Retour vers le futur

interview / Le Magasin réinvestira la halle Eiffel à la fin du mois de janvier prochain. En prévision de ce retour à la maison, rencontre avec Yves Aupetitallot sur l’aventure du Magasin d’en Face et le futur du Cnac. propos recueillis par VeV

Qu’avez-vous prévu pour les festivités de réouverture du Magasin ?Yves Aupetitallot : 2006 sera l’année des centres d’art. Nous allons donc accueillir pendant deux jours, fin janvier, les professionnels de l’art contemporain pour réfléchir sur la place de l’art en France, les relations que les centres d’art ont avec les artistes, sur la situation du réseau artistique français en Europe… Le Ministre de la Culture sera présent à la fin de ces deux journées de travail pour clore les débats et inaugurer notre première exposition dans la halle Eiffel rénovée.Quel sera le thème de cette première exposition ?Nous avions envie de parler de notre environnement, de Grenoble, de son dynamisme. Il y a une forte présence de l’art contemporain dans la ville et celle-ci a influencé beaucoup de gens, comme Guy Tosatto par exemple. Nous présenterons donc dans les galeries toute une série d’œuvres d’artistes qui ont fait leurs études à l’Ecole d’Art ou qui ont vécu à Grenoble. Parallèlement, nous avons demandé à Michael Craig-Martin, un artiste anglais, de prendre possession de la rue. Et puis il y aura bien sûr quelques festivités le soir de la réouverture…Est-ce que cette période de fermeture a changé votre façon de travailler ?Cette fermeture a eu pour nous un double intérêt. Cela nous a permis de réfléchir sur la perception du Magasin, celle qu’en ont les politiques, le monde de l’art, les acteurs culturels de l’agglomération. Et sur le plan artistique, cela nous a forcé à travailler sur des formats différents, comme notre site web ou la boîte d’exposition. Nous avons rarement la possibilité d’avoir des temps de pause pour réfléchir à nos pratiques. Quand on travaille pour une institution comme le Magasin, il y a des procédures de travail qui existaient avant vous, et que l’on reproduit car ce sont des manières de travailler qui ont déjà été éprouvées. Souvent on finit par ne plus se poser de questions. Cette fermeture a été une vraie chance. Elle nous a forcés à devenir plus souples, à réagir plus rapidement. Comment cela s’est-il traduit ?Par la relance des programmes de conférences, de rencontres. Et puis ces formats nouveaux nous ont conduit à explorer toute une génération d’artistes émergents, avec lesquels nous n’avions pas l’habitude de travailler. Nous avons pu montrer modestement des œuvres d’artistes que l’on n’avait jamais vus en France. C’est quelque chose que nous avons envie de prolonger. Retrouver nos espaces d’expositions va être une étape importante. Nous allons essayer d’installer des formes plus légères à côté des expositions qui sont et resterons des structures plus lourdes. L’exposition de l’été prochain, consacrée aux relations entre l’art et la musique, va nous permettre de tester cela. La fermeture nous a fait redécouvrir notre fonction première, celle de défricheur des pratiques artistiques. Pendant cette période de fermeture, vous avez initié de nombreuses collaborations avec d’autres institutions, allez-vous continuer dans ce sens ?Le Magasin a toujours collaboré avec d’autres lieux, la fermeture a simplement permis une meilleure visibilité de ce travail. Nous avons toujours eu une culture d’ouverture. Et la future transformation du site Bouchayer-Viallet va nous donner l’occasion de nous ouvrir encore plus sur notre environnement.

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