Luke Slater et Paula Temple, DJs hors des sentiers battus

Soirée | Joli plateau en perspective samedi 15 avril à la Belle électrique, avec deux vétérans britanniques de la scène techno internationale dont la longévité de la carrière n’a en rien freiné la capacité à se renouveler et à innover.

Damien Grimbert | Mardi 11 avril 2017

Photo : Karen Vandenberghe


Remarqué au début des années 1990 avec sa redoutable série d'EPs acid-techno Planetary Funk pour le label Peacefrog, Luke Slater alias Planetary Assault System n'a cessé de creuser son propre sillon depuis. Fervent défenseur d'une techno "brutaliste" composée de sonorités organiques dépouillées de toute afféterie superflue, il ne perd pour autant jamais de vue dans ses sets la quête du funk électronique propre aux pionniers de Détroit.

Revenue sur le devant de la scène après un hiatus de six ans dans la deuxième moitié des années 2000, la Mancunienne Paula Temple (photo), figure de proue du label R&S désormais installée à Berlin, peut à bien des égards être considérée comme l'une des influences principales du courant le plus aventureux de la techno actuelle. Auteure de DJ-sets haletants où les influences les plus diverses (indus, ambient, IDM, électro, rave, post-punk) viennent s'entrechoquer à la vitesse de l'éclair (il n'est pas rare de la voir enchaîner 25 ou 30 morceaux différents en l'espace d'une heure), elle renoue par ce biais avec une quête de singularité trop souvent délaissée à l'heure actuelle.

Planetary Assault System + Paula Temple
À la Belle électrique samedi 15 avril à 23h


Planetary Assault System + Paula Temple

+ Zalder (techno)
La Belle Électrique 12 esplanade Andry-Farcy Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Dans le Vercors, le slow n’est pas qu’une danse

Escapade | Les 25 et 26 septembre, Corrençon-en-Vercors vous invite à vivre selon les préceptes du "slow" pendant les Slow Days en Vercors. Au programme : gastronomie (...)

Jérémy Tronc | Mardi 21 septembre 2021

Dans le Vercors, le slow n’est pas qu’une danse

Les 25 et 26 septembre, Corrençon-en-Vercors vous invite à vivre selon les préceptes du "slow" pendant les Slow Days en Vercors. Au programme : gastronomie et œnologie, activités douces de pleine nature et ateliers bien-être. Cet événement est, selon les organisateurs, l’occasion de « se déconnecter et de prendre le temps d’apprécier l’essentiel ». Son nom fait référence au mouvement international dont l’objectif principal est de sensibiliser les citoyens à l'éco-gastronomie et à l'alterconsommation. Ce rendez-vous post-rentrée-stressante est parfait pour le public ciblé : l’urbain trop affairé pour prendre le temps de respirer et plus que jamais en quête de nature et de grands espaces après la crise de la Covid. Consciente de ses atouts, Corrençon organise ce rendez-vous annuel lui permettant d’affirmer son identité et de renforcer son positionnement auprès d’une clientèle plutôt citadine en quête de sens et de ressourcement. Son cadre naturel est l’un de ses attraits majeurs, sur lequel s’appuient les organisateurs pour proposer des expériences originales. Il y en a une quinzaine par jour, gentiment sportives mais surtout axées sur la détente et le

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Un dimanche à Babel

Festival | Deux occasions encore de bruncher en musique avec Détours de Babel, dimanche 26 septembre et dimanche 3 octobre au Musée Dauphinois, toute la journée à (...)

Valentine Autruffe | Mardi 21 septembre 2021

Un dimanche à Babel

Deux occasions encore de bruncher en musique avec Détours de Babel, dimanche 26 septembre et dimanche 3 octobre au Musée Dauphinois, toute la journée à compter de 10 heures. Cette formule est devenue « un moment précieux très apprécié par le public », se félicite Benoît Thiebergien, directeur du festival. Des capsules live, échantillons de la riche programmation, s’enchaînent et permettent au public de picorer ce qui lui plaît. Nous (on l’a déjà dit), on aime particulièrement Call to Prayer, à entendre le 26 septembre, ainsi que la voix de Climène Zarkan avec Sarāb. Quant au 3 octobre, on se laissera volontiers emmener en voyage amoureux – hâl – par le franco-iranien Keyvan Chemirani, et emporter par le violon-voix d’Anzhela Simonyan. Idéal pour une première rencontre avec le monde de Détours de Babel, le brunch est accessible sur tarif au choix de 3€ à 20€.

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Les films de la quinzaine : La Voix d'Aïda, La Traversée, Tout s'est bien passé...

Théma | Pile, la vie qui continue, l’espoir… Face, le néant. Entre les deux, l’exil, la maladie ou le combat, pour abolir le désastre ou précipiter la fin. Refuser de basculer de l’autre côté ou y courir, telle est la question…

Vincent Raymond | Mardi 21 septembre 2021

Les films de la quinzaine : La Voix d'Aïda, La Traversée, Tout s'est bien passé...

Sur le fil, jusqu’au bout : au printemps dernier, La Voix d'Aïda de Jasmila Žbanić (22/09) aurait pu valoir à la Bosnie-Herzégovine son deuxième Oscar du film international. Voire aurait dû pour sa prescience. Car s’il évoque le passé — en se déroulant durant la chute de Srebrenica en 1995, quand l’ONU laisse la ville aux mains de Mladic —, il trouve un stupéfiant écho dramatique avec l’actualité afghane. On y suit la course folle d’Aïda, interprète pour les Casques Bleus, tentant d’exfiltrer son mari et ses fils alors que la milice se rapproche. Ce film glace les sangs par son tragique (et hélas historique) suspense, transmettant l’étouffement progressif saisissant Aïda. Respectueux des victimes, il rappelle la réalité des épurations ethniques comme la fragilité de la paix. Sur une thématique voisine mais dans un traitement fort différent, La Traversée de Florence Miailhe (29/09) relate sous forme de conte atempore

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William Forsythe, le Ballet réanimé

Danse | Retour sur le plateau pour le Ballet de l’Opéra de Lyon qui reprend deux classiques (de Mats Ek et Keersmaeker) et fait entrer à son répertoire le déroutant et silencieux N.N.N.N. de William Forsythe.

Nadja Pobel | Mardi 21 septembre 2021

William Forsythe, le Ballet réanimé

L’Américano-allemand et maître du néo-classique William Forsythe renoue avec le quatuor qu’il avait porté à la perfection dans l’une de ses premières pièces, Steptext, en 1985. Dans N.N.N.N., créée en 2002, plus de Bach mais un silence absolu. Exit aussi la seule danseuse et place à quatre corps masculins pour un travail savant sur les bras qui se confondent, tournoient. Souvent ils sont ballants voire récalcitrants. Les interprètes tentent des figures proches de celles des arts martiaux mais ils paraissent désemparés avec ces deux membres qu’ils s’efforcent d’animer, comme s’ils attendaient qu’un marionnettiste les manient. C’est ensemble qu’ils existent vraiment et parviennent à les apprivoiser, jusqu’à la disparition en un clin d’œil de tout leur corps, comme une nuée d’oiseaux dont l’impact est renforcé par cette absence de musique. Seuls le souffle et les déplacements se font entendre. Le ballet de l’opéra de Lyon se pare ensuite d’œuvres qui lui sont très familières, à commencer par le Solo for two de Mats Ek sur la partition au piano extrêmement épurée d’Arvo Pärt. Caelyn Knight et Leoannis Pupo-Guillen l’ont parfaitement intégré et re

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Les films à voir (ou non) dans la quinzaine

Théma | L’amour donne du cœur au ventre, fait parfois partir sur un coup de tête, et peut convoquer bien d’autres mécaniques corporelles. Comme pas mal de films de la quinzaine. Attention : on ne prend pas toujours son pied…

Vincent Raymond | Mardi 7 septembre 2021

Les films à voir (ou non) dans la quinzaine

Commençons bien évidemment cet inventaire par la tête. Celle qui fait défaut et se vide sous les assauts de la maladie dans Supernova de Harry Macqueen (08/09). On y suit le road trip d’un couple d’amants sur les traces de leur histoire, initié par le premier (Stanley Tucci en écrivain atteint de démence sénile) sous le prétexte que le second (Colin Firth en pianiste) aille donner un récital. Derrière la balade romantique se profile l’inéluctable question de la maladie, du déclin et du libre choix de sa mort — bientôt évoquée dans le Ozon —, toutes traitées avec élégance et pudeur. Un film parfait pour des débats. Plus léger est Les Amours d’Anaïs (photo) de Charline Bourgeois-Tacquet, inégale comédie sentimentale cousue main pour Anaïs Demoustier sur une tête folle irrésolue, charmeuse et agaçante, hésitant entre deux hommes, une femme, sa thèse… C’est très Nouvelle Vague dans la forme et l’esprit — certes, avec parfois de grosses ficelles bien prévisibles — mais empli d’une légèreté solaire et sensuelle ainsi que de quelques (trop rares) éclats burlesques évoquant un mixte

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Horse Lords, à un cheval du minimalisme

Post-rock | On va danser vendredi 17 septembre au Ciel avec le rock instrumental de Horse Lords.

Stéphane Duchêne | Mardi 7 septembre 2021

Horse Lords, à un cheval du minimalisme

Aux vieux de la vieille de la geste post-rock, Horse Lords rappellera les vénérables tontons chicagoans de Tortoise, aux (un peu) plus jeunes les embardées belliqueuses de Battles. Et pas mal de choses émanant de la très tordue scène de Baltimore (dont le parrain sans égal n'est autre que Philip Glass). Convoquant le minimalisme de LaMonte Young aussi bien que des motifs kraut et math-rock empreint d'une veine blues, le groupe, exclusivement instrumental, fait montre d'une sorte de formidable alchimie dans ce pouvoir de changer des compositions algorythmiques en rythmiques dansantes, d'entremêler dans une forme de transe chamanique, expérimentations sèches et traditions appalachienne autant qu'africaine (la guitare mauritanienne vient percuter leur écriture automatique, des rythmes inspirés du Banda et du Wagogo s'invitent à la fête). Quelque part Horse Lords propose de présenter son minimalisme en millefeuille, comme il parvient à ériger un discours politique sur la terre brûlée de ses instrumentaux

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Détours de Babel : "Entre musique savante et populaire, nous n’avons pas choisi notre camp"

Festival | Selon la Genèse, alors que les hommes s’affairaient à bâtir une tour si grande qu’elle devait toucher le ciel, Dieu décida de semer la confusion en dispersant chez eux des langages différents. "Détours de Babel" s’emploie à démontrer que grâce à l’universalité de la musique, la communication entre les peuples demeure. N’en déplaise au Tout-Puissant.

Valentine Autruffe | Mardi 7 septembre 2021

Détours de Babel :

« On est en train de faire des visas pour trois artistes qui viennent de Sibérie, la Russie vient de passer en zone rouge… » Dans les bureaux du CIMN (Centre International des Musiques Nomades), rue Bayard, on jongle avec les contraintes sanitaires internationales mouvantes, ce qui oblige à adapter au jour le jour le programme des Détours de Babel. Mais l’essentiel est là, avec plus de 170 artistes invités, et une centaine de rendez-vous dans quarante lieux de Grenoble et de l’Isère. « On ne voulait pas passer deux années sans moment festivalier », tranche Benoît Thiebergien, directeur du CIMN, la structure qui porte le festival. Peur du passe En 2020, l’annulation est tombée une semaine avant le jour J. « On y a laissé des plumes, certes ; mais on peut dire ce qu’on veut, depuis le début de la crise l’Etat a soutenu l’économie, et a mis en place des dispositifs particuliers pour le monde de la culture. Outre le chômage partiel, nous avons notamment bénéficié d’une aide conséquente du Centre national de la musique. » Et surtout, le CIMN a maintenu son activité, avec des concert

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Fabien Mauro : « La science-fiction japonaise est regardée avec distance »

Pop culture | Auteur d’un ouvrage somme consacré au cinéma de science-fiction japonais ("Kaiju, Envahisseurs & Apocalypse", aux Éditions Aardvark), Fabien Mauro sera l’un des invités de la première édition du Japan Alpes Festival, les 18 et 19 septembre à EVE. Rencontre.

Damien Grimbert | Mardi 7 septembre 2021

Fabien Mauro : « La science-fiction japonaise est regardée avec distance »

Quelles ont été tes premières portes d’entrée vers la pop culture japonaise ? Comme beaucoup de gens de ma génération, essentiellement via les jeux vidéo sur console et les séries d’animation japonaises qui passaient à la télévision. Mais également les séries de super sentai, ces équipes de super héros colorés. C’était ma première introduction à ce qu’on appelle le tokusatsu, c’est à dire des productions japonaises (films, séries…) à base d’effets spéciaux. Le tokusatsu rassemble toutes les techniques que l’on associe traditionnellement à l’imaginaire fictionnel japonais : le travail sur les effets optiques, les maquettes miniatures, les comédiens qui enfilent des costumes pour incarner des monstres ou des mecha.... Enfin, l’attente de la sortie du Godzilla de Roland Emmerich m’a amené à m’intéresser au Godzilla originel de 1954, qui venait de sortir en vidéo, ce qui m’a permis de découvrir tout l’univers du kaiju eiga, les films de monstres japonais. Je suis tombé littéralement amoureux de ce

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Détours de Babel : un brunch musical pour prolonger l'été

Festival | Pour lancer en beauté sa 11e édition (décalée en septembre du fait de la crise sanitaire), le festival des Détours de Babel investira dimanche 5 septembre les différents espaces du Fort Barraux pour une journée entière de concerts réunissant des artistes venus d’Inde, du Japon, d’Éthiopie ou encore d’Algérie. Revue de détail.

Damien Grimbert | Mardi 24 août 2021

Détours de Babel : un brunch musical pour prolonger l'été

Tradition mise en place depuis maintenant de nombreuses années, le brunch musical des Détours de Babel est sans conteste l’un des moments les plus fédérateurs du festival, sa nature déambulatoire et sa multitude de propositions artistiques le rendant accessible à un vaste public réunissant aussi bien néophytes qu’amateurs chevronnés. Fidèle à l’esprit transculturel du festival, la programmation de ce dimanche 5 septembre orchestrera ainsi des rencontres atypiques entre jazz et musiques du monde, comme le projet Kutu du violoniste Théo Ceccaldi, parti à la découverte de la jeune scène éthiopienne d’Addis-Abeba, le trio franco-indien Milap, qui mêle flûte bansourî, percussions indiennes et accordéon ou encore l’hommage rendu par le pianiste Jérémie Ternoy et le vocaliste-percussionniste Kristof Hiriart au compositeur brésilien Hermeto Pascoal. Également à l’honneur, un vaste florilège allant des musiques improvisées (avec le solo du contrebassiste Claude Tchamitchian) aux arts de la scène (avec le spectacle

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Regards sur l’Afrique

Théâtre | Après une première en petit comité, mais réussie, au Théâtre Prémol, la compagnie des Inachevés propose plusieurs rendez-vous autour de la littérature africaine à Grenoble et dans les environs. On a échangé quelques mots avec Moïse Touré, metteur en scène.

Martin de Kerimel | Samedi 10 juillet 2021

Regards sur l’Afrique

Il y a les signatures les plus illustres : Léopold Senghor, Ahmadou Kourouma ou Amadou Hampâté Bâ. Hommes et femmes, d’autres les côtoient, de toutes les générations d’auteurs africains. Le spectacle que propose actuellement la compagnie grenobloise des Inachevés est un vrai régal pour les curieux de littérature. Sur scène, le dispositif est minimaliste : pas de décors, des comédiens assis, un danseur qui se lève parfois pour accompagner le texte et, pour le bonheur des mélomanes, un griot qui joue d’un instrument à cordes traditionnel. Traversée – c’est le nom de cette belle heure de théâtre dansé et musical – place sur le devant de la scène un continent que l’on laisse encore trop souvent de côté. Existe-t-il vraiment ? Dès les premiers instants, l’interrogation est lancée au public, qui s’en saisira peut-être. « C’est une bonne question, juge Moïse Touré, metteur en scène. Le mot Afrique lui-même ne vient pas des Africains. Il ne faut pas avoir peur de dire que nous avons été désignés. D’où la question de savoir qui je suis et comment je me désigne moi-même. L’Afrique, ce sont des cultures, des régions, des histoires, des langues différentes. C

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Séances de rattrapage nocturnes

Reprises | Parmi l’impressionnante (et bienvenue) offre cinématographique illuminant les nuits d’été iséroises, focus sur quelques films à ne pas manquer…

Vincent Raymond | Jeudi 8 juillet 2021

Séances de rattrapage nocturnes

Marche avec les loups Signé par un ardent défenseur du peuple loup (déjà auteur de La Vallée des loups), ce road movie en forme de journal de bord suit pendant deux ans un jeune canidé à la conquête d’un nouveau territoire. Passionnant et pédagogique, démontant les a priori autant qu’il montre comment cuisiner une omelette aux truffes minute, ce documentaire est pareil à un conte. En vrai. Au parc Charly-Guibbaud (Gières) le 6 juillet, à 22h. Funan Inspiré de l’histoire familiale du réalisateur, ce film d’animation (lauréat du plus prestigieux prix en la matière, le Cristal à Annecy en 2018) évoque le conflit cambodgien à l’époque des Khmers Rouges qui n’étaient pas des tendres. De ce fait, la projection est assortie d’un avertissement — des scènes, des propos ou des images pouvant heurter la sensibilité des spectateurs. Mais il y a

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Notes estivales

MUSIQUES | L'équipe du Petit Bulletin a repéré pour vous des événements musicaux qui valent le coup d'être entendus. Comme autant d'idées de sorties pour les jours à venir...

La rédaction | Vendredi 2 juillet 2021

Notes estivales

Musiques actuelles Notes dans le Vercors Configuration à la fois assise et debout cette année : du côté d’Autrans, du 2 au 4 juillet, on attend du beau monde pour la septième édition du Vercors Music Festival ! Des artistes en pleine progression comme Suzane, par exemple, ou des groupes expérimentés dont la musique nous ravit, à l’image de La Rue Kétanou (photo). Pour faire une fête dantesque, on compte aussi sur le côté pin-up assumé des Swingirls ou le look des musiciens de Tigadrine, dont le blues du désert ne cesse d’envoûter les festivals isérois. Vercors Music Festival. À Autrans du 2 au 4 juillet. www.vercorsmusicfestival.com Insolite Et au milieu coule une rivière Des musiques enchanteresses dans un cadre enchanteur (des grottes en pleine forêt, bordées par un torrent et soumises à un microclimat rafraichissant), des frites, des bières « et du thé froid citron gingembre » ? C’est peu o

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Le Piers est à venir

Folk -world | Bien que solidement campé dans les sauvages cévennes qui l'ont adopté, le musicien anglo-italien Piers Faccini continue de multiplier les voyages immobiles sur son dernier disque.

Stéphane Duchêne | Samedi 10 juillet 2021

Le Piers est à venir

Voyage vertical et plutôt de bas en haut, si l'on en croit son titre Shapes of the Fall (Les formes de la chute). Chute physique mais aussi morale puisque Faccini y dresse le constat, pas nouveau mais compliqué à imprimer pour le commun des mortels, de la chute qui vient, celle de notre civilisation, du monde, bref de tout ce qui part à vau-l'eau sur cette planète à commencer par le climat. Ce voyage, cette belle descente aux enfers, le folkeux la double d'une descente vers le sud. Convoquant les pulsations gnawas et les transes africaines (toujours ce tropisme world dans son folk) dans ce trip étourdissant qui, pour évoquer la fin du monde, semble vouloir aller puiser à ses sources géographiques. Cela donne des morceaux vertigineux comme Foghorn Calling ou Dunyas (et ses sublimes arrangements de cordes), entre deux balades teintées de mélancolie lumineuse. Celle de l'espoir qui malgré tout demeure, sinon autant se jeter par les fenêtres du monde. Faccini déçoit rarement, mais on tient peut-être là un chef-d'œuvre tel qu'il n'en a malgré tout pas livré depuis longtemps. Un genre de chef-d'œuvre en péril qu'il va falloir chérir.

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La fabrique d’un hymne national

ARTS | Le Musée de la Révolution française propose une exposition sur la genèse de la Marseillaise et son adoption comme hymne national. Un parcours passionnant qui invite à une réflexion sur la circulation des mots et des images.

Benjamin Bardinet | Mardi 29 juin 2021

La fabrique d’un hymne national

On ne donnait pas cher d’une exposition sur le thème de notre hymne national. Pas tant par manque de patriotisme ou par horreur de ses paroles bellicistes, mais surtout parce qu’on se demandait bien ce que le visiteur allait pouvoir se mettre sous la dent (enfin, sous les yeux…). C’était là ignorer les talents de commissaires des conservateurs des musées de Strasbourg, Marseille et Vizille qui l’ont coproduite. Alain Chevalier, le directeur du musée de Vizille, a fait le choix de s’intéresser à la manière dont la Marseillaise s’incarne dans les arts plastiques. Le parcours, chronologique, démarre en 1792 avec la naissance de ce chant dans les milieux de la bourgeoisie strasbourgeoise à une époque où de nombreux volontaires sont mobilisés en vue d’un affrontement contre la coalition anti-révolutionnaire. Parmi eux, un fameux bataillon de Marseillais contribue à populariser cet hymne lors de son arrivée à Paris en juillet 1792. Plusieurs tableaux montrent la ferveur patriotique propre à la mobilisation de ces volontaires prêts à mourir pour la défense de la Patrie et de la République. Révolutionnaire Remisée au placard sous Napoléon et pendant la Restauration

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Simo Cell et Abdullah Miniawy, explorateurs sonores

MUSIQUES | C’est ce qu’on pourrait appeller une rencontre à haut potentiel. D’un côté Simo Cell, jeune espoir de la scène électronique française arpentant depuis cinq/six (...)

Damien Grimbert | Lundi 14 juin 2021

Simo Cell et Abdullah Miniawy, explorateurs sonores

C’est ce qu’on pourrait appeller une rencontre à haut potentiel. D’un côté Simo Cell, jeune espoir de la scène électronique française arpentant depuis cinq/six ans des territoires sonores singuliers quelque part entre techno, bass music britannique, ambient et musiques expérimentales, avec un goût prononcé pour les rythmes percussifs, le sound design, la gestion des silences et les infrabasses démesurées. De l’autre Abdullah Miniawy, jeune poète, chanteur, compositeur et trompettiste égyptien militant passionné de musique répétitive, de free jazz et transe soufie, dont la carrière débute au Caire en 2011, à l’orée des premiers soulèvements révolutionnaires qui aboutiront à la démission du président Hosni Moubarak. Entamée au cours de l’hiver 2018, sous la forme de longues sessions d’enregistrement faisant la part belle à l’improvisation, leur collaboration va d’abord donner naissance à un album rêche, hybride et avant-gardiste d’une puissance d’évocation impressionnante, Kill Me or Negotiate, sorti en octobre 2020 sur le label lyonnais Brothers From Different Mothers. Puis à une déclinaison live que le public grenoblois aura le privilège d’être l’un des tous premiers à

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"Le Discours" : tu parles ? Tu parles !

ECRANS | C’est l’histoire d’un énième repas de famille auquel Adrien assiste alors que son esprit divague. Car la seule chose comptant pour lui à ce moment précis, (...)

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

C’est l’histoire d’un énième repas de famille auquel Adrien assiste alors que son esprit divague. Car la seule chose comptant pour lui à ce moment précis, c’est que Sonia réponde à son SMS. Et voilà que son futur beau-frère lui demande de faire un discours pendant la noce… Le Discours n’est pas un film, c’est du cinéma. En tout cas, une de ces propositions cinématographiques, pour reprendre le mot de Godard, qui s’amusent avec les possibilités du médium ; qui considèrent le 7e art comme la somme, la résultante, l’aboutissement ou l’évolution des précédents et surtout ne se prennent pas au sérieux. Ce qui ne les empêche pas de triturer la structure avec intelligence pour fabriquer de l’espace avec des mots et du temps avec des images ; bref créer, comme Resnais, un spectacle ludique superposé à un film mental. Tirard réussit son adaptation de Fabcaro comme on transforme un essai au rugby : il transpose cette obsession anxiogène de la répétition traversant l’œuvre de l’auteur (et bédéiste) en l’accommodant de variations oulipiennes donnant à Ben

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Benjamin Lavernhe dans Le Discours : « J’aime bien causer… »

ECRANS | À l’écran, on l’a connu odieux (Le Sens de la fête), irrésistible de drôlerie (Mon inconnue), fuyant (Antoinette dans les Cévennes) mais à chaque fois impeccable. Benjamin Lavernhe, de la Comédie Française, poursuit sur sa lancée en tenant l’affiche (et le crachoir) du Discours, adaptation ô combien cinématographique de Fabcaro par Laurent Tirard.

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Benjamin Lavernhe dans Le Discours : « J’aime bien causer… »

Le Discours raconte une histoire des retrouvailles différées. Or le film, d’abord annoncé pour Cannes 2020, avait été repoussé en décembre, avant d’être à nouveau décalé pour le 9 juin. Il y a là comme une mise en abyme un peu ironique et cruelle, non ? Benjamin Lavernhe : Oui, c’est vrai que c’est tragiquement drôle ; après, on peut se dire que notre personnage du Discours se plaint beaucoup, se complaît un peu ; qu’il est peut-être un peu pénible… Nous, on a eu l’impression que notre plainte, elle était légitime ; on n’a pas envie qu’elle soit vue comme nombriliste et qu'elle finisse par agacer. Comme disait Jean-Michel Ribes sur les réseaux sociaux, « la culture n’est pas au dessus du reste, mais elle existe ». Aux yeux du public, votre personnage peut passer pour nombriliste ; en réalité, c’est quelqu’un en attente et en souffrance. Une souffrance qui dévore tout le reste et que le film ne fait que retranscrire avec justesse… Oui, c’est son caractère obsédant, s

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"Vers la bataille" et "Si le vent tombe" : si loin, si proches

ECRANS | L’époque et la géographie les oppose, mais les protagonistes de "Vers la bataille" et de "Si le vent tombe" ont beaucoup en commun. À commencer par le fait d’être des Français temporairement expatriés et irrésistiblement attirés par le souffle de la guerre…

Vincent Raymond | Mercredi 26 mai 2021

La Guerre et ce qui s’ensuivit, écrivait Aragon. Quelle que soit l’âge du conflit, le déroulement sur le terrain est identique : les corps des belligérants (et des malheureux civils au mauvais endroit, au mauvais moment) finissent hachés par une pluie de boue et de mitraille, après avoir été laminés par l’angoisse d’être touchés. La raison commanderait de fuir à tout prix ces zones de haut péril, mais la raison, on la connaît, a parfois les siennes, hors de toute logique. Pour Louis dans Vers la bataille de Aurélien Vernhes-Lermusiaux, c’est d’aller photographier au plus près l’Expédition du Mexique de 1861 (et sa déroute) à la demande de l’armée française, histoire oublier la mort de son fis. Pour Alain dans Si le vent tombe de Nora Martirosyan, c’est d’aller observer de ses yeux cette ligne de front ayant justifié sa venue au Haut-Karabagh pour inspecter un aéroport afin de lui donner l’autorisation d’ouvrir ; cette même ligne de front exigeant que le rapport soit défavorables pour

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"Mandibules" : à mouche que veux-tu

ECRANS | À force de tourner autour de récits kafkaïens ou de métamorphoses, il était fatal que Quentin Dupieux aboutisse à une histoire d’insecte géant. Réunissant un aréopage de comédiens de haut vol (dont une Adèle Exarchopoulos… battante), "Mandibules" sort enfin ce mercredi 19 mai. Et fait mouche.

Vincent Raymond | Jeudi 13 mai 2021

Semi-clochard et 100% benêt, Manu (Grégoire Ludig) a été choisi pour livrer une mystérieuse mallette. Comme il lui faut une voiture, il en fauche une, embarquant au passage son pote Jean-Gab (David Marsais), aussi éveillé que lui. Mais en découvrant à son bord une mouche géante, ils décident de changer leurs plans et de l’apprivoiser… Voici presque deux décennies que le musicien Quentin Dupieux a débuté sa diversification sur les plateaux de tournage. D’abord annexe, l’activité semble aujourd’hui prendre le pas sur toutes les autres ; et saisi par une fièvre créatrice, le prolifique réalisateur a même accéléré sa production puisqu’il dévoile désormais tous les ans une nouvelle facette de son cosmos. Entre ses longs-métrages, les liens de consanguinité s’avèrent manifestes (une revendication d’appartenir à une famille très singulière), chaque opus s’affranchit cependant du précédent par un léger décalage : comme un saut de puce évolutif dans l'embryogénèse de leur structure narrative. Parti du magma abstrait de Nonfilm

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« Le punk, c'est un terrain de jeu »

Livre | Auteurs de l’ouvrage "Grenoble Calling, Une histoire orale du punk dans une ville de province", chroniqué dans ces pages la semaine dernière, Nicolas Bonanni et Margaux Capelier ont accepté de répondre, par e-mail, à nos questions.

Damien Grimbert | Jeudi 29 avril 2021

« Le punk, c'est un terrain de jeu »

Quand et comment est né le projet de ce livre ? Clairement, on s'est lancé-e-s dans ce projet parce qu'on participe à cette scène. On n'a pas du tout une posture de journalistes ou de sociologues, et, il faut le dire, on n'a aucune méthode scientifique. Nicolas vit depuis une vingtaine d'années à Grenoble, Margaux y a passé cinq ans. On a des regards et des parcours différents mais c'est un univers qui nous tient à cœur depuis longtemps. C'est bien en tant que participant-e-s qu'on s'est embarqué-e-s dans ce projet. On était intrigué-e-s par ce qui s'était passé dans cette ville "avant". Des lieux, des collectifs dont on avait seulement entendu parler... Le squat des Hell's Angels derrière la gare, par exemple, qu'est-ce que c'est que ça ? Donc oui, clairement il y a tout un pan de ce qui est raconté dans le bouquin qu'on ignorait complètement avant de s'y plonger. On en a profité pour tâcher de reconstituer le chemin qui avait amené à aujourd'hui, et essayer de rendre hommage à des personnes et des collectifs qui ont beaucoup œuvré et qui ne sont plus là. Grenoble Calling fonctionne sur le principe de "l’histoi

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Jazz à Vienne : les derniers noms

Festival | Jazz à Vienne complète sa programmation avec quatre nouvelles soirées de choix. Revue de détail.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 avril 2021

Jazz à Vienne : les derniers noms

Bien décidé à se tenir à peu près normalement, à partir de fin juin, Jazz à Vienne avait annoncé la majeure partie de sa programmation début avril. La voici désormais complète avec l'ajout de quelques noms et non des moindres, qui avancent le début des festivités au 23 juin. Le festival allobroge vient en effet d'annoncer la tenue de quatre nouvelles soirées au théâtre antique. Le 24 juin d'abord, une soirée New Generation en compagnie du Portico Quartet et du Tigran Hamasyan trio (auxquels s'ajouteront les talents Adami Jazz Gauthier Toux et Nils Petter Molvaer). Le 26 juin ensuite pour une soirée Brésil avec deux amis de longue date, Seu Jorge & Rogê, enfin sur scène ensemble, et une carte blanche à Lucas Santana. Le samedi 3

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"Godzilla vs Kong" : monstres et compagnie

ECRANS | Malgré ses allures de nom de code pour le second tour de la prochaine présidentielle, Godzilla vs Kong est du genre de Fast and Furious : tout entier contenu dans son titre programmatique. Et monstrueusement convenu. En VOD avant (peut-être) une sortie sur grand écran à la réouverture des salles…

Vincent Raymond | Jeudi 29 avril 2021

En génétique, lorsque l’on croise des individus (animaux, végétaux…) porteurs de caractéristiques différentes et que leurs descendants bénéficient d’une recombinaison favorable les rendant plus performants que leurs parents, on parle de vigueur hybride. En cinéma, lorsqu’on a essoré une série et son protagoniste, y compris avec des reboots, on crée un cross over avec une autre série tout aussi usée dans le but de relancer doublement la machine en s’adressant potentiellement à deux audiences. Sur le papier et d’un point de vue strictement commercial, l’idée n’a rien de stupide et fonctionne depuis des décennies, des Universal Monsters à Alien vs Predator… jusqu’aux chapitres non encore publiés du MCU contemporain. Pour Godzilla vs Kong, lui-même aboutissement d’un double reboot, ce sont en sus des titans issus de deux traditions parallèles qui se rencontrent : la créature maison de la Warner (Kong) et l’emblématique kaijū nippon de la Toho (Godzilla). Une sorte de conférence internationale

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Grenoble Calling, odyssée punk

CONNAITRE | Retracer 40 ans d’histoire du punk à Grenoble, des années 80 à nos jours, c’est l’audacieux défi dans lequel se sont lancés Nicolas Bonanni et Margaux Capelier, dont l’ouvrage "Grenoble Calling" vient de paraître aux éditions Le Monde à l’envers.

Damien Grimbert | Mercredi 21 avril 2021

Grenoble Calling, odyssée punk

C’est une histoire souterraine, dont beaucoup ignorent jusqu’à l'existence : depuis maintenant plusieurs dizaines d’années, le punk dispose à Grenoble d’une base extrêmement active et inventive, d’une effervescence impressionnante – concerts, festivals, fanzines, disquaires, distributeurs, squats et autres lieux éphémères… Farouchement underground, privilégiant l’autogestion, le "Do It Yourself" et la culture des réseaux et du bouche-à-oreille, rétif à toute forme d’institutionnalisation, de marchandisation et de médiatisation, à Grenoble comme ailleurs, le mouvement punk se vit bien plus qu’il ne se donne à voir. Une sorte d’univers parallèle mu par ses propres codes et convictions, inclusif dans sa démarche mais par nature invisible aux yeux du plus grand nombre. Autant dire qu’en retracer l’histoire sur près de quarante années constituait une gageure qui, aussi passionnante soit-elle, semblait de prime abord quasi impossible à relever. C’est pourtant ce qu’ont réussi à faire les auteurs de Grenoble Calling en s’appuyant sur une méthode éprouvée : après s’

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Bertrand Tavernier est mort

Disparition | On vient d’apprendre la disparition à 79 ans du cinéaste, scénariste et producteur Bertrand Tavernier, par ailleurs président de l’Institut Lumière, à Lyon, depuis sa création en 1982. Une perte immense.

Vincent Raymond | Jeudi 25 mars 2021

Bertrand Tavernier est mort

Né à Lyon en 1941, celui qui fut attaché de presse et critique avant de s'emparer de la caméra en 1964 pour son premier court-métrage, puis en 1973 pour son premier long L'Horloger de Saint-Paul, aura signé une des œuvres les plus prolifiques et éclectiques du cinéma français contemporain. Sans pour autant renier ses précurseurs à la différence de la génération précédente – Bertrand Tavernier n'hésitera pas à travailler avec les scénaristes Aurenche et Bost conspués par la Nouvelle Vague. Touchant à tous les styles, du polar à l'anticipation en passant par le documentaire ; manifestant en homme engagé son amour pour le rétablissement de la justice sociale (L. 627, Histoires de vies brisées…), le jazz (Autour de minuit), le cinéma (l'extraordinaire Laissez-Passer, Voyage à travers le cinéma Français), sa filmographie est émaillée de nombreux prix : il fut le premier récipiendaire du César du réalisateur en 1976 pour Que la fête commence et le remportera à nouveau en 1997 pour

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La Bibliothèque d’étude et du patrimoine dévoile ses collections

CONNAITRE | Trois mois après sa réouverture au public, l'établissement grenoblois accueille une première exposition consacrée à la diversité de ses collections patrimoniales. Un patchwork d’objets présentés à travers l’histoire de certaines architectures grenobloises.

Hugo Verit | Samedi 6 mars 2021

La Bibliothèque d’étude et du patrimoine dévoile ses collections

Simplicité et efficacité. Voilà qui résume bien l’exposition inaugurale de la Bibliothèque d’étude et du patrimoine (BEP) tout juste rénovée, à découvrir dès samedi 6 mars et jusqu’au 31 juillet prochain. Son titre, De pierres & de papiers, bâtir nos patrimoines, n’a strictement rien de métaphorique : le parcours est une présentation « partielle et partiale » de la richesse et de la diversité des collections patrimoniales de la BEP – le papier donc – à travers l’histoire de plusieurs éléments architecturaux et urbains de Grenoble – la pierre, vous l’aurez compris. L’exposition se découpe en sept thématiques qui, il faut le reconnaître, ne surprendront pas les plus fins connaisseurs de l’histoire locale. Fortifications, ancien musée de peinture, Jardin de ville, Jardin des dauphins, Champollion, parlement… Que des grands classiques de la grenoblologie. Tableaux, cartes postales, livres... En revanche, les œuvres présentées suffisent, en elles-mêmes, à rendre le parcours très intéressant. Des tableaux, croquis, plans, cartes postales, affiches, l

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Festivals estivaux : des incertitudes demeurent

MUSIQUES | Roselyne Bachelot a tranché : pour la ministre de la Culture, les festivals estivaux ne pourront accueillir que 5 000 personnes assises et distanciées, dans le respect des gestes barrières. Les organisateurs sauront-ils s’adapter ? Certains d’entre eux ont déjà renoncé. D'autres nous ont répondu et fait part de leurs difficultés.

La rédaction | Mercredi 3 mars 2021

Festivals estivaux : des incertitudes demeurent

Magic Bus en format réduit En novembre dernier, l’association Retour de Scène se voulait optimiste (on ne sait plus trop, mais il y avait peut-être de quoi, à l’époque !) et annonçait des dates pour son prochain festival Magic Bus. La 20ème édition devait se tenir du 6 au 8 mai, avec une programmation presque bouclée. Aujourd’hui, l’équipe du festival est largement revenue sur ces projets initiaux, mais elle ne s’en démène pas moins pour maintenir un événement adapté aux contraintes sanitaires annoncées. Damien Arnaud, coordinateur de l’association grenobloise, nous explique tout : « On est en cours de réflexion pour proposer un format assis en jauge réduite (pas plus de 500 personnes) courant juin. Ce ne sera pas à l’Esplanade, mais on cherche tout de même un lieu en plein air. La programmation sera axée sur la découverte de la scène locale avec, tout de même, un ou deux artistes d’envergure nationale en tête d’affiche. Certaines esthétiques, comme l’électro, ne seront malheureusement pas représentées. Ce sera une autre approche, plus tranquille. Ce que je peux d’ores et déjà annoncer, c’est que le Student Groove Orchestra, en partenariat avec le Crous

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Quand le travail de Yoann Bourgeois fait polémique

ACTUS | Début février, le circassien et chorégraphe Yoann Bourgeois, codirecteur depuis 2016 du centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2), a été mis en cause dans une vidéo anonyme laissant entendre qu’il aurait pu plagier d’autres artistes. On a cherché à en savoir plus en contactant les principaux intéressés, qui appellent pour la plupart à une remise en question profonde du milieu des arts de cirque. Quant à Yoann Bourgeois, après avoir longuement hésité, il a finalement décliné notre proposition d’interview.

Aurélien Martinez | Vendredi 26 février 2021

Quand le travail de Yoann Bourgeois fait polémique

Revenons dans le passé pour commencer. Depuis une dizaine d’années à Grenoble (c’est là qu’il a implanté sa compagnie en 2010), on suit avec délectation et fascination l’éclosion artistique de Yoann Bourgeois, homme de cirque (il est passé par le prestigieux Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne) et de danse (il a notamment collaboré plusieurs années avec la chorégraphe Maguy Marin) devenu, au fil des ans et des créations, l’une des figures phares du nouveau cirque français. On se souvient ainsi, une fin de journée de l’été 2010, être monté à la Bastille, fort militaire surplombant Grenoble, pour découvrir son impressionnant Cavale dans lequel, en compagnie de l’acrobate Lucien Reynès, il défiait magnifiquement la gravité avec un escalier, un trampoline et le panorama urbain en toile de fond (des extraits sont disponibles en ligne). « Dans le cirque, je suis intéressé par le fait de rendre perceptibles

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Des étudiants à l’écoute

Solidarité | Ils n’ont pas voulu rester les bras croisés face au mal-être de certains de leurs camarades : des étudiants de l’Université Grenoble-Alpes ont lancé Alpaline, une ligne téléphonique d’écoute. Avec l’ambition qu’elle demeure active au-delà même du terme de la crise sanitaire. Explications.

Martin de Kerimel | Vendredi 19 février 2021

Des étudiants à l’écoute

Flashback : à la fin du mois d’octobre dernier, plusieurs associations présentes sur le campus grenoblois se réunissent et discutent du mal-être étudiant. Leur constat : les conséquences de la pandémie de coronavirus viennent accroître ce phénomène, déjà vivace du fait de la précarité sociale, de l’isolement physique, de la situation familiale ou de la rupture numérique subie par certains de leurs camarades. « Après avoir réfléchi à divers supports possibles, nous avons l’idée d’une ligne d’écoute », indique Alexis Fayolle, président d’Interasso Grenoble Alpes et trésorier d’Alpaline, l’association qui gère ce nouvel outil d’entraide. Comment fonctionne-t-il ? Très simplement : les vendredis, samedis, dimanches et lundis, de 20h à 23h, tout étudiant(e) peut appeler le 04 65 84 44 24 pour être accueilli par un(e) autre, avec bienveillance : « Nous ne souhaitons stigmatiser, ni juger personne. Notre but est que celui ou celle qui appelle puisse parler sans tabou, avec quelqu’un qui peut comprendre ses galères et répondre à ses questions. Cet accompagnement est gratuit. Il

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Les vélos devront attendre

Exposition | Elle aurait dû être inaugurée le mois dernier, mais "Un amour de vélo", la nouvelle expo du Musée dauphinois, ne peut encore ouvrir ses portes. Le président du Conseil départemental de l’Isère était toutefois sur place, mardi 9 février, en milieu d'après-midi. Nous aussi.

Martin de Kerimel | Mercredi 10 février 2021

Les vélos devront attendre

Cela semble un drôle d’endroit pour une rencontre par les temps qui courent, mais le choix reste finalement très logique : c’est bien au Musée dauphinois que Jean-Pierre Barbier a donné rendez-vous à la presse mardi 9 février. Objectif, selon son expression : offrir « un teaser » de l’exposition à venir. Ne pouvant que traverser les couloirs rapidement, on n’en a pas vu grand-chose, si ce n’est quelques photos et objets rassemblés dans une première salle. L’élu avait un message à faire passer : comme d’autres, il ne comprend pas pourquoi le gouvernement maintient l’obligation de laisser les musées fermés au public. Lui aussi fait un parallèle entre la situation des transports publics et des supermarchés, restés accessibles, et met au défi quiconque d’expliquer en quoi la différence de traitement est pertinente. Jean-Pierre Barbier n'a toutefois pas souhaité passer en force, au risque de placer ses agents « dans une situation d'illégalité », comme a pu le faire le maire de Perpignan en décidant de rouvrir quatre musées. Ce mardi, il est venu au Musée accompagné d'autres personnalités : deux de ses vice-présidents, Martine Kohly et Patrick C

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La compagnie Bardanes passe des planches aux écrans

Web-série | Rassemblant des étudiants, des travailleurs et des demandeurs d’emploi, la compagnie étudiante Bardanes a dévoilé il y a quelques semaines les premiers épisodes de sa web-série, en attendant de retrouver les salles de spectacle.

Sandy Plas | Mercredi 3 février 2021

La compagnie Bardanes passe des planches aux écrans

Ils ne peuvent plus monter sur scène, alors ils ont décidé d’investir les réseaux sociaux, en créant pour la première fois une série. Les membres de la compagnie Bardanes, une asso étudiante créée en 2017, sont ainsi passés des planches à la vidéo il y a quelques semaines, pour continuer à jouer, coûte que coûte. « L’an dernier, nous avions dû annuler nos représentations la veille de la première, à cause du confinement. Quand on a vu que cette année, il serait certainement compliqué de faire du théâtre, on a décidé de créer une série », explique Léa Barnel, membre de la compagnie et auteure de la série. Les Seigneurs, du nom de cette création en 10 épisodes, est visible depuis quelques semaines sur la page Facebook de la compagnie, ainsi que sur son compte Instagram et sa page Youtube. L’histoire plonge dans un monde dévasté par les épidémies et les catastrophes naturelles, face auquel les survivants ont été forcés de s

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Et si le Dispel disparaissait ?

Collectif | Le collectif artistique installé allée de la Casamaures, à Saint-Martin-le-Vinoux, craint d’être expulsé avant le printemps. Qu’est-ce que la culture aurait à perdre à son démantèlement ? On s’est rendu sur place pour en parler avec les premiers intéressés.

Martin de Kerimel | Lundi 25 janvier 2021

Et si le Dispel disparaissait ?

Pas de panneau indicateur. Aucune enseigne. Simplement, sur un bout de grillage, une boîte aux lettres commune qui rappelle que, derrière le portail en partie ouvert, il y a toujours du monde. Les structures qui composent le Dispel cultivent-elles la discrétion ? Non : l’accueil qu’elles nous ont réservé témoigne du contraire. Simplement, elles n’organisent que très rarement des événements ouverts à tous. Et, quand c’est le cas, il se peut qu’une partie du public "consomme" sans se poser de question et ignore totalement le nom des créateurs. Au Petit Bulletin, on garde cependant un bon souvenir de l’Excentrique Cinéma, par exemple, ou d'une journée portes ouvertes étonnante, de nature à titiller bien des curiosités. Le Dispel, on le perçoit comme un lieu à part, au sens noble du terme. C’est pour cette raison que, fin décembre, lorsque l’on nous a

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Détours de Babel 2021 : un festival, plusieurs possibilités

MUSIQUES | Annulé l’année dernière pour cause de Covid, le festival de musiques du monde revient pour une nouvelle édition toute particulière, adaptable, bien ancrée dans une réalité sanitaire plus qu’incertaine.

Hugo Verit | Lundi 18 janvier 2021

Détours de Babel 2021 : un festival, plusieurs possibilités

« Le moral est plutôt bon, on maintient le cap », assure Benoît Thiebergien, directeur du Centre international des musiques nomades (CIMN), installé depuis 2019 sous les voûtes du Théâtre Sainte-Marie-d’en-bas. Malgré le reconfinement, les faux espoirs de réouverture et l’évolution inquiétante des courbes épidémiques ces jours-ci, l’équipe du CIMN ne baisse pas les bras, loin de là. Depuis le mois de septembre, elle accueille de nombreux artistes en résidence ainsi que des scolaires pour diverses activités. Mais elle planche surtout sur son fameux festival de musiques du monde, Détours de Babel, qui devrait bel et bien avoir lieu du 17 mars au 10 avril. Bel et bien, oui, car le CIMN envisage toutes les possibilités, toutes les contraintes probables, tous les écueils éventuels. Couvre-feu, confinement, configuration assise ou debout, monde d’avant ou monde d’après... Peu importe, tout a été prévu : « Dans le pire des cas, l’événement sera en livestream uniquement et nous prévoirons, en plus de la diffusion des concerts, des interviews ou des tables rondes pour apporter une touche nouvelle. S’il y a couvre-feu à 18h, seules les représentations du soir se fer

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Objectif Terre

Sciences | Initié par Grenoble Alpes Métropole et coordonné par la Casemate, un vaste programme d’événements culturels et scientifiques va démarrer : "Une Saison aux couleurs de la Terre". Explications.

Martin de Kerimel | Lundi 11 janvier 2021

Objectif Terre

Et un, et deux, et trois ! Pour la troisième année consécutive, la Métropole lance une initiative de vulgarisation de la culture scientifique, à destination du public le plus large. Son intention est d’anticiper sur l’ouverture du Centre des sciences métropolitain, attendu à Pont-de-Claix l’année prochaine. Après avoir, au cours des deux saisons précédentes, orienté nos regards vers les étoiles et parlé des sciences de l’environnement, la collectivité se consacre désormais à notre chère planète. Et bien qu’elle soit encore fermée, du fait des strictes conditions sanitaires imposées par le gouvernement, la Casemate est à nouveau chargée de coordonner l’ensemble du programme. Pour sa partie propre, elle espère prochainement pouvoir ouvrir les portes de sa nouvelle exposition destinée aux enfants, "Le Jardin extraordinaire". Questions... et réponses ! Les plantes sont-elles vivantes ? Comment naissent-elles ? Qu’en est-il des fruits et légumes ? C’est notamment sur ces sujets que les plus jeunes trouveront de quoi étancher leur curiosité. L’idée ne sera évidemment pas de

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Remobilisation festivalière

ACTUS | Vie culturelle / Les très lourdes conséquences de la crise sanitaire ne laissent pas les organisateurs de festivals indifférents. Aujourd’hui, beaucoup réagissent publiquement et témoignent de leur détermination pour 2021. Explications.

Martin de Kerimel | Mardi 8 décembre 2020

Remobilisation festivalière

Agir pour ne pas connaître une deuxième saison blanche consécutive : c’est la volonté de quelque 200 événements musicaux partout en France, qui viennent de cosigner une tribune. Un texte au titre explicite – « Festivals 2021, Pourquoi on y croit ! » – comme pour mieux secouer le cocotier. Le ton est déterminé. Extraits : « En tant qu’organisateurs de festivals, rien ne nous interdit d’y croire. Optimistes de nature, entrepreneurs de métier, nous sommes engagés pleinement dans la préparation de nos prochaines éditions (…). Nos équipes sont déjà au travail. Les artistes se préparent. Le public nous attend ». « Un message positif » Rémi Perrier, le big boss du festival Musilac, prévu du 8 au 11 juillet prochain à Aix-les-Bains, fait partie des initiateurs de cette démarche. « On avait envie de délivrer un message positif, sans pour autant s’abandonner à la politique de l’autruche, indique-t-il. Petits et grands, on est tous touchés et on sait bien que tous les scénarios restent possibles pour l’an prochain, mais on se dit que le pire n’est jamais certain. » D’où cette intention de s’adresser à tous : artistes, public, parten

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Un Noël dans les rues de Tokyo

ECRANS | Animation. Avec le fabuleux "Tokyo Godfathers", le génie regretté de l’animation japonaise Satoshi Kon livrait en 2003 une relecture aussi singulière qu’émouvante du traditionnel conte de Noël.

Damien Grimbert | Mardi 8 décembre 2020

Un Noël dans les rues de Tokyo

S’il reste avant tout célébré pour ses œuvres les plus avant-gardistes et oniriques, marquées par leur approche "subjective" de la réalité (Perfect Blue, Paprika, la série Paranoïa Agent…), Satoshi Kon, disparu en 2010 à l’âge de 46 ans, n’en a pas moins jamais cessé d’aborder en filigrane, tout au long de sa courte mais irréprochable filmographie, les névroses profondes du Japon contemporain. Une exploration sociétale qu’on retrouve une nouvelle fois à l’œuvre dans Tokyo Godfathers, bouleversante quête de trois sans-abri pour retrouver les parents d’un bébé abandonné pendant les fêtes de Noël. Portrait touchant de trois parias cantonnés aux marges de la société (une femme transgenre au grand cœur, une adolescente fugueuse et revêche, et un père de famille ruiné, râleur et alcoolique), le film s’inscrit ainsi ouvertement dans les codes du conte de Noël, tout en les transcendant sans cesse par sa soif romanesque. À la fois récit initiatique, mélodrame flamboyant, chronique sociale, thriller haletant et fable rédemptrice, le métrage multiplie les registres sans jamais se perdre en cours de route, embarquant le spectateur dans un grand-huit émoti

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"Mandibules" : à mouche que veux-tu

ECRANS | À force de tourner autour de récits kafkaïens ou de métamorphoses, il était fatal que Quentin Dupieux aboutisse à une histoire d’insecte géant. Réunissant un aréopage de comédiens de haut vol (dont une Adèle… battante), "Mandibules" fait à nouveau mouche.

Vincent Raymond | Mardi 8 décembre 2020

Semi-clochard et 100% benêt, Manu a été choisi pour livrer une mystérieuse mallette. Comme il lui faut une voiture, il en fauche une, embarquant au passage son pote Jean-Gab, aussi éveillé que lui. Mais en découvrant à son bord une mouche géante, ils décident de changer leurs plans et de l’apprivoiser… Voici presque deux décennies que le musicien Quentin Dupieux a débuté sa diversification sur les plateaux de tournage. D’abord annexe, l’activité semble aujourd’hui prendre le pas sur toutes les autres ; et saisi par une fièvre créatrice, le prolifique réalisateur a même accéléré sa production puisqu’il dévoile désormais tous les ans une nouvelle facette de son cosmos. Entre ses longs métrages, les liens de consanguinité s’avèrent manifestes (une revendication d’appartenir à une famille très singulière), chaque opus s’affranchit cependant du précédent par un léger décalage : comme un saut de puce évolutif dans l'embryogénèse de leur structure narrative. Parti du magma abstrait de Nonfilm (2001), passé par le non-sens, l’intrication de l’absurde onirique o

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Jowee Omicil, le jazz… et bien plus encore

MUSIQUES | Jazz. L'Hexagone ouvre ses portes à Jowee Omicil, un artiste jazz qui privilégie une approche multiple, en combinant son art avec d'autres sonorités supposément plus accessibles. On s'emballe d'avance pour le résultat !

Damien Grimbert | Mardi 8 décembre 2020

Jowee Omicil, le jazz… et bien plus encore

Il existe dans le jazz, comme dans tant d’autres registres musicaux, une querelle de longue date entre les puristes, qui souhaiteraient le garder aussi avant-gardiste, radical et sans concession que faire se peut, de peur de le voir s’affadir et se diluer à force de se vouloir trop consensuel. Et de l’autre, les tenants d’une plus grande accessibilité pour l’auditeur non-initié, qui passe souvent par le biais d’une fusion avec d’autres styles musicaux jugés, à tort ou à raison, plus faciles d’approche. Ce qui fait la force de Jowee Omicil, artiste canadien d’origine haïtienne et multi-instrumentiste chevronné aussi à l’aise au saxophone (qu’il a étudié au Berklee College of Music de Boston) qu’à la flûte, aux claviers, au cornet, à la clarinette ou au chant, c’est justement sa capacité à s’adresser au plus grand nombre sans renier pour autant la complexité époustouflante de la discipline qui l’a vu s’épanouir. Ce que l’artiste résume lui-même de manière aussi simple que limpide par la formule suivante : « J’essaie juste de faire la musique comme je l’entends, une musique qui n’est pas facile à jouer, mais simple à écouter. » Adepte d’un jazz "fusionnel", puisa

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"Le Mystère de Noël" : ♪ Lost Christmas ♫

ECRANS | ★★☆☆ De Andrea Eckerbom (Nor., 1h10) avec Trond Espen Seim, Anders Baasmo Christiansen… En salles le 23 décembre.

Vincent Raymond | Mardi 8 décembre 2020

Dans le village de la petite Élisa, on oublie tout, jusqu’à l’existence de la fête de Noël ! La découverte dans un grenier par la fillette d’une étrange boîte à tiroirs ornés de nombres (en fait, un calendrier de l’avent) provoquera d’heureux changements et même la venue du Père Noël… On aimerait tous avoir les disponibilités d’agenda du vieux bonhomme barbu, capable d’ajouter un apéro au village d’à côté, pile la nuit où il doit livrer (sans attestation) chaque foyer du monde ! Moins glauque que Le Grinch, cette fantaisie enfantine venue des neiges norvégiennes tient davantage de l’anecdote que du film épique, mais comme elle est de saison et d’une durée mesurée, on la déguste tel un chocolat chaud : en oubliant l’excès de sucre. Et les incohérences scénaristiques.

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Mardi 3 novembre, la metteuse en scène Émilie Le Roux dévoilera son nouveau spectacle "La Morsure de l’âne"

SCENES | Si vous nous lisez souvent, vous avez dû remarquer que nous avons quelques artistes grenoblois fétiches. La metteuse en scène Émilie Le Roux en est, elle (...)

Aurélien Martinez | Mardi 20 octobre 2020

Mardi 3 novembre, la metteuse en scène Émilie Le Roux dévoilera son nouveau spectacle

Si vous nous lisez souvent, vous avez dû remarquer que nous avons quelques artistes grenoblois fétiches. La metteuse en scène Émilie Le Roux en est, elle qui développe depuis une quinzaine d’années un théâtre tout public ouvert sur la jeunesse ; un théâtre poétiquement fort en plein dans notre époque et ses questionnements – le genre, l’identité, les migrations… Bonne nouvelle : du mardi 3 au samedi 7 novembre sur la scène de la MC2, elle dévoilera son nouveau spectacle La Morsure de l’âne d’après un texte de l’autrice Nathalie Papin. « Nathalie Papin nous propose d’explorer notre rapport à la mort, à travers une œuvre mordante, légère et fondamentale sur ce qui nous rend vivant, sur ce que c’est qu’être en vie », écrit-elle en note d’intention. On a hâte de découvrir ça.

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Notes bleues (et autres)

MUSIQUES | Jazz / On vous l’accorde : il a déjà commencé et, parution en décalage oblige, on vous en reparle avec un peu de retard. On s’en serait voulu de manquer le 16e Grenoble Alpes Métropole Jazz Festival, qui tient cette année la note bleue jusqu’au 17 octobre.

Martin de Kerimel | Mardi 6 octobre 2020

Notes bleues (et autres)

Salvatore Origlio et son équipe ont concocté un programme prometteur, en insistant tant sur la dimension universelle et intemporelle du jazz que sur sa grande diversité. Impossible de citer chaque artiste, alors on vous dévoile l’un de nos coups de cœur : le quatuor Cuareim (photo), accompagné par la percussionniste et chanteuse Natasha Rogers, qui s’adapte aux nouvelles normes sanitaires et va proposer deux sets successifs au public de l’auditorium du Musée de Grenoble, dimanche 11. Le projet, ambitieux, est d’associer des sonorités classiques à d’autres d’inspiration latine : un pari réussi, à en juger par les morceaux que nous avons entendus. Le festival dans son ensemble associera par ailleurs onze autres salles partenaires, à Grenoble, Bernin, Champ-sur-Drac, Crolles, Échirolles, Fontaine, Gières, Meylan, Saint-Égrève et Varces. Son programme complet est disponible en ligne, sur le site du Jazz Club de Grenoble (www.jazzclubdegrenoble.fr).

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Fermeture à 22h : les bars culturels s’adaptent

Actu dans la ville | Crise sanitaire / Depuis le 28 septembre, les bars ont l’obligation de fermer à 22h afin de faire face à la recrudescence de l’épidémie de Covid-19 à Grenoble et ailleurs. Comment les établissements qui proposent aussi une programmation culturelle s’adaptent-ils à la situation ? Le PB a mené son enquête.

Hugo Verit | Mardi 6 octobre 2020

Fermeture à 22h : les bars culturels s’adaptent

Nouveau coup dur pour les bars. Face au rebond de l’épidémie de coronavirus à Grenoble (tout comme dans d’autres villes), le gouvernement a imposé de nouvelles restrictions dont la fermeture anticipée des débits de boisson à 22h, en vigueur depuis le 28 septembre. Une nouvelle difficile à digérer pour tous ces établissements qui tentaient, depuis le déconfinement, de mener une vie à peu près normale. Au Petit Bulletin, nous n’oublions pas que ce sont aussi des lieux culturels, où l’on peut assister à un concert ou à un spectacle, qui doivent une fois de plus s’adapter. C’est notamment le cas du Trankilou, le bar super chaleureux du boulevard Joseph-Vallier. Ici, on a accueilli la nouvelle avec une certaine sérénité : « On a déplacé notre programmation à l’heure de l’apéro. Les premiers concerts débutent à 18h30 et à 21h, tout est terminé. Ça demande simplement de s’organiser autrement. Il y a une personne en plus l’après-midi pour accueillir les artistes qui font leurs balances. » On le sait, une fermeture anticipée, c’est une inévitable baisse du chiffre d’affaires. Dont le Trankilou est bien conscient : « L’autre jour, alors même qu’il n’y avait pas de concert, on

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Choplin en mouvement

Littérature | Littérature / Au Petit Bulletin, on connaît bien le directeur artistique de l’Arpenteur, le beau festival qu’organise l’association Scènes Obliques dans le massif de Belledonne. Antoine Choplin vient de publier un nouveau roman, Nord Est, aux éditions La Fosse aux ours.

Martin de Kerimel | Mardi 6 octobre 2020

Choplin en mouvement

Dans un style épuré, cette histoire de personnages qui quittent un camp et se dirigent vers des plaines lointaines séduit dès les premières lignes. Elle évoque les migrations d’hier et d’aujourd’hui, sans se situer en un lieu précis. L’auteur ne se voit pas comme le militant d’une cause quelconque, mais admet qu’une accumulation de faits d’actualité pourrait avoir déclenché son envie d’écrire sur le sujet. « De manière confuse, ce roman est en moi depuis longtemps, ou en tout cas la question du retour des camps, indique-t-il. J’ai lu Primo Levi, bien sûr, ou d’autres comme Georges Hivernaud. J’ai une fascination sur ce que font les hommes et les femmes pour continuer à se tenir debout dans ces circonstances. » Par ailleurs, il laisse un large champ à l’imaginaire, quitte à ce que chacun perçoive dans ses écrits un environnement familier : « Je me suis tourné vers un sujet que j’avais laissé en sommeil : celui de la montagne. Je l’avais abordé pour des écrits plus brefs et poétiques, mais je ne l’avais jamais travaillé comme un décor persistant. » On ne serait pas étonné que les Isérois y trouvent un plaisir particulier…

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Jours d’Ouverture sur le cours Berriat

Actu dans la ville | Art dans la ville / Depuis plusieurs années, les commerces ont du mal à survivre sur une petite moitié ouest du cours Berriat, devenue un simple lieu de passage. Devant ce constat, la compagnie Scalène organise "Ouverture Exceptionnelle", un festival artistique pluridisciplinaire qui investit certaines boutiques inoccupées et anime le quartier durant neuf jours.

Hugo Verit | Mardi 6 octobre 2020

Jours d’Ouverture sur le cours Berriat

Arpenter le cours Berriat dans son intégralité – depuis le boulevard Gambetta, amorce du centre-ville, jusqu’au pont bleu qui enjambe l’autoroute et le Drac à l’entrée de Fontaine – n’est pas une expérience anodine. Puisqu’il s’en passe des choses le long de ce kilomètre et demi où différentes ambiances se succèdent. La première partie est certainement la moins agitée depuis qu’une bien-nommée autoroute à vélo y est installée. Les voitures se font plus rares mais les commerces nombreux et relativement bien portants, bénéficiant sans doute de la proximité avec le centre. On y trouve une pizzeria d’influence romaine plutôt goûtue, un fameux resto vietnamien qui ne paye pas de mine, des agences immobilières, des banques étrangères et bien sûr le centre commercial K’store. Au-delà du cours Jean-Jaurès, c’est déjà une autre atmosphère : nous voilà au cœur de Berriat, dans les quartiers Estacade et Saint-Bruno qui palpitent bien, surtout aux heures de marché. À chaque coin de rue, un kebab, un primeur ou un boucher. Ça papote, ça s’interpelle, se salue… et se dispute, aussi, parfois. Ça vie, en somme… Et puis, une fois la rue Abbé Grégoire dépassée, démarre l’ultime tronçon. Celui qui

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" Drunk" : qui abuse, boira…

Cinéma | Boire / Thomas Vinterberg s’empare d’une théorie tordue pour s’attaquer à un nouveau "pilier culturel" scandinave : la surconsommation d’alcool. Une fausse comédie et une vraie étude de mœurs à voir cul sec.

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2020

Ils sont quatre potes, au bas mot quadragénaires et profs dans le même lycée. Quatre à ressentir une lassitude personnelle et/ou professionnelle. Quatre à se lancer, « au nom de la science » dans une étude secrète : tester la validité de la théorie d’un chercheur norvégien postulant qu’un humain doit atteindre une alcoolémie de 0, 5 g/L pour être dans son état normal : désinhibé et créatif. Commence alors une longue descente, et pas qu’aux enfers… Drunk se décapsule sur une séquence qu’on croirait documentaire, montrant ce qui ressemble à une soirée d’intégration entre étudiants (en réalité, il s’agit d’élèves de terminale), en train de se livrer à une sorte de compétition sportive. Sauf qu’ici, l’enjeu pour les participants n’est point tant de courir vite, mais pour chacun d’engloutir le contenu d’une caisse de bière, de le vomir, avant d’aller semer sa "bonne humeur" éthylique dans les rues de la ville et ses transports en commun. Ce ne sont pas tant les débordements (somme toute minimes et potaches) causés par ces lycéens bien peignés qui choquent ; plutôt le regard bienveillant, amusé voire nost

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Des glaces à croquer

GUIDE URBAIN | Glacier / On se régale à découvrir les sorbets et crèmes glacées du spécialiste grenobloise Crème croquante, confectionnés à base de produits frais, bio et locaux.

Jérémy Tronc | Mardi 22 septembre 2020

Des glaces à croquer

En ce jour ensoleillé et anormalement chaud pour un 16 septembre, la file d’attente devant le glacier Crème croquante ne raccourcit pas. Sa terrasse pleine, les clients s’installent sur les tables du restaurant Le Cèdre situé juste à côté. Le bouche-à-oreille est très favorable à ce glacier qui confectionne dans son atelier sans doute les meilleures glaces à l’italienne de Grenoble. Fadila Ambrogini, la gérante, a appris le métier en Italie en 1983, auprès d’un glacier alors âgé de 80 ans. « Il a commencé à vendre des glaces avec un char, un véhicule ambulant poussé par un vélo. » Un autre temps, mais une recette immuable et précieuse que Fadila n’a pas oubliée après quelque temps passé dans l’humanitaire et le social. « J’ai simplement dû m’adapter aux nouveaux appareils de cuisine. Mais j’ai tout de même commandé une turbine verticale pour travailler comme j’ai appris à l’époque. » Les sorbets et les crèmes glacées sont confectionnés à base de produits frais, bio et locaux, crème et œufs compris. La boutique propose un catalogue de 36 parfums mais seuls 12 sont vendus simultanément afin de respecter la saisonnalité des fruits. « Quand un enfant

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12 propositions pour une année de danse intense à Grenoble

Panorama de rentrée culturelle 2020/2021 | Avec des chorégraphes qu'on connaît (très) bien, des nouvelles têtes, des reprises... Il y aura de quoi faire cette saison dans l'agglomération grenobloise !

Aurélien Martinez | Lundi 19 octobre 2020

12 propositions pour une année de danse intense à Grenoble

Miracles Le très productif chorégraphe hip-hop (mais pas que) Bouba Landrille Tchouda, qu’au Petit Bulletin nous suivons avec plaisir depuis (presque) ses débuts (on en a écrit des lignes élogieuses sur ses spectacles !), dévoilera cet automne sa nouvelle création. Avec, comme souvent avec lui, une note d’intention pleine de beaux principes – extrait : « dans un dispositif scénique léger, trois interprètes exploreront, dans un va-et-vient entre l’intime et l’extérieur, la question de l’inter-dépendance, qui nous bouscule tout autant qu’elle nous enrichit ». D’accord ! AM Au Grand Angle (Voiron) mardi 10 novembre Au Théâtre municipal de Grenoble jeudi 12 et vendredi 13 novembre Loto3000

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Voici 23 spectacles pour une saison théâtrale grenobloise variée

Panorama de rentrée culturelle 2020/2021 | Les théâtres de Grenoble et de l'agglomération ont de nouveau dégainé des programmations bourrées de propositions qu'on avait envie de défendre. Suivez-nous ! Par Aurélien Martinez et Nadja Pobel

La rédaction | Mercredi 14 octobre 2020

Voici 23 spectacles pour une saison théâtrale grenobloise variée

Western ! À Grenoble et aux alentours (ce que l’on appelle de par chez nous le Dauphiné), Serge Papagalli est une légende qui foule les scènes de la région depuis maintenant 50 ans. Pour célébrer cet anniversaire comme il se doit, et avant de le croiser fin novembre sur grand écran dans le film Kaamelott (le fameux Guethenoc le paysan, c’est lui) d’Alexandre Astier, notre homme se lance dans le western-spaghetti et théâtral, lui qui revendique fièrement ses origines italiennes. Avec une douzaine de comédiennes et comédiens à ses côtés (dont pas mal de fidèles de chez fidèles toutes générations confondues), son Western ! était forcément très attendu par un paquet de monde. Dont nous. AM À la MC2 du mardi 13 au jeudi 22 octobre Au Théâtre Jean-Vilar (Bourgoin-Jallieu) vendredi 6 et samedi 7 novembre Au

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La Bobine déroule

MUSIQUES | Concerts / Le début septembre est assez chargé du côté de la Bobine, avec une programmation riche... d'événements assis ou en plein air, dans le strict respect des normes sanitaires.

Stéphane Duchêne | Mardi 8 septembre 2020

La Bobine déroule

« Debout », « assis », « rentre », « tu peux sortir », « reste dehors », « mets ton masque », « tu peux l'enlever », « remets-le »... Depuis quelques mois, il semble que chacune de nos actions soit dictée par les injonctions précitées, parfois notoirement contradictoires. C'est encore plus vrai s'agissant des musiques actuelles que toutes ces consignes vont finir par rendre chèvre – et affamées. Alors, à la Bobine, on a choisi (c'est encore le plus simple, enfin, le moins compliqué) de respecter à la lettre les consignes en présentant que des concerts assis, masqués et socialement distanciés façon chaises musicales ainsi que des événements en plein air (là où les gouttelettes se perdent dans l'air et les nuages de pollution). La programmation est déjà quelque peu lancée, mais pour la quinzaine qui nous attend on pourra donc y célébrer la double release party des disques de Marthe (Minos - photo), louchant vers le trans rock oriental, et des Beaux Tailleurs (Terroni), plut

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François Ozon : « Il n’y a pas une manière pour diriger les acteurs »

Été 85 | Dans la sélection officielle du Festival de Cannes 2020, en compétition au Festival de San Sebastien, Été 85 séduit… Sans doute parce qu’il parle de séduction et renvoie à l’adolescence des spectateurs. En tout cas, à celle de son auteur, François Ozon. Rencontre.

Vincent Raymond | Mardi 7 juillet 2020

François Ozon : « Il n’y a pas une manière pour diriger les acteurs »

La réalisation de ce film a-t-elle été pour vous une manière d’exécuter un pacte que vous auriez contracté avec vous-même, lecteur de 17 ans découvrant le roman de Aidan Chambers ? François Ozon : Quand j’ai lu le livre, je n’étais pas encore cinéaste, c’est vrai, j’étais lycéen rêvant de faire du cinéma et je me suis dit que j’adorerais faire ce film, raconter cette histoire… En même temps, j’avais presque plus envie d’en être le spectateur. Peut-être que, déjà, je me sentais trop proche des personnages, je n’aurais pas été capable de raconter l’histoire. J’étais quasiment sûr d’ailleurs qu’un réalisateur comme Gus Van Sant, John Hughes ou Rob Reiner aurait pu s’en emparer et faire un teen movie à l’américaine. Mais ça c’est jamais fait. Quand j’en ai parlé à Aidan Chambers, qui a 85 ans aujourd’hui, il m’a dit que trois réalisateurs avaient essayé de l’adapter pendant toute cette période, sans succès. Après Grâce à Dieu — qui avait été un film un peu compliqué, vous vous doutez pourquoi — j’avais env

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"Le Défi du champion" : chaque bac doit être un but

ECRANS | De Leonardo D'Agostini (It., 1h45) avec Stefano Accorsi, Andrea Carpenzano, Ludovica Martino…

Vincent Raymond | Mardi 7 juillet 2020

Joueur vedette de l’AS Roma, Christian se comporte comme un ado attardé capricieux sur le terrain comme à la ville. Excédé, le président du club exige qu’il se discipline et passe le bac. Prof au chômage, Valerio est engagé pour le remettre à niveau. Il va avoir du boulot… Construit sur le principe des vases communicants comme l’était Intouchables (ou la fable de L’Aveugle et du Paralytique, si l’on voulait être taquin), cette comédie-tendresse à gros crampons est aussi prévisible qu’une blessure de Neymar avant le Carnaval de Rio : oui, Christian n’est pas l’atrophié du bulbe caricatural que tous les parasites (son père, sa blonde-trophée, ses potes campant chez lui…) voient en lui ; oui Valerio l’intello hirsute en velours côtelé cache une blessure intime secrète. Et oui, les deux caractères opposés vont s’assembler pour "se réparer" l’un l’autre. C’est vendu sous le vocable de feel good movie, c’est gentil, ça ne mérite pas de sortir un carton ; de là à en faire un en salles… Sortie le 5 août

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