Dominique Lawalrée, un minimaliste à découvrir au festival Superspectives

Dominique Lawalrée

Maison de Lorette

ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement

Minimalisme / Le festival de musique contemporaine Superspectives consacre toute une soirée au compositeur belge Dominique Lawalrée. Une figure clandestine de la musique minimaliste au charme artistique aussi discret qu’irrésistible.

Quel est le point commun entre la Belgique, Led Zeppelin et la liturgie dominicaine ? Dominique Lawalrée. Né en 1954, le compositeur belge a sorti une trentaine de disques singuliers, traversé une crise mystique en 1994, tout en sortant coup sur coup en 2014 et 2015 un ouvrage fouillé et admiratif sur les Beatles, puis un autre sur Led Zeppelin ! Une carrière tout sauf monocorde donc, même si, à l’écoute de certaines de ses quelque cinq cents œuvres (pour piano, orgue, synthétiseur, orchestre à cordes ou musique de chambre), ressort son goût pour le minimalisme et la musique répétitive. Erik Satie, Brian Eno, Morton Feldman, John Cage, Messiaen sont parmi ses influences les plus importantes.

Dans Taciturne, journal écrit en 1984-85, Dominique Lawalrée se qualifie lui-même de… « gros plein de sons » ! « Morton Feldman a dit que si l’on ouvrait le ventre de Stockhausen on y trouverait quelque part John Cage. Si l’on ouvrait le mien on y trouverait non seulement Stockhausen, Feldman et Cage, mais encore des dizaines d’autres musiciens… Je dois donc maigrir, condition sine qua non à l’épuration de mon style. » Et le corps musical de Lawalrée a bel et bien fondu dans des morceaux parfois réduits à quelques notes de piano ou discrètes variations et distorsion de notes d’accordéon.

Une musique capiteuse

À la découverte aléatoire de morceaux de Lawalrée, on tombe peu à peu sous le charme de sa musique souvent réduite à l’os qui instille à nos oreilles, avec discrétion mais résolution, ici un brin de mélancolie, là un rire de synthé, plus loin une soudaine envolée de piano à la Philip Glass… Sans compter aussi le charme du personnage lui-même que l’on peut voir sur la pochette de la compilation First Meeting (2017), coupe au bol debout devant une improbable tapisserie des années 1970. À cette époque, on aurait snobé aussi bien John Lennon que Pierre Boulez, pour préférer prendre une bière avec Lawalrée à Bruxelles. C’est d’ailleurs un peu ce que fait le festival Superspectives en consacrant à ce singulier compositeur toute une soirée de sa programmation, connue pour être curieuse et défricheuse. « Sa sœur Sabine Lawalrée a accepté de tenir ce concert avec sa fille chanteuse, et ensemble nous avons établi un programme sur mesure » nous précise François Mardirossian, co-directeur du festival avec Camille Rhonat. « Des œuvres jamais jouées et plus qu'inconnues côtoieront des œuvres enregistrées qui ont fait beaucoup pour la reconnaissance de Dominique (dans certains cercles musicaux choisis, mais pour rappel, Dominique Lawalrée a été invité à New York et suscitait l’admiration d’artistes tels que Gavin Bryars ou Brian Eno). »

« La beauté me bouleverse quand elle est calme » écrit encore Lawalrée dans son journal Taciturne, où l’idée de sincérité tient lieu de cap éthique et esthétique. Balayant tout le spectre de la musique populaire et savante, la musique clandestine de Lawalrée a quelque chose de capiteux qui donne de la joie aux oreilles sans crier gare.

Dominique Lawalrée, Le choix du titre est un faux problème
À la Maison de Lorette le mercredi 26 juin
Dans le cadre du festival Superspectives qui se déroule du 18 juin au 11 juillet


Dominique Lawalrée, bio express

1954 : Naissance à Auderghem en Belgique

1976 : Crée le label Éditions Walrus pour diffuser sa musique à travers un grand nombre d’albums solos (Infinitudes, Le choix du titre est un faux problème, Brins d’herbe…)

De 1977 à 1992 : Enseigne dans différents établissements scolaires et universitaires catholiques en Belgique. Il y prône notamment l’écoute sans a priori de tous les genres musicaux

1985 : Compose la Symphonie de l’espoir

1994 : Après une crise mystique, sa musique prend une forme liturgique et sacrée

2014 : Publication de The Beatles, un guide pour les écouter (éditions Camion Blanc)

2019 : Meurt à Ottignies à 64 ans

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