C'est comme un tremblement de terre

Benjamin Mialot | Jeudi 8 mars 2012

Vous aussi vous l'avez senti, n'est-ce pas ? Ce grondement qui, depuis le début du mois, agite les fondations de notre bonne vieille capitale des Gaules. Et vous avez remarqué la façon dont les muses de l'Opéra se cramponnent à leurs piédestaux lorsqu'il se fait entendre. À tous les coups c'est un incident à la centrale du Bugey, et on ne nous en informera qu'une fois que nos os brilleront comme des culs de lucioles, que vous vous êtes dit. Raté : ce grondement n'est pas le dernier râle d'un réacteur agonisant, mais le signal de ralliement de la deuxième édition du Rumble Festival, rendez-vous unique en son genre, en tout cas en France, car tout entier consacré à la bass music. Autrement dit aux musiques électroniques dont les concepteurs ne perçoivent du spectre sonore que les fréquences comprises entre 20 Hz à 200 Hz, à l'image de Goth-Trad, figure japonaise du wob wob wob wob (du dubstep quoi), de Joker et Indigo, qui, à coups de rusés emprunts au gangsta rap pour l'un et à l'electronica pour l'autre, président au renouveau du genre depuis l'Angleterre, des Noisia, darons holandais de la drum'n'bass, ou du vétéran de la jungle Congo Natty. Si vous décidez, dans le cadre des deux nuits qui concluront en apothéose l'événement, d'aller leur faire un petit coucou, à eux et à tous leurs copains chatouilleurs d'oreille interne, préférez donc les bouchons d'oreilles aux comprimés d'iode.

Benjamin Mialot

Nuit 1 – Congo Natty + Goth-Trad + Benny Page + Redlight & Dread MC + M-Kid + OBF & Shanti D + Rootikal Warriah Sound System + Reggae Roast
Vendredi 16 mars au Kao

Nuit 2 – Noisia + Joker + Friction + Funtcase + Likhan' + Skeptical + Boddika + Indigo + Riskotheque + Opti + m3t4
Samedi 17 mars au Transbordeur



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Ris amer : "Joker"

Le Film de la Semaine | La douloureuse naissance de l’antagoniste de Batman en mode rite initiatique sadique et parcours contre-résilient. Bouc émissaire virant bourreau, Joaquin Phoenix est plus qu’inquiétant dans cette copie-carbone du cinéma des 70’s. Un interloquant Lion d’Or.

Vincent Raymond | Mardi 8 octobre 2019

Ris amer :

Atteint d’un trouble mental lui provoquant d’irrépressibles fous-rires, Arthur Fleck vit seul avec sa mère grabataire. Effectuant des prestations de clown pour survivre, il ambitionne de se lancer dans le stand-up. Mais rien ne se passe comme prévu, et une spirale infernale l’aspire… Un déclassé humilié par tous dans une grande métropole en crise devenant un héros populaire après avoir commis un acte délictuel ; un humoriste raté se vengeant de ses échecs sur son idole… Une quarantaine d’années environ après Taxi Driver (1976) et La Valse des Pantins (1982), Martin Scorsese vient donc de recevoir (par procuration) le Lion d’Or de la Mostra pour un film portant nombre de ses “stigmates“ — ne manque guère qu’un petit fond de religiosité chez le personnage principal —, mais aussi payant un lourd tribut à Sidney Lumet (Network, Un après-midi de Chien) comme à DePalma, dont le Blow Out (1981) brille au fronton d’un cinéma de Gotham. Todd Philipps a en effet signé avec Joker un

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"Joker" au Pathé

Avant-Premières | Dans une semaine, il n’y a que sept jours. Mais lors de la seconde édition du Festival Première, ce sont bien huit films qui sont projetés en (...)

Vincent Raymond | Mardi 1 octobre 2019

Dans une semaine, il n’y a que sept jours. Mais lors de la seconde édition du Festival Première, ce sont bien huit films qui sont projetés en avant-première — on vous révèle tout de suite le prodige : le dimanche permet une double séance de films familiaux (Shaun le mouton : la ferme contre-attaque & Angry Birds : copains comme cochons). Plutôt éclectique, la programmation bouclée depuis fort longtemps embarque du lourd : Joker de Todd Philips, récent Lion d’Or à Venise fait partie du voyage, tout comme le très attendu Hors Normes de Nakache & Toledano, clôture de Cannes. À noter aussi Chanson douce, adaptation de Leïla Slimani ou Retour à Zombieland, entre autres… Festival Première Dans les cinémas Pathé du 2 au 8 octobre

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Lindigo, toutes les teintes du maloya

Sono Mondiale | Lindigo, fer de lance de la nouvelle scène maloya, passe par le CCO en compagnie du chanteur croix-roussien Suissa et des habitués du kabar au Sirus, Tikaniki.

Sébastien Broquet | Mercredi 19 septembre 2018

Lindigo, toutes les teintes du maloya

Lindigo, c'est une histoire un peu à part, à La Réunion. Une vision décomplexée mais pas moins respectueuse du maloya, ce rythme ternaire qui peuplait les champs de canne, avant de devenir chant de révolte sous l'égide d'un Parti Communiste Réunionnais mené par Paul Vergès, au fil des années 70. Lindigo et son leader Olivier Araste connaissent par cœur cette histoire, savent aussi la contenance spirituelle et rituelle d'un autre maloya joué dans les kabars, où l'on invoque les ancêtres et la transe. Lui-même officie depuis l'âge de 12 ans lors de kabars religieux, mais Olivier Araste a aussi décidé de décomplexer ce rythme et ces chants pour en faire un son aussi populaire qu'international. Et écrire des hits qui se jouent sur les dancefloors, tel Domoun. D'ailleurs, le premier, il a emmené Lindigo dans les boîtes de nuit de l'île, chauffant les danseurs, les invectivant, les régalant. Ces expériences multiples, cette façon de malaxer son maloya dans tous les contextes, ont fait de Lindigo un rouleau compresseur dès lors que le groupe s'approche d'une scène : il se murmure que les grands anciens du genre refusent désormais de passer après eux !

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Une marée de basses

MUSIQUES | An de grâce 79 ap. J-C : le Vésuve pique un fard et ensevelit Pompéi sous les cendres. Nos experts sont formels, Lyon va subir le même sort cette semaine. La faute au Rumble Festival. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 30 septembre 2014

Une marée de basses

Pour une fois, commençons par la fin. Commençons par le dimanche 5 octobre, date à laquelle l'édition 2014 du Rumble Festival prendra fin, sur un open air qui devrait faire écho à l'une des soirées les plus mémorables de la défunte Fée Verte : le back to back du 7 septembre 2012, qui opposa Douster à Flore et se conclut sur une relecture trap de La Chenille. Le premier, sorte d'Alan Lomax en boubou, s'est depuis lancé dans une collecte de folklores électroniques à mêmes de se substituer à une liposuccion des fesses. La seconde, prêtresse de la bass music à racines (africaines) apparentes, vient elle de faire son retour avec Ritual, une performance audiovisuelle impressionnante de tellurisme, et s'apprête à donner à ses soirées Polaar une assise discographique. Ces deux Lyonnais de sang et tiers-mondistes de tympan se "contenteront" ici de se relayer sur scène – mais avec un peu de chance, c'est sur son remix en mode cumbia du thème du Roi lion que Douster laissera la place à sa consœur.   Ça va trembler chérie Les jours qui précèdent, le Rumble fera ressembler le périphérique

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Quand la ville gronde

MUSIQUES | Ne jamais employer l'expression "envoyer du gros". C'est l'une des règles élémentaires du journalisme musical. Comme toutes les règles, elle a son exception : on peut y recourir pour parler de bass music, cette frange souterraine et tonitruante des cultures électroniques, et des événements qui la promeuvent, à l'image de l'impeccable Rumble Festival. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 1 mars 2013

Quand la ville gronde

La scène se déroule au printemps 2003, à Clermont-Ferrand. Ce soir-là, la Coopérative de Mai accueille Fred Avril, compositeur de musiques de film dont la carrière pop fut aussi honnête qu'éphémère. Sa prestation, elle, n'a rien d'extraordinaire et le public le fait savoir en éclusant bruyamment ses bières. Soudain, il se saisit d'un potard géant et le tourne d'un cran. Un monstrueux bourdonnement s'échappe des enceintes. Silence dans la salle. Les vêtements se décollent des peaux comme des masques peel off. Il le tourne d'un cran supplémentaire. Les cages thoraciques résonnent au point qu'on ne s'entend plus battre du cœur. Encore un cran. La situation devient limite supportable. Avril reprend son set. Soulagement et déception dans l'assistance, encore saisie de cette impression unique d'être à la fois en pleine conscience de soi et sur le point d'exploser tel un œuf dans un micro-ondes. Impression qu'une seule musique nous aura fait éprouver depuis : la bass music. Marée de basses Autant dire que nous n'étions pas les derniers à nous réjouir lorsque, en 2011, est né le Rumble Festival, événement tout entier consacré à cette appellation d'ori

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Le line-up du Rumble Festival 2013

MUSIQUES | "Une grosse ligne de basse, voilà mon type de silence". Si vous vous retrouvez dans cet énoncé du rappeur Dizzee Rascal, le Rumble Festival ne vous est pas (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 2 janvier 2013

Le line-up du Rumble Festival 2013

"Une grosse ligne de basse, voilà mon type de silence". Si vous vous retrouvez dans cet énoncé du rappeur Dizzee Rascal, le Rumble Festival ne vous est pas inconnu. Vous devez même trépigner tel un poussin sur une poêle à frire dans l'attente de la troisième édition de ce grand raout de la bass music (drum & bass, dubstep, dancehall, trap, bref tout ce qui provoque des séismes au niveau de la cage thoracique), qui se tiendra du mercredi 6 au dimanche 17 mars à la Marquise, au Sonic, au Marché Gare, au Kao et au Transbordeur. Ce qui suit ne va pas arranger votre cas, puisqu'il s'agit du line-up quasi-complet de ladite édition, tout juste dévoilé. Et comme suffit à en témoigner la présence à sa tête d'une certaine paire de wonderboys écossais du hip hop instrumental et des proprios de l'intarissable source house Sound Pellegrino, il promet du lourd. Prenez une grande respiration, c'est parti : Hudson Mohawke & Rustie, Andy C, Sound Pellegrino Thermal Team (Tekilatex et Orgasmic), Om Unit, Brown & Gammon, Foamo, Free The Robots, J:Kenzo, Dismantle, Mono/Poly, Kowton, Darling Fara

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Ready To Rumble

MUSIQUES | Festival / Cette année, pas de Nuits sonores en mai, mais un nouveau festival qui se positionne sur le versant vrombissant de l’électro : basses fréquences, grime, dubstep et autres secousses qui agitent plus fréquemment les clubbers anglais. R.U ready to rumble ? Stéphanie Lopez

Dorotée Aznar | Mercredi 27 avril 2011

Ready To Rumble

Parce qu’un bon verbe vaut mieux qu’un long discours, to rumble – qui signifie littéralement gronder, gargouiller – est certainement plus explicite pour le néophyte que toutes ces dénominations ultra-spés (dubwise, grime, dubstep, future garage…) qui englobent peu ou prou la même substance sous l’étiquette : à savoir le grondement sourd des basses fréquences. To rumble, donc, résonne des mêmes infrabasses que le roulement du tonnerre, charrie la même tension dans les baffles que l’électricité dans l’air. Vous voyez ces sons qui rentrent directement dans le bide, sans passer par le cerveau ? Eh bien ce sont ces vibes typiquement viscérales que l’association Totaal Rez décline cette semaine en festival. Jusqu’ici, les Lyonnais connaissaient les soirées Puzzle Rumble, Bass Rephlex et Jungle Calling, autant de rendez-vous ponctuels qui défendaient déjà la vision «ouverte et festive» de Totaal Rez sur la Bass Music. Depuis 2008, l’association s’applique de fait à créer une voie express entre Lyon et Londres, en important dans nos clubs ce grondement endémique des dancefloors britanniques. L(y)ondon Connexion«Le berceau de la bass music est en Angleterre et les

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