Luke Slater et Paula Temple, DJs hors des sentiers battus

Soirée | Joli plateau en perspective samedi 15 avril à la Belle électrique, avec deux vétérans britanniques de la scène techno internationale dont la longévité de la carrière n’a en rien freiné la capacité à se renouveler et à innover.

Damien Grimbert | Mardi 11 avril 2017

Photo : Karen Vandenberghe


Remarqué au début des années 1990 avec sa redoutable série d'EPs acid-techno Planetary Funk pour le label Peacefrog, Luke Slater alias Planetary Assault System n'a cessé de creuser son propre sillon depuis. Fervent défenseur d'une techno "brutaliste" composée de sonorités organiques dépouillées de toute afféterie superflue, il ne perd pour autant jamais de vue dans ses sets la quête du funk électronique propre aux pionniers de Détroit.

Revenue sur le devant de la scène après un hiatus de six ans dans la deuxième moitié des années 2000, la Mancunienne Paula Temple (photo), figure de proue du label R&S désormais installée à Berlin, peut à bien des égards être considérée comme l'une des influences principales du courant le plus aventureux de la techno actuelle. Auteure de DJ-sets haletants où les influences les plus diverses (indus, ambient, IDM, électro, rave, post-punk) viennent s'entrechoquer à la vitesse de l'éclair (il n'est pas rare de la voir enchaîner 25 ou 30 morceaux différents en l'espace d'une heure), elle renoue par ce biais avec une quête de singularité trop souvent délaissée à l'heure actuelle.

Planetary Assault System + Paula Temple
À la Belle électrique samedi 15 avril à 23h


Planetary Assault System + Paula Temple

+ Zalder (techno)
La Belle Électrique 12 esplanade Andry-Farcy Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Melancholia, course à l'abîme

Projection | C’est l’histoire d’un cinéaste presque assuré de décrocher sa seconde Palme d’Or mais qui, en sortant une provoc’ débile durant sa conférence de presse (...)

Vincent Raymond | Lundi 17 janvier 2022

Melancholia, course à l'abîme

C’est l’histoire d’un cinéaste presque assuré de décrocher sa seconde Palme d’Or mais qui, en sortant une provoc’ débile durant sa conférence de presse cannoise, se tira une balle dans le pied aussi sûrement que s’il avait usé d’une Gatling. Le gros malin, c’est Lars von Trier et le chef-d’œuvre sacrifié, Melancholia (2011). Une hypnotique fable surréelle de fin du monde, dont le splendide récit d’apocalypse fait curieusement écho avec le scandale précité : on y suit en effet une inexorable course à l’abîme alors que tout débute sous les meilleurs auspices. Porté par une distribution internationale (Kirsten Dunst à tout de même ravi le prix d’interprétation féminine) et farci de références esthétiques somptueuses, ce film doit à présent sortir de son purgatoire. Melancholia jeudi 20 janvier à 20h au Méliès

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"Licorice Pizza" de Paul Thomas Anderson : sweet seventies

Le film coup de cœur | Deux jeunes gens que près de dix ans séparent apprennent à s’aimer, non sans peine. Une carte postale datant de l’époque du pétrole illimité, des waterbeds et des cols pelle à tarte confiée à d’inattendues têtes d’affiche.

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

San Fernando, L.A., 1973. À la fois lycéen, comédien et à l’affût de la moindre opportunité entrepreneuriale, le jeune Gary Valentine tombe sous le charme d’Alana, l’assistante du photographe de l’école. Le fait qu’elle ait la vingtaine ne l’arrêtant pas, l’ado culotté engage une opération de séduction qui ne laisse pas totalement insensible sa putative dulcinée. Chronique de leur histoire, entre hauts et bas… Ne vous attendez pas à découvrir dans ce film la recette (ni la moindre apparition) de la pizza à la réglisse promise par le titre ! Cette espèce de chimère culinaire, que les papilles peinent d’ailleurs à conceptualiser — quand bien même elles auraient tâté de l’improbable Hawaïenne — doit se comprendre comme l’équivalent alimentaire doux-amer de notre mariage entre la carpe et le lapin. Une sorte d’attelage improbable entre deux caractères davantage susceptibles de créer une discordance qu’une harmonie, mais que la force de l’imagination (ou

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Éric Hurtado à Mon Ciné

Rencontre | À l’occasion du pré-finissage de l’exposition photographique La Voie du milieu qu’il présente avec Julien (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 décembre 2021

Éric Hurtado à Mon Ciné

À l’occasion du pré-finissage de l’exposition photographique La Voie du milieu qu’il présente avec Julien Guinand jusqu’au 23 décembre à l’espace Vallès de Saint-Martin-d’Hères (on vous en parlait dans notre précédente édition), Éric Hurtado vient le mercredi 15 pour un apéritif-rencontre sur le lieu de l’expo puis à Mon Ciné accompagner une projection spéciale du documentaire qu’il a cosigné avec son frère Marc, Jajouka, quelque chose de bon vient vers toi (2012), consacré aux maîtres musiciens de ce village du Rif marocain, dont l’influence a été considérable sur les artistes des années 1960. Et sur l’émergence d’un courant musical par la suite baptisé “world music” — au grand dam de certains. Une séance aux allures d’expérience initiatique ou

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Jeunes Bobines : dites 33 !

Festival | Qui, des parents ou des enfants, se réjouira le plus du retour du festival Jeunes Bobines ? Mis en suspens l’an dernier pour cause de (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 décembre 2021

Jeunes Bobines : dites 33 !

Qui, des parents ou des enfants, se réjouira le plus du retour du festival Jeunes Bobines ? Mis en suspens l’an dernier pour cause de vous-savez-quoi, ce rendez-vous plaçant “les jeunes acteurs à l’honneur” intéresse la famille dans son ensemble par l’étendue de sa programmation (une quarantaine de films longs ou courts y sont présentés, à destination d’un public allant de 3 à 13 ans), par le nombre de ses animations (gratuites) émaillant les séances et — last but not least — par sa judicieuse inscription dans le calendrier pile entre Noël et le Jour de l’an. Composé d’une compétition arbitrée par un jury pro (où figure notamment la réalisatrice de La Traversée, Florence Miailhe, qui participera à un échange autour de son film) et un jury jeune, il abrite également deux sections thématiques : Petites Bobin

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Y’a pas que le ski dans la vie

Hors-ski | Monter en station oui, mais pour faire quoi à part du ski ? Nous nous sommes penchés sur cette question cruciale et avons sélectionné quelques activités originales, pour vous ou à placer sous le sapin. Ce qu’on appelle communément un cadeau, mais immatériel.

Jérémy Tronc | Mardi 14 décembre 2021

Y’a pas que le ski dans la vie

Pour partir en sécurité Quand on veut se mettre au ski de rando ou à la raquette à neige, il est de bon ton d’avoir quelques notions de sécurité en montagne hivernale, ce qui n’est pas le cas de tous les pratiquants. Pour se mettre à niveau ou réviser les fondamentaux, certaines stations organisent des séances de formation et de prévention, comme en Chartreuse avec les professionnels du bureau montagne Cartusiana ou de l’agence Alpes Ascensions. Préparation de sortie, nivologie pratique, sécurité en terrain enneigé, utilisation du triptyque DVA/pelle/sonde… Tous les points essentiels sont abordés pour assurer la réussite de vos sorties… celles quand on rentre vivant, comme on dit dans le milieu ! www.cartusiana.com Apprendre à survivre dans la neige Imaginez, vous randonnez en montagne, votre smartphone n’a plus de batterie et, complète

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Au centre-ville, 30 artisans créent un parcours des arts

Créateurs | Sculpteurs, potiers, peintres, photographes, maroquiniers, graveurs, gantiers... C’est fou le nombre d’artisans créateurs et de galéristes implantés au (...)

Jérémy Tronc | Lundi 29 novembre 2021

Au centre-ville, 30 artisans créent un parcours des arts

Sculpteurs, potiers, peintres, photographes, maroquiniers, graveurs, gantiers... C’est fou le nombre d’artisans créateurs et de galéristes implantés au centre historique de Grenoble. Une trentaine selon le site Parcours des Arts Grenoble, récemment mis en ligne afin de valoriser ces ateliers d’artistes et ces galeries que l’on croise entre le quartier Saint-Laurent et l'ensemble des quartiers Antiquaires, Très-Cloîtres et Notre-Dame. Une initiative à mettre au crédit de l’association Symp’art dont le but est de promouvoir le travail des artistes et artisans dans les quartiers susmentionnés. Différents moyens sont mis en œuvre pour valoriser ces lieux et établir entre eux un lien cohérent : le site internet donc, mais aussi des brochures disponibles dans des points stratégiques, un signalétique au niveau de chaque lieu participant et des visites guidées en compagnie d’un guide professionnel (programme sur le site de Parcours des Arts Grenoble). « La mise en place du Parcours des arts est une reconnaissance certaine de la part des collectivités publiques avec qui nous travaillons

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"Le Diable n’existe pas" : quatre morts et une seule vie

Le film de la quinzaine | Un film en quatre temps et en crescendo pour montrer la banalité de la peine capitale en Iran, où la mort donnée sur ordres détruit par contrecoup bien des vies. Un conte d’une tragique beauté visuelle, douloureusement bien interprété, comme toujours chez Mohammad Rasoulof. Ours d’Or à Berlin en 2020.

Vincent Raymond | Lundi 29 novembre 2021

Un père de famille, époux et fils attentionné, exerce un métier peu commun ; un militaire cherche à éviter de participer à une exécution capitale ; un autre militaire profite d’une permission pour aller fêter l’anniversaire de sa fiancée ; une jeune femme expatriée débarque en pleine campagne pour faire connaissance avec son oncle malade… sans se douter de ce qu’elle va découvrir. Quatre courts métrages se déroulant dans l’Iran contemporain, quatre histoires se répondant entre elles, quatre contes liés à la question de la peine de mort… De la contrainte naît la créativité, hélas ! Rasoulof a opté pour ce film en quatre tableaux afin d’éviter d’attirer l’attention des autorités sur son travail. Pour qui est familier du court métrage (et de sa construction “à chute”, sans exécrable jeu de mot), son premier volet se révèle prévisible ; mis

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"La Morsure de l’Âne" par Émilie Le Roux : « Ce texte nous a attendus »

Théâtre | La nouvelle création de la compagnie Les Veilleurs, mise en scène par la Grenobloise Emilie Le Roux, aborde le sujet de la vie et la mort. Pensée aussi bien pour les enfants que pour leurs parents, La Morsure de l’Âne, issue d’un texte de Nathalie Papin, sera jouée du 30 novembre au 4 décembre à la MC2 de Grenoble.

Valentine Autruffe | Lundi 22 novembre 2021

« Vivez, mourez, mais choisissez enfin ! » Tout au long du spectacle, accompagné d’un âne malicieux, Paco oscille entre pulsions de vie et de mort, visité par des créatures, des personnages, des membres de sa famille, dans un univers onirique. Que faire ? Emilie Le Roux s’attaque, avec la compagnie Les Veilleurs, à un thème aussi difficile qu’universel : la mort, et comment on vit avec la conscience de cette inéluctable fin. Après Le Pays de Rien, c’est une nouvelle fois un texte de Nathalie Papin qui est mis en scène, coproduit par la MC2, en partenariat avec l’Espace 600. « C’est sûrement le seul texte de Nathalie Papin qui n’a pas été monté ! On doit le faire depuis 12 ou 13 ans ; on attendait que ce soit le moment, que la compagnie soit capable de porter le projet. Ce texte nous a attendus », commente Emilie Le Roux. Sujet ardu, mais abordé avec l’intelligence et la finesse que l’on connaît à Nathalie Papin, et « beaucoup de malice. Ce ne sont pas

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"A Quiet Evening of Dance", pur Forsythe

Danse | La MC2 de Grenoble accueille les 14 et 15 décembre le maître néoclassique qu'est William Forsythe, pour A Quiet Evening of Dance.

Valentine Autruffe | Lundi 29 novembre 2021

Difficile de résumer l'univers du chorégraphe William Forsythe, tant son œuvre, débutée dans les années 1970, est riche, débordant même parfois les frontières de la danse pour des installations ou des performances dans les musées… Né en 1949 à New York, féru au départ de rock et de comédie musicale, Forsythe émigre en Allemagne où il dirigera bientôt le Ballet de Francfort, de 1984 à 2004. Une formation de culture classique avec laquelle il invente son propre style fait à la fois de déconstruction des codes classiques, mais aussi d'une extrême virtuosité technique (vitesse d'exécution ébouriffante, membres sous forte tension…). En 2005, il crée une compagnie indépendante, toujours basée en Allemagne, multipliant les collaborations (dernièrement avec le Ballet de l'Opéra de Paris en 2015). Plusieurs de ses pièces ont ét

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Sapin phallique et discours nuptial

SCENES | Allez voir les yeux fermés ce seul en scène du Grenoblois Gregory Faive, adaptation du roman de Fabcaro Le Discours : promis, vous allez vous marrer !

Valentine Autruffe | Lundi 29 novembre 2021

Sapin phallique et discours nuptial

«Je suis là, à manger du gigot et du gratin, alors que l’objet de mon tourment est ailleurs, et qu’une fourchette menace de grincer dans l’assiette à tout moment ! » Coup de génie du comédien grenoblois Grégory Faive que cette adaptation au théâtre du roman à succès de Fabrice Caro, Le Discours. Seul en scène pendant plus d’une heure et demie, le comédien déborde d’énergie, passant d’un état dépressif désopilant à l’exultation à peine exagérée quand son téléphone vibre, tout fébrile qu’il est d’espérer ardemment un texto de sa belle. Nous sommes dans un dîner de famille, avec tous ses aléas ; le beau-frère et ses qualités d’aménageur, la sœur qui va se marier, les reliques de son enfance conse

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Infrason fête ses 4 ans

Electro | Après quatre ans d’existence et une centaine d’évènements organisés sur Grenoble, Lyon et Paris, le collectif Infrason fêtera samedi 20 novembre son (...)

Damien Grimbert | Mardi 16 novembre 2021

Infrason fête ses 4 ans

Après quatre ans d’existence et une centaine d’évènements organisés sur Grenoble, Lyon et Paris, le collectif Infrason fêtera samedi 20 novembre son anniversaire… à la Belle Electrique, autour d’un line-up massif rassemblant des poids-lourds de la scène techno française actuelle. Un vrai accomplissement pour cette jeune association qui a rapidement pris de l'ampleur, et défend « une approche militante du dancefloor » autour de valeurs comme le féminisme, l’inclusivité ou encore la réduction des risques, concrétisée par un conséquent travail de terrain. Autre particularité d’Infrason, le soin apporté à conceptualiser ses résidences bimestrielles : au Drak-Art, les soirées LGBTQI+ friendly Unleashed réunissent ainsi une programmation techno pointue et des performances de drag-queens & kings, tandis qu’à l’Ampérage, les soirées Funk’Invaders associent house, funk et disco à l’univers du retrogaming via des projections de jeux vidéo vintage. Un concept amené à se moderniser en 2022, avec l’ouverture à des sonorités plus vastes (électro, trance) et des jeux vidéo… plus récents. En dépit de ces belles réussites, Infrason n’a pas pour autant l’intention «

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Brigid Dawson & The Mothers Network, la Californie sous la pluie

Folk | On dit souvent que les artistes sont en grande partie le produit de leur environnement. Une analyse sans doute un peu cliché, mais qui s’applique à la (...)

Damien Grimbert | Mardi 16 novembre 2021

Brigid Dawson & The Mothers Network, la Californie sous la pluie

On dit souvent que les artistes sont en grande partie le produit de leur environnement. Une analyse sans doute un peu cliché, mais qui s’applique à la perfection à la musique de Brigid Dawson, chanteuse et claviériste pendant pas loin de dix ans au sein de la fameuse formation de garage rock psychédélique californienne Thee Oh Sees. Et la Californie, berceau ensoleillé de la contre-culture des 60’s et terre d’accueil de l’utopie hippie, est bel et bien présente en esprit au sein de Ballet of Apes, son premier album solo sous le nom Brigid Dawson & The Mothers Network : voix apaisée, ambiances planantes, ballades folk langoureuses au doux parfum psychédélique… Mais elle n’est pas la seule. Elevée en Angleterre dans une famille de musiciens (son père était un pianiste de jazz), Brigid Dawson a passé une bonne partie de sa jeunesse à vivre consécutivement entre ces deux pays, et sa musique s’en ressent. Une sorte de spleen pluvieux et mélancolique infuse en permanence en arrière-plan, et la rencontre de ces deux univers opposés donne, dans ses meilleurs moments, une singularité peu commune à ce Ballet of Apes, qu’on est assez impatients de découvrir

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Ygal Ohayon, explorateur des années 90

DJ | On a souvent tendance à sous-estimer l’incroyable travail d’archéologie musicale auquel se livrent les DJs les plus chevronnés. Après avoir dépoussiéré et remis (...)

Damien Grimbert | Mardi 16 novembre 2021

Ygal Ohayon, explorateur des années 90

On a souvent tendance à sous-estimer l’incroyable travail d’archéologie musicale auquel se livrent les DJs les plus chevronnés. Après avoir dépoussiéré et remis au goût du jour, pendant des décennies, les perles les plus obscures des années 70 et 80, c’est ainsi désormais au tour des musiques électroniques du début des années 90 d’être redécouvertes et célébrées. Et dans le cas d’Ygal Ohayon, ancien manager du label parisien Versatile de de 2005 à 2015 et aujourd’hui membre des collectifs Antinote et Deviant Disco, on parle plus précisément de la constellation des musiques dansantes downtempo en provenance d’Italie, d’Autriche et d’Allemagne qui revisitaient l’héritage du "cosmic sound" européen en y adjoignant des influences ethniques d’une confondante naïveté et quelques emprunts aux technologies musicales naissantes de l’époque. Tout cela vous semble passablement obscur ? Imaginez des nappes de synthé planantes, des percussions tribales, des samples vocaux étranges et volontiers kitsch et des rythmiques lourdes, lentes et obsédantes entre house au ralenti, space disco mollassonne et trance sous codéine. Le plus surprenant là-dedans ? Un charme aussi envoût

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En BD, la Grenobloise Coline Picaud raconte le parcours d'exilés

ACTUS | Dans le cadre du festival Migrant’Scène, Coline Picaud sera à la librairie Decitre pour dédicacer sa bande dessinée "Personne ici ne sait qui je suis". Professeure de français pour étrangers, elle y relate le destin de certains de ses "apprenants" exilés.

Hugo Verit | Mardi 16 novembre 2021

En BD, la Grenobloise Coline Picaud raconte le parcours d'exilés

Ils s’appellent Zabihullah, Télémilé, Méri, Golindya, Sutha, Maha… Ils viennent d’Afghanistan, de Guinée, du Brésil, d’Érythrée, du Sri-Lanka ou de Syrie. Tous sont des personnages de la bande dessinée Personne ici ne sait qui je suis, dans laquelle Coline Picaud raconte son quotidien en tant que professeure de français pour étrangers à la Maison des habitants du centre-ville de Grenoble. Enfin, ce n’est pas vraiment son histoire qu’elle raconte, plutôt celles de ces exilés qui ont quitté leur pays pour des raisons très diverses (amour, travail, guerre, pauvreté…) : « La Maison des habitants est l’un des rares endroits où des gens très différents se mélangent, avec un point commun : ils apprennent le français. Je voulais montrer la multitude de parcours qui existent et que tout démarre, à chaque fois, d’une décision individuelle. Ce ne sont pas des groupes qui partent, mais bien des individus. » Sur « la route des morts » Des individus qui, une fois dans notre pays, sont pourtant ramenés en permanence à leurs origines et jugés à l’aune de la méconnaissance abyssale des Français. Coline Picaud s’emploie donc, dans ce livre, à remettre un p

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Un Voisin qui vous veut du bien

Association | Organiser des ateliers créatifs, informatique ou de réparation de vélos, accueillir des familles pour des temps de jeu ou de soutien psychologique… Dans deux des anciens immeubles ouvriers du quartier politique Abbaye, le collectif Voisin expérimente à petits pas un lieu de vie, pour et avec les habitants. Un “truc de bobos” ?

Jérémy Tronc | Mardi 2 novembre 2021

Un Voisin qui vous veut du bien

Un seul des quinze immeubles ouvriers du quartier Abbaye est tombé sous les coups de pelleteuse en 2017. Le projet immobilier avorté, tous les autres sont restés debout, notamment ceux de la place Charpin, partiellement en friche, encadrée par cinq barres d’immeubles à l’architecture et aux volets verts caractéristiques. La municipalité a décidé d’en affecter certains à des associations ou des porteurs de projets, dont le collectif Voisin, constitué en partie de l’équipe qui avait postulé pour la réhabilitation de l’Orangerie dans le cadre du dispositif municipal Gren’ de projets. Arrivé second, le collectif s’est vu proposer par la mairie ce nouveau lieu pour mettre en œuvre son projet… et ainsi ne pas enfouir plus de cinq ans de travail bénévole. C’est par l’entrée du 9 et du 11 de la place Charpin qu’on accède au collectif, pas très bien identifié pour l’instant. « Nous avons fait une demande de panneau à la mairie pour être plus visibles », assure Laurie Luneau, coordinatrice et seule salari

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Des sous pour le Bar Radis

Financement participatif | Bon, cette fois, ça y est : le projet du Bar Radis arrive à son terme ! En cours de construction dans le quartier Flaubert, ce tiers-lieu (...)

Hugo Verit | Mardi 2 novembre 2021

Des sous pour le Bar Radis

Bon, cette fois, ça y est : le projet du Bar Radis arrive à son terme ! En cours de construction dans le quartier Flaubert, ce tiers-lieu alimentaire, qui comprendra un espace de maraîchage urbain, une serre, un atelier de transformation alimentaire et un bar-restaurant/café associatif, devrait ouvrir au public l’été prochain. En attendant, l’équipe du projet a lancé un bon vieux financement participatif il y a un mois. Objectif : 35000 euros pour acheter des équipements, organiser des animations sociales et culturelles ou encore assurer la communication. À l’heure où nous bouclons ce numéro, il reste 17 jours et un peu plus de 20000 euros à collecter. Parmi les contreparties, des paniers garnis, des ateliers gratuits ou des repas pour deux personnes au Bar Radis. www.miimosa.com/fr/projects/le-bar-radis-une-maison-de-l-alimentation-sur-les-toits

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Grenoble Tattoo Underground : ciel, mon tatouage !

ACTUS | Grenoble Underground organise une semaine dédiée au tatouage au Ciel, avec exposition, ateliers, discussions et l’élection du tatouage le plus laid (le vainqueur aura droit à un cover offert).

Valentine Autruffe | Vendredi 22 octobre 2021

Grenoble Tattoo Underground : ciel, mon tatouage !

Rendez-vous au Ciel samedi soir à 18h pour le vernissage de l’exposition Grenoble Tattoo Underground, Hors Peau. Neuf artistes tatoueurs locaux participent, chacun ayant réalisé une œuvre spécialement dédiée à l’événement, afin d’exposer leur talent libéré des exigences des clients. Associée à Grenoble Underground, la jeune association Patriarchie participe avec des ateliers et discussions autour du tatouage, du rapport au corps et du consentement. Les participants pourront aussi s’essayer à la manipulation de l’aiguille, moderne ou traditionnelle à la polynésienne (rassurez-vous, pas sur des vrais gens). Jeudi soir, ils pourront profiter de ce regroupement de tatoueurs pour se laisser tenter par un "flash tattoo" (pas de réservation, premier arrivé premier servi). Bouquet final vendredi 29 octobre, avec l’élection du tatouage le plus laid : le vainqueur remportera un cover ! Grenoble Tattoo

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Lorenzo Mattotti : « Je crois qu’on a peur des couleurs aujourd’hui »

Film d'animation | Connu pour ses bandes dessinées, mais aussi pour son travail d’illustrateur (unes du New Yorker, affiche du Festival de Cannes 2000, etc.), l’artiste italien a sorti son premier film d’animation en tant que réalisateur en 2019 : "La Fameuse Invasion des Ours en Sicile", adapté de Dino Buzzati. Ce qui lui vaut d’être le parrain de la neuvième édition du festival Voir Ensemble au Méliès, où il présentera notamment ce premier long-métrage très remarqué, ainsi qu’une adaptation de "Pinocchio" et un film de Fellini. L’occasion de discuter couleurs, nature et improvisation.

Hugo Verit | Mardi 19 octobre 2021

Lorenzo Mattotti : « Je crois qu’on a peur des couleurs aujourd’hui »

Pourquoi avoir choisi d’adapter ce conte de Dino Buzzati ? C’est arrivé d’une façon très naturelle. Dino Buzzati est l’une de mes grandes inspirations, j’ai l’impression de bien le connaître alors ça ne me paraissait pas trop compliqué. La Fameuse Invasion des Ours en Sicile est un livre que j’ai toujours aimé et qui m’offrait de nombreuses possibilités graphiques et scénaristiques. L’histoire est si riche, tellement épique ! C’était le projet idéal pour répondre à mon envie de réaliser un grand film pour les enfants. Et puis, Buzzati avait refusé les droits à plusieurs réalisateurs, dont Disney au début des années 50, c’était donc un beau pari d’arriver à le faire. Difficile d’interpréter avec précision le contenu de ce film, tant il regorge de sujets, sans forcément donner de clés… Quand Dino Buzzati a écrit cette histoire, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, c’était une sorte de métaphore du communisme et du capitalisme. A présent, 70 ans plus tard, elle évoque

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"Sisters with Transistors" ou l'histoire de musiciennes légendaires

Documentaire | Qui passe pour avoir donné le "la" dans l’histoire de la musique électronique ? Connaissez-vous les noms de Clara Rockmore, (...)

Eloïse Bonnan | Vendredi 15 octobre 2021

Qui passe pour avoir donné le "la" dans l’histoire de la musique électronique ? Connaissez-vous les noms de Clara Rockmore, Delia Derbyshire, Daphne Oram, Eliane Radigue, Bebe Barron, Pauline Oliveros, Maryanne Amacher, Wendy Carlos, Suzanne Cianni ou Laurie Spiegel ? Grand vainqueur du prix FAME 2021 (festival international de films sur la musique), le documentaire Sisters with Transistors brise le silence sur ces dix pionnières de la musique électronique. Pour son premier film documentaire, la réalisatrice Lisa Rovner juxtapose de très belles archives en noir et blanc ou en couleur. Par-dessus, la voix de Laurie Anderson, figure américaine de l’art expérimental, pose un trait d’union évident entre ces femmes : l’amour des machines qui font de la musique. Coup de projecteur mérité pour ces pionnières de la musique électronique aux histoires souvent méconnus… Parmi elles : Clara Rockmore la virtuose du thérémine, Daphne Oram pionnière britannique

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Théma : "Zébulon et les médecins volants", "Las Niñas", "First Cow", "Illusions perdues"...

Dans les salles | « Le cinéma, c’est filmer la mort au travail », disait Cocteau. Soit, mais avant le grand saut, d’autres étapes s’écoulent, que les films se plaisent à illustrer. Dont vivre et devenir…

Vincent Raymond | Mardi 19 octobre 2021

Théma :

Pour devenir, il faut grandir. Et Grandir, c’est chouette ! (20/10) rappelle le volatile du même nom, de retour avec un programme de courts métrages animés jeune public réunis autour des perceptions enfantines (peur du noir, solitude, jalousies entre sœurs etc.) et des moyens d’y remédier. Bien fait, mais sacrément classique si l’on compare avec Zébulon et les médecins volants (20/10) visant le même âge, intégrant des courts russes absolument désopilants — dont Vive les mousquetaires ! d’Anton Dyakov qui évoque l’esthétique et l’humour absurde de Mordillo. De l’enfance à l’adolescence, il n’y a qu’un pas… pas toujours aisé à franchir, surtout quand on se ressent différent des autres. Dans Ron débloque de Octavio Rodriguez, Jean-Philippe Vine & Sarah Smith (20/10), un ado complexé d’être le seul de son collège à ne pas posséder le robot domestique servant à “se faire des amis” en récupère un largement défectueux. Ses dysfonctionnements vont certes semer un chaos général mais surtout pe

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"La Fracture" : corps social à l’hôpital

Le film de la quinzaine | En un quasi temps réel, Catherine Corsini passe aux rayons X et à 360° le "moment" social des Gilets Jaunes, dans un lieu essentiel où se joue une comédie humaine si réaliste qu’elle en devient fatalement tragique. Mieux qu’un épisode inédit d’"Urgences" : une réussite.

Vincent Raymond | Mardi 19 octobre 2021

Certes, il a récupéré une Queer Palm sur la Croisette parce que Marina Foïs et Valeria Bruni Tedeschi y interprètent un couple de lesbiennes en pleine rupture — intrigue très secondaire du film. N’empêche… On se demande bien ce que les festivaliers ou jurés étrangers ont pu saisir et apprécier de La Fracture avec ses références si franco-françaises, dont la conférence de presse à Cannes fut de surcroît cannibalisée par la sur-interprétation d’une déclaration enflammée de Pio Marmaï à l'encontre du Président Macron. Scandale éphémère qui allumait un contre-feu médiatique là où La Fracture porte plutôt la caméra dans la plaie. Ce que le cinéma de Catherine Corsini fait de plus en plus, avec à chaque fois davantage

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2kg de culture : spectacles gratuits contre aide alimentaire !

ACTUS | Simple mais redoutable, le combo imaginé par Dan Arama, le père de "2kg de culture". Vous choisissez des spectacles près de chez vous associés au dispositif, (...)

Eloïse Bonnan | Mardi 19 octobre 2021

2kg de culture : spectacles gratuits contre aide alimentaire !

Simple mais redoutable, le combo imaginé par Dan Arama, le père de "2kg de culture". Vous choisissez des spectacles près de chez vous associés au dispositif, vous y amenez 2kg de denrées alimentaires non périssables qui paieront votre entrée. Conçu en partenariat avec la Banque Alimentaire de l'Isère, 2kg de culture favorise l’accès à la culture tout en essayant d’endiguer le phénomène de précarité alimentaire. Une nécessité plus impérieuse que jamais, la crise sanitaire ayant entraîné une forte hausse des demandes alimentaires depuis l'an dernier. Au niveau national, plus de la moitié des bénéficiaires de l'aide alimentaire y ont recours depuis moins d'un an (étude FFBA/Institut CSA 2020) ! « 2kg, un enfant peut les porter, c’est pas grand-chose ! » indique Dan, convaincu de l’importance des petits gestes solidaires que chacun réalise à son échelle.

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Grégory Faive : « Quand je lisais "Le Discours", je voyais le spectacle en même temps »

Théâtre | C'est l’histoire d'un homme largué qui soliloque en plein dîner de famille... Après l'avoir répété de longs mois sans public du fait de la crise sanitaire, le comédien et metteur en scène grenoblois Grégory Faive tourne enfin son excellent spectacle "Le Discours" d'après le roman à succès de Fabcaro. Ça valait bien une interview.

Aurélien Martinez | Mardi 5 octobre 2021

Grégory Faive : « Quand je lisais

Pourquoi avez-vous choisi de monter ce roman ? Grégory Faive : Parce que quand je le lisais, je voyais le spectacle en même temps. Ça m'avait fait la même chose avec Pourvu qu'il nous arrive quelque chose [son précédent solo sur un texte de Philippe Torreton racontant le monde du théâtre – NDLR]. Je me suis tout de suite reconnu dans l'écriture, le style de Fabcaro. Et j'ai tout de suite ressenti le plaisir que j'aurais à le partager avec le public. Le fait d'être seul en scène a-t-il été une évidence ? C'est la première intuition que j'ai eue. Après, en travaillant, je suis brièvement passé par l'idée d'adapter le texte avec plusieurs comédiens qui joueraient les autres personnages. Mais ce n'était pas une bonne idée car tout passe par le prisme du narrateur, par sa mauvaise foi à lui. Par exemple, le public voit bien que le beau-frère est peut-être autre chose que ce que lui en dit, et ça crée un décalage intéressant.

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Cours Berriat, réveille-toi !

Festival | Troisième édition pour Ouverture Exceptionnelle, le festival qui rouvre, le temps de quelques jours, des commerces à l’abandon sur le cours Berriat. À l’intérieur de ces espaces réinvestis, du théâtre, de la danse, des expos, des concerts, afin de réanimer un quartier quelque peu somnolent.

Hugo Verit | Mardi 5 octobre 2021

Cours Berriat, réveille-toi !

Cette année, et pour la première fois, Ouverture Exceptionnelle est présenté comme un festival, un vrai. « Au départ, on osait parler que d’un "événement". Et finalement, aujourd’hui, c’est un temps de rendez-vous récurrent, avec des partenariats plus fiables, et même le soutien du ministère de la Culture. Après une première édition en 2019 où il s’agissait de convaincre, puis une deuxième sous Covid, on a l’impression d’entrer enfin dans le cœur du sujet », résume Youtci Erdos, organisatrice et porteuse de projet à la compagnie Scalène. Le cœur du sujet ? Un festival (donc) qui se propose d’investir des espaces vides, des locaux commerciaux laissés à l’abandon, le long d’un cours Berriat où pullulent les rideaux fermés depuis plusieurs années, notamment dans sa seconde partie entre Saint-Bruno et le pont du Drac. Grâce à un travail d’enquête auprès des propriétaires et des agences immobilières, l’équipe du festival "rouvre" ainsi dix boutiques pour cette troisième édition, dont cette vieille boucherie vétuste (voire glauque) qui jouxte le restaurant La Frise a

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Rencontres philosophiques d'Uriage : il est temps de penser

Philosophie | Du 8 au 10 octobre se tiendront les Rencontres philosophiques d’Uriage, sur le thème du temps. Parmi les invités, Judith Revel, spécialiste de Michel Foucault, apportera son "Regard philosophique sur l’année écoulée". Autrement dit, un éclairage sur la crise sanitaire que nous avons traversée/traversons.

Valentine Autruffe | Mardi 5 octobre 2021

Rencontres philosophiques d'Uriage : il est temps de penser

Aux Rencontres philosophiques d’Uriage, Judith Revel disposera de 45 minutes pour dérouler les questions qu’une philosophe spécialiste de Foucault se pose lorsqu’une crise sanitaire bouleverse le monde. Temps suspendu Premier sujet, le temps, qui est justement la thématique de l’événement. « Les crises provoquent des effets très étonnants dans le rapport au temps. Il y a un moment de suspension, nous sommes projetés tous ensemble dans une forme de centralité du présent. » Les images des villes vides et silencieuses illustrent parfaitement ce flottement, entre un passé lointain et un futur livré à un imaginaire catastrophiste. « La vraie question philosophique est : qu’est-ce qu’une transformation de l’histoire ? » interroge Judith Revel. « On imagine souvent un événement frontal, un choc à une date donnée. Or, toute transformation a une épaisseur. » Ainsi, la crise Covid ne débuterait pas au fameux patient zéro, mais à un processus long, de l’urbanisation galopante des villes chinoises, au contact entre des animaux qui n’ont pas à l’êtr

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La Ruée vers l'or

Monument | En 1951, le cinéma commençait à se pencher sur son (jeune) patrimoine en désignant “les meilleurs films de tous les temps” — des 56 premières années du 7e art, (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 octobre 2021

La Ruée vers l'or

En 1951, le cinéma commençait à se pencher sur son (jeune) patrimoine en désignant “les meilleurs films de tous les temps” — des 56 premières années du 7e art, donc. Parmi les 12 heureux élus, trônant aux côtés du Cuirassé Potemkine ou de Citizen Kane, figurait La Ruée vers l’or de Charlie Chaplin (1925), monument jamais déboulonné de comédie dépeignant avec une cocasserie tragique les pires tourments rencontrés par les chasseurs de pépites, grossissant la foule des naufragés du rêve américain. Bourré d’inventivité visuelle (la maison sur la falaise), de scènes d’anthologie (la danse des petits pains, la dégustation des souliers…), ce court long métrage est à voir ici lors d’une séance présentée par l’analyste Laurent Huyart. Lundi 11 octobre à 18h30 à l’Espace Aragon, Villard-Bonnot

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Dans le Vercors, le slow n’est pas qu’une danse

Escapade | Les 25 et 26 septembre, Corrençon-en-Vercors vous invite à vivre selon les préceptes du "slow" pendant les Slow Days en Vercors. Au programme : gastronomie (...)

Jérémy Tronc | Mardi 21 septembre 2021

Dans le Vercors, le slow n’est pas qu’une danse

Les 25 et 26 septembre, Corrençon-en-Vercors vous invite à vivre selon les préceptes du "slow" pendant les Slow Days en Vercors. Au programme : gastronomie et œnologie, activités douces de pleine nature et ateliers bien-être. Cet événement est, selon les organisateurs, l’occasion de « se déconnecter et de prendre le temps d’apprécier l’essentiel ». Son nom fait référence au mouvement international dont l’objectif principal est de sensibiliser les citoyens à l'éco-gastronomie et à l'alterconsommation. Ce rendez-vous post-rentrée-stressante est parfait pour le public ciblé : l’urbain trop affairé pour prendre le temps de respirer et plus que jamais en quête de nature et de grands espaces après la crise de la Covid. Consciente de ses atouts, Corrençon organise ce rendez-vous annuel lui permettant d’affirmer son identité et de renforcer son positionnement auprès d’une clientèle plutôt citadine en quête de sens et de ressourcement. Son cadre naturel est l’un de ses attraits majeurs, sur lequel s’appuient les organisateurs pour proposer des expériences originales. Il y en a une quinzaine par jour, gentiment sportives mais surtout axées sur la détente et le

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Un dimanche à Babel

Festival | Deux occasions encore de bruncher en musique avec Détours de Babel, dimanche 26 septembre et dimanche 3 octobre au Musée Dauphinois, toute la journée à (...)

Valentine Autruffe | Mardi 21 septembre 2021

Un dimanche à Babel

Deux occasions encore de bruncher en musique avec Détours de Babel, dimanche 26 septembre et dimanche 3 octobre au Musée Dauphinois, toute la journée à compter de 10 heures. Cette formule est devenue « un moment précieux très apprécié par le public », se félicite Benoît Thiebergien, directeur du festival. Des capsules live, échantillons de la riche programmation, s’enchaînent et permettent au public de picorer ce qui lui plaît. Nous (on l’a déjà dit), on aime particulièrement Call to Prayer, à entendre le 26 septembre, ainsi que la voix de Climène Zarkan avec Sarāb. Quant au 3 octobre, on se laissera volontiers emmener en voyage amoureux – hâl – par le franco-iranien Keyvan Chemirani, et emporter par le violon-voix d’Anzhela Simonyan. Idéal pour une première rencontre avec le monde de Détours de Babel, le brunch est accessible sur tarif au choix de 3€ à 20€.

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Les films de la quinzaine : La Voix d'Aïda, La Traversée, Tout s'est bien passé...

Théma | Pile, la vie qui continue, l’espoir… Face, le néant. Entre les deux, l’exil, la maladie ou le combat, pour abolir le désastre ou précipiter la fin. Refuser de basculer de l’autre côté ou y courir, telle est la question…

Vincent Raymond | Mardi 21 septembre 2021

Les films de la quinzaine : La Voix d'Aïda, La Traversée, Tout s'est bien passé...

Sur le fil, jusqu’au bout : au printemps dernier, La Voix d'Aïda de Jasmila Žbanić (22/09) aurait pu valoir à la Bosnie-Herzégovine son deuxième Oscar du film international. Voire aurait dû pour sa prescience. Car s’il évoque le passé — en se déroulant durant la chute de Srebrenica en 1995, quand l’ONU laisse la ville aux mains de Mladic —, il trouve un stupéfiant écho dramatique avec l’actualité afghane. On y suit la course folle d’Aïda, interprète pour les Casques Bleus, tentant d’exfiltrer son mari et ses fils alors que la milice se rapproche. Ce film glace les sangs par son tragique (et hélas historique) suspense, transmettant l’étouffement progressif saisissant Aïda. Respectueux des victimes, il rappelle la réalité des épurations ethniques comme la fragilité de la paix. Sur une thématique voisine mais dans un traitement fort différent, La Traversée de Florence Miailhe (29/09) relate sous forme de conte atempore

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William Forsythe, le Ballet réanimé

Danse | Retour sur le plateau pour le Ballet de l’Opéra de Lyon qui reprend deux classiques (de Mats Ek et Keersmaeker) et fait entrer à son répertoire le déroutant et silencieux N.N.N.N. de William Forsythe.

Nadja Pobel | Mardi 21 septembre 2021

William Forsythe, le Ballet réanimé

L’Américano-allemand et maître du néo-classique William Forsythe renoue avec le quatuor qu’il avait porté à la perfection dans l’une de ses premières pièces, Steptext, en 1985. Dans N.N.N.N., créée en 2002, plus de Bach mais un silence absolu. Exit aussi la seule danseuse et place à quatre corps masculins pour un travail savant sur les bras qui se confondent, tournoient. Souvent ils sont ballants voire récalcitrants. Les interprètes tentent des figures proches de celles des arts martiaux mais ils paraissent désemparés avec ces deux membres qu’ils s’efforcent d’animer, comme s’ils attendaient qu’un marionnettiste les manient. C’est ensemble qu’ils existent vraiment et parviennent à les apprivoiser, jusqu’à la disparition en un clin d’œil de tout leur corps, comme une nuée d’oiseaux dont l’impact est renforcé par cette absence de musique. Seuls le souffle et les déplacements se font entendre. Le ballet de l’opéra de Lyon se pare ensuite d’œuvres qui lui sont très familières, à commencer par le Solo for two de Mats Ek sur la partition au piano extrêmement épurée d’Arvo Pärt. Caelyn Knight et Leoannis Pupo-Guillen l’ont parfaitement intégré et re

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Les films à voir (ou non) dans la quinzaine

Théma | L’amour donne du cœur au ventre, fait parfois partir sur un coup de tête, et peut convoquer bien d’autres mécaniques corporelles. Comme pas mal de films de la quinzaine. Attention : on ne prend pas toujours son pied…

Vincent Raymond | Mardi 7 septembre 2021

Les films à voir (ou non) dans la quinzaine

Commençons bien évidemment cet inventaire par la tête. Celle qui fait défaut et se vide sous les assauts de la maladie dans Supernova de Harry Macqueen (08/09). On y suit le road trip d’un couple d’amants sur les traces de leur histoire, initié par le premier (Stanley Tucci en écrivain atteint de démence sénile) sous le prétexte que le second (Colin Firth en pianiste) aille donner un récital. Derrière la balade romantique se profile l’inéluctable question de la maladie, du déclin et du libre choix de sa mort — bientôt évoquée dans le Ozon —, toutes traitées avec élégance et pudeur. Un film parfait pour des débats. Plus léger est Les Amours d’Anaïs (photo) de Charline Bourgeois-Tacquet, inégale comédie sentimentale cousue main pour Anaïs Demoustier sur une tête folle irrésolue, charmeuse et agaçante, hésitant entre deux hommes, une femme, sa thèse… C’est très Nouvelle Vague dans la forme et l’esprit — certes, avec parfois de grosses ficelles bien prévisibles — mais empli d’une légèreté solaire et sensuelle ainsi que de quelques (trop rares) éclats burlesques évoquant un mixte

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Horse Lords, à un cheval du minimalisme

Post-rock | On va danser vendredi 17 septembre au Ciel avec le rock instrumental de Horse Lords.

Stéphane Duchêne | Mardi 7 septembre 2021

Horse Lords, à un cheval du minimalisme

Aux vieux de la vieille de la geste post-rock, Horse Lords rappellera les vénérables tontons chicagoans de Tortoise, aux (un peu) plus jeunes les embardées belliqueuses de Battles. Et pas mal de choses émanant de la très tordue scène de Baltimore (dont le parrain sans égal n'est autre que Philip Glass). Convoquant le minimalisme de LaMonte Young aussi bien que des motifs kraut et math-rock empreint d'une veine blues, le groupe, exclusivement instrumental, fait montre d'une sorte de formidable alchimie dans ce pouvoir de changer des compositions algorythmiques en rythmiques dansantes, d'entremêler dans une forme de transe chamanique, expérimentations sèches et traditions appalachienne autant qu'africaine (la guitare mauritanienne vient percuter leur écriture automatique, des rythmes inspirés du Banda et du Wagogo s'invitent à la fête). Quelque part Horse Lords propose de présenter son minimalisme en millefeuille, comme il parvient à ériger un discours politique sur la terre brûlée de ses instrumentaux

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Détours de Babel : "Entre musique savante et populaire, nous n’avons pas choisi notre camp"

Festival | Selon la Genèse, alors que les hommes s’affairaient à bâtir une tour si grande qu’elle devait toucher le ciel, Dieu décida de semer la confusion en dispersant chez eux des langages différents. "Détours de Babel" s’emploie à démontrer que grâce à l’universalité de la musique, la communication entre les peuples demeure. N’en déplaise au Tout-Puissant.

Valentine Autruffe | Mardi 7 septembre 2021

Détours de Babel :

« On est en train de faire des visas pour trois artistes qui viennent de Sibérie, la Russie vient de passer en zone rouge… » Dans les bureaux du CIMN (Centre International des Musiques Nomades), rue Bayard, on jongle avec les contraintes sanitaires internationales mouvantes, ce qui oblige à adapter au jour le jour le programme des Détours de Babel. Mais l’essentiel est là, avec plus de 170 artistes invités, et une centaine de rendez-vous dans quarante lieux de Grenoble et de l’Isère. « On ne voulait pas passer deux années sans moment festivalier », tranche Benoît Thiebergien, directeur du CIMN, la structure qui porte le festival. Peur du passe En 2020, l’annulation est tombée une semaine avant le jour J. « On y a laissé des plumes, certes ; mais on peut dire ce qu’on veut, depuis le début de la crise l’Etat a soutenu l’économie, et a mis en place des dispositifs particuliers pour le monde de la culture. Outre le chômage partiel, nous avons notamment bénéficié d’une aide conséquente du Centre national de la musique. » Et surtout, le CIMN a maintenu son activité, avec des concert

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Fabien Mauro : « La science-fiction japonaise est regardée avec distance »

Pop culture | Auteur d’un ouvrage somme consacré au cinéma de science-fiction japonais ("Kaiju, Envahisseurs & Apocalypse", aux Éditions Aardvark), Fabien Mauro sera l’un des invités de la première édition du Japan Alpes Festival, les 18 et 19 septembre à EVE. Rencontre.

Damien Grimbert | Mardi 7 septembre 2021

Fabien Mauro : « La science-fiction japonaise est regardée avec distance »

Quelles ont été tes premières portes d’entrée vers la pop culture japonaise ? Comme beaucoup de gens de ma génération, essentiellement via les jeux vidéo sur console et les séries d’animation japonaises qui passaient à la télévision. Mais également les séries de super sentai, ces équipes de super héros colorés. C’était ma première introduction à ce qu’on appelle le tokusatsu, c’est à dire des productions japonaises (films, séries…) à base d’effets spéciaux. Le tokusatsu rassemble toutes les techniques que l’on associe traditionnellement à l’imaginaire fictionnel japonais : le travail sur les effets optiques, les maquettes miniatures, les comédiens qui enfilent des costumes pour incarner des monstres ou des mecha.... Enfin, l’attente de la sortie du Godzilla de Roland Emmerich m’a amené à m’intéresser au Godzilla originel de 1954, qui venait de sortir en vidéo, ce qui m’a permis de découvrir tout l’univers du kaiju eiga, les films de monstres japonais. Je suis tombé littéralement amoureux de ce

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Détours de Babel : un brunch musical pour prolonger l'été

Festival | Pour lancer en beauté sa 11e édition (décalée en septembre du fait de la crise sanitaire), le festival des Détours de Babel investira dimanche 5 septembre les différents espaces du Fort Barraux pour une journée entière de concerts réunissant des artistes venus d’Inde, du Japon, d’Éthiopie ou encore d’Algérie. Revue de détail.

Damien Grimbert | Mardi 24 août 2021

Détours de Babel : un brunch musical pour prolonger l'été

Tradition mise en place depuis maintenant de nombreuses années, le brunch musical des Détours de Babel est sans conteste l’un des moments les plus fédérateurs du festival, sa nature déambulatoire et sa multitude de propositions artistiques le rendant accessible à un vaste public réunissant aussi bien néophytes qu’amateurs chevronnés. Fidèle à l’esprit transculturel du festival, la programmation de ce dimanche 5 septembre orchestrera ainsi des rencontres atypiques entre jazz et musiques du monde, comme le projet Kutu du violoniste Théo Ceccaldi, parti à la découverte de la jeune scène éthiopienne d’Addis-Abeba, le trio franco-indien Milap, qui mêle flûte bansourî, percussions indiennes et accordéon ou encore l’hommage rendu par le pianiste Jérémie Ternoy et le vocaliste-percussionniste Kristof Hiriart au compositeur brésilien Hermeto Pascoal. Également à l’honneur, un vaste florilège allant des musiques improvisées (avec le solo du contrebassiste Claude Tchamitchian) aux arts de la scène (avec le spectacle

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Regards sur l’Afrique

Théâtre | Après une première en petit comité, mais réussie, au Théâtre Prémol, la compagnie des Inachevés propose plusieurs rendez-vous autour de la littérature africaine à Grenoble et dans les environs. On a échangé quelques mots avec Moïse Touré, metteur en scène.

Martin de Kerimel | Samedi 10 juillet 2021

Regards sur l’Afrique

Il y a les signatures les plus illustres : Léopold Senghor, Ahmadou Kourouma ou Amadou Hampâté Bâ. Hommes et femmes, d’autres les côtoient, de toutes les générations d’auteurs africains. Le spectacle que propose actuellement la compagnie grenobloise des Inachevés est un vrai régal pour les curieux de littérature. Sur scène, le dispositif est minimaliste : pas de décors, des comédiens assis, un danseur qui se lève parfois pour accompagner le texte et, pour le bonheur des mélomanes, un griot qui joue d’un instrument à cordes traditionnel. Traversée – c’est le nom de cette belle heure de théâtre dansé et musical – place sur le devant de la scène un continent que l’on laisse encore trop souvent de côté. Existe-t-il vraiment ? Dès les premiers instants, l’interrogation est lancée au public, qui s’en saisira peut-être. « C’est une bonne question, juge Moïse Touré, metteur en scène. Le mot Afrique lui-même ne vient pas des Africains. Il ne faut pas avoir peur de dire que nous avons été désignés. D’où la question de savoir qui je suis et comment je me désigne moi-même. L’Afrique, ce sont des cultures, des régions, des histoires, des langues différentes. C

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Séances de rattrapage nocturnes

Reprises | Parmi l’impressionnante (et bienvenue) offre cinématographique illuminant les nuits d’été iséroises, focus sur quelques films à ne pas manquer…

Vincent Raymond | Jeudi 8 juillet 2021

Séances de rattrapage nocturnes

Marche avec les loups Signé par un ardent défenseur du peuple loup (déjà auteur de La Vallée des loups), ce road movie en forme de journal de bord suit pendant deux ans un jeune canidé à la conquête d’un nouveau territoire. Passionnant et pédagogique, démontant les a priori autant qu’il montre comment cuisiner une omelette aux truffes minute, ce documentaire est pareil à un conte. En vrai. Au parc Charly-Guibbaud (Gières) le 6 juillet, à 22h. Funan Inspiré de l’histoire familiale du réalisateur, ce film d’animation (lauréat du plus prestigieux prix en la matière, le Cristal à Annecy en 2018) évoque le conflit cambodgien à l’époque des Khmers Rouges qui n’étaient pas des tendres. De ce fait, la projection est assortie d’un avertissement — des scènes, des propos ou des images pouvant heurter la sensibilité des spectateurs. Mais il y a

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Notes estivales

MUSIQUES | L'équipe du Petit Bulletin a repéré pour vous des événements musicaux qui valent le coup d'être entendus. Comme autant d'idées de sorties pour les jours à venir...

La rédaction | Vendredi 2 juillet 2021

Notes estivales

Musiques actuelles Notes dans le Vercors Configuration à la fois assise et debout cette année : du côté d’Autrans, du 2 au 4 juillet, on attend du beau monde pour la septième édition du Vercors Music Festival ! Des artistes en pleine progression comme Suzane, par exemple, ou des groupes expérimentés dont la musique nous ravit, à l’image de La Rue Kétanou (photo). Pour faire une fête dantesque, on compte aussi sur le côté pin-up assumé des Swingirls ou le look des musiciens de Tigadrine, dont le blues du désert ne cesse d’envoûter les festivals isérois. Vercors Music Festival. À Autrans du 2 au 4 juillet. www.vercorsmusicfestival.com Insolite Et au milieu coule une rivière Des musiques enchanteresses dans un cadre enchanteur (des grottes en pleine forêt, bordées par un torrent et soumises à un microclimat rafraichissant), des frites, des bières « et du thé froid citron gingembre » ? C’est peu o

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Le Piers est à venir

Folk -world | Bien que solidement campé dans les sauvages cévennes qui l'ont adopté, le musicien anglo-italien Piers Faccini continue de multiplier les voyages immobiles sur son dernier disque.

Stéphane Duchêne | Samedi 10 juillet 2021

Le Piers est à venir

Voyage vertical et plutôt de bas en haut, si l'on en croit son titre Shapes of the Fall (Les formes de la chute). Chute physique mais aussi morale puisque Faccini y dresse le constat, pas nouveau mais compliqué à imprimer pour le commun des mortels, de la chute qui vient, celle de notre civilisation, du monde, bref de tout ce qui part à vau-l'eau sur cette planète à commencer par le climat. Ce voyage, cette belle descente aux enfers, le folkeux la double d'une descente vers le sud. Convoquant les pulsations gnawas et les transes africaines (toujours ce tropisme world dans son folk) dans ce trip étourdissant qui, pour évoquer la fin du monde, semble vouloir aller puiser à ses sources géographiques. Cela donne des morceaux vertigineux comme Foghorn Calling ou Dunyas (et ses sublimes arrangements de cordes), entre deux balades teintées de mélancolie lumineuse. Celle de l'espoir qui malgré tout demeure, sinon autant se jeter par les fenêtres du monde. Faccini déçoit rarement, mais on tient peut-être là un chef-d'œuvre tel qu'il n'en a malgré tout pas livré depuis longtemps. Un genre de chef-d'œuvre en péril qu'il va falloir chérir.

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La fabrique d’un hymne national

ARTS | Le Musée de la Révolution française propose une exposition sur la genèse de la Marseillaise et son adoption comme hymne national. Un parcours passionnant qui invite à une réflexion sur la circulation des mots et des images.

Benjamin Bardinet | Mardi 29 juin 2021

La fabrique d’un hymne national

On ne donnait pas cher d’une exposition sur le thème de notre hymne national. Pas tant par manque de patriotisme ou par horreur de ses paroles bellicistes, mais surtout parce qu’on se demandait bien ce que le visiteur allait pouvoir se mettre sous la dent (enfin, sous les yeux…). C’était là ignorer les talents de commissaires des conservateurs des musées de Strasbourg, Marseille et Vizille qui l’ont coproduite. Alain Chevalier, le directeur du musée de Vizille, a fait le choix de s’intéresser à la manière dont la Marseillaise s’incarne dans les arts plastiques. Le parcours, chronologique, démarre en 1792 avec la naissance de ce chant dans les milieux de la bourgeoisie strasbourgeoise à une époque où de nombreux volontaires sont mobilisés en vue d’un affrontement contre la coalition anti-révolutionnaire. Parmi eux, un fameux bataillon de Marseillais contribue à populariser cet hymne lors de son arrivée à Paris en juillet 1792. Plusieurs tableaux montrent la ferveur patriotique propre à la mobilisation de ces volontaires prêts à mourir pour la défense de la Patrie et de la République. Révolutionnaire Remisée au placard sous Napoléon et pendant la Restauration

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Simo Cell et Abdullah Miniawy, explorateurs sonores

MUSIQUES | C’est ce qu’on pourrait appeller une rencontre à haut potentiel. D’un côté Simo Cell, jeune espoir de la scène électronique française arpentant depuis cinq/six (...)

Damien Grimbert | Lundi 14 juin 2021

Simo Cell et Abdullah Miniawy, explorateurs sonores

C’est ce qu’on pourrait appeller une rencontre à haut potentiel. D’un côté Simo Cell, jeune espoir de la scène électronique française arpentant depuis cinq/six ans des territoires sonores singuliers quelque part entre techno, bass music britannique, ambient et musiques expérimentales, avec un goût prononcé pour les rythmes percussifs, le sound design, la gestion des silences et les infrabasses démesurées. De l’autre Abdullah Miniawy, jeune poète, chanteur, compositeur et trompettiste égyptien militant passionné de musique répétitive, de free jazz et transe soufie, dont la carrière débute au Caire en 2011, à l’orée des premiers soulèvements révolutionnaires qui aboutiront à la démission du président Hosni Moubarak. Entamée au cours de l’hiver 2018, sous la forme de longues sessions d’enregistrement faisant la part belle à l’improvisation, leur collaboration va d’abord donner naissance à un album rêche, hybride et avant-gardiste d’une puissance d’évocation impressionnante, Kill Me or Negotiate, sorti en octobre 2020 sur le label lyonnais Brothers From Different Mothers. Puis à une déclinaison live que le public grenoblois aura le privilège d’être l’un des tous premiers à

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"Le Discours" : tu parles ? Tu parles !

ECRANS | C’est l’histoire d’un énième repas de famille auquel Adrien assiste alors que son esprit divague. Car la seule chose comptant pour lui à ce moment précis, (...)

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

C’est l’histoire d’un énième repas de famille auquel Adrien assiste alors que son esprit divague. Car la seule chose comptant pour lui à ce moment précis, c’est que Sonia réponde à son SMS. Et voilà que son futur beau-frère lui demande de faire un discours pendant la noce… Le Discours n’est pas un film, c’est du cinéma. En tout cas, une de ces propositions cinématographiques, pour reprendre le mot de Godard, qui s’amusent avec les possibilités du médium ; qui considèrent le 7e art comme la somme, la résultante, l’aboutissement ou l’évolution des précédents et surtout ne se prennent pas au sérieux. Ce qui ne les empêche pas de triturer la structure avec intelligence pour fabriquer de l’espace avec des mots et du temps avec des images ; bref créer, comme Resnais, un spectacle ludique superposé à un film mental. Tirard réussit son adaptation de Fabcaro comme on transforme un essai au rugby : il transpose cette obsession anxiogène de la répétition traversant l’œuvre de l’auteur (et bédéiste) en l’accommodant de variations oulipiennes donnant à Ben

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Benjamin Lavernhe dans Le Discours : « J’aime bien causer… »

ECRANS | À l’écran, on l’a connu odieux (Le Sens de la fête), irrésistible de drôlerie (Mon inconnue), fuyant (Antoinette dans les Cévennes) mais à chaque fois impeccable. Benjamin Lavernhe, de la Comédie Française, poursuit sur sa lancée en tenant l’affiche (et le crachoir) du Discours, adaptation ô combien cinématographique de Fabcaro par Laurent Tirard.

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Benjamin Lavernhe dans Le Discours : « J’aime bien causer… »

Le Discours raconte une histoire des retrouvailles différées. Or le film, d’abord annoncé pour Cannes 2020, avait été repoussé en décembre, avant d’être à nouveau décalé pour le 9 juin. Il y a là comme une mise en abyme un peu ironique et cruelle, non ? Benjamin Lavernhe : Oui, c’est vrai que c’est tragiquement drôle ; après, on peut se dire que notre personnage du Discours se plaint beaucoup, se complaît un peu ; qu’il est peut-être un peu pénible… Nous, on a eu l’impression que notre plainte, elle était légitime ; on n’a pas envie qu’elle soit vue comme nombriliste et qu'elle finisse par agacer. Comme disait Jean-Michel Ribes sur les réseaux sociaux, « la culture n’est pas au dessus du reste, mais elle existe ». Aux yeux du public, votre personnage peut passer pour nombriliste ; en réalité, c’est quelqu’un en attente et en souffrance. Une souffrance qui dévore tout le reste et que le film ne fait que retranscrire avec justesse… Oui, c’est son caractère obsédant, s

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"Vers la bataille" et "Si le vent tombe" : si loin, si proches

ECRANS | L’époque et la géographie les oppose, mais les protagonistes de "Vers la bataille" et de "Si le vent tombe" ont beaucoup en commun. À commencer par le fait d’être des Français temporairement expatriés et irrésistiblement attirés par le souffle de la guerre…

Vincent Raymond | Mercredi 26 mai 2021

La Guerre et ce qui s’ensuivit, écrivait Aragon. Quelle que soit l’âge du conflit, le déroulement sur le terrain est identique : les corps des belligérants (et des malheureux civils au mauvais endroit, au mauvais moment) finissent hachés par une pluie de boue et de mitraille, après avoir été laminés par l’angoisse d’être touchés. La raison commanderait de fuir à tout prix ces zones de haut péril, mais la raison, on la connaît, a parfois les siennes, hors de toute logique. Pour Louis dans Vers la bataille de Aurélien Vernhes-Lermusiaux, c’est d’aller photographier au plus près l’Expédition du Mexique de 1861 (et sa déroute) à la demande de l’armée française, histoire oublier la mort de son fis. Pour Alain dans Si le vent tombe de Nora Martirosyan, c’est d’aller observer de ses yeux cette ligne de front ayant justifié sa venue au Haut-Karabagh pour inspecter un aéroport afin de lui donner l’autorisation d’ouvrir ; cette même ligne de front exigeant que le rapport soit défavorables pour

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"Mandibules" : à mouche que veux-tu

ECRANS | À force de tourner autour de récits kafkaïens ou de métamorphoses, il était fatal que Quentin Dupieux aboutisse à une histoire d’insecte géant. Réunissant un aréopage de comédiens de haut vol (dont une Adèle Exarchopoulos… battante), "Mandibules" sort enfin ce mercredi 19 mai. Et fait mouche.

Vincent Raymond | Jeudi 13 mai 2021

Semi-clochard et 100% benêt, Manu (Grégoire Ludig) a été choisi pour livrer une mystérieuse mallette. Comme il lui faut une voiture, il en fauche une, embarquant au passage son pote Jean-Gab (David Marsais), aussi éveillé que lui. Mais en découvrant à son bord une mouche géante, ils décident de changer leurs plans et de l’apprivoiser… Voici presque deux décennies que le musicien Quentin Dupieux a débuté sa diversification sur les plateaux de tournage. D’abord annexe, l’activité semble aujourd’hui prendre le pas sur toutes les autres ; et saisi par une fièvre créatrice, le prolifique réalisateur a même accéléré sa production puisqu’il dévoile désormais tous les ans une nouvelle facette de son cosmos. Entre ses longs-métrages, les liens de consanguinité s’avèrent manifestes (une revendication d’appartenir à une famille très singulière), chaque opus s’affranchit cependant du précédent par un léger décalage : comme un saut de puce évolutif dans l'embryogénèse de leur structure narrative. Parti du magma abstrait de Nonfilm

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« Le punk, c'est un terrain de jeu »

Livre | Auteurs de l’ouvrage "Grenoble Calling, Une histoire orale du punk dans une ville de province", chroniqué dans ces pages la semaine dernière, Nicolas Bonanni et Margaux Capelier ont accepté de répondre, par e-mail, à nos questions.

Damien Grimbert | Jeudi 29 avril 2021

« Le punk, c'est un terrain de jeu »

Quand et comment est né le projet de ce livre ? Clairement, on s'est lancé-e-s dans ce projet parce qu'on participe à cette scène. On n'a pas du tout une posture de journalistes ou de sociologues, et, il faut le dire, on n'a aucune méthode scientifique. Nicolas vit depuis une vingtaine d'années à Grenoble, Margaux y a passé cinq ans. On a des regards et des parcours différents mais c'est un univers qui nous tient à cœur depuis longtemps. C'est bien en tant que participant-e-s qu'on s'est embarqué-e-s dans ce projet. On était intrigué-e-s par ce qui s'était passé dans cette ville "avant". Des lieux, des collectifs dont on avait seulement entendu parler... Le squat des Hell's Angels derrière la gare, par exemple, qu'est-ce que c'est que ça ? Donc oui, clairement il y a tout un pan de ce qui est raconté dans le bouquin qu'on ignorait complètement avant de s'y plonger. On en a profité pour tâcher de reconstituer le chemin qui avait amené à aujourd'hui, et essayer de rendre hommage à des personnes et des collectifs qui ont beaucoup œuvré et qui ne sont plus là. Grenoble Calling fonctionne sur le principe de "l’histoi

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Jazz à Vienne : les derniers noms

Festival | Jazz à Vienne complète sa programmation avec quatre nouvelles soirées de choix. Revue de détail.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 avril 2021

Jazz à Vienne : les derniers noms

Bien décidé à se tenir à peu près normalement, à partir de fin juin, Jazz à Vienne avait annoncé la majeure partie de sa programmation début avril. La voici désormais complète avec l'ajout de quelques noms et non des moindres, qui avancent le début des festivités au 23 juin. Le festival allobroge vient en effet d'annoncer la tenue de quatre nouvelles soirées au théâtre antique. Le 24 juin d'abord, une soirée New Generation en compagnie du Portico Quartet et du Tigran Hamasyan trio (auxquels s'ajouteront les talents Adami Jazz Gauthier Toux et Nils Petter Molvaer). Le 26 juin ensuite pour une soirée Brésil avec deux amis de longue date, Seu Jorge & Rogê, enfin sur scène ensemble, et une carte blanche à Lucas Santana. Le samedi 3

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"Godzilla vs Kong" : monstres et compagnie

ECRANS | Malgré ses allures de nom de code pour le second tour de la prochaine présidentielle, Godzilla vs Kong est du genre de Fast and Furious : tout entier contenu dans son titre programmatique. Et monstrueusement convenu. En VOD avant (peut-être) une sortie sur grand écran à la réouverture des salles…

Vincent Raymond | Jeudi 29 avril 2021

En génétique, lorsque l’on croise des individus (animaux, végétaux…) porteurs de caractéristiques différentes et que leurs descendants bénéficient d’une recombinaison favorable les rendant plus performants que leurs parents, on parle de vigueur hybride. En cinéma, lorsqu’on a essoré une série et son protagoniste, y compris avec des reboots, on crée un cross over avec une autre série tout aussi usée dans le but de relancer doublement la machine en s’adressant potentiellement à deux audiences. Sur le papier et d’un point de vue strictement commercial, l’idée n’a rien de stupide et fonctionne depuis des décennies, des Universal Monsters à Alien vs Predator… jusqu’aux chapitres non encore publiés du MCU contemporain. Pour Godzilla vs Kong, lui-même aboutissement d’un double reboot, ce sont en sus des titans issus de deux traditions parallèles qui se rencontrent : la créature maison de la Warner (Kong) et l’emblématique kaijū nippon de la Toho (Godzilla). Une sorte de conférence internationale

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Grenoble Calling, odyssée punk

CONNAITRE | Retracer 40 ans d’histoire du punk à Grenoble, des années 80 à nos jours, c’est l’audacieux défi dans lequel se sont lancés Nicolas Bonanni et Margaux Capelier, dont l’ouvrage "Grenoble Calling" vient de paraître aux éditions Le Monde à l’envers.

Damien Grimbert | Mercredi 21 avril 2021

Grenoble Calling, odyssée punk

C’est une histoire souterraine, dont beaucoup ignorent jusqu’à l'existence : depuis maintenant plusieurs dizaines d’années, le punk dispose à Grenoble d’une base extrêmement active et inventive, d’une effervescence impressionnante – concerts, festivals, fanzines, disquaires, distributeurs, squats et autres lieux éphémères… Farouchement underground, privilégiant l’autogestion, le "Do It Yourself" et la culture des réseaux et du bouche-à-oreille, rétif à toute forme d’institutionnalisation, de marchandisation et de médiatisation, à Grenoble comme ailleurs, le mouvement punk se vit bien plus qu’il ne se donne à voir. Une sorte d’univers parallèle mu par ses propres codes et convictions, inclusif dans sa démarche mais par nature invisible aux yeux du plus grand nombre. Autant dire qu’en retracer l’histoire sur près de quarante années constituait une gageure qui, aussi passionnante soit-elle, semblait de prime abord quasi impossible à relever. C’est pourtant ce qu’ont réussi à faire les auteurs de Grenoble Calling en s’appuyant sur une méthode éprouvée : après s’

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Bertrand Tavernier est mort

Disparition | On vient d’apprendre la disparition à 79 ans du cinéaste, scénariste et producteur Bertrand Tavernier, par ailleurs président de l’Institut Lumière, à Lyon, depuis sa création en 1982. Une perte immense.

Vincent Raymond | Jeudi 25 mars 2021

Bertrand Tavernier est mort

Né à Lyon en 1941, celui qui fut attaché de presse et critique avant de s'emparer de la caméra en 1964 pour son premier court-métrage, puis en 1973 pour son premier long L'Horloger de Saint-Paul, aura signé une des œuvres les plus prolifiques et éclectiques du cinéma français contemporain. Sans pour autant renier ses précurseurs à la différence de la génération précédente – Bertrand Tavernier n'hésitera pas à travailler avec les scénaristes Aurenche et Bost conspués par la Nouvelle Vague. Touchant à tous les styles, du polar à l'anticipation en passant par le documentaire ; manifestant en homme engagé son amour pour le rétablissement de la justice sociale (L. 627, Histoires de vies brisées…), le jazz (Autour de minuit), le cinéma (l'extraordinaire Laissez-Passer, Voyage à travers le cinéma Français), sa filmographie est émaillée de nombreux prix : il fut le premier récipiendaire du César du réalisateur en 1976 pour Que la fête commence et le remportera à nouveau en 1997 pour

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