God blesse : "America"

Documentaire | de Claus Drexel (E-U, 1h22) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 13 mars 2018

Photo : © Sylvain Leser


Alors que la campagne présidentielle américaine bat son plein, le documentariste Claus Drexel fait une longue escale à Seligman, Arizona. Et donne la parole à ces ressortissants de “l'Amérique profonde”, dont les voix comptent autant que celles, plus médiatisées, des Côtes Est et Ouest.

À la manière d'un zoom, America complète et approfondit le We Blew it de Jean-Baptiste Thoret, tourné partiellement (et concomitamment) à Seligman : on note d'ailleurs quelques protagonistes en commun, dont le coiffeur vétéran.

Avec Martin Weil pour l'émission Quotidien, Drexel est l'un des rares à avoir ausculté la réalité, pressentant ce qu'aucune bonne conscience (malgré le précédent Bush/Gore) ne se résolvait à considérer comme possible. Prenant le temps d'interroger longuement des citoyens — gens ordinaires, électeurs, militants ou non —, le documentariste fouille une conscience sociale baignée plus qu'abreuvée par les discours de propagande de Trump. On ne voit pour ainsi dire jamais les images du candidat républicain, mais sa bande-son est omniprésente. Et elle fait écho aux préoccupations des laissés pour compte, ancienne combattante, chômeurs, partisans et partisanes du deuxième amendement… Tous ceux, fatalement majoritaires, ne se reconnaissant pas dans l'image du citadin fédéral.

Loin de prendre ses interlocuteurs de haut, avec la morgue de celui qui vient pour donner la leçon, Drexel obtient des témoignages tristement compréhensibles : le sentiment d'abandon pousse au besoin régressif d'être une “grande Nation”, nostalgie d'un âge d'or chimérique.

Titrant son film sur une carcasse animale en position christique, Drexel l'achève avec un plan ô combien synthétique et symbolique : un interminable convoi ferroviaire chargé jusqu'à la gueule de tanks flambant neufs, traçant dans le désert alors qu'au premier plan rouille sur place du matériel agricole. L'Amérique a fait son choix ; tout est dit. Tristement édifiant.


America

De Claus Drexel (ÉU, 1h22)

De Claus Drexel (ÉU, 1h22)

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Novembre 2016 : les États-Unis s’apprêtent à élire leur nouveau président. America est une plongée vertigineuse au cœur de l’Arizona, à la rencontre des habitants d’une petite ville traversée par la Route 66.


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Festivals de cinéma : reports pour les Reflets et Les Intergalactiques

Cinéma | Les Reflets du Cinéma Ibérique et Latino-américain comme Les Intergalactiques, échaudés, ont d'ores et déjà ciblé le mois de septembre pour leur édition 2021.

Vincent Raymond | Mardi 9 février 2021

Festivals de cinéma : reports pour les Reflets et Les Intergalactiques

Le 7 février, le symbolique cap des 100 jours de fermeture consécutifs pour les salles de spectacles et de cinéma a été franchi. Prudence étant mère de sûreté, les festivals prennent les devants et commencent à annoncer des décalages, des reports ou des aménagements. Il faut dire que l’exemple vient d’en haut : la Berlinale se déroulera du 1er au 5 mars en ligne et Cannes (qui avait tant tergiversé l’an dernier) s’est positionné du 6 au 17 juillet sur la Croisette. Bien malchanceux en 2020 (le premier confinement les avait frappés de plein fouet, même s’ils avaient pu proposer une version allégée après l’été), Les Reflets du Cinéma Ibérique et Latino-américain ont ainsi choisi de renoncer au mois de mars, ciblant la quinzaine entre le 22 septembre et le 6 octobre, pour une mise à l’honneur « de l’Espagne, du Portugal, du Mexique ». Du côté des Intergalactiques, on la joue aussi rebelote : le 9e édition ne pouvant se tenir en avril 2020 avait é

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Un enfant à la mère : "Sous les étoiles de Paris" de Claus Drexel

Comédie dramatique | Claus Drexel l’affirme d’emblée : il s’agit d’un conte.

Vincent Raymond | Mardi 27 octobre 2020

Un enfant à la mère :

Clocharde vivant recluse dans le silence d’un local sous un pont de Paris, Christine voit surgir le petit Suli, un migrant africain dont la mère a été arrêtée pour se faire expulser. D’abord revêche avec l’enfant, Christine le prend sous son aile mitée et tente l’impossible : retrouver la mère… Claus Drexel l’affirme d’emblée : il s’agit d’un conte. Silhouette hors d’âge et claudiquante, Catherine Frot fait en effet figure de Carabosse des égouts attendant d’être délivrée d'un mauvais sort par le petit chevalier Suli au terme de leur déambulation-apprivoisement initiatique. S'il révèle les invisibles au sein de la foule solitaire, ce film démarrant comme un diesel trouve quelques moments de grâce dans le lien entre les deux personnages, et quelques images choc : l’évocation d’une “cour des miracles“ peuplée de drogués sous un parking ou les terribles (et bien réels) plans sur les bidonvilles de migrants de l’autre côté du périph’. Sur un registre plus anecdotique, il s’agit sans doute de l’un des rares — le seul ? — films où les deux sœurs Frot se donnent la réplique.

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Claus Drexel : « l’idée était de faire un conte »

Sous les étoiles de Paris | Après le visionnaire "America", Claus Drexel revient à la fiction à la demande de Catherine Frot pour un étrange buddy movie entre une clocharde et un petit migrant dans le décor somptueux de Paris. Un projet venu tout droit d’un autre documentaire, "Au bord du monde"…

Vincent Raymond | Mardi 27 octobre 2020

Claus Drexel : « l’idée était de faire un conte »

C’est par un documentaire, Au bord du monde (2013), que vous êtes arrivé à Sous les étoiles de Paris… Claus Drexel : Oui, mais je faisais déjà de la fiction avant. J’ai plutôt fait un virage vers le documentaire sans jamais avoir envie d’arrêter la fiction. Ce qui s’est passé à l’époque de Au bord du monde, c’est que je voyais des reportages sur les gens de la rue où ces personnes ne s’exprimaient jamais parce qu’on interviewait les associations — qui font un travail formidable. J’avais l’impression de vivre dans une ville avec des personnes que je ne connaissais pas, dont je ne savais rien. J’ai eu envie de les rencontrer, en tant qu’individu. C’est un peu par hasard qu’est venue ensuite l’idée de tirer un documentaire de ces rencontres, Au bord du monde, et finalement j’ai adoré ça. Ce film a changé mon regard sur le monde à plusieurs niveaux. Car j’ai adoré le concept de documentaire et j’ai eu envie de continuer à en faire, sans perdre l’envie de faire de la fiction qui était ma voie d’origine. Alors, quand Catherine Frot m’a contacté après avoir vu

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Au Zola, des Reflets du cinéma ibérique et latino-américain diffractés

Villeurbanne | Et puis, tout d’un coup, la quinzaine des Reflets du cinéma ibérique et latino-américain annulée à la veille de son lancement en mars, renaît en septembre. (...)

Vincent Raymond | Mercredi 9 septembre 2020

Au Zola, des Reflets du cinéma ibérique et latino-américain diffractés

Et puis, tout d’un coup, la quinzaine des Reflets du cinéma ibérique et latino-américain annulée à la veille de son lancement en mars, renaît en septembre. Certes, dans une forme allégée pour respecter les nouvelles règles en vigueur, sans la foultitude d’animation et de rencontres qui font son piquant (même s’il y en a quelques-unes), mais avec quantité de films inédits, en avant-première ou récemment sortis, ainsi qu’une compétitions. On vous recommande le focus brésilien (La Vie invisible d’Euridice Gusmão, Aquarius, Bacurau, Les Bruits de Recife…), le très douloureux Canción sin Nombre, l’étonnant portrait Mamacita… et de vous laisser porter pendant deux semaines pour en voir le maximum. Il y a bien des étés indiens ; pourquoi pas un été ibérique et latino-américain ? Ce sera du 16 au 30 septembre au Zola à Villeurbanne.

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« ¿Que tal, Zola ? — Muito bem, obrigada ! »

Les 35e Reflets au Zola | Alors que la boussole géopolitique subit d’inquiétantes oscillations — tout particulièrement au sud du Rio Grande —, qu’il est rassurant de trouver un havre (...)

Vincent Raymond | Mardi 12 mars 2019

 « ¿Que tal, Zola ? — Muito bem, obrigada ! »

Alors que la boussole géopolitique subit d’inquiétantes oscillations — tout particulièrement au sud du Rio Grande —, qu’il est rassurant de trouver un havre de stabilité au Zola, temple des Reflets du cinéma ibériques et latino-américains ! Mais ne vous méprenez pas : stabilité ne signifie aucunement immobilisme. En conservant son cap et sa ligne directrice, la 35e édition du festival continue surtout à défricher ces immenses pampas cinématographiques couvrant la moitié du Nouveau Monde et le quart sud-ouest de l’Ancien. Pour preuve, il sera sillonné par l’intégralité du film-fleuve argentin en quatre épisodes de Marian Llinás, La Flor. Et accueillera une réjouissante moisson d’inédits ou d’exclusivités, comme Cómprame un revolver de Julio Hernández Cordón (l’auteur des Marimbas del Infierno), le retour au Zola de Jaime Rosales pour Petra, en sa présence ou Yuli, le nouveau Icíair Bollaín en clôture — du lourd. Si la sélection compte 41 films, la compétition en r

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Denys Arcand : « le cadre du thriller est comme celui de la tragédie »

La Chute de l’Empire américain | Conteur jovial à la vue perçante, Denys Arcand analyse la société avec une précision clinique et livre des constats doux-amers sur son évolution. Entre polar et comédie, ce nouvel opus teinté de philosophie fait mal à la conscience. Rencontre.

Vincent Raymond | Lundi 25 février 2019

Denys Arcand : « le cadre du thriller est comme celui de la tragédie »

À quel moment avez-vous choisi la tonalité de ce nouveau film ? Deny Arcand : Je ne sais jamais quel film que je vais commencer quand j’en termine un ! Là, il s’était produit une espèce de règlement de comptes à Montréal : un chef de gang noir avait été abattu pour avoir prêté allégeance au “mauvais“ leader de la mafia calabraise. Ce chef de gang avait une fausse boutique de mode dans le centre de Montréal, qui en fait était une banque : rien que dans la section ouest de Montréal, son commerce récoltait cinq millions de dollars par mois et lessivait l’argent. Dans mon film, on a la récolte de deux mois. Le patron de la mafia calabraise a décidé de l’exécuter, et il y a plusieurs morts. Ça a été extrêmement violent, d’autant que ça s’est passé à midi et demi en plein milieu de rues passantes. J’ai pris des notes, j’ai rencontré un inspecteur de police mêlé à l’histoire et j’ai commencé à m’intéresser à la manière dont on pouvait faire sortir cet argent là du pays. Car si on l’enterre, il ne rapporte pas : il faut le sortir du pays, le blanchir. Tout le monde à toutes sortes de stratagèmes pour cela. Un départ très violent est tr

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Butin de mârde ! : "La Chute de l’Empire américain"

Policier | De Denys Arcand (Qué, 2h09) avec Alexandre Landry, Maripier Morin, Rémy Girard…

Vincent Raymond | Mercredi 13 février 2019

Butin de mârde ! :

Docteur en philosophie, Pierre-Paul est accablé par la conscience de son savoir comme par l’état du monde. Bénévole auprès de nécessiteux, il livre des colis pour subsister. Son existence va changer quand, témoin d’un hold-up, il récupère une énorme somme appartenant à un gang… Annoncé comme un troisième opus complétant Le Déclin de l’Empire américain et Les Invasions barbares, ce film boucle une manière de trilogie où la continuité s’effectuerait non dans la poursuite des aventures des personnages des épisodes précédents, mais à travers une analyse de l’air du temps. Comme si Arcand carottait tous les quinze ans l’atmosphère québécoise et l’interprétait en une pièce cinématographique. Seule constante : des héros déboussolés, déphasés par rapport au cours de l’époque. Cette Chute… pourrait bien être l’apogée de la trilogie. Car elle combine une intrigue de polar solidement ficelée à des paradoxes d’éthique à tiroirs (un bien illégal mal acquis peut-il profiter si les intentions sont louables ? Des vole

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La flamme de sa vie : "Dragons 3 : Le monde caché"

Animation | De Dean DeBlois (É-U, 1h34) avec les voix (v.o.) de Jay Baruchel, America Ferrara, F. Murray Abraham, Cate Blanchett…

Vincent Raymond | Mardi 5 février 2019

La flamme de sa vie :

Mâle alpha et donc roi des dragons, Krokmou n’est plus tout à fait le seul survivant de son espèce : une femelle Furie Éclair existe et elle est entre les mains de Grimmel, un féroce exterminateur de dragons. Harold et Astrid vont devoir faire feu de tout bois pour le sauver, ainsi que leur village… Cela devait arriver. Non pas qu’un troisième volet de la franchise méga-rentable voie le jour, mais que Krokmou fasse des petits. Encore faut-il qu’il déclare au préalable sa flamme à sa dulcinée, ce qui donne lieu à une réjouissante parade où l’animal, mélange indéfinissable de félin et de saurien, balance entre le grotesque et le touchant de l’ado faisant sa cour. Harold et Astrid en étant au même stade (avec des roucoulades moins dandinantes, il est vrai), cet opus printanier exhale une fragrance saison des amours, soutenue par la thématique secondaire du film : la question du détachement, doublement métaphorisée. Car si les appariements entre jeunes entraînent le départ du nid familial, la découverte d’un nouveau monde perdu où les dragons peuvent vivre en paix implique la fin de

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Voyage en Haïti à la Villa Gillet

Littérature | À peine refermée la neuvième édition du festival America, sis à Paris le week-end dernier et réunissant la fine fleur de la littérature d'Amérique (États-Unis, (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 25 septembre 2018

Voyage en Haïti à la Villa Gillet

À peine refermée la neuvième édition du festival America, sis à Paris le week-end dernier et réunissant la fine fleur de la littérature d'Amérique (États-Unis, Canada, Mexique, Cuba, Haïti...), voici que la Villa Gillet en accueille une annexe ou un prolongement, c'est comme on voudra. Et c'est à Haïti que l'événement rendra plus précisément hommage ce mercredi 26 septembre à travers un voyage littéraire à la rencontre de deux de ses écrivains phares. D'abord, Yanick Lahens, autrice de cinq romans chez Sabine Wespieser – Bain de Lune a reçu le Prix Femina 2014 – dont le dernier, Douces déroutes, dresse au long d'une intrigue serrée les portraits de personnages en proie à l'atmosphère paradoxale, faite de violence et de "douceur suraiguë", de Port-au-Prince. Ensuite, l'étoile montante des lettres haïtiennes, Makenzy Orcel, poète et romancier, auteur notamment de Les Immortelles (Mémoire d'encrier) et L'ombre Animale (Zulma). Un casting complété par le romancier, poète et slameur français

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Les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain : ¡Fiesta y cinema!

Festival | Faire miroiter les œuvres cinématographiques du monde hispanophone et lusophone, telle est la raison d’être du festival Les Reflets. Que ce soit pour (...)

Aliénor Vinçotte | Mardi 13 mars 2018

Les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain : ¡Fiesta y cinema!

Faire miroiter les œuvres cinématographiques du monde hispanophone et lusophone, telle est la raison d’être du festival Les Reflets. Que ce soit pour faire découvrir des réalisations passées inaperçues — à l’exemple du long-métrage argentin El Presidente de Santiago Mitre, avec Ricardo Darín à l’affiche, dont la sortie début janvier fut plus que fugace. Ou mettre en avant ceux désignés comme étant les plus prometteurs tel Les Bonnes Manières, un film brésilien un peu surcoté au demeurant, mélangeant tous les genres pour un résultat moyennement convaincant. Pour cette 34e édition, la péninsule ibérique est à l’honneur avec dix films espagnols projetés dont deux en présence de leurs réalisateurs — le très attendu Abracadabra de Pablo Berger (auteur du remarquable Bianca Nieves) en avant-première et La Mano Invisible de David Macián, en compétition. On pourra également revoir une copie restaurée de Attache-moi (1989), seul film de l’emb

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We Blew It

ECRANS | Nul besoin de vous rappeler à quel point nous avions apprécié le documentaire de Jean-Baptiste Thoret, We blew it (consacré à l’évolution des États-Unis des années (...)

Vincent Raymond | Mercredi 17 janvier 2018

We Blew It

Nul besoin de vous rappeler à quel point nous avions apprécié le documentaire de Jean-Baptiste Thoret, We blew it (consacré à l’évolution des États-Unis des années 1970 à Trump) et combien nous avions déploré que ce road-movie analytique, chargé de témoignages précieux et débordant d’amour pour le cinéma (starring Peter Bodganovitch, Jerry Schatzberg, Tobe Hooper…), n’ait été programmé sur aucun écran lyonnais lors de sa sortie nationale. Miracle ! Le cinéma Jeanne-Mourguet répare cet oubli en conviant le réalisateur lors d’une soirée spéciale. Au Cinéma Jeanne-Mourguet à Saint-Foy-lès-Lyon le mercredi 17 janvier à 20h

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Les USA, entre le road movie et la mort : "We blew it"

Le Film de la Semaine | Comment a-t-on pu passer de sex, summer of love & rock’n’roll au conservatisme le plus radical ? Sillonnant la Route 66, Jean-Baptiste Thoret croise les témoignages d’Étasuniens oubliés des élites et désillusionnés avec ceux de hérauts du Nouvel Hollywood. Balade amère dans un pays en gueule de bois.

Vincent Raymond | Mardi 7 novembre 2017

Les USA, entre le road movie et la mort :

Sans doute Thoret aurait-il aimé ne jamais avoir à réaliser ce documentaire. Mais par l’un de ces étranges paradoxes dont l’histoire des idées et de la création artistique regorge, son édification a découlé d’une déprimante série de constats d’échecs — ou d’impuissance. Elle se résume d’ailleurs en cette sentence laconique donnant son titre au film : « We Blew it », « On a merdé ». Empruntée à Peter Fonda dans Easy Rider (1969) de Dennis Hopper, la réplique apparaît à bien des égards prémonitoire, voire prophétique. Roots et route La route est longue de Chicago à Santa Monica : 2450 miles. Prendre le temps de la parcourir permet de mesurer (au sens propre) l’accroissement incessant de la distance entre les oligarques du parti démocrate et la population. De constater la paupérisation et la fragilité de celle-ci. D’entendre, également, son sentiment de déshérence ainsi que sa nostalgie pour un “âge des possibles” — et de toutes les transgressions — révolu. Une somme de frustrations capitalisées par un Trump prompt à faire miro

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Au Comœdia, revoir "La Nuit américaine" de Truffaut

Reprise | « Les films sont plus harmonieux que la vie, Alphonse (…) Les films avancent comme des trains (…) Comme des trains dans la nuit. Les gens comme toi, (...)

Vincent Raymond | Mardi 30 mai 2017

Au Comœdia, revoir

« Les films sont plus harmonieux que la vie, Alphonse (…) Les films avancent comme des trains (…) Comme des trains dans la nuit. Les gens comme toi, comme moi, tu le sais bien, on est fait pour être heureux dans le travail de cinéma. » Adressée par un metteur en scène à un comédien déboussolé et rongé par le doute, cette réplique est sans nul doute la plus célèbre de La Nuit américaine (1973), film de François Truffaut tout entier consacré à un tournage, ce microcosme si propice en fermentations dramatiques et en réactions extraverties. Mais davantage qu’une flamboyante envolée lyrique, c’est une mise en garde terrible que Truffaut/Ferrand assène ici à son alter ego Jean-Pierre Léaud/Alphonse. Une promesse de joie… mais aussi de souffrance. Héroïsé par la bande originale haendelienne de George Delerue, ce faux making of déshabille ses personnages et les coulisses du film censé être tourné, Je vous présente Pamela, à jamais invisible. Nourri d’anecdotes et de légendes, La Nuit américa

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Reflets du cinéma Ibérique et latino-américain : ¡ Hasta siempre el cine !

Festival | En carence de culture ibérique et sud-américaine ? Dites 33, comme la 33e édition des Reflets du cinéma Ibérique et latino-américain. Un traitement de choc à base de saveurs épicées, à l’horizon sensitif infini.

Julien Homère | Mardi 14 mars 2017

Reflets du cinéma Ibérique et latino-américain : ¡ Hasta siempre el cine !

Jouissant d’œuvres inédites en France et d’avant-premières prestigieuses, le festival millésime 2017 s’ouvrira sur La Colère d’un homme patient, un polar de Raul Arévalo, éclaboussant les premiers chanceux de sa récente pluie de Goya. Dans le même registre, Cent ans de pardon brillera par la présence du prolifique Luis Tosar. Beaucoup de films ne viendront pas seuls : les rencontres constituent en effet l’un des atouts majeurs des Reflets. En guise d’échanges, la brésilienne Eliane Caffé et le chilien Georgi Lazarevski parleront de leurs documentaires respectifs que sont Era o Hotel Cambridge et Zona franca sur le désarroi de la classe ouvrière. Côté fiction, Adrian Saba et Fernando Guzzoni offriront deux drames juvéniles sur fond de critique sociale : le thriller péruvien El sonador et l’anxiogène Jesus. Les sensations cannoises de l’année passée auront une seconde vie, à l’image d’

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"American Honey" : le miel de la misère américaine

ECRANS | La trajectoire de Star, ado du Kansas fuyant un foyer délétère, pour intégrer une bande de VRP à son image, cornaqués par un baratineur de première. Un portrait de groupe des laissés pour compte et des braves gens d’une Amérique sillonnée dans toute sa profondeur, où même la laideur recèle une splendeur infinie.

Vincent Raymond | Mardi 7 février 2017

Quand on a 17 ans et aucune autre perspective que fouiller les poubelles pour nourrir sa fratrie ou se faire peloter par son épave de père, on n’hésite pas longtemps lorsque s’offre une occasion de quitter son trou à rat. Pour Star, elle se présente sous les traits de Jake, hâbleur et fantasque chef d’une troupe d’ados vendant des magazines en porte-à-porte pour le compte de la belle Krystal. Séduite et cooptée, Star rejoint son escadron de bras cassés cueillis au gré des haltes du cortège. De grands gamins paumés mais pas méchants, formant un clan où Star se sent “à part”… Étoile fuyante À de rares exceptions près, vous ne trouverez guère dans les JT d’images authentiques de cette Amérique profonde, malade et déclassée, qui a fini par voter Trump par désarroi ou désespoir. Plusieurs longs-métrages ont cependant diagnostiqué la lèpre sociale rampante, de Winter's Bone de Debra Granik (2010) à The Other Side (2015), sans ménagement ni complaisance. Visages édentés, corps ravagés par le crack, inceste et délinquance en sus, les tableaux de ce quotidien abominable y étaient d’une noirceur épouvantable, aggrav

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3 questions à... Aurélie Van Den Daele

3 questions à | Associée notamment au théâtre de l'Aquarium, Aurélie Van Den Daele revient sur l'Amérique de Reagan et les sombres années de l'apparition du sida. Avant d'être une série HBO, Angels in America était une pièce de théâtre qu'elle adapte en 5 heures.

Nadja Pobel | Mardi 4 octobre 2016

3 questions à... Aurélie Van Den Daele

Qu'est-ce qui vous a poussé à monter cette pièce se passant dans une époque, les 80's, que vous n'avez pas connue ? Aurélie Van Den Daele : Notre équipe est née en 1980, on a grandi avec cette génération sida, comme on nous a appelé. Adolescente, j'ai beaucoup lu des auteurs comme Hervé Guibert, j'ai été interpellée par l'attitude de la société à l'égard de cette maladie, le fait que le problème a été long à se mettre en place au niveau de la santé publique. Cette pièce s'inscrit vraiment dans une réflexion que j'avais eu plus jeune, on a été nombreux à militer dans l'équipe, c'est la raison éthique de ce choix et c'est vrai que formellement, c'est une pièce magistrale qui aborde de nombreux registres : la comédie, la tragédie, avec du fantastique, de l'onirisme... Théâtralement, c'est un défi de mise en scène et une grande stimulation. Comment avez-vous abordé scéniquement ce texte ? Le lien entre théâtre et cinéma nous intéresse beaucoup dans la compagnie. Tony Kushner

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Rencontre au Lavoir Public avec Aurélie Van Den Daele

Théâtre | Après une rentrée vitaminée avec Vincent Dedienne (jusqu'au 1er octobre), le théâtre de la Croix-Rousse propose de regarder les années sombres du sida, aux (...)

Sébastien Broquet | Vendredi 23 septembre 2016

Rencontre au Lavoir Public avec Aurélie Van Den Daele

Après une rentrée vitaminée avec Vincent Dedienne (jusqu'au 1er octobre), le théâtre de la Croix-Rousse propose de regarder les années sombres du sida, aux États-Unis, sous Reagan. Angels in America (du 6 au 8 octobre), la pièce de Tony Kushner, matière à une série HBO avec castings de stars (Al Pacino, Emma Thompson, Meryl Streep) est portée intégralement (en cinq heures) à la scène par la jeune Aurélie Van Den Daele, associée actuellement à L'Aquarium. La jeune metteuse en scène vous en parlera au Lavoir Public le mardi 4 octobre à 19h, questionnée notre collègue Stéphane Caruana du journal Hétéroclite.

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Rencontre avec Aurélie Van Den Daele

SCENES | Après une rentrée vitaminée avec Vincent Dedienne (jusqu'au 1er octobre), le théâtre de la Croix-Rousse propose de regarder les années sombres du sida, aux (...)

Nadja Pobel | Mardi 27 septembre 2016

Rencontre avec Aurélie Van Den Daele

Après une rentrée vitaminée avec Vincent Dedienne (jusqu'au 1er octobre), le théâtre de la Croix-Rousse propose de regarder les années sombres du sida, aux États-Unis sous Reagan, grâce à la jeune Aurélie Van Den Daele qui adapte intégralement Angels in America (du 6 au 8 octobre). Rencontre préalable avec la metteuse en scène au Lavoir Public le 4 octobre à 19h.

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Sorties cinema de la rentrée 2016 : Comme un (faux) air de déjà-vu

Un semestre en salles | Un Harry Potter, un Star Wars, un Marvel, un Loach Palme d’Or… Non non, nous ne sommes pas victimes d’un sortilège nous faisant revivre en boucle la dernière décennie. Regardez d’un peu plus près : c’est dans les détails que se nichent les nuances…

Vincent Raymond | Mardi 30 août 2016

Sorties cinema de la rentrée 2016 : Comme un (faux) air de déjà-vu

Après un gros premier semestre dévolu aux blockbusters, la fin de l’année accueille traditionnellement le cinéma d’auteur — exception faite des incontournables marteaux-pilons de Thanksgiving et Noël, conçus pour vider une bonne fois pour toutes les goussets des familles. Les candidats 2016 sont, dans l’ordre, Les Animaux fantastiques de David Yates (16 novembre), spin off de la franchise Harry Potter et Rogue One : A Star Wars Story de Gareth Edwards (14 décembre). Qui de Warner ou Disney l’emportera ? Un peu avant (26 octobre), Benedict Cumberbatch tentera de déployer la bannière Marvel dans le film de Scott Derrickson, Doctor Strange — un second couteau parmi les superhéros. Cette impression d’avoir à faire des versions alternatives ou dégraissées de vieilles connaissances se retrouve aussi chez Tim Burton qui signe avec Miss Peregrine et les enfants particuliers (5 octobre) un nouveau conte fantastique sans Helena Bonham Carter, ni Johnny Depp, ni son compositeur fétiche Danny Elfman ! Au moins, on peut espére

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"Ma Ma" : un grand rôle pour Penélope Cruz

ECRANS | Avec sa construction sophistiquée et son interprétation épurée, cette chronique d’un combat contre l’injustice de la maladie signe le retour du grand Julio Medem. Elle offre en sus un vrai rôle à Penélope Cruz, qui malgré son abondante filmographie, n’en a guère endossé.

Vincent Raymond | Mardi 7 juin 2016

Présentée en primeur lors des derniers Reflets du cinéma ibérique et latino-américain, la nouvelle réalisation de l’auteur des Amants du Cercle polaire aborde avec un tact et une grâce remarquables l’un des pires casse-museaux du cinéma : le cancer. Un sujet dont certains s’emparent à des fins d’exorcisme personnel ou de témoignage, dans des tire-larmes indignes où les interprètes se livrent à des simagrées stratosphériques pour contrefaire la maladie. Ce n’est pas le cas de Penélope Cruz qui, dans Ma Ma, apparaît sobre comme on ne l’a plus vue depuis des lustres. Incarnant une femme au chômage, abandonnée par son mari, touchée à un sein, subissant une chimio et ses effets secondaires, une mastectomie, puis une récidive alors qu’elle a retrouvé l’amour — avouez que le tableau est complet —, la comédienne vise autre chose qu’une performance outrancière adossée à une déchéance physique. Magda, son personnage, s

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Lucinda Childs, la danse toute nue

Danse | Regardez la danse et le mouvement se déployer en eux-mêmes, nous demandait le révolutionnaire Merce Cunningham. Regardez-les à l'état pur ou presque, sans (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 avril 2016

Lucinda Childs, la danse toute nue

Regardez la danse et le mouvement se déployer en eux-mêmes, nous demandait le révolutionnaire Merce Cunningham. Regardez-les à l'état pur ou presque, sans chercher à savoir ce qu'ils pourraient bien représenter, signifier ou exprimer ; à la manière dont un John Cage demandait d'écouter un son, ou certains artistes modernes de regarder une surface peinte. En 1964, sa pièce pour six danseurs Winterbranch fait scandale avec ses lumières éclatées et ses deux sons en continu créés par La Monte Young. Il ne s'agit pourtant pour Cunningham ((1919-2009) que d'explorer sous tous les aspects possibles les notions de chute et de redressement. Quinze ans plus tard, Lucinda Childs crée Dance en collaboration avec le compositeur répétitif Philip Glass. La pièce est une suite ininterrompue de phrases dansées quasi identiques, simples et légères, ponctuées de quelques solos. En devant de scène, sur un grand écran translucide, sont projetées de manière discontinue les images démesurées des danseurs en mouvement. La danse se dédouble entre réalité et présences fantomatiques, se répète à l'infini en une sorte de ronde hypnotique ; un pur déploiement de corps e

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¡Hola cine! Les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain

ECRANS | Sous la houlette de leur directeur Laurent Hugues, les Reflets villeurbannais sont devenus une indispensable passerelle entre les cinémas latins et le public français. Et un passage obligé pour les cinéastes de référence.

Vincent Raymond | Mercredi 9 mars 2016

 ¡Hola cine!
Les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain

Qu’est-ce qui a présidé au choix du film d’ouverture, Hablar de Joaquín Oristrell ? Laurent Hugues : On voulait à la fois commencer par la compétition et un film ibérique — puisque nous faisons cette année un focus sur l’Espagne. Hablar s’est imposé par son parti pris artistique : il s’agit d’un faux plan-séquence dans une rue historique de Madrid, sur 300 mètres, permettant de croiser une vingtaine de petites histoires. C’est un cri d’alarme militant que lance Oristrell, qui a tourné ce film avec des amis. Certains ont complètement improvisé sur la trame préétablie. Hablar dresse un portrait de l’Espagne d’aujourd’hui par la parole, l’échange, dans une rue où Podemos est bien implanté. Et il défend les couleurs espagnoles dans la compétition. Il n’y a qu’un seul film en lice par pays ? Pour éviter la surreprésentation, oui. Avec l’Espagne, cela aurait été facile de faire concourir trois films. Notre engagement étant que les films soumis au choix du public soient inédits, ou que leur distribution en France ne soit pas prévue pour l’instant. C’est une manière de porter un éclaira

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Les Tuche 2 - Le Rêve américain

ECRANS | De Olivier Baroux (Fr, 1h34) avec Jean-Paul Rouve, Isabelle Nanty, Claire Nadeau…

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

Les Tuche 2 - Le Rêve américain

Et si le prolifique Olivier Baroux, à travers le fatras profus de sa production annuelle, cherchait à nous faire comprendre la théorie de la relativité générale ? Les Tuche 2 peut en effet se recevoir comme une illustration de la maxime « quand on le contemple, on se désole ; quand on le compare, on se console… ». Considérée isolément, cette comédie filmée à la truelle est un terrain de jeu pour acteurs de qualité aimant cabotiner et surtout peu regardants question stéréotypes. Mise en perspective — tout à coup, les mots font peur — cette suite indolore est moins calamiteuse que certaines séquelles obscènes, voire que le précédent Baroux, Entre amis. Si elle s’enlise dans un nonsense poussif, au moins s’essaie-t-elle à un registre qui n’est ni du bout-à-bout parodique paresseux, ni de l’anachronisme systématique façon Mille-et-une nuits boutonneuse. L’indifférence flasque est garantie, pas le fou-rire inextinguible. VR

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Au Zola, l’Espagne sera au coeur des Reflets

ECRANS | Si sa superbe programmation va beaucoup fureter du côté de l’Amérique latine, c’est bien l’Espagne qui va faire plusieurs fois l’événement lors des 31e Reflets du cinéma ibérique et latino-américain du Zola. Ou comment une production touchée par la crise survit grâce à sa diversité et l’inventivité de ses cinéastes. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 10 mars 2015

Au Zola, l’Espagne sera au coeur des Reflets

Aux derniers Goya, l’équivalent espagnol de nos César, deux films se tiraient la bourre dans la course aux récompenses finales : La Isla Minima (qui sortira en France sous le titre Marshland) et La Niña de Fuego. Deux films de genre, l’un tirant vers le cinéma criminel, l’autre vers le thriller. Cela fait longtemps qu’on loue dans nos colonnes la force des cinéastes espagnols lorsqu’ils s’attaquent à des territoires squattés par les productions anglo-saxonnes, mais cette reconnaissance par les professionnels — ainsi que par le public, les deux films ayant été de gros succès au box-office national — montre que, loin de s’être commué en académisme ou en opportunisme commercial, le cinéma de genre made in Spain est encore en pleine effervescence. Et ce malgré la crise qui a touché le pays et, par voie de conséquence, le financement de son industrie cinématographique ainsi que sa distribution — nombre de salles ont fermé leurs portes ces dernières années. Marshland : un thriller post-franquiste La Niña de Fuego et Marshland seront les deux événements majeurs de la nouvelle édition des Reflets du ci

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American Sniper

ECRANS | En retraçant l’histoire de Chris Kyle, le sniper le plus redoutable de toute l’histoire américaine, Clint Eastwood signe un film de guerre implacable où la mise en scène, aussi spectaculaire qu'aride, crée une dialectique chère au cinéaste pour rendre la complexité de ce héros ambigu. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 17 février 2015

American Sniper

«Tu es un redneck» dit sa future femme à Chris Kyle — massif et impressionnant Bradley Cooper — lors de leur première rencontre. «Non, je suis Texan» lui répond-il. Et il précise : «Les Texans montent sur des chevaux, les rednecks se montent entre eux». Avec cette (rare) respiration au milieu de la tension qui règne dans American Sniper, Clint Eastwood met déjà les choses au clair sur son personnage : Chris Kyle est un pur produit de l’americana sudiste, élevé dans le culte de la Bible (qu’il transporte avec lui mais qu’il n’ouvre jamais), des armes (son père lui apprend tout jeune à chasser) et de la Patrie. Il semble n’avoir aucune vie intérieure, suivant un autre précepte édité par son paternel : il ne sera ni une brebis, ni un loup, mais un chien de berger, veillant presque par instinct sur les siens. Or, une fois engagé sur le terrain irakien en tant que sniper d’élite au sein des Navy SEALs, Kyle va faire l’expérience du trouble, même si sa carapace de machine de guerre texane ne se fissure pas si facilement. Sniper pas sans reproche En définitive, c’est bien le regard de Eastwood qui, progressivement, fait

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L’Amérique au firmament…

ECRANS | Les saisons se suivent et ne se ressemblent pas : de janvier à juin, c’est le retour des super auteurs du cinéma américain avec des films qu’on dira, par euphémisme, excitants. À l’ombre de ces mastodontes vrombissants, une poignée de cinéastes d’ici devraient leur donner le change. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 6 janvier 2015

L’Amérique au firmament…

Les Wachowski, Eastwood, Gonzalez Iñarritu, Paul Thomas Anderson, Michael Mann, Tim Burton, George Miller, à qui on ajouterait bien James Wan et Josh Whedon : le premier semestre 2015 se pose en miroir inversé du dernier semestre 2014. Fini le renouvellement générationnel, les cinéastes du monde entier qui arrivent à une forme de maturité créative, les francs-tireurs décidés à faire trembler le cinoche mainstream ou son frère jumeau, le world cinéma… Certes, il y en aura quelques-uns d’ici à fin mai ; mais ce sont bien les superauteurs américains qui risquent de faire la pluie et le beau temps sur l’actualité cinématographique d’ici là. Après un mois de janvier en forme de tour de chauffe, ce sont donc Larry et Lana Wachowski qui ouvrent le bal avec leur Jupiter Ascending le 4 février — que son distributeur français a, de manière particulièrement débile, rebaptisé Jupiter : le destin de l’univers. Après la fresque spatio-temporelle de Cloud Atlas, génial puzzle d’une ambition folle, les Wachowski s’envoient en l’air pour

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Captain America : le soldat de l’hiver

ECRANS | Moins foireux que les derniers Iron Man et Thor, ce nouveau Captain America séduirait presque par sa tentative de croiser son héros avec un film d’espionnage sombre et politique. Mais, comme d’hab’, ce sont les effets spéciaux et les incohérences qui l’emportent. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 31 mars 2014

Captain America : le soldat de l’hiver

Que ferait un héros 100% patriotique comme Captain America face au scandale des écoutes de la NSA ? Prendrait-il parti pour Obama et le gouvernement américain, ou jouerait-il les contre-pouvoirs au nom d’une démocratie bafouée ? Dans le fond, ce Soldat de l’hiver ne raconte pas autre chose. Désormais bien intégré au XXIe siècle, Captain America doit faire face à un complot d’ampleur nationale dont les ficelles sont tirées par un gouverneur corrompu et dont le but est de détruire le S.H.IE.L.D. et d’éliminer son directeur, Nick Fury. Le tout repose sur l’accomplissement tardif du projet nazi Red Skull, qui formait le centre du premier volet, et qui devient ici une arme pour effectuer une drastique sélection pas naturelle du tout entre les êtres humains. Évidemment, le scénario est proche du grand n’importe quoi, comme l’était déjà celui de Thor 2, ce qui n’est pas loin d’être un énorme problème quand on sait que tous ces films post-Avengers

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¡ Feliz cumpleaños, les Reflets !

ECRANS | L’air de rien, les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain du Zola fêtent cette année leur trentième édition. Une endurance remarquable qui ne s’accompagne (...)

Christophe Chabert | Mardi 18 mars 2014

¡ Feliz cumpleaños, les Reflets !

L’air de rien, les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain du Zola fêtent cette année leur trentième édition. Une endurance remarquable qui ne s’accompagne d’aucun signe visible d’embourgeoisement. Au contraire : le festival affiche une santé insolente qui se traduit par une moisson de films très excitants. Ne reparlons pas de ceux que l’on a déjà défendus ici (Les Bruits de Recife, Gloria, Rêves d’or et Les Sorcières de Zugarramurdi, même si ce n’est pas le meilleur De La Iglesia) ; attardons-nous plutôt sur quelques inédits fort alléchants, comme cette jolie brochette espagnole qui réunit Martin Manuel Cuenca et son Cannibal, avec son tailleur assassin et amoureux, Enrique Urbizu et son th

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Le court lézarde à Vaulx

ECRANS | Un poing c’est court, le festival du film court de Vaulx-en-Velin, tient à ses particularismes : francophonie et films à sujets — ou «engagés» selon ses (...)

Christophe Chabert | Lundi 13 janvier 2014

Le court lézarde à Vaulx

Un poing c’est court, le festival du film court de Vaulx-en-Velin, tient à ses particularismes : francophonie et films à sujets — ou «engagés» selon ses termes. Sa compétition en témoigne, qui compile des films venus de France, de Belgique, de Suisse, du Québec, mais aussi du Liban ou du Bénin. Parmi les œuvres choisies cette année, on retrouve l’impressionnant Avant que de tout perdre de Xavier Legrand, d’une magistrale efficacité, et Miniyamba de Luc Perez, découvert au dernier festival de Villeurbanne, qui évoque les tentatives d’exils des Maliens par le prisme de la musique, dans une forme d’animation documentaire telle qu’Ari Folman l’avait popularisée avec Valse avec Bachir. En dehors de cette course aux prix, il faut souligner quelques soirées thématiques, notamment celle consacrée aux courts d’animation, avec un joli programme où l’on pourra découvrir le très beau La Nuit américaine d’Angélique, hommage aux vertus vitales du cinéma qui s’appuie sur le film de Truffaut pour bâtir une fable en noir et blanc au charme délicat. Au milieu de l’exercice traditionnel de la Nuit du court métrage — ici appelée «Nuit

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À en perdre ses latins

ECRANS | Pour leur 29e édition, les brillants Reflets du cinéma ibérique et latino-américain du Zola ouvrent en fanfare avec le dernier Almodovar, puis continuent avec un programme mêlant best of de la saison et perspectives sur les événements cinématographiques à venir. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 11 mars 2013

À en perdre ses latins

Comment ça va, le cinéma latino ? Plutôt bien, si on en croit le début de saison, puisqu’au milieu d’une écrasante domination américaine, c’est bien du côté de l’Espagne, de l’Argentine et du Chili que la résistance a été la plus vive. Aussi, les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain n’ont eu qu’à aller piocher ces bonnes nouvelles-là pour assurer le fond goûtu de leur 29e édition. On ne pourra donc que conseiller aux distraits de ne pas rater les séances de rattrapage de Blancanieves, petit bijou de cinéma muet d’aujourd’hui qui a entre temps effectué une razzia historique aux Goyas (les César espagnols). Plus frais encore, le génial No de Pablo Larraín sur le référendum organisé par Pinochet en 1988 pour asseoir son pouvoir — raté ! mérite une vie sur le long cours ; le festival sera un endroit parfait pour savourer ce thriller politique prenant et audacieux.Comme un justicier qui viendrait remet

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Villeurbanne, acte 1 : un petit tour en Rhône-Alpes

ECRANS | Première étape d'un compte-rendu au long cours du 33e festival du film court de Villeurbanne. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 20 novembre 2012

Villeurbanne, acte 1 : un petit tour en Rhône-Alpes

Le 33e festival du film court de Villeurbanne s’est ouvert avec un programme appelé à circuler sur les écrans de la région, et pour cause puisqu’il regroupe des films tournés en Rhône-Alpes et coproduit par Rhône-Alpes cinéma. On le sait, la structure a parfois la main lourde en ce qui concerne ses choix sur le long-métrage ; elle a de toute évidence une meilleure politique en matière de courts, et ce programme en témoigne de belle manière. Les cinq films proposés ne sont pas tous parfaits, mais aucun n’a à rougir de se retrouver là. Kali le petit vampire Commençons par l’animation avec Kali le petit vampire de Regina Pessoa. Comme souvent avec le court animé, difficile de créer l’osmose entre la forme et la narration, l’un finissant toujours par prendre le pas sur l’autre. Ici, le commentaire méditatif qui accompagne cette fable à destination du jeune public a tendance à être recouvert par un style graphique très élaboré, avec un noir et blanc légèrement teinté et troué par quelques éclats de couleurs (rouge sang), jouant sur les ombres et les angles à la manière de l’expressionnisme allemand. Joli, mais un peu vain. Mon amoureux

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«Un piédestal pour les acteurs»

ECRANS | Rencontre avec Morgan Simon, auteur et réalisateur d’"American football", un premier court d’une grande maîtrise et d’une belle intelligence qui renouvelle habilement le genre classique du "boy meets girl" à la française. Tourné à Lyon, le film a l’honneur de faire l’ouverture et d’être en compétition au festival. Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 9 novembre 2012

«Un piédestal pour les acteurs»

American football est votre premier court…Morgan Simon : Pas tout à fait. C’est le premier avec un vrai budget. J’ai fait la FEMIS à Paris, en section scénario, j’ai tourné des films avec l’école et à côté, dans toutes sortes de formats. Disons que c’est le premier court professionnel. Le film est un boy meets girl classique mais inscrit dans un milieu inédit, celui du hardcore, avec des personnages très originaux… Qu’est-ce qui est venu en premier ?J’écoutais beaucoup ce genre de musique, bien avant de m’intéresser au cinéma, et j’ai eu envie d’en parler, de la fascination pour ce milieu, pour les tatouages. Le film était censé mélanger un côté très cinéma français et un côté plus film indépendant américain, de part ce milieu décalé. Le scénario n’était pas centré sur l’histoire d’amour au début, mais le personnage de la fille est devenu de plus en plus important ; j’ai fait le choix d’aller dans cette direction. Je trouvais intéressant de parler de ce milieu par le biais de la comédie sentimentale, plutôt que de faire un film frontal sur le sujet. On pense

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Mark Eitzel

MUSIQUES | Don't be a stranger (Merge Records)

Stéphane Duchêne | Mardi 9 octobre 2012

Mark Eitzel

« She wrote I love you but you're dead » (I Love You but You're Dead), « I don't care if you live or die » (Break the Champagne), voilà le genre de choses que l'on entend sur cet album et accessoirement depuis toujours ou presque chez Mark Eitzel, autrefois maître d'œuvre du splendide American Music Club (sans doute l'un des noms de groupe les plus cools de l'histoire). Bref, depuis une trentaine d'années et son apparition au sein d'une scène américaine plaintive, dépenaillée mais fouineuse, chez Mark Eitzel c'est quand tout fout le camp que tout va bien. Particulièrement sur ce 6e album solo, disque le plus sombre et le plus minimaliste de l'homme au chapeau. Crooner flapi Il faut dire qu'Eitzel, 53 ans (ouille, le coup de vieux), qui avait reformé American Music Club en 2004 après dix ans de parenthèses (pour deux albums dont le sublime The Golden Age en 2008) a eu sa part de tracas. D'abord, une crise cardiaque dont il est réchappé de justesse en mai 2011, le laissant de longs mois sur le carreau. Puis le décès cette année, toujours d'une cri

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God bless America

ECRANS | De Bobcat Goldthwait (ÉU, 1h40) avec Joel Murray, Tara Lynn Barr…

Christophe Chabert | Dimanche 7 octobre 2012

God bless America

Exaspéré par la connerie américaine ambiante, largué par sa femme, viré de son travail et atteint d’une tumeur inopérable, Frank décide de mettre son pays face à sa monstruosité : il prend les armes et, aidé par une gamine aussi révoltée que lui, décide de buter stars de la télé-réalité, membres des tea-party, adolescents indélicats et éditorialistes réacs. On se pince un peu pour le croire : contre la bêtise contemporaine, le fascisme ultra-violent serait donc la solution pour restaurer l’intelligence. Certes, de sa mise en scène à ses nombreuses nuances scénaristiques, Goldthwait cherche à atténuer cette radicalité idéologique en la nimbant d’un parfum de comédie noire. Mais il ne gomme ni la misanthropie de son personnage, ni l’impression fâcheuse qu’il s’en sert pour déverser à travers lui sa propre aigreur envers l’Amérique. La provocation vise à faire réagir ; curieusement, le film le fait moins bien que le génial Idiocracy, qui extrapolait cette déchéance intellectuelle jusqu’à son point de non-retour, mais envisageait une issue optimiste et humaniste —

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Un été à repriser

ECRANS | Très bon été pour les reprises et le cinéma de patrimoine avec un hommage à Romy Schneider au Zola, un cycle consacré aux années 80 au Comœdia et l’incontournable Été en cinémascope sur la place Ambroise Courtois. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 16 juillet 2012

Un été à repriser

Alors que la rentrée s’annonce carrément excitante sur le front du cinéma de patrimoine avec une rétrospective David Lean à l’Institut Lumière (du 30 août au 5 octobre) puis le festival Lumière, dont on a appris cette semaine qui serait l’heureux lauréat du Prix Lumière, à savoir Ken Loach. Passée la surprise — les rumeurs donnaient plutôt un cinéaste américain — le choix n’est pas idiot car, alors qu’on pestait contre les éloges reçus par le très faible La Part des anges, on se disait qu’il serait bon de rappeler que Loach n’est pas l’auteur sérieux de films sociaux plombés qu’on pouvait décrire à la va-vite, mais un metteur en scène qui a su, autour d’un environnement précis (les couches populaires anglaises) tisser d’infinies variations allant du romanesque historique à l’expérimentation narrative, du cinéma de genre à la fable contemporaine. Romy impératrice Mais là, tout de suite, c’est l’été, et entre deux blockbusters et quelques fonds de tiroir pas du tout honteux, il y a de beaux morceaux d’histoire du cinéma projetés à Lyon en juillet/août. À Villeurbanne aussi, puisque le Zola a dégainé le premier avec son hommage à Romy Schneider. Cette sem

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Teenage Fan Club

ECRANS | On dit souvent que le rock a inventé les teenagers. Sans rock'n'roll donc, point de «teen movies». Ce que la bande-son du premier d'entre-eux, Americain (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 27 avril 2012

Teenage Fan Club

On dit souvent que le rock a inventé les teenagers. Sans rock'n'roll donc, point de «teen movies». Ce que la bande-son du premier d'entre-eux, Americain Graffiti prouve par le menu, copieux : une anthologie exhaustive du meilleur de la musique 50's et 60's. La musique : première manière d'ancrer une période éphémère – la jeunesse – dans son époque. Et d'y revenir. Éternellement liés : Don't You (Forget about me) de Simple Minds et The Breakfast Club de John Hugues, l'un de ceux qui a le mieux compris la puissance évocatrice d'une BO. C'est avec Pretty in Pink, que John Hugues livre sans doute sa bande son la plus «branchée» (The Smiths, New Order, OMD, Echo & the Bunnymen). Mais dans Ferris Bueller, Hugues est sans dout

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Avengers

ECRANS | La réunion des super-héros Marvel, pas toujours très bien servis séparément lors de leurs aventures individuelles, trouve en Joss Whedon l’homme de la situation : un amoureux des récits multiples et des comics, un cinéaste à la fois efficace, intelligent et élégant. Une vraie réussite. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 25 avril 2012

Avengers

C’était une gageure : comment faire tenir dans un seul film de 2h20 cinq héros de comics ayant donné chacun un ou plusieurs films autonomes, sans tomber dans le zapping frénétique dicté par leur temps de présence à l’écran ? Avengers y répond sur la fin par un plan qui fait figure de déclaration d’intention : au beau milieu d’une bataille épique, monstrueuse, où les super-héros affrontent des centaines d’aliens, Joss Whedon s’offre un looping visuel magistral où il relie, par la grâce du numérique, chacun d’entre eux luttant à sa façon contre les envahisseurs. Le plaisir n’est pas que celui de la virtuosité technique : il tient aussi à ce prodige enfin accompli, qui consiste à leur donner l’épaisseur nécessaire — et l’iconisation qui va avec —  pour qu’aucun ne puisse bénéficier des faveurs du spectateur. Tous égaux, tous unis ; tous respectés par le cinéaste, qui cherche avant tout à prendre au sérieux (même si le film ne s’interdit ni l’humour, ni l’ironie) les figures qu’il déploie à l’écran. Esprit de sérieux Pour en arriver là, Whedon commence par installer patiemment les diverses lignes de son récit. Une scène très réussie lui permet notamment de

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Reflets électriques

CONNAITRE | La nouvelle édition des Reflets du cinéma ibérique et latino-américain propose une belle brochette de films issus d’une dizaine de pays, avec notamment une flamboyante délégation espagnole. Et quelques belles surprises venues d’ailleurs… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 8 mars 2012

Reflets électriques

Louons d’abord les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain (qui n’ont pas lieu au cinéma Le Zola pour rien, salle dont la programmation est devenue l'une des plus pointues et excitantes de l’agglomération) pour une raison : offrir enfin aux spectateurs lyonnais une VO de Malveillance, le dernier film de Jaume Balaguero sorti uniquement en VF durant les vacances de Noël. L’Espagne sera de toute façon à l’honneur cette année, puisque l’ouverture du festival se fera avec l’avant-première de Eva, qui vient de remporter le Goya (le César local) du meilleur premier film. Kike Maillo, son réalisateur, s’empare d’un sujet qui rappelle inéluctablement le AI de Spielberg : en 2041, un ingénieur se voit confier la mission de créer un enfant-androïde. Si le fantastique espagnol a souvent fait des merveilles (notamment grâce à Balaguero…), il s’est rarement aventuré dans la science-fiction. D’où curiosité… Le nom de Montxo Armendariz ne dit pas forcément grand-chose aux spectateurs français ; il est toutefois depuis près de trente ans un des metteurs en scène espagnols importants. Son nouveau film, No tengas miedo, est annoncé comme un de ses plus a

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Un roman américain

CONNAITRE | Stephen Carter (Robert Laffont)

Gaël Dadies | Mercredi 22 février 2012

Un roman américain

Après La Dame Noire paru en 2009, Stephen Carter poursuit sa description méthodique de la haute société noire avec ce Roman américain. Véritable immersion au cœur du Harlem bourgeois, il nous révèle comment, des années 1940 à la fin des années 1960, les hauts représentants de la communauté afro-américaine exerçaient une réelle influence politique jusque dans les couloirs de la Maison Blanche. Et pour cause. Été 1952, vingt hommes présentés comme l’élite de la nation se réunissent dans le plus grand secret autour d’un projet diabolique visant à manipuler les futurs présidents des États-Unis et à « planifier un crime immense, audacieux et stupide, au nom de la construction d’une Amérique meilleure. » Deux ans plus tard, le jeune écrivain noir Eddie Wesley trébuche sur le corps d’un avocat blanc dans un riche quartier résidentiel de Harlem. Le cadavre serre dans ses mains une mystérieuse croix inversée. Alors qu’Eddie devient gênant en menant une enquête où peu à peu il met en lumière des liens, des connections entre la bourgeoisie noire et les Républicains soutenant la ségrégation raciale, sa sœur Junie disparaît s

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En série

CONNAITRE | Table ronde / Dans le paysage foisonnant des nouvelles séries américaines, la chaîne HBO a toujours fait office de laboratoire d’expérimentations, dont la (...)

Dorotée Aznar | Lundi 23 mai 2011

En série

Table ronde / Dans le paysage foisonnant des nouvelles séries américaines, la chaîne HBO a toujours fait office de laboratoire d’expérimentations, dont la table ronde du samedi 28 mai devrait offrir un panel passionnant avec les trois scénaristes invités. Richard Russo, auteur de l’adaptation de son propre roman Empire Falls, se range dans la frange la plus classique de la chaîne : grosse production prestigieuse inspirée d’un prix Pulitzer, dotée d’un casting de luxe (Ed Harris, Paul Newman, Philip Seymour Hoffman, Helen Hunt, Robin Wright…), Empire Falls n’est pas vraiment un pari risqué, et, avec la mise en scène déférente du modeste artisan Fred Schepisi, est même à deux doigts de manquer de personnalité - elle embringue malgré tout le spectateur sans le forcer grâce à la puissance du récit originel. Plus intéressant est le cas En analyse : remake /décalque d’une série israélienne (BeTipul) dont la scénariste Sarah Treem s’affranchira plus librement dès sa seconde saison, cette création bénéficie d’un format inédit (une quarantaine d’épisodes par saison, diffusés cinq jours par semaine pour suivre le quotidien des protagonistes), et opte

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«Un mélange réussi»

ECRANS | Entretien / Michel Dulac, président de l’Association pour le Cinéma du Zola. Propos recueillis par CC

Christophe Chabert | Lundi 14 mars 2011

«Un mélange réussi»

Petit Bulletin : Quelle est l’importance des festivals dans la politique du Zola ?Michel Dulac : On s’est rendu compte que pour une petite salle monoécran comme la nôtre, ce sont les événements en dehors de la programmation, que ce soient les festivals ou les soirées spéciales, qui construisent notre identité. Cela se traduit dans les chiffres : la fréquentation hors-CNC, c’est-à-dire en dehors des films à l’affiche, est en hausse, alors que la fréquentation générale est en baisse. Par ailleurs, beaucoup de jeunes ont rejoint l’Association pour le Cinéma, et leur implication participe à la dynamique et l’originalité des festivals. Il y a aussi le travail mené dans le "Journal des Reflets" rédigé par l’Association. Il est important de remettre les films en perspective, que ce soit dans le parcours des cinéastes ou dans le contexte politique du pays. Quel regard portez-vous sur cette nouvelle édition des Reflets ?Cette année, il y aura beaucoup de films intéressants : je pense par exemple à "Contracorrente", ou bien sûr le nouveau film d’Alex de la Iglesia. Les Reflets sont un panorama : on es

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Ils seront aux reflets…

ECRANS | Laura MañaActrice chez Bigas Luna ou Vicente Aranda, Laura Maña viendra présenter son cinquième film en tant que réalisatrice, "La Vida empieza hoy", le lundi 28 (...)

Christophe Chabert | Jeudi 10 mars 2011

Ils seront aux reflets…

Laura MañaActrice chez Bigas Luna ou Vicente Aranda, Laura Maña viendra présenter son cinquième film en tant que réalisatrice, "La Vida empieza hoy", le lundi 28 mars à 20h45. Antonio FerreiraSon deuxième film, "Embargo", est une comédie noire inspirée de José Saramago, romancier disparu l’an dernier. Il le présentera le lundi 21 mars à 20h45. Nicolás Rincón GilleDans la riche sélection de films colombiens présentés aux Reflets, le documentaire "Los Abrazos del Rio" sur les mythes et réalités du fleuve Magdalena sera défendu par son réalisateur le dimanche 27 mars à 21h.

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Prophète en son pays

ECRANS | Événement / Il y a quelques semaines, Alex de la Iglesia claquait bruyamment (mais avec classe) la porte de l’Académie des sciences et des arts (...)

Christophe Chabert | Mercredi 9 mars 2011

Prophète en son pays

Événement / Il y a quelques semaines, Alex de la Iglesia claquait bruyamment (mais avec classe) la porte de l’Académie des sciences et des arts cinématographiques d’Espagne, en désaccord avec une partie de la profession sur l’équivalent ibérique de la loi Hadopi, qu’il jugeait liberticide. Manière de rappeler que le réalisateur du très punk "Action mutante" n’avait rien perdu de sa gnaque, malgré les succès publics et son tout récent triomphe à la Mostra de Venise avec son dernier film, "Balada triste de trompeta", qui y a obtenu le prix du scénario et le prix de la mise en scène. Il était temps de reconnaître le travail du cinéaste à sa juste valeur, c’est-à-dire non pas comme un geek officiant dans le cinéma de genre, mais comme un incroyable inventeur de formes et de récits, un des plus créatifs du cinéma européen contemporain. "Le Jour de la bête", "Perdita Durango", "Mort de rire", "800 balles" ou "Le Crime farpait" traduisaient une montée en puissance pour De la Iglesia, passant du rire potache à une réflexion caustique sur l’Histoire espagnole, ancienne ou récente, où le triomphe du consumérisme et l’oubli d’une culture populaire à la sincérité fondamentale se mariaient d

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¡ Caramba ! Un festival…

ECRANS | Cinéma / Les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain du Zola s’offrent un grand cru 2011 : normal, cela faisait longtemps que les cinémas espagnol et sud-américain n’avaient affiché une si belle et grande diversité. Passage en revue obligatoire ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 9 mars 2011

¡ Caramba ! Un festival…

On l’avait dit en revenant de Cannes : dans un festival en retrait, le cinéma latino-américain avait plus que tiré son épingle du jeu, toutes sélections confondues. À Venise, il avait confirmé sa bonne santé grâce notamment à "Santiago 73", "Post mortem" du Chilien Pablo Larrain, film bien glaçant quoiqu’un chouille aut(eur)iste, à redécouvrir aux Reflets ; et c’est un film espagnol, "Balada triste de trompeta" signé Alex De La Iglesia, qui avait fait figure de grand gagnant au palmarès avec deux prix majeurs (lire encadré). Les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain n’avaient donc que l’embarras du choix pour concocter une édition 2011 grand luxe, comme ils n’en avaient pas proposé depuis quelques années, il faut le reconnaître. Difficile de faire un tour exhaustif de tout ce qu’il ne faudra pas rater pendant cette quinzaine ; esquissons donc les grandes lignes et les films majeurs de cette sélection. Cry for me, Argentina Il y en a sûrement qui, malgré nos conseils répétés depuis sa présentation cannoise, n’ont toujours pas vu l’extraordinaire "Carancho" de l’Argentin Pablo Trapero. Plus d’excuse : vous allez tous vo

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The American

ECRANS | George Clooney, tueur à gages américain mélancolique, effectue sa dernière mission en Toscane : un polar atmosphérique et cinéphile signé Anton Corbijn. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 20 octobre 2010

The American

The American part d’un archétype éculé : le tueur à gages qui cherche à raccrocher les gants et accepte une ultime mission avant de redevenir anonyme. Pour compléter le cliché, ledit tueur est américain, peu loquace et très séduisant (normal, c’est George Clooney en mode Samouraï qui l’incarne). On le découvre d’abord en Suède dans un chalet enneigé, au lit après l’amour avec une superbe créature, qui se fera descendre quelques plans plus loin. Anton Corbijn (qu’on n’attendait pas ici après son superbe Control) privilégie le mystère et l’atmosphère sur l’intrigue, dont le déroulé respecte là encore à peu près tous les lieux communs du genre. D’abord détaché affectivement, le héros finira par s’éprendre d’une prostituée italienne rencontrée dans cette Toscane automnale où il accomplit son dernier contrat ; et il soupçonne que ceux qui le traquent sont peut-être ceux qui l’ont engagé. Beauté volée En fait, derrière cette panoplie de film noir appliqué, Corbijn se livre à une pertinente expérience de cinéphile. Prenez un corps marqué par le cinéma américain (le tueur Clooney) et faites-le naviguer dans des références venues du ci

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American trip

ECRANS | De Nicholas Stoller (ÉU, 1h49) avec Russell Brand, Jonah Hill…

Dorotée Aznar | Mercredi 25 août 2010

American trip

Cette aventure solo du rocker Aldous Snow, génial personnage secondaire du non moins génial "Sans Sarah rien ne va !", a le mérite, au-delà de ses menus défauts de rythme (apanage de toute production Judd Apatow qui se respecte), de remettre quelques pendules à l’heure. Son interprète, Russell Brand, n’est pas que le boyfriend de Katy Perry ; c’est avant tout l’un des meilleurs comiques anglais du moment, dont le vécu tumultueux et les attitudes politiquement incorrectes (les scénaristes ont eu le bon goût de s’en inspirer pour nourrir le film) ont de quoi renvoyer Stéphane Guillon à son bac à sable. Ensuite, les premières minutes, construites de la même façon que celles de "Fatal" (une présentation du personnage via des émissions télé et autres clips foireux), humilient Michael Youn en réussissant là où ce dernier échouait lamentablement : drôle, touchant, bien mis en scène, interprété avec juste ce qu’il faut de folie, hilarant dans sa critique de l’industrie de la musique (voir le traitement réservé au personnage de Puff Daddy !), "American trip" est typiquement le genre de film sorti en France à la va-vite et en VF, que tout le monde redécouvrira lors de sa sortie vidéo…

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Blog : Cannes, jour 7 : Indépendances américaines

ECRANS | Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois. Mon bonheur de Sergei Loznitza. Two gates of sleep d’Alistair Banks Griffin. The Myth of the Americain sleepover de David Robert Mitchell. Blue Valentine de Derek Cianfrance.

Christophe Chabert | Mardi 22 janvier 2013

Blog : Cannes, jour 7 : Indépendances américaines

Ça devient monotone de le répéter quotidiennement mais ça ne s'arrange pas en compétition. Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois, troisième film français à concourir pour la Palme, a fait l'effet d'une douche glacée au réveil. Relatant l'enlèvement puis le massacre des Moines de Tibéhirine dans les montagnes de l'Atlas, le film se calque sur le rythme de la vie monastique, multipliant les plans tableaux, les rituels et les cantiques, Beauvois étant autant fasciné par le religieux que par l’humain, abandonnant tout point de vue sur son histoire au profit d'une contestable quête du sacré et du sacrifice au Christ. Cela passe aussi par de longues scènes de dialogue où chaque moine exprime son sentiment sur la situation, ses doutes et sa foi, jusqu'au vote final pour savoir s'il faut partir ou rester. La dialectique voulue est annulée par le côté panel des personnages qui ressemble à une énorme facilité d'écriture. L'académisme du film éclate lors des intrusions des terroristes et de l'armée algérienne, puisque Beauvoi

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Reflets à l’aveugle

ECRANS | Les nouveaux Reflets du cinéma ibérique et latino-américains misent sur la curiosité des spectateurs : pas de films venant éclipser les autres par la signature de leurs auteurs, beaucoup de pays peu répertoriés sur la carte cinéphilique… CC

Christophe Chabert | Dimanche 7 mars 2010

Reflets à l’aveugle

Alors que les Reflets du cinéma ibérique et latino-américains, 26 ans au compteur, ont acquis une solide réputation de qualité et d’exigence, la programmation de la quinzaine 2010 semble avoir fui les gros films événements des pays qu’elle propose d’ordinaire — pas de "Cellule 211", le "Prophète" espagnol, par exemple… Mais cela reflète une réalité : l’Espagne et le continent sud-américain ont été les grands absents des trois festivals majeurs que sont Venise, Berlin et Cannes — Almodovar seul en compétition, de médiocres produits auteurisants dans les sections parallèles, tous absents à Villeurbanne sauf le brésilien Mourir comme un homme, et l’uruguayen Mal dia para pescar, que l’on n’avait pas vus… Même le fantastique espagnol a marqué le pas, comme en témoignaient le raté Rec2 et les deux films présentés à Gérardmer. Les Reflets ont donc compensé ce manque d’actualité par un programme de films venus de pays encore peu représentés au festival. Rage sociale Ainsi du Nicaragua, où aucun film n’avait été produit depuis vingt ans. Curiosité donc pour La Yuma de Florence Jaugey, où une jeune f

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Gran Latino

ECRANS | Les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain à Villeurbanne fêtent leurs vingt-cinq ans ; de retour au seul Zola, mais avec des incursions lyonnaises au Comœdia, le programme déroule une belle série d’avant-premières, d’inédits et de séances de rattrapage. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 25 février 2009

Gran Latino

Pour fêter leurs vingt-cinq ans, les Reflets du cinéma ibérique et latino-américains ont curieusement choisi la formule «less is more». Plutôt que de fêter ce quart de siècle (cap symbolique !) en mettant les bouchées doubles, ils reprennent l’aller simple vers le Zola. Adieu le Centre Culturel de la Vie Associative donc, ce qui ne nous manquera pas vu l’inadéquation du lieu à la projection de films ! En revanche, notable nouveauté, le festival villeurbannais tente une percée lyonnaise en délocalisant certaines projections au Comœdia. Et pas n’importe lesquelles, puisque c’est là-bas que l’on pourra découvrir en avant-première le nouveau film de Lucrecia Martel, La Femme sans tête, qui attendait patiemment depuis sa présentation mitigée au dernier festival de Cannes que son distributeur l’envoie sur les écrans français. Cannes, qui avait montré le dynamisme des cinématographies argentines, mexicaines et brésiliennes, est d’ailleurs une des sources principales de cette vingt-cinquième édition : rayon déjà sortis, on retrouve le problématique Los Bastardos d’Amat Escalante, cinéaste petit malin qui provoque son spectateur avant de lui faire un bras d’honneur et de se tirer en courant

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Amis américains

CONNAITRE | La réédition d’Amis américains est un événement à plus d’un titre. Non seulement il reprend, dans une version luxe (en grand format avec près d’un millier (...)

Christophe Chabert | Jeudi 27 novembre 2008

Amis américains

La réédition d’Amis américains est un événement à plus d’un titre. Non seulement il reprend, dans une version luxe (en grand format avec près d’un millier d’illustrations) les textes et entretiens avec les cinéastes, célébrés ou peu connus, de la première édition (de Ford à Altman en passant par les vrais «amis» de Tavernier que sont De Toth, Daves ou Boetticher, et les «blaklistés» du MacCarthysme) ; mais il y ajoute une passionnante préface où l’intervieweur est interviewé (par Thierry Frémaux) et trois nouvelles interviews inattendues avec Alexander Payne, Joe Dante et Quentin Tarantino. Stimulantes par leur érudition gourmande, elles permettent de jeter un éclairage sur des personnalités dont les cinémas se rejoignent par un même souci de s’inscrire dans une histoire des images, classique ou iconoclaste. Un livre indispensable ! Amis Américains (Actes Sud/Institut Lumière).

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