Cyrano à tour de rôles

Nadja Pobel | Mardi 11 février 2020

Photo : © DR


Huit acteurs, un tirage au sort, 1 677 216 possibilités : l'équipe du Collectif BIS, qui présente les trois premiers actes de Cyrano du 11 au 14 février au NTH8, a le sens du teasing mais pas seulement. Car cette troupe a appris tout le texte d'Edmond de Rostand et c'est le public qui chaque soir va tirer au sort la partition de chacun. Pour l'avoir déjà vue, cette méthode qui suppose un travail colossal est aussi une façon d'aller au plus près de la littérature tant elle est malaxée. Une véritable expérience où le collectif est le tout, y compris le metteur en scène.


Cyrano Bis

Par le collectif Bis. Huit acteurs, sans metteur en scène, connaissent tous par cœur le texte de Cyrano de Bergerac. Le public tire au sort chaque soir la distribution
NTH8 22 rue du Commandant Pégout Lyon 8e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Cyrano Bis

Par le collectif Bis. Huit acteurs, sans metteur en scène, connaissent tous par cœur le texte de Cyrano de Bergerac. Le public tire au sort chaque soir la distribution
NTH8 22 rue du Commandant Pégout Lyon 8e
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Il était une fois Cyrano

Reprise | De même que la pièce de Rostand constitua le chef-d’œuvre et l’apogée du théâtre romantique bien après le règne du genre, l’adaptation cinématographique que (...)

Vincent Raymond | Mardi 16 octobre 2018

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De même que la pièce de Rostand constitua le chef-d’œuvre et l’apogée du théâtre romantique bien après le règne du genre, l’adaptation cinématographique que Jean-Paul Rappeneau signa de Cyrano de Bergerac (1990) marqua le triomphe d’un classicisme respectueux et d’une “qualité française” à nouveau digne de ce nom. Dix César sanctionnèrent ce film reprenant la presque intégralité des vers originaux et propulsèrent Depardieu de Cannes à Hollywood — l’Oscar lui échappa, à la suite d’une campagne médiatique révélant qu’il avait assisté enfant à un viol. Alors que ressort en DVD dans une version restaurée l’intégrale de l’œuvre du cinéaste, il faut profiter de chaque occasion offerte de revoir ses films héroïques et fantaisistes sur grand écran. Cyrano ne fait évidemment pas exception. Cyrano de Bergerac Aux Pathé Bellecour & Vaise ​le jeudi 25 octobre à 20h

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SCENES | Sur un sujet ardu et grave, le Collectif Bis signe un spectacle épatant et débordant d’une énergie noire. "Stalking", ou comment faire du harcèlement le terreau d'un art extrêmement vivant. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 24 janvier 2014

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Soudain, la comédienne Chloé Giraud agrandit la scène du théâtre des Clochards Célestes. Déboulant d’une fenêtre à cour, elle bondit sur le plateau au son de It’s Raining Again de Supertramp et danse, danse, danse, de manière saccadée et surexcitée. Une parenthèse libératrice dans une existence rythmée par un homme qu’elle a quitté et qui tambourine comme un fou à sa porte – là aussi, les coulisses du lieu sont utilis"es. D’emblée le ton est donné : vif mais inquiétant. De toute évidence, quelque chose dysfonctionne. Et pour cause, le Collectif Bis a travaillé sur le phénomène du stalking, forme de harcèlement psychologique qui peut conduire à l’agression physique, voire à l'assassinat. Les artistes ne tirent toutefois jamais un théâtre documentaire ou, pire, pédagogique, de ce sujet douloureux. Il n'est d'ailleurs pas exposé tout de suite, mais se dévoile au fur et à mesure du déroulé de la pièce. C’est là toute la force de ce travail : ce sont les qualités de chacun qui donnent peu à peu du relief au thème, pas l'inverse. Infiltration Que voit-on ? Une attention portée à l’esthétique, tout d’abord. Du vert dans chaque costume notamme

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Ça lui pendait au nez

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Nadja Pobel | Jeudi 6 juin 2013

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Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse, dit le proverbe. À trop monter Cyrano, le public s'en lasse, pourrait-on ajouter. Car ce n’est pas de chance : à Lyon, il était possible d’entendre deux fois en quatre jours le somptueux texte d’Edmond Rostand. Et à l'inévitable jeu des comparaisons, il y a toujours un perdant et un gagnant. Aux Célestins dans une version dépouillée située en hôpital psychiatrique, dirigé par Dominique Pitoiset, Philippe Torreton, marcel sur le dos et crâne rasé, était un sublime Gascon, sans épée mais constamment en action, et la pièce une synthèse impeccable et très émouvante entre hier et aujourd’hui, soulignée d'extraits musicaux savamment distillés, jusqu'à un final bashungien inoubliable. Sur la scène de l’Odéon à Fourvière, dans un environnement certes magnifique mais plus vaste et difficile à dompter qu’un théâtre à l’italienne, Patrick Pineau campe avec un talent indéniable le personnage au nez proéminent, au début avec une certaine distance, puis de plus en plus imprégné par le rôle. Georges Lavaudant, dont on a tant aimé ses Chapeau de paille d’Italie

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L’amour fou

SCENES | Deux heures trente qui passent comme une lettre à la poste : le "Cyrano de Bergerac" mis en scène par Dominique Pitoiset et interprété par Philippe Torreton est une réussite éclatante, qui redonne ses lettres de noblesse au théâtre de répertoire. Aurélien Martinez

Benjamin Mialot | Jeudi 16 mai 2013

L’amour fou

Les plupart des grands textes, dont on nous assure à longueur de plaquette qu’ils sont toujours d’actualité (façon de justifier des choix souvent guidés par de simples soucis de remplissage – oui, Molière, Shakespeare & co déplacent encore les foules), sont de véritables machines à jouer. Les prendre tel quel aujourd’hui est une excellente manière de les transmettre au public. Le metteur en scène Dominique Pitoiset livre ainsi un Cyrano de Bergerac savoureux car défendu par des comédiens investis, avec au centre un Philippe Torreton royal et magistral. Refusant le grandiloquent auquel certains interprètes de Cyrano nous ont habitué (dont l’inoubliable Depardieu dans le film de Jean-Paul Rappeneau), il donne à son personnage, ce grand amoureux qui se sacrifiera justement par amour, une humanité touchante, tout en accentuant avec panache son côté cabotin lettré. Une performance captivante. Balcon 2.0 Car il y a dans ce spectacle une véritable envie d’attraper le public pour l’emmener dans les arcanes du très savoureux texte d’Ed

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Depardieu, évidemment…

ECRANS | Entretien / Jean-Paul Rappeneau, cinéaste rare, précieux et exigeant, présentera au troisième festival Lumière la copie restaurée du Sauvage et, pour la séance de clôture, celle de Cyrano de Bergerac, en hommage à Gérard Depardieu, Prix Lumière 2011. Propos recueillis par Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Vendredi 30 septembre 2011

Depardieu, évidemment…

L’année dernière vous êtes venu présenter La Vie de château avec Pierre Lhomme, votre chef opérateur, au festival Lumière. Quelles avaient été vos impressions ?Jean-Paul Rappeneau : J’en garde un souvenir magnifique. Ni moi, ni Pierre Lhomme n’avions vu le film depuis longtemps, en tout cas pas en salles. Se retrouver avec un public très nombreux, notamment beaucoup de garçons et de filles qui ne l’avaient jamais vu parce qu’ils étaient trop jeunes, et qui à la fin applaudissent longuement, c’était formidable. En plus, cette année, avec l’hommage à Gérard Depardieu, Cyrano de Bergerac va être projeté dans la Halle Tony Garnier ; du coup, je vais venir avec un de mes petits-fils de 8 ans, et j’ai hâte de voir la tête qu’il va faire quand il verra le film dans cette salle ! Vous avez deux actualités pendant le festival : cette projection de Cyrano, et la copie restaurée du Sauvage. Comment avez-vous été associé à cette restauration ?Le négatif original du Sauvage avait été abîmé parce qu’on avait tiré trop de copies, et il n’était plus possible d’en tirer d’autres. Pour préserver le film, il fallait restaurer.

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