Joyeux bordels

SCENES | Cette semaine à Fourvière, deux conceptions du cirque en collectif "s'affrontent". Celle, brindezingue, des Français d'Akoréacro. Et celle, harmonieuse, des Canadiens des 7 Doigts de la Main. And the winner is... Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 8 juillet 2014

Photo : Traces - DR


«Le football est un sport simple : vingt-deux hommes poursuivent un ballon pendant quatre-vingt dix minutes et à la fin, les Allemands gagnent». Édictée par l'avant-centre anglais Gary Lineker au sortir d'une défaite accrochée face à la RDA en demi-finale de la Coupe du monde 1990, cette loi s'est confirmée aux dépens des Bleus en quart de finale de celle qui s'achèvera ce dimanche. On pourrait en imaginer une toute aussi fantaisiste et impitoyable pour le cirque : «Le cirque est une discipline simple : une dizaine d'hommes et femmes défient la gravité pendant quatre-vingt dix minutes et à la fin, les Canadiens gagnent». C'est le cas cette semaine à Fourvière, également au détriment de Français, à savoir le collectif indrien Akoréacro.

Klaxon, la création à onze têtes qu'il présente sous son propre chapiteau, ne démérite pourtant pas, notamment dans sa façon d'accorder prouesses physiques et musicales. Ici, un piano à queue sert de socle à des portés tandis que son interprète se révèle capable d'effectuer des sauts de carpe. Là, un homme fort se saisit d'un tuba tandis qu'un violon devient l'instrument de punitions clownesques. Les musiciens du Cirque Plume se contentaient de cachetonner ? Ceux d'Akoréacro sont autant de saltimbanques. Dommage que tout ce petit monde n'ait rien à raconter : nonobstant quelques accidents contrôlés attrape-touristes, Klaxon n'est qu'une succession d'acrobaties sans autre fil conducteur que l'incapacité d'un monsieur loyal à cadrer ses ouailles. Du bon cirque à l'ancienne donc, celui qui met de la magnésite partout et s'exécute en chaussettes rayées, mais pas grand chose de plus.

Sept sur sept

Traces, qui scelle, après les fantastiques Psy (en 2011) et Séquence 8 (l'année suivante), la troisième apparition à Fourvière des 7 Doigts de la Main, est tout le contraire, soit un spectacle où la voltige est un langage à part entière et, surtout, où le collectif est envisagé comme une somme d'individualités. Son postulat narratif ne dit pas autre chose : à quelques minutes d'une apocalypse, sept personnes recluses dans un abri de fortune mettent toutes leurs forces dans un déchaînement créatif censé les préserver de l'oubli. Entrecoupé d'inserts autobiographiques d'une adorable humanité, les numéros de mât chinois ou de roue Cyr (cerceau géant inventé par leur compatriote Daniel Cyr, du cirque Eloize) qui composent ce «I was here» corporel ne sont pas plus impressionnants que ceux présentés par Akoréacro. Mais ils dégagent ce souci de cohérence (jusque dans leur bande son, où Goran Bregovic côtoie Unkle, Radiohead ou John Zorn) et de grâce (minutieusement chorégraphiée) qui fait la différence entre les pionniers et les suiveurs. Traces est d'ailleurs un classique qui, depuis sa création en 2006, a été joué plus de 1500 fois à travers le monde – notamment à la Maison de la danse à l'automne 2012. Et il est impérissable.

Klaxon
Aux Nuits de Fourvière, jusqu'au dimanche 13 juillet

Traces
Aux Nuits de Fourvière, jeudi 10 et vendredi 11 juillet


Klaxon

Cirque sous chapiteau. Par la Cie Akoreacro, 1h15, dès 5 ans
Théâtres romains de Fourvière 6 rue de l'Antiquaille Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Klaxon

Cirque sous chapiteau. Par la Cie Akoreacro, 1h15, dès 5 ans
Polaris 5 avenue de Corbetta Corbas
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Traces

Cirque. Par Les 7 doigts de la main, 1h30
Théâtres romains de Fourvière 6 rue de l'Antiquaille Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Traces : histoires de migrations

Biennale | Il était une fois un bailleur social lyonnais, Aralis, qui voulait rendre visible les enjeux de l’immigration. Vingt ans plus tard, la Biennale Traces a considérablement grandi et propose 150 temps forts sur toute la région pendant deux mois. Dont trois jours dédiés à Carte de Séjour et Rachid Taha.

Nadja Pobel | Mercredi 7 octobre 2020

Traces : histoires de migrations

Le programme est dense. Impossible à résumer, tant cette Biennale Traces est au carrefour de différentes composantes : l’approche culturelle et artistique, les sciences sociales et les actions militantes. Pour raconter quoi ? Des histoires d’immigration, de migrations. « Au départ, il était question de la mémoire des immigrés venus participer à la reconstruction industrielle de la France, ils étaient un peu oubliés. Puis le terme a glissé et le discours public s’est mis à parler des "migrants" vers 2015, 2016 » analyse Marina Chauliac, « avec un léger précédent au moment du Printemps arabe où la figure du migrant devient médiatique » complète Philippe Hanus. « Désormais les gens passent, traversent et surtout ce n’est plus une migration de travail. L’enjeu est la place qu’on leur fait, où on les héberge » poursuivent ces deux chercheurs, elle en anthropologie, lui en Histoire — qui sont aussi membres du bureau de l'association Traces. Ces gars de Rillieux Cette Biennale n’a pas vocation à enchaîner les colloques. « La

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"Traces du Vivant" ou la stature de l'ossature

Musée des Confluences | Détecter des traces du vivants. C'est ce que chacun d'entre nous s'est évertué à faire dès le 11 mai passé... Mais pour le Musée des Confluences, c'est l'occasion d'ouvrir ses collections riches de plus de 4000 os et de décrypter ce qu'ils nous racontent des hommes et des animaux.

Nadja Pobel | Vendredi 5 juin 2020

Bien sûr, les os assemblés forment un squelette et offrent une cartographie de la mort. Mais d'emblée, dans ce parcours, il est montré que les os sont "dynamiques" via des bois de cerfs qui chaque année repoussent (exposés sur une grille verticale) ou une vidéo qui montre à quel point cet objet n'est pas inerte et peut se souder ou s'altérer (l'ostéoporose). Constamment, un va-et-vient s'opère entre l'animal et l'humain, si homologues lorsque sont comparées les sept vertèbres de ce dernier et de la girafe. Cette exposition est un voyage dans le temps, remontant à 12 000 ans avant JC avec ces tous petits sifflets d'à peine deux centimètres, ou encore cette récente découverte faite en Chine l'an dernier — dite de l'existence d'un quatrième type d'aile, permettant à l'Ambopteryx longibrachium, petit dinosaure aux ailes de chauve-souris vivant il y a 160 000 millions d'années, de planer d'arbre en arbre grâce à sa membrane soutenue par deux doigts trè

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Né pour l’apnée : "L'Homme dauphin, sur les traces de Jacques Mayol"

Documentaire | de Lefteris Charitos (Fr-Gr-Can-Jap, 1h19) avec Jean-Marc Barr…

Vincent Raymond | Mardi 29 mai 2018

Né pour l’apnée :

L’eau-dyssée de Jacques Mayol, petit Français si fasciné par le monde du silence et l’espèce des dauphins qu’il tenta à sa façon d’en devenir un en se lançant, avec succès, dans la plongée en apnée, discipline dont il fut l’un des précurseurs et surtout le charismatique ambassadeur… Aller plus profond. Tel était le leitmotiv de Jacques Mayol, cet aventurier à l’ancienne, ayant tout du play-boy international sans attaches, oubliant qu’il avait une famille pour vivre son rêve d’absolu ; sa quête ô combien paradoxale de lumière menée en s’enfonçant toujours plus loin dans l’impénétrable obscurité des abysses… À sa façon, Lefteris Charitos va lui aussi sous la surface, derrière l’image lisse rendue par la fiction inspirée de sa vie dans Le Grand Bleu (1988) de Luc Besson. En explorant les moindres images d’archives, en faisant parler les ultimes témoins, les proches de l’apnéiste, ses disciples comme son maître bouddhiste, le documentariste tente de plonger dans le secret d’un homme dépressif — et qui fut vaincu par la maladie. Sobre et apaisé, son portrait rév

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Festival des 7 Collines – Du 1er au 10 juillet à Saint-Étienne (42)

SCENES | Chaque été, pendant dix jours, la gravité à la surface de Saint-Étienne est équivalente à celle de la Lune. Par quel miracle ? Celui dont le Festival des 7 Collines, où prospère le cirque de demain, détient le secret depuis maintenant 21. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Festival des 7 Collines – Du 1er au 10 juillet à Saint-Étienne (42)

On se fait la remarque chaque année : 7 Collines, pour un festival se faisant fort d'accueillir des artistes qui tutoient les sommets – au sens propre, attachement au nouveau cirque oblige, mais aussi au figuré, les plus grandes compagnies du genre s'y donnant rendez-vous chaque année – c'est franchement "petit bras". 7 Montagnes, 7 Cimes ou 7 Pitons, voilà qui ferait honneur aux jongleurs flegmatiques du Gandini Juggling – associés à des danseurs du Ballet royal de Londres pour une nouvelle création qui promet de sublimer leur sens de la synchronisation. Voilà qui serait raccord avec les délicates intentions de leurs confrères villeurbannais du collectif Petit Travers – qui présenteront une courte pièce en clair-obscur. Voilà qui serait à la hauteur de la fantaisie et de la vitalité des touche-à-tout des 7 Doigts de la main – de retour de leur Canada d'origine avec Cuisines et confessions, un spectacle qui devrait en mettre plein les yeux et autant dans les narines. Mais bon, on dit ça, on ne dit rien. Du moment que cela ne vous empêche pas de faire aussi connaissance avec la jeu

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Festival d’Alba – Du 10 au 14 juillet à Alba-la-Romaine (07)

SCENES | Le Cirque Aïtal nous avait éblouis aux Nuits de Fourvière en 2013 ? Il était passé des années auparavant par Alba. Il faut dire que ce festival est mené par (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Festival d’Alba – Du 10 au 14 juillet à Alba-la-Romaine (07)

Le Cirque Aïtal nous avait éblouis aux Nuits de Fourvière en 2013 ? Il était passé des années auparavant par Alba. Il faut dire que ce festival est mené par l’un des douze Centres Nationaux des Arts du Cirque : la Cascade, implantée à Bourg-Saint-Andéol. Dans l’amphithéâtre antique d'Alba-la-Romaine, plus d’une quinzaine de spectacles se déploieront cet été, dont certains gratuits, à l'instar des concerts qui closent chaque journée à 23h (en tête celui de Summer Rebellion, duo blues d'une jouissive sauvagerie). Le point d’orgue de cette édition 2015 sera toutefois la création Roue libre, "co-mise en piste" par Alain Reynaux, directeur de la Cascade et ancien clown de la compagnie des Nouveaux Nez. À l’occasion du passage du Tour de France le 19 juillet dans les alentours – pour faire la jonction, le spectacle jouera exceptionnellement jusqu'au 18 – ses circassiens se sont emparés de ce thème populaire et passionnant qu'est la "petite reine". La présence parmi eux de neuf cyclistes, trois motocyclistes et un guitariste promet des acrobaties inédites (à 9 mètres de haut ou sur trampoline !). Autres artistes à ne pas ma

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Les 7 Doigts de la Main font la tambouille

SCENES | Avec "Psy", "Traces" et "Séquence 8", le collectif canadien des 7 Doigts de la Main nous avait habitué au meilleur. Avec "Cuisine et confessions", présenté à la Maison de la Danse pour les Nuits de Fourvière, il signe un spectacle tout en auto-satisfaction et en démagogie. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 29 juin 2015

Les 7 Doigts de la Main font la tambouille

Un décor de cuisine monumental à faire pâlir tous les marquis de salades, des artistes venant à la rencontre des spectateurs qui s’installent pour s’enquérir de leur plat préféré alors que d’appétissantes émanations d’ail s’échappent du plateau : les 7 Doigts de la Main savent recevoir et allécher. Sauf que ce prélude, même une fois les lumières éteintes, n’en finit plus, au point que le spectacle semble ne jamais commencer, nonobstant quelques numéros de jonglage avec des fouets métalliques. D’emblée, Cuisine et confessions manque cruellement de rythme – et cela se vérifiera sur ses 90 minutes – un comble pour des circassiens, par ailleurs de très haut niveau (ah ! leur maîtrise du mât chinois...). De là, les 7 Doigts de la Main se laissent prendre au piège de l’adresse réitérée au public, le conviant fréquemment sur scène, comme s’ils ne pouvaient convaincre par leur seul talent, allant jusqu'à se planquer tandis que trois spectateurs meublent la scène. Dans cet aveu de faiblesse, ce n’est pas tant l’embarras des cobayes qui met mal à l'aise que la limpide démission des artistes. Se (faire) rouler dans la farine Autre facilit

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A voir et à revoir

SCENES | Secret d'une fin saison triomphale, le nouveau cirque est aussi cette année celui d'une rentrée haute en couleurs, Biennale oblige. Deux artistes (...)

Benjamin Mialot | Mardi 9 septembre 2014

A voir et à revoir

Secret d'une fin saison triomphale, le nouveau cirque est aussi cette année celui d'une rentrée haute en couleurs, Biennale oblige. Deux artistes devraient comme à leur habitue s'y jouer des frontières entre danse et contorsion. D'un côté le démiurge James Thierrée qui, quatre ans après l'insulaire Raoul, compose avec Tabac rouge (du 10 au 22 septembre au TNP) un conte baroque plein de peine et de fureur : celles d'un peuple opprimé par un roi crapoteux régnant sur un fatras de miroirs rouillés, d’échafaudages de guingois et de meubles poussiéreux. De l'autre Yoann Bourgeois, qui poursuit avec Celui qui tombe (les 20 et 21 septembre à l'Opéra), pièce pour six interprètes sur un sol mobile, ses délicates études du corps en déséquilibre. Également au programme de la grand-messe de la chorégraphie, la compagnie XY, qui avec Il n'est pas encore minuit... (aux Célestins du 12 au 18 septembre puis à Villefranche en mai), une création pour pas moins de vingt-deux acrobates, démultiplie son art du porté jusqu'au vertige, et l'ex-athlète

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Saint-Étienne Daho aux Nuits de Fourvière

MUSIQUES | D'un coup, Etienne Daho, qu'on a cru une fois de plus au supplice, a recouvré santé et inspiration, à la faveur de ses "Chansons de l'Innocence retrouvée". Qui valent à l'invincible et imperturbable Rennais de remonter sur la scène de Fourvière avec son meilleur album depuis des lustres. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 15 juillet 2014

Saint-Étienne Daho aux Nuits de Fourvière

«Bien sûr, je connais tes plaies et tes blessures / cyanure, tes souvenirs ont la peau dure / fêlures, à chacun son chemin, chacun ses déchirures mais je les ressens comme toi». Ces quelques vers sont issus de La Peau Dure, l'un des singles extraits du dernier album d'Etienne Daho, Les Chansons de l'Innocence retrouvée. Une chanson qui aurait tout aussi bien pu donner son titre au disque tout entier, tant elle résume l'énième retour et la carrière du Rennais. Car s'il est un constat à faire au sujet d'Etienne Daho, c'est que sa capacité de régénération et, oserait-on dire, de résurrection, confine au divin. Voilà un type que l'on a annoncé maintes fois trépassé ou pas loin, et qui toujours nous revient d'entre les mo(r)ts. Est-ce son côté Dorian Gray de la pop française ? Toujours est-il que Daho n'est jamais aussi vivant que quand on le croît clamsé. En 1995, alors qu'il est en exil artistique à Londres, on l'annonce mort du sida. Il revient en Saint Etienne Daho – en duo avec le groupe britannique Saint Etienne pour un EP baptisé Réséréction

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Trésor National

MUSIQUES | Si The National n'est pas le meilleur groupe du monde – méfions-nous, ce n'est pas impossible – il en est le plus fascinant. Oscillant entre blizzard glacé du détachement et orages de chaleur humaine, et trouvant au milieu un chemin de croix rock de toute beauté. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 15 juillet 2014

Trésor National

«Si les National étaient noirs, ce serait du blues. Mais c’est du cafard à la mie de pain blanc, spleen vieille Europe déracinée» écrivait l'an dernier ce brave Bayon à l'occasion de la sortie du déceptif (pas pour lui) Trouble Will Find Me. C'était aussi le cas de Joy Division, gang de blues blafard au groove épileptique dépigmenté par l'atmosphère grassement grise d'une Manchester pas encore Mad. Coincée sur la route du blues entre Chicago, Léviathan du Midwest, Saint-Louis, la porte d'entrée de l'Ouest, et le Nord-Est industriel, Cincinnati, ville natale de The National, n'a rien à envier à la cité de briques des Midlands – ce nœud fluvial a perdu la moitié de ses habitants en soixante ans du fait de l'avènement du rail. C'est une très jolie ville où personne ne va jamais et où il vaut mieux aimer le baseball. Pas le genre à valider des destins donc. De Cincinnati, rapidement évacuée à l'heure des études, d'abord par Matt Berninger et Scott Devendorf, puis par leurs cadets, Bryan Devendorf et ses potes les jumeaux Dessner, les National ont ramené un élan mauss

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Vanessa Paradis revient aux Nuits de Fourvière

MUSIQUES | Après une première date à guichet fermé, Vanessa Paradis aurait dû se produire une seconde fois aux Nuits de Fourvière en compagnie des musiciens du (...)

Benjamin Mialot | Mardi 24 juin 2014

Vanessa Paradis revient aux Nuits de Fourvière

Après une première date à guichet fermé, Vanessa Paradis aurait dû se produire une seconde fois aux Nuits de Fourvière en compagnie des musiciens du Conservatoire à Rayonnement Régional - et de son compagnon et chef d'orchestre d'un soir Benjamin Biolay. C'était compter sans la gronde des intermittents qui, de mystérieuses promotions du premier album de The XX en journées de grève, entraina l'annulation de ce retour. Bonne nouvelle, Vaness' revisitera bel et bien une seconde fois ses Love Songs aux Nuits de Fourvière : ce sera le 27 juillet à 21h30. A croire que les histoires d'amour ne finissent pas toujours mal. Les billets seront en vente à partir du 27 juin à 11h.

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Quand la ligne prend corps

SCENES | A propos du tracé et du dessin, le philosophe Jean-Luc Nancy écrit : «C'est la trace d'un mouvement qui ouvre une différence des lieux et qui l'inscrit avec (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 juin 2014

Quand la ligne prend corps

A propos du tracé et du dessin, le philosophe Jean-Luc Nancy écrit : «C'est la trace d'un mouvement qui ouvre une différence des lieux et qui l'inscrit avec son rythme, son allure : une ligne, c'est-à-dire une incision, un écartement, un élan et une échappée». On entend là toutes les résonances que le dessin peut avoir avec la chorégraphie, cette "graphie" des corps. Dernièrement, Mathilde Monnier, François Verret, Trisha Brown, Benoît Lachambre se sont inspiré de ces échos dans leurs pièces. La chorégraphe canadienne Marie Chouinard (dont on avait vu le très beau Sacre du printemps lors d'une Biennale de la danse à Lyon) adapte, elle, les dessins et le poème d'Henri Michaux contenus dans le livre Mouvements. Ballet en un acte, Henri Michaux : Mouvements fait danser ces «mouvements à jets multiples, fête des taches, gammes des bras» avec, en arrière-plan, une projection des dessins du poète. Cette pièce sera jouée aux Nuits de Fourvière (les 30 juin et 1er juillet à l'Odéon) avec Gymnopédies, autre ballet pour douze danseurs articulé autour de la figure et des transformations du duo, sur les musiqu

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Pas de Nuits de Fourvière lundi 16 juin

CONNAITRE | Jusqu'ici épargnées par la grève des intermittents du spectacle, les Nuits de Fourvière se voient contraintes d'annuler la représentation des trois spectacles (...)

Benjamin Mialot | Dimanche 15 juin 2014

Pas de Nuits de Fourvière lundi 16 juin

Jusqu'ici épargnées par la grève des intermittents du spectacle, les Nuits de Fourvière se voient contraintes d'annuler la représentation des trois spectacles programmés demain, à savoir le concert de Vanessa Paradis avec l'Orchestre du CCR, la première d'Ignorance du Old Trout Puppet Workshop et celle de War & Breakfast par les élèves de l'ENSATT. Voici le communiqué que le festival nous a fait parvenir. Aujourd’hui à 13h, les personnels intermittents sous contrat aux Nuits de Fourvière, ont voté leur participation au mouvement national de grève du 16 juin. Le résultat de cette élection à bulletin secret avec une liste de 77 électeurs est le suivant : 80, 5% ont voté pour la grève, 14, 3% ont voté contre la grève, 5, 2% ont voté blanc. En conséquence, les Nuits de Fourvière ne seront pas en mesure de présenter les trois spectacles prévus ce même 16 juin, à savoir le concert de Vanessa Paradis avec l’Orchestre du Conservatoire à Rayonnement Régional sous la direction musicale de Benjamin Biolay au Grand Théâtre et les représentations d’Ignorance par la compagnie canadienne Old Trout Puppet Workshop au Théâtre Nouvelle

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«Une nouvelle étape»

SCENES | Le hip-hop a ses classiques. La preuve : le pionnier Mourad Merzouki propose aux Nuits de Fourvière "Répertoire #1", patchwork d'une partie de ses créations et de celles de ses camarades Bouba Landrille Tchouda, Kader Attou, Anthony Égéa et Marion Motin. A quelques heures d'une représentation de "Boxe Boxe" à Londres, il revient pour nous sur son art et sa transmission. Propos recueillis par Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 17 juin 2014

«Une nouvelle étape»

Il y a vingt ans quand on parlait de hip-hop, on nommait un phénomène de mode. Aujourd’hui c’est une danse à part entière. Le titre de votre nouvelle création, Répertoire, est à cet égard des plus limpides...Mourad Merzouki : Oui, il s’est passé plein de choses, des créations ont marqué le paysage chorégraphique français et ont été vues par un public très large. Je trouve que c’est important de valoriser ce répertoire-là, de voir ce qu’il a apporté et généré dans le monde de la danse. On oublie vite que le hip-hop peut être regardé, encouragé, soutenu comme n’importe quelle autre danse. Ce spectacle est aussi une façon de regarder devant nous pour continuer ce chemin. On pose une nouvelle étape.  C’est un spectacle que vous avez conçu sans pause. Comment l’avez-vous construit avec les autres chorégraphes ?J’ai choisi treize extraits de spectacles. Ensuite, l’idée est de faire en sorte que le spectateur puisse passer d’une écriture à une autre sans qu’il y ait un rideau, un entracte ou une quelconque interruption entre les chorégraphies. Je vais donc proposer un travail de création avec un fil rouge d’une pièce à l’au

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Le plus grand cabaret du monde

SCENES | Pour sa troisième invitation aux Nuits de Fourvière, la compagnie australienne Circa revisite l'univers fantasmagorique du cabaret. Ça s'appelle Beyond, et ça va effectivement bien au-delà de l'encanaillement pailleté. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 juin 2014

Le plus grand cabaret du monde

La fin de saison sera froufroutante ou ne sera pas. Après le fantasque et quasi testamentaire Et pourquoi pas la Lune ? de Cédric Marchal et tandis que les girls girondes de Tournée font tournoyer leurs tétons aux Célestins , c'est au tour de Circa de s'emparer de la dinguerie et de la volupté du cabaret avec Beyond. La compagnie australienne part av

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Haut en couleurs

SCENES | Une maison, des lumières éclatantes qui disparaissent ou surgissent d’un fond de scène tantôt bleu ciel tantôt noir : d'emblée, dans Zinnias, the Life of Clementine (...)

Nadja Pobel | Mardi 3 juin 2014

Haut en couleurs

Une maison, des lumières éclatantes qui disparaissent ou surgissent d’un fond de scène tantôt bleu ciel tantôt noir : d'emblée, dans Zinnias, the Life of Clementine Hunter, tout Bob Wilson est là. Plus heureux, moins conceptuel que la plupart de ses spectacles, cet opéra en un acte pour onze comédiens est un retour à sa première rencontre avec une artiste. Bob Wilson a douze ans lorsqu’en vacances en Louisiane, lui le Texan, visite la plantation de Melrose à Natchitoches. Il y croise Clementine Hunter, peintre autodidacte qui s’inspire dans ses toiles de son travail quotidien dans la solitude des champs de coton et dont les tableaux très colorés (un des plus fameux est justement intitulé Zinnias) sont aujourd’hui exposés dans de nombreux musées américains, dont le National Museum of African-American History and Culture qui ouvrira en 2015 à Washington – une reconnaissance que retranscrit la dernière partie du spectacle. Au-delà de l’histoire singulière de cette femme, interprétée par Carla Duren, Bob Wilson en profite pour évoquer deux siècles de musique afro-américaine. Blues, rock mais aussi gospel habitent ainsi cette création donnée pour la première

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Vanessa Paradis se dédouble à Fourvière

MUSIQUES | Rapidement complet, le concert de Vanessa Paradis (et Benjamin Biolay à la direction musicale) aux Nuits de Fourvière ne restera pas sans suite : elle (...)

Benjamin Mialot | Lundi 19 mai 2014

Vanessa Paradis se dédouble à Fourvière

Rapidement complet, le concert de Vanessa Paradis (et Benjamin Biolay à la direction musicale) aux Nuits de Fourvière ne restera pas sans suite : elle reviendra au Grand Théâtre lundi 16 juin. Ouverture de la location à partir du jeudi 22 mai, 11h.

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Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

CONNAITRE | 65 spectacles, 170 levers de rideau, des rendez-vous au TNG, à Gadagne ou à la Maison de la danse : les Nuits de Fourvière s'annoncent plus foisonnantes que jamais. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 13 mars 2014

Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

L'an passé, nous saluions le starpower de la soixante-huitième édition des Nuits de Fourvière. Maintenant que nous connaissons la teneur de la soixante-neuvième, nous voilà contraints de revoir notre jugement à la baisse : en termes d'éclat et de densité, la programmation de 2014 est à celle de 2013 ce que la Grande Nébuleuse d’Andromède est à la Voie Lactée. Le principal artisan de ce saut hyperspatial qualitatif n'est autre que Richard Robert, transfuge des Inrockuptibles qui semble avoir avoir définitivement trouvé ses marques de conseiller artistique. Impeccablement équilibré entre reconnaissance de phénomènes franco-belges (Phoenix,  Fauve et Stromae), concerts événementiels (un hommage à Robert Wyatt, Benjamin Biolay qui dirigera un orchestre pour sa nouvelle muse, Vanessa Paradis), rappels de la suprématie de la pop d'outre-Manche (le collectif multimédia Breton, Damon Albarn pour son premier album solo, Franz Ferdinand, Miles Kane), passages ob

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Fauve aux Nuits de Fourvière

MUSIQUES | Alors qu'il est en passe de remplir une vingtaine de fois le Bataclan, on apprend que le phénomène Fauve (dont nous avions causé à l'occasion de sa première (...)

Benjamin Mialot | Mardi 4 février 2014

Fauve aux Nuits de Fourvière

Alors qu'il est en passe de remplir une vingtaine de fois le Bataclan, on apprend que le phénomène Fauve (dont nous avions causé à l'occasion de sa première incursion en terres lyonnaises), dont le premier album vient de sortir, se produira aux Nuits de Fourvière dimanche 15 juin. Il rejoint ainsi Etienne Daho, Phoenix, les Pixies et Stromae, premières têtes d'une affiche musicale qui s'annonce colossale.

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Jeux de piste

SCENES | Le nouveau cirque n'est pas qu'un produit d'appel. C'est le constat qui s'imposait au terme de la saison 2012/2013, plutôt époustouflante en la matière. C'est le même qui se dessine en creux des plaquettes estampillées 2014. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 5 septembre 2013

Jeux de piste

Politique et contracté (Propaganda, par les punks d'Acrobat), tendre et intimiste (Pour et le meilleur et pour le pire, du Cirque Aïtal), souple et détendu (Nuage, avec Mathurin Bolze et Yoann Bourgeois), freaky et inquiétant (

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Sans laisser de traces

ECRANS | De Grégoire Vigneron (Fr, 1h35) avec Benoît Magimel, François-Xavier Demaison…

Christophe Chabert | Jeudi 4 mars 2010

Sans laisser de traces

Le tandem Vigneron / Tirard responsable du "Petit Nicolas" nous vend un thriller qui se voudrait immoral, mais qui est surtout très bête. Résumons : un futur PDG, presque self-made-man (il a quand même épousé la fille du patron), a des remords. Le produit qui a fait sa gloire au sein de l’entreprise repose sur un brevet spolié à un petit inventeur. Pensant aller le dédommager pour régler ses problèmes de conscience, il finit par le buter avec l’aide d’un ancien pote loser. Le reste est à l’avenant de ce début branlant : mou comme de la chique, reposant sur un casting improbable (Magimel, comme absent à lui-même, et Demaison, qui est loin de savoir tout jouer…), des dialogues affreux et surtout, un parfait connard en guise de protagoniste, qui blâme le monde entier de la médiocrité de ses actes sans jamais se remettre en question. Son apologie de la «chance» ressemble en fait à un plaidoyer pour un monde décomplexé face à l’argent, au crime, à la goujaterie, etc. CC

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Dance Machines

MUSIQUES | Repères / Avant les Klaxons, la dance music a plusieurs fois chatouillé le rock anglais. Souvent depuis la terre Sainte de Manchester. Exemples. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 7 mars 2007

Dance Machines

New Order Après Movement (1981) qui répand encore les cendres froides de l'ancien groupe des Mancuniens, Joy Division, New Order se tourne d'un coup vers la vogue de l'électro-pop, une musique glacée et sucrée qui fait frétiller à coups de synthés. La légende raconte qu'une erreur de branchement d'un synthétiseur produisit ce son saccadé caractéristique entendu pour la première fois sur le single Eveything's gone green puis sur le révolutionnaire Blue Monday (1983). Pendant plus de dix ans, New Order réussira l'exploit considérable de faire danser puristes new wave et lecteurs de Sylvia Plath. Avant un retour fracassant (et très rock) en 2001 via Get Ready. Happy Mondays Fin des années 80 : quand ils ne vendent pas toutes les drogues possibles dans les clubs de Manchester, les Happy Mondays occupent leur temps très libre à mélanger tous les morceaux entendus lors de leurs transactions nocturnes. Basse funky, chœurs gospels, guitares pop, voix branleuses, intenables rythmes house ou world, les Mondays se retrouvent aux commandes d'une des plus redoutables machines à groove de l'Histoire. Et passent en un temps record du statut de dealer à celui de leader (avec les Stone Roses

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Glandeurs et décadence

MUSIQUES | Musique / Sensation anglaise de la saison, les Klaxons ont choisi le Kao pour annoncer la fin du monde avec Myths of the near future, fusion rigolarde et millénariste. Entre cauchemar new wave et rave en couleur. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 7 mars 2007

Glandeurs et décadence

Le futur, c'est déjà tout de suite. Alors qu'on ne cesse de nous alarmer à coups de docu-fictions et de rapports d'experts sur ce que sera notre vie dans un avenir plus ou moins proche (60° à l'ombre, de l'eau jusqu'aux genoux, une retraite de misère et même plus de pétrole pour donner du goût aux chewing-gums anti-tabac), un trio de zozos anglais baptisé Klaxons débarque avec un album annoncé comme le futur du rock anglais. Son titre : Myths of the Near Future, emprunt à l'écrivain d'anticipation JG Ballard. Derrière le collage surréaliste qui orne la pochette et l'élan prophétique qui l'accompagne, on ne peut s'empêcher d'y voir un pied de nez à cette tendance dure du rock anglais dont nous avons déjà parlé : cette propension à prophétiser l'avenir, à inventer et mythifier trois fois par semaine des courants aux noms fumeux (grebos, twee-pop, shoegazing...), plus éphémères que des papillons de réverbères, et annonçant généralement le retour d'un improbable messie rock garant d'un nouvel âge d'or. Choisir la vie Époque oblige, les Klaxons, nés entre Londres et Stratford-upon-Avon, patrie de Shakespeare, ont été, comme d'autres avant eux (Arctic Monkeys en tête) révélés par le s

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