Nosfell in love

Benjamin Mialot | Mercredi 12 novembre 2014

L'aborigène Nosfell a délaissé le Klokochazia et traversé plusieurs années de danse contemporaine, aux côtés du chorégraphe Philippe Decouflé pour la création Octopus, pour revenir sur Terre et déverser un nouveau son. Alors que ses précédents albums dépeignaient les aventures des personnages qui peuplent son univers légendaire, rythmés par un dialecte de son invention une musique à la croisée du funk et de la musique ethnique, Amour massif effectue un tournant radical, et résolument plus accessible.

Le titre de ce quatrième album est significatif, et si Nosfell sort de sa mythologie personnelle pour courir les prairies fleuries de l'amour, il change également de cap dans l'écriture. En collaboration avec Dominique A et Dick Annegarn, le texte est abordé en français pour les ballades, tandis que l'anglais est préféré pour les chansons pop. Il est désormais possible de comprendre ce drôle d'oiseau, et c'est avec ravissement que l'on découvre sa plume, naviguant au milieu des chimères et du désir charnel. Ces nombreuses mues n'ont cependant pas altéré sa voix, qu'il continue d'utiliser tel un instrument aux notes infinies, explorant toujours plus la matérialité de son chant. Un goût de l'expérimentation qui rend sa musique formidablement physique.

Charline Corubolo

Nosfell
A la Maison de la danse samedi 15 novembre
Dans le cadre de l'Archipel Découflé


Nosfell

Concert
Maison de la Danse 8 avenue Jean Mermoz Lyon 8e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Carrefour des inclassables

MUSIQUES | Dans la catégorie de ce que nous nommerons les inclassables, plutôt que sommairement world, jazz, blues, soul, etc., on retrouvera cette saison tout un aréopage de divas plus ou moins faunes et de grands fauves plus ou moins rugissants. Autant de personnalités musicales qui en imposent dès la première note. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

Carrefour des inclassables

Au premier rang des femmes puissantes – dont la touche à tout Meshell Ndegeocello le 14 novembre à l'Epicerie Moderne –, il y a bien sûr la reine Susheela Raman. Inclassable, cette grande habituée des salles lyonnaises (cette fois le Kao, le 17 octobre) l'est peut-être plus que n'importe qui. Avec Queen Between, elle joue justement les go-between avec des musiciens du Rajasthan et la tradition qawwalie. Même constat pour une autre reine, Rosemary Standley qui, après Birds on a Wire avec Dom La Nena l'an dernier (à redécouvrir le 3 octobre à l'Atrium et le lendemain au Toboggan), vient présenter au Théâtre de Vénissieux, le 14 novembre, A Queen of Heart, un spectacle qui a déjà pris La Bastille (l'opéra parisien) et dans lequel elle se livre à un époustouflant exercice de transformisme music-hall où se croisent Purcell, Bashung, Nina Simone et l'âge d'or d'Hollywood. Pas de quoi, sans doute, impressionner la soul-woman Sharon Jones, reine elle du label Daptone, q

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