On dirait le sud (sauvage)

Stéphane Duchêne | Vendredi 7 décembre 2012

A Nîmes, il n'y a pas le Mississippi. Pas même le Rhône. Le seul delta qu'on y connaisse est celui des autoroutes A9 et A54. Pourtant la musique d'Harold Martinez sonne comme si il avait grandi dans les sédiments du "Père de l'Amérique", là où, au cœur du bayou de Louisiane, l'eau et la terre ne font plus qu'un, quand l'une ne recouvre pas accidentellement l'autre.

Avec son blues sudiste comme un drapeau confédéré, sa voix qui rappelle le David Eugene Edwards de 16 Horsepower et Wovenhand – auquel, on le dit en amateur, il n'a rien à envier en intensité – et charrie la gravité fantomatique et grotesque du Southern Gothic, Martinez aurait pu figurer sur la BO des formidables Bêtes du Sud Sauvage.

Sur Birdmum, premier album plein de banjos, de bottleneck et de percussions qui pèsent une tonne (courtoisie de son acolyte à la main lourde Fabien Tolosan), il est ainsi question de faucons, de serpents, de lacs boueux, de pluies acides et plus généralement d'éléments et de sentiments aussi déchaînés que la musique animiste et tellurique qui les raconte. Repéré ici lors du parcours folk du dernier festival Just Rock ?, Harold Martinez ouvrira pour Ladylike Lily ce jeudi 13 décembre à l'Epicerie Moderne.

Stéphane Duchêne

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Stéphane Duchêne | Jeudi 8 septembre 2016

Belle de journées

Peut-être est-ce parce que la période sent bon la rentrée, les cahiers neufs et le retour des ennuis domestiques, mais il semble qu'une fois de plus les effectifs de la classe 2016 de ces Belles Journées sises en terre berjalienne, ont comme un goût de tête de classe, de best-of de la dernière année scolaire, de revue de bêtes à concours, de troupe d'élite pour classe prépa rock. Entre (nos) chouchous de longue date (Mensch, Harold Martinez) dont on ne sait plus très bien s'ils accompagnent notre évolution ou nous la leur, nos coups de foudre plus récents (Grand Blanc, Rover) annoncés mais convertis tout de même en grande claque, celle de la surprise de surpasser nos attentes (l'album de Grand Blanc, le second LP de Rover) et valeurs sûres indéboulonnables de la chanson française comme Arman Méliès (on repense avec émoi à son grand incendie), le culte Dominic Sonic ou La Grande Sophie encore, on compte quelques valeurs montantes comme Broken Back. Parmi elles, s'il faut se pencher sur un espoir à chérir, ce s

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Les 10 concerts à voir en mai

Sélection | Harold Martinez Alors que l'on vient d'apprendre la venue à l'automne du Wovenhand de David Eugene Edwards, on pourra patienter durant ce mois de mai (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 4 mai 2016

Les 10 concerts à voir en mai

Harold Martinez Alors que l'on vient d'apprendre la venue à l'automne du Wovenhand de David Eugene Edwards, on pourra patienter durant ce mois de mai avec son plus proche cousin, pour ne pas dire frère en blues et visqueux. Visqueux au bon sens du terme car cette musique plus habitée qu'une masure aux mille fantômes se nourrit aussi à des milliers de kilomètres de distance (Harold Martinez vient de Nîmes) du même vibrato indécrottable de maître vaudou que celui de Mr Edwards. Une fois qu'elle vous a piqué, vous voilà zombifié. Au Kraspek Myzik le jeudi 12 mai Me First and the Gimme Gimme Gimmes Il y a des super-groupes, des groupes à concepts, des cover band, eh bien Me First and the Gimme Gimme Gimmes est les trois à la fois, poussant les trois bouchons dans leurs plus improbables extrémités. Qu'on s'accroche, ce punk band (formé de membres de Lagwagon, No Use for a Name ou NOFX) a sorti des albums des reprises thématiques (les comédies musicales, le r'n'b, les divas), enregistré un liv

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Le Circuit Nuits Sonores 2015 en trois étapes

MUSIQUES | Trois étapes du Circuit Nuits Sonores à ne pas manquer : Warm Soda au Marché Gare, Blawan au Petit Salon et Somaticae au Sonic. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 12 mai 2015

Le Circuit Nuits Sonores 2015 en trois étapes

Étape 7 La musique à guitares n'ayant quasiment pas droit de cité dans la programmation "officielle" de Nuits Sonores cette année, c'est (notamment) du côté du Marché Gare qu'il faudra zoner pour se faire un fix d'électricité. Á l'affiche : le blues à seize chevaux-vapeur d'Harold Martinez, le post-punk du troisième type (et à effets secondaires) de I Love UFO et, surtout, le garage à moustaches et frisottis 70's de Warm Soda – emmené par l'ex Bare Wires Matthew Melton, proche du regretté Jay Reatard. Et Maria Rockmore, la plus rock'n'roll des selectas à chromosomes XX – aucun rapport avec le bon Jamie.

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Le blues est une musique chaude

MUSIQUES | Si l'on pense, au prétexte que – comme disait Jojo – tout vient de là, le blues est uniforme, il convient d'aller faire un tour au festival Grésiblues (dans (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 26 juin 2014

Le blues est une musique chaude

Si l'on pense, au prétexte que – comme disait Jojo – tout vient de là, le blues est uniforme, il convient d'aller faire un tour au festival Grésiblues (dans le Grésivaudan du 29 juin au 4 juillet) pour y applaudir, notamment, deux bluesmen français. Lesquels, enfants, n'ont même pas trempé leurs pampers dans le Mississippi. On découvrira alors toute l'étendue de cette musique, son infini delta, pourtant jailli de la même minuscule source. Mr. Bo Weavil, parti d'un blues tout ce qu'il y a de plus traditionnel, dégaine à présent la trancheuse à jambon pour livrer une musique hybride où les instruments vintages le disputent aux machines, le hip-hop au psychobilly, le naturel à la voix filtrée, rappellant en cela l'une de ses connaissances, Don Cavalli, les deux étant des piliers de la scène blues françaises. De l'autre côté du spectre se situe Harold Martinez, dont on vous a déjà parlé. Harold Martinez, son Dead Man et ses ambiances ad hoc, entre enterrement jarmuschien, prêche vaudou à la 16 Horsepower et transe malaisante qui déch

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Just Folk ?

MUSIQUES | Entre découverte musicale (dé)branchée et déambulation urbaine, le Parcours Folk marque la première étape du festival Just Rock ? Et pas la moins intéressante. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Vendredi 5 octobre 2012

Just Folk ?

À Lyon, on aime les parcours, les traboulages en tout genre qui vous font dégringoler d'une partie de la ville à l'autre pour y dénicher des trésors insoupçonnés seulement connus de quelque guide à moustache. Sans doute conscient de cette réalité lyonnaise, le festival Just Rock ? a initié en guise d'ouverture son propre Parcours Folk, où il s'agit ni plus, ni moins que de déambuler d'un coin à l'autre de la ville, de lieux improbables en endroits qui le sont moins, à la découverte de petits trésors folk parfois également insoupçonnés mais pas toujours. La règle pour les artistes n'étant pas forcément, comme l'indique l'intitulé de l'événement de jouer spécifiquement du folk, mais de se produire en version acoustique. Pour certains, les folkeux notamment, l'exercice est naturel, ceux-ci ayant rarement l'électricité. Pour d'autres un peu moins mais c'est aussi ce qui fait le charme de l'exercice. Trio féminin, chant, guitare, contrebasse, poussé au conservatoire, Jüne n'aura pas de problème d'adaptation avec son folk jazz entêtant (entêté?), à voir à l'heure du shopping (14h) place des Célestins. Après quoi l'on pourra passer chez le libraire, en l'occurrence Expé

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