Métropole de Lyon : bras de fer entre Véronique Sarselli et Jean-Michel Aulas

Publié Vendredi 12 juin 2026

Affaire Roman Abreu / La présidente du groupe Grand cœur lyonnais à la Métropole de Lyon a demandé jeudi à Jean-Michel Aulas, Emmanuel Imberton et Laure Cédat de se retirer de leurs fonctions de vice-présidents. Une demande formulée au nom du "respect de la victime présumée" dans l'affaire visant Roman Abreu, conseiller politique de l'ancien président de l'OL pendant la campagne municipale.

Photo : Véronique Sarselli et Jean-Michel Aulas lors des élections métropolitaines et municipales le dimanche 15 mars 2026 © LS/LePetitBulletin

Jean-Michel Aulas, Emmanuel Imberton et Laure Cédat refusent de se mettre en retrait. Réunis jeudi soir avec les élus du groupe Grand cœur lyonnais à la Métropole de Lyon, les trois vice-présidents ont rejeté la demande formulée par Véronique Sarselli, présidente du groupe, qui souhaitait leur retrait de l'exécutif métropolitain dans le contexte de l'affaire Roman Abreu. Une prise de position qui marque une rupture avec Jean-Michel Aulas, dont elle avait soutenu la candidature aux élections municipales de Lyon et qu'elle avait ensuite contribué à faire élire premier vice-président de la Métropole.

Le conseil métropolitain pourrait être amené à se prononcer

Plus tôt dans la journée, Véronique Sarselli les avait reçus séparément pour leur demander de se mettre en retrait de leurs fonctions. Une proposition écartée par les trois élus. Le sujet a ensuite été porté devant les membres du groupe Grand cœur lyonnais lors d'une réunion organisée jeudi soir. Dans un communiqué publié à l'issue de cette dernière, le groupe Grand cœur lyonnais, présidé par François-Noël Buffet, a apporté son soutien à Véronique Sarselli.

La présidente du groupe estime que cette mise en retrait est nécessaire « en respect de la victime présumée et de l'institution qu'ils représentent », invoquant « la gravité des accusations » visant Roman Abreu, conseiller politique de Jean-Michel Aulas durant la campagne des municipales lyonnaises.

Dans un communiqué diffusé plus tôt dans la journée à l'AFP, Jean-Michel Aulas et Laure Cédat avaient refusé cette demande. « Nous ne pouvons accepter cette demande de retrait (...) Nous ne sommes ni mis en cause, ni impliqués dans la procédure judiciaire en cours », écrivaient-ils. 

Véronique Sarselli dispose désormais d'un moyen de pression limité. Véronique Sarselli peut retirer les délégations de Jean-Michel Aulas, Emmanuel Imberton et Laure Cédat. Une telle décision ne les priverait pas automatiquement de leur qualité de vice-présidents. Le conseil métropolitain devrait alors se prononcer sur leur maintien ou non dans ces fonctions. Pour rappel, Jean-Michel Aulas est premier vice-président chargé du rayonnement, des partenariats métropolitains et des grands projets. Emmanuel Imberton est troisième vice-président en charge de l'économie, de l'emploi et de l'insertion professionnelle. Laure Cédat est huitième vice-présidente déléguée à la culture.

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Une plainte pour viol visant Roman Abreu

Une crise politique qui trouve son origine dans les révélations de BFM Lyon publiées mercredi. Le média a révélé mercredi 10 juin qu'une ancienne membre de l'équipe de campagne de Jean-Michel Aulas avait déposé une plainte pour viol contre Roman Abreu, directeur de campagne et conseiller politique du candidat.

La plainte, déposée le 13 mai, évoque des faits qui se seraient déroulés dans la nuit du 8 au 9 janvier. La jeune femme affirme avoir été victime d'une soumission chimique avant de se réveiller dans une chambre de l'hôtel Intercontinental de Lyon où séjournait Roman Abreu.

Par l'intermédiaire de son avocate, Me Cosima Ouhioun, ce dernier conteste les accusations et affirme se tenir à la disposition de la justice rapporte l'AFP.

Selon l'avocat de la plaignante, celle-ci aurait signalé les faits dès le mois de février à Jean-Michel Aulas ainsi qu'à plusieurs membres de son entourage politique. L'ancien président de l'OL a confirmé avoir été informé de la situation. Il assure avoir interrogé Roman Abreu, qui lui aurait affirmé que la relation était consentie. Tout en l'écartant des locaux de campagne, il l'a néanmoins maintenu dans ses fonctions jusqu'à la fin de la campagne électorale.