30 concerts (oui, 30) pour un automne musicalement parfait (et varié)

Panorama de rentrée culturelle 2018/2019 | Avec du rock, de la pop, de la chanson, du rap, du jazz, de la sono mondiale ; voire même, parfois, tout ça à la fois. Et des stars comme des révélations.

La rédaction | Vendredi 21 septembre 2018

The Mauskovic Dance Band

Après un premier passage remarqué en février dernier au sein de l'explosive formation Altin Gün (qui rend hommage à la scène folk-rock psychédélique turque des années 1970), le talentueux producteur et multi-instrumentiste hollandais Nicola Mauskovic est de retour à la Bobine pour présenter cette fois son projet collaboratif Mauskovic Dance Band. Mêlant synthés et bongos, cumbia et space disco, rythmes afro-caribééns et no-wave dans un grand tourbillon psychédélique, ce projet né en studio puis développé sous la forme d'un véritable live-band risque fort de faire tourner les têtes !

À la Bobine jeudi 4 octobre


Feu! Chatterton

Comme on l'avait écrit, quelque peu estomaqués, il y a deux ans, le groupe Feu! Chatterton, constitué d'un quintet aux affections musicales disparates mené par le chaman Arthur Teboul, n'a rien moins qu'embrasé le rock français avec Ici le Jour (a tout enseveli). Mais c'était pour mieux y faire pousser les germes d'un mariage entre lyrisme poétique et musique de transe. Il n'y avait guère de raison que les choses se calment, se tassent ; mais encore fallait-il pouvoir remettre un couvert aussi tranchant. Or, visiblement, Feu! Chatterton n'avait pas tout donné, pas tout dit, pas épuisé le filon de l'inspiration qui a donné depuis L'Oiseleur, deuxième album tout aussi ensorcelant mais peut-être plus lumineux. Comme si après avoir mis le feu, Feu! Chatterton éclairait le chemin.

À la Belle électrique dimanche 7 octobre


Desert Mountain Tribe

Comme son nom ne l'indique pas, cette tribu de la montagne désertique est originaire de Londres et a versé à grands flots dans le psychédélisme le plus épais et le plus échevelé. Le trio formé par Jonty Balls à la guitare et au chant et les frères Jahn pour la section rythmique fait, sur son album Om Parvat Mystery, autant de bruit qu'une armée d'alarmes. À suivre de près – enfin pas trop si l'on tient à ses oreilles.

À la Bobine vendredi 12 octobre


Djazia Satour

En 2015, à l'écoute du premier album de Djazia Satour, ancienne chanteuse du trio de trip hop (mais pas que) MIG, nous fûmes conquis. Et avions alors accordé une "une" enflammée à cette artiste que l'on adore depuis longtemps au PB. Autant dire qu'on attend avec impatience la sortie de son nouvel album, prévue pour le 26 octobre. Et qu'on sera dans la salle de la Source pour écouter le résultat en avant-première.

À la Source (Fontaine) samedi 13 octobre


Jeanne Added

Après le temps de la révélation fracassante via un album bien nommé, Be Sensational (2015), et une tournée marathon, voici venu le temps de la confirmation pour Jeanne Added, drôle de musicienne – rappelons-le – élevée au classique et au jazz, et versant dans une pop aux accents post-punk et électro. Celle qui avait opéré un véritable chantier de déconstruction de sa première vie musicale de vocaliste revient justement à quelque chose de plus vocal, de plus ouvert, de moins froid. Où la chanteuse réinvestit l'artiste et inversement. Encore une fois, la chose, toute fraîche, est une injonction, Radiate (« rayonne », « irradie », « respire », selon les acceptions), comme un nouveau départ et un nouveau rendez-vous avec le public et avec elle-même.

À la Belle électrique samedi 13 octobre


Eagle-Eye Cherry

Six ans qu'on n'avait pas eu de nouvelles discographiques d'Eagle-Eye Cherry qui, il y a 20 ans, se faisait un prénom (étrange certes) au sein de la dynastie familiale Cherry (Don, son père, immense jazzman ; Neneh, la demi-sœur, immense pop star) via un album, Desireless (aucun lien), et surtout un single, Save Tonight, qui trusta le haut des classements de ventes de disques et le cerveau de quiconque alluma sa radio cette année-là. S'il n'a jamais été en mesure de reproduire l'exploit, Eagle-Eye n'en a pas moins produit depuis quatre albums de belle facture. Voici le cinquième, Streets of You, que les amateurs du musicien et les fans de "20 ans après" accueilleront sans doute à bras ouverts. Car en bon suédois, le bonhomme est toujours capable de bâtir des refrains collants et mélancoliques sans avoir l'air d'y toucher.

À l'Ilyade (Seyssinet-Pariset​) mercredi 17 octobre


Viagra Boys

Malgré un nom pas terrible et une absence d'albums pour l'instant, les sept Suédois de Viagra Boys s'imposent déjà comme une référence courue de l'esthétique post-punk. Et quand il s'agit de convoquer la mémoire des grands anciens pour jouer le jeu des comparaisons, ce sont les noms de Joy Division, Suicide ou Fat White Family qui sortent du chapeau. Fiévreux, vibratile, hypnotique et pour l'instant encore rare.

À la Bobine vendredi 19 octobre


Maceo Parker

Infatigable, increvable... À 75 ans, Maceo Parker continue de courir le monde pour mieux lui faire subir les secousses sismiques de son funk garanti pur beurre. En la matière, au long de sa carrière débutée dans la première moitié des années 1960, le saxophoniste a traversé le temps en côtoyant toutes les générations de musiciens, jouant des années durant aux côtés de James Brown puis du groupe Funkadelic avant de s'acoquiner avec des figures aussi différentes que Deee-Lite, De La Soul, Red Hot Chili Peppers ou même Prince dont il intégra le groupe en 2000, à 57 ans. En somme, il faudrait un bottin pour citer les dizaines de collaborations qui laisseront tout de même à Parker le temps de mener, depuis 1970, une importante carrière solo qui ne doit rien à personne. En d'autres termes : une légende.

À la Belle électrique mercredi 24 octobre


Oiseaux-Tempête & Mondkopf

Une musique de voyage, c'est ce que propose la formation Oiseaux-Tempête de disque en disque. Mais pas vraiment le genre "muzak" à emporter dans sa valise pour voyager léger. Plutôt une musique à rapporter des théâtres du monde (via la technique du "field recording"), transcendée en expériences sonores et musicales forcément venues d'ailleurs, captant la chair du globe autant que sa spiritualité en une geste post-moderne, post-rock et à vrai dire post-tout. Oiseaux-Tempête, c'est un univers, le nôtre, sublime et effrayant. À applaudir sur scène avec un de leurs collaborateurs privilégiés : le très acclamé électronicien Mondkopf.

À la Source (Fontaine) jeudi 25 octobre


Femi Kuti & The Positive Force

Bien entendu, on ne présente plus Femi Kuti. Et pas seulement parce qu'il est le fils, on ne le sait que trop, de Fela Kuti, inventeur de l'afro-beat et véritable légende musicale africaine – on connaît le topo. Car Femi est parvenu, depuis les années 1990, à se faire un prénom à écrire en très gros et qui se trimballe sur toutes les scènes du globe ; tout comme il est parvenu à entretenir la flamme de l'afro-beat en la renouvelant, en en faisant quelque chose de personnel – même s'il l'a délaissé un peu, parfois, pour se diriger vers des tendances plus urbaines. Bref, comme on le faisait avec son père, que l'on appelait familièrement Fela, on ne devrait utiliser pour désigner l'intéressé que son prénom : Femi. Juste Femi.

À l'Ilyade (Seyssinet-Pariset) mercredi 31 octobre


Carpenter Brut

Avec sa musique comme un hommage permanent aux BO et aux films de John Carpenter, logique que l'artiste de musique électronique français Carpenter Brut signe à son tour, après un monstrueux Carpenter Brut live, une BO de film, fut-il imaginaire. C'est chose faite avec Leather Teeth, album concept narrant, ou plutôt accompagnant, le récit d'un film sorti en 1987 mais qui n'existe pas (!) : les aventures d'un lycéen éconduit et défiguré devenu rock-star – le dénommé Leather Teeth du titre. Esthétiquement, on se trouve toujours au croisement d'une new-wave délirante et du heavy-metal permanenté tel qu'il se pratiquait dans les années 1980 ; ce qui, sur scène, promet un feu d'artifice. Le Prince des Ténèbres John Carpenter adorerait, si ce n'est déjà le cas.

À la Belle électrique vendredi 2 novembre


Hollysiz

Même son frère Vincent le dit : avec Hollysiz, Cécile Cassel, également comédienne, s'est vraiment trouvée en tant qu'artiste dans une famille où il n'était guère aisé de se faire une place, comme pouvait d'ailleurs l'indiquer le titre de son premier album My Name Is (2013). Au passage, c'est également un public qu'a trouvé la chanteuse avec ses tubes disco-rock. Et plutôt que d'ergoter sur ce succès, Hollysiz est allée chercher à l'étranger de quoi enrichir sa formule (beats electro, riffs new-yorkais, sons cubains) confiée ensuite au soin de ses fidèles collaborateurs (Yodelice, Xavier Caux) pour livrer Rather than talking, tout aussi efficace que son prédécesseur tout en jouant davantage le jeu de la nuance.

À la Belle électrique jeudi 8 novembre


General Elektriks

Toute personne ayant les pieds ankylosés devrait se voir prescrire l'écoute de General Elektriks, projet créé à San Francisco il y a plus de quinze ans par un claviériste bondissant pourtant bien de chez nous. Bondissante, sa musique l'est tout autant, quelque part entre Phoenix, LCD Soundsystem mais avec des accointances de plus en plus funk, comme sur le dernier album Carry No Ghost (2018) qui, en dépit de son titre, chasse les fantômes d'icônes funk-punk – ESG, Liquid Liquid…. Le revoici dans l'agglo pour dérouiller les jambes d'un public qui, à chaque fois, n'attend que ça.

À la Source (Fontaine) jeudi 8 novembre


Vald

C'est l'un des phénomènes du rap français qui prend de plus en plus d'ampleur au fil des ans, comme en témoignent ses différents passages grenoblois – en 2015 à la Bifurk, en 2016 au festival Magic Bus, en 2017 dans une Belle électrique pleine à craquer. Et, dans quelques semaines, dans un Summum qui devrait être chaud bouillant vu le personnage (burlesque) et son investissement scénique.

Au Summum samedi 10 novembre


Pendentif

Membre honoraire de cette nouvelle vague de pop française francophone qui bourgeonna il y a une demi-décennie, Pendentif a quelque peu changé son fusil d'épaule quand il s'est agi de livrer un nouveau bijou pop. Après les petits hymnes estivaux pour danser au bord de la piscine, Pendentif se fait plus évanescent, électro à la limite du lounge, dans le sillage d'une nouvelle chanteuse, la doucereuse Julia Jean-Baptiste, ex-Nouvelle Star et actuelle membre du projet Nouvelle Vague. Une métamorphose déconcertante.

À Eve (campus) mercredi 14 novembre


Fatoumata Diawara

On peut regretter que Fatoumata Diawara ait été cornaquée par Matthieu Chedid – elle a participé à l'album Lamomali de ce dernier, qui est à la musique malienne ce que Pier Import est au bois exotique, et lui a même demandé de produire son dernier album Fenfo, ce qui a eu tendance à lisser l'esthétique traditionnelle malienne. Il n'en demeure pas moins que Fatoumata Diawara reste l'une des grandes voix du Mali, de l'Afrique et du monde se baladant entre les genres aussi facilement que sa voix sur une portée.

À l'Heure bleue (Saint-Martin-d'Hères) mercredi 14 novembre


Rokia Traoré

Si éculé que soit ce terme, « inclassable » est sans doute le plus approprié pour résumer Rokia Traoré. Si tant est qu'il soit nécessaire de résumer cette artiste à la fois icône malienne et voyageuse (musicale mais pas que) aux semelles et à la voix de vent, rattachable à la tradition de son pays dans ses sonorités familières autant qu'elle s'en détache pour signifier bien plus que cela : une attirance pour le rock, la pop, le folk et un talent pour s'entourer des musiciens les plus divers. La voici qui revient dans l'agglo en mode théâtre musical (ou chant-récit), en se centrant sur l'épopée de l'empereur Soundiata, qui régna dans l'Afrique de l'Ouest entre 1235 et 1255. Intriguant.

À la MC2 jeudi 15 novembre


Gaël Faye

Artiste complet, slameur, rappeur et romancier, le Franco-Rwandais Gaël Faye connaît autant de succès en tant que musicien qu'en tant qu'écrivain – son premier roman, Petit Pays, gros succès de librairie, a littéralement croulé sous les prix depuis sa parution en 2016. Son album Pili pili sur un croissant au beurre (2013) témoigne musicalement et textuellement des tiraillements d'un jeune homme entre le pays qui l'a vu grandir, le Burundi, et celui qui l'a accueilli, la France. Remarquable en live.

À la Belle électrique vendredi 16 novembre


Therapie Taxi

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le groupe Thérapie Taxi n'a pas la langue dans sa poche. Il l'a même un peu partout, ceci dit sans faire de dessin. Car pour écrire ses Hit Sale(s), du nom du single et de l'album qui a propulsé ce jeune trio parisien au rang de mini-phénomène (des concerts très souvent rapidement sold-out, comme à Grenoble), propose des crudités (verbales) à tous les repas. Ici l'amour est vache, les fêtes ont des airs d'apocalypse et les coups de foudre des allures de scène de ménage ; on compte fleurette avec des ronces plutôt qu'avec Ronsard. Et c'est, faut-il qu'on soit maso, tout simplement irrésistible. Peut-être parce que Thérapie Taxi est la preuve, contre toute attente, que les millennials que l'on pense trop souvent livrés à la lobotomisation numérique sont pétris de désir et d'envie d'en découdre.

À la Belle électrique jeudi 22 novembre


Josman

C'est sans doute l'un des concerts de rap les plus attendus de l'automne. Repéré par le biais de ses mixtapes Matrix en 2016 et 000$ en 2017, Josman viendra défendre son premier album J.O.$, sorti il y a quelques jours à peine. À la fois très représentatif de l'air du temps (flow mi-rappé mi-chanté, instrus trap éthérées et mélancoliques), mais également capable de "kicker" dans un registre plus classique quand l'envie lui prend (il a beaucoup écumé les open-mics parisiens pendant quelques années), ce jeune espoir en pleine ascension confirmera-t-il sur scène les (fortes) attentes placées en lui ? Réponse en novembre.

À la Belle électrique vendredi 23 novembre


Calypso Rose

Le temps qui passe semble n'avoir aucun effet sur Calypso Rose, 77 ans. Reine incontestée du genre depuis des décennies, la native de Tobago a, dans sa besace, plus de vingt albums et quelque 800 chansons écrites selon la légende. C'est beau, et ça fonctionne toujours autant, grâce à sa chaleur et sa bonne humeur communicative – regardez le clip Far from home pour vous en convaincre !

À la Belle électrique samedi 24 novembre


Girls in Hawaii

En dix-huit ans d'existence et quinze de présence discographique, Girls in Hawaii s'est imposé comme une des figures de proue de l'école belge, particulièrement prolifique en matière de rock et de pop. Pour autant, la troupe menée par Antoine Wielemans ne s'est jamais reposée sur ses lauriers musicaux, ni une quelconque formule. La preuve avec Nocturne qui, après un disque précédent très marqué par la perte de leur batteur, s'ouvre à diverses esthétiques, notamment à l'électro – de la new wave à Radiohead pour la faire courte. Le tout avec la classe et la subtilité qui ont toujours habité les compositions des gars de Braine-l'Alleud, un temps pressentis comme un succédané belge de Grandaddy, et devenu finalement bien plus que cela.

À la Belle électrique vendredi 30 novembre


Charlotte Gainsbourg

Son album Rest, paru l'an passé, est une pure merveille (clivante, certes) dans laquelle la chanteuse et actrice se livre comme jamais. Une œuvre de deuil avec des morceaux en français (une première depuis le travail avec son père dans les années 1980) et d'autres en anglais qui évoquent pour certains sa sœur disparue il y a cinq ans (tel ce Kate aux paroles déchirantes – « Crois-tu qu'on se ressemble / On d'vait viellir ensemble / Dans notre monde imparfait / Imparfait »), et qui prennent de l'ampleur dans les mains du producteur Sebastian et son électro-pop séduisante. Charlotte for ever.

À la MC2 dimanche 2 décembre


Brigitte

Depuis huit ans, le concept-duo Brigitte s'amuse à brouiller les frontières entre la femme objet complètement soumise aux affres de l'amour (ce qu'on peut craindre à la première écoute) et la féministe consciente de son désir et de son pouvoir mais maîtresse de son destin, façon Brigitte Bardot ou, dans un autre style, Brigitte Fontaine – Sylvie Hoarau et Aurélie Saada, « garçons comme les autres », tiennent seules les rênes de leur barque et ont même leur propre label B Records. Nues, leur dernier album en date bourré de tubes (dont l'entêtant Palladium), en est une nouvelle preuve. Sirupeusement efficace

Au Summum mercredi 5 décembre


Gaëtan Roussel

Après avoir initié le retour tant attendu de son groupe culte Louise Attaque, Gaëtan Roussel revient en (disque) solo, cinq ans après son dernier album. Pour ce faire, l'homme est allé quérir l'inspiration sous d'autres cieux, prendre un air salvateur à l'agréable prise pop, notamment avec Justin Stanley (Prince, Paul McCartney, Beck) et Jonas Myrin (Matt Redman, Natasha Bedingfield). Une expérience qui a donné naissance au tout récent Trafic (d'influences visiblement) qui donne volontiers dans l'hymne pop. Vous n'avez jamais entendu Gaëtan Roussel comme ça.

À la MC2 jeudi 6 décembre


Eddy de Pretto

Quand y en a plus, y en a encore du Eddy de Pretto, et de son rap aux accents chanson française – ou serait-ce l'inverse ? C'est vrai, du Kid, on en aura bouffé depuis un an, mais il est possible que certains et certaines ne soient pas rassasiés. Il leur faudra alors avoir été prévoyants car ce concert (son premier à Grenoble) est complet depuis un moment. Qu'on ne s'inquiète pas, il reviendra. On vous le dit, quand y en a plus, y en a encore.

À la Belle électrique vendredi 7 décembre


Rodolphe Burger

On s'en souvient, Rodolphe Burger avait, avec son album Good (2017), une nouvelle fois mis en exergue son amour de la poésie et son goût pour le télescopage de cette dernière avec les coulées blues dont il s'est fait le spécialiste – toutes choses remontant aux fondements de sa carrière et constitue l'un des fils très rouges de sa discographie avec et sans le groupe Kat Onoma. C'est ce projet qui fait honneur à T. S. Eliot autant qu'à Goethe, Beckett ou Georg Büchner qui remonte sur scène avec Burger et ses acolytes, le batteur Christophe Calpini et la contrebassiste Sarah Murcia. Mais le vrai sel de l'événement sera la présence d'invités-amis tels que Serge Teyssot-Gay, Olivier Mellano, Geoffrey Burton et Bertrand Belin. Very good.

À la MC2 mardi 11 décembre


Angèle

Difficile de rencontrer un succès plus fulgurant que celui de la jeune chanteuse belge Angèle qui, en l'espace de seulement deux clips (La loi de Murphy et Je veux tes yeux), s'est transformée quasi instantanément en nouvelle égérie 2.0 de la pop en français. Il faut dire aussi que la petite sœur du rappeur Roméo Elvis n'a pas son pareil pour créer des rengaines irrésistiblement catchy, qui rentrent immédiatement dans le cerveau dès la première écoute. Ajoutez à cela un charisme indéniable, une capacité innée à surfer sur l'air du temps, une bonne dose de travail et une maîtrise parfaite des réseaux sociaux comme de la scène (lors de ses premières parties pour Damso ou Ibeyi) et il devient plus facile de comprendre le formidable engouement dont elle bénéficie actuellement.

À la Belle électrique mercredi 12 décembre


The Limiñanas

Jusqu'ici, The Limiñanas étaient un groupe impeccable et méconnu, suivi de près par les amateurs de garage et les connaisseurs – deux labels américains l'avaient vu les premiers. Et malgré une petite poussée de fièvre en 2016 avec Malamore, c'est bien leur Shadow People de cette année qui a tué le game en une collection de morceaux impeccables à la variété assumée décorés d'invités prestigieux (Anton Newcombe, Bertrand Belin, Peter Hook, Emmanuelle Seigner) construisant un concept-album sur la jeunesse de Lionel Limiñana et madame. Une tentative également de démontrer que le groupe est bien davantage qu'une friandise garage-yéyé qui fit l'unanimité et a probablement propulsé les Perpignanais dans une autre dimension. Et que dire de la transposition furieuse et supersonique de cette belle affaire en live.

À la Belle électrique vendredi 14 décembre


Erotic Market

Sans doute Erotic Market n'aura jamais aussi bien porté son nom qu'avec ce deuxième album Queensdoms. C'est en se retrouvant seule pour piloter ce projet (son binôme Lucas Garnier étant parti sous d'autres cieux) que Rosemary Martins a pris un virage hot en couleur, enrichi en groove et marchant sur les traces des grandes queens du R'n'B. Où, tout de même entourée de beatmakers, elle laisse couler son flow comme jamais auparavant (même si l'on avait toujours senti chez elle une grande appétence pour l'esthétique hip-hop) donnant à son épanouissement musical des airs d'explosion pour ne pas dire d'orgasme musical.

À la Source (Fontaine) jeudi 20 décembre

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Jazz à Vienne : les derniers noms

Festival | Jazz à Vienne complète sa programmation avec quatre nouvelles soirées de choix. Revue de détail.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 avril 2021

Jazz à Vienne : les derniers noms

Bien décidé à se tenir à peu près normalement, à partir de fin juin, Jazz à Vienne avait annoncé la majeure partie de sa programmation début avril. La voici désormais complète avec l'ajout de quelques noms et non des moindres, qui avancent le début des festivités au 23 juin. Le festival allobroge vient en effet d'annoncer la tenue de quatre nouvelles soirées au théâtre antique. Le 24 juin d'abord, une soirée New Generation en compagnie du Portico Quartet et du Tigran Hamasyan trio (auxquels s'ajouteront les talents Adami Jazz Gauthier Toux et Nils Petter Molvaer). Le 26 juin ensuite pour une soirée Brésil avec deux amis de longue date, Seu Jorge & Rogê, enfin sur scène ensemble, et une carte blanche à Lucas Santana. Le samedi 3

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"Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part" : Gavalda remix

ECRANS | De Arnaud Viard (Fr., 1h29) avec Jean-Paul Rouve, Alice Taglioni, Benjamin Lavernhe…

Vincent Raymond | Mardi 21 janvier 2020

Jean-Pierre, qui s’est jadis rêvé comédien, a depuis rejoint avec succès le négoce des vins. Aîné d’une fratrie comptant Juliette, prof démangée par l’écriture et tout juste enceinte, Mathieu, employé timide, et Margaux, photographe en galère, il traverse une phase difficile… En transposant à l’écran l’ouvrage homonyme d’Anna Gavalda, Arnaud Viard s’est attelé à un double défi. D’abord, d’unifier les nouvelles du recueil en une seule trame narrative sur le modèle de ce qu’avait accompli Robert Altman à partir de Neuf histoires et un poème de Carver pour bâtir son Short Cuts. Ensuite, de prendre le risque de décevoir les millions de lecteurs (voire adulateurs) de l’autrice qui avaient pu se forger du recueil leurs propres images. On ne contestera pas l’option choisie, évitant le morcellement du film à sketches, ni le choix de la distribution (les comédiennes et comédiens sont globalement bien trouvés, en particulier Rouve et Taglioni, quand la douleur les traverse comme un fantôme puis les habite). Mais quelle plaie de devoir, encore et toujours, subir ces destins de familles parisiennes pseudo normales, c’est-à-dire forcémen

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"Haut les filles" : 36 chants d’elles

ECRANS | de François Armanet (Fr, 1h19) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 2 juillet 2019

Alors que la scène française contemporaine semble renaître grâce à l’énergie des rockeuses, François Armanet part à la rencontre de quelques-unes de celles qui ont marqué de leurs voix, textes, notes et présence le dernier demi-siècle… Ce panorama du rock au féminin, à la fois agréable et foutraque par son côté joyeusement a-chronologique, s’avère fatalement frustrant : il manque forcément dans cette évocation les témoignages des disparues dont on aurait aimé entendre le point de vue (et d’écoute), comme France Gall. Et puis on déplore les impasses sur quelques voix importantes, telle que celle de Corine Marienneau (ex Téléphone), trop souvent marginalisée, ou celle de Zazie aux abonnées absentes, quand certaines artistes du moment se retrouvent sur-représentées. Le showbiz ne change pas, infligeant ses purgatoires ici, cajolant ses favoris là… Heureusement, il accorde une place prépondérante à cette figure majeure qu’est Françoise Hardy, dont la carrière et le parcours à nul autre pareil vaudraient bien une dizaine de documentaires. Sa voix posée et ses mots simples tranchent avec le commentaire spiralé lu par par Élisabeth Quin, tout droit

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"Yao" : cahier d’un retour au pays des ancêtres

ECRANS | De Philippe Godeau (Fr-Sen, 1h44) avec Omar Sy, Lionel Louis Basse, Fatoumata Diawara…

Vincent Raymond | Lundi 21 janvier 2019

Petit Sénégalais de 13 ans, Yao vénère la star européenne Seydou Tall, au point de connaître le livre de l'acteur par cœur. Apprenant que l’idole est de passage à Dakar, Yao fait les 400 kilomètres séparant son village pour le rencontrer. Touché (et poussé par le destin), Seydou décide de le ramener chez lui. Il s’agit là clairement d’un conte où le voyageur pensant maîtriser son cheminement se trouve "voyagé", guidé par des forces de plus en plus pressantes à accomplir une mission initiatique à laquelle il n’était pas préparé. Dans ce récit, Yao n’est pas le héros mais le déclencheur inconscient, l’adjuvant à travers lequel le destin va se manifester pour infléchir la trajectoire de Seydou ; un guide malgré lui tirant par ailleurs des leçons profitables de son escapade. Si Philippe Godeau et Omar Sy ont tenté manifestement d’éviter le "folklorisme" tout en préservant un certain réalisme dans la vision du pays, il ne faut pas non plus s’attendre à une vérité documentaire : la caméra ne reste pas assez longtemps pour cela, c’est l’histoire qui veut cela… Et le road-movie, qui lui aussi effectue une manière de retour aux source

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"La Rose et la hache" : soudain, Ariel Garcia-Valdès

Théâtre | Le metteur en scène Georges Lavaudant reprend son spectacle culte créé à Grenoble en 1979. Avec toujours le fascinant Ariel Garcia-Valdès dans le rôle-titre de Richard III. À (re)découvrir à la MC2 jusqu'au samedi 17 novembre.

Aurélien Martinez | Lundi 12 novembre 2018

Un acteur à la puissance magnétique : voilà comment l’on pourrait qualifier Ariel Garcia-Valdès en sortant de l’heure passée en sa compagnie grâce à La Rose et la hache. Un spectacle mythique qui a vu le jour en 1979 et que le metteur en scène et ancien directeur de la MC2 (du temps où elle s’appelait Maison de la culture) Georges Lavaudant a décidé de reprendre pour les 50 ans de cette même MC2. Ou comment le monstre shakespearien qu’est Richard III, revu ici par le dramaturge italien Carmelo Bene, accéda au pouvoir en tuant tous ceux qui lui barraient le chemin, et en premier lieu les membres de sa famille. Richard III, sur scène, c’est donc Ariel Garcia-Valdès, qui ne fait qu’un avec le personnage monstrueux tant physiquement que moralement. À ses côtés, quatre comédiens (dont Lavaudant lui-même) se répartissent les autres rôles de cette tragédie de poche donnée dans une scénographie glaçante – une table couverte de verres de vin (ou plutôt de sang). On comprend alors po

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Hollysiz : des paroles et des actes

Concert | Avec Hollysiz, Cécile Cassel, également comédienne, s'est vraiment trouvée en tant qu'artiste dans une famille où il n'était guère aisé de se faire une place. Elle sera jeudi 8 novembre sur la scène de la Belle électrique.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 novembre 2018

Hollysiz : des paroles et des actes

Les actes plutôt que les paroles : voilà ce que donnerait en VF le titre du deuxième album d'Hollysiz, le projet musical de Cécile Cassel grâce auquel l'actrice devenue chanteuse est passée de chrysalide à papillon. Car loin de se reposer sur les lauriers du succès de son premier album My Name is et de la formule catchy qui en était à l'origine, Hollysiz a choisi de creuser d'autres sillons pour agrandir celui qui l'avait vu marquer l'année 2013. Bien sûr, on trouve toujours sur Rather Than Talking cette efficacité tubesque sujette à l'emphase disco-rock. Mais, en allant chercher du côté de New York et de chez Luke Jenner de The Rapture (groupe qui marqua particulièrement ce qu'on appelait le dance-punk à l'orée des années 2000), elle s'est frottée à la recette d'une efficacité tout en nuances et en groove sensuel qui digère les genres et les sonorités (orientales sur Karma comme sud-américaines sur Cuban Mood) et produit un chaos savamment ordonné.

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Le Mecano du General Elektriks

Concert | Toute personne ayant les pieds ankylosés devrait se voir prescrire l'écoute de General Elektriks, qui sera en concert jeudi 8 novembre à la Source. On vous explique pourquoi dans cet article.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 novembre 2018

Le Mecano du General Elektriks

C'est en tournée, celle de son précédent album To Be a Stranger (2016), qu'Hervé Salters, le Géo Trouvetout à l'origine de cette machine folle qu'est General Elektriks, a retrouvé cette irrésistible sensation de fourmis dans les doigts et les jambes. Et grâce à l'acquisition d'un nouveau synthé (comme quoi il en faut peu) qu'il a pu épancher cette créativité et sa folie douce, dure et dingue, qui a fini par accoucher du récent Carry No Ghosts, dont le deuxième morceau, Never Can Get Enough, dit assez bien l'appétit jamais assouvi de groove qui continue de ronger le général électrique depuis 15 ans maintenant. Comme toujours chez Salters, l'up-tempo domine tout en laissant la place à quelques entremets soul(és), avant un final en forme de slow pop crépusculaire en français (De passage qui, comme le single Au tir à la carabine, marque un retour de la langue française chez General Elektriks). Carry No Ghosts de

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Carpenter Brut : jeune Carpenter

Concert | Le Français sera à la Belle électrique vendredi 2 novembre avec, dans ses valises, une dark-synth-wave comme un hommage permanent aux BO et aux films de John Carpenter. On vous en dit plus.

Stéphane Duchêne | Mardi 30 octobre 2018

Carpenter Brut : jeune Carpenter

Tombé amoureux du cinéaste John Carpenter (du moins de son œuvre) à l'âge de 14 ans, le Poitevin Franck Hueso en a développé une véritable obsession, de celle qui transforme, on exagère à peine, les amateurs de tueurs en série en copycats. Sauf que Hueso ne s'est pas mis à singer les films d'un des plus grands maîtres de l'épouvante mais à en vampiriser positivement les BO (composées par Carpenter lui-même) pour livrer sa propre vision d'une dark-synth-wave qui vire allègrement vers le metal. Du "Carpenter brut" : voilà ce qu'est la musique de Carpenter Brut, originellement fan de metal (Iron Maiden, Judas Priest) qui connut par ailleurs une épiphanie à l'écoute du duo Justice à l'heure d'assumer le mélange précité. Et alors que la suite d'Halloween (dont John Carpenter a signé la musique à défaut de la réalisation) menace de taillader nos écrans depuis la semaine dernière, Carpenter Brut a choisi de livrer lui aussi une BO, celle de Leather Teeth, illustrant un film imaginaire des années 1980 sur la vengeanc

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Viagra Boys : la vie en bleu

Concert | Malgré un nom pas terrible et une absence d'albums pour l'instant, les Suédois de Viagra Boys s'imposent déjà comme une référence courue de l'esthétique post-punk. Ils seront sur la scène de la Bobine ce vendredi 19 octobre.

Stéphane Duchêne | Mardi 16 octobre 2018

Viagra Boys : la vie en bleu

Sebastian Murphy, chanteur américano-suédois des Viagra Boys, raconte souvent, en guise d'explication au nom de son groupe basé à Stockholm, cette fable dont on ne sait si elle est vraie – même s'il est à peu près certain que oui, quand on connaît les zozos scandinaves. L'affaire remonte à la seule fois où le jeune homme prend du viagra. Ce soir-là, il a rendez-vous avec une jeune femme et préfère assurer le coup. Problème, il ne se passe rien entre lui et la jeune femme et les effets de l'hypervascularisation provoquée pour le viagra lui font les oreilles violettes pendant plusieurs heures. Quelque temps plus tard, il monte son groupe et le baptise d'après cet épisode. Et puisqu'en pop culture on peut voir des signes partout, on peut légitimement penser que ce nom matérialise à merveille un punk rock si sanguin que ses performances seraient artificiellement "aidées" par la prise de citrate de sildénafil – nul doute qu'elles le sont en revanche par leur nature parodique. Tout comme on peut se demander s'il ne s'agit pas, pour Murphy, d'une manière de se venger de cette mésaventure sur son public en lui frottant les oreilles si fort, à coups de guitares

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Maceo par cœur

Concert | Attention événement : le fameux saxophoniste sera en concert à Grenoble mercredi 24 octobre. So funk !

Stéphane Duchêne | Mardi 16 octobre 2018

Maceo par cœur

Parfois surnommé « le poumon cuivré » de James Brown auquel il donna du souffle pendant plus de 20 ans, Maceo Parker est une légende. À la question « comment devient-on une légende ? », l'autre Parker magistral du saxophone (avec Charlie) a tendance à répondre que, pour commencer, il y a intérêt à vivre longtemps. Lui a justement 75 ans et, manifestement, son poumon a toujours autant de contenance. À cet âge canonique, la légende Parker déroule un CV impressionnant : James Brown donc, puis le groupe Funkadelic de George Clinton avec lequel il invente le P-Funk, cette déclinaison lysergique du funk. Plus tard, son statut lui permet de s'acoquiner avec une génération qui l'adule, à commencer par Prince, l'un des légitimes successeurs de James Brown dont il intègre le groupe en 2000 à l'âge de 57 ans – et auquel, on le sait, il a survécu comme à bien d'autres. Aujourd'hui, Parker, qui a mené en parallèle de tout cela une impressionnante carrière solo, a mis du jazz dans son funk et délivre sur son dernier album It's all about love un message d'amour. Mais toujours avec ce sens du groove qui rappelle que l'amour

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Jeanne Added : « Je chante comme je suis »

Concert | Avec "Radiate", successeur du premier album coup de poing empreint de noirceur new wave et de brutalité punk qu'était "Be sensational" (2015), la Française Jeanne Added a opéré une nouvelle mue. Entrant, au sens propre, dans la lumière, au son des synthétiseurs et d'une voix remarquablement exploitée. Interview et critique avant son concert samedi 13 octobre à la Belle électrique.

Stéphane Duchêne | Mardi 9 octobre 2018

Jeanne Added : « Je chante comme je suis »

Votre deuxième album Radiate marque par rapport au premier, Be sensational, une évolution dans votre travail vers quelque chose de plus lumineux. Quelle a été votre approche pour ce disque ? Jeanne Added : Le point de départ, c'était déjà d'écrire de meilleures chansons, de continuer ce que j'avais commencé, à savoir un nouveau métier : celui d'autrice-compositrice [elle était précédemment une interprète courtisée par des formations jazz – NDLR]. Ce qui, quand j'ai commencé le projet Jeanne Added, était nouveau pour moi – ça l'est moins maintenant mais ça le reste encore un peu. J'avais très envie d'aller plus loin, de développer cette forme-là et de la travailler. Quant à l'évolution esthétique, elle n'a pas vraiment été préméditée. L'écriture est une sorte de photographie de là où on est. En tout cas, pour le moment, j'écris encore sur mon rapport au monde, comment je le perçois, l'effet qu'il me fait. Des sensations physiques, mentales. Et il se trouve qu'entre Be s

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"Radiate" : Jeanne Added en son et lumière

MUSIQUES | Critique enthousiaste de l'album que la Française défendra samedi 13 octobre sur la scène de la Belle électrique.

Stéphane Duchêne | Mardi 9 octobre 2018

L'image est nette, la mèche blonde conquérante, le menton relevé, les yeux clairs et déterminés, la fumée a disparu et le fond noir a laissé place à un arrière-plan immaculé. Voilà comment s'avance la pochette du deuxième album de Jeanne Added, Radiate, comme un négatif, ou plutôt un positif, du premier Be sensational (2015). Et puisqu'une image n'est jamais innocente, encore moins une pochette de disque, cela traduit littéralement, et l'on ne saurait mieux le faire, l'évolution musicale de Jeanne Added. Comme pour en donner un avant-goût, le premier single qui en était tiré avait été baptisé Mutate. On y trouvait très en avant, et comme libérée, la voix exceptionnelle de celle qui se forma au lyrique et fut interprète de jazz, ondulant au milieu de synthés numériques vaporeux enfiévrés par une boîte à rythmes. Et lâchant ces mots : « Can you feel the vibration waving through me / Another kind of sensations can you see / See how operate now how modulate now / Can you feel the vibration waving through me (

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Vald sera en concert au Summum en novembre

Annonce | C’est l’un des phénomènes du rap français qui prend de plus en plus d’ampleur au fil des ans, comme en témoignent ses différents passages grenoblois – en 2015 à (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 18 juillet 2018

Vald sera en concert au Summum en novembre

C’est l’un des phénomènes du rap français qui prend de plus en plus d’ampleur au fil des ans, comme en témoignent ses différents passages grenoblois – en 2015 à la Bifurk, en 2016 au festival Magic Bus, en 2017 dans une Belle électrique pleine à craquer. Et, dans quelques mois, dans un Summum qui devrait être chaud bouillant vu le personnage et son investissement scénique. Celui qui emmène le rap français vers l’absurde tout en le prenant très au sérieux (comme on l’avait longuement expliqué dans un précédent papier) est ainsi attendu le samedi 10 novembre dans l’immense salle de concert grenobloise avec, dans ses bagages, les nouveaux morceaux de son album XEU sorti en février, et bien sûr ses tubes qui lui collent à la peau – Bonjour, Selfie, Eurotrap…

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Les Feu! Chatterton seront en octobre à la Belle électrique

Annonce | En 2016, nous offrions au groupe Feu! Chatterton la "une" d’un numéro pour son premier passage en terres grenobloises. Il faut dire que cette fascinante (...)

La rédaction | Vendredi 13 juillet 2018

Les Feu! Chatterton seront en octobre à la Belle électrique

En 2016, nous offrions au groupe Feu! Chatterton la "une" d’un numéro pour son premier passage en terres grenobloises. Il faut dire que cette fascinante hydre pop à cinq têtes, créature la plus singulière du rock et de la chanson depuis des lustres, a su enthousiasmer pas mal de monde avec ses morceaux entre transe(s) musicale(s) et textes ébouriffants, théâtralité et détachement – écoutez le magnifique Côte concorde pour vous en convaincre. Alors qu’ils ont sorti cette année L’Oiseleur, digne successeur de leur fascinant Ici le jour (a tout enseveli) (2015), les voilà repartis sur les routes. Bonne nouvelle : ils feront une halte grenobloise à la Belle électrique le dimanche 7 octobre avec, en première partie, le duo stéphanois Terrenoire et sa sorte de comateuse rêverie post-urbaine qui commence à bi

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"Et mon cœur transparent" : clair-obscur de femme

ECRANS | de Raphaël et David Vital-Durand (Fr., 1h26) avec Julien Boisselier, Caterina Murino, Serge Riaboukine…

Vincent Raymond | Mardi 15 mai 2018

Le taciturne Lancelot a quitté sa première épouse pour vivre au côté de la sculpturale Irina des plaisirs volcaniques à peine interrompus par les escapades professionnelles de la belle. Un jour, Irina meurt dans un accident de la route. Assommé, Lancelot découvre alors sa vie cachée… Les frères Vital-Durand ont pris leur temps pour passer des courts au long. Sans doute trop. Résultat : ils appliquent des recettes esthétiques ayant fait leur gloire il y a vingt ans bien tassés dans la pub et le clip – où, en général, une intuition plastique reposant sur une image saturée ou polarisée, doublée d’une grande maîtrise formelle ainsi que d’un ou deux clichés, peuvent compenser toutes les fragilités d’une structure narrative défaillante. Avec leur goût pour les belles optiques et les vastes décors déserts, ils auraient pu tirer vers l’arty étrange façon Jérôme Salle, voire le fantastique malsain de Jean-Pierre Mocky, le roman de Véronique Ovaldé dont ils signent ici l’adaptation. Hélas, ils semblent avoir préféré explorer une autre voie, s’enlisant quelque part entre le sentimentalisme flasque et le polar atone, que de grands coups de ralentis peinent à dynamiser. E

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Détours de Babel 2018 : nos coups de cœur

Festival | C’est parti pour la huitième édition des Détours de Babel, festival centré, comme l’indique son sous-titre, sur les musiques du monde, le jazz et les musiques nouvelles. Une manifestation comme chaque année d’une grande richesse, même si pas mal de propositions peuvent intimider de prime abord. On a donc parcouru consciencieusement l’ensemble du programme, bien ouvert nos oreilles et sélectionné quelques concerts à faire pendant ces trois semaines. Suivez-nous.

La rédaction | Mardi 13 mars 2018

Détours de Babel 2018 : nos coups de cœur

Ouverture avec star On ne peut pas dire que les Détours de Babel sont réputés pour la foule de têtes d’affiche grand public qu’ils convoquent chaque année – même si, pour les amateurs des genres musicaux défendus par l’équipe organisatrice, celles et ceux dont on va causer dans cet article sont, à leur façon, des têtes d’affiche. Alors quand un nom un tant soit peu grand public ouvre les hostilités, il faut le souligner. La chanteuse et musicienne malienne Rokia Traoré sera ainsi sur la scène de la Belle électrique lors de la première soirée du festival pour un concert mêlant sa culture malienne et des chansons françaises du répertoire comme celles de Brel et Ferré. De quoi commencer sur de bonnes bases, en parfaite adéquation avec le thème de cette édition : retour aux sources. Rokia Traoré À la Belle électrique vendredi 16 mars à 20h John en Cage Parmi les riches festivités du brunch Jazz no Jazz sis dans le quartier Très-Cloîtres, Rencontre d'un univers im

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"La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi" : fantastiquement fantasque

Théâtre | La compagnie grenobloise les Gentils va reprendre sa création à succès du mardi 19 au jeudi 21 décembre au Théâtre 145. Et c'est immanquable.

Aurélien Martinez | Lundi 11 décembre 2017

C’est le spectacle le plus fédérateur de la compagnie théâtrale grenobloise les Gentils, répondant au doux nom de Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi. Soit six comédiens qui, sur scène et accompagnés d’un (excellent) pianiste, tissent une histoire en interprétant (plus ou moins bien – c’est d’ailleurs ce que fait le charme de l’aventure) différents vieux morceaux français au canevas très narratif – Annie Cordy qui, dans Six Roses, ne comprend pas le surnom (cirrhose) qu’on lui a attribué ; Tino Rossi qui, dans Écris-moi, vocalise tout son amour ; les Frères Jacques qui, dans Le Complexe de la truite, narrent les aventures d’une jeune fille découvrant les plaisirs de la chair… Une sorte de comédie musicale déglinguée que la troupe guidée par son metteur en scène Aurélien Villard avait un peu délaissée depuis sa création en 2012 et le grand nombre de représentation qui avait suivi, pour développer d’autres projets ; mais qu’elle a finalement décidé de reprendre au Théâtre 145 pour trois dates exceptionnelles (du mardi 19 au jeudi 21 décembre), avant une possible nouvelle tournée. Un conseil d’amis : si vous ne l’ave

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Vald : l’interview vérité (ou presque)

Rap | Troisième passage grenoblois en un peu plus de deux ans pour le phénomène Vald, qui emmène le rap français vers l’absurde tout en le prenant très au sérieux – comme le prouve son premier album "Agartha" sorti en janvier. Avant sa venue à la Belle électrique, on avait donc plein de choses à lui demander : on a une nouvelle fois harcelé ses managers pour obtenir une interview. Échec, même si on y a cru jusqu’au dernier moment… Alors, têtus que nous sommes, on a lu nos confrères pour avoir les réponses à nos questions. Merci à eux.

Aurélien Martinez | Mardi 7 mars 2017

Vald : l’interview vérité (ou presque)

Samedi 21 mai 2016, sur l’esplanade de Grenoble dans le cadre du festival Magic Bus. Milieu de soirée. Une foule très jeune se presse devant la scène pour admirer Vald, sensation rap du moment. 23 ans à l’époque, seulement quelques années de pratique dans le rap, et pourtant un succès fou grâce à des morceaux comme Bonjour (sur un type qui « a pas dit bonjour, du coup il s'est fait niquer sa mère ») ou Selfie et son refrain mièvre tranchant avec des couplets hypersexuels. « Vald injecte une bonne dose d'absurdité dans le rap game » écrivait-on en novembre 2015 lors de son premier passage grenoblois à la Bifurk (à guichets fermés). Une dose à l’efficacité redoutable pour le public de l'Esplanade, qui connaissait ses principaux titres sur le bout des doigts, n'hésitant pas à joyeusement s'époumoner avec lui sur les refrains.

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"Agartha" : combo gagnant pour Vald

MUSIQUES | Zoom sur le premier album que le rappeur viendra défendre sur la scène de la Belle électrique dimanche 12 mars.

Damien Grimbert | Mardi 7 mars 2017

Possesseur d’un univers foisonnant aux multiples points d’entrée, Vald a su parfaitement capitaliser sur cette versatilité pour, ces dernières années, s’intégrer dans l’univers en perpétuelle mutation du rap français. En caméo aux côtés de Sofiane et Kalash Criminel, en featuring sur la dernière mixtape d’Alkpote, en invité surprise sur les plateaux télé ou à l’affiche du dernier festival Magic Bus : il est ainsi l’un des rares rappeurs à toucher simultanément des auditoires que rien ne semblait pouvoir rapprocher. D’où l’ampleur du défi à relever avec la sortie d'Agartha, son très attendu premier album. Réussir à séduire les différentes franges de son public tout en restant cohérent, affirmer la singularité de son univers tout en gardant une dynamique évolutive… Autant dire que la partie n’était pas gagnée d’avance. Premier constat à l’écoute, Vald a littéralement bétonné la partie technique. En charge d’une bonne partie des productions, Seezy et DJ Weedim ont construit un écr

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Festival Holocène, première édition : demandez le programme

Festival | Pour sa première édition, le festival Holocène, sis entre Summum et petites scènes, n'y va pas de main morte dans le mélange des genres et des jauges. Il y aura à boire et à manger entre le 2 et le 11 mars, certes, mais au moins pour tout le monde dans une programmation dont l'éclectisme est définitivement le nom.

Stéphane Duchêne | Lundi 27 février 2017

Festival Holocène, première édition : demandez le programme

Si l'Holocène, en plus d'un titre magique de Bon Iver, fut une ère interglaciaire qui vit disparaître la plupart des espèces de mammifères géants connus (comme le regretté paresseux géant, plus gros qu'un éléphant), le festival Holocène a choisi lui d'utiliser ce nom pour matérialiser le mélange des espèces qui fera le sel de sa programmation. N'hésitant pas au passage à faire se côtoyer des créatures de grande taille avec d'autres plus modestes, les monuments historiques comme les jeunes espoirs. Certes, c'est un peu le principe d'un festival, mais on touche là aux confins du concept. Les Fréro Delavega côtoyant, même de loin, Magma ou des jeunots à guitares fumantes, avouez que ce n'est pas banal. Et ce sont bien les Fréro qui ouvriront ainsi les festivités en tête d'affiche du Summum, le jeudi 2 mars, après que se soient succédé sur scène l'électro swing de Lamuzgueule (qui n'aura jamais aussi bien porté son nom), le rock tendu de Bon Air et le rap à la cool

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Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Panorama rentrée 2017 | Les prochains mois, il y aura du bon, voire du très bon, à écouter dans les salles grenobloises et de l'agglo. On vous détaille nos coups de cœur.

La rédaction | Mardi 3 janvier 2017

Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Yael Naim et le Quatuor Debussy À la faveur d'un concert exceptionnel à Lyon en 2015, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (on ne présente plus ni l'un, ni l'autre) sont tombés en amour. D'où l'idée de prolonger cette expérience de manière plus durable et plus travaillée. La chanteuse et le quatuor baroque ont donc lancé une tournée qui revisite avec douceur – et les arrangements du Debussy – le répertoire passé et présent de la franco-israélienne. Grâce lumineuse et cordes sensibles garanties. À la Rampe (Échirolles) Jeu 12/01 et ven 13/01 _______ Camera Les années 1970 inspirent plus que jamais les artistes d'aujourd'hui et ce ne sont pas les Berlinois de Camera qui diront le contraire. Figure de proue de la renaissance du krautrock, ce genre tombé aux oubliettes pendant de longues années, le trio guitare-clavier-batterie n'a rien de conventionnel. Il épr

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Magic Vald

MUSIQUES | Le festival Magic Bus revient à l’Esplanade de Grenoble vendredi 20 et samedi 21 mai. Avec notamment Vald, rappeur qui préfère « qu’on le prenne pour un taré que pour un génie ».

Aurélien Martinez | Mardi 17 mai 2016

Magic Vald

« Vald est mégasaoulé par les phoners, il oublie une fois sur deux d’appeler les gens. » Dommage monsieur d’Universal avec qui on parlait par mail, car on aurait beaucoup aimé interviewer celui qui injecte une bonne dose d'absurdité dans le rap game comme on l’écrivait en novembre lors de son premier concert grenoblois – à guichets fermés en plus. On se contentera à défaut de réécouter en boucle ses morceaux volontairement trashs (« Elle aimerait bien s’faire violer, enfin pas vraiment violer / Elle aimerait que j’la violente, que j’la casse sans demander​ » sur le conte moderne Selfie) ou parfaitement incongrus (« Il a pas dit bonjour, du coup il s'est fait niquer sa mère » sur Bonjour). Et de relire les interviews accordées à nos confrères – « Je préfère qu’on me prenne pour un taré que pour un génie » comme il le déclarait aux Inr

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Feu! Chatterton : « Une certaine idée de la beauté »

MUSIQUES | Fascinante hydre pop à cinq têtes, Feu! Chatterton est la créature la plus singulière du rock et de la chanson depuis des lustres. Entre transe(s) musicale(s) et textes ébouriffants, théâtralité et détachement, la nouvelle coqueluche de la scène française a su imposer un style aussi unique que volatile, entre aspirations old school et ultra-moderne attitude, qui pourrait le mener très haut. Entretien avec son chanteur et parolier Arthur Teboul, avant le concert à la Belle électrique. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 1 mars 2016

Feu! Chatterton : « Une certaine idée de la beauté »

Dans le groupe, vous avez tous des profils, des goûts musicaux très différents. Pourtant, vous produisez quelque chose d'à la fois singulier et cohérent. À quel moment vous êtes-vous dit : le style musical, les textes, l'image, tout concorde ? Arthur Teboul : Ce n'est jamais vraiment arrivé. C'est encore une quête. Assembler des pièces pour former un tout, c'est ce qui est assez excitant. L'ambition est venue tardivement. Si on essaie de se mesurer immédiatement à quelque chose de très élevé, on est pétrifié. Il y a toujours un moment où, comme tout jeune groupe, on se dit « je veux être cool » mais c'est une fois qu'on parvient à se débarrasser de cette idée qu'on fait quelque chose d'original. Le fait de s'amuser, de tâtonner ensemble, de s'écouter, d'apprendre de l'autre, le respect mutuel... si tu fais cet effort, à la fin, il y a un beau cadeau : c'est ce moment que tu vas vivre sur scène, charrié par une intention, un travail, une relation, parfois même ce qu'on n'aime pas chez l'autre, parce que c'est important. Votre style et

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"Côte concorde" vu par Feu! Chatterton

MUSIQUES | Arthur Teboul, chanteur et parolier du groupe, nous parle d'un des morceaux dont il est le plus fier, présent sur l'album "Ici le Jour (a tout enseveli)".

Stéphane Duchêne | Mardi 1 mars 2016

« C'est une des chansons dont je suis le plus fier. Parce que c'est très dur de se nourrir de l'actualité et d'y introduire de la durée, de l'universel. Cet événement [le naufrage du Costa Concordia survenu en Méditerranée en 2012 – NDLR], si j'en parle comme d'un fait d'actualité, je n'en éclaire qu'une part : une tragédie, la vie, la mort, bon. Et si j'en fais le symbole d'un libéralisme qui échoue sur le caillou de la tradition, de la discrétion et du silence, c'est tout aussi biaisé. Ce sont souvent des choses idiotes qui nous accrochent. Si ce n'était pas arrivé un vendredi 13, je ne l'aurais jamais écrite. Là c'est tout de suite un mythe, tout de suite symbolique. Et le même jour, on perd le triple A. J'en ai rien à fiche du triple A, mais ce sont trois lettres qui résonnent avec le 13. C'est presque rien, mais ça produit une image. C'est pour ça aussi qu'il y a Strauss-Kahn. C'est un empereur romain : grandeur et décadence. Son destin change en une seconde, le type va devenir président et en quelques minutes tout s'écroule, c'est quand même incroyable. Comme le capitaine du navire qui a simplement voulu crâner devant la côte. Ce n'est pas très

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Le Feu (Chatterton) sur la langue

MUSIQUES | Zoom sur l'album "Ici le jour (a tout enseveli)" du groupe avant le concert grenoblois.

Stéphane Duchêne | Mardi 1 mars 2016

Le Feu (Chatterton) sur la langue

« Un homme ne vous parlera pas de lui, mais donnez lui un masque, et il vous dira la vérité » disait Oscar Wilde. Arthur Teboul, chanteur de Feu! Chatterton dont on connaît maintenant la propension à théâtraliser sur scène, n'hésite pourtant pas en interview à évoquer sa peur du ridicule. De masques il ne porte pas réellement mais un costume droit sorti de Savile Row, à Londres. Sa vérité est dans cette voix voilée déclamant ses textes, bijoux littéraires abscons ou limpides, susceptibles de plusieurs lectures, de lyrisme (sublime Côte Concorde, voir ci-contre) en talk-over (Harlem), pendant que ses quatre fantastiques acolytes tissent des atmosphères de transe entre blues western, post-rock, psychédélisme délirant (La Mort dans la pinède) et invitation au dancefloor (La Malinche). Au fond, ces cinq-là, aux univers très différents, ne produiraient sans doute pas la même musique séparément. C'est ensemble et ensemble seulement qu'ils construisent le Feu! Cha

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Les dix concerts à ne pas louper en mars et avril

MUSIQUES | Ces deux mois seront riches en événements du côté de la Belle électrique, de la Bobine, de la Source, de la MC2... La preuve en dix points à base de Feu! Chatterton, de Rover, de Nada Surf ou encore de Détours de Babel. Stéphane Duchêne et Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 19 février 2016

Les dix concerts à ne pas louper en mars et avril

Feu! Chatterton Voilà un groupe qui aime les transports, qui a déchiré le voile du succès critique avec une chanson sur le Costa Concordia et annoncé son premier album avec un single titré Boeing. Mais quand on parle de transport, il faudrait entendre ce mot selon toutes ses acceptions, à commencer par celle du transport sentimental, du transport amoureux et du voyage des mots. Car si l'on a multiplié les comparaisons musicales ou stylistiques s'agissant de Feu! Chatterton, il faut reconnaître une chose qui n'appartient qu'à eux. Rarement, on a vu si jeune groupe écrire des textes de la sorte : Boeing est une chanson à danser autant qu'à lire comme une suite machiniste à L'Albatros de Baudelaire (« Boeing, Boeing ! Et tes mouvements lents sont de majesté / Est-ce la faute de tes passagers indigestes / Si tu penches ? »). Quant aux paroles de Côte Concorde, elles sont à placer aux côtés des grands textes de la chanson française (« Du ciel tombe des cordes, faut-il y grimper ou s'y pendre ? »). Feu! Chatterton, loin d'être de paille, brûle de mots et sur scène les enflamme. C'est à voir.

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Vald injecte une bonne dose d'absurdité dans le rap game

MUSIQUES | Avec "NQNT" et "NQNT 2", Vald, de passage cette semaine par la Bifurk, confirme qu'il est le rappeur le plus cramé et le plus futé de sa génération.

Benjamin Mialot | Mardi 17 novembre 2015

Vald injecte une bonne dose d'absurdité dans le rap game

Vald n'est pas un génie. Il s'en défend à longueur d'interviews, retranché derrière quatre lettres : "NQNT", pour "Ni queue ni tête", équivalent j'm'enfoutiste et prêt-à-"brander" du "no reason" de Quentin Dupieux. Mais il est assurément un petit malin. Pour preuve, la manière, elle aussi volontairement contradictoire, dont il a orchestré la promo de NQNT 2 – qui fait suite à un EP et une poignée de mixtapes. Selfie, portrait d'une jeune fille à la sexualité lycanthropique (girlfriend bien sous tout rapport le jour, elle devient une bête masochiste la nuit), a été promu par trois clips plus ou moins explicites, tournés avec la complicité des pornstars Ian Scott et Nikita Belluci – le plus hard étant diffusé sur la plate-forme de partage de vidéos pas du tout "safe for work" Pornhub. Même tarif pour Urbanisme, description à double tranchant des évolutions de la vie de quartier qu'illustrent trois plans-séquences quasiment identiques et anti-spectaculaires au possible – on le voit acheter des clopes et peiner à en allumer une. "Trolling" marqueté ou délire arty ? Dans les deux cas, la frontière est aus

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Jeanne is Added

MUSIQUES | Sensationnelle révélation des dernières Trans Musicales de Rennes, après des années dans le jazz, Jeanne Added a fait table rase de tout pour pratiquer un mélange de post-punk-électro et de pop-grunge. Et se pratiquer surtout elle-même. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 29 septembre 2015

Jeanne is Added

C'est ainsi, le jazz mène à tout mais pas toujours à soi. Pour se trouver, il faut parfois savoir s'en échapper. En la matière, Jeanne Added est un cas d'école. La preuve que le jazz mène à tout quand on voit comment cette interprète courtisée par les formations jazz s'est muée en créature pop-grunge. La preuve que le jazz ne mène pas toujours à soi quand on n'est justement qu'interprète (même courtisée). Dans certains cas, on y reste au service des autres, fussent-ils, comme de bien entendu en jazz, les plus grands (Trotignon, Kerecki et consorts). En musique, Jeanne Added en a vu des vertes et des bien mûres côté passages obligés : Conservatoire national et la Royal Academy de Londres après une formation classique en violoncelle et quelques tiraillements à l'endroit de la part rock d'elle-même. Devenue vocaliste de jazz (elle sera d'ailleurs nominée en trio aux Victoires du jazz), elle donne de la voix pour les autres puis finit par ne plus pouvoir s'entendre. Elle décide de muer, de muter, de tout changer. Ça parle Ce changement de voie et de voix, Jeanne Added l'a préparé comme si une guerre arrivait (A war is coming

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Les projets des Gentils en cours

SCENES | « Un jour, Lucie Duriez [la directrice de l’Espace 600] nous a dit que les Gentils, c’était comme La Comédie humaine de Balzac : une grande fresque qui se (...)

Aurélien Martinez | Mardi 16 décembre 2014

Les projets des Gentils en cours

« Un jour, Lucie Duriez [la directrice de l’Espace 600] nous a dit que les Gentils, c’était comme La Comédie humaine de Balzac : une grande fresque qui se déclinerait en plein de spectacles. C’est ça, oui ! Du coup, peut-être que dans trois ans, on verra la galette, le Brésilien ou l’ange [des personnages de La Carriole – NDLR] passer dans un autre spectacle. On va créer une grande famille. » (Aurélien Villard) La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi On en a déjà parlé 1258 fois, toujours en des termes on ne peut plus élogieux. On l’a déjà vue de nombreuses fois, si bien que l’on connaît maintenant les chansons par cœur – le CD édité par la compagnie nous a aussi aidés. Oui, cette Carriole est l’un des spectacles "made in Gre" (enfin, "made in Saint-Antoine-l’Abbaye") les plus enthousiasmants de ces dernières années, avec surtout des comédiens excellents, dont certains ont d

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Les Gentils, petits plaisirs entre amis

SCENES | Bienvenue dans le monde déjanté des Gentils, jeune compagnie iséroise adepte d’un théâtre généreux, non intimidant et très drôle fait avec à peu près tous les matériaux textuels possibles – dont beaucoup de chansons. À l’occasion de son passage par Eybens avec "La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi", sa plus grande réussite, zoom sur l’une des bandes d’acteurs les plus enthousiasmantes du moment. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 16 décembre 2014

Les Gentils, petits plaisirs entre amis

Depuis quelque temps, on entend beaucoup parler de la compagnie des Gentils. À Grenoble et dans l’agglo d’abord : du côté de l’Espace 600, salle qui leur a très vite ouvert les portes ; d’Eybens, une ville qui commence à bien les aimer, de Saint-Égrève où ils sont attendus en avril… Et en dehors de l’Isère aussi : du côté de Lyon où un grand théâtre jeune public (le TNG) leur a donné de beaux moyens l’an passé, d’Avignon cet été pendant le fameux festival, de plusieurs autres villes (Saint-Étienne, Macon, …) où ils sont programmés dans d’importants théâtres. Oui, pour les Gentils, ça commence à bien marcher même si, comme dirait l’autre, nul n’est prophète en son pays : il est par exemple assez dingue de constater que, finalement, très peu de professionnels grenoblois de la culture connaissent cette compagnie à qui l’on avait pourtant décerné l’an passé le "PB award" du meilleur espoir théâtral ! En même temps, pas sûr que le statut de prophète intéresse tant que ça Aurélien Villard et toute sa petite bande. « Populaire et

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Notre sélection de Noël

ACTUS | Les bouquins, DVD et autres CD, c’est bien pour Noël, certes. D’ailleurs, tous les magazines y vont de leur sélection. De notre côté, on a préféré se pencher sur les spectacles et concerts des six prochains mois qui pourront ravir vos proches. Oui, du coup, sous le sapin, il n’y aura qu’un bout de papier (le ticket d’entrée) ; et alors ?!

Aurélien Martinez | Mardi 9 décembre 2014

Notre sélection de Noël

Pour les spectateurs qui en ont marre du théâtre à papa (ou maman) Succès du Festival d’Avignon 2013, la relecture théâtralisée des Particules élémentaires de Michel Houellebecq par le jeune Julien Gosselin est l’événement théâtral de l’année – du mardi 10 au samedi 21 mars à la MC2. Un spectacle captivant qui s’inscrit dans son temps sans tomber dans le modernisme à tout prix. Fort, très fort. 04 76 00 79 79 ou www.mc2grenoble.fr Pour les "tendance" Christine and The Queens, c’est la sensation chanson française (mais pas que) du moment. Une pop glacée et hypnotique diablement séduisante qui remplit des salles de plus en plus grandes. À l’heure où nous écrivions ces lignes, il restait douze places pour son concert du mardi 3 mars à la Belle électrique. Oui, que douze.

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C’est gentil chez eux

SCENES | En une de ce numéro panorama, une photo extraite de "La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi", excellent spectacle de la compagnie grenobloise Les Gentils, tout en chant, en humour et en poésie. L’un des temps forts de cette saison 2014 / 2015. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 9 septembre 2014

C’est gentil chez eux

En décembre dernier, dans notre traditionnel numéro bilan de fin d’année, nous décernions le Petit Bulletin award du meilleur espoir théâtral à la compagnie grenobloise les Gentils. 2013/2014 a ainsi véritablement été la saison du décollage pour la jeune troupe d’Aurélien Villard, grâce à son spectacle La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi qui, après un beau festival d’Avignon cet été, continue son bonhomme de chemin dans des salles de plus en plus grandes – l’Opéra-théâtre de Saint-Étienne, le TNG de Lyon, la scène nationale de Macon... Et, pour cette saison, deux passages par des théâtres de l’agglo grenobloise aux jauges conséquentes : l’Odyssée d’Eybens et la Vence scène de Saint-Égrève. Avant, on l’imagine, une tournée encore plus grande, le spectacle étant une réussite locale qui fait plaisir à voir. Notre cœur fait boum Toujours animé par l’esprit de troupe qui le guide depuis ses débuts il y a sept ans, par son envie de fair

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Awards 2013 théâtre

SCENES | L’award du meilleur espoir : la compagnie des Gentils Ça fait un bout de temps que la petite bande issue en partie du conservatoire de Grenoble et (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 19 décembre 2013

Awards 2013 théâtre

L’award du meilleur espoir : la compagnie des Gentils Ça fait un bout de temps que la petite bande issue en partie du conservatoire de Grenoble et réunie autour du metteur en scène Aurélien Villard fait son nid dans le milieu grenoblois, toujours guidée par l’envie de proposer un théâtre généreux et non intimidant. On a souvent pu la croiser à l’Espace 600, qui la soutient depuis longtemps, mais aussi à l’Amphidice (sur la fac) ou au festival Textes en l’air de Saint-Antoine-l’Abbaye (Aurélien Villard vient de ce village isérois). Pourquoi un award maintenant du coup ? Parce que 2013 est véritablement l’année du décollage pour les Gentils, grâce à leur création La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi qui vient d’être produite par le Théâtre nouvelle génération de Lyon – et non par une structure grenobloise, mais bon ! Un acte de professionnalisation (avant, c’était en mode débrouille, alors que là, tout le monde est payé) qui ouvre de nouvelles voies à ces saltimbanques adeptes du théâtre chanté et,

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Made in Grenoble

SCENES | Être gentil, c’est bien. Et drôle dans le cas des Gentils. La compagnie grenobloise, dont on a souvent dit du bien dans ces colonnes, sera cet été au (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 19 juin 2013

Made in Grenoble

Être gentil, c’est bien. Et drôle dans le cas des Gentils. La compagnie grenobloise, dont on a souvent dit du bien dans ces colonnes, sera cet été au festival Textes en l’air de Saint-Antoine-l’Abbaye avec sa Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi (photo), cabaret déjanté et volontairement désuet. Sur les extraits vidéo que l’on a pu découvrir, on a retrouvé tout l’esprit Do it yourself de ces saltimbanques poétiques au sens de l’humour affuté. À noter que plusieurs autres artistes de la scène grenobloise seront présents à Saint-Antoine : le politique Bruno Thircuir de la Fabrique des petites utopies, avec son repas-spectacle kafkaïen Nous sommes tous des K ; la metteuse en scène jeune public Émilie Le Roux avec sa création Contre les bêtes, en collaboration avec le chanteur Xavier Machault, le tout sur un texte de Jacques Rebotier ; ou encore la très cérébrale

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Made in french

MUSIQUES | Dans le sillage de La Femme, de passage à Grenoble cette semaine, une poignée de groupes hexagonaux se réapproprient la langue française en miroir d'une certaine idée de la France, fantasmée comme un paradis perdu qu'il faudrait rapatrier.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 mai 2013

Made in french

« Le rock français, disait John Lennon, c'est comme le vin anglais. » Y ajouter du français, ce serait donc comme le couper à l'eau, on le sait depuis toujours, voire à l'huile de moteur. À son inimitable manière, Jean-Louis Murat résumait ainsi le problème dans un des Inrocks du mois dernier : « Dès que tu as basse-batterie, ta chanson est dépassée. Tu voulais faire une berline et tu te retrouves avec un semi-remorque. » C'est pourtant avec une certaine légèreté de ton et la langue nullement chargée d'un trop lourd héritage – littéraire côté français, rock côté anglo-saxon – qu'une nouvelle génération de popeux a réinvesti la très casse-gueule combinaison mélodies anglophones/idiome francophone. La chose n'est pas nouvelle, a connu des tendances, des écoles (les labels Village Vert et Lithium), mais à vrai dire on n'avait pas vu pareil (épi-?) phénomène depuis l'agonie prématurée de baby rockers (Naast, Brats, Second Sex, Plastiscines...) trop vites portés aux nues d'une France qui rock et qui roll et précipités tout aussi rapi

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L'autre voix du Mali

MUSIQUES | Surnommée Fatou, l'auteure-compositrice-interprète et comédienne malienne Fatoumata Diawara est une touche-à-tout, mais surtout une chanteuse sublime et (...)

Christine Sanchez | Jeudi 14 février 2013

L'autre voix du Mali

Surnommée Fatou, l'auteure-compositrice-interprète et comédienne malienne Fatoumata Diawara est une touche-à-tout, mais surtout une chanteuse sublime et envoûtante, une voix en or encore venue du Mali (comme Rokia Traore). Comédienne pendant six ans dans la compagnie de rue Royal Deluxe, elle s'est fait connaître du grand public en 2007 en incarnant avec brio la sorcière Karaba dans la comédie musicale Kirikou et Karaba, adaptée du film d'animation de Michel Ocelot. Depuis lors, elle se consacre avec passion à sa carrière solo, puisant sans limite, frontière ni ornière à la source de plusieurs registres musicaux. Ainsi émancipée de toute contrainte, Fatoumata Diawara a notamment signé Fatou, un bel album éponyme, hybride, servi par un dosage subtil d'influences diversifiées, de références à la pop, au folk ou au funk – injectées à dose minimale – qui se mêlent à des inflexions plus jazzy. Si les balades intenses, mélodies entraînantes et mélopées fragiles se succédant jouent sur la dualité entre des sonorités contemporaines occidentales et des rythmes traditionnels africains, le chant reste exclusivement Wassoulou. Porté par la voix à la fois suave, p

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Fortissimo

MUSIQUES | GROOVE & CO / Il y a quelque chose de profondément réjouissant à l’écoute de la musique du français General Elektriks (RV Salters à la ville), comme l’avait (...)

François Cau | Mercredi 26 octobre 2011

Fortissimo

GROOVE & CO / Il y a quelque chose de profondément réjouissant à l’écoute de la musique du français General Elektriks (RV Salters à la ville), comme l’avait prouvé à merveille en 2009 son tubesque Raid the Radio. Un son savamment maîtrisé qui donne néanmoins l’impression de s’ébrouer avec une liberté infinie, pour une ambiance vintage mais non passéiste. Car General Elektriks, malgré une panoplie d’instruments d’un autre âge (dont tout un tas de claviers), ne tombe pas dans le piège de la reproduction stérile et sans âme de standards éculés. Il y a donc un aspect résolument moderne dans son approche de la musique : un goût prononcé pour le collage et le mixage, sans négliger les vertus pop d’une mélodie ou d’un refrain chanté. En témoigne Parker Street, son troisième album à l’efficacité redoutable. L’homme, habitué au travail en solitaire, s’est cette fois-ci entouré d’un batteur pour construire un funk groove soul énergique ou planant – voire même tendre sur certains titres proches de la ballade. Fort du nombre pharaonique de concerts donnés suite au succès rencontré par son précédent album (dont un passage remarqué et rythmé au Cabaret frappé 2010), la nouvelle tournée du

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General Elektriks : monsieur 100 000 volts

MUSIQUES | Dépossédons Gilbert Bécaud de son surnom officiel pour l’attribuer à RV, pivot du projet General Elektriks. Il serait en effet dommage de réduire le groupe au (...)

François Cau | Lundi 12 septembre 2011

General Elektriks : monsieur 100 000 volts

Dépossédons Gilbert Bécaud de son surnom officiel pour l’attribuer à RV, pivot du projet General Elektriks. Il serait en effet dommage de réduire le groupe au seul souvenir des sifflotements entêtants du tubesque Raid the Radio, tant le frontman fait montre d’une énergie dantesque dans ses performances live, ou dans ses productions discographiques. Son troisième album, Parker Street (sortie début octobre), poursuit son insatiable mélange des genres ; funk, disco, pop, rock se télescopent avec bonne humeur dans ce nouveau patchwork parfois un chouïa trop bordélique, mais tellement désarmant dans sa candeur explosive. General Elektriks + Antonionian Mardi 8 novembre à 20h30, à la Source (Fontaine)

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