Hymne keupon

Valentine Autruffe | Lundi 29 novembre 2021

Photo : (c) Romain Tissot


Pantins désarticulés, bouches béantes, gestes saccadés, rires grotesques, bousculades... Le nouveau spectacle du Collectif Ès, Fiasco, relève explicitement de l’âme punk. Danser en slip sur l’hymne britannique, avant de se disloquer, colliers de perles et chemisiers en soie, chignon ravagé, sur les riffs saturés des Sex Pistols (bien sûr). Les danseurs lâchent tout, jusqu’à se rouler par terre et se mordre, hurlent, s’éclatent finalement, à tel point que ça paraît improvisé – c’est compter sans la précision de la mise en scène. La libération du corps est totale, le physique exulte.

En résidence à La Rampe, le Collectif Ès a travaillé sur le mouvement punk et est parvenu à la conclusion suivante : « Pour nous, c’est un corps en action, en lutte, intérieure et partagée. Un corps non éduqué, avec une dimension ludique et de jeu. Il y a une ambiguïté, une complexité entre des choses très sombres et très joyeuses. » Selon les extraits que l’on a pu voir avant la première à Echirolles, la transcription à la scène de cette (bonne) définition du punk est réussie. Oï !

Fiasco le 14 décembre à La Rampe, Echirolles


Fiasco

Pour sa dernière saison de résidence, le Collectif ÈS crée sur le plateau de La Rampe une pièce coup de poing. Réunissant huit interprètes, elle propose une exploration autour du désaccord, du punk et de la Marseillaise.
La Rampe 15 avenue du 8 mai 1945 Échirolles
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Ombromanie et magie, la féérie par Philippe Beau

Jeune public | Mardi 21 décembre, une bonne raison d’emmener vos enfants, dès 7 ans, au théâtre : Philippe Beau, virtuose des ombres chinoises et autres illusions, se produit à La Rampe.

Valentine Autruffe | Jeudi 16 décembre 2021

Ombromanie et magie, la féérie par Philippe Beau

Magie d’ombres… et autres tours, c’est le spectacle idéal à voir en famille pendant cette période de fêtes. Sur scène, Philippe Beau donne vie à tout un bestiaire grâce à l’ombre projetée de ses mains contorsionnistes. Il est reconnu dans monde entier comme un expert de l’ombromanie : chat qui se gratte l’oreille, dromadaire et son guide, cerf majestueux... Le jeu de main de Philippe Beau, c’est autre chose que le fameux corbeau que l’on faisait entre frères et sœurs, en mettant ses deux mains en éventail ! Dans ce spectacle, Philippe Beau adjoint à son art premier une pincée de magie (traditionnelle et imparable, succès garanti auprès des petits) et une pointe de cinéma, pour un petit je-ne-sais-quoi de supplément d’âme… A voir ! Magie d'ombres... et autres tours | Philippe Beau from

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"Le Club des punks contre l’apocalypse zombie" : Karim Berrouka (Ludwig Von 88) à Grenoble

Livre | Chanteur du mythique groupe punk Ludwig Von 88, Karim Berrouka réédite son roman "Le Club des punks contre l’apocalypse zombie". Il sera à Grenoble, accompagné de l’illustrateur Zariel, samedi 18 décembre.  

Valentine Autruffe | Mercredi 15 décembre 2021

Il y avait les Bérus, et il y avait Ludwig. Fer de lance du punk français des années 80, le groupe s’est reformé en 2016 et continue de produire des albums et tourner, toujours le poing levé (comme dirait Amel Bent), et toujours cette propension à se moquer du monde dans lequel on vit. Autant en rire ! Dérision encore bien présente sur le dernier et 8e album de Ludwig Von 88, 20 chansons pour en finir avec le futur, sorti en 2019 après dix-huit ans de pause ; en témoigne à elle seule l’imitation de Brian Johnson sur AC/DC cherche un chanteur… Moins féroce que le classique Houla la ! (il faut dire qu’il s’est écoulé 33 ans entre les deux, l’âge du Christ cosmique ?), on préfère quand même largement un monde où Ludwig Von 88 sévit. Nostalgie des temps d’avant, assumée dans Au bon vieux temps des crêtes. Roman SF culte Mais laissons-là les guitares : Karim Berrouka, chanteur et parolier de Ludwig Von 88, &eacut

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La cote de "Mailles"

SCENES | Dans ses précédentes créations Samedi détente (2014) et Unwanted (2017), Dorothée Munyaneza renouait avec le (...)

Eloïse Bonnan | Lundi 29 novembre 2021

La cote de

Dans ses précédentes créations Samedi détente (2014) et Unwanted (2017), Dorothée Munyaneza renouait avec le Rwanda, terre d’enfance qu’elle quitta à l'âge de 12 ans. Avec sa dernière pièce Mailles, la chanteuse, auteure et chorégraphe démontre encore un engagement sincère en faveur de la féminité et la dignité. Mailles est un spectacle de femmes, né de l'envie de « rassembler et partager des mémoires intimes et collectives, ces mémoires dont nous portons les traces indélébiles et fécondes et que nous façonnons chaque jour », explique la chorégraphe. Tout au long de la pièce, où tourbillonnent danse, chant et poésie, se tissent ensemble les récits personnels de six femmes noires, artistes ou intellectuelles venues des quatre coins du monde. À des années lumières des longs discours, Dorothée Munyanez

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Concours Podium : découvrez les quatre lauréats !

Danse | A l’issue de deux soirées de représentation ce week-end à La Rampe, les quatre lauréats du concours de danse Podium ont été désignés par le public et le jury.

Valentine Autruffe | Lundi 22 novembre 2021

Concours Podium : découvrez les quatre lauréats !

Quatre compagnies de danse bénéficieront, l’an prochain, de la Tournée Podium. Elles ont été sélectionnées parmi douze propositions, vendredi et samedi soir, à La Rampe. Pour les pièces en solo et duo, présentées vendredi, le jury de professionnels a choisi B4 summer de Mercedes Dassy (Belgique). Pour les pièces de groupe, c’est Muyte Maker, de Flora Détraz (France), qui a été sélectionnée. Vendredi soir, le public a préféré Learning from the Future, de Colette Sadler (Royaume-Uni), et samedi, c’est Entropie de Léo Lérus (France, Guadeloupe) qui a été le coup de cœur des spectateurs. Les lauréats seront programmés, pour la saison 2022-2023, parmi les dix-sept scènes partenaires de Podium, réparties un peu partout en France, et dans le réseau des « voisins » de ces théâtres. La répartition des tour

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Podium, entrez dans la danse

Concours | Douze compagnies de danse, réparties sur deux soirées, présenteront à La Rampe des extraits d’une vingtaine de minutes de leurs créations. Avec un enjeu tout (...)

Valentine Autruffe | Mardi 16 novembre 2021

Podium, entrez dans la danse

Douze compagnies de danse, réparties sur deux soirées, présenteront à La Rampe des extraits d’une vingtaine de minutes de leurs créations. Avec un enjeu tout particulier : quatre prix seront remis, deux à l’issue du vote du public, deux autres par un jury de professionnels. C’est la seconde édition du concours Podium (anciennement Reconnaissance), imaginé par le Pacifique et également porté par le CCN2 et La Rampe. Pour les spectateurs, c’est surtout une excellente façon d’appréhender la danse, discipline qu’ils ont souvent du mal à aborder. « Le public pense parfois que la danse n’est pas pour lui. Pourtant, le langage du corps est universel, ça passe au-delà des mots », souligne Marie Roche, directrice du Pacifique. On n’est pas obligé de comprendre la danse, il suffit de la ressentir. L’aspect concours permet en sus de comparer et d’en parler avec son voisin, cerner pourquoi on aime ou pas. « L’objectif de Podium est de montrer des spectacles dont on juge qu’ils n’ont pas été assez vus, et qui méritent de l’être. En période de pandémie, je vous laisse imaginer… » La sélection des douze pièces, parmi 41 propositions au départ, a été assur

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"Les Chatouilles ou la danse de la colère" : enfance volée

Théâtre | Le spectacle à succès "Les Chatouilles ou la danse de la colère" de la comédienne et danseuse Andréa Bescond passera par Crolles mercredi 10 novembre. Un acte artistique fort à la première personne du singulier sur les ravages de la pédocriminalité.

Aurélien Martinez | Mardi 2 novembre 2021

C'est l'histoire d'une petite fille prénommée Odette, comme le cygne blanc du ballet de Tchaïkovski. C'est surtout l'histoire d'une gamine à qui il arrive l’indicible : des viols répétés perpétrés par un ami de ses parents. Lui appelait ça « les chatouilles », pour mieux manipuler l'enfant, lui faire croire que tout ceci n'était qu'un jeu sans conséquence... Cette histoire, révoltante pour les spectateurs qui la reçoivent, c'est celle de la comédienne et danseuse Andréa Bescond, qu'elle a transposée sur scène dans le solo Les Chatouilles ou la danse de la colère. Face au public, elle porte tous les personnages de son enfance : ses parents, sa prof de danse, son agresseur... Et d'autres qu'elle côtoie aujourd’hui, adulte, dont sa psy. Car c'est dans le cabinet de cette dernière qu'elle se trouve maintenant, accompagnée de sa mère totalement dans le déni, pour guérir de son passé. On plonge alors avec elle au cœur de

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Danse avec Patrick

ECRANS | Plaisir kitsch et régressif comme seules les années 1980 étaient capables d’en offrir, Dirty Dancing est la définition même du "feel-good movie" : un film (...)

Damien Grimbert | Mardi 24 août 2021

Danse avec Patrick

Plaisir kitsch et régressif comme seules les années 1980 étaient capables d’en offrir, Dirty Dancing est la définition même du "feel-good movie" : un film qui ne révolutionne certes pas l’histoire du cinéma mais n’en procure pas moins un moment de réconfort bienvenu au spectateur pas trop regardant sur les ficelles scénaristiques et la subtilité des dialogues. Soit une histoire d’amour "interdite" entre une jeune fille timide et un professeur de danse rebelle dans un camp de vacances américain des années 1960, qui accumule à peu près tous les clichés propres au genre. Projection en plein air gratuite vendredi 27 août à 21h dans la cour du Musée de la Résistance, dans le cadre de l’exposition temporaire Vous n’irez plus danser ! Les bals clandestins 1939-1945 (inscription obligatoire).

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La Bobine sort les platines

MUSIQUES | C’est un joli programme qu’a concocté la Bobine pour le retour de ses apéro-mixes estivaux en terrasse. Aux côtés d’un certain nombre de valeurs sûres et (...)

Damien Grimbert | Lundi 5 juillet 2021

La Bobine sort les platines

C’est un joli programme qu’a concocté la Bobine pour le retour de ses apéro-mixes estivaux en terrasse. Aux côtés d’un certain nombre de valeurs sûres et d’habitués des lieux, on pourra ainsi découvrir le 6 juillet Erevan DJ, fondateur de l’excellent label lyonnais orienté « sophrologie auditive, réminiscences 90’s, atmosphères psychédéliques et breaks exotiques » Bamboo Shows, accompagné de Jean-Mi, fer de lance du label Comic Sans Records. Le 20 juillet, place au Grenoblois Vague Imaginaires, créateur d’ambiances équatoriales oniriques quelque part entre ambient, downtempo, tribal, new age et field recording organique. Le 10 août, on entendra cette fois Danse Musique Rhône-Alpes (en photo), « hommage nostalgique à la dance commerciale des années 90 mais également aux formes les plus brutes et radicales de la musique électronique » et Bravo Tounky, venu défendre sa k7 audio Flash Détente fraichement sortie sur AB Records. Le 31 août enfin, ce sont les éclectiques résidentes du projet Sister Act Ciao Cesco, Taka, Cass, Yagi Ud, et Gioza qui se relaieront aux platines. On a déjà hâte d’y être ! Apéro-mixes. À la Bobine to

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« Le punk, c'est un terrain de jeu »

Livre | Auteurs de l’ouvrage "Grenoble Calling, Une histoire orale du punk dans une ville de province", chroniqué dans ces pages la semaine dernière, Nicolas Bonanni et Margaux Capelier ont accepté de répondre, par e-mail, à nos questions.

Damien Grimbert | Jeudi 29 avril 2021

« Le punk, c'est un terrain de jeu »

Quand et comment est né le projet de ce livre ? Clairement, on s'est lancé-e-s dans ce projet parce qu'on participe à cette scène. On n'a pas du tout une posture de journalistes ou de sociologues, et, il faut le dire, on n'a aucune méthode scientifique. Nicolas vit depuis une vingtaine d'années à Grenoble, Margaux y a passé cinq ans. On a des regards et des parcours différents mais c'est un univers qui nous tient à cœur depuis longtemps. C'est bien en tant que participant-e-s qu'on s'est embarqué-e-s dans ce projet. On était intrigué-e-s par ce qui s'était passé dans cette ville "avant". Des lieux, des collectifs dont on avait seulement entendu parler... Le squat des Hell's Angels derrière la gare, par exemple, qu'est-ce que c'est que ça ? Donc oui, clairement il y a tout un pan de ce qui est raconté dans le bouquin qu'on ignorait complètement avant de s'y plonger. On en a profité pour tâcher de reconstituer le chemin qui avait amené à aujourd'hui, et essayer de rendre hommage à des personnes et des collectifs qui ont beaucoup œuvré et qui ne sont plus là. Grenoble Calling fonctionne sur le principe de "l’histoi

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Grenoble Calling, odyssée punk

CONNAITRE | Retracer 40 ans d’histoire du punk à Grenoble, des années 80 à nos jours, c’est l’audacieux défi dans lequel se sont lancés Nicolas Bonanni et Margaux Capelier, dont l’ouvrage "Grenoble Calling" vient de paraître aux éditions Le Monde à l’envers.

Damien Grimbert | Mercredi 21 avril 2021

Grenoble Calling, odyssée punk

C’est une histoire souterraine, dont beaucoup ignorent jusqu’à l'existence : depuis maintenant plusieurs dizaines d’années, le punk dispose à Grenoble d’une base extrêmement active et inventive, d’une effervescence impressionnante – concerts, festivals, fanzines, disquaires, distributeurs, squats et autres lieux éphémères… Farouchement underground, privilégiant l’autogestion, le "Do It Yourself" et la culture des réseaux et du bouche-à-oreille, rétif à toute forme d’institutionnalisation, de marchandisation et de médiatisation, à Grenoble comme ailleurs, le mouvement punk se vit bien plus qu’il ne se donne à voir. Une sorte d’univers parallèle mu par ses propres codes et convictions, inclusif dans sa démarche mais par nature invisible aux yeux du plus grand nombre. Autant dire qu’en retracer l’histoire sur près de quarante années constituait une gageure qui, aussi passionnante soit-elle, semblait de prime abord quasi impossible à relever. C’est pourtant ce qu’ont réussi à faire les auteurs de Grenoble Calling en s’appuyant sur une méthode éprouvée : après s’

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Cinq minutes en attendant

Danse | Le Pacifique, le Centre de développement chorégraphique de Grenoble, propose à toute personne intéressée de retrouver son équipe en extérieur, chaque jour ouvrable à 12h30, pour un court instant de danse collective. C’est parti pour durer tant que les salles de spectacle n’auront pas rouvert !

Martin de Kerimel | Mercredi 17 février 2021

Cinq minutes en attendant

Les femmes n’avaient pas toutes la souplesse de Karen Lynn Gorney, ni les hommes le déhanché de John Travolta. Pas sûr d’ailleurs que tout ce petit monde ait vu La fièvre du samedi soir. C’est pourtant sur Stayin’ alive, le classique des Bee Gees au titre explicite, qu’une vingtaine de personnes (masquées) est venue danser lundi 15 février, en face des locaux du Pacifique, chemin des Alpins, à Grenoble. Derrière cette initiative, l’envie est d’apporter de la joie en cette période privée de spectacles culturels (chorégraphiques et musicaux, notamment) en intérieur. De quoi oublier les quelques imperfections techniques – celles des autres et les siennes, tant qu’à faire – pour se dégourdir les jambes et, du même coup, les neurones. Sous le soleil, exactement ? Lors de ce premier mini-rassemblement inattendu, le Pacifique a pu compter sur une météo impeccable. L’opération est partie pour avoir lieu par tous les temps, chaque jour du lundi au vendredi, toujours à 12h30, tant que les salles de spectacle resteront portes closes. Le Centre de développement chorégraphique espère convai

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12 propositions pour une année de danse intense à Grenoble

Panorama de rentrée culturelle 2020/2021 | Avec des chorégraphes qu'on connaît (très) bien, des nouvelles têtes, des reprises... Il y aura de quoi faire cette saison dans l'agglomération grenobloise !

Aurélien Martinez | Lundi 19 octobre 2020

12 propositions pour une année de danse intense à Grenoble

Miracles Le très productif chorégraphe hip-hop (mais pas que) Bouba Landrille Tchouda, qu’au Petit Bulletin nous suivons avec plaisir depuis (presque) ses débuts (on en a écrit des lignes élogieuses sur ses spectacles !), dévoilera cet automne sa nouvelle création. Avec, comme souvent avec lui, une note d’intention pleine de beaux principes – extrait : « dans un dispositif scénique léger, trois interprètes exploreront, dans un va-et-vient entre l’intime et l’extérieur, la question de l’inter-dépendance, qui nous bouscule tout autant qu’elle nous enrichit ». D’accord ! AM Au Grand Angle (Voiron) mardi 10 novembre Au Théâtre municipal de Grenoble jeudi 12 et vendredi 13 novembre Loto3000

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"J’ai pas toujours dansé comme ça" : autoportrait d’un jeune danseur en feu

Danse | Arrivé à Grenoble en provenance du Cameroun alors qu'il n'avait que sept ans, Bouba Landrille Tchouda danse depuis qu'il est enfant. D'où l'idée et l'envie de présenter un solo sur son parcours.

Aurélien Martinez | Mardi 28 janvier 2020

« On n’avait pas besoin de cours de danse, on se jetait juste par terre sur le bitume et c’était tout de suite génial. On dansait pour être ensemble. » Son arrivée gamin à Grenoble depuis le Cameroun et le froid inattendu qui l’a saisi ; sa découverte de la danse et notamment de la capoeira qui a enrichi son hip-hop ; son premier spectacle vu au Cargo (aujourd’hui MC2) qui le fit carrément pleurer ; les rencontres qui, ensuite, changèrent sa vie (notamment Jean-Claude Gallotta)… Avec J’ai pas toujours dansé comme ça, le chorégraphe et danseur Bouba Landrille Tchouda propose un court solo dans lequel il raconte autant qu’il danse ses débuts – il va jusqu’en 2001, année de la fondation de la compagnie Malka. Un solo qui, paradoxalement, peut parler autant à celles et ceux qui le fréquentent et connaissent la vie culturelle grenobloise qu’aux autres, tant sa narration et ses questionnements embrassent large. Bouba Landrille Tchouda ne réécrit pas son histoire pour se donner le beau rôle, ce qui donne une réelle sincérité

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Danses plurielles

Rencontre | Né du souhait de réfléchir à la place que son art occupe dans la cité, le collectif CitéDanse fête ses vingt ans les 20 et 21 décembre. L’occasion d’une nouvelle rencontre avec le public, qui s’annonce aussi intense qu’agréable.

Martin de Kerimel | Mardi 10 décembre 2019

Danses plurielles

Pourquoi les spectacles de danse tournent-ils moins que d’autres ? Comment communiquer au public la passion qui anime les artistes au quotidien ? Quelle parole porter pour offrir un peu de poésie, une part d’imaginaire ? Ces grandes questions, Anne-Marie Pascoli, à la tête de la compagnie homonyme, se les pose depuis longtemps. Elles sont au cœur même de la réflexion et de l’action du collectif CitéDanse. Imaginée par des chorégraphes dès 1999, l’association compte désormais une quinzaine d’adhérents. Petit à petit, elle a accueilli des créateurs issus d’autres disciplines artistiques (musique, théâtre, arts plastiques) et, au-delà, des sociologues, des psychologues… Une diversité d'approches En complément de l’activité de leur propre structure, c’est ensemble – et bénévolement – que les membres élaborent leurs projets artistiques communs. Ils se réunissent une fois par mois pour en discuter. Sans limite. « Tout est permis, certifie Anne-Marie Pascoli. L’important est de sortir des dogmes et de la verticalité. D’après moi, la danse a vocation à parler à tout le monde parce que, tous, nous sommes d’abord des corps. » La diversité des approc

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Danse : la Rampe s'est engagée avec le Collectif ÈS

ACTUS | L’accueil en résidence, pour trois ans, de ce trio de danseurs est une aubaine pour les artistes, fidèles à la salle échirolloise. C’en est une également pour le public, qui pourra profiter d’autres moments de rencontre avec eux. Explications.

Martin de Kerimel | Mardi 19 novembre 2019

Danse : la Rampe s'est engagée avec le Collectif ÈS

Plus que quelques jours d’attente. Le 10 décembre, le Collectif ÈS revient à La Rampe pour un spectacle inédit à Échirolles : 1ère Mondiale. Adeptes du travail collectif, Émilie Szikora, Jérémy Martinez et Sidonie Duret pourraient surprendre ceux qui les connaissent déjà, puisque, cette fois, ils s’expriment par la forme du solo. Comment évolueront-ils à l’avenir ? L’accueil en résidence qui leur est offert permettra de se faire une idée progressive de la réponse. « Ce partenariat s’inscrit pleinement dans nos missions d’aide à la création, souligne Joséfa Gallardo, directrice de La Rampe. Nous travaillons à susciter la curiosité du public à l’égard de la danse contemporaine. Les danseurs vont dès lors à la rencontre de nouveaux publics. » Ils bénéficient d’une aide à la diffusion de leur(s) spectacle(s) – ils sont notamment attendus au Théâtre de Grenoble en mars 2020 – et de financements, par le biais de la coproduction. Les installations de La Rampe sont à leur disposition pour faciliter leur travail créatif. Une ouverture sur la ville Émilie, Jérémy et Sidonie sont comme chez eux dans cet environnement sensible à le

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Danse : nos huit coups de cœur de la saison

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Un programme entre solo, chorégraphie de groupe, reprise bienvenue ou encore concours tourné vers l'avenir.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Danse : nos huit coups de cœur de la saison

Vertikal À chaque spectacle, Mourad Merzouki confronte la danse hip-hop à une difficulté qui lui donne matière à création. Ce furent la musique baroque (Boxe, boxe), les arts numériques (Pixels) ; voici qu'il titille la verticalité du plateau avec des murs mouchetés de prises d'escalade et des déplacements latéraux. Si, au début, ses danseurs sont trop la démonstration de tous les mouvements possiblement réalisables avec cette contrainte et que le chorégraphe multiplie les séquences de danse qu'il superpose (on ne sait plus où et qui regarder), peu à peu, il oublie l'épate et se dégage alors une sensation d'apesanteur : les interprètes s'emparent des accroches du mur avec une facilité feinte. Et sa troupe respire avant d'embrayer sur un bouquet final saisissant. À la MC2 du mercred

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Le dancefloor au scalpel à la Belle électrique

Semaine thématique | On déroule le sommaire de la "semaine du dancefloor" qu'organise la salle grenobloise du mardi 18 au vendredi 21 juin

Damien Grimbert | Mardi 11 juin 2019

Le dancefloor au scalpel à la Belle électrique

Après, entre autres, le punk et les musiques populaires jamaïcaines, c’est cette fois au dancefloor de faire l’objet d’une semaine thématique à la Belle électrique. Au programme, on retrouvera ainsi mardi 18 une projection du documentaire "historique" (il fut diffusé pour la première fois sur Arte en 1996) Universal Techno de Dominique Deluze, qui retrace la genèse du genre à Détroit en compagnie de ses trois pères fondateurs : Juan Atkins, Derrick May et Kevin Saunderson. Un gros morceau, au même titre que la conférence du lendemain (mercredi 19 donc), qui réunira Michel Amato alias The Hacker et Jean-Yves Leloup, l’un des meilleurs critiques et journalistes français dans le domaine des musiques électroniques (on vous recommande chaudement ses passionnants ouvrages parus chez l’éditeur Le Mot et Le Reste), et accessoirement curateur de la récente exposition-événement Électro, de Kraftwerk à Daft Punk en place à la Philharmonie de Paris. Jeudi 19, place à une soirée dansante au bar de la Belle électrique chorégraphiée et mise en scène par Yannick Siméon

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Joséfa Gallardo, directrice de la Rampe : « Je reste dans la continuité »

ACTUS | On a rencontré celle qui pilote la salle échirolloise depuis l'automne, avant d'aller à sa première présentation de saison mercredi 5 juin.

Aurélien Martinez | Mardi 4 juin 2019

Joséfa Gallardo, directrice de la Rampe : « Je reste dans la continuité »

« Dansez, dansez sinon nous sommes perdus… » C’est avec une citation de la chorégraphe Pina Bausch que Joséfa Gallardo, directrice de la Rampe – la Ponatière d’Échirolles depuis presque un an, titre l’édito de la plaquette de sa première saison. Une saison dans l’esprit de ce que faisait le précédent directeur Jacky Rocher, avec donc pas mal de danse mais aussi pas mal de musique classique. « On est "scène conventionnée d’intérêt national art et création danse et musique" alors, forcément, je reste dans la continuité. De toute façon, si j’ai postulé ici, c’est que la programmation me plaisait ! » D’ailleurs, il y a eu « une transition parfaite » avec Jacky Rocher, qui a dirigé pendant dix ans l’équipement culturel échirollois, et des « échanges enrichissants » avec Éliane

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Hip-hop don’t stop : « On se dirige tranquillement vers un festival d’importance nationale »

Danse | C’est l’histoire d’un festival qui, depuis sa création en 2017, prend de plus en plus d’ampleur dans l’agglomération grenobloise : le Hip-hop don’t stop, piloté par l’Heure bleue de Saint-Martin-d’Hères et la compagnie Citadanse. À la veille de la troisième édition prévue du 7 au 16 février, rencontre avec Hachemi Manaa, co-directeur artistique de l’aventure.

Aurélien Martinez | Lundi 4 février 2019

Hip-hop don’t stop : « On se dirige tranquillement vers un festival d’importance nationale »

« À Saint-Martin-d’Hères et dans toute l’agglomération grenobloise en général, il y a toujours eu une grosse histoire de la culture hip-hop, et notamment de la danse hip-hop grâce au chorégraphe Bouba Landrille Tchouda. Se sont alors succédé plusieurs générations de danseurs, et c’était je pense important à un moment de créer un temps fort métropolitain autour de cette pratique. » Voilà comment Hachemi Manaa de la compagnie martinéroise Citadanse explique la création du Hip-hop don’t stop festival en 2017. Un événement qui s’inscrit dans la lignée d’un précédent. « C’est l’héritier d’un autre festival qui avait lieu auparavant sur l’agglomération grenobloise : La Nuit du hip-hop, menée par Anne-Marie Astier. Il y a un peu eu un passage de relai entre elle et Vincent Villenave, à l’époque directeur de l’Heure bleue à Saint-Martin-d’Hères, qui a tout de suite accepté de remettre en marche le projet. » « Il y avait clairement un manque » Depuis, Hip-hop don’t stop prend chaque année de l

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"Voyez comme on danse" : les lauriers de Michel Blanc sont fanés

ECRANS | de et avec Michel Blanc (Fr, 1h28) avec également Karin Viard, Carole Bouquet, Charlotte Rampling…

Vincent Raymond | Mardi 9 octobre 2018

Quinze ans environ après leurs premières aventures, le groupe d’Embrassez qui vous voudrez poursuit sa vie : Véro la poissarde, Elizabeth la distinguée et son fraudeur fiscal de mari, Lucie et son nouveau jules (Julien, un parano qui la trompe). Sans compter la descendance… On attendait avec une confiance raisonnable Michel Blanc pour cette suite d’un divertissement pimpant ayant laissé un agréable souvenir dans le flot des comédies chorales – ce désormais genre en soi qui nous gratifie trop souvent de représentants de piteuse qualité, à oublier comme de vieux mouchoirs. Force est de constater que le comédien-réalisateur et (jadis brillant) scénariste dilue ici paresseusement un ou deux rebondissements et quiproquos à l’ancienne (genre XIXe siècle) en rentabilisant les personnages caractérisés dans l’opus précédent. Seul Jean-Paul Rouve, très bon en velléitaire chronique, apporte un soupçon de fraîcheur. Cela devient une habitude chez lui, entre la vocation et l’apostolat, de sauver l’honneur des machins de guingois. Quant à la fin, comme sabordée, elle fait un peu peine à voir. Rendez-nous le Mic

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Uriage en Danse avec Gallotta : danse pour tous

Événément | Rendez-vous dimanche 1er juillet à partir de 19h dans le (magnifique) parc d'Uriage.

Alice Colmart | Mardi 26 juin 2018

Uriage en Danse avec Gallotta : danse pour tous

« Un événement qui vise à démocratiser la danse contemporaine » : voilà comment Isabelle Durand-Falcoz, directrice d’Uriage en Danse avec Gallotta, présente le festival concocté comme son nom l’indique avec le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta. Une manifestation qui en est à sa troisième édition dans le Parc d’Uriage, lieu choisi avec précaution. « Jean-Claude Gallotta avait toujours voulu faire quelque chose ici, car il est du coin et qu'on trouve ce lieu magnifique. » Avec un but précis. « On a constaté qu'il existe des lieux de diffusions identifiés pour la danse contemporaine mais peu où les amateurs ont la possibilité de se produire. » Ouverts à tous, les spectacles, présentés sur une soirée, oscillent entre « danse contemporaine pure, hip-hop et même tango avec par exemple Intuitif Tango du chorégraphe grenoblois Étienne Quintens ». Seront également de la partie un groupe de danse contemporaine du Conservatoire de Grenoble, ou encore la cie Apart

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"Queercore : how to punk a revolution" : no future straight

ECRANS | Mardi 29 mai, le festival grenoblois Vues d'en face, centré sur le cinéma LGBT, proposera de découvrir au Club ce fascinant documentaire sur le queercore, « mouvement social et artistique né dans les années 1980 qui a cherché à provoquer, au travers de l’art et de la musique punk, la société hétéronormée ».

Aurélien Martinez | Mardi 22 mai 2018

« Une farce devenue réelle » : voilà comment, dans le documentaire Queercore : how to punk a revolution, le réalisateur Bruce LaBruce explique la genèse de ce mouvement culturel et social né dans les années 1980 pour « élargir le discours ». Aux manettes de cette sous-culture, des artistes et activistes queer et punk qui voulaient non pas réunir les deux scènes mais en créer une nouvelle en se détachant de ce qu’ils abhorraient dans chacune d’elle : le côté bourgeois et apolitique des homos, et les relents misogynes et homophobes des punks. Proposé par Vues d’en face, le festival international du film LGBT de Grenoble, dans le cadre de ses séances mensuelles au Club, ce documentaire de Yony Leyser sorti l’an passé est passionnant du fait de la richesse du panel de témoins interviewés – Bruce LaBruce donc mais également, au rayon des plus connus, les musiciennes Peaches et Kim Gordon ou encore le réalisateur John Waters. Et par les nombreux enjeux qu’ils convoquent en tout juste 1h20. Alors que le mot queer vient de rentrer cette année dans le dictionnaire Robert (« personne dont

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Jacky Rocher : « J’ai été très heureux pendant mes dix ans à la Rampe ! »

ACTUS | Rencontre avec Jacky Rocher, directeur de la scène échirolloise conventionnée danse et musiques, qui partira à la retraite d’ici quelques mois.

Aurélien Martinez | Mardi 27 mars 2018

Jacky Rocher : « J’ai été très heureux pendant mes dix ans à la Rampe ! »

Ça bouge pas mal en ce moment à la tête des institutions culturelles de l’agglo. Il y a quelques jours, nous avons ainsi appris que Jacky Rocher, directeur de la Rampe d’Échirolles (une « scène pluridisciplinaire avec des penchants pour la danse et les musiques » comme il la qualifie), allait partir à la retraite « a priori début octobre », soit exactement dix ans après son arrivée à la tête de ce lieu composé de deux plateaux – la Rampe, au centre-ville d’Échirolles, salle « faite pour les grands formats », et la beaucoup plus petite Ponatière, près du cours de la Libération, pour des formes artistiques plus sobres et « les tentatives ». On l’a donc rencontré dans son bureau pour un rapide bilan qu’il juge « hyper positif ». « Depuis quatre ans, la fréquentation n’arrête pas d’augmenter. Sans doute parce que le projet artistique et culturel de la Rampe est assez bien installé dans l’esprit des personnes qui fréquentent la culture. » Mais il a tout de même quelques « regrets », comme ne pas être parvenu à « amener beaucoup plus d’accueil et de convivialité dans le lieu

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"Jean-Yves, Patrick et Corinne" : aérobic pop par le collectif ÈS

Danse | Rendez-vous jeudi 15 mars à la Rampe d'Échirolles pour une pièce à l'énergie folle.

Aurélien Martinez | Lundi 12 mars 2018

Il y a des jeunes compagnies qui arrivent, grâce à une certaine inventivité, à susciter un intérêt fort de la part des "professionnels de la profession", ce qui leur offre d’emblée une belle visibilité. Comme le collectif ÈS, formé en 2011 par trois élèves (Sidonie Duret, Jérémy Martinez et Émilie Szikora) du conservatoire de danse de Lyon qui, cet automne à Villefontaine (Nord-Isère) lors de la première représentation de sa dernière création Jean-Yves, Patrick et Corinne, a réussi à compter dans sa salle une foule de programmateurs et programmatrices, dont une bonne partie du staff de la prestigieuse Maison de la danse de Lyon. De quoi fortement susciter la curiosité du critique en recherche de chair, et surtout d’expression artistique fraîches. Si tout cela était encore fortement bancal à l’époque (que voulaient dire les chorégraphes en convoquant autant de références pop sur le plateau, et en évoquant dans leur note d’intention la question du plagiat ?), il s’en dégageait une énergie folle qui reste longtemps en mémoire. Il faut ainsi voir comment les cinq danseurs (les trois membres du collectif, rejoints par deux interprè

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Hip-hop don’t stop festival : « Montrer toute la diversité de la danse hip-hop »

Danse | Lancement mardi 6 février de la deuxième édition du Hip-hop don’t stop festival organisé par la compagnie martinéroise Citadanse et la salle (...)

Alice Colmart | Mardi 30 janvier 2018

Hip-hop don’t stop festival : « Montrer toute la diversité de la danse hip-hop »

Lancement mardi 6 février de la deuxième édition du Hip-hop don’t stop festival organisé par la compagnie martinéroise Citadanse et la salle l’Heure bleue, elle aussi martinéroise. Pourtant, nouveauté cette année, la manifestation ne débutera pas à Saint-Martin-d'Hères mais à Seyssinet-Pariset, à l’Ilyade plus précisément, avec la reprise du très bon spectacle Têtes d’affiche de Bouba Landrille Tchouda. Avec ce festival dont il est parrain, le chorégraphe veut « montrer toute la diversité et l’évolution de la danse hip-hop d'aujourd'hui » comme il l’a déclaré lors de la conférence de presse de présentation. C’est justement, semble t-il, l’un des objectifs du programme Trois solos prévu le jeudi 8 février à l’Heure bleue (retour à Saint-Martin-d'Hères donc). Lors de cette soirée, trois artistes se succéderont : Fred Bendongué, « l’un des pionniers de la danse hip-hop qui rendra hommage aux musiciens embarqués malgré eux d

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"Les déclinaisons de la Navarre" : les jeux de l’amour et de la danse de la cie pjpp

Danse | Le « laboratoire pour la pratique chorégraphique » CitéDanse lance sa saison vendredi 6 octobre avec un double programme. Dont ce sympathique spectacle de la compagnie pjpp.

Aurélien Martinez | Mardi 3 octobre 2017

Un jour, Henri de Navarre, futur Henri IV, rencontre celle qui sera appelée plus tard la reine Margot. Une scène retranscrite dans un obscur téléfilm austro-allemand dont quelques minutes du dialogue, en VF, ont été extraites par le duo de danseurs Claire Laureau et Nicolas Chaigneau (compagnie pjpp). Ils s’amusent alors à rejouer ce moment maintes et maintes fois, d’où le titre du spectacle Les déclinaisons de la Navarre. Le rendu est plutôt sympathique, plein de facéties comme on pourra s’en rendre compte lors de l’ouverture de saison en deux temps de CitéDanse, puisqu’ils en dévoileront un extrait – Loïc Touzé présentera quant à lui Je suis lent, conférence performée dans laquelle il « raconte son histoire avec la danse ». Et là, un point s’impose pour ceux à qui CitéDanse ne dirait pas grand-chose. Fondée en 1999 par trois chorégraphes grenoblois (Sylvie Guillermin, Anne-Marie Pascoli et François Veyrunes), l’association, dont les locaux se situent au bout du cours Berriat, à côté de l’Ampérage, se présente comme un « laboratoire pour la pratique chorégraphique » avec notamment des présentations dans son studio d

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Des spectacles à ciel ouvert pour l'été

Les temps forts de l'été | Ce n’est pas parce que l’immense majorité des salles de spectacle sont fermées en juillet et août qu’on ne peut pas se faire une pièce de théâtre, de danse, voire même un opéra entre deux passages à la piscine et trois tours en terrasse. La preuve avec ces quatre bons plans en plein air, et gratuits (ou presque), ce qui ne gâche rien.

Aurélien Martinez | Mardi 4 juillet 2017

Des spectacles à ciel ouvert pour l'été

De l’opéra et de la danse en plein air, sur grand écran Du 21 juillet au 24 août Les opéras sont des salles de spectacle souvent intimidantes, dont les codes implicites (un minimum de culture, une belle toilette…) peuvent faire peur. Pourtant, il s’y passe souvent de chouettes choses pas destinées uniquement qu’aux bourgeois amateurs de culture des temps anciens – l’opéra de nos voisins lyonnais est, par exemple, une maison très contemporaine. Celui de Paris, l’un des plus réputés (et classiques) d’Europe, souhaite ainsi démonter les préjugés qui lui collent à la peau en proposant l’été venu certaines productions (en opéra comme en danse) sur grand écran, dans plusieurs villes de France À Grenoble, on aura ainsi droit au ballet Le Lac des cygnes, sur une musique de Tchaïkovski et une chorégraphie de Rudolf Noureev, le vendredi 21 juillet au parc Jean Verlhac de la Villeneuve ; à l’opéra La Traviata de Verdi le jeudi 27 juillet à la Bastille ; au défilé du Ballet de l’Opéra de Paris le vendredi 4 août au parc Bachelard ; au ballet La Belle au bois dormant, sur une musique de Tchaïkovski et une chorégraphie de Mar

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"Je danserai si je veux" : trois femmes (palestiniennes) puissantes

ECRANS | de Maysaloun Hamoud (Pal.-Isr.-Fr., 1h42) avec Mouna Hawa, Sana Jammelieh, Shaden Kanboura…

Vincent Raymond | Lundi 10 avril 2017

Dans un petit appartement de Tel Aviv, elles sont trois colocataires aux mœurs, origines et parcours différents : Laila, l’avocate indépendante et séductrice ; Salma, la DJ cachant à ses parents son homosexualité ; et Nour, une étudiante très religieuse. Trois victimes en puissance des hommes… ou de la "puissance" des hommes. La jeune réalisatrice palestinienne Maysaloun Hamoud offre un très intéressant changement de paradigme sur une région souvent montrée comme morcelée et divisée par la religion : ici, le clivage s’opère entre les hommes et les femmes. Et il y a même une sorte d’union sacrée cultuelle implicite pour pérenniser l’oppression ordinaire ou la sujétion des femmes. Ce kaléidoscope est d’autant plus triste que les plus libéraux (en apparence), qu’ils soient chrétiens ou musulmans, justifient leurs agissements et soignent leur hypocrisie en se réfugiant derrière les plus vils archaïsmes. À la fois état des lieux, cri de colère et manifeste, Je danserai si je veux est une réponse volontaire à un patriarcat chancelant, un médius haut tendu à ses ultimes tentatives pour maintenir sa férule sur la gent fémini

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Le hip-hop dans la chair avec le festival Hip-Hop don’t stop

Danse | Du jeudi 16 au dimanche 19 février, le hip-hop va briller à Saint-Martin-d’Hères avec la première édition du festival Hip-Hop don’t stop. On vous en dit plus.

Charline Corubolo | Mardi 14 février 2017

Le hip-hop dans la chair avec le festival Hip-Hop don’t stop

Pour les aficionados, Saint-Martin-d’Hères est le terreau fertile du hip-hop depuis la fin des années 1980. Mais pour le quidam, cette commune n’est pas forcément connue comme le terrain de jeu des breakers. Pour réveiller cet esprit, Vincent Villenave de l’Heure bleue, ainsi que la compagnie martinéroise Citadanse, organisent du 16 au 19 février le festival Hip-hop don’t stop. Le chorégraphe et danseur Bouba Landrille Tchouda est le parrain de cette première édition qui s’annonce riche et table sur la transmission. Du jeudi au samedi, sur la scène de l’Heure bleue, se succéderont plusieurs créations locales et nationales, avec cette volonté de dévoiler un hip-hop contemporain allant au-delà de la danse pour questionner le regard. On retrouve ainsi le jeudi Citadanse avec Quand le regard parle, la compagnie A-tika pour un hip-hop féminin et les Lézards Dorés qui s’aventurent sur le registre de Bach. Le vendredi, c’est la compagnie Dyptik qui nous entraîne Dans l’engrenage. Et comme il n’y a pas de hip-hop sans battle, huit crews s’affronteront

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De la danse en concentré jusqu'à la fin janvier

Festival | Du lundi 23 au mardi 31 janvier aura lieu dans l’agglo grenobloise la sixième édition du mini festival Concentré de danses, consacré comme son nom l’indique à (...)

Aurélien Martinez | Mardi 17 janvier 2017

De la danse en concentré jusqu'à la fin janvier

Du lundi 23 au mardi 31 janvier aura lieu dans l’agglo grenobloise la sixième édition du mini festival Concentré de danses, consacré comme son nom l’indique à la danse. Une danse d’aujourd’hui qui se déploiera dans six lieux différents, avec l’idée de croiser le public. Si nous avons mis en avant le Feu de la compagnie La Vouivre, puisque nous avons pu le voir avant sa venue à Échirolles, d’autres spectacles (pas vus) nous interpellent. Comme celui de la soirée d’ouverture, au Pacifique : Blanc de Vania Vaneau, solo placé explicitement sous le signe de la transe. Ou comme la création de flamenco Una mirada lenta d’Ana Morales dévoilée le jeudi 26 au Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas. Ou encore comme l’intrigant Han Gamjung Memory d’Eun Young Lee (photo), à voir le vendredi 27 à Crolles et annoncé comme une exploration décalée de l’identité culturelle coréenne. En tout, huit spectacles

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"La Danseuse" : au nom de la Loïe

ECRANS | de Stéphanie Di Giusto (E.-U., 1h48) avec Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry…

Vincent Raymond | Mardi 27 septembre 2016

Rétablir dans sa vérité Loïe Fuller (1862 – 1928), l’une des fondatrices de la danse contemporaine injustement éclipsée par la postérité de descendantes plus charismatiques (ou plus rouées, à l’image d’Isadora Duncan), tel était le propos de Stéphanie Di Giusto. Une démarche louable et sincère… pour un résultat un peu bancal. Certes, la cinéaste mène à bien sa mission réhabilitation : Fuller ressort du film auréolée d’un statut de première artiste multimédia du XXe siècle ; d’instinctive de génie ayant su mêler spectacle vivant, sons et lumières avec un perfectionniste confinant à la folie – le fait que la polyvalente (et gentiment azimutée) Soko l’incarne contribue à dessiner la silhouette d’une créatrice éprise autant d’absolu que du désir de bouger les lignes. Mais la réalisation manque d’une audace à la hauteur du personnage évoqué : austérité cowboy en ouverture (la contribution de Thomas Bidegain au scénario ?) cassée par des inserts démonstratifs inutiles, récit de l’ascension et du déclin émaillé de séquences de danse forcément flamboyantes malgré un lyrisme convenu… Dommage, car la tentation de rompre avec le genre biopic se devinait sous

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Derf Backderf, l'Américain qui explore les marges

Interview | Derf Backderf est l’un des plus pertinents auteurs contemporains. En trois romans graphiques, il s’est imposé comme un digne héritier de l’underground seventies, plongeant dans les marges de la société américaine. Punks ("Punk Rock & Mobile Homes"), serial killer ("Mon ami Dahmer") ou éboueurs ("Trashed") : ses héros sont loin de l’american dream et en dévoilent les envers et travers. Conversation par mail avant sa venue à Grenoble.

Sébastien Broquet | Vendredi 2 septembre 2016

Derf Backderf, l'Américain qui explore les marges

Vous avez travaillé pendant 35 ans avant votre reconnaissance internationale avec l’album Mon ami Dahmer : pourriez-vous nous raconter ces années-là ? Derf Backderf : J’ai commencé ma carrière en dessinant des caricatures politiques pour des journaux. Ça m’ennuyait terriblement, travailler pour ces mecs en costume qui n’avaient aucune idée de ce qu’était un bon dessin. J’ai arrêté et créé un comic strip nommé The City pour des hebdomadaires aux États-Unis. C’était des magazines underground très populaires dans les années 1990. Matt Groening [le créateur des Simpson – NDLR] a débuté ainsi. J’ai pris beaucoup de plaisir à faire ça, c’était réussi. Mais internet a tué ces hebdomadaires et j’ai dû trouver autre chose. J’ai commencé alors à faire des livres et j’ai eu plus de succès au cours des cinq dernières années que durant tout le reste de ma carrière. Je suppose que j’aurais dû faire des livres depuis le début ! Qu’est-ce qui a provoqué votre passage du strip court et humoristique vers le roman graphique autobiographique : est-ce l’arrestation du tueur en s

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"Relève : histoire d'une création", le ballet de l'Opéra par Millepied

ECRANS | Benjamin Millepied transmet à de jeunes danseurs du ballet de l’Opéra de Paris son inépuisable enthousiasme et livre, au terme un époustouflant contre-la-montre, sa première création en tant que directeur de la danse à Garnier. Un édifiant et fascinant documentaire.

Vincent Raymond | Mardi 13 septembre 2016

En 2013, la nomination de Benjamin Millepied à la tête du ballet de l’Opéra de Paris avait tout pour éveiller la suspicion. Trentenaire aux allures de gravure de mode, coqueluche des revues depuis son beau mariage avec une actrice à Oscar (Natalie Portman), il ressemblait moins au successeur attendu de la vétérane Brigitte Lefèvre qu’à une concession à l’air du temps – un préjugé emballé dans un tutu rose auquel sa démission expresse donna début 2016 la touche finale… N’en déplaise aux cancaniers, la présence du chorégraphe à ce poste n’avait rien d’usurpée ; et son passage, pour météorique qu’il fût, se révéla tout sauf anecdotique : Relève , documentaire sur les coulisses de la création Clear, Loud, Bright, Forward, démontre en filigrane à quel point Millepied semblait taillé pour y accomplir de nécessaires révolutions. Et Benjamin Millepied opéra… Relève porte ce regard original sur l’élaboration du ballet promis par le titre (de l’esquisse à la première) tout en intégrant des éléments périphériques grappillés dans le quotidien de la vénérable institution : cuisine administrative, obligations protocolaires et promoti

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"Sur quel pied danser"... ne sait pas sur quel pied danser !

ECRANS | de Paul Calori & Kostia Testut (Fr., 1h25) avec Pauline Etienne, Olivier Chantreau, François Morel...

Vincent Raymond | Mardi 5 juillet 2016

Que voilà un titre bien inspiré pour cette œuvre au séant certes remuant, mais ballottant entre deux sièges ! Portant la noble ambition de marier comédie musicale et film social en s’intéressant à la condition d’ouvrières de la chaussure flouées par leur immonde patron (pléonasme), elle rate son émulsion, sans parvenir non plus à mener aucun des deux projets artistiques à son terme. D’autant qu’osciller en permanence d’un conflit ouvrier traité au premier degré sur l’échelle Dardenne, au merveilleux évaporé et bariolé façon Demy, requiert du spectateur plus que de la souplesse : de la tolérance. Passons sur le fait que les séquences dansées pâtissent de cadrages étriqués et d’un montage dur comme une semelle ; que le premier chorus à l’usine souffre d’être comparé à Dancer in the Dark auquel il renvoie immanquablement, il reste encore une fausse bonne idée à déplorer : avoir confié à un aréopage de belles plumes (Jenne Cherhal, Albin de la Simone, Olivia Ruiz, Clarika…) le soin d’écrire paroles et musiques des chansons. Certes, la démarche participative est louable, mais le manque d’unité regrettable…

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Ce samedi, c'est Uriage en danse avec Jean-Claude Gallotta

SCENES | Ce n’est pas parce que Jean-Claude Gallotta n’est plus directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble qu’il est parti à la retraite ! Avant (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 22 juin 2016

Ce samedi, c'est Uriage en danse avec Jean-Claude Gallotta

Ce n’est pas parce que Jean-Claude Gallotta n’est plus directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble qu’il est parti à la retraite ! Avant de découvrir sa prochaine création la saison prochaine à la MC2, direction le parc d’Uriage ce samedi 25 juin pour la première édition du festival Uriage en danse. Avec plusieurs spectacles (dont un centré sur d’anciennes pièces de l’artiste) et un bal en clôture à partir d’une de ses chorégraphies. Plus d'infos ici.

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East Punk Memories

ECRANS | de Lucile Chaufour (Fr., 1h20) avec Kelemen Balázs, Miklós Tóth, Mozsik Imre…

Vincent Raymond | Mardi 29 mars 2016

East Punk Memories

Sa réputation n’ayant franchi ni les frontières, ni les âges, le bien-fondé d’un documentaire tout entier consacré au punk magyar a de quoi laisser dubitatif. Si l’on ajoute que Lucile Chaufour n’a disposé que de maigres images d’archives et cadré tous ses interlocuteurs dans la même position frontale, on s’interroge sur la pertinence de sa démarche. Pas longtemps : en 80 minutes, elle explique le punk et sa singularité hongroise. Gauchiste contestant les autorités libérales capitalistes en occident, le mouvement versait plutôt à droite à l’Est, où il faisait face au pouvoir communiste. On apprend que si ses adeptes épousaient les mêmes codes de deux côtés du mur, c’était pour des raisons parfois idéologiquement opposées : quand les Sex Pistols usaient d’insignes tels que les croix gammées par esprit de subversion provocatrice, certains punks hongrois reproduisaient par conviction personnelle cet affichage qu’ils pensaient sincère… East Punk Memories révèle un nationalisme décomplexé vécu comme une tradition, mais aussi cette inévitable "nostalgie" ressentie depuis la chute du Mur : des libertés individuelles ont certes été gagnées, mais les inégalités ont cru

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"The Revenant" : littérature grandeur nature

ECRANS | Alors que sort cette semaine sur les écrans "The Revenant" d'Alejandro González Iñárritu, on s'intéresse au livre qui a inspiré le film.

Vincent Raymond | Mardi 23 février 2016

Aux racines du film d'Iñárritu se trouve un livre éponyme récent de Michael Punke, romançant l’épopée de Hugh Glass. Car l’histoire extraordinaire du trappeur de la Rocky Mountain Fur Company, abandonné vivant en 1823 par ses compagnons (pensant qu’il ne survivrait pas à ses blessures infligées par une ourse), est authentique. Elle appartient même à ces légendes fondatrices du continent nord-américain, circulant de bouche (édentée) de pionnier à oreille (déchiquetée) de maréchal-ferrant, colportées de péripatéticienne en tenancier de saloon. L’auteur évoque d’ailleurs dans son ouvrage d’autres figures emblématiques de la conquête de l’Ouest (tel George Drouillard) ayant payé de leur vie leur soif de grands espaces, de fortune et d’aventures. Disposant de sources lacunaires, Punke reconnaît avoir laissé son inspiration galoper : sa trame se révèle d’une tonalité plus noire, moins mystique et complexe que celle développée dans le film. Iñárritu a ajouté la concurrence de pilleurs de peaux, histoire brodée sur le passé f

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Le goût du risque avec le Concentré de danses

SCENES | Nouvelle édition pour le Concentré de danses, temps fort impulsé par le Pacifique afin de promouvoir dans l’agglo la danse sous toutes ses formes. Cette année, sept lieux se sont prêtés au jeu. Mais que verra-t-on sur leur scène ? Tentatives de réponses. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 19 janvier 2016

Le goût du risque avec le Concentré de danses

Si, lors d’éditions précédentes, on se dirigeait bien informés vers le Concentré de danses, cette année, on y va à l’aveugle. Certes, quelques noms de chorégraphes ou de danseurs nous parlent plus ou moins, mais niveau spectacles, sur la petite dizaine proposée, on n’en a vu qu’un seul en amont, et en plus en vidéo (on y reviendra). Pas grave nous répondront sans doute les organisateurs (les différents boss des salles concernés, avec en guide spirituel le Pacifique, centre de développement chorégraphique de Grenoble), le but de ces douze jours étant de partir à la découverte de la danse d’aujourd’hui sous toutes ses formes et sans aprioris. Avec, par exemple, une pièce qui « convoque l'intime de toute une génération » dixit son chorégraphe Thomas Lebrun (Trois décennies d’amour cerné, sur le sida ; jeudi 21 au Pacifique), une autre dansée et parlée visiblement pleine d’humour sur « un chorégraphe qui s’est engagé à faire un spectacle et qui ne le fera pas, préférant fuir plutôt que d’assumer ses responsabilités » (En souvenir de l'indien d’Aude Lachaise ; lundi 25 au Pacifique), une autre, qui nous intrigue fortement, sur un marathon

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Danse : une saison, cinq spectacles

SCENES | On a épluché les programmations des différentes salles de l'agglo qui proposent de la danse. On a retenu cinq propositions, à base d'Akram Khan, de Kaori Ito, de Josette Baïz, d'Arcosm ou encore de Chicos Mambo.

Aurélien Martinez | Lundi 14 septembre 2015

Danse : une saison, cinq spectacles

Sublime « Arcosm, une nouvelle compagnie en résidence pour trois saisons » : voilà, la plaquette de la Rampe d’Échirolles confirme la nouvelle. L’excellente nouvelle même, le danseur et chorégraphe Thomas Guerry et le musicien et compositeur Camille Rocailleux ayant mis en place en presque quinze ans un univers artistiquement fort matérialisé notamment dans Echoa, leur plus grand succès, ou dans des pièces aussi originales que, par exemple, La Mécanique des anges. Un univers où la danse côtoie la musique le plus simplement du monde, comme une évidence. On pourra donc suivre de près la naissance de leurs deux prochaines créations présentées sous forme d’un dytique : Sublime cette saison, proposition tout public pour quatre interprètes sur le paraître, l’apparence et toutes les dérives qui en découlent, et Subliminal à l’automne 201

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Le changement dans la continuité à la Rampe

ACTUS | Que verra-t-on la saison prochaine sur les planches de la scène échirolloise centrée sur la danse et les musiques ? Réponses.

Aurélien Martinez | Lundi 8 juin 2015

Le changement dans la continuité à la Rampe

À la Rampe, scène conventionnée danse et musiques, les artistes en résidence changent, l’excellente compagnie Arcosm pilotée par Thomas Guerry et Camille Rocailleux (à qui l’on doit notamment le succès Echoa) prenant la suite du chorégraphe grenoblois Nicolas Hubert (compagnie Épiderme). Un Nicolas Hubert qui reviendra tout de même pendant la saison avec sa nouvelle création La Crasse du tympan. Arcosm en profitera pour dévoiler son prochain spectacle baptisé Sublime. Niveau chorégraphes invités, citons l’Américain néoclassique

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100% danse

SCENES | « Un temps fort pour faire frémir la danse pendant dix jours dans cinq lieux de l’agglomération grenobloise » dixit le flyer du Concentré de danses. « La (...)

Aurélien Martinez | Mardi 27 janvier 2015

100% danse

« Un temps fort pour faire frémir la danse pendant dix jours dans cinq lieux de l’agglomération grenobloise » dixit le flyer du Concentré de danses. « La danse est un art assez fragile » rajoute Christiane Blaise, la boss du Pacifique, centre de développement chorégraphique basé dans le sud grenoblois qui a été à l’origine du projet en 2012. « Dans l’agglo, on a de très belles scènes pour la danse qui sont moins connues que la Rampe ou la MC2. L’Odyssée d’Eybens par exemple. » Avec l’idée, donc, d’emmener la danse partout, et d’en montrer un max au public sur un temps déterminé – « ça donne un caractère de fête ». Une sorte de petite biennale de la danse, toute proportion gardée – sachant que le Concentré de danses a lieu tous les ans, donc le mot biennale ne va pas. Pour cette édition, on aura ainsi droit à la Rampe à plusieurs propositions de la compagnie grenobloise Épiderme de Nicolas Hubert, d’une soirée au Pacifique avec les lauréats du dernier concours

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Les projets des Gentils en cours

SCENES | « Un jour, Lucie Duriez [la directrice de l’Espace 600] nous a dit que les Gentils, c’était comme La Comédie humaine de Balzac : une grande fresque qui se (...)

Aurélien Martinez | Mardi 16 décembre 2014

Les projets des Gentils en cours

« Un jour, Lucie Duriez [la directrice de l’Espace 600] nous a dit que les Gentils, c’était comme La Comédie humaine de Balzac : une grande fresque qui se déclinerait en plein de spectacles. C’est ça, oui ! Du coup, peut-être que dans trois ans, on verra la galette, le Brésilien ou l’ange [des personnages de La Carriole – NDLR] passer dans un autre spectacle. On va créer une grande famille. » (Aurélien Villard) La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi On en a déjà parlé 1258 fois, toujours en des termes on ne peut plus élogieux. On l’a déjà vue de nombreuses fois, si bien que l’on connaît maintenant les chansons par cœur – le CD édité par la compagnie nous a aussi aidés. Oui, cette Carriole est l’un des spectacles "made in Gre" (enfin, "made in Saint-Antoine-l’Abbaye") les plus enthousiasmants de ces dernières années, avec surtout des comédiens excellents, dont certains ont d

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Auprès de mes arbres

SCENES | Une partie du travail du metteur en scène grenoblois Bruno Thircuir de la Fabrique des petites utopies était volontairement frontal, dans le but de (...)

Aurélien Martinez | Mardi 1 avril 2014

Auprès de mes arbres

Une partie du travail du metteur en scène grenoblois Bruno Thircuir de la Fabrique des petites utopies était volontairement frontal, dans le but de secouer le spectateur pour l’amener à réagir. Cette partie-là semble derrière lui comme il nous l’expliquait en 2012 (« niveau violence, on ne peut pas aller beaucoup plus loin que ce que l’on a fait sur Kaïna Marseille [spectacle de 2008 sur l’immigration – ndlr] »), et comme le confirme avec éclat La nuit, les arbres dansent, sa dernière création dévoilée la semaine passée dans le cadre du festival Les Détours de Babel. Une fable écologiste jeune public centrée sur quatre contes faisant référence à « des légendes des quatre coins du monde », toutes tournant au

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De la danse mais pas que

SCENES | Mettre en avant la danse autour d’un temps fort, telle est l’ambition du Pacifique et de ses petits camarades avec l’événement Concentré de danses. On fait le point. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Lundi 27 janvier 2014

De la danse mais pas que

Grenoble est une terre de théâtre, ça va de soi (n’importe quelle ville de l’agglo a son théâtre). Pour la danse, c’est un peu plus compliqué, même si bien sûr nous n’avons pas à nous plaindre – la MC2 et la Rampe sont par exemple deux salles qui en programment beaucoup. Mais le Pacifique (le Centre de développement chorégraphique porté par l’ancienne chorégraphe Christiane Blaise) aimerait qu’il y en ait encore plus, d’où l’idée lancée en 2012 d’un temps fort autour de la danse dans différents lieux de l’agglo. Une ambition qui a grandi puisqu’aujourd’hui, le Concentré de danses dure une semaine, avec sept spectacles à découvrir dans six lieux (le Pacifique donc, mais aussi la Rampe d’Échirolles, l’Amphithéâtre du Pont-de-Claix, l’Espace 600 de Grenoble, l’Odyssée d’Eybens et l’Espace Paul Jargot de Crolles). Avec aussi bien de la danse ultra contemporaine que du hip-hop ou encore des formes plus proches du théâtre. David Lynch et Pina Bausch C’est justement de ces dernières que nous allons causer ici, parce que ce sont celles que nous avons pu découvrir avant leur passage dans l’agglo. Il y a d’abord Pardi} de la Vouivre, une compagn

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Du côté des festivals

SCENES | La deuxième partie de la saison est toujours riche en festivals axés spectacle vivant. L’un des gros morceaux sera, comme d’habitude, les traditionnels (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 10 janvier 2014

Du côté des festivals

La deuxième partie de la saison est toujours riche en festivals axés spectacle vivant. L’un des gros morceaux sera, comme d’habitude, les traditionnels Arts du récit, prévu cette année du 12 au 24 mai, et dont on reparlera en temps voulu. Ici, on se concentrera plutôt sur des événements plus confidentiels et plus récents. Comme celui co-organisé par le Tricycle, le CLC d’Eybens et le Pot au noir de Saint-Paul-lès-Monestier, et baptisé Les Envolées, éclosions théâtrales (du 28 avril au 11 mai). Une entreprise louable créée en 2012 et destinée à mettre en avant les talents théâtraux émergents – ce qui donne des rendus de qualité inégale, mais c’est le jeu. Au programme ce printemps, un spectacle de l’écrivain local Vincent Karle et un autre du jeune Jérémy Buclon, souvent croisé dans les spectacles de la compagnie Les Gentils. Niveau danse, quelques beaux spectacles sont programmés dans le Concentré de danse (impulsé par le Pacifique depuis 2012) : notamment l’hypnotique Pardi de la cie La Vouivre

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L’odyssée Seapunk

MUSIQUES | Pour fêter ses deux ans d'existence, le collectif grenoblois Avalanche invite le duo milanais Sea Punk Gang. L’occasion rêvée de faire le point sur ce courant éponyme improbable, venu des fins fonds d’Internet. Damien Grimbert

Damien Grimbert | Lundi 4 mars 2013

L’odyssée Seapunk

Non content de nous faire découvrir en permanence des courants musicaux venus des quatre coins du monde, Internet a passé ces dernières années l’étape suivante, en les créant de toutes pièces. Et à ce titre, la mouvance Seapunk est un cas d’école. Tout commence en juin 2011, lorsqu’un petit réseau d’amis venus des quatre coins des États-Unis et issus de milieux créatifs (DJs, producteurs, graphistes, designers, clippeurs, stylistes…), s’amuse à imaginer, par tweets interposés, un courant esthétique et musical inédit. Rassemblant leurs obsessions communes pour les débuts d’Internet (cette époque fascinante du milieu des années 90 où tous les médias fantasmaient sur la « cyberculture » et les « autoroutes de l’information ») autour d’une thématique marine, le courant Seapunk naît ainsi d’un kitschissime melting-pot d'influences comme seule la nerdosphère peut en générer. Jeu vidéo Sega Ecco The Dolphin, séries télé Seaquest et Bob L’éponge, film Waterworld, dessins animés japonais, mouvement new age, trance commerciale… Le courant Seapunk s’épanouit sur les réseaux sociaux pendant tout l’été sous forme de visuels de dauphins, sirènes et palmiers

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Coup de projo

SCENES | Promoteur acharné de la danse contemporaine, le Pacifique organise cette semaine la deuxième édition de son Concentré de danse, en partenariat avec diverses (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 31 janvier 2013

Coup de projo

Promoteur acharné de la danse contemporaine, le Pacifique organise cette semaine la deuxième édition de son Concentré de danse, en partenariat avec diverses salles de l’agglo. L’idée est la suivante : sur une semaine, le public est amené à déambuler ici et là pour se confronter à des univers artistiques différents. Avec une programmation assez finement dosée entre originalité et classicisme, mais aussi entre les esthétiques. Le jeudi 7 par exemple, à l’Odyssée d’Eybens, sera présenté L’Autre de Claudio Stellato : un spectacle tout public on ne peut plus accessible, entre danse et nouveau cirque, qui émerveille littéralement par ses petites trouvailles (critique sur notre site). Le vendredi 8, c’est à l’Amphithéâtre du Pont-de-Claix qu’il faudra être, pour découvrir John, la nouvelle proposition de la surprenante Ambra Senatore (une chorégraphe que l’on aime beaucoup au Petit Bulletin). Mais de notre côté, avec toute la subjectivité qui nous caractérise, on retient surtout la soirée du lundi 11 au Pacifique, avec le truculent Mark Tompkins (photo) : un inter

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Rendez-vous l’année prochaine

SCENES | Que verra-t-on dès septembre sur les scènes de la MC2, de l’Hexagone et de la Rampe ? Une première réponse ici, avant notre traditionnel et incontournable panorama sélectif (et argumenté !) de la rentrée. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Lundi 11 juin 2012

Rendez-vous l’année prochaine

Un mix entre de grands auteurs du répertoire – que ce répertoire soit classique ou plus  contemporain – et des créations d’artistes d’aujourd’hui : tel sera, comme à l’accoutumée,  le crédo de la MC2 pour la saison théâtrale qui s’annonce. Ainsi, sur les différentes scènes de la Maison de la culture, on croisera Edmond Rostand (et son fameux Cyrano, par Dominique Pitoiset), Harold Pinter (Le Retour, mise en scène Luc Bondy, nouveau directeur du Théâtre de l’Odéon à Paris, avec sur le plateau un casting haut de gamme – Bruno Ganz, Louis Garrel, Pascal Greggory, Emmanuelle Seigner...), Marivaux (La Fausse suivante, mise en scène Nadia Vonderheyden, une fidèle de Sivadier), ou encore Eugène Ionesco (Rhinocéros, par Emmanuel Demarcy-Mota, directeur du Théâtre de la Ville de Paris). Mais au-delà de cet inventaire à la Prévert, on retient surtout les propositions plus originales qu’a choisies la MC2 : la nouvelle création de Julie Bérès, fabuleuse metteuse en scène déjà croisée à l’Hexagone et à la MC2 ; le dernier projet de Véronique Bell

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« On est entre deux eaux »

ACTUS | L’année dernière, la majorité des acteurs culturels de l’Isère s’était mobilisée « face au risque d’une troisième année consécutive de baisse des subventions du Conseil général de l’Isère ». La situation était explosive, le Conseil général renvoyant la faute à l’État et à son désengagement. Une situation qui va donc maintenant évoluer ? Jacky Rocher, directeur de la Rampe d’Échirolles et signataire l’an passé de la pétition sur cette question, nous en dit plus.

Aurélien Martinez | Vendredi 25 mai 2012

« On est entre deux eaux »

La situation actuelle : « Il y a eu un rattrapage en 2011, sur à peu près l’ensemble des structures culturelles et des artistes. Mais un rattrapage relatif : en 2011, on n’a pas retrouvé les niveaux de 2010. Et pour quelques structures, ce rattrapage n’a pas été totalement au rendez-vous, voire très peu au rendez-vous : je pense au festival Les Détours de Babel, ou aux Musiciens du Louvre par exemple, bien qu’il y ait eu depuis de nouvelles avancées. Pour l’année 2012, nous savons maintenant à quel niveau nous allons être soutenus par le Conseil général, et pour ce soutien-là, il est très légèrement inférieur au niveau de 2011 – en comptant le rattrapage. Donc une légère érosion à nouveau. C’est pour ça que nous sommes dans une situation d’attentiste. » L’avenir : « On est là-aussi dans l’expectative. Au niveau national, on sait maintenant qu’il y aura un dégel du budget de la culture, comme l’a annoncé la ministre, alors qu’il était clair jusqu’à la présidentielle qu’il n’y aurait pas de dégel. Au niveau départemental, on est en attente, surtout que l’on voit bien cette lente érosion qui est inquiétante. D’ailleurs, c’est beaucoup plus

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Let’s dance

SCENES | Initié par le Pacifique, l’évènement "Concentré de danses" propose, sur une semaine, plusieurs créations autour... de la danse ! Avec notamment la venue du chorégraphe Yuval Pick. Aurélien Martinez, avec Jean-Emmanuel Denave (sur Yuval Pick)

Aurélien Martinez | Jeudi 10 mai 2012

Let’s dance

Un nouveau festival à Grenoble, ville déjà bien fournie en la matière ? Non, plutôt « un temps fort » explique l’équipe du Pacifique, qui, dans la lignée du concours [re]connaissance qu’elle a impulsé, évoque « la suite du développement de ses missions de Centre de développement chorégraphique ». Un CDC avant tout présenté comme « un lieu de fabrique et d’accompagnement pour les compagnies de danse contemporaine ». Il ne rentre donc pas dans la case des salles classiques principalement centrées sur la diffusion de spectacles, activité qui permet au grand public d’identifier un établissement culturel. Ce Concentré de danse offre ainsi de la lumière à une structure grenobloise méconnue. Sur cinq soirs, en partenariat avec l’Amphithéâtre de Pont-de-Claix (qui accueillera un spectacle), le public pourra découvrir des propositions originales, pensées par des artistes atypiques. Notamment Julyen Hamilton, performeur et chorégraphe de renom qui travaille beaucoup sur l’improvisation ; Agnès Izrine, ancienne danseuse devenue r

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