Musilac : le feu au lac

Musilac | Aussi foisonnante que pointue, éclectique que bien choisie, populaire (Les Insus, Elton John) que fureteuse (Barns Courtney), hurlante (Mass Hysteria) que sussurante (Lou Doillon), la programmation de Musilac est un joyeux casse-tête autant qu'un labyrinthe où il fait bon se perdre. Et où nous avons posé ça et là quelques balises.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 juin 2016

Photo : © DR


Grand Blanc

L'Australie, La Réunion, Aix-les-Bains : on ne peut plus se baigner tranquille. La nature est devenue tellement folle, que l'on ne peut plus barboter deux secondes dans l'insouciance estivale sans se faire croquer par un requin, ici un Grand Blanc. Certes, Grand Blanc le groupe ne mord pas vraiment mais pour ce qui est de venir souffler de l'intranquillité sur la nuque de vos aspirations festives, il n'y a pas mieux, c'est même un peu le concept du dernier album, qui est d'ailleurs le premier, de ces lorrains à la discold-wave dévastatrice et aux tubes dévorants. Ils ne sont peut-être pas des têtes d'affiche du festival au sens premier du terme. Mais ils en ont la gueule. Et grande ouverte avec ça.

Sur la scène Le Korner le samedi 9 juillet à 15h25

Foals

À quoi voit-on qu'une sauce est en train de prendre pour de bon ? C'est simple : quand certains commencent, affublés d'une grimace de doute, à l'accuser d'avoir tourné. C'est bien le phénomène qui commence à se produire avec Foals, prodigieux groupe de disque et de live, dont l'ambition démesurée — pour schématiser on pourrait dire qu'ils ont remisé leur math-rock pour s'attaquer à une sorte de pop quantique en mutation permanente — commence à faire dire que la formation menée par Yannis Philippakis n'aspire qu'au rock de stade (mi-Muse, mi-Pink Floyd, tardif). Procès sévère — si l'on n'a même plus le droit d'enflammer les foules... Ironie du contexte aixois, Foals se produira sur la scène Montagne quand précisément à l'écoute de leur dernier album, pourtant intitulée What went down, on a la très nette sensation de parcourir une montagne sans jamais savoir si l'on est en train de la gravir ou de la descendre.

Sur la scène Montagne le dimanche 10 juillet à 21h10

Courtney Barnett

Pas la peine d'y aller par quatre chemins : Courtney Barnett est ni plus ni moins que la petite fiancée de l'indie-rock, ravivant aussi bien le fantôme de la PJ primale du début des 90's que l'ère slacker précédant de peu le grunge (Pavement, ce genre), à l'image du titre de son premier véritable album, qui est aussi le dernier, Sometimes I sit and think and sometimes I just sit — ce qui vaut programme politique. Avec une nonchalance caractérisée, un charme qui ne dit pas son nom, et un vrai sens caché de la mélodie, Courtney Barnett emballe des tueries de morceaux dans des guenilles soniques, comme on cache par pudeur sa beauté dans un trop grand tee-shirt. Ce qui a bien souvent l'effet inverse de celui recherché. Courtney ? Love.

Sur la scène Montagne le dimanche 10 juillet à 17h05

Elton John

Bien sûr, il y ce côté Liberace rondouillard. Bien sûr, il y a les toupets gênants, bien sûr, il y a Candle in the Wind et toutes ces sortes de choses comme disent les Anglais. Mais si c'est pour se rappeler le jour où il cassera sa pipe qu'Elton John restera comme l'un des géants de la pop, autant le faire aujourd'hui. Cessons d'oublier qu'il a été l'un des musiciens les plus inspirés de son temps — pas forcément du nôtre — et que réécouter ses grands albums des 70's peut coller une remarquable claque et rappeler que le glam rock, c'était aussi lui (et que Candle in the Wind figure sur son chef d'oeuvre Goodbye Yellow Brick Road, comme quoi). L'un des musiciens les plus doués pour mettre la larme à l'œil à un menhir. Ne boudons pas notre Elton.

Sur la scène Lac le samedi 9 juillet à 22h

Barns Courtney

Allez faire votre trou dans un festival quand en guise de nom de famille, Courtney, vous portez le prénom d'une des têtes d'affiche du festival et qu'en plus ce qui vous fait office de prénom — si tant est que c'en soit vraiment un, puisqu'en réalité, lui c'est Barnaby — ressemble furieusement au patronyme de l'artiste précitée. Mais non, Barns Courtney n'est pas à Courtney Barnett ce que Sébastien Patoche est à Patrick Sébastien. Barns fait partie de ces jeunes mâles américains biberonnés à l'Americana, capable de faire mugir une guitare ou de faire feuler leurs cordes vocales en mode crooner de saloon, d'évoquer Nashville, comme la capitale du grunge, les Avett Brothers comme San Fermin. Malgré tous ces prénoms qui n'en sont pas, le Barns est à deux doigts de se faire un nom, un vrai.

Sur la scène Korner le dimanche 10 juillet à 15h25

VKNG

On connaît généralement Thomas de Pourquery pour son gros sax et sa grosse barbe, ses nombreuses, éclectiques, même si discrètes collaborations (François & the Atlas Mountains, Jeanne Added, Metronomy, Oxmo Puccino, Mick Jones), moins pour ses quelques apparitions au cinéma (chez Antonin Peretjako, encore tout récemment) et plus pour son Play Sun Ra de 2014 (où il reprenait... Sun Ra). On connaît aussi, un peu, Maxime Delpierre pour ses talents de guitariste et réalisateur-arrangeur, et ses collaborations avec Médéric Collignon et Louis Sclavis. Partenaires de longue date, autour du jazz notamment, les deux ont fondé VKNG il y a trois ans. On est loin du groupe de métal qu'un tel nom pourrait laisser imaginer. Plutôt dans une sorte de funk quasi-bowien, se réclamant tout aussi bien des Flamings Lips que de LCD Soundsystem. C'est dire dans quelle macédoine on nage. C'est dire aussi à quel point c'est accrocheur et potentiellement irrésistible.

Sur la scène Firestone le dimanche 10 juillet à 16h15

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Meilleurs vieux

Radio Nostalgie | Avec l'été des festivals revient en général l'heure de la nostalgie musicale et la programmation en cascade d'anciennes gloires de la pop, venues la plupart du temps rejouer leurs plus belles années (et les nôtres). Une tendance particulièrement lourde cette année. État des vieux. Euh... des lieux.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 juin 2019

Meilleurs vieux

Alors que Phil Collins vient d'enflammer le Parc OL pour achever de convaincre qu'il n'était pas plus fini que mort, en dépit de ses avanies médicales et que Mark Knopfler, chanteur et guitariste des iconiques bluesmen autoroutiers de Dire Straits est lancé dans une tournée d'adieu qui passe par la Halle Tony Garnier le 19 juin et par le festival Guitare en Scène en juillet, le business du dinosaure rock semble n'avoir jamais été aussi vivant que cette année en festival. Oh, la chose n'est pas nouvelle et il n'est point, on le sait, de festival digne de ce nom sans sa dose de grands anciens venus remuer un peu la fibre nostalgique d'un public toujours enclin à revivre en musique ses jeunes années. Rien de tel, à vrai dire pour rameuter les foules endormies par la torpeur estivale et/ou qui n'ont plus vraiment l'œil rivé sur l'actualité musicale et le dernier clip d'Eddy de Pretto. Mais cette année donne pourtant l'impression que le curseur est monté d'un cran. Alors, occasions faisant le larron, difficultés à dénicher de nouveaux talents ou des têtes d'affiches, constat froid du vieillissement de la population (et par là des idoles), volonté de s'assurer une

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Auto-tune pour Elton John : "Rocketman"

Biopic | Après "Bohemian Rhapsody", le réalisateur britannique Dexter Fletcher s’attaque à la carrière d’Elton John avec "Rocketman". En se servant d’une cure de désintoxication comme base narrative. Et met face à face l'enfance du prodige introverti et son succès fulgurant d'icône de la pop culture. Démesuré et excessif.

Élise Lemelle | Mardi 28 mai 2019

Auto-tune pour Elton John :

Réaliser un film sur une rock star aussi fantasque qu’Elton John? Voilà le défi auquel s’est collé Dexter Fletcher en ne cherchant pas à raconter avec exactitude les événements passés mais en revendiquant « une course-poursuite imaginaire résolument loufoque et transgressive ». Et en privilégiant les moments-clés de la vie de l’artiste – sa rencontre avec son parolier Bernie Taupin, ses amours tumultueuses avec John Reid, son mariage blanc… Résultat ? Un film dans lequel la musique prend, bien évidemment, toute la place. Rocketman est ainsi nourri en séquences oniriques où la star et ses fans entrent en osmose grâce à une mise en scène dont les procédés (ralentis, envolés…) exacerbent l’émotion. Une émotion bien relayée par l’acteur Taron Egerton qui réinterprète toutes les chansons et s'enflamme dans des costumes outranciers. En découle un drama pailleté flamboyant, à la fois biopic et comédie musicale. Et

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Ça va se bousculer pour Paul Kalkbrenner et Franz Ferdinand à Musilac

Musilac | Le festival est prévu du jeudi 11 au dimanche 14 juillet à Aix-les-Bains (Savoie).

Aurélien Martinez | Mardi 27 novembre 2018

Ça va se bousculer pour Paul Kalkbrenner et Franz Ferdinand à Musilac

Alors que l’organisation a déjà lâché le nom d'artistes qui seront sur la scène de la déclinaison printanière du festival (Musilac Mont-Blanc, dont la deuxième édition est prévue du 26 au 28 avril à Chamonix avec Eddy de Pretto, The Kooks, Roméo Elvis…), voilà qu’elle livre quelques-unes des têtes affiche de son événement phare : Musilac, dont la prochaine édition aura lieu du 11 au 14 juillet à Aix-les-Bains, en Savoie. Avec, en guise de grosse prise, la fameuse

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Grand bain musical

Musilac | Vieilles gloires, valeurs sûres, piliers de festoches, jeunes pousses, smoothies de genres, et autres étrangetés à découvrir, le festival lacustre baigne l'été musical d'un éclectisme qui attire les foules comme les amateurs éclairés, jusqu'à les confondre.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 juin 2018

Grand bain musical

Jeudi : old wave D'une certaine manière, s'il fallait un hymne en ouverture de cette édition 2018 de Musilac, il pourrait consister en trois bouts de refrains se répondant depuis le fin fond des âges 80, quand les uns martèleraient : « I Just can get enough », les autres répondraient « Don't you forget about me » ou « Always the sun ». Car on l'aura compris c'est une soirée très marquée "ressac de la new-wave" que celle-ci, avec Depeche Mode, Simple Minds et The Stranglers – quand bien même les carrières de chacun n'auraient pas résisté d'égale manière au passage du temps. Pour le reste, on notera que J. Bernardt, transfuge des Belges de Balthazar, remplacera numériquement son collègue Warhaus, présent l'an dernier ce même soir, que le rock indé répondra présent avec le Stroke Albert Hammond Jr. (le

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Musilac annonce Orelsan, Feu! Chatterton et Lomepal

Festival | Le festival Musilac vient d'annoncer une vingtaine de nouveaux noms, qui complètent ceux dévoilés précédemment. On fait le point.

Aurélien Martinez | Mardi 27 février 2018

Musilac annonce Orelsan, Feu! Chatterton et Lomepal

IAM, Franz Ferdinand, Beth Ditto, MC Solaar, Depeche Mode, Deep Purple, Simple Minds, Rone, Indochine, Roméo Elvis, Chloé… On connaissait déjà une partie des artistes qui seront programmés cet été, entre le jeudi 12 et le dimanche 15 juillet, à Aix-les-Bains, face au lac. Son équipe organisatrice vient de dévoiler d'autres noms, dont des têtes d'affiche comme : le on-ne-le-présente-plus Orelsan, qui a tout raflé aux dernières Victoires de la musique grâce à son rap simple et basique le rappeur qui monte Lomepal – écoutez Yeux disent et

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Musilac (en juillet) et Musilac Mont-Blanc (en avril) dévoilent une partie de leur programmation

MUSIQUES | L’hiver n’a même pas encore débuté que le festival Musilac, prévu du jeudi 12 au dimanche 15 juillet à Aix-les-Bains (Savoie), pense déjà à notre été en lâchant les (...)

Aurélien Martinez | Mardi 28 novembre 2017

Musilac (en juillet) et Musilac Mont-Blanc (en avril) dévoilent une partie de leur programmation

L’hiver n’a même pas encore débuté que le festival Musilac, prévu du jeudi 12 au dimanche 15 juillet à Aix-les-Bains (Savoie), pense déjà à notre été en lâchant les premiers noms de sa prog. Si l’on savait que les fameux Depeche Mode seraient de la partie le jeudi, on vient d’apprendre que l’on pourra croiser le même jour, face au lac, deux autres vétérans du rock (au sens large) britannique : Simple Minds et The Stranglers. Le vendredi sera aussi rock avec les légendaires Deep Purple, voire blues-rock avec les Anglais de The Temperance Movement. Le samedi sera pour l'instant plus éclectique entre les vétérans d’Indochine, l’électro planante de Rone, la plus brute

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Indochine à Musilac

Festival | Musilac se passionne décidemment sur les années 80, puisqu'après Depeche Mode c'est Indochine qui vient de confirmer sa présence. Nicolas Sirkis et sa bande (...)

Sébastien Broquet | Vendredi 24 novembre 2017

Indochine à Musilac

Musilac se passionne décidemment sur les années 80, puisqu'après Depeche Mode c'est Indochine qui vient de confirmer sa présence. Nicolas Sirkis et sa bande seront sur l'esplanade du lac le 14 juillet.

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Depeche Mode à Musilac

Festival | Premier nom annoncé par le festival Musilac, et ça claque : Depeche Mode sera sur l'esplanade du lac le jeudi 12 juillet 2018 ! Ce sera dans le cadre de (...)

Sébastien Broquet | Mardi 7 novembre 2017

Depeche Mode à Musilac

Premier nom annoncé par le festival Musilac, et ça claque : Depeche Mode sera sur l'esplanade du lac le jeudi 12 juillet 2018 ! Ce sera dans le cadre de ce qui ressemble fort à une tournée des festivals majeurs de l'été, puisque le groupe anglais sera aussi aux Vieilles Charrues, au festival Beauregard ou encore au Main Square. L'occasion de présenter leur récent et 14e album, Spirit. Joli coup qui va booster d'emblée les ventes de tickets (ouverture de la billetterie le 1er décembre) et faire saliver en attendant le 28 novembre prochain où de nouveaux noms seront dévoilés.

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Des stars comme s'il en pleuvait

Musilac | Phoenix, Ibrahim Maalouf, Jamiroquai, Julien Doré, Two Door Cinema Club, Sting, Texas, Justice, Calypso Rose, Archive, Vianney, Juliette Armanet… Comme chaque année, Musilac aligne les grands noms quatre jours durant. Ce qui ne doit pas faire oublier les autres, plus discrets, moins bankables… Tour d’horizon jour par jour de ce que l’on découvrira à Aix-les-Bains entre le 13 et le 16 juillet.

Stéphane Duchêne | Mardi 20 juin 2017

Des stars comme s'il en pleuvait

Amplitude sonique le jeudi Ça commence fort Musilac le 13 juillet, et tous azimuts avec ça. De Juliette Armanet, la nouvelle petite fiancée des branchés, à l'alien sud-af' Die Antwoord (que ces mêmes branchés aiment pour de toutes autres raisons) ; de la pop variété joueuse de Lulu Gainsbourg (comme Armanet, on aime ou on déteste) aux hardos australiens d'Airbourne, en passant par le rap engagé de Kery James : il va y avoir dès le premier jour de l'amplitude thermique et sonique sur les bords du Lac du Bourget. Or on est loin du compte si l'on n’ajoute pas aussi l'électronicien teuton tout en délicatesse Fritz Kalkbrenner – délicatesse partagée par le duo Paradis, même si leur électronique emprunte des chemins plus pop. Reste que le gros des troupes est lui, ce soir-là, résolument pop rock : pop dansante chez Two Door Cinema Club, schlass comme jamais chez Warhaus, rentre-dans-le-lard chez Last Train, renfrognée chez Lescop. Et en haut de la pyramide : la grande renaissance

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Justice et Sting pour les 15 ans de Musilac

Festival | Rendez-vous du 13 au 16 juillet à Aix-les-Bains (Savoie).

Sébastien Broquet | Mercredi 14 décembre 2016

Justice et Sting pour les 15 ans de Musilac

La programmation des quinze ans du festival Musilac, qui durera cette année quatre jours, continue à être dévoilée au compte-gouttes. On savait déjà pour Phoenix, Die Antwoord, Archive, The Lumineers, Calypso Rose et Vianney. Deux nouveaux noms se rajoutent. D'abord les producteurs de tubes à la pelle (D.A.N.C.E., Never Be Alone...) Justice, dont le nouvel album vient de sortir. Et le on-ne-le-présente-plus Sting. Pour savoir qui passe quel jour, c'est sur le site du festival que ça se passe.

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Belle de journées

Festival | Peut-être est-ce parce que la période sent bon la rentrée, les cahiers neufs et le retour des ennuis domestiques, mais il semble qu'une fois de plus les (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 8 septembre 2016

Belle de journées

Peut-être est-ce parce que la période sent bon la rentrée, les cahiers neufs et le retour des ennuis domestiques, mais il semble qu'une fois de plus les effectifs de la classe 2016 de ces Belles Journées sises en terre berjalienne, ont comme un goût de tête de classe, de best-of de la dernière année scolaire, de revue de bêtes à concours, de troupe d'élite pour classe prépa rock. Entre (nos) chouchous de longue date (Mensch, Harold Martinez) dont on ne sait plus très bien s'ils accompagnent notre évolution ou nous la leur, nos coups de foudre plus récents (Grand Blanc, Rover) annoncés mais convertis tout de même en grande claque, celle de la surprise de surpasser nos attentes (l'album de Grand Blanc, le second LP de Rover) et valeurs sûres indéboulonnables de la chanson française comme Arman Méliès (on repense avec émoi à son grand incendie), le culte Dominic Sonic ou La Grande Sophie encore, on compte quelques valeurs montantes comme Broken Back. Parmi elles, s'il faut se pencher sur un espoir à chérir, ce s

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Grand Blanc : « Opérer un grand écart »

Cold Wave | Grand Blanc revient à Lyon avec son très attendu premier album Mémoires Vives, sur lequel leur cold wave post-industrielle pour Metz noire atavique se colore d'esthétique plus pop. Cœur d'acier avec les doigts et entretien avec Benoît David, chanteur charismatique.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 avril 2016

Grand Blanc : « Opérer un grand écart »

Après vos EP, très orientés indus / cold wave, l'album Mémoires vives semble marquer une ouverture esthétique, comme si vous passiez, à l'image des pochettes de vos disques, du noir et blanc à la couleur. Avez-vous profité du long format et de l'expérience accumulée pour vous affranchir de votre image et de votre marque sonore initiale ? Benoît David : La seule consigne que l'on s'est donné en faisant cet album, c'est de ne pas se brider. On est quatre à composer, on a bossé de manière très foisonnante, sans trop se poser de questions. Chacun a mis ce qu'il voulait et ça donne un disque d'autant plus ouvert. Sur un LP, on avait une place plus large pour s'exprimer. Sur les EP, on a beaucoup cherché une proposition musicale qui nous satisfassent tous les quatre, c'était peine perdue. Notre groupe était foutu de telle manière qu'il ne fallait pas chercher à harmoniser les choses. Il nous a semblé intéressant de ne pas travailler cet album à partir d'un corpus fermé. Le jeu est de savoir jusqu'où on peut opérer u

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Foals, la bête qui (dé)monte

MUSIQUES | Après leur flamboyant Holy Fire (2013), les matheux dansant de Foals, poulains mués en veaux d'or du rock anglais, étaient susceptibles de perdre ce (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 24 février 2016

Foals, la bête qui (dé)monte

Après leur flamboyant Holy Fire (2013), les matheux dansant de Foals, poulains mués en veaux d'or du rock anglais, étaient susceptibles de perdre ce feu sacré. Mais c'est aux poudres qu'ils ont mis le feu, ravivant leur buisson ardent pop pour mieux s'en faire du combustible. Si le dernier album en date de Foals s'intitule What went down, ce n'est sûrement pas du prophète redescendu de la montagne dont il s'agit. Poussant les Dieux pop du coude et avec eux, les codes en vigueurs, tables de la loi fracassées, c'est une trajectoire ascensionnelle, de plus en plus ambitieuse et pour tout dire dévastatrice qu'a emprunté la bande à Yanis Philippakis. Avec ce son lourd qui prend à la gorge d'entrée sur le morceau titre de l'album, plus rageur et menaçant que jamais, rugissant même (« When I see a man / I see a lion » explose Philippakis), ledzeppelinien par moments (Snake Oil), Foals aurait pu se couler les chevilles dans le béton. Mais le groupe ne se défait jamais vraiment de ses aspirations au sabbat dansant et au funk tribal. C'est cette perpétuelle oscillation entre le massif et le sophistiqué, l'homme et la

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Rentrée musique 2016 : anciens et modernes

MUSIQUES | Entre Polna, Neil Young, les Insus et même le retour du plus si jeune Jon Spencer (porté pâle au printemps), les aînés seront là en force en 2016. Mais la jeune garde veille et ne s'en laissera pas compter.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée musique 2016 : anciens et modernes

Jon Spencer aime tellement nos panoramas de rentrée – il en a déjà fait la Une – qu'il parvient même à y figurer deux fois par an. On l'annonçait en septembre dernier, voilà qu'on le réannonce pour le 6 mars à l'Épicerie Moderne. Avec bonheur, puisque si nous le faisons, c'est que le trio du New-yorkais avait dû annuler à la dernière minute cet automne pour raisons de santé. Tout va mieux, donc tout va bien, et cela indique peut-être que cette année 2016 sera légèrement moins pénible que la précédente – raccrochons-nous aux branches, tant qu'il y a encore des arbres. Or des branches, même vieilles, il se trouve qu'il en repousse, en témoigne une tripotée de reformations plus ou moins récentes de groupes plus ou moins relous à l'oreille (Louise Attaque au Transbo le 29 mars, Elmer Food Beat au CCO le 6 avril) dont la palme revient bien sûr aux Insus, soit Téléphone sans fille (n'y allez pas, c'est complet) – rayon nostalgie de jeunesse, on préférera de loin se consacrer à Nada Surf, qui ne s'est jamais déformé, le 26 avril à l'Epicerie. Ah, tiens on allait oublier Polnareff

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Musilac 2016 : les premiers noms

MUSIQUES | Alors que les jours commencent tout juste à se refroidir, les festivals d'été dégaînent déjà une partie de leur programmation. C'est le cas notamment de (...)

Benjamin Mialot | Lundi 30 novembre 2015

Musilac 2016 : les premiers noms

Alors que les jours commencent tout juste à se refroidir, les festivals d'été dégaînent déjà une partie de leur programmation. C'est le cas notamment de Musilac qui, du 8 au 10 juillet, toujours à Aix-les-Bains, recevra comme à son habitude moult gens qu'on ne présente plus – et qu'on aimerait ne plus avoir à présenter, à vrai dire : Elton John, Les Insus (Téléphone undercover), Foals, Louise Attaque et Lilly Wood & the Prick (cf. photo qui pique les yeux). Ouverture de la billetterie ce vendredi 4 décembre à 10 h. La suite, moins pépère on l'éspère, plus tard.

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Foals à la Salle 3000

MUSIQUES | On s'est souvent demandé, comme beaucoup de Lyonnais sans doute, si la salle 3000 pouvait voler, avec son air de soucoupe volante élégamment posée en bord (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 29 octobre 2015

Foals à la Salle 3000

On s'est souvent demandé, comme beaucoup de Lyonnais sans doute, si la salle 3000 pouvait voler, avec son air de soucoupe volante élégamment posée en bord de Tête d'Or. Eh bien cette fois ça y est, on en est sûr, elle va décoller. Et ironiquement, ce sera au son de What Went Down, le dernier album supersonique de Foals. Aux commandes de ce disque monstrueux, l'équipage de Yannis Philippakis fait en effet le tour de la galaxie pop à la vitesse de la lumière. On attache ses ceintures le 26 février, il va y avoir des G dans les gencives.

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Musilac – Du 10 au 12 juillet – Aix-les-Bains (73)

MUSIQUES | Il est des festivals qui parviennent à concilier l'inconciliable. C'est le cas de Musilac qui, en bordure d'un lac cher à Lamartine, parvient à mélanger l'eau de l'exigence populaire et l'huile d'actes de bravoure artistiques, nécessité économique et prise de risques, David Guetta et Alt-J. Sélection pas complètement au débotté. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Musilac – Du 10 au 12 juillet – Aix-les-Bains (73)

Alt-J Dans Alt-J, le "J", se prononce "Djé" à l'anglaise, mais aussi comme dans "genius". Car c'est un peu ce qu'est le quatuor de Leeds : une bande de petits génies à laquelle il n'est pas toujours aisé d'être sensible, tant cette pop versatile est sophistiquée et trompeuse. Sournoise presque, dans sa manière de nous embarquer – incroyable morceau que Every Other Freckle sur This Is All Yours. Alt-J, c'est la confirmation en 2015 que la pop peut se compliquer la vie et avoir la folie des grandeurs, du moment qu'elle se donne les moyens de les atteindre.

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De nouveaux noms pour Musilac

MUSIQUES | Le festival prévu du 10 au 13 juillet à Aix-les-Bains vient d’annoncer les derniers gros artistes programmés. On fait le point.

Aurélien Martinez | Vendredi 10 avril 2015

De nouveaux noms pour Musilac

On était déjà au courant pour Christine and the Queens, The Chemical Brothers, Baxter Dury, David Guetta, The Do, Alt-J, Cerrone, Muse (complet dans le cadre du "bonus day"), Brigitte, Selah Sue… Mais l’équipe du festival en avait encore en stock. Se rajoutent au programme les indie pop The Kooks, les explosifs Français The Shoes, l’élégant Dominique A, les punks Toy Dolls ou encore les classieusement pop et toujours « ready for the floor » Hot Chip (photo). Pêle-mêle, il y aura aussi Joris Delacroix, Electric Octopus Orchestra, Prince Miiaou, Gomina, Triggerfinger, Bo Ningen, The Bohicas et Palace. La prog complète jour par jour est à découvrir ici.

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Muse, David Guetta, Cerrone et Alt-J à Musilac

MUSIQUES | Premiers noms pour l'édition 2015 de Musilac (10, 11 et 12 juillet, toujours à Aix-les-Bains), et c'est du lourd (vous le prenez comme bon vous semble) : (...)

Benjamin Mialot | Mardi 25 novembre 2014

Muse, David Guetta, Cerrone et Alt-J à Musilac

Premiers noms pour l'édition 2015 de Musilac (10, 11 et 12 juillet, toujours à Aix-les-Bains), et c'est du lourd (vous le prenez comme bon vous semble) : Muse, qu'on ne présente plus, David Guetta, qu'on présente encore moins, Cerrone (notre Moroder à nous, en quelque sorte) et surtout nos chouchous d'Alt-J, fers de lance de cette pop arty et néanmoins charnelle dont l'Angleterre est féconde depuis le début du siècle.

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Courtney Barnett, hit girl

MUSIQUES | Avant de se lancer en solo, l'Aussie Courtney Barnett a écumé les groupes. Souvent en temps que "deuxième guitare", rythmique ou slide, histoire qu'on ne la (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 25 novembre 2014

Courtney Barnett, hit girl

Avant de se lancer en solo, l'Aussie Courtney Barnett a écumé les groupes. Souvent en temps que "deuxième guitare", rythmique ou slide, histoire qu'on ne la remarque pas trop, cachée derrière sa frange. Bim, bam, boum, passing de revers du destin, la jeune femme rencontre un membre des Dandy Warhols qui pour ainsi dire la coache. Et là, explose un don par elle-même inattendu pour balancer les morceaux dévastateurs comme qui rigole. Talent que confirme le statut tant convoité de single de la semaine de la sainte église Pitchfork pour Avant Gardener, superbe tube défroqué, et même une nomination aux Victoires de la Musique australienne qui prouve qu'on a les Zaz qu'on mérite. Bref, pour une fille qui n'avait pas confiance en elle, Barnett aligne sans s'y perdre les registres avec une facilité déconcertante : finesse pop digne des illustres compatriotes vintage Go-Betweens/Triffids (Don't Apply Compression Gently), art du pastiche (David, hommage Jean Genieal), veine velvetienne saillante (Lance Jr.), résonances alt-country en apesanteur (Porcelain, Anonymous Club, Out of the Woodwork, qui ressuscitent le fantôm

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Fondu au blanc

MUSIQUES | Nouvel exemple de cette vivacité résiliente propre à la diaspora musicale lorraine, Grand Blanc frappe très fort avec son EP "Degré Zéro" – et des concerts fiévreux. Entrechoquant avec fracas une langue virevoltante héritée de Bashung et une cold wave post-sidérurgique. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 6 mars 2015

Fondu au blanc

Sur la pochette de l'EP Degré Zéro (oeuvre du tatoueur lyonnais All Cats Are Grey), une gravure fait cohabiter sur quelques centimètres carrés la centrale nucléaire fumante de Cattenom, des cheminées d'usine fracassées, une grue de crassier, le Temple-neuf surmonté d'une Croix de Lorraine et le bon Saint-Clément sur le point de faire sa race au Graoully, légendaire dragon messin mangeur d'enfants barbotant dans la Seille. Le tout sous les yeux d'un astre froncé qui ne semble guère augurer de lendemains qui chantent. En bons Messins exilés à Paris, les quatre membres du groupe se seraient rencontrés Gare de l'Est, le spot où tu peux même te faire mettre la misère par Nadine Morano en attente d'une Micheline pour rentrer décongeler des nouilles à Toul. Surtout, il ne s'est jamais départi, comme l'indique la superbe illustration précitée, d'une sorte de blues post-sidérurgique largement atavique. Le même que l'on retrouve chez Marie-Madeleine ; une partie du collectif DIY de La Grande Triple Alliance Internationale de l'Est (comme

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La route des indés

MUSIQUES | Dans la collection automne-automne musicale, la tendance est clairement à l'indie rock, cette notion floue et changeante qui pourtant se nourrit d'une évidence : quelles que soient sa nature, sa forme, son humeur, son envie, quand on voit un artiste indé, on le reconnaît au premier coup d’œil. Et à ce qu'on en veut toujours plus. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

La route des indés

«Just gimme indie rock !!!!» C'est sur ce cri primal que s'ouvre, en 1991, Gimme Indie Rock, EP culte et (re)fondateur de Sebadoh. Le trio, alors composé d'Eric Gaffney, Lou Barlow et Jason Loewenstein – qui vient de rejoindre le groupe du Massachussetts – y évoque ses influences dans une furieuse séance de name-dropping (Velvet Underground, Husker Dü, Sonic Youth et même Dinosaur Jr., dont Barlow vient pourtant de se faire éjecter comme un malpropre) qui s'accompagne du mode d'emploi indie : jouer plus lentement, fumer de l'herbe (pas forcément dans cet ordre) et hurler à la face du monde. Ce cri, c'est un peu le cri que le public lyonnais averti (qui comme chacun sait en vaut deux) est depuis quelques temps en mesure de pousser à chaque début de (demi-) saison. Car il sait, à mesure qu'on lui sert sur un plateau des Dinosaur Jr. donc, des Chokebore, des Swans et on en

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Le vieil homme et la mer

MUSIQUES | Marin peu porté sur l'eau, qu'il soit dessus ou doive la boire, Seasick Steve («Steve Mal de mer», donc) n'est pas de ceux qui ont connu le succès à l'âge des premiers duvets. C'est plutôt à l'âge où l'on commence à creuser sa tombe que Steve Wold a fait son trou. Un miracle après une vie d'errances. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Jeudi 26 juin 2014

Le vieil homme et la mer

A quoi tient une carrière tardive ? Au fait qu'enfant, votre beau-père soit si pressé de vous jeter par la fenêtre qu'il en oublie de l'ouvrir – même si ça fait mal, mine de rien ça change tout. Et au fait de choisir de prendre la tangente à treize ans après avoir sérieusement envisagé de faire la peau à votre bourreau. Or, Steve Wold étant né en 1941, quand il décide de la prendre la route, c'est en pleine époque mythique des hobos, des beatniks, des avaleurs de kilomètres. De la vie à la petite semaine comme si demain n'existait pas. De la musique comme seule accompagnatrice. Il vit de travaux saisonniers et de menus larcins qui le mènent en prison. Mais Steve a appris la guitare à huit ans et fréquente de plus en plus de musiciens à partir des années 60. Devient musicien de studio avant de s'établir comme ingénieur du son du côté de Seattle dans les années 80, où il travaille avec Modest Mouse et Bikini Kills, s'attirant même – dit la légende – l'admiration du jeune Kurt Cobain. Mais Steve a un problème. La bouteille. Sa seconde femme, rencontrée en Norvège, inquiète que son Steve ne passe l'arme à gauche en se noyant dans le malt, l'incit

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Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

CONNAITRE | 65 spectacles, 170 levers de rideau, des rendez-vous au TNG, à Gadagne ou à la Maison de la danse : les Nuits de Fourvière s'annoncent plus foisonnantes que jamais. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 13 mars 2014

Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

L'an passé, nous saluions le starpower de la soixante-huitième édition des Nuits de Fourvière. Maintenant que nous connaissons la teneur de la soixante-neuvième, nous voilà contraints de revoir notre jugement à la baisse : en termes d'éclat et de densité, la programmation de 2014 est à celle de 2013 ce que la Grande Nébuleuse d’Andromède est à la Voie Lactée. Le principal artisan de ce saut hyperspatial qualitatif n'est autre que Richard Robert, transfuge des Inrockuptibles qui semble avoir avoir définitivement trouvé ses marques de conseiller artistique. Impeccablement équilibré entre reconnaissance de phénomènes franco-belges (Phoenix,  Fauve et Stromae), concerts événementiels (un hommage à Robert Wyatt, Benjamin Biolay qui dirigera un orchestre pour sa nouvelle muse, Vanessa Paradis), rappels de la suprématie de la pop d'outre-Manche (le collectif multimédia Breton, Damon Albarn pour son premier album solo, Franz Ferdinand, Miles Kane), passages ob

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Foals Sacré

MUSIQUES | De passage à Lyon, Foals débarque avec un talisman inestimable, "Holy Fire". Un troisième album qui, tout en égarant le chaland comme aime à le faire le groupe d'Oxford, contient la recette d'un feu sacré pop dont la flamme changeante semble ne jamais devoir s'éteindre. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 13 mars 2013

Foals Sacré

De Ride à Radiohead, de The Jazz Butcher à Swervedriver, Oxford a toujours abrité une colonie de groupes savants, cérébraux ou à la créativité tordue. Même les Supergrass, autoproclamés crétins congénitaux, finirent par s'ériger en élèves modèles d'une pop en perpétuelle recherche d'elle-même. On ne dirait pas autre chose de Foals, à ceci près que la bande de Yannis Philippakis a immédiatement annoncé la couleur avec son math rock sur-diplômé mais pas que. Avec The French Open sur Antidotes ou Mathletics, le single qui le précéda, Foals prévenait déjà : leur musique serait à la fois première de la classe et imprenable en sport. Et surtout jamais là où on l'attend, en perpétuel mouvement, fumant du cerveau comme des gambettes. Puis s'accorderait quelques vacances au soleil à Miami, single-fausse piste menant à un Total Life Forever qui égarerait tout le monde de Fugue en This Orient ou Spanish Sahara. Oui, il y a chez Foals ce côté "attrape-moi si tu peux", qui finit toujours chez ce genre de groupe par conduire à une dématérialisation

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Sweet Home Alabama

MUSIQUES | C'est sans doute l'un des disques de l'année, produit par l'un des groupes de l'année. La pépite a pour nom Boys & Girls car tout le monde est invité à (...)

Dorotée Aznar | Lundi 9 juillet 2012

Sweet Home Alabama

C'est sans doute l'un des disques de l'année, produit par l'un des groupes de l'année. La pépite a pour nom Boys & Girls car tout le monde est invité à «shaker», soit à remuer ses fesses et – selon la «jurisprudence Jerry Lee Lewis», premier grand interprète de Whole lotta shakin' – pas forcément que sur la piste de danse. Comme lui, comme Little Richard, autre grand «shaker» devant l'éternel, comme le King, les Alabama Shakes sont évidemment issus de ce puits d'ambiguïté sexuelle qu'est le Sud profond. Plus précisément d'Athens en Alabama (d'où le nom), archétype même du trou sudiste, à mi-chemin de Birmingham, la capitale de cet état très conservateur et de celle du Tennessee, Nashville, alias Music City. Jadis plantation de coton, il y trône aujourd'hui l'une des plus grandes centrales nucléaires du monde – qui faillit d'ailleurs exploser en 1975. Il ne faut donc pas aller chercher plus loin d'où vient l'énergie tantôt contenue, tantôt explosive du quatuor, entre soul des familles et rock sudiste à la Lynyrd Skynyrd. Ces cascades d'influences mêlées, propres à ce Sud qui ne s'est jamais mélangé qu'à travers elle, donnant ainsi naissance à ce qu'

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Cruel summer

MUSIQUES | Avant l'été, le Transbo offre de réviser ses classiques en matière de genres, musicaux s'entend. Troisième Summer session et nouveau changement de genre donc. (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 6 juillet 2012

Cruel summer

Avant l'été, le Transbo offre de réviser ses classiques en matière de genres, musicaux s'entend. Troisième Summer session et nouveau changement de genre donc. Encore que dans le cas de l'invité du jeudi 12 juillet, il faille peut-être davantage parler de style que de genre, Hyphen Hyphen ayant beaucoup du premier sans qu'on puisse bien définir dans quelle école musicale s'inscrit le second. Bref, comme beaucoup de formation de son époque – Metronomy, Foals, The Shoes, Marie-Madeleine –, Hyphen Hyphen se nourrit un peu à tous les râteliers esthétiques à la seule condition que le résultat soit foufou – pour ne pas dire légèrement hystérique – obsédant et dansant, au point qu'on puisse inventer pour ce type d'originaux le terme d' «obsédansant». Soit une musique qui prend possession de votre cortex par impulsion électronique et vous secoue dans tous les sens. Faut-il y voir une coïncidence avec la recrudescence soudaine du cannibalisme dans le monde, mais le fait est qu'il y a de plus en plus de ces groupes qui vous mangent le cerveau en l'espace de quelques secondes, sans qu'on ne puisse guère se défendre. Hyphen Hyphen, venu tout droit de la Côte d'Azur est de ceux-là. À ceci prè

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Bourget Bohème

MUSIQUES | Les lacs sont sources d’inspiration, de respiration. De cette nature rafraîchissante, Musilac s’applique à mettre dans son anagramme musical des lives au diapason. Ressources, récréation. Stéphanie Lopez

Dorotée Aznar | Jeudi 21 juin 2012

Bourget Bohème

«Un soir, t’en souvient-il ? On n’entendait au loin, sur l’onde et sous les cieux, Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence Tes flots harmonieux». Ce soir est loin (on situe ces vers de Lamartine en 1820). Dans nos souvenirs, ce qu’on entend encore sur l’onde et l’esplanade du lac du Bourget, c’est l’écho prégnant de l’édition 2011 : ces heures mémorables pendant le concert de PJ Harvey (sortant sa lyre d’Orphée au moment même où la pleine lune se levait), puis le live dantesque des Chemical Brothers, qui fit trembler la Dent du Chat et ses rochers muets. Du roc, de bonnes ondes, du rock, du beau monde... Telle est la substantifique moelle de Musilac, qui, fort de ses onze ans et de quelques 80 000 participants, a réussi la gageure de ne pas sacrifier son côté champêtre et romantique sur l’autel du gigantisme. On ne mange pas de poussière sur ce site naturellement magnifique, (d’ailleurs pour se restaurer on a même le choix entre un village entier d’artisans gaulois, qui mitonnent aussi bien tartiflette géante, crêpes bretonnes ou moult cuisines du monde). Points forts : le cadre et le son, doublés d’une organisation affable aux petits oignons. La prod’ règle

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Musilac : la programmation

MUSIQUES | L’incontournable festival d’Aix-les-Bains avait déjà dévoilé la majeure partie de sa programmation 2012. L’équipe organisatrice vient d’officialiser les (...)

Dorotée Aznar | Mardi 27 mars 2012

Musilac : la programmation

L’incontournable festival d’Aix-les-Bains avait déjà dévoilé la majeure partie de sa programmation 2012. L’équipe organisatrice vient d’officialiser les dernières têtes d’affiche que l’on retrouvera en plein air, au bord du lac du Bourget. Détails ici, avec notamment la programmation complète par jour.

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Paulo la Science

MUSIQUES | À la règle bien connue qui affirme que nul n'est prophète en son pays, il y a quelques exceptions notables. À commencer par l'Anglais Paul Weller, loin (...)

Dorotée Aznar | Mercredi 16 juin 2010

Paulo la Science

À la règle bien connue qui affirme que nul n'est prophète en son pays, il y a quelques exceptions notables. À commencer par l'Anglais Paul Weller, loin d'être une star internationale du niveau de certains de ses compatriotes rockers, mais héros national dans son pays. Prédisposé à conquérir les charts britanniques par un double prénom évocateur John Paul Weller aura été à lui tout seul le Lennon-McCartney du post-punk. Ainsi que le commandant en chef du revival mod des années 80. Avec The Jam d'abord, trio pour lequel il composa quelques hymnes du rock toujours très sociologique alors à l'œuvre en Angleterre (des histoires de gars qui se font démonter dans le métro par une bande de nazillons) mais qui refusa de renoncer au futur. Puis avec The Style Council, plus jazz et pop. Après une éclipse de quelques années au début des années 90, Weller est littéralement ressuscité par le renouveau britpop. Et notamment les frères Gallagher qui lui empruntent leur célèbre coupe de playmobil et l'érigent en parrain du mouvement. L'homme fait l'unanimité, puisque même les ennemis jurés de Blur en font une idole. Bref, Weller est intouchable. Il en profite alors pour sortir quelques albums qui l

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Musilac

MUSIQUES | Dans la multitude de festivals estivaux et leurs nombreuses redites de programmation, Musilac a pris ces dernières années une dimension considérable. Une (...)

Dorotée Aznar | Mercredi 16 juin 2010

Musilac

Dans la multitude de festivals estivaux et leurs nombreuses redites de programmation, Musilac a pris ces dernières années une dimension considérable. Une réalité reflétée par l'affluence croissante du festival d'Aix-les-Bains qui est elle même le résultat d'une popularité qui ne délaisse pas l'exigence artistique. Cette année, Musilac se distingue notamment par quelques belles exclusivités hexagonales. Paul Weller, donc, mais aussi le hipster hippie Devendra Banhart, White Lies ou le très demandé bluesman senior Seasick Steve. Pour le reste on oscille entre espoirs régionaux (les lyonnais Pm's Better), belles découvertes (Joseph Leon) et une belle brochette de stars aussi différentes que Phoenix, ZZ Top, Peter Doherty ou Mika. Musilac (73)Les 16, 17 et 18 juillet à Aix-les-Bains

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Les honneurs britanniques

CONNAITRE | C’est reparti ! L’édition 2009 du festival Musilac à Aix-les-Bains nous promet, comme à l’accoutumée, trois jours de musique orgiaques. Présentation et zoom sur la flopée d’artistes anglais prévus sur les scènes du festival. Patrice Coeytaux

Dorotée Aznar | Vendredi 19 juin 2009

Les honneurs britanniques

Festival - Musique / En moins d’une décennie, y ont défilé Muse, Iggy Pop, Peter Gabriel, The Cure, Patti Smith ou Babyshambles. Cette année, la huitième édition du festival Musilac aura lieu les 10, 11 et 12 juillet sur les abords du lac du Bourget à Aix-les Bains, avec pas moins de dix artistes par jour (de 15h30 à 3h du matin) pour trois jours de biberons auditifs. Diversité, convivialité et gestion des déchets y sont de plus en plus prisées, dans un esprit écolo-qualité très proche de manifestations comme le Paléo festival de Nyon, en Suisse. Niveau programmation, le dada de Rémi Perrier et de ses acolytes demeure inchangé : éclectique, populaire et international. Du lourd, voire du très lourd avec les «bankables» Gossip, Camille, The Prodigy ou encore Franz Ferdinand, Duffy et même… Bénabar ! De quoi satisfaire tout le monde à priori. Une programmation qui demeure plutôt «soft» (aucune formation de rock «parpaing» ou expérimentale n’est programmée) et orientée pop, un style qui sera grandement défendu par Coming Soon, The Kooks, Bombay Bicycle Club, Cocoon et autres Ghinzu. Pour les amateurs d’ambiances plus exotiques, la soirée du vendredi 11 fera assurément des émules, notam

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Cris à Oxford

MUSIQUES | Musique / Rare révélation de la saison, les Anglais de Foals investissent L’Épicerie Moderne avec un premier album réussi, n’échappant pas à la tentation rétro actuelle mais s’autorisant à froisser l’auditeur autant qu’à le draguer. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 11 novembre 2008

Cris à Oxford

On a parlé à l’occasion de la sortie d’Antidotes, premier album du quartet d’Oxford Foals, d’un rock qui irait fureter du côté de la musique africaine pour renouveler son fonds de commerce. De deux choses l’une : Damon Albarn l’avait fait il y a quelques années déjà, avec qui plus est le courage de se rendre sur place et pas seulement de télécharger des disques sur Internet (ne parlons même pas du projet Extra Golden, dont les albums ont dû se vendre à douze exemplaires en France !). Ensuite, le fait de se décentrer de sa propre culture musicale n’est pas un gage de postérité, et encore moins de révolution. S’il y a effectivement chez Foals des sonorités de guitare qui ressemblent à celles de groupes congolais, des cuivres hérités de l’afro-beat, des boucles de textes proches des chansons maliennes, la vérité oblige à dire que le groupe est plutôt l’énième héritier d’un revival marqué par le rock underground new-yorkais des années 80 (qui s’accouplait pareillement avec le funk). Et le contenu des textes, où l’on cause d’internement psychiatrique ou d’un joueur de tennis avant son entrée sur le court de Rolland-Garros, doivent évoquer énormément de choses aux habitants de Bamako !

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