Spitz Fire

MUSIQUES | Enfants du rock, les frères Bregere (Matthieu l'aîné, Damien le cadet) ont longtemps cru que seuls les instruments pouvaient faire danser les cœurs. En se frottant d'abord timidement à l'électro, ils découvrent un monde fascinant. Ils se font désormais appeler Spitzer et livrent des lives techno absolument explosifs. Antoine Allegre

Jerôme Dittmar | Vendredi 11 juillet 2008

"On n'a pas eu des parents réac'. Ils nous ont toujours dit de faire des études. Mais, à aucun moment, ils nous ont empêché de faire de la musique". Les frangins Matthieu et Damien Bregere, plus connus sous le nom Spitzer, ont eu pas mal de chance. "On a un père admiratif de la vie de musicien (…) Ses yeux ont pétillé quand il a vu notre nom apposé sur le remix de Kylie Minogue", déclare fièrement Damien, le plus jeune. Originaire de la région parisienne, le clan débarque à Lyon il y a onze ans "le coup classique de la mutation paternelle". Les deux frères ont déjà pas mal d'années de solfège et une tripotée de cours au conservatoire derrière eux. "Quand on est arrivé ici, on a arrêté le classique". Leur truc, c'est le rock'n'roll. Matthieu prévient son interlocuteur : "il faut écrire en gras le nom des Gun's N' Roses". Ils forment leur premier groupe, Larsen. D'abord grunge sur le tard, leur aventure prend des contours pop-rock dans la droite lignée des Radiohead et des Smashing Pumpkins. La musique électronique à l'époque ? Damien : "on l'ignorait, on ne savait limite pas que ça existait". Matthieu : "on se considérait comme des musiciens débiles. S'il n'y a pas d'instrument, ce n'est pas de la musique".

Sept ans après leurs premières expériences de distorsion rock, le groupe Larsen splitte. Entre temps, la deuxième vague de French Touch et le son saturé de l'équipe Head Banger émergent et le Bregere crew découvre par le biais des albums Adore des Smashing Pumpkins et Kid A de Radiohead que l'on peut mettre des accords électroniques derrière une mélodie rock. Ce qui leur met la puce à l'oreille. Alors qu'ils écoutent religieusement des disques en bons frangins, Druqs d'Aphex Twin et The Last Resort de Trentemoller font leur apparition dans la vie de l'inséparable duo. "C'était incroyable de mettre autant d'émotion dans de la musique électronique" constate Damien.

Baptême du feu

Rassérénés à l'écoute de ces monuments de la musique électronique, ils laissent tomber leur projet de monter un nouveau groupe rock. Qui devait s'appeler Spitzer. En 2004, ils recroisent la route de leur ami d'enfance Pierre-Marie Oullion, à l'époque stagiaire au tout frais festival Nuits sonores. Ensemble, ils font leur baptême du feu dans l'univers club et se frottent à l'esthétique techno. Encore accrochés à leurs instruments, Spitzer voit le jour sous une forme ambient avec un son très inspiré par les fers de lance psyché du label Warp les Boards of Canada. Sur scène, il y a une batterie, une guitare et même une chanteuse jazz. "On s'est vite rendu compte qu'on ne voulait pas faire ça", déclare Matthieu. Outre le rock nerveux, ce qui fait désormais exulter les Spitzer c'est la techno hypnotique de Ricardo Vilalobos. Le nouveau but des Spitzer c'est "clairement faire danser". Mais on ne se refait pas. "On aime injecter de la grosse disto et les chansons longues, qui montent de façon progressive et déstructurée, quitte à ce que ça soit frustrant positivement pour l'auditeur". Le duo Spitzer n'est pas de l'école de la boucle, Daft Punk et quelques autres sont là pour ça. Exit les instruments organiques, bonjour l'informatique musicale et ses logiciels imbitables. "On travaille de façon vraiment modulable. En grossissant le tableau, on peut dire que Damien qui est batteur de formation, s'occupe de la section rythmique et moi du reste", déclare Matthieu. "À deux, on travaille mieux. Parfois on veut prendre une direction techno et on aboutit sur de l'ambient. Et inversement", s'accordent les frères.

Live endiablé

Au contact de l'équipe de Nuits sonores, Spitzer se fait les dents, compose et tâte du live : un exercice de prédilection. "En 2008, nous n'avons pas sorti notre maxi Roller Coaster. On s'est plus concentré sur la scène, le live est vraiment important pour nous. C'est par là qu'on doit passer". Même si pour Damien "sortir un disque est un rêve de gosse" et "un moyen d'alimenter le live", selon Matthieu, les Spitzer ne prennent pas de vacances cet été pour peaufiner leur projet discographique. Un temps approché par Bella Union, la maison mère de Belle & Sebastian et des Cocteau Twins, c'est peut-être du côté de In Finé, le label de leur parrain lyonnais Agoria, qu'il faudra aller chercher le premier disque des Spitzer d'ici quelques mois. "On est à fond Gaulois", plaisante Matthieu. Des artistes lyonnais qui ont un manager lyonnais, un tourneur lyonnais et la potentialité de signature dans un label créé par un artiste lyonnais. "Ça nous évite de nous disperser, de se faire trimballer un peu partout", rectifie t-il. En attendant, les Spitzer préparent actuellement une nouvelle tournée aux États-Unis prévue en septembre.

Spitzer

1982 : Naissance de Matthieu à Dakar (Sénégal).
1984 : Naissance de Damien à Clermont-Ferrand (Auvergne)
1991 : "Use Your Illusion" des Guns N'Roses est leur première claque rock
1997 : Ils montent leur groupe Larsen.
1999 : S'extasient devant le côté rat de laboratoire électronique de "Ok Computer" de Radiohead. En écoutant "The Last Resort" de Trentemoller, ils sautent dans le grand bain de la techno en 2006.
2008 : Ils jouent devant leurs parents lors de leur plus important show à Nuits sonores.

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On commence par l'apéro au Transbo, on finit par rouler sur des patins

Les Bons Plans de la Semaine | Un bon plan par jour jusqu'à la rentrée : fuyez l'ennui, suivez le guide. Direction le Transbordeur mercredi soir pour la Summer Session du Petit Bulletin, on clôture ensuite le Bal des Fringants, avant un final endiablé dimanche sur des patins à roulettes.

La rédaction | Mercredi 4 juillet 2018

On commence par l'apéro au Transbo, on finit par rouler sur des patins

Mercredi 4 juillet - Summer Session L’apéro avec l’équipe du Petit Bulletin Chaque année, c’est désormais une tradition, toute l’équipe du Petit Bulletin vous convie à fêter son dernier numéro couvrant tout l’été (on sera de retour le 5 septembre) en sirotant quelques mojitos et mauresques au Transbordeur, où nous investissons la scène extérieure pour deux concerts de pépites à découvrir : Perez en premier lieu, qui vient de sortir son second album, où la pop électronisante du Bordelais enchante les fans de ce Daho post-house. Et en ouverture, on savourera le retour aux couleurs new wave tout aussi 80’s de la paire lyonnaise Spitzer. Il est probable que quelques membres de notre équipe se saisissent également des platines… On compte sur vous ! Au Transbordeur à 19h Jeudi 5 juillet - rock Dernière danse aux Fringants Un dernier bal comme une dernière danse. Le 6 juillet, comme nous vous l'annoncions le mois dernier, le Bal

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Le Sucre, notre ami d'en haut

MUSIQUES | Son premier anniversaire tout juste révolu, le Sucre passe à l'heure d'été avec un programme à trois entrées qui va vous faire voir (ou plutôt entendre) du pays. Embarquement immédiat. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 15 juillet 2014

Le Sucre, notre ami d'en haut

Rarement rédacteurs du Petit Bulletin furent autant humiliés que lors du tournoi de ping-pong qui rythma l'été inaugural du Sucre. Inutile, donc, d'espérer profiter de sa deuxième édition pour nous la mettre façon Jean-Philippe Gatien : cette année, ce sera sans nous. Ce ne sont heureusement pas les meilleures raisons qui manqueront d'escalader le rooftop dans les semaines qui viennent. Elles sont même au nombre d'un multiple de trois, son programme estival se découpant en une triplette de cycles thématiques.   Le premier, élaboré avec Rinse FM – radio londonienne naguère pirate qui fut aux premières loges de l'avènement de la bass music – se présente comme un recensement des individus qui, demain, sans doute, constitueront les points cardinaux de la scène électronique lyonnaise. Parmi eux, des disquaires (Sofa Records le 24 juillet, Groovedge le 7 août, Chez Émile le 14), des collectifs qui n'ont déjà plus grand chose à prouver (à l'instar du Palma Sound System, le 31 juillet, ou du

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L'été au Sucre

ACTUS | Sa pré-ouverture fut le fil rouge de l'été 2013, sa programmation pour celui de 2014 aura plutôt l'épaisseur d'un câble sous-marin. On parle bien sûr du Sucre, dont la programmation pour les beaux jours vient d'être dévoilée. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que cela ça s'annonce très chaud. Pauline Lambert

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

L'été au Sucre

Du mercredi 3 juillet au dimanche 7 septembre, le rooftop de la Confluence, fidèle à sa volonté d'être un lieu à la fois musical et ludique, consacrera pour commencer chaque mercredi soir à un tournoi de ping-pong. Le jeudi, lui, sous pavillon de l'antenne française de l'ex-radio pirate londonienne Rinse FM, fera la part belle aux disquaires (Sofa le 24 juillet, Groovedge le 7 août, Chez Emile le 14...), DJs (Palma Sound System le 31 juillet, Perrine le 21 août, la team Macadam Mambo le 28...) et initiatives (comme le Rumble Festival, qui fera étape le 10 juillet) lyonnaises qui rythment la vie électronique de la ville.   L'exploration des cultures électroniques se poursuivra avec un véritable "Tour de France" des labels français qui montent le vendredi (de Versatile avec Étienne Jaumet le 4 juillet à Construct Re-Form avec An

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Orgie de sucre

MUSIQUES | Avec ses installations audio dernier cri, sa terrasse panoramique et ses ambitions next-gen, le Sucre s'est imposé en l'espace d'un demi-mois comme un incontournable de la vie nocturne lyonnaise. Une tendance que le reste de sa programmation estivale devrait confirmer. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 12 juillet 2013

Orgie de sucre

Ça ne pouvait pas ne pas marcher. Un club perché au sommet d'une friche industrielle devenue un haut lieu de l'art contemporain, cautionné par un all-star cast de DJs (Agoria, Laurent Garnier), d'entrepreneurs (Bruno Bonnell) et de médias (Libération y a organisé une sauterie pour son 10 000e numéro) et géré par l'équipe de Nuits Sonores... Non vraiment, quand bien même le quartier environnant est encore embryonnaire – la Confluence, désertée avec fracas par le cuistot étoilé Nicolas Le Bec et le galeriste Olivier Houg – ça ne pouvait pas ne pas marcher. Nulle surprise donc à ce que Le Sucre, par ailleurs caractérisé par une jauge respirable (800 places, alors que l'endroit peut théoriquement en accueillir le double) et un confort d'écoute sans équivalent de ce côté-ci du Rhin (le son est limpide, idéalement spatialisé et supportable), affiche depuis son ouverture fin juin un taux de remplissage limite indécent. Signes avant-coureurs de diabète On ne saurait donc trop vous conseiller de réserver au plus tôt vos places pour les nombreux rendez-vous électroniques de qualité qu'hébergera le lieu tout au long de l'été. En tête ceux des 19 et 26 juillet, qui verront

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Nuits Sonores 2013 - Jour 4

MUSIQUES | Nuits Sonores, c'est terminé. Déjà ? Déjà. A se demander si un an d'attente pour quatre jours de réjouissances, ce n'est pas un peu cher payé. Au vue de la somme de glorieux souvenirs que nous avons emmagasinés lors de la dernière journée de cette édition 2013, on peut vous affirmer que ça ne l'est pas. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 12 mai 2013

Nuits Sonores 2013 - Jour 4

N'eut été la présence de Tale of Us et des Raveonettes à son générique, nous n'aurions sans doute pas mis les pieds au quatrième NS Days, histoire de rassembler le peu de forces encore à notre disposition avant le bouquet final. Sans surprise, nous l'aurions amèrement regretté. Car si le duo italien a signé un set à la hauteur de sa précédente prestation lyonnaise (un mix marathon de 4h au Club Transbo en décembre dernier) et si la loud pop spectorienne du duo danois a été au cœur de l'un des concerts les plus troublants – de sensualité et de puissance - de cette édition, c'est un quasi-inconnu qui a livré la prestation la plus inattendue : Squeaky Lobster, producteur bruxellois dont l'abstract hip hop kaléidoscopique, à défaut d'avoir emporté l'adhésion de l'audience, nous a pour notre part durablement scotché. Les "Lee Hazlewooderies" saturées des Liminanas, le rock'n'roll high energy des Mojomatics et les collisions métalliques de The Hacker (qui a remplacé à la dernière minute le pauvr

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Nuits Sonores 2013 - La prog de nuit

MUSIQUES | Au moment de lever le voile sur le volet diurne de Nuits Sonores 2013, les équipes d'Arty Farty étaient si ric-rac que c'est avec des valises oculaires éligibles à une "franchise bagages supplémentaires" qu'elles ont animé la conférence de presse correspondante. Cette fois, elles étaient en avance : censée tomber jeudi 21 février, la programmation nocturne de la onzième édition du festival a été révélée la veille, le teint frais et le sourire franc. La voici.

Benjamin Mialot | Mercredi 20 février 2013

Nuits Sonores 2013 - La prog de nuit

Editorialisation. Tel est, plus encore que pour les éditions précédentes, le maître-mot de cette onzième édition de Nuits Sonores. On a pu le vérifier avec les NS Days et leurs scènes labellisées (une portant l'emblème de la bible en ligne Resident Advisor, une sponsorisée par la Red Bull Music Academy et une consacrée à la carte blanche à Bruxelles), c'est au tour des Nuits, sises comme l'an passé (mais pour la dernière fois) aux anciennes usines Brossette et organisées, toujours comme l'an passé, en trois scènes aux dimensions décroissantes, de se faire l'écho de ce souci de cohérence. Qui par le biais d'un partenariat avec un festival, qui via un regroupement géographique, qui à la faveur d'une délégation d'une partie de la fonction de curateur à un artiste. Au-delà de ce qu'elle induit en termes de mise en réseau et d'image, la démarche aboutit sur un net renouvellement de la proposition artistique formulée par Arty Farty : cette année, les big names se comptent sur les doigts de la main, la programmation s'équilibrant entre pointures discrètes et nouveaux venus en pleine bourre.A cette aune, on attend beauco

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Face 2 Boucle

MUSIQUES | Début des années 2000 : Spitzer commence à s’intéresser au mélange électro-rock grâce à l’album de Radiohead «Kid A». Septembre 2012 : Spitzer sort son premier album, «The Call», qui brille entre autres par la présence de la chanteuse Kid A. Serait-ce ce qui s’appelle boucler la boucle ? Stéphanie Lopez

Stéphanie Lopez | Vendredi 31 août 2012

Face 2 Boucle

Le parcours de Spitzer est pétri d’ironie : ils sortent cette semaine un fantastique album d’électro alors qu’ils ont longtemps craché sur les BPM, ils gardent une culture punk mais ont explosé grâce à un remix pour Kylie Minogue, ils vivent à Lyon mais ont rencontré Agoria – qui les a signés sur son label InFiné – à Shanghai ! Autant de paradoxes qui, au fil des années, ont façonné la singularité du son Spitzer : un son qui porte haut cette double culture rock/électro. Car avant de mûrir cette techno serpentine aux claviers contorsionnistes, l’univers des deux frères n’était pas aussi souple. Tout en mode binaire, Damien et Matthieu ont d’abord honoré l’héritage rock’n’roll de leur père (grand mélomane et batteur amateur) en consacrant leurs années teenage au groupe Larsen : l’un à la guitare et l’autre à la batterie. Le groupe splitte mais les frangins sont bien décidés à continuer la musique. Ils investissent alors dans le matériel nécessaire pour transformer en home studio leur appart de la Guillotière. Problème : «À cette époque, confie Damien, non seulement on ne connaissait rien à l’électro, mais en plus on dénigrait les gars qui en faisaie

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