Olivier Cheravola : « je veux ouvrir le Jack Jack à d'autres promoteurs »

Bron | Doté depuis quelques semaines d'un nouveau programmateur, Olivier Cheravola, le Jack Jack – émanation spectacle de la MJC Aragon à Bron, lance une nouvelle saison prometteuse.

Sébastien Broquet | Mardi 24 septembre 2019

Photo : © DR


Vous débutez votre première saison pleine en tant que programmateur…
Olivier Cheravola​ : Je ne fais pas que la programmation, je suis aussi en charge du développement du Jack Jack, notamment via notre dispositif d'accompagnement des groupes, qui est en place depuis trois ans. Ce nouveau poste résume la totalité de mon parcours précédent, en tant qu'artiste, ou avec le label Galant Records et le management de Supa Dupa, la programmation avec Surl...

Quels changements avec votre arrivée, vous qui venez du hip-hop, dans cette salle rock ?
Je viens m'inscrire dans ce qui a été fait depuis six ans. Mais c'est aussi un nouveau cycle, donc forcément des choses vont bouger.

Mon souhait est de faire le lien entre ce que l'on peut appeler le rock, avec des musiques cousines ou filiales, comme le blues et évidemment mon background hip-hop.

Mais je ne vais pas transformer la ligne éditoriale en une salle hip-hop, d'autant qu'il y a déjà Bizarre! pas loin de chez nous. Pour moi le rock est une musique noire, donc pour résumer : amener plus de black music. C'est mon postulat.

On note quoi sur notre agenda ?
Jim Jones et son groupe The Righteous Mind le 23 octobre, avec Dirty Deep, un trio blues très bayou, Louisiane, mais neuf. C'est pas poussiéreux ! C'est une date qui me tient à cœur car c'est une coproduction avec Cold Fame, qui a organisé le festival La Messe de Minuit. C'est intéressant : je veux ouvrir le Jack Jack à d'autres promoteurs et que nous ne soyons pas seuls à exploiter la salle. Il y a ainsi une coproduction avec le Marché Gare, qui continue sa saison hors-les-murs. Deux groupes nous ont fait faux bond, finalement on s'est accordés pour le 14 novembre sur un groupe de Madrid, The Limboos. Plutôt exotica et R&B, un peu dans la lignée de The Excitments. Pour moi, ce sont deux dates phares car elle font le lien avec ce que je disais précédemment : le côté rock mais avec un petit twist blues ou soul sixties.

Ensuite, quelque chose qu'on ne faisait pas ici : de la création. Ce sera le 6 décembre, avec une rappeuse East Coast, Chelsea Reject, qui va faire une créa avec le live band Supa Dupa : je trouvais intéressant de les faire se croiser. C'était l'occasion d'être à l'origine de rencontres.

On fait aussi Oiseaux-Tempête le 28 novembre avec Mondkopf. Et Puts Marie le 18 octobre : le flow du chanteur c'est du proto-rap, il y a du Nick Cave, du Soul Coughing… Il y a là un truc à défendre qui correspond à ma ligne éditoriale.

Du théâtre, aussi ?
Le Jack Jack, c'est intégré dans la MJC. Ce n'est pas indépendant. Et dans la notion d'éducation populaire défendue par la MJC, j'avais envie d'intégrer du théâtre, pas n'importe lequel, je voulais aller chercher quelque chose de proche de ce que je défend en musique : via le rapport Nord / Sud par exemple. Cette pièce que j'ai vu trois fois, La Grande saga de la Françafrique, elle est hyper juste dans sa manière d'appréhender la Françafrique et les problèmes inhérents. C'est un one-man-show avec un mec qui fait tous les rôles seuls, Chirac, Sarkozy. C'est ludique et pas didactique.

Bron ?
Il faut que l'on s'inscrive sur le territoire. J'ai lancé des perches pour que l'on fasse notamment des choses avec la Fête du Livre. Il y a des passerelles à créer. Je pense aussi au festival Karavel, que l'on accueille en octobre.

Jack Jack
Place Gaillard Romanet, Bron

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