Les films à voir à Lyon du mercredi 5 janvier au mardi 18 janvier 2022

En salles | De Robert Guédiguian à Charlotte Gainsbourg, tour d'horizon des sorties cinéma de cette quinzaine.

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

Photo : © Gaël Rapon


Indispensables

★★★★☆ Twist à Bamako

Juste après l'indépendance malienne, un responsable révolutionnaire chargé de porter la bonne parole socialiste dans les les villages bambara s'éprend d'une jeune femme de son âge mariée de force. La romance va se heurter à la fatalité… Loin de sa géographie coutumière, Guédiguian tourne pourtant au plus près de son histoire et de sa jeunesse : dans un décor où les lendemains chantent et dansent sur les tubes des yéyés, avant de déchanter entre le marteau des idéologues et le pragmatisme de la réalité. Servi par une distribution impeccable, ce portrait de groupe sur fond de décolonialisme rappelant le Lumumba de Raoul Peck (2000), montre (avec la même indignation que Jean Ferrat dans Le Bilan) comment le pouvoir peut hélas flétrir un idéal…
Un film de Robert Guédiguian (Fr-Can-Sén, 2h) avec Alicia Da Luz Gomes, Stéphane Bak, Issaka Sawadogo… (sortie le 5 janvier)


À voir

★★★☆☆ Adieu Monsieur Haffmann

Paris, 1941. Un bijoutier juif se réfugie dans le sous-sol de sa boutique qu'il a confiée à son employé ; las ! ce dernier commence un double-jeu trouble avec l'occupant… Quelque part entre Le Dernier Métro, Monsieur Klein et Les Misérables version Lelouch (Claude), l'intrigue paie un peu trop son tribut au théâtre dont elle est issue. Du pain béni pour Lellouche (Gilles) dont le personnage de brave type se mue peu à peu en vil salaud collabo à force de renoncements et de compromissions. Ce sont, pourtant, Sara Giraudeau et Nicolas Kinski qui captent l'attention.
Un film de Fred Cavayé (Fr-Bel, 1h56) avec Daniel Auteuil, Gilles Lellouche, Sara Giraudeau… (sortie le 12 janvier)


★★★☆☆ Placés

Sans boulot après avoir loupé le concours de Sciences-Po, Elias prend un job provisoire d'éducateur dans un foyer de jeunes. Contre toute attente, il va adorer les cas-soc'… Avant d'être scénariste des Tuche, Nessim Chikhaoui a été éduc' et ça se ressent dans cette chronique douce-amère d'une troupe d'âmes cabossées (encadrants et encadrés) conforme à la réalité du terrain. Le pendant en comédie à De toutes mes forces de Chad Chenouga, en aussi réussi.
Un film de Nessim Chikhaoui (Fr, 1h51) avec Shaïn Boumedine, Julie Depardieu, Philippe Rebbot… (sortie le 12 janvier)


À la rigueur

★★☆☆☆ Jane par Charlotte

Version actualisée du Jane B. par Agnès V., sauf que c'est par Charlotte G. Un family movie sympathique parce que Jane est une icône que tout le monde aime, mais anecdotique cinématographiquement.
Un film de & avec Charlotte Gainsbourg (Fr, 1h30) avec également Jane Birkin (sortie le 12 janvier)


À éviter

☆☆☆☆☆ Rosy

On pourrait passer sous silence son existence. Mais c'est faire œuvre de salubrité publique que de détourner le public de cet abominable pseudo-documentaire où une étudiante en école de commerce, se découvrant atteinte de sclérose en plaque, réplique à la maladie en partant à l'autre bout du monde grâce aux dons de sa communauté de fans. La discordance est ici hurlante entre son discours (« je-recherche-l'intériorité-en-allant-humblement-à-la-rencontre-des-autres-et-de-l'ailleurs ») et les images de son ego-trip ultra nombriliste — une collection de selfies animés sur fond d'antipodes, complétée par une auto-interview en gros plan face caméra. Puant l'exaltation de l'individualisme et l'héroïsation cosmétique, ce clip géant de promotion personnelle filmé à la truelle (étonnant pour une animatrice télé) tient, en outre, un discours ambigu sur le monde médical ; on espère que le monde du handicap (et de la SEP en particulier) en cruel manque de visibilité ne tombera pas dans le panneau en pensant qu'il est représenté par ce flyer opportuniste. Précisons que Marine Barnérias ne “paie” pas ici pour les délires complotistes de son père, réalisateur de Hold-up
Un film de & avec Marine Barnérias (Fr, 1h26) ; (sortie le 5 janvier)


Twist à Bamako

De Robert Guédiguian (Fr, Can, Ita, Sen, 2h09) Avec Alicia Da Luz Gomes, Stéphane Bak, Issaka Sawadogo

De Robert Guédiguian (Fr, Can, Ita, Sen, 2h09) Avec Alicia Da Luz Gomes, Stéphane Bak, Issaka Sawadogo

salles et horaires du film


1960. Samba, jeune militant socialiste dont le père est un commerçant bien installé de Bamako, rencontre au cours de l’une de ses missions en brousse Lara. Lara profite de Samba pour fuir sa famille qui veut la marier de force. Tandis que Lara découvre une nouvelle vie à Bamako, Samba commence à contester haut et fort certaines décisions de sa hiérarchie.

Twist à Bamako est à  l'affiche dans 4 salles le mardi 18 janvier

Lumière Terreaux

40 rue du Président Édouard Herriot 69001 Lyon
Mer-ven-sam-dim 15h30-18h, jeu-mar 15h30-20h30, lun 15h15-17h45

Pathé Bellecour

79 rue de la République 69002 Lyon
Mer-sam-dim 21h10, jeu-ven-lun 16h30, mar 21h45

UGC Astoria

31 cours Vitton 69006 Lyon
Mer-dim 10h45-13h55-16h40-19h30, jeu-mar 13h55-16h40, ven 13h30-16h15-19h05-21h45, sam 10h45-13h30-16h15-19h05-21h45, lun 13h55-16h40-19h30

Comoedia

13 Av. Berthelot 69007 Lyon
Mer 13h50-16h35-20h535, TLJ sauf mer 13h50-16h35-21h
Twist à Bamako est à  l'affiche dans 4 salles le mercredi 19 janvier

Cinéma Rillieux

81b avenue de l'Europe 69140 Rillieux-la-Pape
Mer 20h45, jeu 18h, ven 20h30, sam 14h, dim 18h30, lun 17h (vfstf), mar 14h

Le Meliès

67 chemin de Vassieux 69300 Caluire-et-Cuire
Mer-ven 21h, sam 18h, dim 16h, lun 20h30

Lumière Fourmi

68 rue Pierre Corneille 69003 Lyon
Mer 21h10, jeu 16h40, ven 18h10, sam 15h40, dim 18h, lun 16h35, mar 18h15

Comoedia

13 Av. Berthelot 69007 Lyon
TLJ 13h45-20h50
Twist à Bamako est à  l'affiche dans 3 salles le jeudi 20 janvier

Cinéma Rillieux

81b avenue de l'Europe 69140 Rillieux-la-Pape
Mer 20h45, jeu 18h, ven 20h30, sam 14h, dim 18h30, lun 17h (vfstf), mar 14h

Lumière Fourmi

68 rue Pierre Corneille 69003 Lyon
Mer 21h10, jeu 16h40, ven 18h10, sam 15h40, dim 18h, lun 16h35, mar 18h15

Comoedia

13 Av. Berthelot 69007 Lyon
TLJ 13h45-20h50
Twist à Bamako est à  l'affiche dans 4 salles le vendredi 21 janvier

Cinéma Rillieux

81b avenue de l'Europe 69140 Rillieux-la-Pape
Mer 20h45, jeu 18h, ven 20h30, sam 14h, dim 18h30, lun 17h (vfstf), mar 14h

Le Meliès

67 chemin de Vassieux 69300 Caluire-et-Cuire
Mer-ven 21h, sam 18h, dim 16h, lun 20h30

Lumière Fourmi

68 rue Pierre Corneille 69003 Lyon
Mer 21h10, jeu 16h40, ven 18h10, sam 15h40, dim 18h, lun 16h35, mar 18h15

Comoedia

13 Av. Berthelot 69007 Lyon
TLJ 13h45-20h50
Twist à Bamako est à  l'affiche dans 4 salles le samedi 22 janvier

Cinéma Rillieux

81b avenue de l'Europe 69140 Rillieux-la-Pape
Mer 20h45, jeu 18h, ven 20h30, sam 14h, dim 18h30, lun 17h (vfstf), mar 14h

Le Meliès

67 chemin de Vassieux 69300 Caluire-et-Cuire
Mer-ven 21h, sam 18h, dim 16h, lun 20h30

Lumière Fourmi

68 rue Pierre Corneille 69003 Lyon
Mer 21h10, jeu 16h40, ven 18h10, sam 15h40, dim 18h, lun 16h35, mar 18h15

Comoedia

13 Av. Berthelot 69007 Lyon
TLJ 13h45-20h50
Twist à Bamako est à  l'affiche dans 4 salles le dimanche 23 janvier

Cinéma Rillieux

81b avenue de l'Europe 69140 Rillieux-la-Pape
Mer 20h45, jeu 18h, ven 20h30, sam 14h, dim 18h30, lun 17h (vfstf), mar 14h

Le Meliès

67 chemin de Vassieux 69300 Caluire-et-Cuire
Mer-ven 21h, sam 18h, dim 16h, lun 20h30

Lumière Fourmi

68 rue Pierre Corneille 69003 Lyon
Mer 21h10, jeu 16h40, ven 18h10, sam 15h40, dim 18h, lun 16h35, mar 18h15

Comoedia

13 Av. Berthelot 69007 Lyon
TLJ 13h45-20h50
Twist à Bamako est à  l'affiche dans 4 salles le lundi 24 janvier

Cinéma Rillieux

81b avenue de l'Europe 69140 Rillieux-la-Pape
Mer 20h45, jeu 18h, ven 20h30, sam 14h, dim 18h30, lun 17h (vfstf), mar 14h

Le Meliès

67 chemin de Vassieux 69300 Caluire-et-Cuire
Mer-ven 21h, sam 18h, dim 16h, lun 20h30

Lumière Fourmi

68 rue Pierre Corneille 69003 Lyon
Mer 21h10, jeu 16h40, ven 18h10, sam 15h40, dim 18h, lun 16h35, mar 18h15

Comoedia

13 Av. Berthelot 69007 Lyon
TLJ 13h45-20h50
Twist à Bamako est à  l'affiche dans 3 salles le mardi 25 janvier

Cinéma Rillieux

81b avenue de l'Europe 69140 Rillieux-la-Pape
Mer 20h45, jeu 18h, ven 20h30, sam 14h, dim 18h30, lun 17h (vfstf), mar 14h

Lumière Fourmi

68 rue Pierre Corneille 69003 Lyon
Mer 21h10, jeu 16h40, ven 18h10, sam 15h40, dim 18h, lun 16h35, mar 18h15

Comoedia

13 Av. Berthelot 69007 Lyon
TLJ 13h45-20h50

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Charlotte Gainsbourg : « ce qui m’intéressait, c’était voir sa peau, avoir un contact physique »

Jane par Charlotte | La fille de qui l’on sait et sa mère se livrent (et se délivrent) l’une l’autre dans un double portrait au miroir tenant autant de la catharsis que de l’apprivoisement mutuel, à la lisière timide du public et de l'intime. Rencontre avec Charlotte Gainsbourg.

Vincent Raymond | Mercredi 12 janvier 2022

Charlotte Gainsbourg : « ce qui m’intéressait, c’était voir sa peau, avoir un contact physique »

Comment en êtes-vous arrivée à ce dialogue ouvrant le film, au Japon autour d’une tasse de thé avec votre mère ? Charlotte Gainsbourg : Il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour démarrer. Je me suis d’abord adressée au producteur de mes clips. Du coup, c’était facile de mettre sur pied une équipe avec le chef-op’ que je connaissais. Entre le temps où j’ai demandé à ma mère si l’idée pouvait la séduire et le fait d’aller au Japon pour que ça se concrétise, ce n’a pas été si long. Mais elle n’a pas aimé ce premier échange. Elle ne savait pas ce que je voulais faire ; moi-même je ne savais pas. J’avais mis au point une interview avec plein de questions en me disant qu’il fallait que je sois la plus sincère possible, que ce soit direct, intime et pas professionnel. Mais justement, c’était choquant pour elle d'avoir à répondre à des questions personnelles devant une équipe qu’elle ne connaissait pas, en pensant peut-être que j'allais faire un documentaire comme elle en avait déjà fait plein. Elle a accusé le coup et m’a dit « on arrête, je ne veux pas recommencer ». Deux ans ont passé, j

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Nessim Chikhaoui : « Placés met un visage sur des chiffres »

Placés | Retour à la case éducateur pour Nessim Chikhaoui. Pour son premier long-métrage, le co-scénariste des Tuche et du Doudou fouille ses souvenirs et signe une comédie très ancrée dans la réalité sociale des maisons d’accueil pour les mineurs et jeunes majeurs. Rencontre lors du Festival de Sarlat.

Vincent Raymond | Mercredi 12 janvier 2022

Nessim Chikhaoui : « Placés met un visage sur des chiffres »

Qu’y a-t-il de personnel dans votre film ? Nessim Chikhaoui : J’ai été éducateur en MECS (maison d’enfance à caractère social) pendant sept ans à Draveil, et ensuite trois ans, en AEMO (aide éducative en milieu ouvert) où l’on suit des jeunes qui sont encore chez eux. Beaucoup de situations du film sont réelles et vécues, d’autres romancées. C’est important pour moi de montrer cet aspect du métier, qu’on ne voit pas forcément dans tous les documentaires. Bon, il manque quand même les assistantes sociales, les psychologues, mais je ne pouvais pas mettre tout le monde, donc on s’est concentré sur les éducateurs et les jeunes pour des raisons scénaristiques. Il y a déjà beaucoup de personnages. Pourquoi votre héros débarque-t-il dans ce milieu après avoir manqué le concours de Sciences-Po ? L’idée était d’emmener quelqu’un qui n’était pas du tout destiné à faire ce métier. Moi, j’aurais aimé être prof de sport ou CPE, mais on a choisi un truc assez élevé et un diplôme qui parle à tout le monde. En fait, je crois que le concours ne se passe pas du tout comme on le montre d

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Fred Cavayé : « je me suis un peu auto-censuré pour ne pas tomber dans le plagiat »

Adieu Monsieur Haffmann | Après y avoir déjà présenté en première "Pour Elle" et "À bout portant", Fred Cavayé avait réservé l’exclusivité de son nouveau film "Adieu Monsieur Haffmann" au Festival de Sarlat. Bien lui en a pris : son drame se déroulant durant l’Occupation a remporté le Grand prix du public et le Prix d’interprétation pour Sara Giraudeau. Toujours prompt à parler fabrication, Cavayé raconte l’histoire de ce film dans l’Histoire. Rencontre sarladaise…

Vincent Raymond | Lundi 10 janvier 2022

Fred Cavayé : « je me suis un peu auto-censuré pour ne pas tomber dans le plagiat »

Qu’est-ce qui vous a amené à aborder ce sujet et cette époque ? Fred Cavayé : Beaucoup de choses : l’envie date de très longtemps. Le point de départ, c’est un roman de Michel Audiard, La nuit, le jour et toutes les autres nuits qui parle de la Libération et notamment des femmes qui se sont faites tondre. Les salauds sous l’Occupation, c’est un sujet qui avait été assez peu abordé. J’avais le souvenir de films comme Lacombe Lucien ou du formidable téléfilm Au bon beurre avec Roger Hanin. Alors quand Jean-Philippe Daguerre, l’auteur de la pièce Adieu Monsieur Haffmann m’a envoyé le texte, je n’ai pas voulu le lire (je préférais découvrir la pièce une fois montée), je m’en suis fait mon histoire avec le peu que j’en savais. Or sa pièce est ailleurs, pas sur sujet-là. Comme j’ai la chance d’avoir de bons producteurs et d’être ami avec Jean-Philippe Daguerre de longue date, je leur ai proposé de l'adapter d’une manière plus libre, en faisant dévier le personnage joué par Gilles Lellouche vers un côté très sombre. Ce n’est pas l’autopsie d’un salau

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Robert Guédiguian : « je refuse de monter dans une voiture s’il n’y a pas Otis Redding ! »

Cinéma | Robert Guédiguian explore les premières années de l’indépendance malienne en compagnie de la jeunesse révolutionnaire du pays, partageant son temps entre le socialisme en journée et le twist dans les maquis la nuit. Une évocation plus qu’une reconstitution dans une tragédie politique et sentimentale. Rencontre.

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

Robert Guédiguian : « je refuse de monter dans une voiture s’il n’y a pas Otis Redding ! »

Au générique de Twist à Bamako, vous rendez hommage à une grande figure de l’indépendance culturelle africaine, Malick Sidibé. Il y a d’ailleurs en permanence à l’arrière-plan du film un personnage de photographe qui immortalise la vie de la jeunesse…Robert Guédiguian : Sidibé collait complètement à son époque. Il était jeune, joyeux, révolutionnaire ; il a filmé — lapsus [sourire] — photographié essentiellement la jeunesse de Bamako en liesse partout : au bord de la plage, dans les clubs qui étaient à tous les carrefours (c’était la fête de la musique dans tout Bamako tous les soirs). Il a cru en ça, c’était un personnage très intéressant et très libre. Et c’est de ses photos qu’est parti le film. Il y avait eu une exposition à la Fondation Cartier en 2017, et aussi de grands tir

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Quatre avant-premières et Guédiguian au Comœdia

Avant-Premières | Consacré au cinéma européen, avec un fort tropisme pour le cinéma d’auteur, le Festival des Arcs réunit chaque année en décembre les films qui seront au centre de (...)

Vincent Raymond | Mercredi 15 décembre 2021

Quatre avant-premières et Guédiguian au Comœdia

Consacré au cinéma européen, avec un fort tropisme pour le cinéma d’auteur, le Festival des Arcs réunit chaque année en décembre les films qui seront au centre de l’actualité du premier trimestre suivant. Mais comme tout le monde ne peut se rendre dans la station savoisienne, le festival essaime dans des salles partenaires avec une programmation en résonance baptisée Hors Pistes. Au Comœdia, elle permettra de découvrir trois avant-premières : Les Leçons persanes de Vadim Perelman (drame historique dans un camp de concentration quelque part entre La Liste de Schindler et Un héros très discret) le jeudi 16 décembre à 20h30, l’adaptation de la BD de Fab Caro Zaï Zaï Zaï Zaï par François Desagnat avec Jean-Paul Rouve le vendredi 17 décembre à 20h30 et le film d’animation Vanille de Guillaume Lorin produit sous l’égide de Gebeka le samedi 18 décembre à 11h.

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"Vers la bataille" et "Si le vent tombe" : si loin, si proches

Cinéma | L’époque et la géographie les oppose, mais les protagonistes de "Vers la bataille" et de "Si le vent tombe" ont beaucoup en commun. À commencer par le fait d’être des Français temporairement expatriés et irrésistiblement attirés par le souffle de la guerre…

Vincent Raymond | Mercredi 26 mai 2021

La Guerre et ce qui s’ensuivit, écrivait Aragon. Quelle que soit l’âge du conflit, le déroulement sur le terrain est identique : les corps des belligérants (et des malheureux civils au mauvais endroit, au mauvais moment) finissent hachés par une pluie de boue et de mitraille, après avoir été laminés par l’angoisse d’être touchés. La raison commanderait de fuir à tout prix ces zones de haut péril, mais la raison, on la connaît, a parfois les siennes, hors de toute logique. Pour Louis dans Vers la bataille de Aurélien Vernhes-Lermusiaux, c’est d’aller photographier au plus près l’Expédition du Mexique de 1861 (et sa déroute) à la demande de l’armée française, histoire d'oublier la mort de son fis. Pour Alain dans Si le vent tombe de Nora Martirosyan, c’est d’aller observer de ses yeux cette ligne de front ayant justifié sa venue au Haut-Karabagh pour inspecter un aéroport afin de lui donner l’autorisation d’ouvrir ; cette même ligne de front exigeant que le rapport soit défavorables po

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Gitanes sans filtre : "Carmen et Lola"

¡Hola Amor! | de Arantxa Echevarría (Esp, 1h43) avec Rosy Rodriguez, Zaira Romero, Moreno Borja…

Vincent Raymond | Mardi 13 novembre 2018

Gitanes sans filtre :

Carmen s’apprête à convoler avec un jeune Gitan de sa communauté madrilène, quand elle rencontre Lola, travaillant sur les marchés comme elle. Rebelle, grapheuse et lesbienne, Lola lui révèle la possibilité d’une autre romance. Avec, comme conséquences, le secret ou l’exil… De la difficulté de sortir du rang et des traditions séculaires… Drame sentimental urbain et bariolé, Carmen et Lola est aussi un film ethnographique où Arantxa Echevarría montre à quel point l’homosexualité féminine, considérée comme une malédiction dans une culture soumise à des codes ultra patriarcaux, peut encore créer de rejet et de violence, avec de surcroît — hélas — la complicité des femmes de la précédente génération. En filigrane, la réalisatrice montre l’ostracisme et la méfiance dont les Gitans sont l’objet en Espagne, qui les contraint à demeurer en vase-clos, dans un analphabétisme humiliant. Ce contexte permet de mieux mesurer la menace pesant sur les deux protagonistes hors du groupe : une marginalisation définitive sans espoir de futur, ni retour en

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Avé

ECRANS | Road movie bulgare entre un garçon pétri de culpabilité et une fille mythomane, frondeuse et libre, ce premier film de Konstantin Bojanov possède le petit charme du cinéma d’auteur qui cherche la note juste plutôt que l’originalité. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 20 avril 2012

Avé

Aimer ou non Avé relève presque d’une question d’humeur. Si on s’est levé du pied droit, le premier film de Konstantin Bojanov séduit par sa justesse permanente : pas de faute de goût, une maîtrise indéniable que ce soit dans les courbes de son scénario, le rythme avec lequel le cinéaste déroule ses séquences, la qualité du regard sur les atermoiements des personnages et même la distance qu’il pose entre eux et sa caméra. Du pied gauche, c’est autre chose : impossible par exemple de ne pas inscrire Avé dans ce courant du cinéma d’auteur mondial(isé) qui s’obstine à creuser des fictions minimales, proposant des trajets ordinaires à des corps ordinaires, préférant le demi-ton au contraste, le réalisme au spectaculaire. C’était le cas, déjà, en début d’année, des Acacias, dont Avé est un peu le cousin bulgare. Bulgare aux clichés ! Même sous-genre (le road movie), mêmes personnages opaques réunis par la force des choses traversant un bout de leur pays en se jaugeant l’un l’autre, oubliant d’observer le monde autour d’eux. Avé,

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