Là-haut, y a pas débat : "Debout sur la montagne"

Comédie Dramatique | Quinze après leur enfance montagnarde, trois amis se retrouvent dans leur village d’origine à l’occasion des funérailles du grand frère de l’un d’entre eux. Leurs rêves de jeunesse disloqués, ils constatent que la vie d’adulte donne plus souvent des raisons de pleurer que de rire…

Vincent Raymond | Mardi 15 octobre 2019

Photo : © Sophie Dulac Distribution


Sébastien Betbeder a de la constance, il faut le lui reconnaître. N'aimant rien tant que les histoires de copains en quête d'une forme de retrouvailles dans un milieu plutôt hostile, le prolifique cinéaste décline son thème chéri dans tous les environnements et avec toutes les configurations possibles. Après l'île de Marie et les Naufragés, le grand Nord enneigé du Voyage au Groenland, la bourgade d'altitude constitue ici une suite logique pour le sympathique trio. Quant à la réunion entre potes, si elle est entravée par le poids d'un passé commun traumatique alourdi par les blessures intimes de chacun, son issue offre une délivrance générale façon absolution.

Jonglant avec les peurs de l'enfance, les secrets enfouis, l'onirisme, le réalisme premier degré et une sorte d'humour surréaliste, Betbeder nous offre ce qui s'apparenterait à une version abrégée et suédée de Ça transposée dans les Alpes. Mais sans clown qui fait peur ni beaucoup d'intérêt malgré sa charmante troupe de comédiens. Il est peut-être temps de se renouveler, au fond…

Debout sur la montagne
Un film de Sébastien Betbeder (Fr, 1h45) avec William Lebghil, Izïa Higelin, Bastien Bouillon…


Debout sur la montagne

De Sébastien Betbeder (2019, Fr, 1h45) avec William Lebghil, Izïa Higelin, Bastien Bouillon... Stan, Hugo et Bérénice ont grandi dans les montagnes. Ils étaient inséparables. 15 ans plus tard, devenus des adultes un peu abimés par la vie, ils se retrouvent dans le village de leur enfance. Ces retrouvailles permettront-elles de renouer avec la fantaisie, l’insouciance et la joie de leurs premières années ?
Cinéma Comœdia 13 avenue Berthelot Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

"Jumbo", l'enthousiasmant premier film de Zoé Wittock

Fantastique | Jeune fille solitaire encombrée d’une mère exubérante et désinhibée, Jeanne travaille dans un parc d’attractions où son charme farouche ne laisse pas indifférent son jeune responsable. Jeanne va tomber amoureuse, mais d’un manège, Jumbo. Et la passion lui semble réciproque…

Vincent Raymond | Mercredi 1 juillet 2020

Par petites touches discrètes, le cinéma fantastique se régénère en revenant à sa source : avec des histoires partant de la normalité crasse du quotidien, déviant ensuite vers l’anormalité. Cette variation sémantique infime change tout, car elle rend l’ordinaire extra. Après l’enthousiasmant La Dernière Vie de Simon, Jumbo confirme qu’il faut suivre suivre la jeune garde francophone. Voyez ce premier long-métrage de Zoé Wittock, où l’héroïne, à la façon d’un personnage introverti de Stephen King, va trouver un épanouissement lumineux dans une dimension intérieure et contraire à la doxa. Bon choix d’ailleurs que la toujours aventureuse Noémie Merlant

Continuer à lire

Benoît Forgeard : « à force de laisser entrer les IA dans le quotidien, il va devenir de difficile de leur résister »

Yves | Quand le cinéaste montre le frigo qui fait du rap, le spectateur peut rire mais aussi s’inquiéter. Benoît Forgeard grime en comédie ses inquiétude devant l’avénement des intelligences artificielles destinées aux consommateurs superficiels.

Vincent Raymond | Mercredi 26 juin 2019

Benoît Forgeard : « à force de laisser entrer les IA dans le quotidien, il va devenir de difficile de leur résister »

Après Gaz de France, vous continuez avec un scénario racontant une sorte de fin de monde… Benoît Forgeard : Oui c’est vrai : c’est ça la définition d’apocalypse d’ailleurs : pas forcément la destruction de la planète, plutôt le début d’un nouveau monde. Comment Yves a-t-il germé dans votre esprit ? Pendant plusieurs années, je faisais des pitchs de films imaginaires pour la revue So Film, et j’avais pour habitude de les écrire de façon assez poétique, sans trop me soucier de leur faisabilité. Là, j’étais allé à une conférence sur la domotique au Collège de France ; un spécialiste parlait des IA domestiques qui allaient arriver dans les maisons, notamment de la voiture automatique de demain qui lorsqu’elle percevra l’abaissement de vos paupières, prendra le contrôle du véhicule, se mettra sur le côté et appellera un proche (rires). Quand j’ai entendu ça, je me suis dit qu’il y avait une possibilité de faire une comédie : le potentiel burlesque est important dans cette idée que les IA prennent des initiatives.

Continuer à lire

Robot après tous : "Yves"

ECRANS | Un rappeur en échec se retrouve propulsé au sommet grâce à l’aide de son réfrigérateur intelligent, qui va peu à peu exciter sa jalousie… Une fable contemporaine de Benoît Forgeard sur les périls imminents de l'intelligence artificielle, ou quand l’électroménager rompt le contrat de confiance. Grinçant.

Vincent Raymond | Mercredi 26 juin 2019

Robot après tous :

En galère personnelle et artistique, Jérem (William Lebghil) s’est installé chez sa feue grand-mère pour composer son album. Mentant sur sa situation, il s’inscrit pour devenir testeur d’un réfrigérateur tellement intelligent baptisé Yves qu'il va devenir son valet, son confident, son inspirateur et finalement son rival… Mieux vaut rire, sans doute, de la menace que constituent les progrès de l’intelligence artificielle et le déploiement – l’invasion – des objets connectés dans l’espace intime. D’un rire couleur beurre rance, quand chaque jour apporte son lot "d’innovations" dans le secteur du numérique et des assistants personnels ou de l’agilité des robots androïdes. Sans virer dans le catastrophisme ni prophétiser pour demain le soulèvement des machines décrit par la saga Terminator, mais en envisageant un après-demain qui déchante lié à l’omniprésence de ces technologies ou à notre tendance à tout leur déléguer inconditionnellement. Mister Freezer Yves n’es

Continuer à lire

Thomas Lilti : « un film de boxe où on remplace les combats par les concours et les entrainements par les révisions »

Première année | "Première année" sort à la rentrée universitaire, mais aussi au moment où la PACES — Première année commune aux études de santé — et le numerus clausus sont sur la sellette. Thomas Lilti a du flair et des choses à dire…

Vincent Raymond | Dimanche 9 septembre 2018

Thomas Lilti : « un film de boxe où on remplace les combats par les concours et les entrainements par les révisions »

Votre film sort à point nommé, alors que l’on fait état d’une probable réforme de l’examen sanctionnant la première année de médecine… Thomas Lilti : Et pourtant, il y a quelques jours, j’ai fait une émission sur France Culture avec Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement Supérieur, on a évoqué la PACES mais à aucun moment elle n’a dit clairement qu’ils étaient en train d’y réfléchir. C’est assez surprenant. On se demande s’ils n’ont pas sorti du chapeau une réforme pour quelque chose qui n’a pas bougé depuis 45 ans — à part l’intégration en 2010 des étudiants en pharmacie, des sage-femmes, des kinés dans le concours, ce qui fait qu’il y a encore plus de monde. Je suis ravi qu’on parle d’une réforme. Tout le monde constate que cette première année est une catastrophe, je ne suis pas le seul. La violence des enseignements et des concours était d’ailleurs dénoncée en août dernier par Clara De Bort, une ancienne directrice d’hôpital, dans une tribune parue dans la revue Prescrire… Thomas Lilti : J’avoue qu’elle m’a échap

Continuer à lire

Toubib or not toubib ? : "Première année"

Conventionné | de Thomas Lilti (Fr, 1h32) avec Vincent Lacoste, William Lebghil, Alexandre Blazy…

Vincent Raymond | Lundi 10 septembre 2018

Toubib or not toubib ? :

Par conformisme familial, Benjamin entre en première année de médecine où il est vite pris sous l’aile d’Antoine, un sympathique triplant acharné à réussir. Quant à l’issue du premier semestre, le nonchalant bleu se trouve mieux classé que son besogneux aîné, leurs rapports changent… Poursuivant son examen du monde médical, Thomas Lilti s’attaque concomitamment dans cette comédie acide à plusieurs gros dossiers. D’abord, ce fameux couperet du concours sanctionnant la PACES — première année commune aux études de santé — mais aussi l’incontournable question de l’inégalité profonde face aux études supérieures. La fracture sociale ne se réduit pas en médecine, bien au contraire : construite sur la sélectivité et l’excellence, cette filière est un vase-clos favorisant la reproduction des élites — et de celles et ceux en maîtrisant les codes. Enfant du sérail ayant déjà pas mal étudié la question, Lilti juge avec clairvoyance cette période plus dévastatrice qu’épanouissante pour les futurs carabins : est-il raisonnable de faire perdre la raison à des aspirants médecins ? Coupable, l’in

Continuer à lire

Viens pas chez moi, j’habite avec une copine : "Ami-ami"

Comédie | Vaste famille ayant donné naissance au meilleur (L’Auberge espagnole) comme au pire (Five), la comédie-de-colocation-entre-potes s’enrichit d’un nouveau (...)

Vincent Raymond | Mercredi 17 janvier 2018

Viens pas chez moi, j’habite avec une copine :

Vaste famille ayant donné naissance au meilleur (L’Auberge espagnole) comme au pire (Five), la comédie-de-colocation-entre-potes s’enrichit d’un nouveau rejeton tentant le vaudeville contemporain sans pour autant recourir à la grivoiserie. Louable effort compensant les maladresses d’usage d’un premier film alternant potacherie classique et audaces scénaristiques. Le cœur brise par son ex-, le “héros” de ce badinage s’installe avec sa meilleure copine, en tout bien tout honneur. Une nouvelle histoire d’amour lui cause un double embarras : il n’ose avouer à sa conquête qu’il “vit“ avec une amie, laquelle se montre plus que jalouse : possessive. Si le côté “Guerre des Rose” avec saccage majuscule de l’appartement sent le réchauffé, reconnaissons que le réalisateur Victor Saint Macary surprend en renversant une situation très convenue : ici, ce n’est plus le mec qui rompt un pacte d’amitié homme-femme et en détruit l’harmonie mais bien l’amie éconduite — sortir du schéma du mâle forcément prédateur a d’ailleurs pour effet de désorienter cert

Continuer à lire

"Cherchez la femme" de Sou Abadi : cachez ce film qu’on ne saurait voir

ECRANS | de Sou Abadi (Fr, 1h28) avec Félix Moati, Camélia Jordana, William Lebghil…

Vincent Raymond | Mardi 27 juin 2017

Anne Alvaro est, décidément, une immense comédienne que son talent préserve de l’adversité — c’est-à-dire des pires des naufrages cinématographiques. Sa confondante interprétation d’une militante iranienne (accent inclus) réfugiée dans le XVIe arrondissement lui vaut de sortir sans dommage de cette épouvantable comédie sentimentale. Elle est bien la seule. La réalisatrice, par exemple, manque son coche dans ce mariage entre romance et critique sociale humoristique. Pas du fait d’une hybridation hasardeuse, ni du thème puisque l’on peut rire de tout, si c’est fait avec intelligence et talent. Car hélas, le choix d’un sujet brûlant n’exonère pas un auteur de maladresse ni de naïveté. Sou Abadi raconte ici le stratagème trouvé par un étudiant désirant continuer à voir sa copine enfermée chez elle par son grand frère revenu radicalisé d’un camp : il se couvre d’une burqa et se fait passer pour une femme. Quiproquos à l’ancienne, situations balourdes, personnage de fondamentalistes d’une bêtise profonde…

Continuer à lire

"Rodin" : mâle de pierre

Le Film de la Semaine | Pour commémorer le centenaire de sa disparition, Jacques Doillon statufie Auguste Rodin dans ses œuvres. L’incandescence contenue de Vincent Lindon et le feu d’Izïa Higelin tempèrent heureusement une mise en scène par trop classique. En lice à Cannes 2017.

Vincent Raymond | Mardi 23 mai 2017

De 1880 à l’aube du XXe siècle, quelques particules de la vie d’Auguste Rodin : sa notoriété naissante, la passion fusionnelle vécue avec son élève et muse Camille Claudel, sa gloire parmi ses pairs émaillée de scandales artistiques, son caractère d’ursidé… Malgré son titre lapidaire et globalisant, ce Rodin ne prétend pas reconstituer l’entièreté de l’existence du sculpteur sous des tombereaux de détails mimétiques. Aux antipodes de ces émollientes hagiographies du type Cézanne et moi, Doillon opte en effet pour une approche impressionniste, en pierre brute, évoquant la démarche de Pialat dans Van Gogh — le temps et l’obstination rapprochent par ailleurs les deux plasticiens, aux fortunes pourtant diamétralement opposées. Buriné Malgré cela, Doillon ne parvient pas à se défaire d’une forme de pesanteur académique et conformiste. Cinéaste du heurt, de la parole torrentielle, d’une vie surgissante et spontanée, il se tr

Continuer à lire

"La Prunelle de mes yeux" : Maladroit de regard

ECRANS | de Axelle Ropert (Fr, 1h30) avec Mélanie Bernier, Bastien Bouillon, Antonin Fresson…

Vincent Raymond | Mardi 20 décembre 2016

Tout commençait pourtant bien, par le choix d’exhumer pour la B.O. une excellente chanson des mésestimés The Gist, Love At The First Sight. Et puis sur l’affiche, la pétillante Mélanie Bernier avec son sourire éclatant… Après Un peu, beaucoup, aveuglement, elle enchaîne une nouvelle romance dans laquelle elle ne voit pas son galant — mais cette fois car elle est atteinte de cécité. Le coquin, c’est son nouveau voisin, un joueur de rebetiko raté, qui va feindre d’être lui aussi aveugle. D’abord chien et chat, le duo finira par s’accorder. Très référencée comédie sentimentale à l’américaine, cette petite chose possédait de bonnes intentions, mais hélas pas le rythme adéquat pour une fantaisie trépidante : ses baisses de tonus et son écriture laborieuse la plombent rapidement. Demeurent quelques inattendues trouées d’humour, dont une à mettre au crédit du scénariste-réalisateur Serge Bozon — son épouvantable La France (2006) hante pourtant encore nos mémoires. Ici interprète d’un voisin rockeur, il est hilarant en rebelle de ca

Continuer à lire

"Le Voyage au Groenland" : “père” pas le Nord

ECRANS | de Sébastien Betbeder (Fr, 1h 38) avec Thomas Blanchard, Thomas Scimeca, François Chattot…

Vincent Raymond | Mardi 29 novembre 2016

Match retour pour Thomas. Flanqué de son pote Thomas, il atterrit à Kullorsuaq, le village où vivent les deux Inuits qu’il avait hébergés chez lui dans le court-métrage Inupiluk… mais surtout où s’est réfugié depuis des années son père Nathan. L’occasion pour eux de briser la glace. Buddy movie à la française — c’est-à-dire incarné par deux anti-héros dotés de physiques improbables et surtout de coiffures façon yorkshires morts —, cette comédie oscillant entre le burlesque et le mélancolique déroule une suite de gags gentiment frappés inspirés par le dépaysement et les différences culturelles, avant de glisser vers le tendre et le pudique des liens familiaux. Malgré la prévisibilité de la trame, c’est parfois cocasse dans le décalage — lorsqu’il s’agit par exemple pour les Thomas d’actualiser leur situation d’intermittents avec une connexion Internet préhistorique, ou bien touchant lorsque le fils et le père doivent accomplir les derniers mètres avant de s’étreindre. Petit tacle au passage à la B.O. signée Minizza : le collectif ne s’est pas trop gelé les doigts en faisant

Continuer à lire

La Belle Saison

ECRANS | De Catherine Corsini (Fr, 1h45) avec Cécile De France, Izïa Higelin, Noémie Lvovsky…

Christophe Chabert | Samedi 18 juillet 2015

La Belle Saison

En 1971, les échos de mai 68 se font sentir dans les revendications des femmes au sein d’un MLF en pleine dynamique contestataire. C’est là que se rencontrent Delphine (Izïa Higelin), fille de paysans, et Carole (Cécile De France), parisienne et prof d’espagnol. C’est le coup de foudre, franc et direct — on n’est pas chez Diane Kurys ; Carole abandonne son mec, puis la capitale pour suivre Delphine dans sa ferme familiale, dont elle s’occupe après l’AVC de son père. Alors que l’introduction parisienne avait une certaine vigueur, que ce soit pour filmer les réunions politiques furieuses ou la naissance du désir chez les deux femmes, cette très longue partie campagnarde relève du scénario platement illustré. Corsini enchaîne les conflits dramatiques — se cacher ou ne pas se cacher ? Partir ou rester ? Les champs ou la ville ? — et les situations crypto-boulevardières — le pauvre personnage de Kevin Azaïs en amoureux transi en fait méchamment les frais — sans parvenir à élever le débat. Une jolie photo aux teintes chaudes, une représentation très frontale de l’homosexualité féminine et une musique ouvertement mélodramatique ne suffisent pas à sortir le film de s

Continuer à lire

Indésirables

ECRANS | De Philippe Barassat (Fr, 1h36) avec Jérémie Elkaïm, Béatrice De Staël, Bastien Bouillon…

Christophe Chabert | Mardi 17 mars 2015

Indésirables

Dans la petite famille de l’amateurisme chic français, voici Philippe Barassat ; copain comme cochon avec le tandem Donzelli / Elkaïm, il a recruté ce dernier pour le rôle principal d’Indésirables, son premier long après quelques courts provocateurs et remarqués. Elkaïm y est Aldo, infirmier d’origine étrangère qui subit une sorte de préférence nationale et se retrouve sans emploi et dans la dèche, cachant cette précarité à sa copine. Après une première expérience avec sa colocataire aveugle, Aldo décide de devenir un gigolo d’un genre particulier, donnant du plaisir à des handicapés physiques et moteurs. On aimerait se sentir interpellés, sinon dérangés, par un tel sujet, mais le film se tient dans un tel degré d’approximation qu’il est surtout irritant ; les comédiens jouent n’importe comment — Bastien Bouillon et l’insupportable Béatrice de Staël ne sont jamais crédibles en aveugles — et Barassat cadre à peine ses plans, leur apposant un vernis noir et blanc qui agit comme un cache-misère. Le tout baigne dans une ambiance bourgeois de gauche que le cinéaste arrive in extremis à bousculer lorsqu’il assume la part la plus noire de son récit.

Continuer à lire

Inupiluk + Le Film que nous tournerons au Groenland

ECRANS | De Sébastien Betbeder (Fr, 32 min + 32 min) avec Thomas Blanchard, Thomas Scimeca…

Christophe Chabert | Mardi 24 février 2015

Inupiluk + Le Film que nous tournerons au Groenland

Après le très réussi 2 automnes, 3 hivers, Sébastien Betbeder est revenu au format court avec Inupiluk : en trente minutes bien tassées, il suit deux potes hipsters et glandeurs, Thomas et Thomas, qui accueillent Ole et Adam, venus directement du Groenland pour passer quelques jours en France. Ponctué par des notations intimes — le père de Thomas vit au Groenland, sa copine ne répond plus à ses SMS — Inupiluk s’amuse du décalage de langue et de culture pour tisser un récit de vacances à la Jacques Rozier, de la Tour Eiffel à la dune du Pilat. Cette sensation de liberté et d’improvisation est franchement séduisante, et Betbeder confirme sa capacité à séduire un air du temps contemporain qui laisserait l’inquiétude à la porte. Pour cette sortie en salles, il y a adjoint un autre court, Le Film que nous tournerons au Groenland, qui en est le prolongement logique : les deux acteurs retrouvent le cinéaste pour élaborer une suite où cette fois-ci ce sont les Français qui partiraient dans le village de leurs nouveaux amis groenl

Continuer à lire

2 automnes 3 hivers

ECRANS | Un joli film signé Sébastien Betbeder, à la fois simple et sophistiqué, qui raconte des petites choses sur des gens ordinaires en tentant de leur donner une patine romanesque, comme un croisement entre les chansons de Vincent Delerm et celles de Dominique A. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 18 décembre 2013

2 automnes 3 hivers

Les histoires d’amour entre trentenaires, l’angoisse de l’âge adulte, les instants fugaces, les départs et les retrouvailles, les films qui font partie de la vie et les chansons qu’on fredonne… 2 automnes 3 hivers a à peu près tout pour se faire détester par ceux qui fustigent un cinéma d’auteur français désespérément étriqué. Et Vincent Macaigne, metteur en scène de théâtre devenu "star" d’une génération de cinéastes l’utilisant dans son propre rôle d’ahuri lunatique et bégayant, y tient un des rôles principaux, ce qui ajoute au potentiel d’irritation de ce film signé Sébastien Betbeder. Pourtant, malgré l’étroitesse de son rapport au monde, malgré la fragilité de son propos, 2 automnes 3 hivers possède un charme tout à fait singulier et une réelle audace derrière son apparente modestie. Betbeder tente un grand écart entre la simplicité de ce qu’il raconte et la sophistication de son dispositif, qui emprunte à la littérature, au théâtre et surtout à de nombreux artifices purement cinématographiques. Les Amants parallèles Un matin, en allant faire son jogging, Arman croise Amélie ; comme il veut revoir cette belle inconnue, il retourne courir,

Continuer à lire