Le Monde selon Maylis de Kerangal

Stéphane Duchêne | Mercredi 19 septembre 2018

Photo : © Francesca Mantovani / Gallimard


C'est désormais une incontournable des rentrées littéraires depuis au moins Corniche Kennedy (2008) et plus encore depuis Naissance d'un pont, qui lui valut entre autre le Prix Médicis 2010, et Réparer les Vivants (2013), également couvert de prix. Trois romans tous trois adaptés au cinéma.

C'est donc peu dire qu'Un monde à portée de main était pour le moins attendu par les fidèles du style très particulier de la romancière. Où la description des gestes investit au plus profond celui de l'écriture jusqu'à l'infuser, jusqu'à faire jaillir la fiction du réel en creusant celui-ci à coups de phrases en colimaçons ou en mille-feuilles.

Avec cette histoire d'une jeune femme, Paula, qui apprend l'art du trompe-l'œil et de la reproduction des matières, Maylis de Kerangal poursuit ce travail de fascination et d'exploration de ce réel à portée de fiction et inversement, de transcendance des faux-semblants. Un monde à portée de main sera présenté par la romancière à la Librairie Passage, ce mercredi 19 septembre.


Maylis De Kerangal

Pour son roman Un monde à portée de main
Librairie Passages 11 rue de Brest Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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En cours d'Assises : le programme

Programmation | C'est au croisement entre le politique, l'intime et les mystères de la création littéraire que les Assises Internationales du Roman viennent chaque année (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 14 mai 2019

En cours d'Assises : le programme

C'est au croisement entre le politique, l'intime et les mystères de la création littéraire que les Assises Internationales du Roman viennent chaque année nicher les différentes thématiques qui ponctuent cette semaine de réflexions et de rencontres, de débats et de performances. Politique l'entame le sera avec cette thématique sur "le courage de la dissidence" qui verra débattre Alaa El Aswany, Reihane Taravati et Liao Yiwu (lire ci-dessus). Un versant qui se poursuivra à l'approche de rencontres sur "le corps féminin" (Caroline Emcke, Joumana Haddad, Fabienne Jacob) ; les "récits d'exil" (Davide Enia, Linda Lê, Amitava Kumar) rencontre précédée d'une lecture de Papiers de Violaine Schwartz) ; la violence sociale et politique (Sophie Divry, Santiago Gamboa, Daniel Galera), l'écriture de l'ultra contemporain (Aude Seigne, Pierre Ducrozet, Joshua Cohen) ou les questions éminemment politiques du

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Les Assises 2019 se dévoilent

Assises Internationales du Roman | Plus que sept mois à attendre avant le coup d'envoi des Assises Internationales du Roman qui se dérouleront du 21 au 26 mai aux Subsistances. Mais comme sept mois c'est long, surtout vers la fin, voici un solide avant-goût du programme proposé oscillant pour le moment entre le politique et l'intime.

Stéphane Duchêne | Lundi 26 novembre 2018

Les Assises 2019 se dévoilent

C'est encore une fois un large spectre de thématiques qui traversera une semaine durant les Assises Internationales du Roman, à la (re)découverte de quelques-unes des plus belles plumes du paysage littéraire national et surtout international. Ainsi l'on parlera de "courage" et de "nouveaux dissidents" (ces derniers en étant généralement remplis, de courage) avec l'Égyptien Alaa El Aswany, auteur du célèbre Hôtel Yacoubian, la photographe iranienne Reihane Taravati qui avait défrayé la chronique de son pays il y a deux ans avec une revisite locale et sans foulard du clip Happy de Pharrell Williams, l'intellectuel chinois Liao Yiwu, l'un des 303 signataires en 2008 de la Charte 08, et l'activiste serbe Srdja Popovic, auteur en 2015 de Comment faire tomber un dictateur quand on est seul, tout petit, et sans armes. Mais aussi de "violence sociale et pol

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"Corniche Kennedy" : Plouf !

ECRANS | de Dominique Cabrera (Fr, 1h34) avec Lola Creton, Aïssa Maïga, Moussa Maaskri, Alain De Maria …

Vincent Raymond | Mardi 17 janvier 2017

Lycéenne rangée rongée par l’ennui, Suzanne s’abîme dans la contemplation des jeunes de son âge qui, sous ses fenêtres, défient le vide en plongeant du haut de la Corniche Kennedy. Sa fascination et son désir l’emportant sur sa timidité, elle force l’entrée de ce groupe flirtant avec le risque. À plus d’un titre… Comédienne dont les cinéastes ont compris qu’ils n’avaient aucun intérêt à se priver, Aïssa Maïga se trouve par les semi-hasards de la programmation en compétition avec elle-même sur les écrans. De cet absurde combat, elle sort forcément victorieuse. On ne peut pas en dire autant de cette adaptation de Maylis de Karangal (quelques semaines après l’escroquerie aux sentiments Réparer les vivants, cela commence à peser) reposant sur du pur cliché. Cette fable de la jouvencelle bourgeoise en pinçant pour les petits cadors de banlieue (ou des quartiers nord, histoire de napper le t

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"Réparer les vivants" : Simon, as-tu du cœur ?

ECRANS | de Katell Quillévéré (Fr, 1h43) avec Tahar Rahim, Emmanuelle Seigner, Anne Dorval…

Vincent Raymond | Lundi 31 octobre 2016

À l’hôpital où des parents viennent d’apprendre que Simon, leur ado accidenté, se trouve en mort cérébrale, un médecin aborde avec tact la question du don d’organes. Ailleurs, une femme attend un cœur pour continuer à vivre… Cette transplantation du roman multiprimé de Maylis de Kerangal sur support cinéma présente des suites opératoires tout à fait attendues, en regard du protocole suivi. En convoquant une galerie d’interprètes popu/tendance autour d’un sujet touchant à un drame intime et à l’éthique, Katell Quillévéré est en effet assurée d’avoir son film-dossier programmé en amorce de mille débats, et que ses comédien(ne)s recevront un prix ici ou là. D’accord, elle nous évite avec raison toute forme d’hystérie et de tachycardie artificielle dans le montage (pour ne pas singer Urgences), mais le rythme est tout de même bien pépère et l’ambiance cotonneuse. Sage, gentiment didactique et surtout un brin trop aseptisé.

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Maylis de Kerangal

CONNAITRE | Corniche Kennedy (Verticales)

Aurélien Martinez | Lundi 15 septembre 2008

Maylis de Kerangal

La corniche Kennedy, qui donne son titre au nouveau roman de Maylis de Kerangal, est une plate forme de la côte marseillaise où une bande de jeunes de toutes les origines sociales se réunissent pour se jeter à l’eau du haut des rochers : «Les petits cons de la corniche. La bande. On ne sait les nommer autrement. Leur corps est incisif, leur âge dilaté entre treize et dix-sept, et c’est un seul et même âge, celui de la conquête : on détourne la joue du baiser maternel, on crache dans la soupe, on déserte la maison». La hiérarchie du groupe se détermine par le degré d’espièglerie de ses membres : il y a ceux qui se contentent du saut de 3 mètres, ceux qui osent le «just do it», un saut de 7 mètres, et les rares, dont le caïd Eddy, qui vont jusqu’au «face to face», d’une hauteur de 12 mètres. Si Maylis de Kerangal parvient avec une émouvante justesse à cerner les enjeux de l’adolescence, son roman ne s’arrête pas à cette chronique. En opposant à cette insolente jeunesse un responsable de la sécurité du littoral en bout de course, dont l’existence se dilue au gré des cigarettes qu'il fume et de la vodka qu’il ingurgite, ainsi qu’un maire adepte du risque zéro et du «tout sécurité», la

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