Lyon Street Food Festival, « un pied de nez à la vision classique de la gastronomie lyonnaise »

Lyon Street Food Festival 2021

Anciennes usines Fagor-Brandt

ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement

Food / Année après année, le Lyon Street Food festival s’est imposé comme l’un des gros événements de la rentrée, pas seulement culinaire. Pour cette cinquième édition, qui s’ouvre ce jeudi, Emeric Richard, l’un des organisateurs, se prépare à accueillir près de 35 000 visiteurs. Entretien. 

À l’origine de ce festival il y a un duo…
Emeric Richard : On a créé cet événement avec Thomas [Zimmermann]. On était amis depuis plusieurs années déjà et on voulait créer notre entreprise pour venir bousculer les codes culinaires lyonnais. On a commencé en intervenant sur des salons et sur des événements de plus en plus grands : un banquet de 4000 personnes à la Halle Tony Garnier ou la fan zone de Bellecour lors de l’Euro de Football.

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Comment est venue l’idée d’un tel festival ?
En voyageant on avait rencontré et apprécié une approche de la cuisine différente de ce qu’on trouve ici. Décomplexée, plus abordable, avec un fort contact chef-public. Je pense à Hong Kong, où on retrouve cette approche qui nous plaît. Ce sont les night market, en pleine rue, avec des plats un peu dingues, une cuisine cosmopolite, avec des nourritures de toute l’Asie. On trouvait étonnant que cette approche ne soit pas plus présente à Lyon. Envisager un événement autour de la street food, c’était un genre de pied de nez à la vision classique de la gastronomie lyonnaise.

Ça plait aux chefs, même les plus réputés

Vous lancez donc le Lyon Street Food Festival en septembre 2016, aux Subsistances. Dès les premières heures vous êtes victime du succès, avec une file d’attente qui s’étire alors sur le quai Gillet…
Pour être honnête, à l’ouverture on est débordés par l’engouement qui est largement supérieur à ce qu’on espérait. Depuis, le festival est à chaque fois archi-plein. Et on se dit qu’on avait vu juste. Alors que sur le papier c’était un peu fou de réunir dans un même espace des grands chefs, des food trucks, des cuisiniers inconnus, en mettant tout le monde sur un pied d’égalité. C’est rare. Et ça plait aux chefs, même les plus réputés. Je pense à Mathieu Viannay, deux étoiles Michelin, qui nous a suivi dès le début. Ou à Mauro Colagreco, élu meilleur cuisinier du monde et qui était présent lors de notre dernière édition. Qui a proposé une recette simple de poulpe grillé, simple mais excellente. Ces grands chefs, notre démarche leur parle : le défi que constitue le fait d’élaborer une cuisine différente, le fait de rencontrer le public et de pouvoir échanger avec d’autres cuisiniers. Pour la première édition, quand tout ça n’existait que dans notre tête, faire de la cuisine dans des stands en palette, avec en plus des concerts, ça paraissait un peu délirant. Mais aujourd’hui on a plus de demandes de participations que de stands disponibles.

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Vous l’avez dit, le Lyon Street Food Festival ce n’est pas pour autant que de la cuisine…
Ce festival va au-delà, et pour nous la nourriture doit aussi être un prétexte pour se nourrir l’esprit. Avec des concerts. Avec des ateliers. Cette volonté de proposer une programmation culturelle est présente depuis le début et elle s’est étoffée. Particulièrement cette année, parce qu’on a encore plus de place pour le faire. On quitte Les Subsistances et on arrive aux anciennes usines Fagor-Brandt, ce qui nous permettra de mettre en place une programmation plus riche. Les sept scènes permettront qu’il se passe en permanence quelque chose. Le déménagement, qui était de toute façon prévu, est devenu encore plus nécessaire avec le report dû au Covid, puisque cette édition est désormais le fruit de deux ans et demi de préparation.

Je suis d’accord c’est très dense

Pour cette édition il y aura donc des cuisines asiatiques et belges, mais aussi un salon d’objets artisanaux et des cours de calligraphie, ou encore des démonstrations de roller disco et une Oktoberfest. Est-ce que ce n’est pas au risque qu’on ne sache plus quel est l’objet d’un tel événement ?
Cette diversité c’est un choix totalement volontaire. C’est la volonté d’offrir un énorme Rubik’s Cube que chacun puisse assembler comme il le souhaite. On aime surprendre les gens. Et on pense que chacun pourra se fabriquer sa propre expérience. Je suis d’accord c’est très dense. On crée au final plusieurs festivals en un. Un mini-festival du vin, un autre de la bière, un autre encore autour de la vallée du Rhône avec de très grands chefs. Ça nous va très bien que les gens se perdent dans cette programmation.

Mais il y a malgré tout de grands marqueurs dans cette édition…
Bien entendu il y aura de très grands chefs qui seront présents comme Anne-Sophie Pic ou Yoann Conte. Et d’autres peu connus qu’on a tout aussi hâte de faire découvrir, comme ceux qui représenteront Bruxelles. Mais s’il y a une destination majeure cette année, c’est l’Afrique. On veut mettre en avant un territoire qui n’est pas souvent mis sur le devant de la scène, et qui dispose d’une cuisine très riche, très diversifiée. On va s’appuyer sur la musique et l’organisation d’ateliers, et bien sûr sur les chefs. La plupart officient en France [NdlR : les restrictions de voyage dans le contexte actuel ne permettaient pas d’inviter beaucoup de chefs étrangers] comme Jules Niang à Lyo, et font une cuisine authentique. Et ils vont participer à présenter un visage moderne de l’Afrique. Ça c’est un gros marqueur de cette édition. L’autre chose importante, c’est l’accent qui sera mis sur les ateliers. Qui seront partout. "Apprendre" sera un élément important de cette édition. Enfin, on pense que tout le monde a envie de retrouver de la musique live et c’est aussi quelque chose qui nous tient à cœur, on est fiers de notre programmation musicale avec entre autres Lova Lova, Irène Drésel ou encore Magenta.

Comment voyez-vous l’évolution de la cuisine à Lyon depuis la première édition du festival et notamment la place de la street food ?
Quand on a démarré il n’y avait que trois food trucks en ville. Aujourd’hui c’est une soixantaine. Côté restaurants il y a de plus en plus de concepts qui s’apparentent à de la street food. Mais aussi, c’est une chose qu’on remarque peut être moins, il y a une vraie influence de cette cuisine sur la gastronomie. Et il y a encore certainement un bon bout de chemin à parcourir. Souvent la manière d’appréhender la street food passe par une fusion avec les codes lyonnais. Il est possible de dépasser cela et d’aller plus loin. Dans d’autres grandes villes d’Europe, comme Berlin, Londres, mais aussi Lisbonne ou Zürich, il y a une approche de la street food qui reste plus développée. Si on regarde la France, Lyon est en avance. Mais il y a encore tant de choses à faire ! D’ailleurs si on ne pensait pas ça on ne continuerait pas ce festival.

Lyon Street Food Festival
Aux anciennes usines Fagor-Brandt du jeudi 16 au dimanche 19 septembre

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