Ni spectaculaire, ni consommable

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 18 septembre 2013

Photo : Edith Dekyndt, Water Album, 2013


Le critique de cinéma Serge Daney cherchait des images qui ne seraient pas à vendre («pas un plan qui pourrait vendre quelque chose»). L'artiste belge Edith Dekyndt (née en 1960) réalise, elle, des œuvres «ni spectaculaires, ni consommables». Pour cela, elle utilise des "matériaux" presque impaplpables, parfois invisibles : l'eau, l'air, le son, les ondes magnétiques, des bulles de savon, le froid... Et s'intéresse de près aux phénomènes physiques décrits par les sciences, à la vie quotidienne, à la logique ou aux illogismes du sens, ou encore à la patine du temps.

Pour son exposition à Lyon, l'artiste a produit deux œuvres en lien avec l'histoire de la ville. En un clin d'oeil au berceau du cinéma, elle a accroché à une cimaise une grande toile en feuilles d'argent (une sorte d'écran), dévolue à noircir peu à peu avec la lumière. Dans une petite salle, elle expose par ailleurs un grand aquarium contenant 120 litres d'eau de la Saône (rivière qui fait face au centre d'art), mélangés à un produit chimique créé par une entreprise locale. Lequel, au fil du temps de l'exposition, figera complètement le contenu aqueux. C'est un travail assez subtil et reposant (reposant pour qui notamment a vu défiler moult œuvres complexes à la Biennale d'art contemporain), jouant sur une poétique du presque rien, de l'inquiétante étrangeté et de la mélancolie du temps qui passe.

Jean-Emmanuel Denave

Edith Dekyndt, Slow stories
A la BF15, jusqu'au samedi 16 novembre


Edith Dekyndt

"Slow stories"
La BF15 11 quai de la Pêcherie Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Collection 2013/2014

ARTS | Dix expositions à ne pas rater cette saison. Où l'on apprendra que les artistes figent l'eau de la Saône, passent le permis moto, trompent l'oeil parmi des friches, lisent Virginia Woolf, retournent angoissés en enfance ou bien encore résument en quelques images toute (ou presque) la philosophie de Peter Sloterdijk ! Jean-Emmanuel Denave

Benjamin Mialot | Lundi 16 septembre 2013

Collection 2013/2014

Anna et Bernhard Blume Les époux Anna et Bernhard Blume ont l'air de bien s'amuser chez eux. Ils se mettent en scène et se photographient dans des perspectives baroques, avec des objets ou de la nourriture qui voltigent, des regards hallucinés, des corps presque contorsionnés... Au-delà de cet aspect comique, les deux photographes interrogent autant qu'ils se réfèrent à l'abstraction géométrique, au Bauhaus et à la grande histoire de la photographie.   Au Centre d'Arts Plastiques de Saint-Fons, jusqu'au 31 octobre   Myriam Mechita Née en 1974, vivant à Berlin, Myriam Mechita surprend par l'hétérogénéité des moyens plastiques qu'elle emploie, autant que par la diversité des formes qu'elle déploie. On verra à l'URDLA de grands dessins inte

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