Nouvelles espèces d'espaces

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 4 décembre 2013

Photo : Georges Rousse, Chambord


Alors que la peinture (classique), la photographie (dès ses origines) et le cinéma (récemment) tentent par tous les moyens de donner l'illusion de la 3D sur une surface plane, Georges Rousse semble, dans son travail, prendre tout le monde à rebrousse-poil. Depuis 1981, l'artiste (né en 1947) investit des lieux souvent désaffectés (friches industrielles, bâtiments en ruines...) qu'il "sculpte", "découpe", peint, afin d'obtenir dans ses photographies un irréel motif abstrait en deux dimensions. A partir d'un long processus préparatoire, il photographie donc des "visions" subjectives émanant de sa sensibilité à la lumière, à l'architecture des lieux, à la poésie de l'espace...
 

«Je ne suis pas intéressé, dit Georges Rousse dans un entretien, par l'idée de créer un effet visuel, une combinaison d'effets qui n'est pas un travail d'artiste. Pour moi, le travail d'artiste, c'est utiliser l'espace. J'interviens en le divisant en fonction de problèmes spécifiques à la lumière, ou à la peinture, ou à la photographie». Au-delà de la réussite esthétique de ses photographies, l'artiste met en jeu les relations, toujours ambiguës, entre la fiction et la réalité. Le spectateur, "bluffé" dans un premier temps, a aussi les clefs pour déconstruire l'image, comprendre ses éléments constitutifs. Cette présentation à la fois du spectacle et des coulisses, de l'image et de ses composantes, fait toute la force des œuvres de Georges Rousse. La galerie Mathieu en présente plusieurs assez récentes ainsi que quelques dessins préparatoires.

Jean-Emmanuel Denave

Georges Rousse
A la Galerie Mathieu, jusqu'au samedi 25 janvier

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A l'ombre des tableaux : les expos de l'été

ARTS | Dans les musées comme dans les galeries, l'amateur d'art contemporain aura la chance de pouvoir découvrir cet été à Lyon un grand nombre d'expositions de haute tenue. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 juillet 2014

A l'ombre des tableaux : les expos de l'été

Depuis le début de sa longue carrière, le photographe Georges Rousse réalise d'étonnants trompe-l’œil en investissant des lieux déshérités, les transformant, les repeignant, en redéfinissant leur structure pour composer ses images. Celles-ci entremêlent abstraction et architecture, poésie et réalité concrète. L'exposition qui lui est consacrée au Plateau (jusqu'au 26 juillet) rassemble une quarantaine d'images à travers un bel accrochage retraçant les grandes lignes de son œuvre.   Le plus jeune plasticien Guillaume Leblon s'empare lui des espaces de l'Institut d'Art Contemporain (jusqu'au 24 août) pour inviter le visiteur à «une promenade visuelle» donnant de nouvelles perspectives sur l'architecture et les objets. Les premières salles sont les plus réussies, avec un immense cube d'argile frais ouvert à toutes les figures possibles, des fantômes d'anima

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L'espace d'une image

ARTS | A travers une quarantaine d'images, l'exposition Georges Rousse donne un très bel aperçu d'une œuvre singulière, transformant artisanalement des espaces pour obtenir des photographies mêlant abstraction, poésie et utopie. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 avril 2014

L'espace d'une image

Cercles, disques, carrés, grilles, étoiles... Les motifs de couleur de Georges Rousse s'inscrivent dans des espaces éphémères, invitant et réinventant la peinture abstraite parmi des lieux à l'abandon. Le photographe réunit ainsi Malevitch ou Kandinsky avec l'esthétique des ruines, l'anamorphose et le trompe-l’œil, ou encore la peinture, l'installation-sculpture et la photographie. Chaque image exige une semaine de travail durant laquelle Georges Rousse redécoupe, repeint, redessine les perspectives d'un lieu pour obtenir, suspendue, une apparition géométrique virtuelle sur le papier photographique. «J'ai été confronté à des lieux quelconques, sans qualité architecturale particulière, lisses, presque sans matière, souvent immenses. La transformation devait alors suggérer un collage d'espaces antinomiques, parfois incongrus, rassemblés en une seule et unique image. Il s'agissait pour moi de faire surgir dans cette image une structure rendue virtuelle par sa forme, sa couleur ou sa matière» écrit Georges Rousse. De son premier travail à Villeurbanne en 1982 à ses très récentes interventions dans un bidonville de Mumbai, ou ailleurs aux quatre coins du monde, le photograph

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Pas de repos pour les expos

ARTS | Ludiques, émouvantes ou impressionnantes, ces expositions ont, à l'instar de celle du CHRD, rythmé notre automne. La trêve hivernale est l'occasion (la dernière pour certaines) de les revoir ou de les découvrir. Jean-Emmanuel Denave et Nadja Pobel

Benjamin Mialot | Vendredi 20 décembre 2013

Pas de repos pour les expos

Joseph Cornell et les surréalistes à New York  C'est l'événement artistique de ce début de saison à Lyon. Le Musée des Beaux-Arts nous invite à découvrir Joseph Cornell (1903-1972), drôle d'artiste américain n'ayant jamais ni peint ni sculpté. Proche des surréalistes émigrés à New York dans les années 30-40, Cornell est un fabuleux "fabricateur" d'images usant de techniques aussi diverses que le collage, des montages personnels d'images filmées ou l'assemblage poétique d'objets dans de petites boîtes ou de mini-théâtres. Un univers très émouvant et inventif qui est présenté au milieu d’œuvres d'artistes surréalistes importants (Max Ernst, Salvador Dali, Yves Tanguy, René Magritte...). A noter aussi, la sortie récente d'un beau catalogue sur l'exposition aux éditions Hazan. Au Musée des Beaux-Arts, jusqu'au lundi 10 février   Tony Cragg et Sigmar Polke 

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Collection 2013/2014

ARTS | Dix expositions à ne pas rater cette saison. Où l'on apprendra que les artistes figent l'eau de la Saône, passent le permis moto, trompent l'oeil parmi des friches, lisent Virginia Woolf, retournent angoissés en enfance ou bien encore résument en quelques images toute (ou presque) la philosophie de Peter Sloterdijk ! Jean-Emmanuel Denave

Benjamin Mialot | Lundi 16 septembre 2013

Collection 2013/2014

Anna et Bernhard Blume Les époux Anna et Bernhard Blume ont l'air de bien s'amuser chez eux. Ils se mettent en scène et se photographient dans des perspectives baroques, avec des objets ou de la nourriture qui voltigent, des regards hallucinés, des corps presque contorsionnés... Au-delà de cet aspect comique, les deux photographes interrogent autant qu'ils se réfèrent à l'abstraction géométrique, au Bauhaus et à la grande histoire de la photographie.   Au Centre d'Arts Plastiques de Saint-Fons, jusqu'au 31 octobre   Myriam Mechita Née en 1974, vivant à Berlin, Myriam Mechita surprend par l'hétérogénéité des moyens plastiques qu'elle emploie, autant que par la diversité des formes qu'elle déploie. On verra à l'URDLA de grands dessins inte

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Espace en voie de réapparition

ARTS | Que sculpture et peinture soient par définition liées à des problèmes d'espace paraît une évidence. Que l'art contemporain reprenne la question à nouveaux frais est plus excitant et essentiel. Quelques-unes des expositions de la saison 2013-14 entament le sujet... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 13 septembre 2013

Espace en voie de réapparition

C'est en général lorsqu'on perd quelque chose qu'on lui reconnaît sa pleine importance... Ainsi de l'espace qui, avec l'accélération et la vitesse chez Paul Virilio et le simulacre chez Jean Baudrillard, se serait, sous nos yeux contemporains, réduit à la portion congrue du pixel à la surface d'un écran. À l'heure de cette disparition problématique, l'Institut d'Art Contemporain axe toutes ses expositions et événements sur l'espace : Fabricateurs d'espaces, une exposition récente, son Laboratoire Espace Cerveau, la prochaine exposition consacrée à Manfred Pernice du 6 décembre au 16 février, artiste allemand interrogeant l'espace urbain. L'occasion de saisir les enjeux du travail philosophique de Peter Sloterdijk, qui ne pose plus les traditionnelles questions «Qui  ? Comment  ?  Quand  ?» mais se demande «Où ?» se trouve l'individu humain. Et traque dans sa trilogie Sphères les espaces relationnels, les résonances, les lieux, les contacts, les espaces fragiles et poreux. Qui nous sont essentiels.

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