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ECRANS | De Joachim Trier (Nor/Dan/Fr, 1h49) avec Isabelle Huppert, Gabriel Byrne, Jesse Eisenberg…

Vincent Raymond | Mardi 8 décembre 2015

Après la réussite de son Oslo 31 août, Joachim Trier s'offre une petite tranche d'europudding avec un portrait en creux d'une photographe de guerre défunte. Et surtout celui de son veuf, de ses enfants face au deuil impossible. C'est beau, c'est froid, c'est austère. C'est arty, aussi, avec plein de résonances drôlement bien pensées. Mais c'est surtout très attendu, dans les intentions, les développements et la construction.


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De Joachim Trier (Norv, Fr, 1h49) avec Isabelle Huppert, Gabriel Byrne...

De Joachim Trier (Norv, Fr, 1h49) avec Isabelle Huppert, Gabriel Byrne...

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Alors que se prépare une exposition consacrée à la célèbre photographe Isabelle Reed trois ans après sa mort accidentelle, son mari et ses deux fils sont amenés à se réunir dans la maison familiale et évoquer ensemble les fantômes du passé…


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La beauté sera convulsive : "Thelma"

Le Film de la Semaine | On sait depuis Spider-Man qu’un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Mais comment les assumer si l’on a pas encore conscience d’en posséder un ? Dans Thelma, son éveil chez une jeune femme coïncidera avec la résolution radicale de son Œdipe. Hypnotique.

Vincent Raymond | Mardi 21 novembre 2017

La beauté sera convulsive :

La post-adolescence féminine a toujours suscité fascination et fantasmes : un corps qui se métamorphose et devient apte à concevoir peut bien recéler d’autres prodiges plus secrets encore. Pouvoirs supra-naturels ou appétits déviants figurent alors en bonne position — demandez à la Carrie de Stephen King, ou aux deux sœurs de Grave (2016) leur avis sur la question. Joachim Trier à son tour a succombé à la séduction janusienne de cette nouveauté, qui dans le même temps attire et effraie avec Thelma, portrait d’une jeune femme résolument différente. Issue d’une famille rigoriste vivant en marge du monde, Thelma arrive à la faculté avec sa solitude et sa timidité. Une soudaine crise épileptoïde survenue à la bibliothèque lui permet de socialiser avec Anja, qui devient son amie et l’initie à la vie : boisson, cigarette et même davantage… Pupille absente… Film fantastique qui se retient le plus longtemps p

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Cannes 2015, jour 5. Oh ! Carol…

ECRANS | "Carol" de Todd Haynes. "Mon roi" de Maïwenn. "Plus fort que les bombes" de Joachim Trier. "Green Room" de Jeremy Saulnier.

Christophe Chabert | Lundi 18 mai 2015

Cannes 2015, jour 5. Oh ! Carol…

Il fait beau et chaud sur Cannes, et tandis que les plagistes ont les pieds dans l’eau, les festivaliers continuent de macérer dans une mare de sueur, brûlant au soleil de files d’attente désespérées, rabrouant les resquilleurs, espérant secrètement découvrir de beaux films. À la mi-temps du festival, on est encore dans l’expectative. Il faut dire que des films, on n’en voit moins que les années précédentes, et surtout que l’on se concentre sur les films événements. A perdre chaque jour entre trois et cinq heures à attendre, on doit forcément sacrifier la part de découverte pourtant essentielle à la manifestation. D’où l’impression d’assister à une grande preview des films importants de l’automne, plus qu’à une compétition en bonne et due forme. Carol : Tood Haynes sublime le mélodrame Si toutefois on devait jouer le jeu des pronostics, on dirait que Carol de Todd Haynes ferait une très belle Palme d’or. Ce n’est pas ce qu’on a vu de mieux dans ladite compétition — Le Fils de Saul a notre préférence — mais il marque une étape décisive dans la carrière d’un cinéaste plutôt rare, dont chaque œuvre était jusqu’ici pétrie de contradic

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Oslo, 31 août

ECRANS | Le Danois Joachim Trier adapte dans la Norvège d’aujourd’hui "Le Feu follet" de Drieu La Rochelle, transformant son anti-héros en ex-drogué ayant perdu le goût de la vie. Une errance magistralement mise en scène, sensuelle et mélancolique. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 22 février 2012

Oslo, 31 août

Anders se réveille avec une fille dans son lit. Il s’habille, traverse le périphérique, s’avance dans une forêt jusqu’à une rivière. Puis il remplit ses poches de lourdes pierres et s’enfonce dans l’eau. Au dernier moment, il renonce à son projet et utilise ses dernières forces pour retourner sur la rive. Dès cette première séquence, Joachim Trier a déjà posé l’étrange contradiction qui habite son personnage : tiraillé entre pulsion de vie et tentation du néant, Anders met son existence en balance. Le souvenir de sa vie d’avant est une douleur : la fête, les rencontres, la drogue dans laquelle il a basculé, la femme aimée qu’il a perdue et qu’il tente sans succès de joindre au téléphone… Tout cela l’a conduit en cure de désintoxication et, par une belle journée d’été à Oslo, il profite d’un entretien d’embauche pour retrouver ses amis et faire le point sur son envie de vivre. Voyage au bout de la nuit Le spectateur français n’aura pas de mal à reconnaître la trame du Feu follet de Pierre Drieu La Rochelle, déjà génialement adapté par Louis Malle avec Maurice Ronet.

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