«La bibliothèque, un lieu de vie» - Interview de Gilles Eboli

ACTUS | En cette rentrée littéraire, impossible de ne pas évoquer la Bibliothèque municipale, paradis de la lecture et premier lieu public lyonnais en termes de fréquentation. Son directeur, Gilles Eboli, revient pour nous sur ses nombreuses mutations en cours. Propos recueillis par Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 30 septembre 2015

Photo : Didier Nicole, BmL


Que représente la Bibliothèque municipale de Lyon en nombre d'abonnés et en fréquentation ?
Gilles Eboli :
C'est la première bibliothèque municipale en France hors Paris. 2, 8 millions de personnes franchissent chaque année la porte d'une de nos quinze antennes et nous avons 105 000 abonnés. Ces chiffres sont depuis des années en hausse régulière, sans que ce soit une explosion, mais c'est à souligner quand on nous parle ici et là d'effondrement du livre. Jusqu'à maintenant, il y avait l'usage savant et érudit – la consultation sur place – et l'usage de lecture publique – l'emprunts de document.

Mais depuis la fin des années 90 s'est développé l'usage dit des "séjourneurs", qui consiste à rester à la bibliothèque car elle est perçue comme un lieu de vie, de sociabilité, de lien. Revendiquer ce qui, à un moment, a pu être vécu par certains comme quelque chose d'anormal – rester à la bibliothèque – est au cœur de notre projet d'établissement.

Vous proposez depuis le 1er septembre une nouvelle offre tarifaire unique englobant tous les supports. Comment a-t-elle été conçue ?
Au départ, il y a une volonté politique, celle du maire et de l'élu à la culture, qui est de mieux mailler l'action des acteurs du territoire : musées, salles de concerts, bibliothèques... Ensuite, il y a la problématique de la bibliothèque : les abonnements différenciés n'avaient plus de sens car ce n'est pas l'usage des biens culturels aujourd'hui, on passe de l'un à l'autre, du matérialisé au dématérialisé, de façon quotidienne. Notamment la tranche 13-29 ans qui, parmi nos inscrits, était en recul marqué depuis plus de dix ans. Il fallait réagir à cela. Le multi-support est une réponse.

Il y avait même, auparavant, une dimension morale complètement dépassée : si vous étiez en recherche d'emploi, la ville vous accordait la gratuité sur les livres mais pas sur les CD ou DVD. C'était comme une sorte de jugement qui disait : «Si c'est pour travailler c'est bien, si c'est pour vous amuser, non.» Et il y avait également un jugement de valeur d'un support par rapport à l'autre. Ce mélange est une tendance générale [Nantes l'a déjà appliqué, NdlR]. On n'a pas innové de façon décisive sur ce point, mais sur le maillage institutionnel.

Aujourd'hui, les bibliothécaires doivent se consacrer à leur métier qui est d'orienter, accompagner, accueillir le public.

De nouvelles bibliothèques vont ouvrir prochainement. Quelles sont-elles ?
Celle de Lacassagne est une création totale. Elle ouvrira en juin 2016 et voisine l'école Émile Cohl et un terreau d'étudiants d'arts. Elle aura une spécificité sur le jeu, fut-il de plateau ou vidéo, à emprunter ou utiliser sur place. Elle sera par ailleurs décloisonnée pour mieux coller aux usages actuels. On n'organise plus la bibliothèque en sections "jeunesse" et "adultes" mais en trois grands secteurs : apprendre – qui remplace "jeunesse" –, découvrir – c'est ici que sont les documentaires par exemple – et temps libre – qui correspond au divertissement, à la fiction.

En 2017, celles de Gerland et du 6e arrondissement rouvriront dans de nouveaux locaux, avec une surface multipliée par 4 pour la première. Par ailleurs, celle de Vaise a rouvert le 15 septembre après travaux. Cela fait partie d'un programme de requalification de tous les accueils depuis deux ans, à l'occasion de l'automatisation du prêt et du retour.

Notre projet d'établissement affirme : «La bibliothèque plus que jamais.» Pourquoi en construire encore quand Google Books a numérisé 22 millions de livres ? Nous sommes complètement dépassés par cette offre. Aujourd'hui, les bibliothécaires doivent se consacrer à leur métier qui est d'orienter, accompagner, accueillir le public.

Numélyo n'est pas la bibliothèque numérique de la BML ; c'est la bibliothèque numérique de Lyon.

Cette automatisation est-elle aussi un moyen de faire des économies ?
Actuellement, toutes les bibliothèques qu'on a ré-ouvertes l'ont été sans aucune suppression de poste. Je ne vous dis pas que ça ne peut pas arriver, et on sait qu'on ne pourra pas créer à l'avenir cent postes comme cela a été le cas de 2000 à 2010. Nos avons été impactés par les baisses de budget de la culture, mais il n'y a pas eu de remise en cause de notre travail. L'automatisation est une réponse à cela. On est actuellement dans une autre époque. Que fait-on face à elle ? On pose les crayons en disant que c'est fichu ou on évolue avec un projet d'établissement ?

Quel bilan tirez-vous de Numelyo, cette plateforme d'archivage mise en place en décembre 2012 ?
Après avoir sous-dimensionné notre capacité de stockage, nous accueillons désormais les 400 000 livres imprimés que notre partenaire Google a numérisé. C'est plus que la Bibliothèque Nationale de France et c'est exceptionnel pour une bibliothèque municipale en Europe ! Maintenant, nous devons faire vivre Numelyo en le portant à connaissance et en attirant l'attention du plus large public, pour qu'elle ne soit pas réservée à quelques érudits.

La mission du service public est de restituer ce patrimoine aux Lyonnais et qu'il puisse les enrichir, en découvrant, par exemple, les estampes réalisées par les immigrés italiens de la Guillotière au XIXe siècle. C'est pour cela qu'il y a désormais un onglet Célestins. À terme, il y en aura pour Gadagne ou l'Imprimerie. On va aussi travailler avec les Beaux-Arts sur leur exposition sur la Renaissance au XVIe. Car Numélyo n'est pas la bibliothèque numérique de la BML ; c'est la bibliothèque numérique de Lyon.

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Nicolas Galaud : « un des rares mérites de la crise : la prise de conscience de ce à quoi servent les bibliothèques »

Bibliothèques | Nicolas Galaud a pris son poste le 1er octobre à la tête du premier établissement culturel de la Ville de Lyon : le réseau des bibliothèques municipales. Fermées durant le premier confinement, elles sont désormais ouvertes. Et très fréquentées. Ce conservateur général des bibliothèques, passé par Reims, Brest et tout récemment Bordeaux, évoque cette situation particulière et son cap pour les prochaines années.

Nadja Pobel | Mercredi 14 avril 2021

Nicolas Galaud : « un des rares mérites de la crise : la prise de conscience de ce à quoi servent les bibliothèques »

Quel bilan tirer de la réouverture des bibliothèques municipales de Lyon depuis le 1er décembre ? Nicolas Galaud​ : La période actuelle est significative de la place qu’ont aujourd’hui les bibliothèques dans le paysage culturel. Je déplore bien sûr que les autres établissements culturels soient fermés et trouve incompréhensible que les musées soient portes closes, car il n’y a pas plus de risques sanitaires que dans les bibliothèques et nous les maitrisons. Il n’y a pas de clusters, alors que nous recevons 200 000 personnes par mois dans nos lieux. Les décisions gouvernementales répondent à d’autres logiques. Mais les bibliothèques sont partout le premier établissement culturel en terme de fréquentation, c’est l’une des principales portes d’entrée vers la culturel. Dans beaucoup de communes, c’est le seul établissement culturel existant. Les étudiants, les collégiens, les lycéens y trouvent aussi un espace de travail. Un des r

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Au Musée des Confluences, la vie des objets avec Simonetta Greggio

Concours d'écriture | Un téléphone, un châle de soie de mer, un fossile, un fragment de météorite, ce sont autant d'objets investis par des écrivains — J.B. Pouy, Emmanuelle (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 14 octobre 2020

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Un téléphone, un châle de soie de mer, un fossile, un fragment de météorite, ce sont autant d'objets investis par des écrivains — J.B. Pouy, Emmanuelle Pagano, Philippe Forest, Olivia Rosenthal — au cœur de fictions inédites pour la collection Récits d'objets du Musée des Confluences. Collection qui fait doublement sa rentrée en ce début d'automne avec des habits neufs — un nouvel éditeur : Cambourakis. D'abord parce que l'autrice italienne et francographe Simonetta Greggio et la Mauricienne Ananda Devi y publient L'Ourse qui danse et Fardo où la fiction s'empare respectivement d'une statuette inuit et d'une momie de femme péruvienne. Ensuite, via un concours d'écriture ouvert à tous en partenariat avec la BmL (et Le Petit Bulletin). L'idée : imaginer, dans l'esprit de la collection, une fiction autour d'un des trois objets exp

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Nicolas Galaud, nouveau directeur de la Bibliothèque Municipale de Lyon

Mercato | Nicolas Galaud sera le futur directeur de la Bibliothèque Municipale de Lyon et prendra ses fonctions le 1er octobre prochain, succédant ainsi à Gilles (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 18 juin 2020

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Nicolas Galaud sera le futur directeur de la Bibliothèque Municipale de Lyon et prendra ses fonctions le 1er octobre prochain, succédant ainsi à Gilles Eboli, bientôt retraité, qui était en poste depuis 2011 et « a fait un travail remarquable » selon Loïc Graber, l'adjoint à la culture. Nicolas Galaud dirige actuellement la bibliothèque de Bordeaux, depuis 2016, après avoir œuvré à Brest et à Reims. « C'est un très bon profil pour nos BM. Il saura succéder à Gilles Eboli » nous a déclaré l'adjoint à la culture. La date de nomination a été imposée par l'État, qui souhaitait que la décision soit prise le 22 juin au plus tard.

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La Ville lance sa Carte Culture Junior

Éducation | Toutes les bibliothèques et les six musées municipaux en accès libre toute l'année, gratuitement, avec en prime quelques bonus du genre visite des coulisses aux Célestins ? C'est possible, avec la Carte Culture Junior, disponible dès maintenant pour tous les moins de 18 ans.

Sébastien Broquet | Mardi 20 novembre 2018

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On parle beaucoup de pass culture, ces dernières années, l'érigeant en solution à tous les problèmes d'accessibilité, oubliant un peu trop souvent qu'il ne suffit pas d'avoir un pass en poche pour franchir le seuil d'un musée d'art contemporain ou squatter les bancs d'une bibliothèque publique. Déjà car ces dernières sont inévitablement fermées le dimanche, et qu'il faudra bien à l'avenir se pencher sur la question de savoir pourquoi un lieu de savoir comme de détente clôt ses portes le jour où chacun a le temps de s'y rendre et d'y passer du temps... Pour preuve, la préfiguration de la Carte Culture Junior lancée officiellement en ce mois de novembre par la Ville de Lyon, qui avait été testée l'an dernier et distribuée alors gratuitement aux 4500 élèves de CP de l'école publique, n'avait pas eu les résultats escomptés malgré les promesses entrevues : seules 500 cartes ont effectivement été utilisées... La leçon a été retenue du côté de la mairie et cette fois, un accompagnement est mis en place afin d'inciter les détenteurs à s'en servir, mis en place avec l'AFEV (Association de la Fondation Étudiante pour la Ville). La carte sera également distribuée directement dan

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La bibliothèque, ce pilier de la démocratie que Lyon chérit

Politique Culturelle | Mission de service fondamentale, la bibliothèque municipale de Lyon est au cœur de la politique de la Ville. À l'heure où Grenoble choisit d'en fermer, Lyon en (ré)ouvre trois, à commencer par Gerland depuis le 28 mars. Gilles Éboli, directeur de la BML, fait le point.

Nadja Pobel | Mardi 2 mai 2017

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La fréquentation de la bibliothèque est stable voire en léger recul (2, 8 millions de visiteurs en 2015, 2, 5 aujourd'hui). Quelle analyse en faites-vous ? Gilles Éboli : L'action de la ville de Lyon en matière de lecture publique est vraiment à souligner. On ouvre trois bibliothèques : réouverture de Gerland en mars, de celle du 6e – Clémence Hortet le 6 juin, puis première ouverture de Lacassagne fin septembre. On crée quinze postes. On met 15M€. C'est vraiment un projet énorme, et ce n'est pas le seul. Si on a eu moins de fréquentation, c'est qu'on a dû fermer des bibliothèques pour en rouvrir des nouvelles. On a un potentiel énorme de public. 16% des Lyonnais sont des abonnés de la BML. Pour la France, c'est un chiffre qui se situe dans la moyenne. Le chiffre des inscrits ne rend pas compte de l'activité - la bibliothèque n'est plus un stock de documents que l'on vient emprunter, c'est un espace de vie, un endroit où les citoyens peuvent se retrouver gratuitement. On n'est pas obligé de s'inscrire. Notre fréquentation a plus de sens. Et elle va augmenter avec la réouverture de Gerland, celle du 6e

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Cartes d'étudiants : les bons plans

Les bons plans étudiants | C'est le bon temps ! Un étudiant n'est pas bien riche, mais il peut profiter des nombreuses tarifications très avantageuses qui lui sont plus ou moins réservées.

Nadja Pobel | Mardi 4 octobre 2016

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La carte culture Créée il y a un an, cette carte est un sésame pour la ville et ses structures culturelles. Et il se trouve qu'il y en a beaucoup. Au commencement, il y avait la carte de bibliothèque qui existe toujours au prix de 10€ (18-25 ans) et 18€ pour les plus âgés : elle permet d'emprunter vingt documents différents tous supports confondus (finie la division entre livre, CD, DVD) quel que soit votre lieu de domiciliation. Couplé à la carte musée, cette carte culture offre pour 15€ (18-25 ans) ou 38€ la gratuité aux musées Gadagne (histoire de la ville de Lyon et marionnettes du monde), Imprimerie, Beaux-Arts, Art contemporain, CHRD et même le musée Malartre consacré à l'automobile situé à Rochetaillé mais dont Lyon est propriétaire. En vente dans tous ces lieux (à l'exception de ce dernier), la carte culture offre aussi des réductions dans les salles de spectacles de la ville et alentours (Célestins, Croix-Rousse, TNP, Auditorium, Opéra...), à l'Institut Lumière ou à son musée attenant. Renseignements : www.lyon.fr ou dans les lieux concernés Pass culture

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Révolution tarifaire dans les musées et bibliothèques

CONNAITRE | Le 1er septembre, la ville de Lyon a lancé une offre tarifaire alléchante, pour permettre au plus grand nombre de profiter des musées et bibliothèques. Détails de ces changements qui se déclinent en 3 cartes valables un an de date à date.

Nadja Pobel | Jeudi 3 septembre 2015

Révolution tarifaire dans les musées et bibliothèques

La carte Bibliothèque (18€) Finis les abonnements lire (livre) ou lire/écouter/voir (livre, CD, DVD) voire artothèque. Désormais, tous les supports pourront être mélangés et 20 titres pourront être empruntés, toujours pour 3 semaines. La carte Musée (25€ / 7€ pour les 18-25 ans) Déjà bien connue, elle permet d’accéder aux expositions temporaires et permanentes des musées suivants : Musée des Beaux Arts MAC Musées Gadagne CHRD Musée de l’imprimerie et de la communication graphique Musée de l’automobile Malartre Elle permet aussi de bénéficier d’une réduction pour la Biennale d’art contemporain (8€ au lieu de 15€). La carte Culture (38€ / 15€ pour les 18-25 ans) Elle donne non seulement droit aux avantages de la Carte musée et de la Carte bibliothèque mais comprend également la possibilité d’accéder à des tarifs réduits aux Célestins, à l'Auditorium, à l'Opéra, à la Maison de la danse, au Théâtre de la Croix-Rousse, au TNP ainsi qu’aux Musée et Cinéma Lumière et au Comœdia. Le Musée des Confluences intégrera cette offre au 1er

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L'école des loisirs : 50 ans de jeunesse

ARTS | La bibliothèque de la Part-Dieu consacre une exposition à l’Ecole des loisirs à l'occasion de ses 50 ans. Un bel hommage à un éditeur indépendant resté vaillant et à ses auteurs-illustrateurs, artistes à part entière. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 21 avril 2015

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Ami public n°1

CONNAITRE | Lieu public le plus fréquenté de la ville, la bibliothèque de Lyon abrite une immense richesse documentaire, mise à la disposition de tous quasiment gratuitement. À l’occasion de la manifestation jeune public RéCréation et des quarante ans du site de la Part-Dieu, entretien avec son heureux directeur, Gilles Eboli, pour parler de l’actualité et de l’avenir de la BmL. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 3 mai 2013

Ami public n°1

Comment se porte la bibliothèque, en cette époque où tablettes et téléphones rendent la culture de plus en plus immédiatement et personellement accessible ?Giles Eboli : On peut effectivement se demander comment se portent les bibliothèques physiquement quand Google Books a 22 millions de volumes. À Lyon, elles se portent bien. Tous nos indicateurs sont positifs, avec parfois de véritables explosions pour tout ce qui a trait au numérique, des accès à notre site aux Guichets du savoir. Pour ce qui est de la fréquentation physique, de l’emprunt ou de la présence dans les locaux, tous les chiffres sont aussi à la hausse. Ce n’est pas une explosion mais une progression très solide. On aurait pourtant pu s’attendre à une baisse de fréquentation...Le slogan de notre projet est "la bibliothèque plus que jamais". Nos collègues anglo-saxons ont du faire face au phénomène des deserted libraries, une sorte d’angoisse millénariste. La nôtre était que plus personne ne vienne chez nous. Cela ne se produit pas à Lyon car la Ville mène depuis les ann

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Cité de la Ré-Création

ARTS | Toucher, jouer, manipuler. L'art ne s'appréhende pas uniquement avec les yeux. C'est ce que démontre la manifestation dédiée aux petits (mais aussi aux grands) Ré-Création, à découvrir dans toutes les bibliothèques de Lyon, et notamment à la Part-Dieu.

Nadja Pobel | Jeudi 2 mai 2013

Cité de la Ré-Création

Lorsque Gilles Eboli, directeur de la Bibliothèque municipale de Lyon, émet l'idée d'organiser une exposition jeune public à la bibliothèque de la Part-Dieu, Violaine Kanmacher, responsable du secteur jeunesse de cette médiathèque et coordonnatrice des quinze autres bibliothèques d’arrondissement, met la barre plus haut avec Ré-Création, un festival de quatre mois disséminé dans tous ces lieux. Au programme : des concerts, de très nombreux ateliers de création vidéo avec l'école de graphisme Émile Cohl ou encore des visites des coulisses de lieux partenaires comme la Maison de la danse, l'Opéra ou le Théâtre Nouvelle Génération, la commissaire ayant voulu faire de la BmL de la Part-Dieu «un lieu central pour présenter la richesse des autres salles» et mettre en place une véritable cité de la création avec la complicité d'un très grand nombre d'artistes. Point commun de toutes les installations : «elles posent la question de la place du corps alors qu'on ne pense qu'à la tête dans une bibliothèque». Tout est en effet interactif et invite le visiteur à participe

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La BM à web ouvert

ACTUS | Quarante ans, le début de la fin ? Pas pour la Bibliothèque Municipale de Lyon qui, avec le concours du géant Google, marque le coup en entrant de plain-pied dans la modernité avec la mise en ligne de numelyo, son fonds numérique. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 14 décembre 2012

La BM à web ouvert

Qu’on se le dise, c’est un cadeau que vous offre la Bibliothèque Municipale (BM) à l’orée de Noël et à l’occasion du 40e anniversaire de son site de la Part-Dieu, ouvert précisément en décembre 1972. Car depuis quelques jours, le service numelyo est accessible via le site internet de la bibliothèque. Derrière ce mot-valise, se concentre le grand projet de numérisation des documents imprimés que Lyon a lancé depuis dix-huit ans et qui a été rendu possible grâce à l’entrée dans le processus, souvent contestée, de Google, embauché en 2008 comme prestataire de service par la BM. Cette bibliothèque numérique, la plus grande actuellement en Europe, prévoit d’héberger 400 000 documents en 2015 ; 270 000 sont déjà en ligne. Qu’y trouve-t-on ? Des livres imprimés entre 1450 (début de Gutenberg) et 1920 (fin de la période libre de droit), un millier d’affiches de 1890 à 1950 de Toulouse-Lautrec ou Jules Chéret, grâce notamment au fond du collectionneur lyonnais Legendre... Puis des estampes, des enluminures, la presse lyonnaise de 1790 à 1944… Autant de documents à lire en ligne, imprimer, zoomer, envoyer à autrui ou dont on peut copier-coller le texte.

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Un an de réflexion

CONNAITRE | Près d'un an après le départ de Patrick Bazin, Gilles Eboli vient d’être nommé par la Ville de Lyon au poste de Directeur de la Bibliothèque municipale de Lyon. (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 12 mai 2011

Un an de réflexion

Près d'un an après le départ de Patrick Bazin, Gilles Eboli vient d’être nommé par la Ville de Lyon au poste de Directeur de la Bibliothèque municipale de Lyon. Il prendra ses fonctions début juin 2011. Conservateur général des bibliothèques, ancien président de l’Association des bibliothécaires de France et ancien membre des conseils d’administration de la BNF et du Centre national du Livre, Gilles Eboli a assuré les fonctions de directeur de la Cité du Livre d’Aix-en-Provence et de la bibliothèque Méjanes de 1998 à 2008 puis celles de directeur de la bibliothèque municipale de Marseille de 2008 à 2010.

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Le graver dans la tête, le corps

ARTS | Expo / La Bibliothèque municipale présente une très belle exposition d'estampes où Picasso, Brauner, Miro et Matisse composent et décomposent avec la figure humaine... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 17 février 2010

Le graver dans la tête, le corps

La Bibliothèque Nationale de France possède quelque neuf millions d'estampes et de photographies ! La Bibliothèque municipale de Lyon pouvait donc bien lui en emprunter une cinquantaine et, tant qu'à faire, pas des plus inintéressantes, avec des œuvres signées Pablo Picasso (1881-1973), Victor Brauner (1903-1966), Joan Miro (1893-1983) et Henri Matisse (1869-1954) ! C'est Miro qui nous accueille dans la première salle de la galerie de la Bibliothèque avec plusieurs lithographies composées de couleurs pures (vert, bleu, rouge, jaune) et aux traits noirs et épais. L'artiste laisse libre cours à son univers fait d'astres simplifiés, de tourbillons en spirales, de bonshommes naïfs et attachants... Picasso et Matisse prennent le relais dans une salle où leurs portraits féminins et leurs femmes nues se côtoient, se comparent, se rapprochent ou s'éloignent, sous le regard notamment d'une grande «Françoise au nœud dans les cheveux», très belle lithographie de Picasso datant de 1946. On trouvera aussi dans cette salle un petit chef-d'œuvre de Matisse, son «Nu assis jambes croisées 1», une linogravure de 1941. Un corps féminin, réduit à sa plus grande simplicité formelle, s'éclaire d'un minc

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