Sarah Harrison : « L'information veut être libre ! »

European Lab | Sarah Harrison, émissaire de WikiLeaks, l’organisation internationale qui se bat pour une diffusion transparente de l’information (à l’origine des révélations sur la torture à Guantanamo ou sur la guerre en Afghanistan), était présente sur cette excellente édition 2016 de l’European Lab pour présenter "les dangers de la surveillance de masse et du big data", sans oublier de prendre la défense des lanceurs d’alerte. Nous l’avons rencontrée.

Maxence Grugier | Mardi 10 mai 2016

Photo : Sarah Harrison, n°2 de WikiLeaks © Auriane Guiot


Sarah Harrison, vous êtes journaliste et chercheuse en droit, vous avez également aidé Edward Snowden à obtenir l'asile en Russie. Comment avez-vous intégré WikiLeaks ?
Sarah Harrison :
En 2009, je travaillais pour le Center of Investigative Journalism à Londres. Mon patron était un ami de Julian Assange, et lorsque celui-ci est passé à l'occasion de la diffusion des documents secrets sur la guerre en Afghanistan, il m'a demandé si je ne voulais pas lui servir d'assistante pendant le séjour. Il se trouve que j'avais du temps (rire) !

À propos du danger du big data, beaucoup de gens pensent « si je n'ai rien fait de mal, je n'ai rien à craindre de la surveillance globale, ni de l'intrusion dans ma vie privée. » C'est plus complexe, non ?
C'est une question très délicate, et une idée piège très répandue et assez classique, dans laquelle la plupart des gens tombent. Le problème est que l'état du monde a changé très rapidement ces dernières années, plus que jamais dans l'histoire de l'humanité, et que les lois elles aussi ont évolué dans le sens d'une autorisation de plus en plus grande des États et des gouvernements à espionner toute une part de la vie privée de ses citoyens qu'elle n'était pas autorisée à surveiller auparavant. Je pense que cela remet en question toute notre histoire en tant que civilisation, en plus du droit fondamental à la vie privée. Ce n'est pas en partant sur des bases aussi peu saines que l'on peut construire une société.

Selon le philosophe Geoffroy de Lagasnerie, les whistleblowers (lanceurs d'alerte en VF) représentent une nouvelle forme de militantisme politique, qu'en pensez-vous ?
Je pense définitivement que c'est une vraie forme d'activisme politique. La plupart des gens impliqués dans ces activités le font pour des raisons politiques. Julian Assange, Edward Snowden, Edward Manning (aujourd'hui Chelsea Manning), sont tous des réfugiés politiques. Il est clair que leurs actions sont politiques.

Que vous évoque l'apparition soudaine des Panamas Papers, alors que l'on sait que ces informations étaient en possession des journalistes depuis longtemps ? Pourquoi les révéler maintenant ?
Je ne pourrais pas dire pourquoi ils ont choisi de diffuser ces informations maintenant spécifiquement. En effet, ils avaient ces dossiers depuis un moment et ils ont peut-être choisi de prendre du temps pour travailler dessus. Mais on peut également voir qu'aujourd'hui, alors qu'ils ont publié certains des documents en leur possession, ils essayent de s'imposer comme des gardiens de l'information et décident quand et comment ils la diffuseront. Pour moi, ce n'est pas aux journalistes de décider ce que le public peut ou doit savoir, ni quand l'information doit lui être révélée. Elle doit l'être, pour le bien de tous, c'est tout.

À ce propos, que pensez-vous du travail des médias de masse sur ces sujets, les lanceurs d'alerte, la protection de la vie privée des citoyens, etc ?
Je pense qu'ils y travaillent de mieux en mieux. L'affaire Snowden a été traitée beaucoup plus impartialement que le dossier Manning, par exemple. On sent qu'il y a un processus d'éducation réalisé avec le temps. Je crois aussi que les médias de masse ont une énorme responsabilité, ce sont eux qui doivent apporter l'information au public, ils doivent aussi expliquer ce que font les gens comme WikiLeaks mais aussi les lanceurs d'alerte comme Edward Snowden ou en France, Olivier Thérondel (ex-agent de TracFin, la cellule anti-blanchiment de Bercy). Ils doivent aussi habituer le public à chercher par lui-même et à analyser l'information, ne pas se contenter du tout prêt. Les journalistes doivent aussi remettre en question la propagande. C'est une très grande responsabilité.

En tant que chercheuse en droit, ne pensez-vous pas que des juristes et des avocats devraient aussi se pencher sur ces problèmes et défendre les droit des citoyens et pas uniquement celui des entreprises et des États ?
C'est en effet très important. Nous avons des avocats et des juristes qui travaillent avec nous et qui font un boulot formidable, dans de nombreux pays à travers le monde. Malheureusement, ils sont souvent vus comme des avocats activistes, rebelles au système, etc. En gros, ils sont ostracisés et on les considère « en dehors du système. » Et c'est le système qui crée les fraudes que nous dévoilons, donc c'est un gros problème, oui. Nous essayons de travailler avec un maximum d'institutions indépendantes pour créer un équilibre avec le poids des États et des gouvernements, mais ça n'est pas facile. Et il va falloir y remédier sinon nos sociétés vont devenir pires que jamais.

À WikiLeaks, que conseillez-vous aux citoyens pour se tenir informés et continuer à militer et à travailler sur les dossiers qui émergent constamment et qui révèlent les mensonges ou les abus des États, des entreprises et des gouvernements ?
Une des missions de WikiLeaks est de proposer un accès libre aux informations que nous révélons, et de la rendre public par tous les moyens. Nous ne faisons pas que publier des informations, nous distribuons également des outils (statistiques, graphiques) pour continuer à comprendre et à creuser autour des informations que nous dévoilons. Il suffit d'aller sur notre site pour cela.

Une dernière question, êtes-vous toujours en contact avec Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks ?
(rire) Bien sûr ! C'est mon patron !

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Lyon : rendez-vous en juillet pour Nuits sonores

Festival | Nuits sonores aura lieu pour la première fois en été, fin juillet, avec un format adapté, assis ou couché — mais bel et bien à Fagor-Brandt. L'European Lab se déroulera en juin uniquement sur Internet.

Sébastien Broquet | Jeudi 29 avril 2021

Lyon : rendez-vous en juillet pour Nuits sonores

C'est officiel : Nuits sonores aura bien lieu, l'European Lab aussi. Décorrelés, adaptés, un poil réduits, repensés, mais ces events trouveront bel et bien leur place dans le calendrier 2021. Sauf catastrophe du style variant indien & co, bien sûr. Alors, quand ? Pour Nuits sonores, ce sera du 20 au 25 juillet (dont cinq soirées de 18h à minuit, du mardi au samedi, et un bonus le dimanche encore en cours de réflexion) et en grande partie du côté de Fagor-Brandt, comme ces dernières années, même si quelques spots extérieurs pourraient être envisagés — on parle d'un after débutant à 6h du mat', se terminant à midi, au Sucre. Il y aura aussi des before à Heat avec des cartes blanches pour des collectifs locaux. L'ancien site industriel de Fagor-Brandt, situé dans le 7e arrondissement, a l'avantage d'être immense, d'offrir différentes possibilités, de la déambulation comme de grands espaces où des groupes pourront jouer à même le sol pour un public as

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Camille de Toledo : « un temps autre s’est ouvert »

Podcast | Camille de Toledo, écrivain et chercheur, repense sa résidence croisée initiée à Lyon en un rendez-vous de conversations à distance, chaque mardi. Toujours sous l'égide de l’École Urbaine de Lyon, la Fête du Livre de Bron et l’European Lab. Il nous explique.

Sébastien Broquet | Mardi 9 juin 2020

Camille de Toledo : « un temps autre s’est ouvert »

Vous remodelez votre cycle de résidence et de rencontres à Lyon en une forme nouvelle, des conversations nocturnes chaque dimanche soir : pouvez-vous nous présenter ce concept et comment il va se dérouler ? Camille de Toledo : Je crois ardemment aux vertus d’une conversation croisée entre les arts et les sciences humaines, entre une poétique et une politique, entre thérapeutique et savoir. C’est à cette intersection que nous avons lancé avec l’École Urbaine de Lyon, la Fête du Livre de Bron et l’European Lab, en janvier dernier, le cycle "Enquêter, enquêter, mais pour élucider quel crime ?". Nous vivons aujourd’hui à l’heure d’une très vaste révélation d'un "crime terrestre", ce qu’on nomme également en droit un écocide, même si la notion n’est pas encore, hélas, reconnue pénalement. Quand nos affaires humaines, à l’échelle planétaire, ont été interrompues par cet

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Maële Giard : « il faut arrêter de demander, il faut prendre »

Activisme Climatique | À 22 ans, Maële Giard lutte pour la justice climatique. Étudiante en études urbaines, militante d'associations écolos et Gilets jaunes, elle interviendra lors de la table ronde du Lab de Nuits sonores consacrée aux "Nouveaux activismes pour la justice climatique" ce vendredi. Où il est question d'écologie et donc de politique.

Nadja Pobel | Mardi 28 mai 2019

Maële Giard : « il faut arrêter de demander, il faut prendre »

Quels sont les actes à accomplir aujourd'hui pour plus de justice climatique ? Maële Giard : La ville est tellement polluante aujourd'hui qu'il est compliqué de se dire qu'on va réussir à changer la donne d'un point de vue climatique à cet endroit. Une prise de distance avec l'urbain est nécessaire. Il faut regarder les petites villes, les périphéries pour expérimenter des vies plus collectives, voire communautaires, d'entraide, de rattachement à la terre. Et ça passe par la consommation (manger local et bio), les jardins partagés, les composts collectifs. Mais ce n'est pas assez et il faut faire très attention à l'écologie moralisante. C'est même dangereux de dire que cela repose sur l'individu car ça déculpabilise et déresponsabilise l'ensemble de la classe politique et des élites dominantes. Le mouvement des Gilets Jaunes est-il à vos yeux en lutte pour plus de justice climatique ? Oui, les Gilets Jaunes ont rejoint la Marche pour le Climat de samedi dernier. Des événements ont été montés avec des groupes écologistes lyonnais. En AG, on parle de permaculture, des gestes écolos que chacun fait

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Ce qu'il faut écouter au Lab

European Lab | L'European Lab se déroulera à l'université Lyon 3 du 7 au 9 mai, avec en guise de fil rouge une certaine idée de l'utopie. Conférences, ateliers, formations, émissions, masterclass rythmeront cette 8e édition : en voici cinq temps forts.

La rédaction | Lundi 30 avril 2018

Ce qu'il faut écouter au Lab

#Culture Élus, artistes et professionnels de la culture interrogent le devenir et le rôle des politiques culturelles des villes de demain lors de la conférence "La Culture, moteur des villes européennes", le 8 mai à 18h. À l’inverse de quelques grands villes européennes, Lyon semble en retard dans sa capacité à faire émerger des tiers-lieux innovants. La conférence "Les tiers lieux innovants à Lyon", qui aura lieu le 9 mai à 10h à Soffa, sera l’occasion d’en parler. #Kebab En before ou en after, proche du Berghain à Berlin, ou dans le quartier des Terreaux à Lyon, le kebab est devenu l’indispensable d’une soirée. On se rappelle qu’il y a quelques mois, le parlement européen avait défrayé la chronique en parlant d’une possible interdiction du sandwich en Europe. Au cours de cette conférence intitulée "Kebab, sauce européenne", universitaires, artistes et journalistes se poseront la vraie question : tomates, salade, oignons ? Le 9 mai à 14h. #Web-radio Partout en Europe, les webradios se multiplient. Cette émission "La radio est morte, vive la webradio" (le 9 mai à midi) traitera donc des nouvelles pratiques d’écout

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Rutger Bregman : « notre vision de la pauvreté est paternaliste »

European Lab | Antidote à la morosité ambiante et instigateur de progrès, Utopies réalistes de Rutger Bregman séduit de plus en plus de par son idée fondamentale : la mise en place d’un revenu universel de base. Son auteur sera à l’European Lab le 9 mai pour débattre avec Raphaël Glucksmann de la nécessité de renouer avec les utopies.

Sarah Fouassier | Lundi 30 avril 2018

Rutger Bregman : « notre vision de la pauvreté est paternaliste »

Dans Utopies réalistes, vous déplorez le pessimisme ambiant et notamment médiatique qui « écrase l’individu ». Quelles sont ses conséquences directes ? Rutger Bregman : De nos jours, nous nous inquiétons beaucoup, nous sommes profondément anxieux. Ce qui est paradoxal, c’est que nous prenons de plus en plus soin de nous, de ce que nous mangeons, mais nous nous inquiétons encore trop peu de la qualité des informations que nous absorbons. Les informations télévisées sont la source la plus trompeuse qui soit, elles traitent toujours d’exceptions que cela concerne la corruption, la criminalité, le terrorisme, la guerre. Elles ne représentent pas le monde dans sa globalité, ce qui fausse notre vision de la nature humaine. Si vous les regardez, il y a beaucoup de chances que vous deveniez aussi pessimistes qu’elles. La première étape vers la santé mentale est de jeter sa télévision par la fenêtre et de prendre du recul en lisant des livres, en discutant, en rencontrant des gens dans la vraie vie, en dehors des réseaux sociaux. Il est primordial de réfléchir à la qualité des

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Au Portugal, les citoyens sont dans l'action

European Lab | Secrétaire d’État à la modernisation administrative et ancienne adjointe au maire de Lisbonne, Graça Fonseca a fait de Lisbonne puis du Portugal la première capitale et le premier pays à mettre en place des budgets participatifs : soit des budgets soumis à des commissions citoyennes. Entretien.

Lisa Dumoulin | Mardi 30 mai 2017

Au Portugal, les citoyens sont dans l'action

Quels types de projets ont vu le jour grâce aux budgets participatifs à Lisbonne et au Portugal ? Graça Fonseca : C’est tout nouveau à l’échelle du Portugal, on a commencé cette année, donc il n’y a pas encore de projet réalisé. La période de vote commence en juin et on aura des premiers résultats à la fin de l’année. Au niveau local, à Lisbonne, la plupart des projets concernent la qualité de vie : l’espace public, les espaces verts, les équipements culturels, les espaces de jeux pour les enfants… C’est l’objectif principal : les gens veulent vivre, travailler, avoir des enfants dans une ville agréable. Au niveau national c’est un peu différent. On observe avec cette première expérience de budgets participatifs que les gens proposent beaucoup d’idées ayant trait à l’identité locale, l’Histoire, l’artisanat… C’est important, en tant que pays, de se développer par l’innovation, mais aussi de prendre en compte son ADN, ses traditions, son industrie, son savoir-faire. Le Portugal ne sera jamais la France, la France ne sera jamais l’Angleterre. On doit chercher ce qui nous rend différents des autres et le transformer en richesse. On doit chercher ce

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Jean Michel Jarre : « Il faut faire attention à ce que la technologie ne soit pas détournée »

Entretien | Il est l'un des précurseurs : son album Oxygène, paru en 1976, a marqué toute une génération et a imposé les synthétiseurs dans l'imaginaire du grand public. Ses shows grandiloquents, avec scénographie avant-gardiste et jeux de lumière épatants, ont laissé une empreinte durable sur les amateurs de raves. Jean Michel Jarre revient en force ces derniers mois : deux volumes d'Electronica où il convie la fine fleur de la scène électronique toutes époques confondues, pour un résultat forcément inégal mais visant juste beaucoup plus souvent qu'on ne l'espérait. Et un nouveau volume d'Oxygène débarque courant décembre, peu après son passage à la Halle Tony Garnier. Rencontre avec un artiste qui a des idées à défendre.

Sébastien Broquet | Mardi 15 novembre 2016

Jean Michel Jarre : « Il faut faire attention à ce que la technologie ne soit pas détournée »

Sur Electronica 2, sorti en mai dernier, on décèle un fil rouge : la méfiance autour des nouvelles technologies, en particulier le morceau avec Edward Snowden, mais aussi le titre avec Massive Attack. D'où vient cette méfiance que vous ressentez ? À quel moment ce doute est apparu chez vous, qui représentez l'innovation, le lien avec les nouvelles technologies ? Jean Michel Jarre : Aujourd'hui, je n'ai pas du tout de doute par rapport à la technologie, qui est neutre par définition. On peut comparer ça à la fission de l'atome : ça fait avancer considérablement les sciences en terme de biologie et de médecine ; mais on a fait la bombe atomique avec. Je ne vais pas mettre la technologie sur le même plan, c'est un exemple pour dire qu'elle est, et je parle d'Internet en particulier, neutre. C'est un bond en avant considérable : comme l'écrivait Le Monde, on a le monde dans sa poche avec son smartphone. Des gens qui n'avaient pas accès à l'information et même à l'éducation peuvent y avoir droit. C'est un progrès considérable. En même temps, on sent bien que l'on peut être manipulés très facilement. Que sur Internet

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Simon Reynolds : retour vers le futur

European Lab | Parmi les invités d'un European Lab de plus en plus passionnant sur le papier, Simon Reynolds viendra évoquer l'une de ses marottes, celle-là même qu'il a décortiquée dans Retromania, comment la culture pop recycle son passé pour s'inventer un futur.

Stéphane Duchêne | Mercredi 4 mai 2016

Simon Reynolds : retour vers le futur

On n'en a peut-être pas toujours conscience mais on ne peut évoquer aucun sujet, n'aborder aucun problème sans marcher droit devant, la tête tournée en arrière. C'est tout le paradoxe de notre société ultra-connectée, ultra-techno, qui nous propulse toujours plus vite vers le futur et donc l'incertitude que d'avoir rendu cette réalité encore plus forte. En son temps, le romancier canadien Douglas Coupland évoquait dans son Generation X, « l'Ultra-nostalgie » dont la définition était la suivante : « nostalgie du passé immédiat, "merde, ça allait quand même mieux la semaine dernière" ». Or ce concept sur lequel Coupland mettait alors le doigt nous a attrapé le bras et avalé tout entier. Dans Retromania, qui a définitivement assis sa réputation de popologue, le critique rock Simon Reynolds en fait le constat incontestable : la mise à disposition technologique du passé (musical, culturel plus généralement) a ouvert les vannes d'une nostalgie à laquelle il était bien plus ardu de se connecter du temps du Minitel, du téléphone à cadran ou de l'ORTF. Devant la difficulté à se bâtir une culture qui est aujourd'hui à portée de clics, il était

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L'European Lab pense l'Europe de la culture

CONNAITRE | La culture est-elle facteur de démocratie ? L’édition 2016 de l’European Lab, qui se tiendra du 4 au 6 mai prochain à Lyon, se penche sur l'essor de la culture d'une nouvelle génération dans un contexte de crise démocratique et culturelle européenne.

Sébastien Broquet | Mardi 8 mars 2016

L'European Lab pense l'Europe de la culture

En six ans, l’European Lab Forum s’est imposé comme le rendez-vous incontournable de la culture et de ses acteurs (médias, diffuseurs, producteurs, acteurs économique et artistique) en région Rhône-Alpes-Auvergne, mais également au niveau national et international. Une initiative lancée par Arty Farty (Nuits Sonores) avec le soutien de l’Union Européenne, qui rassemble toutes les volontés et les publics, professionnels ou curieux pour trois jours de furieux brainstorming. Un évènement qui se décline désormais toute l’année, à Lyon, mais également à Paris et Tanger, sur différents formats (sessions ou forums ponctuels). Résolument proactive et politique, l’édition 2016 investira les territoires de la démocratie, de la mutation des industries créatives et de l’impact du numérique sur nos vies dans une période de crise (politique, technologique, éthique morale et économique) afin d’"Inventer une Europe culturelle qui nous soit utile et pertinente" dixit Vincent Carry, directeur d’Arty Farty. Au programme de cette année : plus d’une centaine d'intervenants parmi lesquels l’immense critique et essayiste britannique Simon Reynolds (Retromania,

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Olivier Bertrand, de Libé aux Jours

CONNAITRE | Après 23 ans passés à "Libération", dont onze comme correspondant à Lyon, Olivier Bertrand, lance avec quelques anciens collègues "Les Jours" qu’il vient présenter au Lab des Nuits sonores. Alors que ce pure player est encore en gestation, il revient pour nous sur son parcours – et sur ce qu’être journaliste aujourd’hui veut dire. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 12 mai 2015

Olivier Bertrand, de Libé aux Jours

Il n’aurait pas dû être journaliste. Il n’y avait même jamais pensé. Olivier Bertrand a grandi en banlieue parisienne à Epinay-sous-Senart, ville HLM, cité-dortoir dans toute sa (non) splendeur. Sans le bac, il multiplie les petits boulots, jusqu’à ce que le patron de la boîte informatique pour laquelle il était chauffeur-coursier le pousse, avec bienveillance mais fermeté, à reprendre ses études : «Il estimait que je n’étais pas idiot mais disait qu’il ne pourrait pas me faire progresser dans l’entreprise sans diplôme». Après obtention de l’ESEU (Examen Spécial d’Entrée à l’Université), Olivier Bertrand s’inscrit en philo et passe ses trois premières heures d’amphi comme sur un nuage : «Pour la première fois j’avais découvert le plaisir d’apprendre» dit-il sans angélisme. Ce sera un tremplin pour enchaîner avec un DESS à l’Institut Français de Presse de Paris 2, des stages à Nice-Matin (pour couvrir les fêtes d’Eddy Barclay !) et, pendant ses études, un premier contact comme pigiste avec Libé, où il retouchera les dépêches à destination de leur 36 15 (!) Libé est un journal

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European Lab met les idées au clair

CONNAITRE | ​Pas facile de discuter valeurs démocratiques et mutations urbaines entre deux marathons électro. C'est pourtant ce à quoi vous invite cette année encore l'European Lab, qui plus est en très bonne compagnie. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 12 mai 2015

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L'an passé, l'European Lab avait tenu session dans la foulée d'élections marquées par une franche montée de l'euroscepticisme. Pas de bol, c'est dans un contexte pareillement défavorable, suite à la victoire écrasante du parti de David Cameron au dernier scrutin britannique, que se tiendra sa cinquième édition. Les conférences et débats au programme du pendant citoyen de Nuits Sonores ne devraient en être que plus stimulants, d'autant que ce ne sont pas les invités de qualité qui manqueront. Citons le chercheur danois Fabian Holt, auteur d'un ouvrage de référence sur les classifications musicales (et en quoi elles sont à la fois des grilles de lecture et des sources de confusion), Gérard Berréby, le fondateur des formidables éditions Allia, où sont publiés nombre de textes fondateurs de la contre-culture (des Mémoires de Guy Debord à Can't stop won't stop, la somme hip-hop de Jeff Chang) et la Polonaise Agata Pyzik, contributrice du Guardian et de la bible de l'avant-gardisme sonore Wire qui, dans le bien titré Poor But Sexy. Culture Clashes in Europe East and West

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La liste des invités du European Lab, le pendant réflexif de Nuits Sonores, s'allonge. Viennent d'être confirmées les présences d'Edwy Plenel (qui viendra tenir compagnie à son investigateur en chef Fabrice Arfi) et d'une dizaine d'intervenants internationaux, parmi lesquels Steven Hearn (président de la holding regroupant la Gaieté Lyrique, le Trabendo et le magazine Tsugi), Alain Van Der Malière (ancien conseiller au Ministère de la culture) et l'universitaire danois Fabian Holt. Ils viennent grossir un pool d'une trentaine de journalistes (comme Franck Annese, le boss à casquette de So Press), artistes (en tête la photographe Nan Goldin), institutionnels (tel Pascal Rogard, directeur de la SACD) et autres entrepeneurs (par exemple Helen Teeling, directrice de l'espace de coworking The Whisky Bond à Glasgow), qui discuteront nouveaux médias, réhabilitation urbaine et démocratie européenne du 13 au 15 mai. http://www.europeanlab.com

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Des paroles et des acts

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Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

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Au départ simple frat party réflexive pour professionnels de la profession, le European Lab est devenu au fil des ans un véritable festival dans le festival, sorte d'écho numérique et citoyen au Mode d'emploi de la Villa Gillet visant à «donner la parole à une nouvelle génération d’acteurs européens pour réinventer les modèles culturels de demain». Ce vaste programme, Arty Farty le déclinera principalement à l'Hôtel de région en conférences à géométrie variable (et en apéros et soirées au Sucre, on ne se refait pas) dont les sujets, des mécanismes de starification au potentiel d'innovation des friches en passant par le rôle de la culture dans l'agencement de l'espace urbain, ne manquent sur le papier pas d'intérêt. L’aréopage de journalistes, élus, universitaires, entrepreneurs, artistes (le cinéaste-bidouilleur Michel Gondry, l'auteur de science-fiction Alain Damasio, dont le visionnaire et polyphonique La Zone du dehors mériterait un cycle d'exégèse à lui seul) et autres figures du milieu musical (Matt Black, moitié de Coldcut et co-fondateur du label Ninja Tunes, Dan

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