The W(izz)ard

Stéphane Duchêne | Jeudi 15 mars 2012

Qui est vraiment M(atthew Stephen) Ward ?

À force de le voir acoquiné avec ce qui se fait de mieux en matière de fille/chanteuse/actrice (Zooey Deschanel au sein de She & Him), de super musiciens rassemblés façons Avengers – au sein des bien nommés Monster of Folk ou du beaucoup plus nébuleux projet Arizona Amp & Alternator –, ou de jouer les musiciens de complément, on en viendrait presque à oublier que Ward trimballe une œuvre en solo conséquente et parsemée de classiques tels que Post-War ou Hold Time.
Laquelle devrait se prolonger de la plus belle des manières avec la sortie, le 10 avril, d'A Wasteland Companion, dont les échos sont comme du miel à nos oreilles.

Dans les mains de M. Ward, la musique du passé, dont il se nourrit goulûment, est comme transfigurée. On en avait eu un bel aperçu sur Transfiguration of Vincent alors qu'il métamorphosait en merveille folk le putassier tube 80's de Bowie, Let's Dance (inversant ainsi les proportions d'un Bowie au sommet des charts mais dans les abîmes de l'inspiration).

La transfiguration, c'est bien ce qui caractérise le mieux le caméléon M. Ward, et précisément ce qui le rend insaisissable. Se contentant d'être pour un instant T de pure grâce, la musique qu'il est en train de jouer, qu'elle soit la sienne, ou celle d'un autre.

C'est sans doute pourquoi Matt Ward laisse la plupart du temps son prénom se réduire à une lettre, quand son nom signifie à la fois «salle» (où l'on peut accueillir bien du monde) et «tutelle». Comme celle que son talent lui permet d'exercer à lui seul sur tout un pan de la musique américaine.
Stéphane Duchêne


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Benjamin Gibbard

MUSIQUES | Former Lives (City Slang/Pias)

Stéphane Duchêne | Vendredi 30 novembre 2012

Benjamin Gibbard

Benjamin Gibbard, chanteur et leader de Death Cab For Cutie, c'est un peu notre assistant d'anglais, le type qui articule bien ses phrases, le type normal qui ressemble au voisin de palier mais dont toutes les filles et certains garçons sont amoureux au lycée – alors que pourtant il n'a pas vraiment un physique à tout casser.     Le truc c'est que là, notre pauvre assistant d'anglais, celui qui a toujours si bien parlé d'amour et offert tant de « c'est notre chanson » à des milliers de couples sur les campus des facs américaines, s'est fait larguer comme une vieille tong trois fois dans les huit dernières années (c'est notre passage Closer mais il se justifiera dans quelques lignes). Dont une par Zooey « Paul » Deschanel – oui, il paraît qu'elle est un peu zinzin, en tout cas elle en a l'air et on l'imagine tout à fait tomber d'un train en pyjama ; cha

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Musicophilia

MUSIQUES | Rock, électro, rap — Automne au balcon, printemps au diapason. Trêve des confiseurs et ripailles de Noël digérées, les salles lyonnaises remettent le couvert pour une saison musicale quasiment au niveau de celle que l'on vient de vivre. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 20 décembre 2011

Musicophilia

Ici, on n'est pas du genre à dire «on vous l'avait bien dit», mais avouez qu'on vous l'avait bien dit : l'automne a été particulièrement riche en (bon) cholestérol musical. Et au vu de ce qui se profile dans la première moitié de l'année, on n'a pas fini de saucer. Commençons par une fin en beauté excentrique avec la reine Björk de Biophilia aux Nuits de Fourvière. Un événement ! De même pour la venue le 26 mars à l'Epicerie Moderne de l'immense Jonathan Richman. Une Epicerie qui continuera de régaler cette saison avec le néo-rocker Hanni El-Khatib (26/02), un co-plateau international Piers Faccini (anglo-italo-quasi français) et Chad Van Gaalen (Canadien) le 15 mars, ou encore, la veille, ce sombre illuminé de Daniel Darc. Le printemps fleurera d'ailleurs bon le vieux chanteur «françois» révolté avec un Miossec très rock le 7 février au Transbo mais aussi, le 10, Michel Cloup (ex-Diabologum et Expérience) qui présentera son sublime album solo Notre Silence au Clacson. En dépit de ses difficultés actuelles avec le silence justement, la salle d'Oullins ne désarme pas pour autant avec une progra

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Gigantic

ECRANS | De Matt Aselton (ÉU, 1h37) avec Paul Dano, Zooey Deschanel…

Christophe Chabert | Lundi 21 décembre 2009

Gigantic

Sur le papier, "Gigantic" a tout du petit film sympathique, avec son charmant duo d’acteurs (Dano et Deschanel), son ton de comédie mélancolique, ses apartés bizarres… Mais, probablement par peur de raconter linéairement une histoire il est vrai conventionnelle (un vendeur de lits déprimé tente d’adopter un bébé chinois et tombe amoureux d’une fille à papa un peu artiste et un peu cinglée), Aselton laisse dériver son scénario au gré de fantaisies inexplicables, cherchant le détail absurde et le clin d’œil complice au détriment de l’élémentaire lisibilité de son récit. En gros, ça part dans tous les sens, notamment lors des apparitions de Zach Galifianakis (oui, celui de "Very bad trip") en SDF menaçant. Incarnation de l’esprit torturé du héros ? Ou vraie mauvaise conscience urbaine rôdant comme un spectre autour de ces petits-bourgeois avec des petits problèmes ? "Gigantic" ne prend pas la peine d’élucider la question, et on a le sentiment que tout cela n’a pas grande importance, dans un film qui confond légèreté et inconséquence. CC

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(500 jours) ensemble

ECRANS | De Marc Webb (ÉU, 1h36) avec Joseph Gordon-Levitt, Zooey Deschanel…

Dorotée Aznar | Lundi 28 septembre 2009

(500 jours) ensemble

Pendant que personne ne faisait attention, un sous-genre a éclos dans le moelleux giron de la comédie romantique américaine : le boy meets girl jukebox, où l’on se séduit en écoutant de la musique top tendance (enfin, pas tout le temps). Après les battles d’Ipod d’Une nuit à New York, voici donc les états d’âme façon clips éthérés de (500 jours) ensemble. Tom rencontre Summer dans un ascenseur. Elle lui chante un passage de ‘There is a light that never goes out’ des Smiths, il en tombe instantanément amoureux (normal). Quand il pense à elle, ‘She’s like the wind’ de Patrick Swayze lui vient en tête. Puis leur passion s’exalte au son de Regina Spektor, des Black Lips, de Lee Hazlewood. Mais après avoir fait écouter ‘Quelqu’un m’a dit’ de Carla Bruni (comme par hasard…) à Summer dans sa voiture, Tom sent l’amour de sa vie lui échapper… Toujours à deux doigts de tomber dans la compilation filmée, Marc Webb prend soin de créer des personnages attachants, bien aidé en cela par le couple cinématographique formé par Zooey Deschanel et Joseph Gordon-Levitt. Mais il ne peut malheureusement empêcher son film de verser dans la pose, dans la conscience aigue de son caractè

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Jour de Feist

MUSIQUES | Musique / Les routes de la pop étant essentiellement faites de détours et de croisements, on est venu à Feist par Albin de la Simone. Sur le duo Elle Aime, (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 30 mai 2008

Jour de Feist

Musique / Les routes de la pop étant essentiellement faites de détours et de croisements, on est venu à Feist par Albin de la Simone. Sur le duo Elle Aime, les deux énuméraient leurs accointances bizarres (le kiwi au Maroilles, les kangourous myopes ou le dépeçage de taupes). Sur Let it Die, l’album qui la révéla, on retrouva chez Feist ce penchant pour les alliages antinomiques, celui notamment de l’exigence et de l’accessibilité : faire vibrer les experts en pesant sur les têtes de gondoles. À 28 ans, la Canadienne n’était alors pas à proprement parler une débutante ayant déjà beaucoup sévi aux côtés de Gonzales et surtout du collectif Broken Social Scene (genre d’Arcade Fire loustic). C’est chez eux qu’elle a puisé ce sens du groove décrochant, ce détachement pop et un penchant certain pour le contrepied en douceur. Blanche, Feist chante plutôt comme certaines chanteuses noires, avec une ébréchure dans la voix façon Dionne Warwick. Songwriter de talent, elle excelle dans les featuring sur les albums des autres ou les remodelages «feistifs». Comme ces reprises d’incunables folk, morceaux venus du fond des âges qui s’accommodent de tous les colifichets : When I Was a Yo

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