Babycall

ECRANS | De Pal Sletaune (Norvège, 1h36) avec Noomi Rapace, Kristoffer Joner…

Christophe Chabert | Lundi 30 avril 2012

Photo : DR


Babycall démontre à quel point la pratique du twist scénaristique, ce renversement de situation final qui pousse à revoir l'ensemble du film sous un jour nouveau, est aujourd'hui une pratique éculée et, c'est un comble, prévisible. Dès le début, Sletaune nous envoie de gros clins-d'œil pour bien nous faire comprendre que l'angoisse de cette mère qui surprotège son gamin face à un éventuel retour d'un père violent et abusif, n'est pas ce que l'on pourrait croire. La mise en scène cherche à créer un climat oppressant, mais produit surtout une grande passivité chez le spectateur, pressé de savoir ce qui relève du réel ou du fantasme. Sauf que le script est tellement emberlificoté qu'en définitive, rien ne subsiste une fois le brouillard dissipé, sinon la sensation d'avoir assisté à du vent. Même le thème, passionnant chez Nakata dans Dark Water, de la solitude urbaine et de la maternité comme un sacrifice de soi, ne semble que lointainement intéresser le cinéaste, qui préfère faire le malin plutôt que de prendre au sérieux le mélange de mélo et de fantastique que son matériau lui autorisait.

Christophe Chabert

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Quand vient la nuit

ECRANS | Après l’électrochoc "Bullhead", Michael R. Roskam négocie habilement son virage hollywoodien avec ce polar à l’ancienne écrit par le grand Dennis Lehane, très noir et très complexe, servi par un casting parfait. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 11 novembre 2014

Quand vient la nuit

Dans son premier film, le stupéfiant Bullhead, Michael R. Roskam inventait un personnage de gros dur camouflant sa perte de virilité par une surdose de produits dopants le transformant en montagne musculeuse et toutefois taiseuse. Bob Saginowski, le héros de Quand vient la nuit que Tom Hardy campe avec un plaisir cabotin de la retenue, partage avec lui de nombreux points communs : taciturne, maladroit dans ses rapports humains, semblant masquer derrière son apparente absence d’états d’âme ce que l’on devine être un lourd passé. Bob traîne dans le milieu de la mafia russe à Brooklyn, s’occupant avec son cousin Marv — James Gandolfini, dans une puissante et émouvante dernière apparition à l’écran — d’un «bar-dépôt» servant avant tout à blanchir l’argent de tous les trafics nocturnes illicites ; mais il s’entête à prendre ses distances avec ce monde du crime, répétant inlassablement qu’il n’est «que le barman». Il va à l’église mais ne communie pas ; et il s’obstine à élever un pitbull qu’il a ramassé blessé dans la poubelle d’une jeune femme, Nad

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Dead man down

ECRANS | De Niels Arden Oplev (EU, 1h57) avec Colin Farrell, Noomi Rapace, Isabelle Huppert...

Jerôme Dittmar | Vendredi 29 mars 2013

Dead man down

Où vas-tu Colin Farrell ? Sur le déclin après avoir touché la grâce dans Miami vice, l'acteur au regard d'enfant égaré s'est perdu. A nouveau en galère dans Dead man down, on se demande si ce n'est pas cuit pour lui à force d'enchainer nanars et remakes balourds. Polar foireux débutant comme un thriller crypté avant de vite bifurquer vers un double récit de vengeance bien mal mené, Dead man down ne tient en effet aucune de ses promesses. Et ce n'est pas Niels Arden Oplev, auteur du déjà pas fameux Millénium suédois, qui sauve les meubles. Le réalisateur a beau tenter de donner un peu d'âme et d'espace à ses personnages (un immigré hongrois et une femme victime d'un accident), là où devraient naître zones d'ombres et ambiguïtés se multiplient les rebondissements patauds. Prisonnier d'un scénario sans latitudes et réduisant ses enjeux à la nullité de sa petite mécanique, Dead man down débouche là où risque de finir la carrière de Farrell : dans l'indifférence totale. Jérôme Dittmar

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Passion

ECRANS | Vaine tentative de Brian De Palma pour réactiver les fondamentaux de son cinéma, ce remake de "Crime d’amour" se traîne entre esthétique de feuilleton télé teuton et autoparodie sans queue ni tête. Catastrophe ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 15 février 2013

Passion

Il faut d’abord se pincer pour croire que Brian De Palma est bien derrière la caméra de ce Passion. Les premières scènes, en effet, laissent plutôt penser que Claude Chabrol avait laissé en guise de testament ce remake du dernier film d’Alain Corneau. On retrouve la même désinvolture filmique, la même direction artistique ingrate, la même platitude visuelle que dans ses opus tardifs. En tout cas, pas trace du grand style De Palma ; juste des dialogues tiédasses, des intérieurs design cheap, des bureaux blancs sur blancs et deux actrices (Rachel MacAdams et Noomi Rapace) qui récitent sans conviction une partition il est vrai très faible. Même la musique du revenant Pino Donaggio ressemble plus aux compositions derrickiennes de Mathieu Chabrol qu’à celles d’un Bernard Hermann. Viral bol L’intrigue (mal) posée, où une ambitieuse chef d’agence de pub à Berlin (MacAdams) trahit sans vergogne son assistante (Rapace) pour obtenir une promotion new-yorkaise, tandis que ladite assistante, guère plus scrupuleuse, entame une liaison avec l’amant de sa patronne, De Palma y ajoute un sous-texte théorique qui relève du cache-misère cynique. Ici, to

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Prometheus

ECRANS | Se voulant un retour aux origines de la saga "Alien", "Prometheus" est surtout une impasse pour Ridley Scott, tiraillé entre l’envie de retrouver sa splendeur graphique des débuts et son désir de rivaliser avec les blockbusters d’aujourd’hui. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 31 mai 2012

Prometheus

L’attente disproportionnée qui a entouré Prometheus, de l’annonce du projet (une prequel d’Alien) à ses nombreux changements d’horizon («l’invention d’une nouvelle mythologie») ne sont peut-être pas pour rien dans la déception éprouvée à la vision du film. Qui ne commence pourtant pas si mal… Pour la première fois, Ridley Scott s’essaie à la 3D et les images d’introduction, travellings aériens survolant une nature majestueuse, loin du space opera attendu, ont de l’allure. Même l’étrange géant diaphane qui se décompose au contact d’une substance noire et liquide, désintégrant jusqu’à son ADN, permet à Scott de déployer une certaine maestria visuelle. Quand le film s’envole dans l’espace avec une troupe de scientifiques et de grouillots au panel très Benetton, on y croit encore. Scott glisse par exemple une idée étonnante : l’androïde David, interprété par Michael Fassbender (curieux, tout de même, d’avoir confié à l’acteur le plus physique et sexuel du moment un personnage robotisé et désincarné), choisit son look en référence à Peter O’Toole dans Lawrence d’Arabie. Comme si, autant que d’expliquer les fondements de la

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Des hallucinations de haute volée

ECRANS | Avec une deuxième édition particulièrement réussie, le festival Hallucinations collectives a trouvé son bon format, rencontré un large succès et proposé une sélection d’une grande tenue, que le jury a justement souligné en décernant un grand prix mérité au génial Kill list. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 11 avril 2012

Des hallucinations de haute volée

Depuis la naissance de L’Étrange festival, et sa transformation en Hallucinations collectives l’an dernier, ce festival nous tient à cœur et c’est avec une certaine joie que l’on peut affirmer que l’édition 2012 restera comme un excellent cru. Et, cela ne gâte rien, le public a répondu présent, malgré la pléthore de propositions culturelles (ou pas, genre l’ouverture du centre commercial Confluence) et le début des vacances de Pâques. De là à dire que celui-ci se lasse du formatage cinématographique actuel et démontre qu’il est prêt à se lancer dans des expériences extrêmes, il y a un pas que l’on ne franchira pas ; mais qu’il puisse répondre présent une fois par an pour découvrir des films hors norme, et parfois franchement déroutants, est un pied de nez salutaire au marketing envahissant et à la longue gonflant qui tente de nous faire croire à la nouveauté là où, de toute évidence, il n’y a que de la redite. La compétition, grande innovation du festival depuis l’édition précédente, a ainsi démontré une vigueur galvanisante. Galvanisant, c’est d’ailleurs le mot qui vient à l’esprit pour qualifier The Raid de Gareth Evans, présenté en ouverture

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Millenium 3 – la reine dans le palais des courants d’air

ECRANS | De Daniel Alfredson (Suède, 2h27) avec Michael Nyqvist, Noomi Rapace…

Dorotée Aznar | Jeudi 8 juillet 2010

Millenium 3 – la reine dans le palais des courants d’air

Terrassé par un second volet dont l’origine télévisuelle n’excusait en rien le rythme amorphe, on se lance dans l’ultime film de la saga avec expectative. De fait, pendant toute la première partie où Lisbeth Salander se retrouve coincée à l’hôpital, on a bien affaire au même succédané suédois de "Derrick", avec de fulgurantes scènes de violence - placées de façon quasi sadique dans le récit, pour réveiller l’infortuné spectateur qui rejoignait enfin les bras de Morphée. Une fois que le règlement de compte judiciaire final s’enclenche, l’intérêt – ce lâche - revient forcément au galop. On serait presque pris d’enthousiasme si à la réflexion, on évitait de se dire que les sept heures de projection (huit pour la série télé) aurait bien mieux servies à la lecture des romans originaux… FC

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Millénium 2 - La Fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette

ECRANS | De Daniel Alfredson (Suè, 2h09) avec Michael Nyqvist, Noomi Rapace…

Dorotée Aznar | Vendredi 25 juin 2010

Millénium 2 - La Fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette

La première adaptation cinématographique de la trilogie de Stieg Larsson avait séduit les fans des romans par son ambiance putride, soulignant les déliquescences d’une société suédoise montrée sous son jour le plus corrompu et misogyne. Malgré ses défauts de rythme manifestes, le long-métrage de Niels Arden Oplev s’en tirait avec les honneurs, bien aidé par son binôme d’acteurs principaux. Pour la suite de la saga, un nouveau réalisateur prend le relais, et tout de suite, c’est une autre paire de manche. Daniel Alfredson se repose entièrement sur le cahier des charges esthétiques du premier volet, s’efface au point de rendre sa mise en scène totalement transparente. Et l’intrigue de dévider ses maigres soubresauts avec un manque d’efficacité tout à fait remarquable, encore un peu plus entamé par une poignée de scènes complètement à côté de la plaque (dont un combat de boxe valant son pesant). D’héroïne emblématique, Lisbeth Salander est reléguée au rang de justicière de série Z, et Mikael Blomkvist tire la tronche. Le dernier volet sort dans un mois, on l’attend avec une infinie patience. FC

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