"La Belle époque" : tout est affaire de décors

Cinema | De Nicolas Bedos (Fr., 1h55) avec Daniel Auteuil, Guillaume Canet, Doria Tillier…

Vincent Raymond | Mardi 5 novembre 2019

Photo : ©2019 Constantin Film Verleih GmbH.jpg


La soixantaine dépressive, méprisé par sa femme, Victor se voit proposer par un ami de son fils de vivre une expérience immersive dans des décors reconstituant l'époque de son choix. Victor choisit de replonger dans sa jeunesse, pile la semaine où il rencontra sa future épouse…

Nicolas Bedos est-il un jeune vieux ? Si Monsieur & Madame Adelman avait dans son projet l'ambition encyclopédique d'embrasser une (double) vie, La Belle Époque (et bientôt OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire, semble-t-il) accrédite(nt) la thèse d'une nostalgie un peu paradoxale pour des années 1970 qu'il n'a pas connues. Se livrerait-on à la psychanalyse de comptoir (avec le personnage de Fanny Ardant, psy reconvertie dans le numérique, on se sent presque autorisé), qu'on y verrait comme un fantasme de résurrection de cette époque où son père, dont il est le clone, régnait au music-hall. Mais laissons cette hypothèse.

À peine un « grand film malade » (pour reprendre le mot de Truffaut), plutôt un Leo McCarey mort-né, La Belle Époque agace parce qu'il tape à côté en gâchant une jolie idée. L'argument central, la "guérison amoureuse“ de Victor, se trouve en effet pollué par une sous-intrigue sentimentale déplaçant le centre de gravité vers l'égotique organisateur des reconstitutions – en clair, le metteur en scène. Même si Bedos ne l'incarne pas, il fait tout pour qu'on ne voie que lui à travers Canet. Déjà mise à mal par la grossièreté du dialogue, l'immense poésie potentielle du sujet est définitivement sabordée par le rappel régulier du coût de la prestation. Eût-elle eu un impact réel sur le déroulement de l'histoire qu'on comprendrait cette insistance obscène ; mais chez de riches oisifs, la péripétie s'avère insignifiante. L'inévitable remake hollywoodien saura sans doute se purifier de ces scories vulgaires pour produire non un simulacre, mais un vrai film d'amour sensible.


La belle époque

De Nicolas Bedos (Fr, 1h55) avec Daniel Auteuil, Guillaume Canet, Doria Tillier...
La Nef 18 boulevard Edouard Rey Grenoble
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"Au nom de la terre" : terre plate

ECRANS | D'Édouard Bergeon (Fr., 1h43) avec Guillaume Canet, Veerle Baetens, Anthony Bajon…

Vincent Raymond | Mardi 24 septembre 2019

Fin des années 1970. Pierre (Guillaume Canet) rentre des États-Unis avec de grands projets pour l’exploitation agricole familiale, qu’il loue en fermage à son père. Quelques années plus tard, étranglé par de trop nombreux investissements, Pierre perd pied. Et la faillite pointe son hideux visage… Connaître l’origine du projet biaise fatalement la réception que l’on peut avoir du film : comment ne pas éprouver de la sympathie pour la démarche du réalisateur Édouard Bergeon, fils du personnage joué par Canet, racontant la tragédie vécue par son père – et, au-delà, celle de milliers d’agriculteurs laminés par le système productiviste, saignés par les crédits et empoisonnés par les produits "phytosanitaires" ? Car à moins d’être du côté de l’agro-business, on ne peut raisonnablement soutenir un modèle qui tue la terre, produit hors-sol, dévoie même les concepts "bio" tout en asservissant les paysans. En prolongeant par une "fiction" (les noms ont été changés, pas les situations) portée par une star, Édouard Bergeon espère sensibiliser un plus large public à cette question. Il le fera sans doute grâce à la force de frappe médiatiq

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"Yves" : robot après tous

ECRANS | Un rappeur en échec se retrouve propulsé au sommet grâce à l’aide de son réfrigérateur intelligent, qui va peu à peu exciter sa jalousie… Une fable contemporaine de Benoît Forgeard sur les périls imminents de l'intelligence artificielle, ou quand l’électroménager rompt le contrat de confiance. Grinçant.

Vincent Raymond | Lundi 24 juin 2019

En galère personnelle et artistique, Jérem (William Lebghil) s’est installé chez sa feue grand-mère pour composer son album. Mentant sur sa situation, il s’inscrit pour devenir testeur d’un réfrigérateur tellement intelligent baptisé Yves qu'il va devenir son valet, son confident, son inspirateur et finalement son rival… Mieux vaut rire, sans doute, de la menace que constituent les progrès de l’intelligence artificielle et le déploiement – l’invasion – des objets connectés dans l’espace intime. D’un rire couleur beurre rance, quand chaque jour apporte son lot "d’innovations" dans le secteur du numérique et des assistants personnels ou de l’agilité des robots androïdes. Sans virer dans le catastrophisme ni prophétiser pour demain le soulèvement des machines décrit par la saga Terminator, mais en envisageant un après-demain qui déchante lié à l’omniprésence de ces technologies ou à notre tendance à tout leur déléguer inconditionnellement. Mister Freezer Yves n’es

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"Nous finirons ensemble" : Guillaume Canet et ses potes encore un peu plus à l’ouest

ECRANS | De Guillaume Canet (Fr., 2h15) avec François Cluzet, Marion Cotillard, Gilles Lellouche…

Vincent Raymond | Mardi 30 avril 2019

Dix ans après l’été maudit qui vit périr l’un des leurs, le groupe d’amis du Cap Ferret des Petits mouchoirs s’est disloqué. Sous l’impulsion d’Éric, ils se retrouvent tous pour célébrer les 60 ans de Max. Or celui-ci, sur le point de vendre sa maison, goûte guère la surprise… On prend les mêmes et on continue en suivant la recette : faire fermenter dans une résidence de nabab émirati ou de milliardaire texan un groupe "d’amis" aux égos hypertrophiés se mesurant la longueur du portefeuille pour savoir qui sera le nouveau mâle alpha de la bande. Fatalement, il faut s’attendre à du combat de coqs. Quand ils en ont le temps, certain·es de ces quadra adulescents pensent (un peu) aux autres. Pas forcément à leurs enfants, ces boulets d’arrière-plan décoratif conservés en cas de nécessité dramatique ; plutôt à la planète le temps d’un couplet fédérateur dans l’air du temps. Ces personnages seraient faits pour être raillés, on souscrirait volontiers. Mais non : il faut les aimer pour leurs "blessures"

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"Qui m'aime me suive !" : désolé, on va partir dans l'autre sens

ECRANS | De José Alcala (Fr, 1h30) avec Daniel Auteuil, Catherine Frot, Bernard Le Coq…

Vincent Raymond | Mardi 19 mars 2019

Parce que son grincheux de mari Gilbert s’obstine à conserver son garage et est fâché avec leur fille depuis qu’elle a convolé, qu’ils sont fauchés, que son voisin et amant a déménagé, Simone quitte le foyer. Pile le jour où le petit-fils débarque. Gilbert, affolé, part à ses trousses... Courses-poursuites poussives, septuagénaires s’escrimant à paraître dix ans de moins, surjeu outré généralisé, accumulation d’enjeux dramatiques éventés évoquant un tout-à-l’égout de pitchs scénaristiques… Est-il bien raisonnable, à l’heure où les plateformes de vidéo en ligne prennent d’assaut le secteur cinématographique, que les salles soient les récipiendaires de médiocrités aussi ineptes ? Même le petit écran, qui jadis leur permettait de trouver une incarnation dans le format téléfilm, semble avoir jeté l’éponge. À raison : un tel objet aurait raison de la meilleure indulgence – pardon, audience. ll y a quelque chose de pathétique à observer des acteurs estimables se livrer à un concours de cabotinage pour tenter de donner quelque intérêt à une comédie. Surtout lorsque leur carrière peut se passer d’un tel pensum. On espère pour eux qu’ils ont tiré du tournage ce que l’

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"Doubles vies" : Olivier Assayas sous les couvertures...

ECRANS | de Olivier Assayas (Fr, 1h48) avec Guillaume Canet, Juliette Binoche, Vincent Macaigne…

Vincent Raymond | Lundi 14 janvier 2019

Dirigeant avec pugnacité et passion une maison d’édition, Alain (Guillaume Canet) s’interroge : sur ses publications – il vient de refuser l’énième opus de son ami nombriliste Léonard (Vincent Macaigne) –, sur l’évolution de son métier à l’heure du numérique, sur le couple qu’il forme avec Séléna (Juliette Binoche), une comédienne de série… Bonne nouvelle : après l’éprouvant Personal Shopper, Olivier Assayas a tourné la page pour évoquer en français deux sujets on ne peut plus hexagonaux : les chassés-croisés amoureux et le milieu du livre – deux passions tricolores qui se croiseront prochainement à nouveau dans Le Mystère Henri Pick de Rémi Bezançon prévu pour le 6 mars. L’approche est habile, car on ne sait en définitive s’il s’agit d’une réflexion profonde sur les mutations des industries culturelles (s’apprêtant, après avoir glissé du monde des lettres à celui des chiffres, à basculer dans celui, binaire, de la digitalisation) pas

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"Le Grand Bain" : des gars des eaux

ECRANS | de Gilles Lellouche (Fr, 2h02) avec Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde…

Vincent Raymond | Jeudi 18 octobre 2018

Chômeur dépressif, Bertrand rejoint un groupe de bras cassés, tous vaguement en déroute personnelle, pour former une très baroque équipe de natation synchronisée masculine. Entraînés par deux ex championnes azimutées, les gars vont se révéler aux autres et à eux-mêmes… Gilles Lellouche réalisateur, ce n’est pas une nouveauté : co-auteur de courts ainsi que d’un long avec son ancien complice Tristan Aurouet (Narco, 2004), il avait aussi participé à la trop inégale (dé)pantalonnade Les Infidèles (2012) avec un autre de ses potes, Jean Dujardin. En revanche, c’est la première fois qu’il se retrouve en solo derrière la caméra pour un long. Si son fidèle Guillaume Canet figure au générique, il n’en est pas le centre de gravité : Le Grand Bain est authentique histoire sur le groupe et la force de l’union. Pas d’un club de quadra friqués pérorant en buvant des huîtres ; plutôt une collection de paumés de la classe jadis moyenne confrontée aux fins de mois difficiles et/ou à

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"L'Amour est une fête" : et ce film, une défaite

ECRANS | de Cédric Anger (Fr, 1h59) avec Guillaume Canet, Gilles Lellouche, Camille Razat…

Vincent Raymond | Mardi 18 septembre 2018

Vous qui entrez dans la salle, abandonnez tout espoir de tomber sur un équivalent à la française de Boogie Night, fameux film de Paul Thomas Anderson. Narrant l’infiltration de deux flics (Guillaume Canet et Gilles Lellouche) dans l’univers des peep-shows et du X en plein dans les années 1980 parisiennes, cet Amour est une fête n’en a ni le rythme, ni la folie. Présente-t-il quelque gravité dramatique, des attraits comiques insoupçonnés ? Pas davantage. Diable… Oserait-il, alors, s’appuyer sur ce décor ou ce contexte favorable pour créer un authentique film érotique doté d’une intrigue ? Pas plus que Yann Gonzalez avec sa (dé)pantalonnade Un couteau dans le cœur : on se trouve en présence de cinéastes qui vendent hypocritement l’idée du soufre, en craignant d’en prononcer le nom, et passent leur film à moquer leurs aînés du cinéma bis ou Z, tout en les pillant et les contrefaisant (mal) à coups de néons roses et de cheveux peroxydés. Ne parlons pas hommage, puisqu'il s’agit de dérision. Il n’y a là ni amour, ni fête ; d’ailleurs, ce n’est ni fait, ni à faire… Seule lumière au tableau : la B.O

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"Amoureux de ma femme" : et Daniel Auteil s’essaya au néo-vaudeville bourgeois

ECRANS | de et avec Daniel Auteuil (Fr, 1h24) avec également Gérard Depardieu, Sandrine Kiberlain, Adriana Ugarte…

Vincent Raymond | Lundi 23 avril 2018

Daniel a invité à dîner son meilleur ami Gérard afin qu’il lui présente, ainsi qu’à sa femme, sa nouvelle compagne. Lorsqu’il découvre sa jeunesse et sa beauté, Daniel se prend à imaginer des choses, sous l’œil de son épouse. Qui n’est pas dupe... Daniel Auteuil signe un film comme on fait plus. Un truc un peu inconscient et naïf, de l’époque où les sexagénaires exhibaient sans complexes leur nouvelle voiture, leur nouvelle montre, leur nouvelle minette, comme autant de gages de succès. Aujourd’hui, on dissimule tout ces "attributs" sous le vocable commun de "bonheurs" – cela fait moins égoïste et moins démon de seize heures. On assume moins que le personnage de Sydney Pollack qui vantait dans Maris et Femmes de Woody Allen (1992) les vertus de sa récente et jeune compagne : « sa bouche ? c’est du velours… » Adapté d'une pièce de Florian Zeller, Amoureux de ma femme raconte peu ou prou la même histoire que Woody Allen, mais corsetée par l’ère du politiquement correct dans un (vaste) appartement parisien, et se sert de l’imaginaire d’un époux rêveur pour fantasmer un adultère. Comme cela, il n’y a pa

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"Le Brio" : laborieux Yvan Attal

ECRANS | de Yvan Attal (Fr., 1h35) avec Daniel Auteuil, Camélia Jordana, Yasin Houicha…

Vincent Raymond | Mardi 21 novembre 2017

Inégal, parfois maladroit, le film à sketches précédent d’Yvan Attal (Ils sont partout) ne méritait pourtant pas de se faire agonir : il riait de l’antisémitisme et des antisémites sans se perdre dans les lourdeurs du film à thèse – et suivait l’exemple des Monty Python, Mel Brooks ou Woody Allen avec, il est vrai, moins de métier. Dommage, donc, que le réalisateur n’ait pas poursuivi dans cette veine et que son nouveau sujet (de société) soit traité sur un mode aussi conventionnel. Dans ce Pygmalion (un film britannique d’Anthony Asquith et Leslie Howard, sorti en 1938, dans lequel un professeur en phonétique parie avec un collègue qu'il peut corriger l'allure et le langage d’une vendeuse pour en faire une femme de la haute société) à la fac, l’équivalent de Higgins est un prof provocateur un brin réac et le pendant d’Eliza une étudiante en droit issue de banlieue, qu’un concours d’éloquence va rapprocher. Mais entre les deux, que de cabotinages et de démonstrations ! Que de professions de foi naïves sur la méritocratie ou l’éthique ! Dans cet emploi de beauf supérieur, Daniel Auteuil se dieupardeuïse, mai

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"Mon garçon" : surprenant Guillaume Canet, même si...

ECRANS | de Christian Carion (Fr., 1h23) avec Guillaume Canet, Mélanie Laurent, Olivier De Benoist…

Vincent Raymond | Mardi 19 septembre 2017

Brusquement rappelé à ses devoirs lorsqu'il apprend la disparition de son fils, un père divorcé et absent mène en parallèle de la police une enquête aussi désespérée que désordonnée. Malgré son désespoir et ses entorses à la loi, ses efforts le mènent à une piste. Sera-t-elle la bonne ? Familier ces dernières années de lourdes fresques historiques, Christian Carion ose ici un dispositif plus expérimental rappelant démarche de Steven Soderbergh pour Full Frontal : il dirige un comédien (Guillaume Canet) tenu à l’écart du scénario (ainsi que de l’ensemble de l’équipe) histoire de miser sur sa spontanéité d’individu plutôt que sur son "métier" d’interprète – le tournage en six jours dans les hauteurs du Vercors ajoutant à son conditionnement psychologique. La démarche, ambitieuse et louable, donne lieu à de surprenantes envolées de Canet qu’on ne supposait pas être aussi physique (sortir de sa zone de confiance, ça a du bon ) ainsi qu’à des séquences difficiles à soutenir pour qui est en empathie avec son personnage. Dommage que l’intrigue policière, bien linéaire, manque de quelques chausse-trapes et fausses pistes : l

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"Cars 3" : sortie de piste

ECRANS | de Brian Fee (É.-U., 1h49) animation

Vincent Raymond | Mardi 4 juillet 2017

Flash McQueen se fait vieux : la nouvelle génération relègue la sienne aux stands, voire à la casse. Bien décidé à montrer qu’il en a encore sous le capot, l’ancien élève de Doc Hudson tente de remettre les gaz aidé par Cruz Ramirez – une coach qui aurait aimé être pilote… Oublié, le deuxième volet à base d’essence d’espionnage frelatée ; retour ici aux fondamentaux : la course, la gomme brûlée et la fascination puérile pour la vitesse – en se livrant à un peu de psychanalyse de comptoir, on tirerait sûrement des choses rigolotes de cette vénération pour les objets polis, aérodynamiques et écarlates majoritairement masculins. À l’instar d’un Rocky Balboa moyen, McQueen doit accepter son déclin et de transmettre le flambeau. Mais de continuer à en remontrer à une bleusaille arrogante. Cette leçon vaut bien un rodage, sans doute, mais elle n’ajoute rien à la gloire de Pixar, dont on espère avec Coco (en novembre sur les écrans) enfin un digne successeur au merveilleux Vice-Versa. Le 2 août

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"Monsieur & Madame Adelman" : ego trip signé Nicolas Bedos

ECRANS | De Nicolas Bedos (Fr, 2h) avec Nicolas Bedos, Doria Tillier, Pierre Arditi…

Julien Homère | Mardi 7 mars 2017

Monsieur & Madame Adelman de (et avec) Nicolas Bedos a une ambition qui va au-delà des a priori existants sur l’ex-miss météo Doria Tillier et l’ex-chroniqueur tête à claques. S’inspirant ouvertement de Citizen Kane, le film est un flashback fleuve, retraçant l’histoire d’amour entre Sarah Adelman et son mari décédé. Relecture des années 1970, ce long souvenir narré formule le seul atout de l’œuvre où les performances d’acteurs sont crédibles et le romantisme s’assume à travers une dramaturgie maîtrisée. Mais les défauts sur les scènes au temps présent trahissent cette note d’intention originelle. Au rayon des maladresses grossières, citons Jack Lang dans son propre rôle, lien ridicule malgré lui avec le réel, et le twist final déplacé, sapant toute émotion post-générique. Se rêvant grands dés leur premier essai, Bedos et Tillier visent à côté, pris au piège par leurs citations écrasantes.

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Guillaume Canet sera ce mercredi à Grenoble pour "Rock'n Roll"

ECRANS | On vient tout juste de l'apprendre – et le Pathé Chavant aussi visiblement ! Dans le but de continuer à promouvoir son film Rock'n Roll sorti (...)

Aurélien Martinez | Mardi 21 février 2017

Guillaume Canet sera ce mercredi à Grenoble pour

On vient tout juste de l'apprendre – et le Pathé Chavant aussi visiblement ! Dans le but de continuer à promouvoir son film Rock'n Roll sorti mercredi 15 février, l’acteur et réalisateur français sera mercredi 22 février à Grenoble pour rencontrer le public de la séance de 19h10. Il interviendra après la diffusion du film, au Pathé Chavant donc. Pour en savoir plus avant la projo, lisez l’interview que nous a accordée Guillaume Canet, qui a « fait sa crise de la quarantaine avec ce film », et notre critique plutôt mitigée. Réservations possibles sur le site du Pathé.

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Guillaume Canet : « J’ai fait ma crise de la quarantaine avec "Rock'n'Roll" »

Interview | Après avoir digéré l’insuccès de "Blood Ties", Guillaume Canet a tout remis à plat. À commencer par sa propre vie, dans une autofiction baptisée "Rock'n'roll”.

Vincent Raymond | Mercredi 15 février 2017

Guillaume Canet : « J’ai fait ma crise de la quarantaine avec

Pourquoi ce film auto-réflexif sur votre métier et votre vie ? Guillaume Canet : Je voulais faire un truc sur l’image depuis longtemps, parce ce que quand on est très exposé, on entend énormément de choses. Ça m’amusait aussi de traiter un autre thème qu’un sujet boutique sur le cinéma ou la notoriété, en parlant du jeunisme et de la quarantaine chez l’homme. Aujourd’hui, on est très recentré sur soi : il faut être sain, avoir des cheveux (pas gris), on doit faire du sport, il y a une culpabilisation autour de la cigarette…. Je n’ai pas eu ma crise de la quarantaine, mais je l’ai faite à travers ce film. Comment avez-vous convaincu les autres (Yvan Attal, Johnny Hallyday, Kev Adams...) de jouer avec leur image ? Ils ont tous été séduits par cette autodérision, cet humour. Yvan Attal, par exemple, que ça faisait marrer que je me fasse appeler "M. Cotillard", m’a envoyé un message de bonne année signé "Yvan Gainsbourg". Lui aussi passe à travers

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"Rock’n’roll" : pas très subversif Monsieur Cotillard

ECRANS | de et avec Guillaume Canet (Fr., 2h03) avec également Marion Cotillard, Gilles Lellouche…

Vincent Raymond | Mardi 14 février 2017

Quand Guillaume Canet comprend qu’il fait figure, pour la nouvelle génération, de mec installé et pépère dans sa vie de famille comme dans son métier, le quadra pète un câble et veut (se) prouver qu’il possède encore au fond de lui une étincelle rebelle. Mais l’a-t-il jamais eue ? Naviguant, à l’instar du Grosse Fatigue (1993) de Michel Blanc, dans la sphère privée voire l’intimité des stars, cette autofiction cathartique permet à Canet de (presque) assouvir tous ses fantasmes sans (réellement) basculer dans la transgression : c’est son image, c’est-à-dire son "moi" médiatique, qui prend les coups qu’il s’assène lui-même. Sous l’œil complice de nombreux guests, l’acteur-réalisateur s’inflige un catalogue d’autopunitions gros comme un dico (éprouverait-il un besoin inconscient et masochiste d’expier ?), avant de trouver un second souffle dans une deuxième partie inattendue, nettement plus délirante. Mais à mille lieues de toute subversion, Rock’n

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"Cézanne et moi" : peindre ou faire la moue

ECRANS | de Danièle Thompson (Fr., 1h54) avec Guillaume Gallienne, Guillaume Canet, Alice Pol, Déborah François…

Vincent Raymond | Lundi 19 septembre 2016

Cézanne vient visiter son camarade Zola en sa demeure, avec au cœur l’envie d’en découdre : Paul n’a pas apprécié d’avoir servi (à son insu) de modèle pour le roman d’Émile L’Œuvre. Et zou, flash-back dans leur enfance provençale, leur jeunesse bohème – sans Aznavour – mais avec de la vache enragée à Paris, leurs succès et échecs, leurs femmes ; le tout sous de la belle lumière avec de l’accent qui chante… Le cinéma qualité française n’est pas mort, il bouge encore. Enfin, il se contente d’exhaler un parfum de térébenthine patinée et de dérouler des saynètes minutieusement datées comme on arrache les feuillets d’un éphéméride. Dans cette carte postale, les deux Guillaume font ce que l’on attend d’eux : l’un "galliennise" l’exubérance méridionale libertaire jusqu’au bout du pinceau, l’autre "canettise" la componction du notable parvenu et tente de nous convaincre qu’il a un gros ventre – sans y parvenir, d’ailleurs. Vraiment, Danielle Thompson a bien fait d’arrêter les films de groupes et de familles hystériques pour se consacrer au futur contenu télévisuel des fins d’après-midis d’hiver…

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Au nom de ma fille

ECRANS | de Vincent Garenq (Fr., 1h27) avec Daniel Auteuil, Sebastian Koch, Marie-Josée Croze…

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

Au nom de ma fille

À l’époque de Présumé coupable (2011), Vincent Garenq confessait avec l’aplomb d’un Cahuzac moyen ne pas connaître le cinéma d’André Cayatte, auquel son deuxième film (consacré à l’affaire d’Outreau) revoyait immanquablement. Depuis, soit il a rattrapé un manque et succombé au charme suranné du spécialiste français des films “accusé-seul-contre-tous-levez-vous” avec questions de société intégrées, soit il a enfin décidé d’assumer l’héritage de son devancier. Ce qui implique de se ruer sur tous les faits divers montrant un innocent malmené par la Justice : ils sont susceptibles de se transmuter en scénario à procès ! Après Denis Robert et Clearstream pour L’Enquête (2015), place au combat d’André Bamberski, l’opiniâtre père qui lutta contre les chancelleries pour que l’assassin présumé de sa fille soit poursuivi, extradé, jugé et condamné en France pendant près de 30 ans, et dut pour cela commanditer l’enlèv

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L’Art de la fugue

ECRANS | De Brice Cauvin (Fr, 1h40) avec Laurent Lafitte, Agnès Jaoui, Benjamin Biolay, Nicolas Bedos…

Christophe Chabert | Mardi 3 mars 2015

L’Art de la fugue

Tiré d’un best-seller de Stephen McCauley, L’Art de la fugue se présente en film choral autour de trois frères tous au bord de la rupture : Antoine se demande s’il doit s’engager plus avant avec son boyfriend psychologue ; Gérard est en instance de divorce avec sa femme ; et Louis entame une relation adultère alors qu’il est sur le point de se marier. Le tout sous la férule de parents envahissants et capricieux – savoureux duo Guy Marchand / Marie-Christine Barrault. On sent que Brice Cauvin aimerait se glisser dans les traces d’une Agnès Jaoui (ici actrice et conseillère au scénario) à travers cette comédie douce-amère à fort relents socio-psychologiques. Il en est toutefois assez loin, notamment dans des dialogues qui sentent beaucoup trop la télévision – les personnages passent par exemple leur temps à s’appeler par leurs prénoms, alors qu’ils sont à dix centimètres et qu’ils entretiennent tous des liens familiaux ou professionnels… C’est un peu pareil pour la mise en scène, plus effacée que transparente, tétanisée à l’idée de faire une fausse note. Malgré tout cela, le film se laisse voir, il arrive même à être parfois touchant (notamment le beau

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La Prochaine fois je viserai le cœur

ECRANS | De Cédric Anger (Fr, 1h51) avec Guillaume Canet, Ana Girardot…

Christophe Chabert | Mercredi 12 novembre 2014

La Prochaine fois je viserai le cœur

Comme Vie sauvage d’un autre Cédric (Kahn), La Prochaine fois je viserai le cœur s’inspire d’un fait divers célèbre : les agissements à la fin des années 70 d’un tueur en série dans l’Oise qui s’est révélé être… un des gendarmes enquêtant sur les crimes. Et comme Vie sauvage, le film de Cédric Anger peine à prendre ses distances avec la réalité, malgré ses tentatives de stylisation et le désir de ne jamais quitter le point de vue du meurtrier – un Guillaume Canet qui surjoue la fièvre et le dolorisme. Le film est d’abord plombé par son écriture, et en particulier ses dialogues, qui reproduisent une fois encore les clichés des fictions françaises – des gendarmes qui parlent comme des gendarmes, des ados comme des ados... Surtout, Anger tourne autour de la névrose de son personnage sans jamais oser l’affronter à l’écran : la peur des femmes et la haine de soi qui s’empare du gendarme lorsqu’il commence à les désirer. Le personnage d’Ana Girardot, amoureuse aveuglée, lui ouvrait pourtant la voie. Mais la seule scène de sexe du film se résume à qu

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Avant l’hiver

ECRANS | À défaut de convaincre, le troisième film de l’écrivain Philippe Claudel intrigue. Un drame qui prend parfois des allures de thriller hitchcockien : un (...)

Christophe Chabert | Lundi 25 novembre 2013

Avant l’hiver

À défaut de convaincre, le troisième film de l’écrivain Philippe Claudel intrigue. Un drame qui prend parfois des allures de thriller hitchcockien : un chirurgien du cerveau marié à une femme qui passe ses journées à jardiner dans une grande demeure qu’elle appelle judicieusement une « cage de verre », s’obsède peu à peu pour une jeune et belle inconnue aux multiples visages ­– serveuse, étudiante, putain – dont il ne sait trop si elle complote contre lui ou si elle est simplement folle amoureuse... Du point de vue de sa mise en scène, le film, justement, a de l’allure. Claudel a un vrai sens du plan qui fait sens, méticuleusement composé et éclairé, et il parvient à faire entrer de l’inquiétude et de la mélancolie dans son récit par la seule force de l’image. En revanche, son passé littéraire refait surface dans les dialogues, incroyablement démonstratifs et sentencieux, où l’on sent plus le discours de l’auteur que la parole des personnages. Tout cela manque cruellement de santé, et même le mystère qui sous-tend toute l’intrigue finit par être trop clairement élucidé dans le dernier acte. Ce manque de quotidienneté, rien ne le souligne plus que le choi

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En solitaire

ECRANS | De Christophe Offenstein (Fr, 1h36) avec François Cluzet, Samy Seghir, Guillaume Canet…

Christophe Chabert | Mercredi 30 octobre 2013

En solitaire

Yann Kermadec, marin chevronné, remplace au pied levé son frère qui s’est cassé une jambe pour participer au Vendée Globe. À peine parti, il découvre un clandestin dans la soute, se retrouvant malgré lui en infraction avec le règlement de cette course «en solitaire». Si on enlève le défi du tournage dans les conditions réelles de la navigation, ce premier film du chef opérateur de Guillaume Canet est un naufrage intégral. Le récit prend l’eau de partout, noyé par une avalanche de bons sentiments, sur le bateau comme sur la terre ferme, ce qu’une musique de supermarché vient souligner jusqu’à l’overdose. Surtout, le film ne prend le temps de rien, ni de filmer le professionnalisme du marin, ni de montrer les liens affectifs qui se nouent entre les personnages. C’est une bouillie télévisuelle écrite par des disciples de Robert MacKee qui créent des conflits artificiels et les résolvent en deux secondes – les rapports entre la fille de Cluzet et sa belle-mère jouée par Virginie Efira atteignent ainsi des sommets de niaiserie. Heureusement que le film sort un mois avant

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Amour & turbulences

ECRANS | D'Alexandre Castagnetti (Fr, 1h36) avec Ludivine Sagnier, Nicolas Bedos, Clémentine Célarié...

Jerôme Dittmar | Mercredi 27 mars 2013

Amour & turbulences

La comédie française étant ce qu'elle est, massivement lourde et vulgaire, il lui fallait un truc pour tromper sa beaufitude. Depuis le succès de L'Arnacoeur, la comédie romantique est ainsi devenue son nouvel horizon, supposé apporter supplément d'âme et élégance à un cinéma qui fait peine à voir. Nouveau film éjectable du genre, Amour & turbulences commence pile là où se matérialise le rêve frustré de la comédie frenchy : à New York, entre les deux appartements chics des personnages, couple séparé avec fracas et se retrouvant dans l'avion pour Paris, où ils refont le film de leur histoire. Malgré un pitch respectable et une mise en scène chiadée s'acharnant à faire la pub de sa virtuosité, ce petit kaléidoscope du déboire amoureux ne débouche sur rien, sinon son envie d'imiter joliment un patron dont il ne pige pas l'essentiel. Alourdi par des dialogues balourds, des personnages insipides et un casting sans charme (Bedos sauve à peine sa peau), l'apprenti Lubitsch se crashe dès le décollage. Jérôme Dittmar

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Jappeloup

ECRANS | De Christian Duguay (Fr, 2h10) avec Guillaume Canet, Marina Hands, Daniel Auteuil…

Christophe Chabert | Jeudi 7 mars 2013

Jappeloup

Plus scandaleux que l’affaire des lasagnes, l’acharnement du cinéma français à mettre du cheval à toutes les sauces sur les écrans. Après la comédie hippique qui pique comme un vin éventé (Turf), voici le biopic de la monture et de son destrier certifié 100% histoire vraie, avec la fine fleur des acteurs cavaliers dans les rôles principaux. Jappeloup cherche d’un bout à l’autre un angle pour raconter cette success story à la française, pendant que son réalisateur Christian Duguay, yes man canadien à qui on a curieusement accordé un titre de séjour, lui cherche vainement une forme. On sent l’armada de monteurs venus sortir le truc de la panade, tentant de dynamiser l’alternance mécanique de gros plans, plans à la grue et ralentis sur le canasson qui saute un obstacle, pendant qu’un groupe de script doctors prenait la décision, absurde, de changer toutes les trente minutes de sujet : d’abord le jockey indécis, puis le lien père/fils, puis la réflexion sur le cavalier qui doit aimer son cheval, puis le triomphe seul contre tous.

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La Mer à boire

ECRANS | De Jacques Maillot (Fr, 1h38) avec Daniel Auteuil, Maud Wyler, Yann Tregouët...

Aurélien Martinez | Vendredi 17 février 2012

La Mer à boire

C'est la crise. Une fois n'est pas coutume, un film change de point de vue et la victime n'est plus l'ouvrier, héros de longue date, mais le patron. Une pirouette politiquement casse-gueule, mais nécessaire, que tente La Mer à boire en suivant Daniel Auteuil, patron de PME luttant pour sauver sa boîte (de bateaux grand luxe) qu'il a passé une vie à bâtir. Le morceau de bravoure du capitaine tenant bon, avec héroïsme et courage, dans la tempête économique et sociale était inévitable. Jacques Maillot s'en sort sans honte, avec un humanisme auquel on reprochera d'opter plus pour le rationalisme ambiant que l'utopie. Mais c'est que l'auteur souhaite viser juste et observer dans le détail l'implacable mise en pièce de l'entreprise par les banques. Il veut le diagnostic, pas un remède. C'est sa limite, à laquelle Auteuil apporte une fêlure plus profonde qui, lentement, fait pencher le film dans une noirceur réaliste s'achevant sur une fin terrifiante. Jérôme Dittmar

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Une vie meilleure

ECRANS | De Cédric Kahn (Fr-Can, 1h50) avec Guillaume Canet, Leila Bekhti…

François Cau | Jeudi 22 décembre 2011

Une vie meilleure

Antidote absolu au pensum mélodramatique de Philippe Lioret Toutes nos envies, Une vie meilleure marque le retour au premier plan de son cinéaste, Cédric Kahn, qui signe ici son meilleur film. Yann (Canet, incroyablement bon, ce qui n’était pas gagné), cuistot dans une cantine scolaire, rencontre Nadia (Leila Bekhti, définitivement une des actrices passionnantes du cinéma français), serveuse dans un restaurant chic. Coup de foudre. Elle a déjà un enfant, lui rêve d’avoir sa propre affaire. Ensemble, ils achètent une grande maison en forêt qu’ils retapent pour en faire un restau cosy, mais les normes draconiennes, le piège des crédits et les banques intraitables les plongent dans la précarité. Kahn raconte ce premier acte avec une sécheresse de trait implacable : collant aux objectifs de ses personnages et à leurs actions, laissant des ellipses béantes dans la narration pour éviter tout schéma explicatif, il crée une sensation d’urgence proche du cinéma des frères Dardenne. Lorsque le couple se sépare et que le récit se recentre sur Yann et l’enfant, le cinéaste arrive à conserver ce regard à la fois empathique et coupant, emmenant son film dans des directions inattendues : à la

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La Nouvelle guerre des boutons

ECRANS | De Christophe Barratier (Fr, 1h40) avec Guillaume Canet, Laetitia Casta, Kad Merad…

Christophe Chabert | Lundi 19 septembre 2011

La Nouvelle guerre des boutons

Comme prévu, cette deuxième Guerre des boutons est plus présentable que celle de Yann Samuell. Barratier a soigné la manufacture du film, et supplante son challenger sur tous les paramètres (scénario, direction d’acteurs, réalisation, photo). Ceci étant, cette version «propre» verse aussi dans ce qui était l’écueil attendu de cette vague boutonneuse : son côté chromo de la France villageoise, muséifiée malgré la tentative d’y incorporer la noirceur d’une époque pas vraiment édénique (l’occupation en 1944). Les acteurs sont engoncés (l’hypersexuée Laetitia Casta est renvoyée à sa première période Bicyclette — fleur — bleue), la mise en scène tient de la mise en images, et cette Nouvelle Guerre est quand même la plus vieillotte. Plus encore, on se rend compte que le roman de Pergaud a beau être mis à toutes les sauces, il manque sérieusement de piment, et dans tous les cas, c’est bien derrière le film d’Yves Robert que les cinéastes cavalent. Barratier gagne donc aux points un match définitivement nul.

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La fille du puisatier

ECRANS | De et avec Daniel Auteuil (Fr, 2h) avec Astrid Bergès-Frisbey, Kad Merad…

François Cau | Lundi 18 avril 2011

La fille du puisatier

Depuis le diptyque de Berri, Auteuil et Pagnol, c'est une grande histoire d'amour. Pour son premier film derrière la caméra, l'acteur ne pouvait donc que revenir à l'auteur fétiche qui a fait sa gloire. Sauf que les meilleurs sentiments n'ont jamais fait une grande œuvre. En adaptant La fille du puisatier, Auteuil réussit toutefois une chose : faire exister le langage de Pagnol. De manière un peu bateau, platement folklorique, mais en gardant le cœur d'une intrigue de classe où le verbe est roi. Le problème de cette adaptation de fan trop respectueux, c'est qu'il faut se coltiner un casting endimanché, une grossière mise en scène de téléfilm et Auteuil en transe, possédé par chaque dialogue. Ce qui n'est pas pire que Kad Merad avec du khôl. Jérôme Dittmar

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"Les Petits mouchoirs" : c'est la cata, c'est la cata, c'est la catastrophe

ECRANS | De Guillaume Canet (Fr, 2h34) avec François Cluzet, Marion Cotillard…

La rédaction | Lundi 18 octobre 2010

Quels meilleurs qualificatifs que gentil et inoffensif pour définir Guillaume Canet ? Naïf ? Fade ? Nul ? On est méchants, c’est vrai, mais il le faut – et pas par snobisme. Car s’il manquait une preuve à ses admirateurs après le surestimé et invraisemblablement récompensé Ne le dis à personne, Les Petits mouchoirs devrait mettre tout le monde d’accord. Inspiré par un florilège bâtard de références où se croisent pêle-mêle Jean-Marie Poiré, Yves Robert, Claude Sautet, Lawrence Kasdan et Cassavetes (sic), Canet s’offre un film de potes, avec ses potes (Cluzet, Lellouche, Dujardin...), pour la bagatelle de 25 millions d’euros. Un peu cher et aberrant pour un projet dont l’ambition se résume à, grosso modo, filmer les tracas existentiels et sentimentaux de petits-bourgeois en vacances. Rien ne fonctionne dans ce grand film personnel sur la vie et l'amour selon Saint Guillaume : le scénario s’acharne à combler du vide et tresser laborieusement des enjeux ; la mise en scène est molle et insignifiante ; le casting en pilotage automatique ; les personnages aussi passionnants à regarder qu’un poster de l’UMP – la palme à Mar

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