Limp Bizkit en a toujours ras la casquette

Limp Bizkit + Merge

Transbordeur

ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement

Deux mois après System of a Down, une autre vieille gloire du nu metal fait son grand comeback à Lyon en la personne morale de Limp Bizkit. Retour sur sa carrière, longue d'une vingtaine d'années, erratique et injustement réduite à ses années de faste mainstream. Benjamin Mialot

Peut-on avoir du respect pour un groupe qui tire son nom d'une légende de vestiaire (le "fameux" jeu de la biscotte), a une façon si subtile de décrire la merditude des choses qu'il est un jour arrivé sur scène en sortant d'un chiotte géant et a signé la plus ignoble profanation de l'histoire de la musique populaire – une reprise façon bad boy en réhabilitation sentimentale de Behind Blue Eyes des Who ?

Á en croire l'une des plumes du site Noisey, on le lui doit carrément : Limp Bizkit serait l'une des formations les plus authentiquement punks de sa génération, en cela qu'elle a connu un succès planétaire malgré elle et en se foutant du qu'en-dira-t-on comme de la première casquette de son leader, le tatoueur, skateur et blaireau notoire Fred Durst – Results May Vary (2003), où figure ladite profanation, a battu des records en matière de dézingage critique.

Rien ne prédestinait, il est vrai, ce biscuit moulé en 1995 en Floride, à vendre 33 millions de disques à travers le monde. Son premier album, Three Dollar Bill, Yall$ (1997), où le heavy metal in your face de Pantera fraye avec la noise pour abattoirs de Helmet, le hip-hop psychotique de Suicidal Tendencies et même la pop option cuir de George Michael (le temps d'une cover écorchée vive et devenue culte de Faith), demeure même à ce jour un indépassable sommet d'hostilité nihiliste – sur Pollution, Durst hurle si fort qu'on entend quasiment des nodules pousser sur ses cordes vocales.

Go Wes

La suite est fonction des allers et venues de Wes Borland, guitariste sous-estimé qui a contribué à élever la technique de la power chord sous-accordée au rang d'art – et donné via ses accoutrements (corps intégralement peinturluré, regard neutralisé par des lentilles noires) une visibilité à nombre de civilisations extra-terrestres primitives.

C'est à son départ, après le mastoc et clinquant Chocolate Starfish and the Hot-Dog Flavored Water (2000), troisième album qui poussait l'esthétique white trash océanique dans ses retranchements – pour un peu, ce n'était pas le thème de Mission : Impossible que Limp Bizkit s'y appropriait, mais celui de No Pain No Gain – que le groupe a vu descendre son niveau de testostérone.

C'est à son retour définitif qu'il a commencé à renouer, sur Gold Cobra (2005), avec son sens de l'entertainment délétère, en attendant la sortie cette année de Stampede of the Disco Elephants, premier disque enregistré en l'absence de son second pimp sonore, l'ex-House of Pain DJ Lethal, retourné dealer à plein temps ses ambiances mystico-poisseuses au sein de La Coka Nostra.

Aucune chance, cependant, que ce dernier rivalise en intensité et en groove avec ce qui reste le classique de Limp Bizkit, le (dé)générationnel Significant Other (1999), mi-appel au vandalisme sur fond de riffs équarrisseurs (Break Stuff) mi-cri de détresse sur lit de beats old-school (The Nookie) qui, à l'époque, réconcilia le temps de messes bondissantes headbangers et b-boys. Pas si mal pour un épigone des individualistes Naughty Nineties.

Limp Bizkit [+ Merge]
Au Transbordeur jeudi 18 juin

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