Valérie Marinese fait grand bruit à l'Elysée

Nadja Pobel | Mardi 7 avril 2015

La jeune metteur en scène (et actrice, notamment dans Mort d'un commis voyageur de Claudia Stavisky en 2012) Valérie Marinese n'en est pas à sa première rencontre avec le théâtre britannique contemporain. Par le passé, elle s'est déjà confrontée à Edward Bond et Sarah Kane. Mieux, elle avait joliment adapté il y a deux ans Bouh ! de Dennis Kelly, auteur méconnu de ce côté-ci de la Manche.

La voilà qui se penche sur Matt Hartley, 35 ans et déjà auteur pour la Royal Shakespeare Company. Hartley et Kelly ont en commun de décrire sans faux-semblant la jeunesse violente (et violentée) d'une Angleterre peu amène avec ses ressortissants. Ici, un couple déchiré par la perte de son enfant adopte une ado agitée, des amis bourrés causent la mort accidentelle d'un gamin et un homme bat sa femme. Trois situations que Hartley lient d'une façon aussi impressionnante que poignante : avec un langage dur, sans fioriture, parfois vulgaire, qui saisit sur le vif son pays mal en point.

Que faire d'une telle virulence ? Valérie Marinese répond en laissant les seize élèves de deuxième année de l'école de théâtre Arts en scène déployer une série quasi ininterrompue de cris. Mais à trop forcer le jeu deux heures durant, le texte se perd, pour ne gagner en intensité que dans les rares moments de répit des protagonistes – la nécessité inhérente à l'exercice d'école de doubler chaque rôle pour offrir un temps de jeu à tous se révelant au passage assez cruelle pour certains.

Restent de très belles idées de mise en espace, comme ces photos d'intérieurs d'appartements projetées sur les murs blancs, qui offrent une profondeur inédite aux propos d'un auteur à découvrir d'urgence.

Nadja Pobel

Brûler des voitures
A l'Élysée jusqu'au samedi 11 avril


Brûler des voitures

De Matt Hartley, ms Valérie Marinese, par les élèves d'Arts en Scène.
Théâtre de l'Élysée 14 rue Basse-Combalot Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Pendant que les enfants jouent...

SCENES | En mettant en scène "Bouh !" de Mike Kenny, auteur majeur mais peu joué en France du théâtre anglais contemporain, Valérie Marinese s'appuie non seulement sur un texte rude, bouleversant et tout en finesse, mais elle lui donne aussi magnifiquement chair grâce à des acteurs tous constamment justes. Une des plus belles surprises de la saison. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 18 novembre 2013

Pendant que les enfants jouent...

Il s'appelle Bouh, comme une onomatopée d'enfant qui joue à faire peur. Comme, aussi, la petite fille d'un des meilleurs films Pixar, Monstres et cie, qui ne se laisse pas impressionner par la joyeuse armée de bestioles censée l'effrayer. Bouh, c'est ici un adulte (incarné par Luc Chareyron, impeccable) resté enfant, coincé dans une forme d'autisme, dont son frère s'occupe quand il rentre du travail. Nous sommes en Angleterre, dans une de ces banlieues oubliées par Thatcher et ceux qui l'ont suivi. Entre deux immeubles, des gosses jouent avec ce qu'ils peuvent : une balançoire, un ballon, un tas de sable. Un jeune ado a pour ordre de son père de ne pas lâcher sa petite sœur du regard, car sont placardés sur les murs des avis de recherche d'une certaine Kelly Spanner. Qui l'a enlevée ? Qu'est-elle devenue ? Bouh, sans jamais être nommément accusé, a tout du coupable idéal. La grande force du travail de Valérie Marinese, qui continue son exploration d'un théâtre anglais contemporain d'une vitalité sans égal, est de livrer un spectacle très direct. Sans fioriture inutile, sans nimber la pièce d'un mystère po

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Avignon - Jour 2 - Tous azimuts

SCENES | "Ping Pang Qiu", "Orphelins" et "Concerto pour deux clowns".

Nadja Pobel | Vendredi 12 juillet 2013

Avignon - Jour 2 - Tous azimuts

Il nous a fallu laisser Angelica Liddell sur le côté pour enfin attaquer le Off du festival. Mais l'Espagnole n'est pas du genre qu'on oublie : récemment, son texte Belgrade avait résonné d'une manière absolument bouleversante au Théâtre des Ateliers,  grâce au collectif La Meute, et nous attendons depuis que cette création soit diffusée pour vous en parler plus longuement. À Avignon, elle met en scène ses propres textes, dont Ping Pang Qiu, dont le nom fait référence à la "diplomatie du ping-pong" - un échange de joueurs entre la Chine et les États-Unis dans les années 70, grâce auxquels les deux pays entretiennent depuis de bons rapports économiques, tant qu'il n'est pas question de droits de l'homme. Un travail documentaire à quatre voix, parfois trop délirant (le final où tout le monde se jette des nouilles chinoises à la figure) mais bien souvent instructif et intransigeant avec une Chine plus aimée que dénoncée.  De son côté, la comédienne Valérie Marinese, déjà aperçue au Théâtre de l'Elysée à Lyon joue dans Oprhelins, une très bonne pièce d'un dramaturge anglais contemporain, Den

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Avis de suicide

SCENES | Deux ans après son passage au Théâtre de l’Élysée, la comédienne et metteur en scène Valérie Marinese revient avec "4.48 Psychose" de Sarah Kane au Théâtre Les Ateliers. Un spectacle noir qui sert d’écrin (tragique) à une performance d’actrice. Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 19 mars 2012

Avis de suicide

Les œuvres de Sarah Kane souffrent de ce que l’on pourrait appeler le «syndrome Lagarde et Michard». Difficile en effet de ne pas voir dans 4.48 Psychose un avis de suicide de son auteur, qui mettra fin à ses jours en se pendant dans un hôpital, à 28 ans, quelques semaines après avoir mis un point final à l’écriture de sa pièce. C’est cette rencontre d’une psychose suicidaire avec le «corps» médical que relate 4.48 Psychose. Valérie Marinese, comédienne et metteur en scène, choisit de raconter cette expérience médicale comme on rend compte d’un combat. Sur le sol, on a peint un simple carré blanc, dernier refuge avant la disparition des frontières entre vie réelle et vie imaginée peut-être, mais aussi ring qui se salit, se délite, qui déborde et où la comédienne s’affronte à elle-même et à un psychiatre, incapable de lui venir en aide dans son costume blanc immaculé. Dans cette lutte sans fin, où les points se comptent en longues prescriptions médicamenteuses, Valérie Marinese semble sans cesse tester ses propres limites et celles des spectateurs, qu’elle installe dans un inconfort permanent. L’heure du crime La grande qualité de Valérie Marin

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