Le monde scientifique au microscope

Débats / Fête de la science et festival Transfo : coup sur coup, deux rendez-vous viennent animer l’agglo grenobloise et permettre à chacun d’étendre sa culture scientifique. L’occasion aussi de débattre de la place de la connaissance dans le monde de demain.

Quelle place pour l’Homme dans son environnement ? Et pour le numérique à l’échelle de la planète ? L’évidence saute aux yeux : il est toujours difficile de dégager un consensus sur ces questions, respectivement placées au cœur des débats de la prochaine Fête de la science (du 2 au 12 octobre en Isère et partout en France) et du troisième festival Transfo (du 8 au 15 octobre, à Grenoble, Annecy, Valence et d’autres villes de la région). La vive tension qui a animé les échanges entre Éric Piolle, maire de Grenoble, une soixantaine d’autres élus et le président de la République au sujet de la 5G démontre qu’elles feront encore l’objet de débats animés. Des discussions possibles lors d’un des nombreux événements de la Fête de la science 2020, consacrée cette année à la relation de l’être humain à la nature. Et donc à celle du scientifique à l’environnement. Bien des domaines de la recherche suscitent des craintes et des interrogations : tel ou tel progrès a-t-il une incidence néfaste sur la planète ? Un chercheur a-t-il toujours conscience de ces problématiques ? Grenoble, ville scientifique par son tissu économique et verte par la couleur politique de son édile, peut apparaître comme un lieu idéal pour poser cette question de la compatibilité entre recherche scientifique et écologie.

Emmanuel Laisné, coordinateur de la Fête de la science à la Casemate, se veut rassurant : « Cela fait longtemps que les scientifiques sont en lien étroit avec la nature. Ce sont même des observateurs particuliers de la dégradation du monde. » L’idée caricaturale d’un savant, enivré par ses découvertes et déconnecté de son environnement, est donc pour lui exagérée : « Les enjeux sont maîtrisés. D’ailleurs, plus la science avance, plus l’humilité des chercheurs grandit. On a beaucoup appris des erreurs du passé. L’écologie est un débat de société dans lequel la science n’intervient qu’objectivement, en livrant des données fiables aux citoyens. À chacun de se forger une opinion, mais il vaut mieux que celle-ci soit basée sur des faits vérifiés. C’est le rôle du scientifique de les fournir. » Des mots qui résonnent particulièrement en 2020, alors que les complotistes, toujours plus nombreux, rejettent la quasi-totalité de la communauté médicale, préférant croire une ou deux figures tutélaires ou extravagantes. « L’enjeu de la Fête de la science est de montrer au public comment fonctionne une démarche scientifique et d'éviter les malentendus. L’an dernier, la thématique portait justement sur les fausses informations », rappelle Emmanuel Laisné. Un principe de transparence qu’illustrent les visites insolites au CNRS : le public pourra directement participer à des expériences. Autre possibilité : la découverte du Laboratoire ouvert grenoblois et des ses ateliers de fabrication d’objets numériques.

Une planète à protéger

Le festival Transfo, dont Grenoble est l’une des villes-hôtes, va lui aussi s'intéresser à la question écologique. Initialement prévu en mars, l’événement démarrera finalement le 8 octobre et, huit jours durant, se penchera sur le numérique. Objectif affiché : « Réfléchir à ce qu’il peut apporter de positif à une planète dont nous devons plus que jamais prendre soin », d’après les termes du communiqué de presse. Dès le deuxième jour, les festivaliers rentreront dans le vif du sujet, avec une table ronde sur les impacts du numérique sur l’environnement, proche donc de la thématique de la Fête de la science. En partant du principe que les technologies digitales sont désormais incontournables, on peut noter, à la suite d'une thématique de Transfo, que « le fonctionnement quotidien des services urbains est de plus en plus dépendant du numérique ». Ce sera l’occasion d’échanges autour des notions de relation d’aide, de résilience et de démarches inclusives.

Pas question de fermer les yeux sur les aspects nuisibles de ces mêmes développements scientifiques. Une association de Lans-en-Vercors est attendue pour parler de la transition écologique et des conséquences d’un usage irraisonné des réseaux numériques. Son postulat : « Les émissions de gaz carbonique dues à Internet dépassent celles générées par le trafic aérien mondial. » Une réflexion sera proposée sur les manières de les réduire et d’utiliser au mieux les ressources disponibles. Non sans optimisme : parmi les conséquences du développement digital, les organisateurs pointent une possible disparition du greenwashing. Leur conviction : le Web, les réseaux sociaux et les applications redonnent du pouvoir à chacun de nous, de même que le pouvoir d’influencer les trajectoires écoresponsables des entreprises. D’autres discussions permettront d’aborder les solutions qu’apporte le numérique pour la gestion du changement climatique dans l’environnement de montagne. En tout, plus de 200 évènements seront organisés sur le sillon alpin. Pas besoin d’être un expert pour y prendre part : parrainé par des entreprises impliquées sur ces sujets, telles Orange et Hewlett Packard notamment, Transfo se veut largement ouvert aux citoyens et entend accorder une attention particulière à la jeunesse. C’est le moins qu’on puisse attendre d’une manifestation soucieuse d’imaginer ce que pourrait être le monde de demain.

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