Le Bistrot du Potager Gerland : ça déménage !

Restaurant | Cette quasi institution de la rue de la Martinière se téléporte du côté de Gerland. Le voyage lui a fait un bien fou.

Adrien Simon | Mardi 17 octobre 2017

Photo : © Anne Bouillot


Depuis la cour du Croiseur, salle de spectacle du 7e, on observait l'année dernière de grandes grues s'affairer au sein d'un chantier monstre. C'était durant le Salon des Débouchées, hommage de novembre aux vins propres (nous en reparlerons). Quant au projet immobilier en question, il s'agissait de Gerland 75, réhabilitation, en logements et bureaux, des anciens Magasins Généraux de la Mouche.

L'année dernière, la petite halle en pierres du XIXe se tenait toute seule au milieu d'un terrain vague. Aujourd'hui, même si elle attend toujours les parcs paysagers qui devraient l'entourer, la voilà habitée par un tout neuf Bistrot du Potager.

Rappel : il y a presque douze ans, Franck Delhoum ouvrait le Potager des Halles, à la Martinière (dans le 1er), avant de lui adjoindre un bistrot à tapas. Or, Franck a mis les voiles, direction Gerland. Un quartier plein d'avenir si l'on en croit la Métropole, qui vante à grand renfort de plaquettes chics, un « territoire » en « métamorphose », attirant de « nouvelles énergies créatrices » et des « espaces culturels et branchés. » Le mitan de cette nouvelle « ville au cœur de la ville » est voulu du côté de la place Jean Jaurès, avec la ZAC des Girondins (« un parfum de Brooklyn »). Gerland 75 n'est pas bien loin, avec ses deux ex-halles industrielles : la grande pour le nouveau service d'études d'EDF et la petite où est donc venu se loger le néo-bistrot.

Des tapas à foison

Le restaurant a été aménagé avec soin par le studio Johany Sapet : un plancher en chêne, de grandes tables de bois brut, une cuisine totalement ouverte, la charpente apparente. Autour d'un des piliers de celle-ci : un énorme bar ovoïde à l'épais comptoir de marbre. On se hisse sur l'un des tabourets matelassés en tissu bleu canard pour y engloutir notamment un menu du midi bien réfléchi.

En entrée, on trouvait cette semaine, un œuf meurette à la façon de Floriant Rémont, doué cuistot que Franck a ramené avec lui du 1er arrondissement. Cet œuf, cuit mollet, flottait dans une sauce au vin, échalottes, gros lardons, champignons et croutons au beurre, qu'on épongeait au pain, avec gourmandise. À suivre : un bout de paleron de bœuf ou un superbe filet de rouget grondin cuit à point, avec dans les deux cas la même garniture, une onctueuse purée de racines de persil (l'été est bel et bien terminé), hydratée d'un jus aux câpres. Ce n'était pas ultra-copieux mais tout à fait délicieux. Et en dessert (plus simpliste) : un éclair caramel-chocolat.

Cette avenante formule du midi n'est que la partie émergée de l'iceberg. La carte à rallonge propose une trentaine de tapas, des plus simples (toast à l'anchois, saucisson ou fameux couteaux gratinés au beurre d'escargot) aux plus chiadés (thon rouge, jaune d'œuf au vinaigre et caviar épicé ou boudin maison, chèvre frais, huile fumée et œufs de truite).

Et aussi quelques plats : comme le ttoro (genre de bouillabaisse basque), l'entrecôte grillée de l'Argot ou un turbot entier à partager. Largement de quoi justifier un voyage sur la ligne B. Pour venir s'éclater (la panse) en soirée, en compagnie d'une bouteille de Côtes du Rhône Petit ours de Matthieu Barret (33€), de Beaujo Lubrifiant Social de Julien Merle (33€ aussi) ou pourquoi pas de Silex de Dagueneau (130€).

Le Bistrot du Potager Gerland
83 rue de Gerland, Lyon 7e
Du lundi au vendredi de midi à 14h et de 19h à 23h
Menu déjeuner : 19, 50€

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Chez Pimousse, partage et beaujolais

Restaurant | Un bistrot à partager, en bord de Saône : Pierre-Michaël Martin régale chez Pimousse.

Adrien Simon | Lundi 5 juillet 2021

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Il naviguait jusqu’à présent pour la flotte de Floriant Remont, Pierre-Michaël Martin a désormais accosté en bord de Saône, au pied de La Croix-Rousse. Ses cookies garnissaient les tables des Bistrots du Potager, Pimousse en reprend les codes : un intérieur soigné (ici blanc, bois clair, verre et lumière) pour des tables à partager et des magnums de beaujolais. Après quelques tapas — jambon noir de Bigorre, burrata (petits pois et fèves) ou thon rouge et pequillos (16€) —, de vrais plats : de pigeon (artichaut et figues), de bœuf (raturé), de cabillaud. Et surtout, les ris de veau (anchois et escargots) servis fumants à même la poêle (25€). En plus des cookies, une cave sans fond, dans laquelle piocher du Champagne Drappier (brut nature, 64€), un brouilly de Lapalu (46€), ou un mythique Silex de Dagueneau (148€). Chez Pimousse 27 quai Saint-Vincent, Lyon 1er Midi et soir ; fermé le week-end

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Food Traboule ou la Tour Rose rebootée

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Des papilles ouvertes sur le monde

Refugee Food Festival | Pour la troisième fois, des restos lyonnais invitent des chefs réfugiés à partager leur cuisine.

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C'était en février et vous êtes certainement passés à côté, malgré la retransmission télé, le tapis rouge, les enveloppes et De Caunes : le monde de la gastronomie se dotait d'un nouveau classement mondial, encore un, les World Restaurant Awards, créé par Joe Warwick et le Lyonnais Andrea Petrini, tous deux échappés de l'organisation du plus fameux des classements, le 50 Best. Ces Awards, dont le jury était composé de grands noms de la cuisine mondiale (René Redzepi, David Chang ou Alex Atala, par exemple), sut à la fois récompenser de petits nouveaux très cools (comme Wolfgat et ses vingt couverts sur une plage d'Afrique du Sud) et ménager ceux qui font encore la pluie et le beau temps dans l'univers gastronomique (Ducasse ou Passard). Et applaudir des initiatives rappelant que les restaurateurs ont aussi d'autres ambitions que de nourrir Instagram et monter dans les classements internationaux. Par exemple, Food for Soul, l'association du chef étoilé italien Massimo Bottura qui cuisine des invendus pour les offrir à des gens dans le besoin dans des lieux rénovés par des artistes. Ou enfin, le Refugee Food Festival qui a reçu le prix de l'événe

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