Benjamin Clementine de retour à Lyon

Stéphane Duchêne | Jeudi 4 décembre 2014

Il était venu, en PB Live en mars dernier au Sucre, on l'avait vu et il avait vaincu. Cette fois, enfin armé d'un album et accompagné d'un violoncelle, l'empereur Benjamin Clementine, son panache capillaire et sa voix panoramique s'attaquent au fort Transbo pour une date qui s'annonce exceptionnelle. La vie étant une affaire de libre arbitre, vous pouvez faire ce que vous voulez de votre soirée du 17 mars prochain, ne pas vous précipiter sur la billetterie déjà ouverte, mais vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas.

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Benjamin Clementine, le fantôme de la Liberté

Pop | Programmé à Fourvière, Benjamin Clementine, figure spectrale du piano-voix venu d'ailleurs, est enfin de retour sur scène et avec un single Phantom of Aleppoville qui lui va comme un linceul et annonce la suite, magnifique et toujours aussi aventureuse.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 juin 2017

Benjamin Clementine, le fantôme de la Liberté

Benjamin Clementine s'est toujours avancé comme un spectre. Lorsqu'il arrive sur scène, orné de son manteau noir, c'est bien à une rencontre paranormale que l'on a l'impression d'avoir affaire. Or on le sait les spectres, fantômes ou esprits frappeurs, quelle que soit la manière dont on les nomme seraient avant tout des entités intranquilles coincées entre les vivants et les morts par un flot de souffrances irrésolues les empêchant de franchir la frontière d'un autre monde – si tant est que ce monde fut possible. C'est sans doute pourquoi sa musique est à ce point capable de nous hanter. Parce qu'elle est la complainte d'un spectre habillé de noir, une ombre sur de l'ombre, de la noirceur sur de la noirceur, de la souffrance sur de la souffrance. Ce n'est sans doute pas un hasard si l'un des morceaux qui a fait décoller la popularité du géant anglais avait pour titre Condolence, avec cette impression qu'on n'avait jamais rien entendu de tel, et que pourtant, il y avait là quelque chose de familier. Dans cette chanson, où il se disait né d'un néant consécutif à un orage, il chantait, cette drôle d'impression de déjà vu : « I swear, that you

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Benjamin Clementine : le patient anglais

MUSIQUES | L'étape de l'album devait être celle de la confirmation pour Benjamin Clementine, et ce d'autant plus qu'il laissait planer un doute joueur. C'est chose (bien) faite avec "At Least for Now". Au point que c'est à guichets fermés que l'Anglais va opérer pour son deuxième concert lyonnais. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 10 mars 2015

Benjamin Clementine : le patient anglais

Au printemps dernier, alors qu'il s'apprêtait à faire fondre le Sucre en PB Live, Benjamin Clementine, attendu au tournant du premier album après tant de promesses précoces basées sur si peu de matériel, nous confiait : «Je ne me sens pas en demeure de tenir la moindre promesse : je pourrais très bien décider de publier mon album dans dix ans.» Tout en se disant qu'un feu trop grand brûlait en cet homme pour qu'il ne l'alimente pas à sa juste mesure, on se demandait quand même si une telle tête de pioche n'était pas tout à fait capable de tenir cette parole-là : attendre dix ans avant de sortir un album, au risque de l'oubli. Bon, évidemment, ça ne s'est pas fait. Ou du moins l'album, lui, s'est fait. Et si Benjamin pensait devoir prendre son temps pour combler les attentes immenses placées en lui par les observateurs, bref parvenir à assumer ce talent qu'il venait en quelques semaines à peine de jeter à la face du monde, eh bien le résultat montre que la gestation a duré juste le temps nécessaire. Cascades vocales Porté par des arrangements de très grand luxe mais jamais ostentatoires – la

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Bruits de saison

MUSIQUES | Est-ce parce qu'on commence à être habitué à ce genre de cirque ? Toujours est-il que non, le bruit qui accompagnera la venue lyonnaise d'une Christine & the Queens au sommet du succès ne suffira pas à éclipser le reste d'une programmation de fort belle facture. Et vous savez quoi ? C'est tant mieux. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 6 janvier 2015

Bruits de saison

En matière de musique, la hate est un fruit de saison, savamment cultivée par les réseaux sociaux, par ce fléau mondial que constitue l'aigreur d'estomac – surtout en sortie de fêtes de fin d'année –, par quelques médias victimes d'hypocondrie culturelle et, il faut bien le dire, par ceux qui la provoquent. On a ainsi droit comme ça à un ou deux boucs émissaires par an cristallisant les crispations d'une certaine branchitude mal définie. On ne vous fera pas languir plus longtemps : après Woodkid, Stromae et Fauve (qui reviendra, le 2 avril, en grande surface qui plus est, puisqu'à la Halle Tony Garnier, ramasser des forêts de cœurs avec les doigts et sans doute quelques seaux de merde), c'est au tour de Christine & the Queens (4 mars au Transbordeur) d'énerver son monde sur le thème : talent fou ou blague de l'année ? Alors oui, dans ces cas-là, o

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Benjamin Clementine : un prophète

MUSIQUES | Talent brut et incandescent, parti à la conquête du monde avec seulement un EP trois titres et quelques concerts inoubliables, Benjamin Clementine donne le tournis au paysage musical. Loin d'en avoir fini avec son ascension fulgurante, la révélation piano-soul de 2013 sera l'invité exceptionnel du prochain Petit Bulletin Live le 27 mars prochain au Sucre. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 mars 2014

Benjamin Clementine : un prophète

Le 22 octobre 2013, un bel et sombre inconnu de vingt-quatre ans a les honneurs de Later... with Jools Holland, la Rolls musicale de la BBC où se pressent stars internationales et en devenir. Il y a là les Arctic Monkeys, néo-bourgeois du rock anglais après en avoir été les petites frappes, et même Sir Paul McCartney. Le prince noir qui s'installe au piano est un géant, au sens propre : son mètre quatre vingt dix est surélevé d'une Pompadour portée comme une couronne. Ses doigts sont interminables et, lorsqu'il entame ce qui ressemble à une étude de Philip Glass, semblent totalement indépendants du reste de son corps, comme de cette voix ahurissante qui jaillit soudain. Tee-shirt décolleté sous un immense manteau noir, les pieds nus, le hobo au port aristocratique semble directement sorti de la rue, d'où un incontournable storytelling l'a arraché à une vie de galère et de bohème. Est-ce parce que la transition est un peu violente d'un monde à l'autre que Benjamin Clementine irradie d'une présence aussi intense tout en donnant le sentiment d'être ailleurs, regard absent de somnambule en complet contraste avec une interprétation littéralement hantée ? Cett

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Benjamin Clementine en Petit Bulletin Live

MUSIQUES | Le Londonien Benjamin Clementine a été la sensation de l’hiver musical, enflammant notamment les Transmusicales de Rennes. Il y a de fortes chances qu’il en fasse de même au Sucre pour la deuxième édition du Petit Bulletin Live. Attention claque en vue. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 28 janvier 2014

Benjamin Clementine en Petit Bulletin Live

Ses mains courent sur le clavier comme deux veuves noires aux pattes explosives. Autour s'enroule une voix qui semble charrier les tourments de mille vies, serpente en terrain miné, susurre avant d’exploser. Il n’y a pas de mesure chez Benjamin Clementine, pas de retenue. Il s’agit de mettre son cœur sur la table, quitte à ce qu’il soit suffisamment lourd pour la renverser, suffisamment leste pour voler le vôtre, ou peut-être lui infliger des détonations tachycardes. Clementine est un casse-cou qui tord celui de la norme et de la normalité. L'un de ces monte-en-l’air et autres équilibristes de l’interprétation qui n'en sont pas moins prêts à se jeter dans le vide, en saut de la foi, si c’est là le prix du frisson, de la rédemption, de l'émotion. On ne va pas vous refaire le coup du type désoeuvré mais génial découvert dans le métro parisien, ça n’impressionne plus grand monde tant c’est quasiment monnaie courante. Le chanteur londonien d'origine ghanéenne a sans doute de quoi toucher par son histoire, peut-être digne du Pip des Grandes Espérances dickensiennes. Mais serait-elle une page blanche, cette histoire, que l’expérience Clementine n’en serait pas m

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