Fred Cavayé : « Je me suis un peu autocensuré pour ne pas tomber dans le plagiat »

Interview | Après y avoir déjà présenté en avant-première "Pour Elle" et "À bout portant", Fred Cavayé avait réservé l’exclusivité de son nouveau film "Adieu Monsieur Haffmann" au Festival de Sarlat. Bien lui en a pris : son drame se déroulant durant l’Occupation a remporté le Grand prix du public et le Prix d’interprétation pour Sara Giraudeau. Toujours prompt à parler fabrication, Fred Cavayé raconte l’histoire de ce film dans l’Histoire. Rencontre sarladaise…

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

Photo : © Julien Panié


Qu'est-ce qui vous a amené à aborder ce sujet et cette époque ?

Fred Cavayé : Beaucoup de choses : l'envie date de très longtemps. Le point de départ, c'est un roman de Michel Audiard, La nuit, le jour et toutes les autres nuits, qui parle de la Libération et notamment des femmes qui se sont fait tondre. Les salauds sous l'Occupation, c'est un sujet qui avait été assez peu abordé. J'avais le souvenir de films comme Lacombe Lucien ou du formidable téléfilm Au bon beurre avec Roger Hanin. Alors quand Jean-Philippe Daguerre, l'auteur de la pièce Adieu Monsieur Haffmann, m'a envoyé le texte, je n'ai pas voulu le lire (je préférerais découvrir la pièce une fois montée), je m'en suis fait mon histoire avec le peu que j'en savais. Or sa pièce est ailleurs, en vérité, pas sur ce sujet-là.

Comme j'ai la chance d'avoir de bons producteurs et d'être ami avec Jean-Philippe Daguerre de longue date, je leur ai proposé d'adapter d'une manière peut-être plus libre en faisant dévier le personnage joué par Gilles Lellouche vers un côté très sombre. Ce n'est pas l'autopsie d'un salaud, mais la dérive d'un personnage qui, pas par idéologie mais par appât du gain ou pour réussir à avoir des choses qu'il n'a pas, va profiter de la situation jusqu'à devenir dangereux… et un vrai salaud — j'ai pas d'autre mot ; si vous en avez un autre, je suis prêt à le prendre !

Un lâche ?

C'est un personnage qui n'a pas de chance : sa claudication l'a empêché de défendre sa patrie et il trouve l'opportunité, pour la bonne cause, d'aider son patron ET de s'élever socialement. D'ailleurs, le personnage pour lequel on a le moins d'empathie, c'est sa femme qui, elle, a peur de faire quelque chose de délictueux donc de très dangereux à l'époque. Et Gilles amène ce truc terriblement humain : ça ne devient pas un monstre de cinéma, mais un salaud bas de gamme. Ce que je voulais traiter dès le départ.

L'évolution du personnage est à l'exact opposé de celle de Monsieur Klein, mais leur destin final n'est pas si éloigné…

Quand j'ai commencé à travailler, je n'ai pas voulu revoir Monsieur Klein (ni Lacombe Lucien). J'avais dû le voir il y a 25 ans ; j'avais des souvenirs de scène de gare à la fin — donc je me suis interdit de faire une scène de gare par exemple. Comme le truc du poêle qui me rappelait le trou du souffleur dans Le Dernier Métro : je me suis un peu auto censuré pour ne pas tomber dans le plagiat. J'ai même demandé à mon agent de revoir Le Dernier Métro pour me dire s'il y avait des choses qui étaient trop en résonance. Quand je faisais des films d'action, ou pour Le Jeu qui était une comédie en huis clos, je n'ai pas revu de comédies en huis clos. Pour À bout portant, je n'avais pas revu Marathon Man où un monsieur-tout-le-monde est obligé de courir pour sauver sa peau. Donc pour Haffmann, c'était un peu la même chose : je me suis interdit les huis clos et les films de cette période.

Justement, votre expérience sur Le Jeu vous a-t-elle permis de glisser plus aisément vers une mise en scène en huis clos et, couche supplémentaire, le confinement a-t-il eu une incidence ?

Souvent — tout le temps d'ailleurs — les films que je fais vont déclencher le film d'après. Pour Haffmann, heureusement que j'avais fait Le Jeu parce que j'ai appris en mise en scène les écueils du huis clos ! C'est un exercice dix fois plus compliqué que les films à quatre caméras, où vous faites sauter un TGV. Dans un huis clos, les choses narratives deviennent vite ostentatoires : le moindre mouvement de caméra prend d'un coup des proportions énormes et surligne tout. Ici, ça m'a permis d'aller à l'os, essentiellement au service des comédiens, pour que l'histoire qui se raconte soit un au-delà des dialogues, dans leurs yeux. Et qu'on soit avec eux, témoins de ce qui se passe et de leur évolution. J'ai édulcoré à chaque étape du processus de création du film, jusqu'au montage. Ce film réclamait qu'on n'en dise pas trop.

Je ne sais pas si c'est de la pudeur, mais c'est un point commun avec Pour elle, par exemple — avec la volonté de faire confiance au comédien. Quand j'ai proposé le scénario de Pour elle à Vincent Lindon, il barrait des dialogues en disant « ça je peux le jouer », et j'ai compris qu'un comédien pour évoquer la tristesse ou la douleur, il n'est pas obligé de parler — ça paraît basique, mais c'était mon premier film. La quintessence de tout cela est dans Haffmann.

Quant au confinement… Le tournage a été arrêté lors du premier confinement et donc on a laissé le décor monté — on avait bien sûr enlevé toutes les affiches et les choses trop terribles. Mais pour les gens du quartier, c'était “cocasse” d'aller faire ses courses en 1941. D'ailleurs, durant tout le confinement, j'ai jamais eu autant de demandes de presse : j'ai fait tous les journaux américains parce que ça devenait visuellement le symbole de Paris qui reste en plan. Le décor devenait plus connu que Daniel Auteuil.

Vous avez choisi Gilles Lellouche parce que vous aviez travaillé auparavant avec lui ?

Oui, il s'est imposé vite dans mes envies, avec Daniel Auteuil face à lui. En tant que spectateur, j'aime bien les rencontres de cinéma : Gilles et Daniel sont, dans leur génération respective, au sommet de la pyramide. Comme quand j'étais môme et que j'allais voir un film avec Belmondo et Delon, il y avait d'un seul coup un truc de cinoche. Dans cette histoire très dure, c'était bien d'amener du cinéma.

C'est mon quatrième film avec Gilles, je connais son immense talent depuis très longtemps — avec À bout portant, il a eu son premier premier rôle. Est-ce qu'il avait eu les personnages pour montrer ses qualités de comédien ? Il commence à les avoir avec Pupille, avec Bac Nord. Jouer un salaud, ça ne trompe pas. Alors je l'ai appelé, on s'est vu, et il m'a rappelé le lendemain matin pour me dire : « Ben oui, merci, j'ai envie de jouer ce mec. » Dans le film, il est glaçant, dans toute la partie finale — bon, quand vous faites un huis clos, vous avez intérêt à avoir des très très bons. Et ils sont tous les trois formidables.

Comme Sara Giraudeau ?

Elle est brillantissime, en plus d'être extrêmement sympathique. Je connaissais moins son travail. J'ai découvert quelqu'un encore plus fort que ce que j'avais imaginé, avec une vraie intelligence de son personnage. Je me suis pas mal appuyé sur elle : dès qu'il y avait un truc qu'elle avait du mal à jouer, je savais que c'était mal écrit, qu'il y avait quelque chose qui clochait par rapport à la réalité de son personnage. Et donc je réécrivais en fonction. D'ailleurs, les deux garçons m'ont très vite dit quel bon choix elle était.

C'est un film d'époque, avec sa reconstitution, mais c'est paradoxalement dans sa qualité de silence ambiant qu'il renvoie le plus à son époque inquiète, car il y a peu de musique dans la bande originale…

J'allais dire, « vous avez bien vu » ; mais vous avez bien entendu ! [sourire] Ce sont des choses qu'on a épurées au fur à mesure et parce que j'ai la chance de travailler avec un compositeur qui s'appelle Christophe Julien, qui est extrêmement talentueux et un grand mélodiste. Dès qu'il m'envoyait des thèmes, c'était extraordinaire et j'avais tendance à les mettre partout. Et puis à un moment il m'a dit : « attends, il faut peut-être faire confiance au film » et j'en ai retiré pour, comme vous le dites, jouer sur les silences et perdre un peu de cette dimension cinéma pour être vraiment avec eux. Par exemple, la première fois que Sara descend à la cave, j'avais mis de la musique. Une fois que je l'ai enlevée, d'un seul coup, c'était beaucoup plus glaçant et on était avec les trois, avec le désarroi de Gilles, là-haut de celui de Haffmann, qui sait pas comment réagir et celui de Sara qui part à l'abattoir. La musique était sublime, mais en l'enlevant ça prend une dimension qui met les poils. Après, ils sont tellement forts, ils incarnent tellement de choses avec les yeux qu'ils n'avaient pas besoin de se parler.

Le personnage de Gilles Lellouche s'approprie les créations bijoutières de Haffmann ressemblant à l'aigle germanique, rencontre le succès auprès de l'occupant. Mais lorsqu'il créé ses propres modèles, il essuie un échec cinglant. Or ceux-ci évoquent davantage une étoile de David…

Oui, je n'avais pas pensé à ça, mais effectivement, quand vous le dites, il n'y a pas de hasard. Mais c'est une étoile ultra chargée. Je me suis inspiré des réalisateurs qui font leur premier court-métrage : on veut traiter tous les sujets du monde — ça a été mon cas — on met tout ce dont on a envie, parce qu'inconsciemment on se dit qu'on n'aura la chance de faire qu'un seul film. Dans son truc, il y a tout… et ça devient une pièce montée moche. D'ailleurs, j'avais demandé au créateur de bijoux avec qui on a travaillé de faire un truc moche. Et il m'a répondu « ah mais je vois exactement ce qui est moche ! » Donc on n'a pas eu beaucoup de mal…

★★★☆☆ Adieu Monsieur Haffmann de Fred Cavayé (Fr.-Bel., 1h56) avec Daniel Auteuil, Gilles Lellouche, Sara Giraudeau… En salle le 12 janvier.

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Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

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Benjamin Lavernhe dans Le Discours : « J’aime bien causer… »

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"Adieu Monsieur Haffmann" : au théâtre hier

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"L'Amour est une fête" : et ce film, une défaite

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"Amoureux de ma femme" : et Daniel Auteil s’essaya au néo-vaudeville bourgeois

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Jean-Pierre Bacri : « Avec Olivier Nakache et Éric Toledano, je suis tombé sur deux potes »

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Jean-Pierre Bacri : « Avec Olivier Nakache et Éric Toledano, je suis tombé sur deux potes »

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ECRANS | "Petit Paysan" deviendra-t-il grand cinéaste ? C’est bien parti pour Hubert Charuel, qui signe à 32 ans un premier long-métrage troublant. Entretien cartes sur étable.

Vincent Raymond | Lundi 28 août 2017

Hubert Charuel : « L’élevage est un métier de dévotion »

De quelle(s) épidémie(s) vous êtes-vous inspiré pour votre premier film Petit Paysan ? Hubert Charuel : La maladie du film est fictive : elle présente plusieurs symptômes de maladies réelles, mais qui se soignent. J’ai grandi pendant la période de vaches folles et de fièvre aphteuse. On était dans cet esprit de paranoïa : l’angoisse de mes parents, de ma famille, des amis aux alentours était totale, personne ne comprenait ce qui se passait. Les vétérinaires ne savaient pas ce qu’était Creutzfeldt-Jakob, n’avaient pas les résultats… Ça a vraiment choqué beaucoup de monde. Les abattages, c’est horrible : les gens arrivaient, on tuait tous les animaux, on creusait une fosse au milieu de la ferme, on brûlait les animaux sur place. Un traumatisme pour les éleveurs et les vétérinaires. Certains ne s’en sont pas remis de faire des abattages totaux à la chaîne. D’autres ne s’en pas remis financièrement. Quand on dit à l’éleveur qu’il va toucher des indemnités, c’est plus compl

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"Petit Paysan" : de mal en pis

ECRANS | Un petit éleveur bovin tente de dissimuler l’épidémie qui a gagné son cheptel. Ce faisant, il s’enferre dans des combines et glisse peu à peu dans une autarcie paranoïaque et délirante. Une vacherie de bon premier film signée Hubert Charuel, à voir d’une traite.

Vincent Raymond | Lundi 28 août 2017

Difficile d’être plus en phase avec l’actualité qu’Hubert Charuel. Au moment où l’on s’interroge sur la pérennité des aides à l’agriculture biologique et où l’on peine à mesurer les première conséquences du énième scandale agro-industriel, son film nous met le nez dans la bouse d’une réalité alternative : celle des petits paysans. Ceux qui n’ont pas encore succombé, rongés par l’ingratitude de leur métier et les marges arrière de la grande distribution, ni été aspirés par leurs voisins, gros propriétaires fonciers ou de fermes automatisées – on en voit ici. Pierre est un petit paysan à la tête d’un domaine raisonnable – c’est-à-dire qu’il le gère tout seul, mais en lui consacrant tout son temps. Lorsqu'il détecte dans son troupeau des animaux malades d’une mystérieuse fièvre hémorragique, il redoute le pire : l’abattage de la totalité de ses bêtes. La dissimulation lui offre une illusion de répit, mais les conséquences ne font qu’aggraver le problème... Sans foin ni loi Le jeune réa

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"Cars 3" : sortie de piste

ECRANS | de Brian Fee (É.-U., 1h49) animation

Vincent Raymond | Mardi 4 juillet 2017

Flash McQueen se fait vieux : la nouvelle génération relègue la sienne aux stands, voire à la casse. Bien décidé à montrer qu’il en a encore sous le capot, l’ancien élève de Doc Hudson tente de remettre les gaz aidé par Cruz Ramirez – une coach qui aurait aimé être pilote… Oublié, le deuxième volet à base d’essence d’espionnage frelatée ; retour ici aux fondamentaux : la course, la gomme brûlée et la fascination puérile pour la vitesse – en se livrant à un peu de psychanalyse de comptoir, on tirerait sûrement des choses rigolotes de cette vénération pour les objets polis, aérodynamiques et écarlates majoritairement masculins. À l’instar d’un Rocky Balboa moyen, McQueen doit accepter son déclin et de transmettre le flambeau. Mais de continuer à en remontrer à une bleusaille arrogante. Cette leçon vaut bien un rodage, sans doute, mais elle n’ajoute rien à la gloire de Pixar, dont on espère avec Coco (en novembre sur les écrans) enfin un digne successeur au merveilleux Vice-Versa. Le 2 août

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"Sous le même toit" : objectif nul

ECRANS | de Dominique Farrugia (Fr., 1h33) avec Gilles Lellouche, Louise Bourgoin, Manu Payet…

Vincent Raymond | Lundi 10 avril 2017

Delphine (Louise Bourgoin) et Yvan (Gilles Lellouche) divorcent. Fauché, ce dernier revendique les 20% de la demeure familiale qu’il possède, et les occupe, histoire d’avoir en permanence un œil sur son ex. Ce sont leurs enfants, ignorés, qui en auront assez de cette scabreuse situation. Difficile de rire avec, de ou grâce à ce personnage immature exerçant un chantage afin de maintenir son emprise sur la vie privée de son ancienne épouse : ce type de possessivité pathologique et de perversité narcissique aurait davantage sa place dans un thriller. Difficile également de ne pas être écœuré par la vulgarité diffuse dégagée par cet étalage de fric, de jalousie mesquine, de testostérone sati

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"Rock’n’roll" : pas très subversif Monsieur Cotillard

ECRANS | de et avec Guillaume Canet (Fr., 2h03) avec également Marion Cotillard, Gilles Lellouche…

Vincent Raymond | Mardi 14 février 2017

Quand Guillaume Canet comprend qu’il fait figure, pour la nouvelle génération, de mec installé et pépère dans sa vie de famille comme dans son métier, le quadra pète un câble et veut (se) prouver qu’il possède encore au fond de lui une étincelle rebelle. Mais l’a-t-il jamais eue ? Naviguant, à l’instar du Grosse Fatigue (1993) de Michel Blanc, dans la sphère privée voire l’intimité des stars, cette autofiction cathartique permet à Canet de (presque) assouvir tous ses fantasmes sans (réellement) basculer dans la transgression : c’est son image, c’est-à-dire son "moi" médiatique, qui prend les coups qu’il s’assène lui-même. Sous l’œil complice de nombreux guests, l’acteur-réalisateur s’inflige un catalogue d’autopunitions gros comme un dico (éprouverait-il un besoin inconscient et masochiste d’expier ?), avant de trouver un second souffle dans une deuxième partie inattendue, nettement plus délirante. Mais à mille lieues de toute subversion, Rock’n

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Au nom de ma fille

ECRANS | de Vincent Garenq (Fr., 1h27) avec Daniel Auteuil, Sebastian Koch, Marie-Josée Croze…

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

Au nom de ma fille

À l’époque de Présumé coupable (2011), Vincent Garenq confessait avec l’aplomb d’un Cahuzac moyen ne pas connaître le cinéma d’André Cayatte, auquel son deuxième film (consacré à l’affaire d’Outreau) revoyait immanquablement. Depuis, soit il a rattrapé un manque et succombé au charme suranné du spécialiste français des films “accusé-seul-contre-tous-levez-vous” avec questions de société intégrées, soit il a enfin décidé d’assumer l’héritage de son devancier. Ce qui implique de se ruer sur tous les faits divers montrant un innocent malmené par la Justice : ils sont susceptibles de se transmuter en scénario à procès ! Après Denis Robert et Clearstream pour L’Enquête (2015), place au combat d’André Bamberski, l’opiniâtre père qui lutta contre les chancelleries pour que l’assassin présumé de sa fille soit poursuivi, extradé, jugé et condamné en France pendant près de 30 ans, et dut pour cela commanditer l’enlèv

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Les eaux troubles de l’affaire Clearstream

ACTUS | Alors que sort ce mercredi le film "L’Enquête" de Vincent Garenq qui retrace le travail acharné de Denis Robert pour démontrer les pratiques de Clearstream, la banque des banques luxembourgeoise, retour sur un scandale qui a redéfini les rapports entre la presse, la finance et l’État. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 10 février 2015

Les eaux troubles de l’affaire Clearstream

Il n’a pas une tête de victime, mais on sent qu’il en a bavé. Le jeune homme vif et impertinent que l’on voyait de temps en temps à la télé dans les années 90 en a pris un coup : les cheveux, comme la barbe, ont blanchi et se sont dégarnis, les yeux sont cernés, et il a pris quelques kilos. Normal, dira-t-on, à 56 ans… Mais de 2001 à 2011, Denis Robert a payé dans tous les sens du terme un combat inégal, façon David contre Goliath, qui l’a vu s’opposer à Clearstream, «la banque des banques», créée dans un grand duché du Luxembourg devenu premier paradis fiscal européen et plaque tournante des mœurs les plus répréhensibles de la finance mondialisée. La Boîte noire et le puits sans fond En 1995, Robert plaque son job de journaliste à Libération suite à un édito caviardé par la direction et décide de se mettre à son compte, prêt à révéler les pratiques illicites des partis politiques, ce qui le conduit naturellement vers la question des paradis fiscaux. Une piste en forme d’impasse : Robert pense alors qu’il est impossible de tracer les échanges financiers dès lors que ceux-ci se retrouvent offshore. Mais en 1997, il rencontre Ernest Bac

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L’Enquête

ECRANS | De Vincent Garenq (Fr, 1h46) avec Gilles Lellouche, Charles Berling, Laurent Capelluto…

Christophe Chabert | Mardi 10 février 2015

L’Enquête

C’était un défi : raconter le calvaire de Denis Robert, aux prises avec l’affaire Clearstream pendant près de dix ans en une fiction (très) documentée de 106 minutes. D’autant plus que L’Enquête vient après une série de films français tirés de faits réels tous plus inopérants les uns que les autres, incapables de transcender leur matériau de départ ou de contourner les clichés du genre. Vincent Garenq, peut-être parce qu’il avait déjà essuyé les plâtres avec le pas terrible Présumé coupable d’après l’affaire d’Outreau, s’en sort avec les honneurs : son film est prenant, rapide, habilement construit et cherche en permanence à donner de l’ampleur cinématographique à son sujet. Il n’y parvient pas toujours, les scories du polar hexagonal sont bien là : les flics sont raides comme des flics, les avocats parlent comme des avocats — on reste loin d’un Sidney Lumet. Mais L’Enquête a pour lui son désir de ne rien cacher, ni les noms des protagonistes, ni leurs renoncements, ni leurs énigmes. De Libération à de Villepin en passant pa

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Mea culpa

ECRANS | De Fred Cavayé (Fr, 1h30) avec Vincent Lindon, Gilles Lellouche…

Christophe Chabert | Mardi 4 février 2014

Mea culpa

«Sur une idée d’Olivier Marchal» nous dit le générique de fin. Tout s’explique ! «L’idée» en question est en fait un fonds de commerce : un ex-flic traumatisé et au fond du trou va tenter de se racheter en protégeant son fils et en flinguant à tout va du méchant, ici des gangsters serbes dont les motivations sont très sommairement résumées : «les filles et la came». Justice expéditive, tirage de tronches et gros accès de virilité sont donc au programme, mais là n’est pas le problème de cet actionner à la française. Il y a d’un côté la minceur du scénario – pas grave – et de l’autre sa farandole d’incohérences, que Cavayé tente de noyer sous une pluie de fusillades, poursuites et bastons qui ne justifient jamais la réputation de "bon artisan" appliquée un peu vite au cinéaste. Rien ne tient debout donc, que ce soit la gestion du temps, de l’espace ou de l’élémentaire réalisme des situations – les flics interviennent une bonne heure après un carnage homérique dans une boîte de nuit, une bagnole va plus vite qu’un TGV… On a tendance à fustiger l’état de la comédie française ; mais entre Besson, Cavayé et Marchal, le polar d’ici n’est pas f

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100% Cachemire

ECRANS | De et avec Valérie Lemercier (Fr, 1h38) avec Gilles Lellouche, Marina Foïs…

Christophe Chabert | Vendredi 6 décembre 2013

100% Cachemire

Un drôle de désir semble avoir guidé Valérie Lemercier pour son quatrième film en tant qu’actrice-réalisatrice… S’approprier un fait-divers glauque où une mère adoptive décide de rendre son fils après quelques mois "d’essai" ; faire le portrait acide d’une bourgeoisie étranglée entre bonne et mauvaise conscience ; mais aussi s’écrire un personnage détestable dont la caméra, toutefois, ne se détache jamais, exercice narcissique très curieux et, à l’image du film tout entier, plutôt déplaisant. Car si Lemercier a un vrai talent pour écrire des dialogues de comédie qui claquent, et si elle sait les mettre dans la bouche de comédiens ravis de s’amuser avec cette musique virtuose, le scénario de 100% Cachemire n’a pas de centre, sinon une misanthropie qui s’exerce aveuglément sur les riches et les pauvres, les premiers très cons, les seconds très cons et très moches. Il y avait pourtant une idée magnifique, hélas laissée en jachère : cet enfant russe muet et impavide, mur indéchiffrable sur lequel les émotions des adultes alentour ricochent ou se fracassent. Mais la mise en scène semble fuir ce trou noir émotionnel, préférant se réfugier dans la peinture sarc

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Avant l’hiver

ECRANS | À défaut de convaincre, le troisième film de l’écrivain Philippe Claudel intrigue. Un drame qui prend parfois des allures de thriller hitchcockien : un (...)

Christophe Chabert | Lundi 25 novembre 2013

Avant l’hiver

À défaut de convaincre, le troisième film de l’écrivain Philippe Claudel intrigue. Un drame qui prend parfois des allures de thriller hitchcockien : un chirurgien du cerveau marié à une femme qui passe ses journées à jardiner dans une grande demeure qu’elle appelle judicieusement une « cage de verre », s’obsède peu à peu pour une jeune et belle inconnue aux multiples visages ­– serveuse, étudiante, putain – dont il ne sait trop si elle complote contre lui ou si elle est simplement folle amoureuse... Du point de vue de sa mise en scène, le film, justement, a de l’allure. Claudel a un vrai sens du plan qui fait sens, méticuleusement composé et éclairé, et il parvient à faire entrer de l’inquiétude et de la mélancolie dans son récit par la seule force de l’image. En revanche, son passé littéraire refait surface dans les dialogues, incroyablement démonstratifs et sentencieux, où l’on sent plus le discours de l’auteur que la parole des personnages. Tout cela manque cruellement de santé, et même le mystère qui sous-tend toute l’intrigue finit par être trop clairement élucidé dans le dernier acte. Ce manque de quotidienneté, rien ne le souligne plus que le choi

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Gibraltar

ECRANS | De Julien Leclercq (Fr, 1h53) avec Gilles Lellouche, Tahar Rahim, Riccardo Scamarcio…

Christophe Chabert | Jeudi 5 septembre 2013

Gibraltar

Avec à son passif un film de SF épouvantable (Chrysalis) et un tract de propagande pour le GIGN (L’Assaut), il y avait de quoi redouter le troisième long-métrage de Julien Leclercq. D’autant plus qu’il s’est associé avec Abdel Raouf Dafri, scénariste surcoté de Mesrine et de la saison 2 de Braquo. La (relativement) bonne surprise de Gibraltar, c’est que tous deux optent pour un traitement sobre et rigoureux de leur sujet : la descente aux enfers d’un patron de bar criblé de dettes qui accepte de jouer les indics pour les douanes françaises sur le rocher de Gibraltar, plaque tournante du trafic de drogue. Pas d’"enculé" à toutes les répliques, ni de découpage frénétique de l’action, mais un film dossier qui tente de raconter simplement cette histoire vraie et de dénoncer au passage l’hypocrisie et la lâcheté du pouvoir. On se croirait face à un vieil Yves Boisset ou à un Verneuil période 70 passé au tam

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Jappeloup

ECRANS | De Christian Duguay (Fr, 2h10) avec Guillaume Canet, Marina Hands, Daniel Auteuil…

Christophe Chabert | Jeudi 7 mars 2013

Jappeloup

Plus scandaleux que l’affaire des lasagnes, l’acharnement du cinéma français à mettre du cheval à toutes les sauces sur les écrans. Après la comédie hippique qui pique comme un vin éventé (Turf), voici le biopic de la monture et de son destrier certifié 100% histoire vraie, avec la fine fleur des acteurs cavaliers dans les rôles principaux. Jappeloup cherche d’un bout à l’autre un angle pour raconter cette success story à la française, pendant que son réalisateur Christian Duguay, yes man canadien à qui on a curieusement accordé un titre de séjour, lui cherche vainement une forme. On sent l’armada de monteurs venus sortir le truc de la panade, tentant de dynamiser l’alternance mécanique de gros plans, plans à la grue et ralentis sur le canasson qui saute un obstacle, pendant qu’un groupe de script doctors prenait la décision, absurde, de changer toutes les trente minutes de sujet : d’abord le jockey indécis, puis le lien père/fils, puis la réflexion sur le cavalier qui doit aimer son cheval, puis le triomphe seul contre tous.

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Thérèse Desqueyroux

ECRANS | Avec cette adaptation de François Mauriac, Claude Miller met un très beau point final à son œuvre : réquisitoire contre une bourgeoisie égoïste, cruelle et intolérante, le film fait vaciller son rigoureux classicisme par une charge de sensualité et d’ambiguïté. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 15 novembre 2012

Thérèse Desqueyroux

Quatre gouttes d’arsenic dans un verre d’eau. C’est le rituel quotidien qu’effectue Bernard Desqueyroux, riche bourgeois girondin un peu hypocondriaque, pour calmer ce qu’il pense être des alertes cardiaques. Pour sa femme Thérèse (Audrey Tautou, dans un grand rôle à sa mesure), avec qui il s’est uni par intérêt, ce rituel est comme le reflet d’un ordre qui l’étouffe. Un jour, elle décide de le fausser et son geste va tout faire vaciller. À commencer par la mise en scène de Claude Miller : jusqu’ici, il racontait avec un classicisme élégant l’histoire de Thérèse Desqueyroux, préférant la chronologie aux flashbacks du roman de Mauriac. Le trouble venait d’ailleurs : de cette ouverture pleine de sensualité où deux jeunes adolescentes se livraient à des jeux aux relents érotiques, baignées dans la lumière dorée de l’été aquitain ; de ce voilier qui passe au loin et dont le propriétaire, Jean Azevedo, n’est qu’un « juif » pour Bernard Desqueyroux ; ledit Azevedo qui séduit la sœur de Bernard, passion fougueuse qui ébranle un temps la discipline bourgeoise de la famille. C’est d’ailleurs lors d’une lune de miel pétrifiée dans l’ennui de Baden-Baden que Miller introd

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Les Infidèles

ECRANS | De Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Michel Hazanavicius, Emmanuelle Bercot, Éric Lartigau, Alexandre Courtès, Fred Cavayé (Fr, 1h48) avec Jean Dujardin, Gilles Lellouche…

François Cau | Lundi 27 février 2012

Les Infidèles

Film à sketches dans la tradition des comédies italiennes (Les Monstres, surtout), Les Infidèles s’apprécie en dehors de ce qui en forme la colonne vertébrale : son prologue et son épilogue, qui labourent un humour beauf dont on ne sait trop si Dujardin et Lellouche se moquent ou s’ils le célèbrent. Sans parler des saynètes trash signées Alexandre Courtès, pas très drôles et surtout prétexte à inviter les copains (Canet, Payet…). C’est bel et bien quand de vrais cinéastes s’emparent de certains épisodes que le film s’avère étonnant (et franchement grinçant, dans la lignée du Houllebecq des débuts). Michel Hazanavicius dans La Conscience réussit le segment le plus étrange et dépressif, remarquablement mis en scène avec un Dujardin que le réalisateur utilise comme un stradivarius, développant un comique de l’embarras proche des OSS 117. Emmanuelle Bercot s’offre son Eyes wide shut avec le même Dujardin et sa compagne Alexandra Lamy, un peu appuyé mais là encore très dérangeant. Le meilleur, c’est l’épisode d’Éric Lartigau, Lolita, où Lellouche doit as

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La Mer à boire

ECRANS | De Jacques Maillot (Fr, 1h38) avec Daniel Auteuil, Maud Wyler, Yann Tregouët...

Aurélien Martinez | Vendredi 17 février 2012

La Mer à boire

C'est la crise. Une fois n'est pas coutume, un film change de point de vue et la victime n'est plus l'ouvrier, héros de longue date, mais le patron. Une pirouette politiquement casse-gueule, mais nécessaire, que tente La Mer à boire en suivant Daniel Auteuil, patron de PME luttant pour sauver sa boîte (de bateaux grand luxe) qu'il a passé une vie à bâtir. Le morceau de bravoure du capitaine tenant bon, avec héroïsme et courage, dans la tempête économique et sociale était inévitable. Jacques Maillot s'en sort sans honte, avec un humanisme auquel on reprochera d'opter plus pour le rationalisme ambiant que l'utopie. Mais c'est que l'auteur souhaite viser juste et observer dans le détail l'implacable mise en pièce de l'entreprise par les banques. Il veut le diagnostic, pas un remède. C'est sa limite, à laquelle Auteuil apporte une fêlure plus profonde qui, lentement, fait pencher le film dans une noirceur réaliste s'achevant sur une fin terrifiante. Jérôme Dittmar

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La fille du puisatier

ECRANS | De et avec Daniel Auteuil (Fr, 2h) avec Astrid Bergès-Frisbey, Kad Merad…

François Cau | Lundi 18 avril 2011

La fille du puisatier

Depuis le diptyque de Berri, Auteuil et Pagnol, c'est une grande histoire d'amour. Pour son premier film derrière la caméra, l'acteur ne pouvait donc que revenir à l'auteur fétiche qui a fait sa gloire. Sauf que les meilleurs sentiments n'ont jamais fait une grande œuvre. En adaptant La fille du puisatier, Auteuil réussit toutefois une chose : faire exister le langage de Pagnol. De manière un peu bateau, platement folklorique, mais en gardant le cœur d'une intrigue de classe où le verbe est roi. Le problème de cette adaptation de fan trop respectueux, c'est qu'il faut se coltiner un casting endimanché, une grossière mise en scène de téléfilm et Auteuil en transe, possédé par chaque dialogue. Ce qui n'est pas pire que Kad Merad avec du khôl. Jérôme Dittmar

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Ma part du gâteau

ECRANS | De Cédric Klapisch (Fr, 1h45) avec Karin Viard, Gilles Lellouche…

François Cau | Mercredi 9 mars 2011

Ma part du gâteau

D’un côté, un trader irresponsable, mauvais père et vrai goujat (Lellouche, plutôt bien, il faut le souligner) ; de l’autre, une ouvrière du Nord licenciée de son usine, qui se fait embaucher comme femme à tout faire chez ce même trader (Karin Viard, méritante vu ce qu’on lui demande de faire). De cet argument pioché dans l’actualité, Cédric Klapisch tire une comédie pamphlétaire, ce qui résume assez bien l’impasse dans laquelle il s’engouffre. Imaginez Stéphane Hessel ayant glissé des blagues Carambar dans son Indignez-vous, et vous aurez une idée de ce qu’est Ma Part du gâteau. Non seulement la comédie est lourde (Karin Viard avec l’accent russe, Karin Viard parle anglais avec les maîtres du Dow Jones, arf !), mais elle annule toute la colère que le cinéaste voulait exprimer face à son sujet. Lors de l’escapade vénitienne de Lellouche avec la mannequin ou pendant les adieux de Karin Viard à son ancien mari, le film ébauche ce qu’il aurait pu être : un conte amer, sérieux et cruel. Mais non, ce sont les vieux fantasmes sociologiques et les réflexes sarcastiques de Klapisch qui l’emportent, conduisant vers une dernière séquence qui pose un gros problème, soudain appel à l’insurrect

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A bout portant

ECRANS | De Fred Cavayé (Fr, 1h25) avec Gilles Lellouche, Roschdy Zem…

François Cau | Lundi 29 novembre 2010

A bout portant

La seconde réalisation de Fred Cavayé est grosso modo une variation plus frénétique de Pour elle (il y est encore question d’un homme “ordinaire“ embringué dans une intrigue de thriller pour sauver la femme de sa vie), avec les mêmes écueils – des raccourcis narratifs parfois énormes, des dialogues globalement faiblards, et des personnages secondaires mal dégrossis (mention spéciale à Gérard Lanvin et ses inénarrables moues crispées de visage pour bien montrer qu’il a les plus grosses cojones du cinéma français). Une fois ces scories mises de côté, il faut reconnaître au garçon ses talents indéniables de metteur en scène, à la fois dans les scènes d’intimité (pourtant flanquée de l’intolérable Gilles Lellouche) mais surtout dans ses dynamiques de suspense et d’action. Vu le caractère peu convaincant des dernières tentatives en la matière, on en viendrait presque, horreur suprême, à comprendre le mépris du 7e art français d’aujourd’hui pour le cinéma de genre. Fred Cavayé, disons-le, fait partie des rares réalisateurs actuels à pouvoir inverser la tendance… Il suffirait juste qu’il se dégotte un meilleur coscénariste. FC

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