il revient aux origines de la Révolution française avec "Ça ira (1) Fin de Louis". Un exceptionnel moment de théâtre.

Nadja Pobel | Mardi 17 mai 2016

Joël Pommerat fait sa Révolution avec

« Il n’y a pas de point de vue » reprochent à Ça ira (1) Fin de Louis les rares qui osent critiquer aujourd’hui Joël Pommerat, devenu en quinze ans une figure absolument singulière et, pour tout dire, monumentale du théâtre français actuel, de surcroît plébiscitée par les spectateurs partout sur le territoire. À Nanterre, où il est artiste associé, il a affiché complet durant tout novembre et les malchanceux dont la représentation tombait sur les deux jours d’annulation post-attentats ont dû jouer sévèrement des coudes pour rattraper au vol des billets sur Le Bon Coin. Cette supposée absence de point de vue – aucun personnage n’étant désigné comme bon ou mauvais – est en fait la preuve qu’il y en a une multitude. Tout le monde s’exprime au cours de cet épisode de l’Histoire dont le choix constitue en lui-même un acte politique fort – Pommerat en signe depuis ses débuts. Comme il le précise souvent, « il ne s’agit pas d’une pièce politique mais dont le sujet est la politique », soit la vie de la cité, selon l’étymologie du mot. Plutôt que de proposer un manifeste, Pommerat amène à mieux comprendre la naissance de la Révolution et même

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Notre sélection de Noël : le cadeau à offrir à…

ACTUS | À Noël, tout le monde pense à mettre sous le sapin le dernier gadget technologique à la mode ou la bonne et rassembleuse bouteille de vin. Et si on misait sur un spectacle ou un concert, comme ça, pour changer un peu ? Le PB s’est donc lancé dans une sélection thématique : si vous suivez bien nos recommandations, on parie sur un taux de satisfaction de 100%. Oui, on est optimistes. La rédaction

Aurélien Martinez | Mardi 8 décembre 2015

Notre sélection de Noël : le cadeau à offrir à…

Ceux qui ne voient pas d’inconvénient à rire souvent Celui qui campe une Catherine hilarante dans la pastille quotidienne du Petit Journal Catherine et Liliane est également l’auteur et l’interprète d’un one-man-show épatant et très théâtral à placer tout en haut dans la vaste catégorie humour. Sur scène, Alex Lutz est une ado en crise, Karl Lagerfeld ou un directeur de casting odieux : des personnages plus vrais que nature pour un comédien remarquable. Alex Lutz, samedi 9 avril au Grand Angle (Voiron). De 31 à 37€. Ceux qui aiment autant la danse que le rire Tutu, c’est un petit ovni savoureux. Six danseurs jouent sur les codes de la danse (la classique, la contemporaine, l’acrobatique…) en une vingtaine de tableaux pour un spectacle solidement construit et, surtout, très drôle. Car jamais les interprètes au physique d’Apollon (d’où un rendu très queer) ne se prennent au sérieux, au contraire – en même temps comment rester sérieux dans un costume de cygne ? Même si, paradoxalement, leur maîtrise technique est éclatante.

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Théâtre : les dix pièces à voir cette saison

SCENES | Du théâtre contemporain, du classique ; des metteurs en scène stars, des plus confidentiels ; des pièces avec plein de comédiens, d'autres avec beaucoup moins de monde... Voici les coups de cœur et les attentes du "PB" pour cette saison 2015/2016.

Aurélien Martinez | Vendredi 18 septembre 2015

Théâtre : les dix pièces à voir cette saison

L’Avare Dans le très vaste répertoire théâtral français, Molière est l’un des auteurs qui a écrit les plus efficaces machines à jouer. D’où le fait que ses pièces soient si souvent montées. Le metteur en scène Ludovic Lagarde, directeur de la comédie de Reims, a décidé de se confronter à l’efficace Avare, où il est question d’un vieux père qui n’a pas que des qualités – il est on ne peut plus proche de ses sous ! Un rôle monstre que Lagarde a décidé de confier à son comédien fétiche : le fascinant et explosif Laurent Poitrenaux, qui marque de sa présence chaque mise en scène, au risque qu’on ne voie que lui. Ça tombe bien, c’est ce que le rôle veut – au cinéma, Louis de Funès l’avait aussi très bien compris. On espère donc passer un bon moment devant cet Avare rajeuni (Poitrenaux n’a même pas 50 ans) que nous n’avons pas pu découvrir avant sa venue à Grenoble, mais dont on a eu plein de bons échos. AM Du mardi 17 au samedi 21 novembre à la MC2 La Liste de mes envies

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Pommerat refait les contes

SCENES | Plus de deux ans après sa création, "Cendrillon" passe enfin par Grenoble. Pièce maîtresse de l’œuvre de Joël Pommerat, ce conte, ici plus fantastique que merveilleux, décline ce qui intéresse tant l’incontournable metteur en scène : tenter d’être soi dans un monde hostile. Une réussite totale et inoubliable. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 8 avril 2014

Pommerat refait les contes

« Ta mère est morte. Ta mère est morte. Comme ça maintenant tu sais et tu vas pouvoir passer à autre chose. Et puis ce soir par exemple rester avec moi. Je suis pas ta mère mais je suis pas mal comme personne. J’ai des trucs de différent d’une mère qui sont intéressants aussi. » Voilà ce que se racontent Cendrillon et le jeune prince lorsqu’ils se rencontrent. Pour le glamour, la tendresse et les étoiles dans les yeux, Joël Pommerat passe son tour. Tant mieux : en ôtant toute mièvrerie au conte originel, en le cognant au réel, il le transforme en un objet totalement bouleversant qui, lors de sa création, a laissé les yeux humides à plus de la moitié de salle. « Écrivain de spectacles » comme il aime se définir, Pommerat connaît depuis plus de dix ans un succès inédit dans le théâtre français, jouant à guichet fermé partout où il passe. Et il passe partout. Le seul cap qu’il s’était d'ailleurs fixé en renonçant à faire du cinéma, constatant qu’il ne pourrait jamais faire comme son héros David Lynch, était de créer une pièce par an et de la faire jouer à chaq

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Top of the pops

SCENES | Ce n’est certainement pas très original vu l'acceuil dithyrambique déjà reçu par le sepctacle, mais l'une des propositions que l’on place tout en haut de la (...)

Nadja Pobel | Jeudi 5 septembre 2013

Top of the pops

Ce n’est certainement pas très original vu l'acceuil dithyrambique déjà reçu par le sepctacle, mais l'une des propositions que l’on place tout en haut de la liste des conseils de rentrée est signée Joël Pommerat, qui revient à Grenoble avec une pièce de son répertoire des contes (et non avec un de ses textes pour adultes qu’il écrit de A à Z). Mais attention, il a tant modelé ce Cendrillon à sa convenance que l'œuvre de Perrault s’est endurcie et actualisée. Finalement, ce n’est pas que pour les enfants : ça fume, ça jure et ça berce aussi. La jeune fille, rebaptisée Cendrier, n’a pas bien entendu les derniers mots prononcés par sa mère avant de mourir et croit qu’elle doit penser à elle tout le temps. Sa montre à quartz 80’s sonne donc sans cesse sur les notes de Ah ! vous dirai-je, maman et voilà la gamine entravée voire étouffée par cette mémoire à porter, sa marâtre de belle-mère et son père inerte (tenus par des comédiens époustouflants dans un décor parfait). Jusqu’au face-à-face avec un prince charmant qui n’a rien de charmant, gosse paumé comme elle. Leur

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Rengaine

ECRANS | De Rachid Djaïdani (Fr, 1h15) avec Slimane Dazi, Stéphane Soo-Mongo…

Christophe Chabert | Mercredi 7 novembre 2012

Rengaine

L’accueil critique délirant réservé à Rengaine à Cannes laisse perplexe lorsqu’on le découvre aujourd’hui, loin du buzz festivalier. Que voit-on à l’écran ? Une longue rengaine (le titre n’est pas trompeur) très mal filmée qui, loin d’offrir une critique du repli communautaire actuel, le conforte sournoisement. On s’explique : au départ, une jeune femme d’origine arabe parfaitement intégrée décide de se marier avec un comédien noir. Un de ses 49 frères (Slimade Dazi, l’inoubliable Brahim Latrache d’Un Prophète) l’apprend et considère la chose comme une insulte à sa famille ; il fait donc le tour de ses frangins pour les rallier à sa cause. La répétition de la situation ne produit aucun vertige, mais donne l’impression qu’on enfonce un clou à coups de burin dans le crâne du spectateur. Au cas où, toutefois, l'on n’ait pas compris où il voulait en venir, Djaïdani retourne par deux fois la question pour y apporter la même réponse : d’abord avec la mère du black, qui s’offusque qu’il veuille épouser une arabe ; puis avec l’amante du frère, qui lui demande si ça ne

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La Reine des pommes

ECRANS | De et avec Valérie Donzelli (Fr, 1h24) avec Jérémie Elkaïm…

François Cau | Jeudi 18 février 2010

La Reine des pommes

À ceux qui pensent avoir tout vu concernant le cinéma français, on recommande la vision masochiste de La Reine des pommes. Jusqu’ici, c’est-à-dire tant qu’elle n’était qu’actrice, on aimait bien Valérie Donzelli. Mais là, elle vient de commettre ce qu’on peut appeler le Plan 9 from outer space du cinéma d’auteur hexagonal : un film tourné en DV entre un appartement et un parc d’un amateurisme criminel, exploitant un sujet ô combien éculé (comment se remettre d’une rupture amoureuse) avec des idées toutes plus mauvaises les unes que les autres. Exemple définitif : donner à Jérémie Elkaïm, acteur nullissime, tous les rôles masculins du film. Une sensation d’incrédulité gagne le spectateur à la vision du film : grosse blague à prendre au millième degré ? Énorme ratage que l’on n’a pas osé ranger pudiquement dans un tiroir ? Petit film entre amis parisiens désœuvrés ? Et surtout, comme dirait l’autre : what the fuck ?! CC

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L’intime et le réel

SCENES | L’univers théâtral de Joël Pommerat, auteur et metteur en scène est tout simplement unique. Ses écrits, indissociables de ses mises en scènes, s’ancrent profondément dans notre monde. À la MC2, on découvrira son adaptation du Petit Chaperon Rouge. Séverine Delrieu

Séverine Delrieu | Mercredi 10 janvier 2007

L’intime et le réel

Pommerat commence à écrire en 1985. Il a 22 ans. Et son processus d’écriture dramatique est d’emblée vraiment singulier. Avec le recul, on a envie de dire d’une justesse absolue. Effectivement, son travail d’écriture ne se dissocie pas de celui de la mise en scène : il se prolonge durant les répétitions grâce aux échanges avec les comédiens. Il se modifie aussi, s’enrichit, aux frottements avec la scénographie, les lumières et le son. Ce qui souvent dans ses spectacles donne une alchimie envoûtante entre texte, espace, corps, gestes, voix. Pour bien comprendre, l’auteur arrive le premier jour des répétitions avec un matériau écrit, une base, qui se malaxera, se métamorphosera au fur et à mesure du travail scénique grâce à une recherche commune. Pommerat croit vraiment au concept de compagnie, au sens de compagnonnage. Et fonde naturellement en 90 La Compagnie Louis Brouillard. Tous ses projets sont écrits pour et en pensant aux comédiens avec lesquels il travaille maintenant depuis 10 ans. Le temps, (autant celui de la répétition que celui nécessaire à la relation fidèle et profonde), est une notion fondamentale dans l’élaboration de ses spectacles. Ceux-ci prendront vie, dans u

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La mère loup

SCENES | Théâtre / À partir du conte populaire, Joël Pommerat, metteur en scène et auteur a écrit son Petit Chaperon rouge, spectacle époustouflant de beauté visuelle et de sens. Séverine Delrieu

Séverine Delrieu | Mercredi 7 mars 2007

La mère loup

Les relations familiales, le passage du temps, sont les thématiques récurrentes de Joël Pommerat. Elles rejaillissent dans son Petit Chaperon Rouge, en rendant visible ce qui effectivement est implicite et nous touche tous inconsciemment dans ce conte : le lien entre trois générations de femmes esseulées, isolées. Une famille où l'absence d'homme s'avère criante, et où le désir de la rencontre avec l'inconnu semble l'enjeu pour s'émanciper. Dans son adaptation, Pommerat exprime donc le liens complexes entres ces femmes : celui de la petite fille envers la mère est fait d'admiration, attirance, répulsion - la mère incarne et revêt la pelure du loup et joue à effrayer sa fille avec sa chevelure ; celui de la mère envers sa petite fille (jouant aussi le rôle de la grand-mère) est fait de rejet et d'envie, du fait de sa jeunesse ; et celui de la mère envers la grand-mère souligne l'incapacité à communiquer. En abordant en creux ces notions, l'auteur évoque subtilement, avec tendresse et violence, les problématiques de nos sociétés modernes, où l'isolement des plus âgés s'accentuent ; la solitude de l'enfant délaissé par le parent, fréquent, et source de déséquilibre ; parent qui se

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