AF vs ONU

Christophe Chabert | Mercredi 17 novembre 2010

Sketch / Véritable institution de la télévision américaine, le Saturday Night Live (dont Les Nuls avaient tenté une version française avec L'Émission) est depuis trente ans un réservoir à talents comiques. John Belushi, Dan Aykroyd, Mike Myers, Jim Carrey, Will Ferrel ou Tina Fey y ont fait leurs armes. Entre les sketchs du show, le SNL a l'habitude d'inviter des groupes à se produire en live. Arcade fire avait déjà fait sensation lors de sa première venue, à l'époque de "Néon bible". Mais pour son retour le 13 novembre dernier, le groupe a frappé fort. Non seulement il a interprété deux titres ("We used to wait" et "Sprawl II"), mais il a aussi participé à un des sketchs de la soirée — Justin Timberlake avait fait de même avec un hilarant «Jizzing in my pants». Tout se déroule devant une assemblée onusienne (habiles contrechamps sur des images d'archives siglées MSNBC, la filiale info de NBC qui diffuse le show) étudiant la proposition d'une taxe internationale. Un speaker annonce que le gagnant d'un concours va exposer sa vision de l'Histoire mondiale. C'est Richard Reed Parry, le multi-instrumentiste de génie d'Arcade Fire, qui fait son entrée, accompagné de trois enfants portant un clavier et une batterie électronique. Il se lance alors dans un speech chanté, presque un rap, dont les paroles sont on ne peut plus provocantes : «L'Holocauste, qu'est-ce que c'était ? Hiroshima, qu'est-ce que c'était ? Le Vietnam, qu'est-ce que c'était ?» Il poursuit en pointant l'impuissance des Nations Unies face aux guerres au Darfour, au Rwanda, leur insuffisance pour lutter contre le nettoyage ethnique, leur incapacité à régler la question de l'Apartheid en Afrique du Sud. Finalement, il invite les autres membres du groupe à le rejoindre pour danser contre le mal. S'ensuit un petit refrain discoïde où Win Butler, entre premier et deuxième degré, chante qu'ils vont «sauver le monde», le poing serré. Butler et Arcade fire auront prouvé, en trois minutes, qu'ils sont aussi engagés que Bono, mais qu'ils ont beaucoup plus d'humour ! CC

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Concert à la carte

MUSIQUES | Web / Le 5 août dernier, toutes les personnes dotées d’un minimum de goût ont eu un orgasme artistique... Probablement désireuse de redorer son image (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 18 novembre 2010

Concert à la carte

Web / Le 5 août dernier, toutes les personnes dotées d’un minimum de goût ont eu un orgasme artistique... Probablement désireuse de redorer son image ternie par des années de pratiques douteuses, la société American Express a lancé, en partenariat avec les sites Youtube et Vevo, le premier live de la série Unstaged : la retransmission en direct d’une performance filmée par un metteur en scène de renom, disponible pendant quelques jours en intégralité et gratuitement (bon, honnêtement, si vous maitrisez l’outil Internet, vous pouvez toujours le trouver). Pour inaugurer cette belle initiative, le choix se porta sur le concert d’Arcade Fire au Madison Square Garden, avec aux manettes ni plus ni moins que le grand Terry Gilliam, qui, pour une fois, ne fut frappé d’aucune malédiction dans ses velléités de metteur en scène. Il put ainsi disposer d’un nombre confortable de caméras (dans la fosse, dans divers points du public, en hauteur, sans oublier un raccord avec les vidéos diffusées sur l’écran en fond de scène pour quelques surimpressions du meilleur effet). Que ses contempteurs se rassurent, le cinéaste met provisoirement de côté son goût prononcé pour les torsions de focale et autr

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Discographie Arcade fire

MUSIQUES | 2004 : "Funeral"Le buzz Arcade Fire débute sur le net, si bien que quand "Funeral" sort enfin en France, toute la blogosphère n’a déjà plus que ses chansons (...)

Christophe Chabert | Mercredi 17 novembre 2010

Discographie Arcade fire

2004 : "Funeral"Le buzz Arcade Fire débute sur le net, si bien que quand "Funeral" sort enfin en France, toute la blogosphère n’a déjà plus que ses chansons à la bouche. Pour les autres, c’est la découverte d’un rock puissant, échevelé, écorché vif, où guitares, batterie et cordes entrent dans des transes spectaculaires. 2005 : "The Arcade fire"Ce mini-album est en fait composé de chansons antérieures à celles de Funeral. On y entend pourtant l’incroyable "No cars go", qui avait déjà enthousiasmé les fans au cours des concerts et qui deviendra un des sommets de "Neon bible". 2007 : "Neon bible"Enregistré dans une église à Montréal, "Neon bible" révèle un Arcade fire inquiet, réfléchissant dans ses chansons les problèmes du monde, découvrant un peu plus ses influences (Bruce Springsteen en particulier). L’album réussit le tour de force de ne pas décevoir après le choc "Funeral".

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