Grenoble : le campus est-il de gauche ?

Numéro étudiant | Ce serait une évidence : si Lyon III ou Strasbourg sont des facs de droite, celle de Grenoble est colorée à gauche, pour diverses raisons (historiques, politiques…). Mythe ou réalité ? On a pris nos petites jambes, et on est montés sur le campus pour vérifier s’il était rouge, rose ou simplement gris.

Aurélien Martinez | Lundi 4 octobre 2010

Mercredi 29 septembre. Le campus grenoblois s'offre à nous. Ou plutôt ses étudiants, que l'on s'empresse d'alpaguer. « Votre fac vous semble-t-elle colorée politiquement ? » Après quelques réponses interloquées (« il nous veut quoi, lui ? »), on rencontre deux étudiantes en histoire qui nous livrent le discours que l'on attendait. « Bien sûr, le campus grenoblois est à gauche. Ça s'est vu au moment des grèves étudiantes, extrêmement suivies à Grenoble, plus que dans les autres facs je pense. D'ailleurs, il n'y a qu'à voir les syndicats étudiants : ils sont quasiment tous à gauche. »

Vérifications faites, on se rend compte en effet d'une prédominance locale des syndicats de gauche, et notamment de l'Unef, mastodonte national extrêmement bien implanté à Grenoble (ils revendiquent 700 adhérents). Gilles, secrétaire général adjoint de l'Unef Grenoble, justifie cet état de fait par une évidence : « Les étudiants, à mon avis, ont un problème quand ils sont de droite, ils n'ont pas compris quelque chose ! Être de gauche, c'est intrinsèque au milieu étudiant, on le voit à travers l'ensemble des campus : lors des élections universitaires, c'est toujours la gauche qui est plébiscitée. Jamais, dans l'histoire des universités, la droite n'a été plus importante que la gauche. »

D'où la quasi absence de syndicats de droite sur le campus grenoblois ? « Les étudiants de droite vont avoir plus de mal à défendre leur position, parce qu'à mon sens, c'est contraire à la réalité de ce qu'ils vivent au quotidien. L'idée d'ascenseur social, que l'on peut s'en sortir par quelque chose qui est organisé collectivement, est un thème ancré à gauche. Après, peut-être que dans les grandes écoles et les écoles privées, on va trouver plus naturellement une population qui sera de droite. »

Nouvelles manières ?

Pour savoir si c'est vraiment impossible d'être de droite sur le campus grenoblois, on part à la rencontre de quelqu'un de l'Uni, le syndicat de la droite universitaire. Surprise, l'Uni n'existe plus, ayant cédé la place au M-ét, le Mouvement des étudiants : une « nouvelle structure indépendante de tout parti et de tout gouvernement » nous explique leur site internet. Un changement pour essayer de se refaire une virginité en période clairement anti-sarkozyste, avec notamment une appellation plus neutre ?

Jorge et Jeremy nous répondent : « On voit que les mouvements clairement à gauche, avec une radicalisation – l'Unef, la FSE, la CNT… – n'arrivent plus à mobiliser les étudiants. Ce n'était donc pas l'envie de recommencer à zéro en s'offrant un nouveau visage, car quand on est revenus il y a quatre ans avec les blocages, l'Uni n'existait plus à Grenoble ; mais l'envie de faire autrement. Cette idée que le Bureau national lance des campagnes qui descendent vers les étudiants, ça ne passe plus aujourd'hui. On a justement voulu renverser cette tendance en définissant nous-mêmes nos problématiques en fonction des étudiants que nous avons en face de nous. »

Cette opposition avec une façon jugée ancienne de faire du militantisme étudiant est le credo du M-ét, qui espère ainsi détrôner l'Unef. Mais avec un discours de droite (bon courage les gars !) et, quoi qu'ils en disent, un fonctionnement tout de même très partisan (l'air de ne pas y toucher, ils ont tapé sur l'Unef plus d'une fois lors de l'interview).

Nouveaux engagements ?

Or, aux dires de pas mal de jeunes rencontrés, les étudiants seraient à gauche, mais ne le manifesteraient plus de la même manière qu'auparavant. « Il n'y a pas plus de politisation aujourd'hui qu'il n'y en avait avant – je pense même qu'il y en a plutôt moins. Mais se développe une autre forme d'engagement. Les structures politiques sont peut-être plus has-been que ce que peuvent être les structures associatives, qui permettent un engagement qui est très important et peut-être plus intéressant pour la société en général » assure Oliver Royer, directeur de l'Espace vie étudiante du campus, qui a mis en place une pépinière d'associations assez conséquente. Avec des thèmes estampillés à gauche : « On se retrouve clairement dans cette famille de l'économie sociale et solidaire – un mouvement de gauche –, mais on ne fait pas de politique. »

Et si l'on assistait là à une nouvelle forme d'engagement ? Ce que nous ont confirmé beaucoup d'étudiants rencontrés, comme Arnaud, tout juste arrivé à Grenoble pour sa première année universitaire : « Comme pas mal d'étudiants, je suis très proche des idées de gauche, sans pour autant avoir envie de m'enfermer dans une crémerie. Le développement durable, l'écologie, sont des thématiques qui me parlent. Et je pense que le milieu associatif peut faire bouger les choses. »

Plus qu'un repère de gauchos, le campus grenoblois semble donc simplement refléter un changement d'état d'esprit au niveau national (7 à 8% des salariés en France sont syndiqués – deux fois moins qu'il y a vingt-cinq ans ; et les syndicats étudiants subissent la concurrence de plus en plus forte des corpos et autre BDE, censés être apolitiques). Reste à savoir si, à force de vouloir bannir toute connotation strictement politique, on ne risque pas de ne plus avoir de vision d'ensemble, mais de simples regards morcelés. L'avenir nous le dira.

Encadré: l'avis du pro sur la question!

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Belles journées à Bachelard

SCENES | Le Prunier Sauvage lance la quatrième édition des Beaux Jours, un mini-festival organisé en préfiguration d’un plus vaste chantier : la création d’un pôle dédié aux arts du cirque et de la rue. On en a donc profité pour prendre quelques nouvelles de ce projet de longue date nommé Parc des Arts.

Hugo Verit | Vendredi 9 juillet 2021

Belles journées à Bachelard

Pendant le mois de juillet, Les Beaux Jours sont de retour au parc Bachelard : cinq soirées festives avec concerts, spectacles et ateliers, organisées par le Prunier Sauvage pour la quatrième année. Un événement qui s’inscrit dans le cadre de la préfiguration du Parc des Arts, le grand projet que les équipes du Prunier (mais pas que) portent vaillamment sur leurs épaules depuis 2015. « Nous souhaitons créer un pôle dédié aux arts du cirque et de la rue puisque ce genre de structure n’existe pas encore à l’échelle départementale et les besoins sont réels, détaille Brahim Rajab, directeur. Il s’agirait d’un tiers-lieu car nous voulons inclure les citoyens et ne pas les cantonner à une place de spectateur ou de consommateur. C’est aussi une façon d’investir de manière ambitieuse dans la culture sur un territoire comme le quartier Mistral (juste à côté du Prunier, ndlr) qui souffre d’une mauvaise image. » Pendant plus de cinq ans, les porteurs du projet ont multiplié les "apéros-chantiers" afin de fédérer des gens très différents (compagnies, urbanistes, artisans, restaurateurs, simples habitants du quartier…), ils ont mené des enquêtes pour établir les be

Continuer à lire

À la MC2, un mois de festival pour « retrouver le sens de la fête »

SCENES | Alors que pas mal de théâtres ont rouvert leurs portes avant la pause estivale pour quelques spectacles, la MC2 voit, elle, carrément en grand avec un festival d'un mois baptisé La MC2 en fête. Assurément l'événement de cette fin de saison, dont on a parlé avec le directeur des lieux, Arnaud Meunier.

Aurélien Martinez | Mardi 8 juin 2021

À la MC2, un mois de festival pour « retrouver le sens de la fête »

Quand avez-vous pensé ce grand temps fort ? Arnaud Meunier : J'y pensais depuis longtemps, c'était mon obsession des derniers mois. Une maison de la culture fermée au public, c'est dramatique. Il s'agit donc de retrouver le sens de ce que nous sommes profondément : un lieu d'art, de création et de culture pour toutes et tous. Et puis il se trouve que je suis également metteur en scène. Pendant les confinements, j'ai répété un spectacle fantôme qui n'a pas fait une seule représentation, donc je connais très intimement la souffrance qu'ont ressentie les artistes. Leur faire retrouver très rapidement le chemin du public me semblait capital. Beaucoup ont répondu présent, j'en suis ravi. Vous auriez pu programmer quelques spectacles en juin pour terminer la saison doucement en attendant la prochaine. Mais vous avez choisi une forme be

Continuer à lire

Une réouverture des salles de spectacle entre soulagement et perplexité

ACTUS | Après plus de six mois de fermeture, les salles de spectacle et les théâtres peuvent rouvrir leurs portes depuis le mercredi 19 mai. Mais si la reprise est largement saluée par les acteurs culturels, elle occasionne également de nouvelles problématiques pour les salles.

Sandy Plas | Lundi 17 mai 2021

Une réouverture des salles de spectacle entre soulagement et perplexité

Elle était attendue depuis plusieurs mois. Espérée début janvier, puis mi-avril, c’est finalement le 19 mai que les salles de spectacle pourront rouvrir leurs portes au public et proposer à nouveau concerts, pièces de théâtre, danse et rendez-vous de toutes sortes, mis à l’arrêt depuis la fermeture des lieux culturels le 30 octobre dernier. Annoncé fin avril, le calendrier progressif du déconfinement prévoit la réouverture des salles en trois temps, avec une première phase, du 19 mai au 9 juin, permettant l’accueil de 800 spectateurs maximum et une jauge à 35% de la capacité de la salle, une seconde phase, du 9 juin au 1er juillet, avec une jauge à 65%, et une levée des restrictions d’accueil à partir du 1er juillet. Mais si le déconfinement des lieux de spectacle est forcément une bonne nouvelle pour les spectateurs, les artistes et les acteurs culturels laissés sur le carreau pendant plus de six mois, la réouverture dans un contexte de fin de saison pose un certain nombre de questions. Au Théâtre municipal de Grenoble (TMG), qui regroupe le Grand théâtre, le Théâtre 145 et le Théâtre de poche, l’annonce de la reprise a été re

Continuer à lire

Derrière les portes du musée de l’Ancien Évêché

Reportage | Confrontées à la fermeture de leur musée depuis fin octobre, les équipes du musée de l’Ancien Évêché, situé place Notre-Dame, à Grenoble, continuent de faire vivre leurs projets, en attendant la réouverture.

Sandy Plas | Mardi 20 avril 2021

Derrière les portes du musée de l’Ancien Évêché

Dans la galerie des Évêques, au rez-de-chaussée du musée de l’Ancien Évêché, les bruits de pas des visiteurs ont laissé place depuis plusieurs mois au silence. Un étage plus haut, l’exposition Histoire de savoir(s), sur l’Université Grenoble Alpes, attend patiemment la réouverture du musée. Prête à accueillir le public depuis le 28 janvier, elle reste plongée dans le noir avant, enfin, le moment de son inauguration. « Un musée sans visiteur, c’est impensable », souffle Sylvie Vincent, conservateur en chef du patrimoine au musée depuis septembre 2020. Fermé depuis le 29 octobre, l'établissement a vu son nombre de visiteurs chuter au rythme des différents confinements. De 90 000 visiteurs en temps normal, la fréquentation atteignait timidement les 42 000 entrées l’an dernier. Alors, face à la situation inédite d’un musée dont les portes demeurent fermées, les six membres de l’équipe tentent de rester mobilisés : « C’est essentiel de maintenir la cohésion de l’équipe et de continuer à aller vers le public, sous d’autres formes », explique Sylvie Vincent, qui se r

Continuer à lire

Des étudiants à l’écoute

Solidarité | Ils n’ont pas voulu rester les bras croisés face au mal-être de certains de leurs camarades : des étudiants de l’Université Grenoble-Alpes ont lancé Alpaline, une ligne téléphonique d’écoute. Avec l’ambition qu’elle demeure active au-delà même du terme de la crise sanitaire. Explications.

Martin de Kerimel | Vendredi 19 février 2021

Des étudiants à l’écoute

Flashback : à la fin du mois d’octobre dernier, plusieurs associations présentes sur le campus grenoblois se réunissent et discutent du mal-être étudiant. Leur constat : les conséquences de la pandémie de coronavirus viennent accroître ce phénomène, déjà vivace du fait de la précarité sociale, de l’isolement physique, de la situation familiale ou de la rupture numérique subie par certains de leurs camarades. « Après avoir réfléchi à divers supports possibles, nous avons l’idée d’une ligne d’écoute », indique Alexis Fayolle, président d’Interasso Grenoble Alpes et trésorier d’Alpaline, l’association qui gère ce nouvel outil d’entraide. Comment fonctionne-t-il ? Très simplement : les vendredis, samedis, dimanches et lundis, de 20h à 23h, tout étudiant(e) peut appeler le 04 65 84 44 24 pour être accueilli par un(e) autre, avec bienveillance : « Nous ne souhaitons stigmatiser, ni juger personne. Notre but est que celui ou celle qui appelle puisse parler sans tabou, avec quelqu’un qui peut comprendre ses galères et répondre à ses questions. Cet accompagnement est gratuit. Il

Continuer à lire

« Aujourd’hui, nos théâtres sont de grandes gares où les trains restent à quai »

Crise du coronavirus | Lors de la conférence de presse du jeudi 14 janvier, le gouvernement, à travers la voix de la ministre de la culture Roselyne Bachelot, a expliqué que « la situation était trop instable pour évoquer une date de réouverture » des établissements culturels. Comment ce contexte lié à la crise du coronavirus est-il vécu par celles et ceux qui travaillent dans des théâtres de nouveau fermés au public depuis fin octobre ? Pour le savoir, nous avons interrogé Arnaud Meunier, tout frais directeur de la MC2, Cécile Guignard, directrice des relations avec le public et de la communication de l’Hexagone de Meylan, et Noémi Duez, directrice de l’Ilyade et responsable de la programmation culturelle des villes de Seyssinet-Pariset et Seyssins.

Aurélien Martinez | Vendredi 15 janvier 2021

« Aujourd’hui, nos théâtres sont de grandes gares où les trains restent à quai »

« On a mis beaucoup d’espoir dans ce référé-liberté [en décembre, des professionnels de la culture ont demandé au Conseil d’État la réouverture des salles de spectacle fermées depuis fin octobre pour raisons sanitaires – NDLR], on espérait même que ça passerait. Mais ça n’a pas été le cas. Même si le Conseil d’État a clairement dit que cette fermeture était une atteinte à la liberté de créer et que, donc, nos établissements ne pourraient pas être fermés dans la durée. C’est déjà ça. Il ne reste plus qu’à savoir quelle sera la longueur de la durée ! Pour l’instant, on n’en sait rien. » Voilà ce qu’a répondu d’emblée Cécile Guignard, directrice de la communication et des relations avec le public de l’Hexagone de Meylan, à notre première question : comment ça va dans votre théâtre ? Une situation pleine d’incertitudes qui pèse sur pas mal de professionnels du secteur culturel, à l’image d’

Continuer à lire

Blick Bassy et Dobet Gnahoré : l’Afrique et bien plus encore

MUSIQUES | Jeudi 22 octobre, on a rendez-vous à la Source avec deux artistes majeurs du paysage musical africain actuel.

Damien Grimbert | Mardi 20 octobre 2020

Blick Bassy et Dobet Gnahoré : l’Afrique et bien plus encore

C’est une création à ce jour inédite : d’un côté, deux artistes emblématiques de la diaspora africaine, Blick Bassy et Dobet Gnahoré, connus et célébrés aussi bien pour leurs talents de chanteurs et de compositeurs que pour leur paroles engagées et la fébrilité de leurs performances scéniques ; de l’autre, deux jeunes orchestres locaux regroupant près d’une cinquantaine de musiciens, Le Student Groove Orchestra et L’Orchestre des Campus de Grenoble, qui mettront leur talent en commun pour accompagner sur scène les deux artistes. Il faut dire aussi que les univers musicaux respectifs de ces derniers, riches d’un vaste chassé-croisé d’influences, se prêtent particulièrement bien à l’exercice. Grandi au Cameroun où il débute sa carrière dès les années 1990 avant de s’installer à Paris en 2005, Blick Bassy infuse ainsi volontiers ses compositions de teintes soul, folk, funk et pop, tandis que Dobet Gnahoré (en photo), née et élevée en Côte d’Ivoire avant de rejoindre la France en 1999, baigne sa musique dans un grand bain syncrétique où se rejoignent sonorités africaines mais également pop voire électroniq

Continuer à lire

"Tibet minéral animal" : pantois face aux panthères

ARTS | Organisée par le Muséum de Grenoble, l’exposition de l’Espace Prémol (Village Olympique) nous invite à découvrir le bestiaire tibétain à travers l’œil (et l’objectif) de l’un des photographes animaliers les plus palpitants qui soit : Vincent Munier.

Benjamin Bardinet | Mardi 20 octobre 2020

Chaque photographie de l'exposition Tibet minéral animal, à la recherche de la panthère des neiges est une révélation. On y trouve des animaux connus, comme des yacks ou des lapins dans des situations peu familières : en furie, fonçant droit sur l’objectif ou en pleine course tentant d’échapper à la mort. Dans des catégories plus exotiques, on pourra s’amuser du Chat Pallas dont la forme du visage évoque celui d’Alice au pays des merveilles, ou être intrigué par le regard menaçant légèrement bridé du renard tibétain qui n'est pas sans rappeler celui des effrayants Gardiens de la doctrine issus du bouddhisme tibétain. Mais bien sûr, par dessus tout, celle qui intrigue et que le photographe Vincent Munier a passé des semaines à guetter, c’est la fameuse panthère des neiges. Fascinante, elle adopte tour à tour des attitudes de fière impératrice, de Sphinx imperturbable, d’habile acrobate ou de gros chat trop mignon. Au regard de ces photographies, on imagine les heures d’attente interminable passées à l'affut tant le félin semble jouer à cache cache avec les roches – il nous faut en effet parfois plusieurs minu

Continuer à lire

Arnaud Meunier : « Je vois la MC2 comme une locomotive »

Nouvelle tête | On a appris cet été que le 1er janvier 2021, le metteur en scène Arnaud Meunier succédera à Jean-Paul Angot à la tête de la MC2, l’une des plus importantes scènes nationales de France. On l’a rencontré début septembre alors qu’il se rendait à ses premiers rendez-vous grenoblois (on passait juste avant la Ville de Grenoble) pour en savoir un peu plus sur son projet et ses envies.

Aurélien Martinez | Mardi 22 septembre 2020

Arnaud Meunier : « Je vois la MC2 comme une locomotive »

Pourquoi avez-vous décidé d’être candidat au poste de directeur de la MC2 ? Arnaud Meunier : Il y a plusieurs raisons. D’abord, ça fait maintenant dix ans que je suis dans la région puisque je dirige la Comédie de Saint-Étienne. Une région que je connaissais mal avant d’y arriver mais que j’ai appris à découvrir et dans laquelle je me sens aujourd’hui très bien, d’où l’envie très forte d’y rester. Ensuite, après dix ans d’aventure heureuse à Saint-Étienne, je voulais un nouveau défi tout aussi excitant. Dans le paysage régional, la MC2 me semblait passionnante, tant du point de vue historique que dans ses enjeux en 2020. C’est l’une des institutions françaises les plus richement dotées, elle a donc un rôle important dans l’économie du spectacle vivant et de la création. Et puis il y a Grenoble en tant que telle, qui me paraît elle aussi passionnante. C’est, par exemple, une ville qui concentre une moyenne de CSP+ plus importante que d’autres, et qui en même temps a des quartiers parmi les plus difficiles de France. Pour quelqu’un comme moi qui œuvre à la mixité des publics, à faire se rencontrer des gens dans les li

Continuer à lire

Arnaud Meunier nommé à la MC2

Nomination | C’est Arnaud Meunier qui succédera le 1er janvier 2021 à Jean-Paul Angot à la direction de la Maison de la Culture de Grenoble, Scène nationale. Il quittera ainsi la Comédie de Saint-Étienne qu’il dirige depuis 2011, ainsi que l’école supérieure afférente.

Nadja Pobel | Jeudi 16 juillet 2020

Arnaud Meunier nommé à la MC2

Arnaud Meunier est, par ailleurs, artiste metteur en scène. Ces dernières années, il a notamment dirigé Didier Bezace et Catherine Hiegel dans Retour au désert, Rachida Brakni (Je crois en un seul Dieu), qu’il a associée à Philippe Torreton dans J'ai pris mon père sur mes épaules de Fabrice Melquiot. Son travail sur la saga des Lehman Brothers, Chapitres de la chute (écrit par Stefano Massini) avait reçu, en juin 2014, le Grand prix du syndicat de la critique. Arnaud Meunier avait récemment été candidat malheureux au TNP de Villeurbanne. À Grenoble, il a été préféré à Christophe Floderer (directeur adjoint de la Comédie de Valence sour l'ère de Richard Brunel), Marie-Pia Bureau (directrice de l'Espace Malraux, Scène nationale de Chambéry Sav

Continuer à lire

Nouveau chapitre

Lectures | La lecture a été pour beaucoup un moyen d’évasion pendant le confinement. Aujourd’hui, la réouverture des bibliothèques et librairies enthousiasme de nombreux lecteurs. Ces structures nous en disent plus sur leurs conditions de reprise.

Nathalie Gresset | Mardi 9 juin 2020

Nouveau chapitre

« Beaucoup de personnes sont venues à la librairie depuis le 12 mai. Elles étaient contentes de nous retrouver et certaines avaient choisi d’attendre qu’on rouvre pour acheter des livres chez nous. C’était très émouvant. » Cet enthousiasme des lecteurs que constate Gaëlle Partouche, gérante des Modernes, a aussi été observé par d’autres libraires de la ville. « Les clients nous ont communiqué leur joie de revenir dans un lieu qui leur est cher et dont on mesure d’autant plus l’importance après une période de privation. Le fait que les librairies soient l’un des premiers lieux de culture à rouvrir participe à cette impression d’engouement », note Claire Criscuolo, directrice de la librairie Arthaud. Pendant le confinement, certaines boutiques avaient mis en place un système de retrait de livres, réservés en amont, et pouvaient déjà constater la très grande attente des lecteurs. «Quand on a instauré ce dispositif fin avril, la queue des personnes venant chercher leur commande faisait presque 100 m, remarque Nicolas Trigeassou, à la tête de la librairie Le Square.On a réalisé à quel point on était attendu. On a aussi reçu de nombreu

Continuer à lire

Rendez-vous à Prémol

Débats | Des MJC et plusieurs associations socio-culturelles de Grenoble se mobilisent pour interpeller les candidats à l'élection municipale. Un rendez-vous est prévu au Théâtre Prémol le 26 février.

Martin de Kerimel | Mardi 4 février 2020

Rendez-vous à Prémol

Entendre les propositions des candidats : c’est également l’intention d’un collectif réunissant les MJC et plusieurs associations grenobloises. Ces structures viennent de publier un manifeste de 17 pages « pour dresser un bilan de leurs actions, témoigner de leurs difficultés et émettre des propositions pour améliorer leur impact, leurs conditions de travail et la relation partenariale avec la Ville ». Une base de travail qui doit nourrir une rencontre le mercredi 26 février, au Théâtre Prémol, à laquelle le collectif invite toutes les listes en lice. Christine Alofs, éducatrice spécialisée et porte-parole du collectif, affiche une volonté de co-construction entre les acteurs. Elle estime important, après l’élection, de partir sur de bonnes bases, la taille d’une collectivité publique pouvant compliquer les ajustements politiques opérés au cours du mandat. « Ce qui est important pour nous, c’est de ne pas sacrifier l’avenir de nos enfants, indique-t-elle. Il y a urgence à agir face à l’individualisation de la société et il faut notamment résister afin qu’ils ne passent pas toute leur vie devant un écran. Nous défendons donc l’éducation populaire,

Continuer à lire

Soir de débat à l’Ampérage

Municipales | Un mois et demi avant le premier tour, la salle du cours Berriat a accueilli, mardi 29 janvier, sept des candidats à l’élection. Une soirée qui a permis aux intéressés d’évoquer, deux grosses heures durant, leur programme culturel, à partir de questions posées par les professionnels.

Martin de Kerimel | Mardi 4 février 2020

Soir de débat à l’Ampérage

L’invitation émanait de l’Ampérage, au nom du collectif Résonance et de Cap Berriat. Avec une entrée libre (dans la limite de la jauge habituelle), la salle était déjà presque remplie quand les discussions ont commencé. On y a vu des représentants de la Bobine et de l’association Retour de Scène, l’ancien directeur du Centre chorégraphique national… En tout, une centaine de personnes intéressées. Côté candidats, Éric Piolle, le maire sortant, était présent, face à six de ses adversaires – représentant cinq listes – : Alain Carignon, Émilie Chalas, Raphaël Juy, Olivier Noblecourt, Lisa Poget et Kévin Duval. Le compteur de décibels, lui, est resté sage : les rares applaudissements et huées n’ont pas perturbé le public debout, à l’écoute de ce que les uns et les autres avaient à dire. Même si ça n’a pas toujours été rock’n’roll… Questions de terrain Que retenir de cette soirée ? Que la campagne sera disputée à couteaux tirés, les candidats s’écartant parfois du sujet des débats pour échanger des piques sur d’autres thématiques (ou sur leur CV). Que la définition même d’une bonne politique municipale en matière de culture divise. Et qu’elle reste un sujet impor

Continuer à lire

"Seules Les Bêtes" : col de la Croix mourant

Cinema | De Dominik Moll (Fr.-All., 1h57) avec Denis Ménochet, Laure Calamy, Valeria Bruni Tedeschi…

Vincent Raymond | Mardi 3 décembre 2019

Une petite communauté montagnarde gelée par l’hiver. La disparition d’une femme provoque des réactions contrastées : indifférence du rude Michel, suspicion de son épouse Alice qui pense que son amant, le solitaire Joseph, n’est pas étranger à l’affaire. Elle n’a pas forcément tort… Retour gagnant pour l’efficace Dominik Moll, toujours à l’aise dans les ambiances psychologiquement glaçantes : le polar de Colin Niel semblait écrit pour qu’il s’empare de ses personnages tourmentés, emmitouflés sous plusieurs couches de peaux et de vêtements, et qu’il compose autour de chacun d’entre eux un chapitre (autant dire un fragment) de l’histoire globale, en variant les points de vue. Comme dans Rashōmon de Kurosawa, chaque protagoniste fabrique sa vérité à partir de faits objectifs, de conjectures et de sa propre part de ténèbres. Une situation donnée pour suspecte dans une séquence se révèlera ainsi totalement anodine dans l’autre… mais l’inverse se vérifiera encore plus souvent. Portrait d’une région rurale d’altitude standard (en proie à ses difficultés économiques ordinaires, à la saisonnalité touristique, à

Continuer à lire

Orchestre universitaire de Grenoble : sur des airs connus…

Concert | L'ensemble propose un concert autour des plus belles musiques de films. Un rendez-vous proposé le 29 novembre ou le 1er décembre.

Martin de Kerimel | Mercredi 27 novembre 2019

Orchestre universitaire de Grenoble : sur des airs connus…

Vous connaissez la chanson : il se trouvera toujours une fichue ritournelle pour nous rester en tête des heures durant, au risque de plomber notre journée. Du côté de l’Orchestre universitaire de Grenoble, les bandes originales classiques sont garanties : de La Guerre des étoiles à Hook, en passant notamment par Pirates des Caraïbes, L’Homme qui en savait trop ou Il était une fois dans l’Ouest, la programmation s’adresse aux mélomanes comme aux néophytes. Parmi les compositeurs ainsi mis à l’honneur, John Williams et James Horner côtoieront Ennio Morricone. Mention spéciale pour le maestro italien, dignement représenté par l’une de ses voix les plus connues : la soprano Susanna Rigacci, régulièrement invitée à la Scala de Milan. En pareille compagnie, on peut d’ores et déjà se convaincre que la salle Olivier-Messiaen vibrera à l’unisson ! MK

Continuer à lire

"Papicha" : liberté, j’écris ton non

ECRANS | De Mounia Meddour (Fr.-Alg.-Bel.-Qat., 1h45) avec Lyna Khoudri, Shirine Boutella, Amira Hilda Douaouda…

Vincent Raymond | Mardi 8 octobre 2019

Alger, début des années 1990. Alors que le pays s’enfonce durement mais sûrement dans la terreur, la jeune étudiante Nedjma résiste à sa manière, continuant à affirmer ses désirs de femme libre et indépendante. Mais jusqu’à quand le pourra-t-elle ? Ce brillant portrait d’une "papicha" ("beau brin de fille") à une époque où il ne faisait pas bon être femme ni revendiquer son autonomie résonne terriblement aujourd’hui : la violence ne s’exerce plus directement par les armes mais la pression sociétale est devenue telle que beaucoup d’entre elles ont intériorisé la menace religieuse et masculine. Nedjma apparaît comme une rebelle quand tous les autres jeunes de son âge (filles ou garçons) se soumettent en se voilant ou en préparant leur exil de l’autre côté de la Méditerranée ; tous composent avec les privations de liberté qui s’annoncent, sans même les contester. Sauf Nedjma, donc, qui ironiquement est la seule à manifester un attachement profond à ce pays qui lui veut tant de mal. Près de trente ans après les faits, les blessures algériennes ne sont toujours pas refermées, loin s’en faut. En témoigne le récent soulèvement populaire ay

Continuer à lire

Le dancefloor au scalpel à la Belle électrique

Semaine thématique | On déroule le sommaire de la "semaine du dancefloor" qu'organise la salle grenobloise du mardi 18 au vendredi 21 juin

Damien Grimbert | Mardi 11 juin 2019

Le dancefloor au scalpel à la Belle électrique

Après, entre autres, le punk et les musiques populaires jamaïcaines, c’est cette fois au dancefloor de faire l’objet d’une semaine thématique à la Belle électrique. Au programme, on retrouvera ainsi mardi 18 une projection du documentaire "historique" (il fut diffusé pour la première fois sur Arte en 1996) Universal Techno de Dominique Deluze, qui retrace la genèse du genre à Détroit en compagnie de ses trois pères fondateurs : Juan Atkins, Derrick May et Kevin Saunderson. Un gros morceau, au même titre que la conférence du lendemain (mercredi 19 donc), qui réunira Michel Amato alias The Hacker et Jean-Yves Leloup, l’un des meilleurs critiques et journalistes français dans le domaine des musiques électroniques (on vous recommande chaudement ses passionnants ouvrages parus chez l’éditeur Le Mot et Le Reste), et accessoirement curateur de la récente exposition-événement Électro, de Kraftwerk à Daft Punk en place à la Philharmonie de Paris. Jeudi 19, place à une soirée dansante au bar de la Belle électrique chorégraphiée et mise en scène par Yannick Siméon

Continuer à lire

Les trois soirées de la mi-juin

Soirées | Suivez-nous au Vieux Manoir, à l'Ampérage et à la Bobine.

Damien Grimbert | Lundi 10 juin 2019

Les trois soirées de la mi-juin

14 & 15.06.19 > Vieux Manoir Manoir Solidaire C’est le genre d’initiative qu’on ne peut que cautionner : vendredi 14 et samedi 15 juin au club le Vieux Manoir, l’entrée sera délivrée gratuitement en échange d’une denrée alimentaire non périssable (riz, pâtes, conserves…) qui sera reversée aux Restos du cœur. L’occasion rêvée de découvrir aux platines un line-up composé de quelques-unes des principales forces vives de la scène électronique locale, avec Tauceti (photo), Jissbass et Endrik Schroeder le vendredi, et Easy Tiger, Vouiz, Polaar et Sinnermen le samedi. 15.06.19 > Ampérage Subversion #7 Lancées à l’automne dernier, les soirées Subversion du collectif The Dare Night auront vu en l’espace de six éditions défiler la crème de la nouvelle scène techno, indus et EBM européenne, dans une ambiance exaltée. Pour ce septième et ultime volet en forme de bouquet final, c’est le Berlinois Inhalt der Nacht qui tiendra le haut du pavé avec un DJ-set de 3h. Également au line-up, deux lives haute intensité, l'un signé par le duo toulousain Imperial Black Unit et l'autre par

Continuer à lire

Une Université Inter-Âges du Dauphiné pour « créer du lien social entre les âges »

ACTUS | Pendant trois jours, l’Ancien Musée de peinture de Grenoble ouvre ses portes à l’UIAD (dont les activités sont majoritairement à vocation culturelle), pour découvrir certaines de ses réalisations et, surtout, le système de cette association qui a pour noble mission de « favoriser l'épanouissement intellectuel et culturel de ses adhérents ». Son directeur Cédric Mazzone nous en dit un peu plus.

Alice Colmart | Mardi 21 mai 2019

Une Université Inter-Âges du Dauphiné pour « créer du lien social entre les âges »

Reliure, peinture à l’acrylique, peinture sur bois… Pendant trois jours, environ 80 exposants pourront donner de la visibilité à leur travail réalisé au sein de l’Université Inter-Âges du Dauphiné (UIAD). Une exposition organisée à l’Ancien Musée de peinture (place de Verdun) qui, en plus d’être une vitrine sur les activités de l’association, lui offre également l’occasion de donner une idée de son fonctionnement : « comment entrer – devenir membre s'acquiert par une cotisation annuelle –, ce que l’on y trouve » nous explique son président Cédric Mazzone avant de revenir sur son histoire. « L’UIAD a été créée en 1977 et compte à ce jour environ 6550 membres et 230 enseignants qui proposent, dans divers lieux de Grenoble et de son agglo, de nombreux cours. » Plusieurs relèvent du domaine artistique, mais il existe également des leçons de mathématiques, de géologie, d’histoire… Avec l’idée, comme le précisent les statuts de l’association, « de favoriser l'épanouissement intellectuel et culturel de ses adhérents et le plaisir d'apprendre». « Ne pas opérer de distinction entr

Continuer à lire

Quand les étudiants mènent la danse au Festival culturel interuniversitaire Rêve(s)

Festival | Après avoir exploré les confins de l’infini l’an dernier, le Festival culturel interuniversitaire revient cette année du 26 mars au 3 avril, à Grenoble et sur le campus de Saint-Martin-d’Hères, pour une 13e édition avec le(s) rêve(s) comme horizon. Une programmation « insolite et éclectique » dont Julien Vaccari, l’un des responsables de cette aventure, nous parle plus en détail.

Nathalie Gresset | Lundi 25 mars 2019

Quand les étudiants mènent la danse au Festival culturel interuniversitaire Rêve(s)

Albert Camus disait (oui, on a des références classes) : « Il faut savoir se prêter au rêve lorsque le rêve se prête à nous. » C’est à ce voyage dans le monde des songes que nous convie le Festival culturel interuniversitaire, qui rayonne à Grenoble et sur le campus de Saint-Martin-d’Hères du mardi 26 mars au mercredi 3 avril. « Après des thèmes assez sombres comme "Mortel" et "Monstre", on avait envie, pour cette 13e édition, d’un fil rouge plus joyeux, léger, d’où le choix de "Rêve(s)". Et comme on ne voulait pas enfermer le mot dans une définition, on l’a décliné au pluriel » explique Julien Vaccari, chargé de projets à la Communauté d’universités et établissements (Comue) Université Grenoble Alpes, qui organise l’événement et élabore la programmation culturelle Un Tramway nommé culture – qui, pour info, a 30 ans cette année. Expos, soirées, conférences… Pour dépeindre les différentes facettes de ce thème éthéré, la Comue a coordonné, en partenariat

Continuer à lire

Longues-vues au festival Vues d'en face

ECRANS | Zoom sur la nouvelle édition du festival international du film LGBT+ prévue du vendredi 15 au mardi 19 mars au Club.

Aurélien Martinez | Mardi 12 mars 2019

Longues-vues au festival Vues d'en face

Dix-neuvième édition déjà pour Vues d’en face, le « festival international du film LGBT+ » dont le cœur battant se déroule au Club, mais qui essaime également ici (des bibliothèques par exemple) et là (dans des lieux d’exposition) histoire de toucher un maximum de public. Et de lui donner à voir des propositions centrées sur les questions LGBT, encore trop secondaires dans le cinéma mainstream – au pif, combien de personnages homosexuels dans les films qui sortent chaque semaine en salle ? Alors si, au fil des ans, le festival a réduit la voilure (on est maintenant sur cinq jours de projection au Club) et crée de facto moins l’événement, il reste tout de même un temps fort de la vie culturelle locale, notamment parce qu’il donne à voir des longs-métrages étrangers souvent difficilement visibles. Comme celui qui fera l’ouverture au Club : Kanarie de Christiaan Olwagen, sur un jeune homme blanc en Afrique du sud qui va se découvrir… et surtout découvrir ce à quoi il participe implicitement. Ou encore celui qui, présenté en clôture, a reçu le Queer Lion lors d

Continuer à lire

"Les Estivants" : congés rayés pour la grande Valeria Bruni Tedeschi

ECRANS | de & avec Valeria Bruni Tedeschi (Fr-It, 2h08) avec également Pierre Arditi, Valeria Golino, Riccardo Scamarcio…

Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

Son compagnon venant de la quitter, Anna (Valeria Bruni Tedeschi) se trouve fragilisée. Pas les meilleures dispositions pour écrire son nouveau film, ni pour passer des vacances dans la villa de sa richissime famille, entre souvenirs, fantômes et vieux différends. Et si du chaos naissait pourtant un nouvel ordre ? Sur le papier, ce film cumule les handicaps : quel intérêt pourrait-on éprouver à suivre, après Il est plus facile pour un chameau... et Un château en Italie, une énième variation sur les désarrois intimes et les relations compliquées de la cinéaste avec sa fameuse sœur et le non moins célèbre époux de celle-ci, de surcroît dans leur lieu de villégiature ? Ne nous permettrait-elle pas là de satisfaire un trivial goût pour l’indiscrétion, comme si l’on feuilletait une version respectable (et autorisée) d’un magazine people ? Pourtant, on est vite gagnés par cet effet de dédoublement et de distance qu’elle s’impose. Par l’emboitement des mises en abyme et des échos rebondissant de film en film, également, d’une grande complexité théorique : les trois œuvres, indépendantes, forment un ensemble discont

Continuer à lire

"Pig" : ironie d’Iran

ECRANS | de Mani Haghighi (Irn, 1h48) avec Hasan Ma'juni, Leila Hatami, Leili Rashidi…

Vincent Raymond | Mardi 4 décembre 2018

Réalisateur iranien en panne de tournage et condamné à la pub, Hassan Kassami en a gros sur l’ego : un tueur en série s’attaque à ses prestigieux confrères, les décapitant après les avoir occis. Hassan en viendrait presque à provoquer le dément pour être rassuré sur son statut… Cas de conscience, Trois visages, La Permission et maintenant Pig… L’année qui s’achève aura décidément été particulièrement faste du côté du cinéma iranien qui, pour des raisons aisément compréhensibles, se trouve plutôt cantonné dans des formats réalistes – qu’il s’agisse de fictions ou de documentaires. La proposition du réalisateur Mani Haghighi tranche, si l’on ose, avec la tonalité habit

Continuer à lire

"Les Mondes inconnus" : l'univers à portée de main

Exposition | Dans le cadre du programme d’événements scientifiques "Une saison dans les étoiles", l’exposition fortement axée jeune public "Les Mondes inconnus", qui se tient à la Casemate, au Muséum et sur le campus, permet d’explorer les sciences si mystérieuses que sont celles de l’univers. On l'a visitée.

Alice Colmart | Mardi 16 octobre 2018

L’exposition Les Mondes inconnus étant découpée en trois parties présentées dans trois lieux distincts, il faut donc faire un choix pour la débuter. Pour nous, le décollage fut à la Casemate. « Pour que les enfants comprennent comment ça se passe dans l’espace, il faut que ce soit interactif. Beaucoup de choses vont leur permettre de découvrir et de chercher » : voilà ce que nous a expliqué à notre arrivée Élodie Weber, chargée de communication du fameux centre de culture scientifique, technique et industrielle grenoblois. Ainsi, pour commencer, un espace pour « se localiser » propose des manipulations consistant à replacer les planètes dans un tableau de bois qui illustre le système solaire. Et pour avoir une idée précise de la manière « dont on observe le ciel » est exposé à ses côtés un véritable télescope donné par le Groupe d'astronomie du Dauphiné. Dans la deuxième partie, « on voyage ». On entre dans une navette spatiale dans laquelle on observe différents corps célestes (« une étoile, le soleil, une lune, un astéroïde… ») ainsi que différents cailloux (« les cailloux de

Continuer à lire

Où voir de la culture sur le campus grenoblois ?

ACTUS | Étudiants fraîchement débarqués à Grenoble ou installés depuis belle lurette mais pas très au fait de l'actualité culturelle locale, réjouissez-vous : le campus grenoblois regorge de salles et lieux culturels riches en propositions et disséminés un peu partout sur le domaine universitaire et au-delà. Rapide tour d'horizon.

Sandy Plas | Mardi 2 octobre 2018

Où voir de la culture sur le campus grenoblois ?

Sur le domaine universitaire L’Est On commence par la petite nouvelle, inaugurée l’an dernier, juste à côté d’Eve (l’Espace vie étudiant) : l’Est, pour Espace scénique transdisciplinaire. Un bâtiment qui dispose d’une salle de spectacle de 150 places afin d'accueillir des propositions étudiantes ou professionnelles, mais pas seulement. On y trouve également quatre studios de répétition, pour la danse, la musique et le théâtre, utilisés par les étudiants dans le cadre de leurs cours et par les assos étudiantes, dans leurs projets de création. 675 avenue centrale – campus / Tram B, C station Gabriel Fauré L’Amphidice

Continuer à lire

Un Orchestre universitaire de Grenoble pour « donner aux jeunes l’occasion de reprendre confiance en la musique »

ACTUS | Alors que l'Orchestre universitaire de Grenoble continue de recruter de nouveaux musiciens amateurs pour 2018-2019, on a rencontré Patrick Souillot, son directeur musical. La saison s’annonce chargée, alors en avant maestro !

Alice Colmart | Mardi 2 octobre 2018

Un Orchestre universitaire de Grenoble pour « donner aux jeunes l’occasion de reprendre confiance en la musique »

Tous les mardis à 20h30, de doux airs musicaux s’échappent du 1 rue du Vieux-Temple à Grenoble, et plus précisément de la Salle Morillot où l'Orchestre universitaire de Grenoble répète. Créé en 1977 par des professeurs d’université et des chercheurs du CNRS, cet ensemble à l’origine destiné au personnel universitaire du campus a très vite conquis les étudiants. Car ici, ni le niveau, ni l’âge ne compte : chacun est libre de venir avec son instrument, et il n’y a pas de sélection à l’entrée. « L’idée principale était de donner aux jeunes l’occasion de reprendre confiance en la musique. Beaucoup ont abandonné pendant deux ans, lors de leur classe prépa par exemple. Travailler dans un collectif aide à reprendre plus facilement » explique Patrick Souillot, son chef d'orchestre également à la tête de la Fabrique Opéra (qui, chaque printemps au Summum, cherche à démocratiser l’opéra). Amateur, ouvert à tous mais pas laxiste, l’orchestre ne lésine pas sur l’exigence nous assure son patron. « C’est un orchestre avec une politique d’encadrement, des chefs professi

Continuer à lire

Une toile sous les étoiles : notre sélection de films en plein air pour cet été

Sélection | Des amis et/ou de la famille, le soleil qui se couche, une petite couverture pour s’asseoir, un écran géant et des bons films : comme chaque été, les communes de l’agglomération grenobloise proposent plusieurs séances de cinéma en plein air à celles et ceux qui ne passent pas les deux mois d’été au bord de la mer (ou ailleurs). Sélection du meilleur, en toute subjectivité bien sûr.

La rédaction | Mardi 3 juillet 2018

Une toile sous les étoiles : notre sélection de films en plein air pour cet été

L’Ascension Lundi 9 juillet à Échirolles (Village Sud, placette Pôle Jacques-Prévert) Lundi 30 juillet à Saint-Martin-d’Hères (terrain sportif Henri Maurice) Vendredi 17 août à Saint-Égrève (parc de l'Hôtel de Ville) Jeudi 30 août à Eybens (devant le CLC) L’an passé sortait en salle ce feel-good movie multipliant les plans plein cadre sur des personnages aux mines réjouies et bienveillantes, respirant l’air pur des montagnes et le bonheur de vivre. Soit l’histoire d’un jeune gars de Saint-Denis parti sans préparation aucune à l’assaut de l’Everest afin de conquérir la fille dont il est épris. Pas révolutionnaire, mais sympathique… Ma vie de courgette Mercredi 11 juillet à Fontaine (parc de la Poya) Jeudi 12 juillet à Grenoble (jardin du Musée de l’Ancien Évêché) Jeudi 19 juillet à Grenoble (parc Soulage) Jeudi 2 août à Crolles Là, on est sur l’un des meilleurs films de 2016 grâce à sa délicatesse, sa sensibilité dépourvue de sensiblerie et son

Continuer à lire

Théâtre municipal de Grenoble : « On est au tout début de quelque chose »

ACTUS | Encore des changements du côté du Théâtre municipal de Grenoble qui va accueillir deux artistes en résidence dès la saison prochaine (Pascale Henry et Julie Desprairies). Et va véritablement clarifier la nouvelle ligne artistique qui prend forme depuis plusieurs saisons.

Aurélien Martinez | Mardi 29 mai 2018

Théâtre municipal de Grenoble : « On est au tout début de quelque chose »

Ça (se) cherche en matière culturelle du côté de la municipalité de Grenoble depuis l’élection de l’équipe Piolle en 2014. Et ça (se) cherche notamment autour de la question du Théâtre municipal, approchée d’abord timidement avant de devenir un axe de travail majeur pour la direction des affaires culturelles de la Ville et l’adjointe aux cultures Corinne Bernard. Avec deux décisions marquantes : celle, en 2015, de véritablement rattacher les deux théâtres du bout du cours Berriat (le 145 et le Poche) au Théâtre municipal (ils étaient auparavant gérés par le collectif d’artistes Tricycle, débarqué houleusement) ; et celle, qui a pris forme progressivement depuis deux saisons, de demander à l’équipe dirigeante de faire une programmation moins estampillée théâtre de boulevard privé – ce qui était le créneau de la salle depuis pas mal de temps. « Pour moi, un théâtre municipal doit remplir des missions de service public, et du coup il ne peut pas fonctionner comme un théâtre privé

Continuer à lire

"La Vase" : oui, comme la photo le montre, ceci est bien un spectacle sur la vase

Théâtre | Rendez-vous mardi 15 et mercredi 16 mai à l'Hexagone de Meylan pour vivre la curieuse expérience sensorielle proposée par Pierre Meunier et Marguerite Bordat.

Nadja Pobel | Mercredi 2 mai 2018

À l'Ensatt, fameuse école de théâtre lyonnaise, ils viennent d'emmener les élèves de troisième année là où ils vont peu : sur un terrain quasi-muet, celui des éléments (le noir, le vide...), pour explorer la peur dans !!!. Depuis des années, Pierre Meunier, Marguerite Bordat et leur compagnie La Belle Meunière jouent avec la matière, observent comment elle réagit. Le Tas hier, La Vase aujourd'hui. Ce spectacle serait une conférence s'il n'était pas avant tout une aventure, le personnage principal étant cette cuve centrale regorgeant d'un liquide qui ne va cesser de se transformer au point de régurgiter l'Homme. Au commencement pourtant, des scientifiques (ou supposés tels) pénètrent dans un laboratoire qu'il faut « sécuriser » – gérer la surpression, la dépression… Et déjà le vocabulaire des sciences dures côtoie celui des sciences humaines. C'est le fil rouge d'une proposition qui, parfois, s'auto-commente inutilement (ainsi entend-on « qu'y a-t-il de plus malléable, instable que l'existence ? » alors que précisém

Continuer à lire

Punish Yourself : luminothérapie dark

Concert | Le groupe toulousain sera vendredi 27 avril sur la scène de l'Espace culturel René Proby de Saint-Martin-d'Hères.

Stéphane Duchêne | Mardi 24 avril 2018

Punish Yourself : luminothérapie dark

Lorsqu'il se produit en concert au Hellfest ou ce genre d'événement où la nuit et les ténèbres l'emportent, le groupe toulousain Punish Yourself fait office de lumière au bout du tunnel. Et pour cause : ses membres sont recouverts des pieds à la tête de peinture fluorescente – même s'ils ont un temps tourné en noir et blanc. Musicalement aussi, Punish Yourself offre une version assez colorée de ce qui fait le genre dark, à base de cyberpunk (les crêtes sont de rigueur) et d'électro-glam-indus étrangement festive – si l'on inclut dans "festif" une légère charge SM et un côté "war boy" à la Mad Max. C'est que le groupe est largement influencé par la techno et entend faire danser – il compte d'ailleurs une danseuse dans son line-up, chose plutôt rare dans ces esthétiques. La limite de la chose étant qu'il vaut mieux éviter d'aller voir Punish Yourself en plein air et de jour. Ce ne sera heureusement pas le cas lors de leur prestation à l'Espace culturel René Proby de Saint-Martin-d'Hères le vendredi 27 avril. Tant mieux.

Continuer à lire

"Les Municipaux, ces héros" : rien n'est dans le titre

ECRANS | de et avec Éric Carrière & Francis Ginibre (Fr, 1h28) avec également Bruno Lochet, Sophie Mounicot, Lionel Abelanski...

Vincent Raymond | Lundi 23 avril 2018

À leurs débuts, les Chevaliers du Fiel s’étaient sans doute baptisés ainsi par dérision, en clin d’œil gamin à la série qu’ils devaient idolâtrer minots. Le temps a depuis filé, faisant son office délétère : il a ainsi comblé le duo de succès. Tant mieux pour eux. Mais les comiques ont dû sacrifier au passage un petit quelque chose en échange de cette bonne fortune. Oh, trois fois rien quand on ne s’embarrasse pas d’un semblant de dignité : leur conscience. Las, non contents de l’oublier sur le petit écran, les deux lurons l’omettent aussi sur le grand, en reprenant leurs boucs émissaires favoris : les employés communaux, assimilés à des parasites ultimes entretenus par les représentants corrompus de la collectivité et jamais satisfaits de leurs privilèges indus. D’une rare abjection poujadiste, ce long-métrage vomit à jet continu de la haine sociale sous couvert de "galéjade". Ni farce, ni satire, c’est une attaque mesquine enfilant les clichés anisés sur les planqués, les syndicalistes, les placardisés, les guichetiers des administrations se régalant d’abuser de leurs prérogatives en sirotant les cafés qu’ils n’ont pas encore subtilisés – avec pour p

Continuer à lire

Un Festival culturel interuniversitaire vers l’infini et au-delà

Festival | Zoom sur la nouvelle édition de la grosse manifestation pilotée par la fac et prévue du mercredi 28 mars au jeudi 5 avril.

Aurélien Martinez | Mardi 27 mars 2018

Un Festival culturel interuniversitaire vers l’infini et au-delà

Le Festival culturel interuniversitaire, c’est un nom assez académique pour une manifestation finalement libre dans la forme et dans l’esprit. Rien que le choix du thème le démontre : après "les monstres" l’an passé, "givré" en 2016 ou encore "au poil" en 2014, c’est au tour de "l’infini" d’être mis en avant. Un fil rouge imagé qui offre une grande liberté de programmation, tout (ou presque) rentrant dans cette case assez vaste – comme le gros concert autour de Marvin Gaye et la soirée dédiée au cinéma mexicain, c’est dire. Pendant neuf jours, la Communauté d’universités et établissements (Comue) de l’Université Grenoble Alpes, le service culturel de la fac (le fameux Tramway nommé culture) et divers organisateurs (le Crous, des associations étudiantes…) ont prévu un programme large de chez large, qui débutera mercredi 28 mars avec la toujours très atte

Continuer à lire

"Normandie nue" : tout nu et tout mal fagoté

ECRANS | de Philippe Le Guay (Fr., 1h45) avec François Cluzet, Toby Jones, François-Xavier Demaison…

Vincent Raymond | Dimanche 7 janvier 2018

Pour attirer l’attention du monde entier sur sa commune où les éleveurs et paysans n’en finissent plus de crever à petit feu, un maire accepte la proposition d’un artiste américain souhaitant photographier ses concitoyens nus dans un champ. Il lui reste juste à les convaincre… Transposer la démarche de Spencer Tunick sur une communauté en pleine lutte sociale, voilà qui aurait pu faire un bon Ken Loach. Sauf que c’est un Philippe Le Guay (Les Femmes du 6e étage, Alceste à bicyclette, ...). Et que le cinéaste français a des ambitions de téléfilm, préférant à une comédie à enjeu dramatique des plans brumeux bucoliques, une surabondance de protagonistes vêtus de chemises à carreaux et des sous-intrigues de clocher éculées. Certes, pour la caution sociale, il glisse bien de-ci de-là une allusion aux cours de la viande, à la concurrence germano-roumaine, aux grandes surfaces ou encore à l’usage des produits phyt

Continuer à lire

PB d'or 2017 : spectacle vivant

C'était 2017... | Avec une nouvelle initiative passionnante et un théâtre qui change.

Aurélien Martinez | Mardi 19 décembre 2017

PB d'or 2017 : spectacle vivant

Le PB d’or de l’initiative enthousiasmante : les Grands rassemblements Fin décembre 2016, Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois, les deux nouveaux directeurs du Centre chorégraphique national de Grenoble, lançaient à la MC2 la première édition d’une drôle d’aventure : les Grands rassemblements, « temps partagés avec le public » construits autour de spectacles, de performances, d'ateliers, d'échanges… En envahissant deux soirs de suite tous les lieux du théâtre, des salles de spectacle aux studios en passant par le bar et le hall, les artistes qu’ils ont invités (principalement des chorégraphes et des circassiens) ont proposé un moment d’une grande intensité pour le public, qui n’avait qu’à se laisser porter par le mouvement – et s’émouvoir devant le concert de Yaël Naim avec des circassiens, l’une des plus belles choses vues ces dernières années. Logique donc que nous ayons mis en "une" du journal en mai dernier

Continuer à lire

Changement de décor pour l’artothèque municipale de Grenoble

ACTUS | Après de nombreuses années à la bibliothèque Kateb Yacine, dans Grand'place, l’artothèque fait murs neufs ! Depuis le 5 septembre, le service de prêt d’œuvres de la municipalité a investi le rez-de-chaussée de la Bibliothèque d’étude et du patrimoine, à Chavant. Retour sur cette migration et, plus largement, le fonctionnement de cette institution trop méconnue.

Charline Corubolo | Mardi 26 septembre 2017

Changement de décor pour l’artothèque municipale de Grenoble

Dans les années 1960, l’histoire de l’art connaît un bouleversement plastique frénétique avec l’explosion des médiums : photographie, vidéo, installation, performance... Pluralité et diversité sont sur le devant de la scène : c’est l’avènement de l’art contemporain. Afin de faire découvrir cette nouvelle richesse créative, la municipalité grenobloise crée donc rapidement une artothèque. Dès 1976, ce nouveau service constitue une collection couvrant les années 1950 jusqu’à aujourd’hui, mise en lumière par des expositions. Mais voilà qu'après de nombreuses années de loyaux services au sein de la bibliothèque Kateb Yacine, l’artothèque pose ses œuvres à la Bibliothèque d’étude et du patrimoine. Un déménagement qui s’inscrit dans une logique : l’artothèque cède sa place à un secteur jeunesse pour faire de la bibliothèque de Grand’Place une structure familiale, et rejoint celle du centre afin de créer un lien entre l’art et le patrimoine. Bibliothèque d’œuvres Les artistes contribuant à écrire notre patrimoine, c’est ainsi plus de 80 ans d’histoire qui se dévoile à travers cette collection de 1100 estampes et 780 photographies, avec des œuvres de grand

Continuer à lire

Ciel, mon Théâtre municipal de Grenoble change !

Politique culturelle | Depuis deux saisons, un vent d’air frais souffle du côté du Théâtre municipal de Grenoble. Finies (en partie) les pièces de boulevard bourrées de stars désuètes ; bonjour les spectacles décalés qu’on ne voyait pas assez dans les autres salles de l’agglo. Et si ce Théâtre municipal qui, au passage, fêtera ses 250 ans l’an prochain, était le nouveau lieu hype à Grenoble ?

Aurélien Martinez | Mardi 12 septembre 2017

Ciel, mon Théâtre municipal de Grenoble change !

Au Petit Bulletin, nous avons au fond d’un bureau des boîtes bourrées d’anciennes plaquettes de saison, ce qui nous permet de mesurer concrètement les changements au fil des ans dans les différentes salles de spectacle de l’agglo. Et quand on se penche sur le cas du Théâtre municipal de Grenoble, on se rend compte qu’ils sont énormes en comparant le programme 2017/2018 à celui, pioché au pif, de 2011/2012. Il y a six ans, on était principalement sur des vaudevilles, classiques ou contemporaines, bourrées de têtes d’affiche vues à la télé – Thierry Lhermitte, Josiane Balasko, Claude Brasseur, Patrick Chesnais, Isabelle Mergault, Roland Giraud, Martin Lamotte ou encore Jean-François Balmer. Oui, tout ce beau monde en une seule saison, ce qui plaisait beaucoup à un certain public – qu’on ne prendra pas le risque de qualifier pour ne vexer personne ! Aujourd’hui, si on croise encore quelques noms connus ici et là (Martin Lamotte, Bruno Solo et Barbara Schulz seront les prochains mois sur les planches de la rue Hector-Berlioz), on se trouve face à une programmation plus variée, et surtout plus risquée, avec des propositions audacieuses qui donnent

Continuer à lire

Université Grenoble Alpes : la ruée vers l’art avec l’Espace scénique transdisciplinaire

ACTUS | Jeudi 14 septembre sur le campus, dans le cadre de la journée de rentrée de l’Université Grenoble Alpes, sera ouvert un nouvel équipement culturel plus que prometteur – l’UGA mise vraiment sur la culture. Son nom ? L’Est, pour Espace scénique transdisciplinaire. On l’a visité en amont, et on a interrogé ses responsables pour comprendre à quoi il servira.

Aurélien Martinez | Mardi 5 septembre 2017

Université Grenoble Alpes : la ruée vers l’art avec l’Espace scénique transdisciplinaire

Nous voici sur le campus de Saint-Martin-d’Hères, une matinée de fin août, afin de découvrir l’Est – acronyme pour le nom pas très sexy d’Espace scénique transdisciplinaire. Soit le nouvel équipement culturel de l'Université Grenoble Alpes, implanté à côté d’Eve – l’Espace vie étudiante. S’il se fait relativement discret avec son architecture sobre et sa surface au sol assez faible, c’est en pénétrant en son sein qu’on se rend compte de sa richesse : une salle de spectacle de 150 places on ne peut plus moderne et, surtout, quatre studios de création munis de grandes baies vitrées donnant sur l’extérieur. Plus des loges, un atelier de construction de décors et des bureaux pour l’équipe. Le grand luxe. Enfin, pas forcément pour Vanessa Delfau, directrice de la culture et de la culture scientifique à l’UGA. « C'est un équipement qui correspond au dimensionnement de l'université qui est la nôtre : on a l'un des plus gros départements arts du spectacle en France. On ne s'étonne pas d'avoir des salles de TP en chimie ou en physique extrêmement bien équipées. Un étudiant en chimie a besoin d'éprouvettes et de paillasses ; un étudiant en a

Continuer à lire

Parc des arts à Grenoble : où en est-on ?

Inauguration | Dimanche 9 avril sera inauguré à Grenoble, dans le quartier Mistral, le Théâtre de verdure, petit amphi de 100 places situé à quelques mètres du Prunier sauvage. On a rencontré Brahim Rajab de ce même Prunier pour en savoir plus sur cette première étape du futur Parc des arts censé voir le jour en 2019.

Aurélien Martinez | Mardi 4 avril 2017

Parc des arts à Grenoble : où en est-on ?

On est derrière le Prunier sauvage, salle de spectacle du quartier Mistral située dans le parc Bachelard, devant un petit amphithéâtre installé entre les arbres. C’est joli (surtout avec ce soleil), mais ça va servir à quoi ? Brahim Rajab, directeur du Prunier sauvage, répond à notre (fausse) interrogation : « C’est le Théâtre de verdure qui a été voté dans le cadre du budget participatif 2015 de la Ville de Grenoble. C’est un élément sur l’espace public destiné à tous les usages, amateurs comme professionnels, où chacun pourra proposer des spectacles, des concerts, des débats… » Coordonné par le Prunier sauvage, cet espace de 100 places va être officiellement inauguré ce dimanche 9 avril avec une batucada ou encore un spectacle de la Fabrique des petites utopies (Un mystérieux voyage en forêt). Avant d’être investi les prochains mois par plusieurs temps forts, dont un gros événement baptisé L’Été indien fin août avec pas mal d’artistes – la Fabrique, Yoann Bourgeois… Ambition collective Une inauguration qui n’est surtout qu’une étape d’un projet beaucoup plus grand : la création d’un

Continuer à lire

"Sac la mort" : Malédiction !

ECRANS | de Emmanuel Parraud (Fr., 1h18) avec Patrice Planesse, Charles-Henri Lamonge, Nagibe Chader…

Vincent Raymond | Mardi 14 février 2017

Pas de chance pour Patrice : il a marché sur un sac-la-mort, un de ces porte-malheur vaudous qui traînent sur les routes de la Réunion. Et voilà que tout semble se détraquer pour lui : famille, maison… Niveau amour et argent, ce n’était déjà pas florissant ; restent le rhum et les copains. Et encore ! Le réalisateur Emmanuel Parraud arpente ici le territoire du cinéma-vérité tel que le pratiquait Jean Rouch pour ce film élaboré en compagnie de ses interprètes, pour la plupart non-professionnels. S’il s’agit bien d’une fiction, elle est fortement "documentarisante", montrant de l’île toutes les problématiques (la dépendance quasi-atavique à l’alcool de canne et la violence subséquente ; la sujétion à la Métropole, Eldorado sublimé par les insulaires etc.), en maintenant quelques parenthèses d’humour absurde ou noir au milieu d’un cadre globalement dramatique. Il n’empêche que le caractère vernaculaire, pour ne pas dire folklorique, du film peut constituer un frein pour les spectateurs ne goûtant guère les palabres enivrés, les transes ensorcelées ni la superstition.

Continuer à lire

Présidentielle : la mobilisation sur le campus commence

Numéro étudiant | Au printemps 2017 aura lieu l'élection présidentielle. Si la campagne s’intensifie au niveau national, qu'en est-il du côté de Grenoble, et notamment des étudiants ? On est allés poser la question (et d'autres) à un chercheur, à des jeunes de gauche, et même à un étudiant de droite.

Jean-Baptiste Auduc | Lundi 3 octobre 2016

Présidentielle : la mobilisation sur le campus commence

« Jean-Luc Mélenchon devrait passer sur le campus avant décembre. » C'est en tout cas ce qu'espère Amin Ben Ali, l'un des coordinateurs de Université Grenoble Alpes Insoumise, un groupe d'appui étudiant à la campagne présidentielle de JLM. Problème : « au vu du contexte local, il n'a pas très envie de venir » confie l'orateur de ce premier café politique où nous le rencontrons, organisé mardi 27 septembre à l'Espace vie étudiante. Comprendre : l'alliance entre Verts et Parti de gauche à Grenoble prenant l'eau, Jean-Luc Mélenchon ne désire pas trop se mouiller. Autour d'une bière et d'une cigarette, la dizaine de garçons (et une seule femme) discutent et échangent sur la candidature de « Jean-Luc ». On compte parmi eux des étudiants en droit ou à Sciences Po. Le groupe d'appui va intensifier son action sur le campus. Réunions, débats et conférences seront organisés dans les semaines à venir. Et les jeunes réfléchissent déjà aux manières d'attirer du sang neuf. Du genre : « Il faut amener

Continuer à lire

Est : une nouvelle salle pour le campus

Numéro étudiant | Lancé en 2008, le projet de construction de ce nouvel équipement culturel sur le campus se concrétisera dans les prochains mois...

Sandy Plas | Mardi 4 octobre 2016

Est : une nouvelle salle pour le campus

Ça bouge sur le campus : l’équipement Est (pour Espace scénique transdisciplinaire), situé en face de l’Espace vie étudiante (Eve) et dont le coût des travaux s'élève à 4, 5 millions d'euros (venant d'un partenariat public privé lié au plan campus), sera achevé au début de l’année 2017, pour une entrée en fonction à la rentrée prochaine. « Le projet est né du constat que nous ne pouvions pas répondre à toutes les sollicitations que nous recevions pour utiliser de l’Amphidice [la salle de spectacle de 330 places, située dans le bâtiment de l’ancienne université Stendhal – NDLR] » explique Marie-Christine Bordeaux, vice-présidente en charge de la culture et de la culture scientifique au sein de l’UGA. Une situation à laquelle vient s’ajouter l’augmentation des effectifs dans le département Arts du spectacle et cinéma de l’université, nécessitant un lieu de pratique et de formation. Envisagé comme un lieu complémentaire aux salles de spectacle de l’agglomération, l’Est comprendra des studios et une salle de 150 places, qui accueillera les créations universitaires et amateurs. « Le but est de valoriser le travail étudiant, mais cette

Continuer à lire

Université Grenoble Alpes : toute toute première fois

Numéro étudiant | Exit les universités historiques Joseph-Fourier, Pierre-Mendès-France et Stendhal ; place à l’Université Grenoble Alpes, qui a fait sa première rentrée en septembre. Mais concrètement, ça change quoi ? On fait le point.

Sandy Plas | Mardi 4 octobre 2016

Université Grenoble Alpes : toute toute première fois

« Une grosse dose de fun, un soupçon de "chill", le tout arrosé de fun et de fête. » Dans le texte, publié notamment sur internet, la rentrée de l’Université Grenoble Alpes (UGA), inaugurée mi-septembre par le festival C’est Party, sonnait presque comme un aller simple pour Ibiza. Dans les faits, on remplacera la plage par la place centrale du campus et les nuits endiablées par une soirée concerts et foodtrucks, mais l’esprit était là. Et derrière l’ambiance festive de cette première journée d’accueil des étudiants, se jouait une première rentrée symbolique pour la nouvelle université, fusionnée depuis janvier 2016. « Une nouvelle offre de formation » Mais un changement de nom, une fusion et un nouveau logo, dans les faits, ça sert à quoi ? Concrètement, la fusion des universités permettra aux étudiants de faire leur choix dans une offre de parcours plus ouverte, comme l’explique Nicolas Lesca, vice-président en charge de la formation à l’UGA. « Les équipes pédagogiques

Continuer à lire

Jour de fête à ciel ouvert au Prunier sauvage

Ouverture de saison | « Pour sa cinquième rentrée automnale, le Prunier sauvage vous invite à une journée exceptionnelle, dans une ambiance festivalière. » Intrigués par le concept et séduits par les propositions artistiques qui nous sont proposées, nous avons voulu en savoir plus. Lisez donc…

Aurélien Martinez | Mardi 27 septembre 2016

Jour de fête à ciel ouvert au Prunier sauvage

Samedi 1er octobre, la journée d’ouverture de la nouvelle saison du Prunier sauvage aura des airs de festival avec de la danse (une interprète de la compagnie du chorégraphe Rachid Ouramdane proposera des « impromptus dansés »), du théâtre (la très drôle compagnie Afag Théâtre débarquera avec une relecture toute personnelle des Trois mousquetaires) ou encore des arts de la rue avec les locaux de Tout en vrac. Brahim Rajab, directeur des lieux : « C’est presque un festival, oui ! Comme on était un peu frustrés de ne pas pouvoir faire Mistral courant d’airs [la dernière édition date de 2014 – NDLR], on voulait quand même marquer le coup et commencer ainsi à inscrire un projet un peu ambitieux qui s’appelle le Parc des arts. » Un projet « autour des arts de la rue, autour de l’art sur l’espace public » dont

Continuer à lire

"L'Âge de glace : les lois de l'univers" : formule gagnante

ECRANS | de Mike Thurmeier & Galen T. Chu (É.-U., 1h35) animation

Vincent Raymond | Mardi 5 juillet 2016

Scrat et son gland ayant pris les commandes d’un vaisseau spatial abandonné dans les glaces, ils percutent un astéroïde volant en éclats en direction de la Terre, et c’est rebelote pour les mammifères tentant de leur échapper… Le cinquième opus de la franchise du studio Blue Sky lancée par Chris Wedge reprend peu ou prou une trame narrative identique aux précédents, les mêmes personnages (de plus en plus nombreux d’épisode en épisode) et surtout ses deux ingrédients essentiels que sont un comique à gags héritier du "screwball" cher à Tex Avery (une absurdité délirante conjuguée à un rythme trépidant) et des intermèdes dédiés aux mésaventures de Scrat. Cette formule bien rodée, assurant une démarcation nette entre la zone de surenchère attendue par les spectateurs d’une suite de suite(s), et celle de la narration ordinaire, a l’avantage d’empêcher le film de basculer dans une hystérisation globale – qui le rendrait insupportable. Rendons donc cette justice à Blue Sky d’avoir su entretenir son succès avec intelligence, évitant d’inonder les écrans trop souvent pour alimenter le désir du public, tout en perpétuant l’esprit initial. C’est suffisamment rare pour être mentio

Continuer à lire

Ce dimanche, c'est la journée des enfants aux Pathé

ECRANS | Deux fois par an, le circuit Pathé concocte pour le jeune public un marathon cinéma, avec un classique et deux avant-premières. C’est déjà les grandes (...)

Vincent Raymond | Mardi 28 juin 2016

Ce dimanche, c'est la journée des enfants aux Pathé

Deux fois par an, le circuit Pathé concocte pour le jeune public un marathon cinéma, avec un classique et deux avant-premières. C’est déjà les grandes vacances avec la livraison de ce dimanche 3 juillet : en amuse-bouche à 11h, la comédie musicale Peau d’Âne (1970) de Demy avec son affiche et ses décors signés par Jim Leon, ainsi que sa fameuse recette chantée par Catherine Deneuve. Puis à 14h Le BGG, adaptation du Bon Gros Géant de Roald Dahl réalisée par Spielberg (sortie prévue le 20 juillet). Et enfin à 16h30 L’Âge de glace : les lois de l’Univers, cinquième opus de la franchise des studios Blue Sky (sortie le 13 juillet). Même les adultes demanderont la permission d’être accompagnateurs au Pathé Chavant et au Pathé Échirolles !

Continuer à lire

"Folles de Joie", un "Thelma et Louise" à l'italienne

ECRANS | de Paolo Virzì (It., 1h56) avec Valeria Bruni-Tedeschi, Micaela Ramazzotti, Bob Messini…

Vincent Raymond | Mardi 7 juin 2016

Atypique cavale que celle de Beatrice et Donatella : bien que pensionnaires de la Villa Biondi (une institution dévolue aux femmes atteintes de troubles psychiques), ces deux fugueuses n’ont rien en commun. Aristo mythomane et extravertie, qui plus est joueuse compulsive, la première a été placée là par son entourage pour que sa gênante présence disparaisse des portraits de famille ; quant à la seconde, pauvre fille paumée accusée d’infanticide, elle rêve de revoir son fils. Ensemble, elle forment équipage, jouant les Thelma et Louise à travers l’Italie. Plus qu’explicite, la référence au film de Ridley Scott fait même l’objet d’une citation visuelle appuyée lorsque les deux complices se retrouvent par hasard à bord d’une décapotable. L’un des fugaces moments de liberté et de bonheur de ce film portant un regard sensible sur ce que l’on nomme par commodité la “folie” – un terme générique confortable recouvrant bien des situations, représentée ordinairement par des poncifs affligeants. Paolo Virzì montre que Beatrice et Donatella sont avant tout des victimes exprimant dans leur "folie" une révolte sociale : pour l’une le refus d’être réduite à un objet décorat

Continuer à lire

Théâtre municipal de Grenoble : trois théâtres en un donc

ACTUS | Les théâtres 145 et de Poche, qui appartiennent à la Ville de Grenoble mais étaient gérés depuis 2011 par un collectif d'artistes, sont maintenant sous la responsabilité de la directrice du Municipal. Directrice qui vient de dévoiler sa prochaine saison, en compagnie de l'élue aux cultures de la Ville de Grenoble à l'orgine de cette fusion.

Aurélien Martinez | Jeudi 2 juin 2016

Théâtre municipal de Grenoble : trois théâtres en un donc

Voilà, c’est affiché clairement sur la plaquette de la prochaine saison du Théâtre municipal de Grenoble dévoilée la semaine dernière à la presse : le 145 et le Poche, théâtres du bout du cours Berriat dirigés pendant cinq ans par le collectif Tricycle, sont maintenant chapeautés par le Théâtre municipal, qui dispose ainsi de trois plateaux de jauges différentes (660, 240 et 150 places) pour l’ensemble de ses propositions artistiques. Même si cette réunion n’est visiblement pas encore définitive, comme l’a précisé l’élue aux cultures Corinne Bernard – « il faut qu’on trouve ensemble un chemin pour que tout le monde soit satisfait » (certains lui reprochent cette municipalisation de la culture). Sinon, niveau chiffres, il y aura la saison prochaine 90 levers de rideau sur les trois plateaux pour 48 spectacles en tout et 18 compagnies en résidence de création (principalement au 145 et au Poche). « La pari a été réussi » assure Corinne Bernard, évoquant

Continuer à lire

"Ma Loute" : À manger et à boire…

ECRANS | Si Roméo était fils d’un ogre pêcheur et Juliette travestie, fille d’un industriel de Tourcoing, peut-être que leur histoire ressemblerait à cette proto-comédie de Bruno Dumont. Un régal pour l’œil, mais pas une machine à gags. En compétition officielle à Cannes.

Vincent Raymond | Lundi 16 mai 2016

Quel accueil des spectateurs non francophones – et tout particulièrement les membres du jury du festival de Cannes – peuvent-il réserver à Ma Loute ? Grâce aux sous-titres, ils saisiront sans peine le dialogue de ce film dans son intégrité, mais ils perdront l’une de ses épaisseurs : la saveur des intonations snobinardes et des borborygmes modulés avec l’accent nordiste – forçant les non-Ch’tis à accoutumer leur oreille. Cela étant, si les mots seuls suffisaient à Bruno Dumont, il ne serait pas l’énigmatique cinéaste que l’on connaît ; d’autant plus indéchiffrable avec ce huitième long-métrage, qui prolonge son désir de comédie engagé avec la série P’tit Quinquin. Dans le fond, Dumont ne déroge guère ici à ses obsessions : capter l’hébétude quasi mystique saisissant un personnage simple après une rencontre inattendue, puis observer ses métamorphoses et ses transfigurations. Certes, les situations se drapent d’un cocasse parfois outrancier et empruntent au burlesque du cinématographe ses ressorts les plus usés (chutes à gogo, grimaces à foison, bruitages-gimmicks…). Mais il ne s’agit que d’un habillage comique ; derrière une façade pei

Continuer à lire

Grenoble : les dossiers d'Éric Piolle et Corinne Bernard

ACTUS | En complément de la grande interview d’Éric Piolle et Corinne Bernard, zoom sur quatre sujets qui occupent en ce moment l’adjointe aux cultures de la Ville de Grenoble. Par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 5 avril 2016

Grenoble : les dossiers d'Éric Piolle et Corinne Bernard

Le Ciel / la Belle électrique Le contexte : Depuis l’arrivée de la Belle électrique en janvier 2015, la Ville repense son maillage de salles de concert. Et souhaite que cette dernière obtienne le prestigieux label "scène de musiques actuelles" avec le Ciel, petite salle située près de la place de Verdun qui se trouve en difficulté aujourd’hui faute à une baisse de subvention de la part de l’État. Corinne Bernard : « Ça y est, on a des bonnes nouvelles ! Au 1er juin, la convention smac sera effective pour les deux lieux, et tout le monde est avec nous – État, région, département. » Sur le Ciel : « La salle est utilisée 220 jours par an, on a 9 studios : il faut qu’on aille encore plus loin sur la répétition et la formation. C’est un lieu en centre-ville qui ne génère aucune nuisance sonore, on peut l’ouvrir H 24 avec un petit peu d’investissement – et c’est prévu. C’est un bijou bien caché : va juste falloir qu’on mette la lumière et qu’on dise que c’e

Continuer à lire

Parfum de Printemps

ECRANS | de Férid Boughedir (Fr./Tun., 1h39) avec Zied Ayadi, Sara Hanachi, Fatma Ben Saïdane…

Vincent Raymond | Mardi 19 avril 2016

Parfum de Printemps

Si, dans les faits, la Révolution de jasmin tunisienne a commencé par une immolation à Sidi Bouzid, Férid Boughedir lui imagine des prémices plus fleur-bleue. Cette manière “romantique” de reconsidérer l’Histoire immédiate peut surprendre ; pourtant, elle vaut (par l’esprit, conservons des proportions à chaque entreprise) la latitude que s’octroyait Shakespeare en relatant les guerres civiles britanniques, ou Musset lorsqu’il façonnait Lorenzaccio à partir des rivalités à la cour florentine. Parfait candide, le héros de Parfum de Printemps parcourt une capitale-cocotte-minute peu avant que Ben Ali ne soit déposé. Indifférent aux factions, imperméable aux idéologies, hermétique aux événements, le brave garçon joue pourtant à son insu (mais par amour) un rôle déterminant dans la Révolution. La fable rappelle en cela Bienvenue Mr Chance de Hal Ashby, en gentillet (Zied Ayadi surjoue quand Peter Sellers visait l’understatement) ; quant à Boughedir, il renoue timidement avec l’érotisme de son film le plus connu, Halfaouine. Mais là aussi, en plus naïf…VR

Continuer à lire